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dimanche 9 janvier 2011

Haïti - Social : Des jeunes reconstruisent leur vie grâce au hip-hop

09/01/2011 13:07:16
Ils sont une dizaine de garçons dans le groupe. Leur point commun ? Ils ont tous été séparés de leurs parents lors du séisme de l’an dernier. Aujourd’hui, ils ont trouvé une solution pour tenter de s’en sortir et avoir de l’espoir en l’avenir : danser le hip-hop.
390 jeunes garçons sont pris en charge au centre d’accueil de Carrefour, à Port-au-Prince. Soutenu par l’Unicef, ce centre permet de loger, de nourrir et de donner une éducation à tous ces jeunes en quête de repères. Alors que le centre tente de retrouver leurs parents, les garçons ne restent pas inactifs. Ensemble, ils forment « Cœur à Cœur », un groupe de hip-hop dynamique et motivé. L’une de leurs chansons s’appelle « Nous prenons nos propres décisions », ce qui révèle combien ces jeunes veulent prendre leur avenir en main. En effet, le texte de la chanson encourage les haïtiens à faire le bien autour d’eux et à reconstruire tous ensemble leur pays, si affaibli lors de l’année qui vient de s’écouler.
Youri Belcomb a 13 ans. Considéré comme l’un des élèves modèles du centre, est très fier de faire partie du groupe et de diffuser des messages positifs autour de lui. Pour lui, la chanson « Nous prenons nos propres décisions » explique que les Haïtiens peuvent améliorer la situation de leur pays. À côté du hip-hop, Youri est très motivé par ce qu’il apprend en classe. Grâce à l’école, il peut croire en l’avenir. « J’utiliserai les mathématiques pour aider mon pays à se reconstruire », affirme t-il. « Imaginez que je construise une route ou une maison, j’aurais besoin de connaître les chiffres, les multiplications et tout le reste ».
On l’aura deviné, Youri a un caractère que l’on peut résumer en un seul mot : l’optimisme. Non seulement, il aime apprendre, mais en plus, il aime beaucoup que l’on écoute ses idées. « Un an après le séisme, ce que je voudrais par-dessus tout pour mon pays, c’est que tous les Haïtiens s’unissent pour reconstruire notre pays : tout nettoyer, construire des routes, protéger la population pour que l’on ait un bel Haïti. »
Le centre travaille étroitement avec l’Unicef pour réunir les jeunes à leurs familles. Il s’agit aussi de leur donner toutes les conditions pour grandir sereinement et préparer un bel avenir. « Le meilleur endroit pour que ces jeunes puissent se reconstruire, ce n’est pas le centre, mais une famille », souligne Jeff Desruisseaux du centre d'accueil de Carrefour.
HL/ HaïtiLibre / UNICEF
http://www.haitilibre.com/article-2071-haiti-social-des-jeunes-reconstruisent-leur-vie-grace-au-hip-hop.html

samedi 8 janvier 2011

«Il reste dans notre coeur»

Publié le 08 janvier 2011
Myriam Bacon

Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) «Il reste dans notre coeur et on vit avec ses souvenirs.» Un an après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, Denise Proteau-Cossette garde le souvenir de son frère décédé dans le séisme.
L'année dernière, l'ingénieur originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade Richard Proteau était en Haïti où il travaillait à son dernier projet avant de prendre sa retraite. Le 12 janvier 2010, il séjournait à Port-au-Prince pour y récupérer des documents. Quand le séisme est survenu, il parlait au téléphone avec un collègue de travail. Son corps a été retrouvé le 23 janvier dans les décombres de l'hôtel Montana en même temps que la dépouille du député Serge Marcil.
La soeur de Richard Proteau se souvient des jours d'angoisse qui ont suivi le 12 janvier. À ce moment, la famille était sans nouvelles de l'ingénieur. «Dès que le téléphone sonnait, on bondissait», se souvient la soeur de M. Proteau, Denise Proteau-Cossette. «On ne savait pas où il était et on se demandait où il pouvait être. Était-il dans un ravin? Était-il dans une tente de fortune ou dans un hôpital de fortune? Souffrait-il le martyr? Tu ne sais pas. Tout te passe par la tête.»
Mme Cossette se souvient aussi de l'impuissance qu'elle a ressentie. «On est loin. On ne peut pas aller voir.» Puis, quand la nouvelle a été annoncée, «les nerfs sont tombés. On s'en doutait un peu après tant de temps. On savait qu'il ne pouvait pas être vivant ou, s'il l'était, qu'il était en mauvaise posture.» Dans ce type de situation indique-t-elle, «les nerfs tombent, que la nouvelle soit bonne ou mauvaise.»
Un an plus tard, la famille tâche de vivre avec le souvenir d'un événement tragique qui, au moment du premier anniversaire, trouve un écho quotidien dans les médias. «Ce soir, il y a une émission et ils vont parler de Serge Marcil et de ceux qui ont survécu. [...] On ne peut pas fermer la télé. Il faut vivre avec», explique la Trifluvienne.
Alors que l'hiver dernier Mme Cossette aurait aimé pouvoir aller en Haïti pour identifier le corps de son frère, un an plus tard, elle ne désire plus s'y rendre. «Ça ne m'intéresse pas d'aller voir ça, on en a assez vu. Aller voir des ruines où quelqu'un qui est proche de toi est mort... Non, je n'irai pas.»
Les mois passent et Denise Proteau-Cossette peine à trouver un sens à l'événement qui lui a enlevé son frère. «Non, on ne trouve pas de sens. C'est une vie qui a été volée, mais on n'est pas responsable des choses qui arrivent.»
Elle souligne aussi que le projet pour lequel travaillait Richard Proteau devait être, pour lui, le dernier à prendre en charge avant sa retraite. «Il fallait quelqu'un d'expérimenté pour ça. Lui, il avait du vécu.» L'homme avait déjà travaillé sous les bombes dans des coins du monde particulièrement agités. Après le Liban et le Congo, Haïti devait être sa dernière mission. Le jour de l'événement, il avait dû se rendre à Port-au-Prince afin de récupérer des documents. «Il n'était à cet hôtel que pour deux ou trois jours. Le lendemain, il n'y aurait pas été.»
Alors que la période des Fêtes a été particulièrement difficile, la soeur de M. Proteau conclut: «Il nous manque. Le seul réconfort que je trouve, c'est que je me dis qu'il n'a pas traîné dans des hôpitaux de fortune. Il y a juste ça qui me donne du réconfort.»
En avril dernier, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a rendu un hommage à M. Proteau à l'Assemblée nationale. Richard Proteau résidait à Varennes et le député a souligné son dévouement, son engagement ainsi que son empathie.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/201101/08/01-4358273-il-reste-dans-notre-coeur.php