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vendredi 15 octobre 2010

Douyon fait de sa retraite une machine artisanale

L'artisane Mary Roy Douyon
Après près d'une cinquantaine d'années d'expériences dans les agences de voyage, madame Mary Roy Douyon prend sa retraite juste après le tremblement de terre qui a dévasté le pays. Au coin de sa retraite au Canapé-vert, elle développe l'art de transformer, entre autres, les petites serviettes en de véritables objets d'art utilitaires.
Haïti: Retraitée depuis après le séisme du 12 janvier, Mary Roy Douyon donne tout son temps à la pratique de l'artisanat. Elle va exposer ses travaux à la quatrième édition de Artisanat en Fête.
D'ailleurs, depuis quatre mois, elle ne s'attèle à autre chose qu'à la préparation de sa participation, les 16 et 17 octobre prochains au Parc historique de la Canne-a-Sucre, à la foire. « Depuis quatre mois, je ne fais rien d'autre que travailler mes produits. Je veux avoir un stock important pour présenter aux amants des travaux de qualité et utiles », fait savoir Madame Douyon qui va exposer de diverses serviettes de décoration pour office et toilette, des foulards, des échappes, des corbeilles de décoration et des poupées.
Oeuvres pour décoration de
Mme Douyon
Les produits de Mme Douyon ont, selon elle, un avantage, c'est qu'ils sont utilitaires, et comme exemple, les serviettes décoratives de toilette servent à garder les brosses-à-dents ou des rasoirs. « Vous voyez non seulement elles sont belles, mais aussi elles servent », dit-elle, au journal Le Nouvelliste, lors d'une visite à son atelier à Canapé-vert. Ses produits étaient déjà stockés quand le journal est arrivé. « Je suis déjà prête pour la quatrième édition de Artisanat en Fête », nous dit-elle vivement.
Dans ce domaine, Mme Douyon confirme ne pas être une débutante. « Ca fait longtemps que je pratique l'artisanat. D'ailleurs, c'est ma troisième participation à Artisanat en Fête et j'ai déjà participé à d'autres expositions à Panama ou à la foire de Deschamps », confie-t-elle, ajoutant qu'à l'époque elle n'avait pas encore consacré tout son temps à l'artisanat. Cela fait plus de quinze ans qu'elle crée des poupées.
Des serviettes décoratives de toilette
servent à garder les brosses-à-dents
ou des rasoirs
L'ancienne propriétaire de l'agence de voyage Horizon tours qu'elle a fondée en 1986, a fermé les portes de son entreprise après le séisme suite à des complications de sa santé. « Mon médecin m'a dit que je ne dois plus travailler sur le stress », dit-elle, expliquant qu'elle a dû quitter le pays après la catastrophe. Trois mois plus tard, elle revient pour se consacrer à sa troisième participation à la plus grande foire du secteur de l'artisanat.
Mme Douyon, qui travaille seule dans son atelier chez elle, est pionnière de son travail. « Ce que je fais comme travail artisanal, je ne l'ai vu nulle part ailleurs », déclare-t-elle, souhaitant que les nouveaux produits qu'elle va lancer sur le marché trouvera un avis favorable du public au Parc le week-end prochain. Tout son travail va être exclusivement exposé à la foire. « Certains amis qui m'ont vu à l'oeuvre veulent m'en acheter; j'ai refusé car je veux présenter mes produits à Artisanat en Fête », dit-elle, comme pour dire que c'est le Parc historique de la Canne-à-Sucre qui en aura la primeur.
Carlin Michel
michelcarlin@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=84541&PubDate=2010-10-14

Le bois de Morlan à Artisanat en Fête

Le sculpteur de bois Rosan Morlan qui a tout perdu dans le tremblement de terre du 12 janvier dernier finalise sa participation à la fête de l'artisanat prévue pour ce week-end au Parc historique de la canne à sucre. Son travail a déjà été apprécié par le public qui répond toujours au rendez-vous de Artisanat en Fête lors des deux dernières éditions.
Haïti: Rosan Morlan avait perdu tout espoir, après la catastrophe du 12 janvier, de se refaire une santé économique. Franchement, il ne voyait pas comment il allait se reprendre, car son shop avait disparu. « J'ai perdu plus de 200 000 gourdes dans le tremblement de terre de janvier dernier. Mon shop et toutes les commandes que j'ai eues après la dernière édition de Artisanat en Fête ont été détruits », raconte tristement le jeune homme de 36 ans, qui a vu s'écrouler toute son épargne dans ces investissements. Il ne pensait pas que les organisateurs, Le Nouvelliste et l'IRPAH, allaient réaliser Artisanat en Fête, cette foire qui rassemble dans un même site les oeuvres de plus de 200 artisans de tout le pays. « Nous sommes très heureux de voir que les organisateurs vont quand même réaliser cette foire, malgré ce que le pays vient de connaître », se réjouit-il.
Artisanat en Fête est un haut lieu culturel et artistique qui fournit l'occasion aux artisans de gagner un peu d'argent. C'est d'ailleurs, selon certains, leur plus grande recette de l'année. Cette foire est d'autant plus opportune cette année que l'événement du 12 janvier a ruiné la plupart des artisans habitant les zones affectées. « Nous nous préparons activement à notre troisième participation, car nous voulons profiter de cette activité très prisée sur le plan national pour nous refaire une santé économique », déclare M. Morlan qui n'est pas encore rétabli des graves séquelles du tremblement de terre.
L'atelier de Rosan Morlan se trouve désormais sur les trottoirs de la rue Panaméricaine; certaines oeuvres y sont même exposées, alors qu'avant le 12 janvier, M. Morlan se rappelle que son shop attirait bon nombre de visiteurs. Il compte rouvrir son shop en misant sur le succès au Parc historique de la canne à sucre les 16 et 17 octobre prochains. « J'espère que les gens vont non seulement apprécier mon travail pour placer des commandes mais surtout acheter mes oeuvres comme les années précédentes », indique-t-il, les yeux rivés sur le travail de ses ouvriers. En effet, une dizaine d'ouvriers et apprentis travaillent à son atelier.
En Haïti le métier de la sculpture sur bois attire beaucoup d'artisans. Mais Rosan Morlan, lui, se spécialise dans un sujet unique : l'attrait du visage. Son atelier ne sculpte que des visages humains. « C'est notre choix de travail; le public de Artisanat en Fête ne va voir aucun produit de mon atelier qui ne soit pas une représentation de visage humain », dit-il, faisant référence à tous les produits finis de son atelier, empilés dans un entrepot. Il compte présenter une trentaine de pièces de toutes dimensions et variétés au Parc. « Je travaille sans arrêt pour les gens qui vont venir acheter les oeuvres des artisans à la foire ce week-end », dit le sculpteur qui attend d'avantage que des compliments de ses visiteurs.
Rosan Morlan vit de son métier de sculpteur. « Mon métier me permet de vivre, car depuis 2005 je suis marié et j'ai construit ma propre maison », indique-t-il, ajoutant qu'il n'a d'autre occupation que celle de transformer le bois en objet d'art.
Carlin Michel
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=84592&PubDate=2010-10-14

Jean-Louis Chéry : son histoire est une fidélité à la pierre taillée

Depuis plus de 25 ans, l'artisan Jean-Louis Chéry ne s'occupe à d'autre activité qu'à celle de transformer les pierres en de véritables objets d'art. Le métier de la pierre taillée l'a tout bonnement adopté, car avant de se lancer dans cette aventure, M. Chéry s'était fait enrôler dans les forces armées d'Haïti. Affecté par la tragédie du 12 janvier, il recommence durement, sous les bâches, à ciseler les pierres pour préparer sa troisième participation à Artisanat en Fête 2010.
Haïti: « Je ne veux rater ma participation à Artisanat en Fête pour rien au monde. Cet espace offert aux artisans me permet non seulement de vendre mes oeuvres, mais surtout de faire de nouveaux contacts desquels peuvent provenir de nouvelles commandes de produits », déclare Jean-Louis Chéry au journal Le Nouvelliste, qui a visité ce week-end son atelier de travail de Gressier.
Sous des prélarts, lui et ses cinq ouvriers préparent activement les produits qui vont être exposés les 16 et 17 octobre au Parc historique de la Canne-à-Sucre, lesquels produits sont très variés. Son podium sera agrémenté par des produits artisanaux utilitaires comme des coffrets, des cendriers, des bols... Il aura aussi des bibelots comme des statuettes, des chatons, des tortues... Il exposera également des produits abstraits puisés dans son imagination.
C'est l'amour de son métier qui l'a épargné de la catastrophe du 12 janvier. « Mes enfants revenaient de Jacmel et comme je préparais un produit, je les ai reçus là où je travaillais, au lieu de la maison, car je n'aime pas être dérangé dans mon travail. Quelques minutes après, le tremblement de terre a tout détruit », explique Jean-Louis Chéry, la voix rauque. Sa maison, sa maisonnée et le dépôt de son atelier ont tous été détruits le 12 janvier.
M. Chéry réalisait en effet une commande de « petit coeur » en pierre qu'il a obtenue en 2009 à la suite de la troisième édition de Artisanat en Fête. « Toute la commande s'est trouvée sous les décombres », dit-il tristement, montrant la cicatrice d'une blessure qu'il a eue sous le menton lors du tremblement de terre. Sa dernière fille de quatre ans, Nedjlie, a eu la tête blessée en trois endroits. « Mais heureusement personne n'était à la maison », dit-il, comme pour remercier le ciel de ce qu'aucun de ses enfants n'y a pas laissé sa peau.
Depuis le mois de mai, l'atelier Chéry s'attèle à la réussite de sa troisième participation à Artisanat en Fête. « Nous allons exposer plus de 200 pièces de diverses dimensions au Parc durant les deux jours de la fête des oeuvres artisanales », indique Jean-Louis Chéry, invitant le public à venir en masse à cette foire pour découvrir ses nouveaux produits. M. Chéry indique que ses travaux sont exposés quotidiennement à l'Institut de recherche et de promotion de l'art haïtien (IRPAH).

Le choix final de sa vie
Issu d'une modeste famille, Jean-Louis Chéry s'était fait, très jeune, enrôler dans les forces armées d'Haïti pour pouvoir subvenir aux besoins de ses parents. Après des hauts et des bas, il quitte l'armée d'Haïti en 1982. Il se rendit à la paroisse de l'Arcahaie dirigée à l'époque par un prêtre avec qui il célébrait la messe pendant sa jeunesse comme enfant de coeur pour devenir instituteur à l'école de la paroisse. Après deux années de service, M. Chéry s'est rendu compte que la modique somme mensuelle qu'il gagnait ne pouvait pas lui permettre de mener sa vie.
En 1984, il abandonne le métier d'instituteur. Il quitte Arcahaie et rentre à Carrefour où son jeune frère Paul Destin gagnait sa vie grâce à la pierre taillée. Il devint ouvrier à l'atelier de son frère et apprit le métier de la pierre taillée. Deux ans plus tard, il inaugura son propre atelier à Gressier où il pratique et vit de son métier depuis plus de 25 ans. « Je n'ai d'autre source de revenu que mon métier de la pierre taillée », avoue-t-il, ajoutant qu'il a pris soin de ses onze enfants grâce à sa profession. Il regrette qu'aucun de ses enfants n'ait voulu apprendre son métier.
Carlin Michel
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=84488&PubDate=2010-10-14

Les mets créoles à l'honneur

Artisanat en Fête ce n'est pas seulement les belles réalisations des artisans haïtiens. C'est aussi un espace de valorisation pour la gastronomie haïtienne dans toute sa diversité. Qui a déjà goûté à une liqueur faite à base d'aloès ou encore à base de bois d'orme ? Qui veut connaître les délices du riz blanc avec ''lalo'' ou encore du ''tonmtonm'' à la sauce gombo (calalou) ? Les spécialistes de la cuisine locale vous donnent rendez-vous les 16 et 17 octobre au Parc Historique de la Canne à Sucre pour une délectation parfaite. Haïti: Cette année encore, les artisans de la foire gastronomique promettent de se surpasser pour offrir au public de Artisanat en Fête des produits locaux dignes d'Haïti chérie, terre aux mets diversifiés. Rose Marie Despeigne a remporté l'année dernière le prix de la présentation la plus originale. Pour cette 4e édition elle va récidiver, de son avis. Elle mise sur son fameux bobori et son délicieux doukounou servi dans des feuilles de bananiers. « Notre bobori fait avec du manioc sera servi avec de l'avocat. Notre gâteau de maïs surprendra même les plus exigeants », a-t-elle avancé.
En outre, madame Despeigne promet également d'améliorer la qualité de son akasan à base de maïs. Mais c'est surtout sur le doukounou sur lequel elle mise pour attirer la grande foule. « Le doukounou sera servi avec le miel. Il est très délicieux », souligne-t-elle.
Le jus d'avocat a été très apprécié lors de la 3e édition de Artisanat en Fête. L'inventeur de ce jus cent pour cent local, Joseph Rolson, sera encore là cette année, avec son nectar vert. « Ce jus est préparé de la même façon que le jus de papaye que tout le monde connaît. Toutefois, les associations d'avocat, de lait, de rhum et d'essence donnent un goût particulièrement délicieux. C'est le même procédé pour le jus de giraumont », a-t-il expliqué.
Selon Joseph Rolson, ce jus vient de Bainet, dans le sud-est d'Haïti. Il en a appris la préparation de sa grand-mère. Aujourd'hui, Rolson présente ces jus d'avocat et de giraumont au monde entier. Artisanat en Fête se charge d'assurer la promotion de ses produits à cette 4e édition.
Les Haïtiens ne manquent pas d'imagination pour composer des boissons. Marie-Ange Guerrier se propose de présenter au public le crémas à la mangue. « La mangue remplace le jus de noix de coco qui compose le crémas ordinaire que tout le monde connaît. Le mélange de la mangue avec l'alcool, le lait... donne un goût envoûtant », a-t-elle expliqué.
En outre, les artisans de la foire gastronomique exposeront d'autres boissons typiquement locales comme la liqueur de gingembre qui a une aussi des vertus médicinales. Les participants à Artisanat en Fête découvriront également les liqueurs faites à base d'aloès ou à base de bois d'orme, le rhum de cacao, entre autres.
Le chanmchanm, fait à base de maïs, d'arachides et de sucre a toujours retenu l'attention de celui qui le consomme. Renante Norca promet de satisfaire le plus grand nombre de personnes possible.
Nul n'est besoin de signaler que le riz blanc et le lalo ou encore le tonmtonm avec la sauce de calalou, entre autres, seront de la partie à cette 4e édition de Artisant en Fête. Les spécialistes de la cuisine locale vous donnent donc rendez-vous les 16 et 17 octobre au Parc Historique de la Canne à Sucre pour une délectation hors du commun.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=84583&PubDate=2010-10-13