Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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vendredi 17 août 2012
Martelly décrète l'état d'urgence énergétique
Le Président haïtien Michel Martelly a décrété l'état d'urgence énergétique en vue de trouver des solutions rapides à la crise dans le secteur. Le chef de l'Etat, lors d'une réunion du conseil des ministres a déploré l'inefficacité de l'Electricité d'Haïti (EDH), l'entreprise publique chargée de la production et la distribution du courant électrique. Il a réclamé des explications sur les 200 millions de dollars annuels de subvention accordée à cette compagnie.
M. Martelly ne décolère pas et estime que le pays a régressé au cours des dernières années dans le secteur de l'énergie. Il a signalé que le " black out" favorise un climat d'insécurité dans les grandes villes et exhorte les acteurs impliqués dans le secteur énergétique à améliorer l'accès au courant électrique ce qui encouragera la création de nouvelles petites entreprises.
Au cours de ce conseil des ministres, le Premier Ministre Laurent Lamothe a annoncé des dispositions adoptées dans le cadre de cet état d'urgence énergétique. Le directeur de l'EDH a été limogé et remplacé par Andesse Apollon. La nouvelle directrice générale sera assistée par le syndicaliste Duckens Raphaël.
La nouvelle équipe de l'EDH devra soumettre dans une semaine un plan d'urgence qui devra justifier l'utilisation des 200 millions de dollars de subvention. M. Lamothe n'a pas écarté une éventuelle remise en question des contrats d'achat de carburant à des entreprises privées.
Le gouvernement envisage également d'utiliser les fonds de la prochaine allocation de Pétrocaribe en vue de renforcer le secteur énergétique. Le Premier Ministre Lamothe a également exhorté le ministre de la sécurité énergétique, René Jean Jumeau, à présenter dans le meilleur délai le plan global du renforcement du secteur énergétique.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=21242
lundi 18 avril 2011
En Haïti, les déjections servent à se chauffer et cuisiner
PORT-AU-PRINCE - L'idée a déjà fait ses preuves en Chine et en Amérique centrale mais commence juste à être développée en Haïti: produire du gaz servant à la cuisine en recyclant les excréments humains. Un concept simple et révolutionnaire dans ce pays en proie au choléra et à la déforestation. Appelée "biodigesteur", cette invention requiert peu d'infrastructures: des toilettes, sèches ou non, raccordées à un puit hermétique fait de briques, lui-même relié à un bassin.
Sans air, les bactéries contenues dans les selles décomposent 85% de celles-ci en produisant en même temps du gaz méthane, explique Martin Wartchow en pointant son briquet au-dessus d'un petit tuyau sortant de la citerne. Une puissante flamme s'embrase aussitôt.
"Les 15% restants de déchets organiques sont rejetés avec de l'eau dans une zone végétale où ils seront dégradés", poursuit cet hydrologue travaillant à Port-au-Prince pour l'ONG brésilienne Viva Rio.
"Aucun produit chimique n'est utilisé et au final, l'eau qui est recueillie est totalement propre", poursuit-il en plongeant sa main dans un bassin rempli du liquide filtré. "On élève même des poissons dedans", pointe l'ingénieur.
Récemment achevée dans un centre de Viva Rio qui reçoit plus de 600 petits Haïtiens chaque jour, l'installation présentée doit ultimement être reliée à une cantine en construction. "Pour remplacer le charbon de bois", souligne-t-il.
Un défi majeur: par manque d'énergie bon marché dans cet Etat, le plus pauvre de l'hémisphère nord, les Haïtiens cuisinent quasi exclusivement en se servant de charbon de bois.
Avec pour conséquence, une déforestation massive: la partie occidentale de l'île d'Hispaniola (que se partagent Haïti et la République dominicaine) n'est désormais recouverte que de 1,5% de forêts, contre 80% lorsque Christophe Colomb l'a découverte au XVe siècle.
"Les Nations unies ont payé plein d'enquêtes pour trouver des solutions pour remplacer le charbon: il suffisait d'aller voir au Nicaragua ou en Chine", plaisante l'humanitaire. 70.000 biodigesteurs ont en effet été construits dans le territoire d'Amérique centrale... et mille fois plus dans le géant asiatique.
Autre point positif: ce dispositif permet de traiter simplement et efficacement les excréments. Comme l'a prouvé l'épidémie de choléra, qui a fait plus de 4.700 morts à ce jour, l'absence de réels systèmes d'égouts est dramatique en Haïti.
"Depuis l'épidémie on a eu beaucoup de demandes de cliniques qui jusque là rejetaient ces déchets dans les canaux", indique l'hydrologue.
En tout, 70 biodigesteurs ont déjà été construits en Haïti par Viva Rio et autant sont en projets.
Mais une fois construit, tout n'est pas gagné, comme le montre l'exemple du camp de Santos 17, en banlieue de Port-au-Prince, où vivent 2.700 personnes.
Des biodigesteurs ont été installés en février aux côtés des nouveaux abris temporaires en bois et tôles. Problème: la cuisine qui est censée être raccordée au gaz produit par les toilettes du camp n'est pas accessible.
"C'est l'ingénieur de l'OIM (Organisation Internationale des Migrations) qui a la clé", bredouille Jean-Max Fortune, le responsable municipal du camp. De toute manière, les réchauds attendus ne sont pas arrivés, dit-il avec nonchalance, ajoutant qu'"il faut encore éduquer les gens à ce système".
Sa case à trois mètres de ladite cuisine, Roselyne Colas avoue ne pas comprendre l'utilité de la chose. En désignant le réchaud installé dans la cabane de 18 m2 qu'elle partage avec sept autres membres de sa famille, la jeune-femme corpulente déclare: "Je fais la cuisine avec du charbon".
(©AFP / 17 avril 2011 06h15)
http://www.romandie.com/infos/news2/110417041533.0s40i8b9.asp
Sans air, les bactéries contenues dans les selles décomposent 85% de celles-ci en produisant en même temps du gaz méthane, explique Martin Wartchow en pointant son briquet au-dessus d'un petit tuyau sortant de la citerne. Une puissante flamme s'embrase aussitôt.
"Les 15% restants de déchets organiques sont rejetés avec de l'eau dans une zone végétale où ils seront dégradés", poursuit cet hydrologue travaillant à Port-au-Prince pour l'ONG brésilienne Viva Rio.
"Aucun produit chimique n'est utilisé et au final, l'eau qui est recueillie est totalement propre", poursuit-il en plongeant sa main dans un bassin rempli du liquide filtré. "On élève même des poissons dedans", pointe l'ingénieur.
Récemment achevée dans un centre de Viva Rio qui reçoit plus de 600 petits Haïtiens chaque jour, l'installation présentée doit ultimement être reliée à une cantine en construction. "Pour remplacer le charbon de bois", souligne-t-il.
Un défi majeur: par manque d'énergie bon marché dans cet Etat, le plus pauvre de l'hémisphère nord, les Haïtiens cuisinent quasi exclusivement en se servant de charbon de bois.
Avec pour conséquence, une déforestation massive: la partie occidentale de l'île d'Hispaniola (que se partagent Haïti et la République dominicaine) n'est désormais recouverte que de 1,5% de forêts, contre 80% lorsque Christophe Colomb l'a découverte au XVe siècle.
"Les Nations unies ont payé plein d'enquêtes pour trouver des solutions pour remplacer le charbon: il suffisait d'aller voir au Nicaragua ou en Chine", plaisante l'humanitaire. 70.000 biodigesteurs ont en effet été construits dans le territoire d'Amérique centrale... et mille fois plus dans le géant asiatique.
Autre point positif: ce dispositif permet de traiter simplement et efficacement les excréments. Comme l'a prouvé l'épidémie de choléra, qui a fait plus de 4.700 morts à ce jour, l'absence de réels systèmes d'égouts est dramatique en Haïti.
"Depuis l'épidémie on a eu beaucoup de demandes de cliniques qui jusque là rejetaient ces déchets dans les canaux", indique l'hydrologue.
En tout, 70 biodigesteurs ont déjà été construits en Haïti par Viva Rio et autant sont en projets.
Mais une fois construit, tout n'est pas gagné, comme le montre l'exemple du camp de Santos 17, en banlieue de Port-au-Prince, où vivent 2.700 personnes.
Des biodigesteurs ont été installés en février aux côtés des nouveaux abris temporaires en bois et tôles. Problème: la cuisine qui est censée être raccordée au gaz produit par les toilettes du camp n'est pas accessible.
"C'est l'ingénieur de l'OIM (Organisation Internationale des Migrations) qui a la clé", bredouille Jean-Max Fortune, le responsable municipal du camp. De toute manière, les réchauds attendus ne sont pas arrivés, dit-il avec nonchalance, ajoutant qu'"il faut encore éduquer les gens à ce système".
Sa case à trois mètres de ladite cuisine, Roselyne Colas avoue ne pas comprendre l'utilité de la chose. En désignant le réchaud installé dans la cabane de 18 m2 qu'elle partage avec sept autres membres de sa famille, la jeune-femme corpulente déclare: "Je fais la cuisine avec du charbon".
(©AFP / 17 avril 2011 06h15)
http://www.romandie.com/infos/news2/110417041533.0s40i8b9.asp
jeudi 19 août 2010
Les Etats-Unis veulent moderniser le secteur de l'énergie haïtien
L'ambassade américaine à Port-au-Prince annonce qu'un projet de réparation et réhabilitation de 5 sous-stations d'électricité prioritaires a été approuvé lors de la deuxième réunion de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH). Cet investissement fait partie de la plus grande stratégie du gouvernement américain pour aider à améliorer et moderniser le secteur de l'électricité d'Haïti et fournir de l'énergie électrique fiable et abordable pour un plus grand nombre de familles et d'entreprises, explique un communiqué de l'ambassade des Etats Unis. Le représentant du gouvernement américain à la commission Intérimaire, Cheryl D. Mills, a qualifié d'importante cette aide initiale dans le domaine de l'énergie. "Cet investissement souligne l'engagement continu du Président Obama et du gouvernement des États-Unis à travailler avec le Gouvernement et le peuple haïtiens pour que leur vision d'une nation meilleure et plus prospère devienne réalité", a insisté Mme Mills.
Le Gouvernement américain se propose d'investir 8 millions de dollars au cours des 18 prochains mois en vue de réhabiliter et réparer au moins 5 sous-stations prioritaires à Port-au-Prince.
L'ambassade américaine indique que les responsables de l'Electricité d'Haïti (EDH) travaillent en étroite collaboration avec les coopérants américains pour identifier les sites prioritaires. Ces derniers mois des ingénieurs expérimentés américains ont réalisé une évaluation détaillée des besoins de réadaptation pour les sous-stations dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18149
Commentaires:
A partir de quand les effets de cette modernisation commenceront-ils à se faire sentir au niveau de la population?
Comment allier modernisation et la fin de l'ère des prises clandestines? Quelles autorités seront en mesure de faire comprendre que produire de l'énergie à un coût et ne saurait être gratuit pour tout le monde?
Le gouvernement américain prévoit-il de financer et subventionner le coût de l'énergie pour ceux qui n'auront pas les ressources pour se la payer?
Le Gouvernement américain se propose d'investir 8 millions de dollars au cours des 18 prochains mois en vue de réhabiliter et réparer au moins 5 sous-stations prioritaires à Port-au-Prince.
L'ambassade américaine indique que les responsables de l'Electricité d'Haïti (EDH) travaillent en étroite collaboration avec les coopérants américains pour identifier les sites prioritaires. Ces derniers mois des ingénieurs expérimentés américains ont réalisé une évaluation détaillée des besoins de réadaptation pour les sous-stations dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18149
Commentaires:
A partir de quand les effets de cette modernisation commenceront-ils à se faire sentir au niveau de la population?
Comment allier modernisation et la fin de l'ère des prises clandestines? Quelles autorités seront en mesure de faire comprendre que produire de l'énergie à un coût et ne saurait être gratuit pour tout le monde?
Le gouvernement américain prévoit-il de financer et subventionner le coût de l'énergie pour ceux qui n'auront pas les ressources pour se la payer?
samedi 17 octobre 2009
16 octobre, Journée mondiale de l’alimentation: Haïti-Agriculture : Plus de 30 mille signatures contre le projet d’agrocarburant “jatropha”
vendredi 16 octobre 2009: par Ronald Colbert P-au-P, 16 oct. 09 [AlterPresse] --- Un regroupement de plusieurs organisations paysannes s’apprête à remettre, ce vendredi 16 octobre 2009 (journée mondiale de l’alimentation), au Parlement haïtien une pétition, ayant collecté à date 31,198 signatures, contre le projet d’implantation de la plante jatropha sur les plantations paysannes nationales, observe l’agence en ligne AlterPresse.
“Cette lutte, qui a pris naissance à l’occasion de la tenue du 35 e anniversaire, en mars 2008, du Mouvement paysan de Papaye [1] vise la sensibilisation de toute la société appelée à contribuer dans la mobilisation contre le projet d’extermination des paysans”, souligne Chavannes Jean-Baptiste du regroupement “4 je kontre” (littéralement convergence de deux paires d’yeux), quelques heures avant la soumission de la pétition aux parlementaires haïtiens.
Plusieurs dizaines de paysannes et paysans, en provenance des dix départments géographiques du pays, ont entamé une marche, qui s’est ébranlée devant l’église catholique romaine Sacré Coeur de Turgeau (Port-au-Prince) avec une gamme de slogans et revendications.
“Ti moso tè peyi d Ayiti, zansèt nou yo te kite pou nou an, dwe pwodui manje natif natal pou nouri popilasyon an ; pwodiksyon manje natif natal Wi, pwodiksyon agwokabiran Non ; Aba pwodiksyon gaz pou tank machin lòt bò dlo ; Aba tout pwojè lanmò kont klas peyizan malere yo : Les terres d’Haïti, léguées par nos ancêtres, doivent plutôt server à la production d’aliments autochtones en vue de nourrir la population. Oui à la production agricole nationale, non à la production d’agrocarburants. A bas la production de combustible pour alimenter les réservoirs des véhicules à l’extérieur du pays. A bas tous les projets d’extermination de la classe des paysans”, figurant parmi les desiderata des paysans haïtiens, auxquels s’associent des membres internationaux du regroupement international paysan Via Campesina présents dans la marche, pour la circonstance.
Seule une minorité de personnes, faisant partie des multinationales (dites agrobusiness) peuvent tirer profit de la mise en oeuvre du projet jatropha visant la production d’agrocarburant.
Les organisations paysannes haïtiennes préfèrent parler d’agrocarburant au lieu de biocarburant ou biodiesel (le terme bio se référant à la vie), étant donné que la structure de “modernité” avec la plante “jatropha”, plus connue sous le nom de gwo metsiyen dans le pays, entraînera plutôt une hausse considérable des prix d’acquisition d’hectares de terre, par voie de conséquence une augmentation des prix des aliments, l’expulsion des paysans des terres agricoles, la destruction systématique du milieu ambiant naturel.
“La monoculture (de jatropha) n’encouragera point de protection de forêts. Face aux conséquences du changement climatique, aux perspectives de tarissement des réserves de pétrole dans quelques dizaines d’années, la seule chance (de survie) de la planète réside dans la consolidation de l’agriculture paysanne”, considère Jean-Baptiste.
Au lieu de trouver des voies de sortie de la paupérisation et de la misère, la décision d’implanter la production de jatropha, pour satisfaire les besoins internationaux en carburant, ne fera qu’enrichir les promoteurs de l’agrobusiness dans le monde, y compris Haïti.
Pour le regroupement des organizations paysannes “4 je kontre”, il existe une contradiction flagrante entre les besoins de nourriture de la planète (alors que 2 milliards d’habitants du monde ne trouvent pas assez d’aliments pour survivre) et les demandes mondiales en agrocarburant, lequel combustible joue un rôle non négligeable dans la crise alimentaire mondiale.
“La production d’1 litre d’agrocarburant (à partir du soya et du colza) exige une consommation de 14 mille litres d’eau durant tout le processus. Un litre d’agrocarburant à partir de la betterave demande une consummation de 1,400 litres d’eau. 1 litre d’agrocarburant à partir de la canne-à-sucre a besoin de 2,500 litres d’eau. Et, la production d’1 litre d’agrocarburant à partir de la plante jatropha requiert une utilisation de 20 mille litres d’eau”, rèvèle une recherche conduite par l’université Twente en Hollande.
Le regroupement d’organisations paysannes “4 je kontre” rejette l’assertion, selon laquelle la production d’agrocarburant se ferait sur des terres pauvres dites marginales sur le territoire haïtien.
Or, en considérant le niveau de rentabilité presque nul, sur les terres dites marginales, démontré par divers centres de recherche en Angleterre et aux Pays Bas, il faudrait investir plutôt sur des terres “riches” afin de trouver davantage d’huile.
Des ressortissants de la République Dominicaine ont commencé la production de jatropha sur des terres irriguées à Cerca La Source (Plateau Central, au nord-est de la capitale). La production jatropha est aussi implantée sur des terres arables à Thomonde (Plateau Central) et à Marmont (Hinche), également dans le Nord, le Nord-Est et le Nord-Ouest d’Haïti, dénoncent les organisations paysannes haïtiennes.
“Certes, ce processus de production de la jatropha se réalise sur des terres “riches”. Mais, les “bonnes terres” ne suffisent pas, la jatropha nécessitant l’utilisation de beaucoup d’eau”.
Pour cette question de rentabilité, des pays comme le Mali et l’Inde auraient commencé par abandoner une série de plantations en jatropha.
Pour atteindre leur objectif en l’année 2022, les Etats-Unis d’Amérique auraient besoin de 35 milliards de litres d’agrocarburant.
Dans les meilleures conditions possibles sur la planète, 1 ha de terre pourrait produire entre 1,000 à 2,000 litres d’huile de jatropha (entre 264.55 gallons à 529 gallons). Le Mali produit 600 litres d’huile par hectare. Pour satisfaire 5% de la demande mondiale, le Brésil voudrait utiliser 100 millions d’hectares de terre dans la production d’agrocarburant.
Aux yeux de “4 je kontre”, de graves dangers pèsent sur la planète (en considérant l’Amazonie comme poumon de la planète), voire pour Haïti qui se verrait aliéner une bonne partie de son territoire dans le but de combler les appétits de multinationales “agribusiness”, lesquelles cherchent à susbstituer l’agrocarburant au pétrole.
Une entreprise, basée à Miami et dénommée “Haitian American Agro industries”, aurait déjà initié une production de jatropha sur 100 hectares de terre parmi 21 mille à sa disposition en Haïti.
Est-ce à envisager le début du règne de la douleur, avec l’implantation du projet “de génocide” des paysans, contre lequel “ nous appelons au rassemblement de toutes les énergies, à une prise de conscience dans la société haïtienne pour faire échec au projet d’extermination de la nation”, lance le regroupement de paysans “4 je kontre”.
Le réseau national haïtien pour la souveraineté et la sécurité alimentaires (Renhassa), le Mouvement paysan de Papaye (Mpp), la Coordination régionale des organizations du Sud-Est (Cros), le Mouvement paysan national du congrès de Papaye (Mpnkp), Tèt Kole ti peyizan ayisyen, la coordination nationale des femmes paysannes haïtiennes (Konafap) font partie du regroupement “4 je kontre” qui bénéficie de l’appui de l’organisation non gouvernementale international Action Aid, dans la lutte contre l’implantation de la production jatropha sur les terres en Haïti. [rc apr 16/10/2009 12:00]
Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8891
“Cette lutte, qui a pris naissance à l’occasion de la tenue du 35 e anniversaire, en mars 2008, du Mouvement paysan de Papaye [1] vise la sensibilisation de toute la société appelée à contribuer dans la mobilisation contre le projet d’extermination des paysans”, souligne Chavannes Jean-Baptiste du regroupement “4 je kontre” (littéralement convergence de deux paires d’yeux), quelques heures avant la soumission de la pétition aux parlementaires haïtiens.
Plusieurs dizaines de paysannes et paysans, en provenance des dix départments géographiques du pays, ont entamé une marche, qui s’est ébranlée devant l’église catholique romaine Sacré Coeur de Turgeau (Port-au-Prince) avec une gamme de slogans et revendications.
“Ti moso tè peyi d Ayiti, zansèt nou yo te kite pou nou an, dwe pwodui manje natif natal pou nouri popilasyon an ; pwodiksyon manje natif natal Wi, pwodiksyon agwokabiran Non ; Aba pwodiksyon gaz pou tank machin lòt bò dlo ; Aba tout pwojè lanmò kont klas peyizan malere yo : Les terres d’Haïti, léguées par nos ancêtres, doivent plutôt server à la production d’aliments autochtones en vue de nourrir la population. Oui à la production agricole nationale, non à la production d’agrocarburants. A bas la production de combustible pour alimenter les réservoirs des véhicules à l’extérieur du pays. A bas tous les projets d’extermination de la classe des paysans”, figurant parmi les desiderata des paysans haïtiens, auxquels s’associent des membres internationaux du regroupement international paysan Via Campesina présents dans la marche, pour la circonstance.
Seule une minorité de personnes, faisant partie des multinationales (dites agrobusiness) peuvent tirer profit de la mise en oeuvre du projet jatropha visant la production d’agrocarburant.
Les organisations paysannes haïtiennes préfèrent parler d’agrocarburant au lieu de biocarburant ou biodiesel (le terme bio se référant à la vie), étant donné que la structure de “modernité” avec la plante “jatropha”, plus connue sous le nom de gwo metsiyen dans le pays, entraînera plutôt une hausse considérable des prix d’acquisition d’hectares de terre, par voie de conséquence une augmentation des prix des aliments, l’expulsion des paysans des terres agricoles, la destruction systématique du milieu ambiant naturel.
“La monoculture (de jatropha) n’encouragera point de protection de forêts. Face aux conséquences du changement climatique, aux perspectives de tarissement des réserves de pétrole dans quelques dizaines d’années, la seule chance (de survie) de la planète réside dans la consolidation de l’agriculture paysanne”, considère Jean-Baptiste.
Au lieu de trouver des voies de sortie de la paupérisation et de la misère, la décision d’implanter la production de jatropha, pour satisfaire les besoins internationaux en carburant, ne fera qu’enrichir les promoteurs de l’agrobusiness dans le monde, y compris Haïti.
Pour le regroupement des organizations paysannes “4 je kontre”, il existe une contradiction flagrante entre les besoins de nourriture de la planète (alors que 2 milliards d’habitants du monde ne trouvent pas assez d’aliments pour survivre) et les demandes mondiales en agrocarburant, lequel combustible joue un rôle non négligeable dans la crise alimentaire mondiale.
“La production d’1 litre d’agrocarburant (à partir du soya et du colza) exige une consommation de 14 mille litres d’eau durant tout le processus. Un litre d’agrocarburant à partir de la betterave demande une consummation de 1,400 litres d’eau. 1 litre d’agrocarburant à partir de la canne-à-sucre a besoin de 2,500 litres d’eau. Et, la production d’1 litre d’agrocarburant à partir de la plante jatropha requiert une utilisation de 20 mille litres d’eau”, rèvèle une recherche conduite par l’université Twente en Hollande.
Le regroupement d’organisations paysannes “4 je kontre” rejette l’assertion, selon laquelle la production d’agrocarburant se ferait sur des terres pauvres dites marginales sur le territoire haïtien.
Or, en considérant le niveau de rentabilité presque nul, sur les terres dites marginales, démontré par divers centres de recherche en Angleterre et aux Pays Bas, il faudrait investir plutôt sur des terres “riches” afin de trouver davantage d’huile.
Des ressortissants de la République Dominicaine ont commencé la production de jatropha sur des terres irriguées à Cerca La Source (Plateau Central, au nord-est de la capitale). La production jatropha est aussi implantée sur des terres arables à Thomonde (Plateau Central) et à Marmont (Hinche), également dans le Nord, le Nord-Est et le Nord-Ouest d’Haïti, dénoncent les organisations paysannes haïtiennes.
“Certes, ce processus de production de la jatropha se réalise sur des terres “riches”. Mais, les “bonnes terres” ne suffisent pas, la jatropha nécessitant l’utilisation de beaucoup d’eau”.
Pour cette question de rentabilité, des pays comme le Mali et l’Inde auraient commencé par abandoner une série de plantations en jatropha.
Pour atteindre leur objectif en l’année 2022, les Etats-Unis d’Amérique auraient besoin de 35 milliards de litres d’agrocarburant.
Dans les meilleures conditions possibles sur la planète, 1 ha de terre pourrait produire entre 1,000 à 2,000 litres d’huile de jatropha (entre 264.55 gallons à 529 gallons). Le Mali produit 600 litres d’huile par hectare. Pour satisfaire 5% de la demande mondiale, le Brésil voudrait utiliser 100 millions d’hectares de terre dans la production d’agrocarburant.
Aux yeux de “4 je kontre”, de graves dangers pèsent sur la planète (en considérant l’Amazonie comme poumon de la planète), voire pour Haïti qui se verrait aliéner une bonne partie de son territoire dans le but de combler les appétits de multinationales “agribusiness”, lesquelles cherchent à susbstituer l’agrocarburant au pétrole.
Une entreprise, basée à Miami et dénommée “Haitian American Agro industries”, aurait déjà initié une production de jatropha sur 100 hectares de terre parmi 21 mille à sa disposition en Haïti.
Est-ce à envisager le début du règne de la douleur, avec l’implantation du projet “de génocide” des paysans, contre lequel “ nous appelons au rassemblement de toutes les énergies, à une prise de conscience dans la société haïtienne pour faire échec au projet d’extermination de la nation”, lance le regroupement de paysans “4 je kontre”.
Le réseau national haïtien pour la souveraineté et la sécurité alimentaires (Renhassa), le Mouvement paysan de Papaye (Mpp), la Coordination régionale des organizations du Sud-Est (Cros), le Mouvement paysan national du congrès de Papaye (Mpnkp), Tèt Kole ti peyizan ayisyen, la coordination nationale des femmes paysannes haïtiennes (Konafap) font partie du regroupement “4 je kontre” qui bénéficie de l’appui de l’organisation non gouvernementale international Action Aid, dans la lutte contre l’implantation de la production jatropha sur les terres en Haïti. [rc apr 16/10/2009 12:00]
Ronald Colbert [AlterPresse - Haiti]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8891
Haïti-Economie : Le marché des énergies renouvelables sous la loupe des investisseurs
En marge du 16 octobre, journée mondiale de l’alimentation
Des opportunités, mais à quel prix ?
samedi 17 octobre 2009
Devant être immenses pour générer de la compétitivité, les plantations de cultures d’agorcarburants ont délogé les populations rurales pour y laisser des « déserts verts » dans de nombreux pays, révèlent des enquêtes menées par Fian, une organisation de défense du droit à l’alimentation…
Par Maude Malengrez
P-au-P, 17 oct. 09 [AlterPresse] --- Agrocarburants, éolien, solaire : les caractéristiques de ces différents marchés énergétiques en Haïti ont été présentées aux milieux d’affaires haïtiens et étrangers au début du mois d’octobre 2009, lors d’une rencontre organisée par la Banque interaméricaine de développement (Bid) et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse..
Leurs opportunités, avant tout commerciales, ont été discutées par les acteurs de la filière des énergies renouvelables, l’un des trois secteurs prioritaires d’investissement, notamment étranger, pointés par la Bid avec le secteur vestimentaire et l’agrobusiness.
Les acteurs haïtiens et étrangers de la filière des énergies renouvelables se sont réunis à Port-au-Prince dans le cadre d’un atelier, organisé par la Bid, le 1er octobre 2009, en présence de nombre d’investisseurs étrangers.
Avantage compétitif pour Haïti avec les énergies renouvelables
Il existe définitivement un marché des énergies renouvelables en Haiti, qui puisse renforcer la position de nombreux propriétaires et créer autant d’emplois, aux yeux de la Bid qui a réalisé des études de marché en collaboration avec le programme dénommé “développement économique pour un environnement durable” (Deed) de la coopération étasunienne.
Les préoccupations concernant le changement climatique, la baisse des coûts de production des énergies renouvelables qui sont devenues un secteur compétitif et la volonté du gouvernement haïtien de voir se développer cette branche d’activités économiques sont autant de facteurs qui expliqueraient le potentiel essor commercial des énergies renouvelables en Haïti, énumère Leandro Alves, chef de division du secteur énergie de la Bid.
Se référant au Paraguay et particulièrement au secteur des télécommunications dans ce pays, l’un des plus « verts » qui existe en terme de consommation énergétique, Alves insiste sur la compétitivité des travailleuses et travailleurs haïtiens, notamment dans la production énergétique et les facilités d’accès des produits au marché américain.
Recherche d’alternatives au charbon de bois
Développer ce secteur permettrait de remplacer le marché du charbon de bois et de restaurer les terres dégradées afin qu’elles accueillent à l’avenir des arbres fruitiers et répondent à des objectifs de sécurité alimentaire.
La consommation d’énergie en Haïti est comblée à 72 % à partir de la biomasse, rappelle Dieuseul Anglande, directeur général du bureau haïtien des mines et de l’énergie
Les besoins en énergie des ménages sont actuellement satisfaits par l’utilisation du charbon de bois, principale cause de la déforestation en Haïti.
Des systèmes de briquettes énergétiques, élaborées à base de matériaux recyclés, devraient être envisagés et pourraient être un marché potentiel pour les investisseurs.
Les agrtocarburants laisseraient des “déserts verts” en délogeant les populations rurales
Cependant, selon des enquêtes menées par Fian, une organisation de défense du droit à l’alimentation, (enquêtes qui n’ont pas été évoquées à la rencontre, début octobre 2009, sur les opportunités commerciales de la branche des énergies renouvelables), cette réussite s’opérerait au détriment des droits des travailleurs, notamment syndicaux.
Et, les plantations de cultures d’agorcarburants, immenses pour être compétitives, ont délogé les populations rurales pour y laisser des « déserts verts ».
Pas question de faire du commerce au détriment du développement, argumente la Bid, selon laquelle les activités commerciales qu’elle est prête à soutenir ne sauraient avoir d’impact négatif sur le développement social et économique à long terme d’Haïti.
Pour différents intervenants à la rencontre de début octobre 2009, les agrocarburants pourraient progressivement se substituer au marché du diesel, évalué à 130 millions de gallons par an.
45 millions de gallons pourraient être produits pour alimenter les génératrices. Les besoins et coûts d’adaptations nécessaires à cette substitution n’ont pas été abordés.
La production d’éthanol n’est pas une option à retenir en Haïti, notamment en regard de l’impact sur la sécurité alimentaire et vu l’étendue de terres que cette production nécessite, explique Gaël Pressoir, directeur de Chibas-Bioenergy.
Les “biodiesels” seraient cependant un marché prometteur, et il y aurait assez de terres pour rencontrer à ce niveau les besoins en diesel dans le pays, tout en travaillant avec de petits propriétaires, affirme Chibas,
La plante Jotrapha Curcas, connue sous le nom de Gwo Metsiyen en Haïti, est la plante à huile retenue pour réaliser cet objectif, car elle se cultiverait sur des terres dégradées et permettrait de les régénérer à long terme.
En revanche, d’un point de vue commercial, la production d’huile de jatropha a une productivité plus élevée sur des terres arables.
Le risque est ainsi grand, si des mesures ne sont pas prises pour encadrer ce commerce, que des terres arables et vastes soient utilisées, comme cela se vérifie actuellement dans plusieurs pays d’Afrique.
Au vu de la précarité que la plupart connaissent, les petits paysans en Haïti pourraient eux-mêmes être tentés de délaisser les cultures vivrières pour les cultures énergétiques, plus rentables à court terme.
Exposant son expérience dans le domaine avec trois autres investisseurs et un capital de 120,000.00 dollars américains, Réginald Noël fait part de la creation, en 2007, de l’entreprise “Biocarburants d’Haïti”, dont il est le vice-président.
Dans une première phase, “Biocarburants d’Haïti” compte utiliser 1200 hectares (qui leur appartiennent) dans le Plateau Central et encourager les petits paysans à la production.
Pour sa part, directeur de Wineco-Tevasa et de l’usine de Terminal Varreux de transformation d’éthanol, Maulik Radia importe de l’éthanol du Brésil que son entreprise « déshydrate » en Haïti avant de l’exporter sur le marché américain, profitant des facilités d’accès pour l’exportation de ce type de produit depuis Haïti. Cette activité génère des emplois de techniciens qualifiés.
L’éolien, “énergie la plus propre”, exige un capital important
Au niveau de l’éolien, l’énergie la plus « propre » mais la plus coûteuse, le potentiel de production en Haïti est estimé de 50 MW au Lac Azuei (sur la frontier haïtiano-dominicaine, à une cinquantaine de kilometers à l’est de Port-au-Prince) et de 2 MW dans le Nord.
Rolando Gonzalez-Bunster, president-directeur general (Pdg) de Basic Energy et investisseur international, rend compte des particularités du secteur éolien et de ce qu’il requiert pour être compétitif. Basic Energy investit dans cette branche dans de nombreux pays du monde, notamment en République Dominicaine.
Ce sont des projets qui demandent un capital important et qui sont difficiles à développer sur le court terme, mais qui sont rentables, souligne Rolando Gonzalez.
Pour lui, une des difficultés pour l’investissement dans l’éolien en Haïti est le manque d’études conséquentes rendues publiques à ce jour.
“Pour qu’une étude soit fiable, il faut qu’elle soit réalisée sur un même site durant une période d’au moins une année”, avance Gonzalez.
L’énergie solaire, un marché potentiel suscitant des crédits à la consommation
La barnche de l’énergie solaire représente également un marché intéressant.
« Tout est fait en Haïti, ce qui revient à diminuer le coût de 25 % par rapport à l’importation du matériel », décrit Jean-Ronel Noël de l’entreprise d’énergie solaire Enersa, créée en 2007.
Outre des panneaux solaires, Enersa fabrique des accessoires divers, comme des chargeurs de téléphone et des éclairages publics qui produisent 12 heures de lumière par jour. « Mais, il faut mettre en place des crédits à la consommation. Ainsi, pourrait-on disposer d’un marché potentiel de 50 % de la population ».
Encadrement legislatif vers un développement harmonieux
Avoir un guichet unique serait très important pour la croissance des investissements dans la branche des énergies renouvelables.
« Nous avons besoin de nouvelles lois pour faciliter les investissements dans les énergies renouvelables », souhaite René Jean-Jumeau, spécialiste en énergie au ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc) et conseiller du ministre.
Un encadrement législatif est certainement nécessaire, afin de faciliter les investissements, mais il faudrait également donner la garantie que ces derniers renforcent les efforts de développement du pays et non les uniques portefeuilles des actionnaires. [mm rc apr 17/10/2009 0:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8892#
Des opportunités, mais à quel prix ?
samedi 17 octobre 2009
Devant être immenses pour générer de la compétitivité, les plantations de cultures d’agorcarburants ont délogé les populations rurales pour y laisser des « déserts verts » dans de nombreux pays, révèlent des enquêtes menées par Fian, une organisation de défense du droit à l’alimentation…
Par Maude Malengrez
P-au-P, 17 oct. 09 [AlterPresse] --- Agrocarburants, éolien, solaire : les caractéristiques de ces différents marchés énergétiques en Haïti ont été présentées aux milieux d’affaires haïtiens et étrangers au début du mois d’octobre 2009, lors d’une rencontre organisée par la Banque interaméricaine de développement (Bid) et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse..
Leurs opportunités, avant tout commerciales, ont été discutées par les acteurs de la filière des énergies renouvelables, l’un des trois secteurs prioritaires d’investissement, notamment étranger, pointés par la Bid avec le secteur vestimentaire et l’agrobusiness.
Les acteurs haïtiens et étrangers de la filière des énergies renouvelables se sont réunis à Port-au-Prince dans le cadre d’un atelier, organisé par la Bid, le 1er octobre 2009, en présence de nombre d’investisseurs étrangers.
Avantage compétitif pour Haïti avec les énergies renouvelables
Il existe définitivement un marché des énergies renouvelables en Haiti, qui puisse renforcer la position de nombreux propriétaires et créer autant d’emplois, aux yeux de la Bid qui a réalisé des études de marché en collaboration avec le programme dénommé “développement économique pour un environnement durable” (Deed) de la coopération étasunienne.
Les préoccupations concernant le changement climatique, la baisse des coûts de production des énergies renouvelables qui sont devenues un secteur compétitif et la volonté du gouvernement haïtien de voir se développer cette branche d’activités économiques sont autant de facteurs qui expliqueraient le potentiel essor commercial des énergies renouvelables en Haïti, énumère Leandro Alves, chef de division du secteur énergie de la Bid.
Se référant au Paraguay et particulièrement au secteur des télécommunications dans ce pays, l’un des plus « verts » qui existe en terme de consommation énergétique, Alves insiste sur la compétitivité des travailleuses et travailleurs haïtiens, notamment dans la production énergétique et les facilités d’accès des produits au marché américain.
Recherche d’alternatives au charbon de bois
Développer ce secteur permettrait de remplacer le marché du charbon de bois et de restaurer les terres dégradées afin qu’elles accueillent à l’avenir des arbres fruitiers et répondent à des objectifs de sécurité alimentaire.
La consommation d’énergie en Haïti est comblée à 72 % à partir de la biomasse, rappelle Dieuseul Anglande, directeur général du bureau haïtien des mines et de l’énergie
Les besoins en énergie des ménages sont actuellement satisfaits par l’utilisation du charbon de bois, principale cause de la déforestation en Haïti.
Des systèmes de briquettes énergétiques, élaborées à base de matériaux recyclés, devraient être envisagés et pourraient être un marché potentiel pour les investisseurs.
Les agrtocarburants laisseraient des “déserts verts” en délogeant les populations rurales
Cependant, selon des enquêtes menées par Fian, une organisation de défense du droit à l’alimentation, (enquêtes qui n’ont pas été évoquées à la rencontre, début octobre 2009, sur les opportunités commerciales de la branche des énergies renouvelables), cette réussite s’opérerait au détriment des droits des travailleurs, notamment syndicaux.
Et, les plantations de cultures d’agorcarburants, immenses pour être compétitives, ont délogé les populations rurales pour y laisser des « déserts verts ».
Pas question de faire du commerce au détriment du développement, argumente la Bid, selon laquelle les activités commerciales qu’elle est prête à soutenir ne sauraient avoir d’impact négatif sur le développement social et économique à long terme d’Haïti.
Pour différents intervenants à la rencontre de début octobre 2009, les agrocarburants pourraient progressivement se substituer au marché du diesel, évalué à 130 millions de gallons par an.
45 millions de gallons pourraient être produits pour alimenter les génératrices. Les besoins et coûts d’adaptations nécessaires à cette substitution n’ont pas été abordés.
La production d’éthanol n’est pas une option à retenir en Haïti, notamment en regard de l’impact sur la sécurité alimentaire et vu l’étendue de terres que cette production nécessite, explique Gaël Pressoir, directeur de Chibas-Bioenergy.
Les “biodiesels” seraient cependant un marché prometteur, et il y aurait assez de terres pour rencontrer à ce niveau les besoins en diesel dans le pays, tout en travaillant avec de petits propriétaires, affirme Chibas,
La plante Jotrapha Curcas, connue sous le nom de Gwo Metsiyen en Haïti, est la plante à huile retenue pour réaliser cet objectif, car elle se cultiverait sur des terres dégradées et permettrait de les régénérer à long terme.
En revanche, d’un point de vue commercial, la production d’huile de jatropha a une productivité plus élevée sur des terres arables.
Le risque est ainsi grand, si des mesures ne sont pas prises pour encadrer ce commerce, que des terres arables et vastes soient utilisées, comme cela se vérifie actuellement dans plusieurs pays d’Afrique.
Au vu de la précarité que la plupart connaissent, les petits paysans en Haïti pourraient eux-mêmes être tentés de délaisser les cultures vivrières pour les cultures énergétiques, plus rentables à court terme.
Exposant son expérience dans le domaine avec trois autres investisseurs et un capital de 120,000.00 dollars américains, Réginald Noël fait part de la creation, en 2007, de l’entreprise “Biocarburants d’Haïti”, dont il est le vice-président.
Dans une première phase, “Biocarburants d’Haïti” compte utiliser 1200 hectares (qui leur appartiennent) dans le Plateau Central et encourager les petits paysans à la production.
Pour sa part, directeur de Wineco-Tevasa et de l’usine de Terminal Varreux de transformation d’éthanol, Maulik Radia importe de l’éthanol du Brésil que son entreprise « déshydrate » en Haïti avant de l’exporter sur le marché américain, profitant des facilités d’accès pour l’exportation de ce type de produit depuis Haïti. Cette activité génère des emplois de techniciens qualifiés.
L’éolien, “énergie la plus propre”, exige un capital important
Au niveau de l’éolien, l’énergie la plus « propre » mais la plus coûteuse, le potentiel de production en Haïti est estimé de 50 MW au Lac Azuei (sur la frontier haïtiano-dominicaine, à une cinquantaine de kilometers à l’est de Port-au-Prince) et de 2 MW dans le Nord.
Rolando Gonzalez-Bunster, president-directeur general (Pdg) de Basic Energy et investisseur international, rend compte des particularités du secteur éolien et de ce qu’il requiert pour être compétitif. Basic Energy investit dans cette branche dans de nombreux pays du monde, notamment en République Dominicaine.
Ce sont des projets qui demandent un capital important et qui sont difficiles à développer sur le court terme, mais qui sont rentables, souligne Rolando Gonzalez.
Pour lui, une des difficultés pour l’investissement dans l’éolien en Haïti est le manque d’études conséquentes rendues publiques à ce jour.
“Pour qu’une étude soit fiable, il faut qu’elle soit réalisée sur un même site durant une période d’au moins une année”, avance Gonzalez.
L’énergie solaire, un marché potentiel suscitant des crédits à la consommation
La barnche de l’énergie solaire représente également un marché intéressant.
« Tout est fait en Haïti, ce qui revient à diminuer le coût de 25 % par rapport à l’importation du matériel », décrit Jean-Ronel Noël de l’entreprise d’énergie solaire Enersa, créée en 2007.
Outre des panneaux solaires, Enersa fabrique des accessoires divers, comme des chargeurs de téléphone et des éclairages publics qui produisent 12 heures de lumière par jour. « Mais, il faut mettre en place des crédits à la consommation. Ainsi, pourrait-on disposer d’un marché potentiel de 50 % de la population ».
Encadrement legislatif vers un développement harmonieux
Avoir un guichet unique serait très important pour la croissance des investissements dans la branche des énergies renouvelables.
« Nous avons besoin de nouvelles lois pour faciliter les investissements dans les énergies renouvelables », souhaite René Jean-Jumeau, spécialiste en énergie au ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc) et conseiller du ministre.
Un encadrement législatif est certainement nécessaire, afin de faciliter les investissements, mais il faudrait également donner la garantie que ces derniers renforcent les efforts de développement du pays et non les uniques portefeuilles des actionnaires. [mm rc apr 17/10/2009 0:30]
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