Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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lundi 28 janvier 2013
Haïti-Duvalier : Nouveau rendez-vous à la cour d’appel le 31 janvier
P-au-P, 25 janv. 2013 [AlterPresse] ---- Le dossier de l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier a été reporté à la huitaine, soit pour le jeudi 31 janvier, en raison de la mort du juge de la cour d’appel Enock Voltaire, qui a succombé d’une maladie, a appris AlterPresse.
Absent de la séance, mais représenté par sa batterie d’avocats, l’ex-tyran fait l’objet de plus d’une vingtaine de plaintes notamment pour crimes contre l’humanité.
Reynold George réitère que son client Jean Claude Duvalier s’est montré un véritable « démocrate », parce qu’il s’est présenté aux séances d’audition, contrairement à d’autres personnes qui font le marronnage, faisant référence à l’ex-président jean Bertrand Aristide, qui a été auditionné dans sa résidence à Tabarre (périphérie nord-est). Mais Duvalier n’attendra pas sagement que les mailles de la justice se resserre autour de lui.
« Ce mercredi 23 janvier 2013, un arrêt de la de la cour a été déposé au greffe de la cour de cassation, faisant mention que l’on ne peut pas entendre Jean Claude Duvalier pour crime, parce que la cour de cassation a déjà tranché en sa faveur sur ce point », affirme Reynold George.
Prétextant que les incidents datent de plusieurs années, en conséquence les victimes ne pourront pas obtenir de certificats médicaux, des témoins, des procès verbaux de constats, Reynold Georges ajoute qu’il faudra « des faits palpables et non des commérages ».
« Les gens ont peur que Jean Claude Duvalier se rende aux élections », s’est encore enhardi l’avocat à la voix tonitruante.
Depuis quelques mois, tous les biens de Duvalier lui ont été restitués, des fonds de pensions lui ont été accordé, même un passeport diplomatique lui a été octroyé.
« C’est un manque de respect pour la justice et pour la population en tant que telle. Cela fait deux années qu’il se pavane dans le pays sans inquiétudes, ce démontre que la justice est piétinée », s’inquiète Danielle Magloire du Collectif contre l’impunité, présente à la cour d’appel. Elle était en compagnie de Marie Yolène Gilles du Réseau national de défense des droits humains (RnddH).
Connaissant l’état de la justice dans le pays, Danielle Magloire se dit déterminée à mener la bataille, en épuisant tous les recours prévus par la loi, voire même le recours international, tant que les victimes n’auront pas trouvé justice. [jep kft gp apr 25/01/2013 10 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13996
mercredi 1 février 2012
Il retient les accusations pour détournement de fonds, mais pas celles visant les crimes commis contre les opposants.
« Baby Doc » sera-t-il un jour jugé ? Un an après le retour surprise de Jean-Claude Duvalier en Haïti, la perspective d’un procès permettant à la justice de faire la lumière sur les crimes commis sous son régime, de 1971 à 1986, semble s’éloigner. Lundi 30 janvier, le juge d’instruction en charge du dossier a recommandé un renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds, refusant de retenir les plaintes pour crimes contre l’humanité déposées par d’anciens opposants et leurs proches.
Inquiétude
Cette annonce, en forme de camouflet pour les victimes, n’est pas encore définitive : le procureur peut ne pas suivre l’avis du juge et exiger une poursuite de l’instruction visant l’ancien homme fort du pays, âgé aujourd’hui de 60 ans. Mais les informations en provenance de Port-au-Prince sont néanmoins très inquiétantes pour les militants des droits de l’homme.
« C’est une grande déception, quantité d’informations que nous avons transmises au juge d’instruction n’ont pas été prises en compte, réagit Javier Zuniga, conseiller spécial d’Amnesty International. Nous n’avons pas encore de précisions sur cette annonce, le juge ayant refusé de publier son ordonnance. Nous sommes impatients de connaître les arguments invoqués pour refuser les plaintes pour crimes contre l’humanité. »
Dans son rapport présenté en septembre à Port-au-Prince, l’organisation de défense des droits de l’homme avait assuré qu’il « existe suffisamment d’éléments permettant de poursuivre en justice Jean-Claude Duvalier pour les nombreux cas de détention arbitraire, de torture, de mort en détention, d’homicide et de disparition qui ont eu lieu sous son régime et dont certains s’apparentent à des crimes contre l’humanité ».
La qualification de crimes contre l’humanité rendrait ces crimes non prescriptibles. « Par ailleurs, poursuit Javier Zuniga, les cas de disparitions ne peuvent être proscrits, le crime étant considéré comme encore en cours tant que les corps ne sont pas retrouvés. » C’est cette interprétation qui a permis, dans de nombreux pays d’Amérique latine, et notamment au Chili, de juger des militaires impliqués dans les dictatures des sombres décennies 1970 et 1980.
Demi-surprise
L’annonce de la justice haïtienne ne constitue qu’une demi-surprise, compte tenu du contexte politique : le nouveau président haïtien, Michel Martelly, au pouvoir depuis mai 2011, est en effet proche des milieux duvaliéristes, et son gouvernement compte dans ses rangs des fils de ministres du régime Duvalier.
En octobre, le président a même effectué une visite au domicile de l’ancien dictateur, en résidence surveillée depuis le début des procédures, qui a aussi pris part cette année à une cérémonie officielle à l’occasion du deuxième anniversaire du séisme. Sous couvert de « réconciliation nationale », le présent chef de l’État a même évoqué la semaine dernière la possibilité d’un pardon, avant de revenir sur ses propos le lendemain.
Si la recommandation du juge d’instruction était confirmée, les victimes auraient encore la possibilité de faire appel, notamment devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Mais les proches des victimes comptent sur la communauté internationale pour rappeler à Haïti ses engagements en matière de lutte contre l’impunité.
À Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est déclaré mardi 31 janvier « extrêmement déçu » et « préoccupé » que l’ancien dirigeant soit seulement traduit en justice pour détournement de fonds plutôt que d’être jugé pour les « sérieuses violations des droits de l’homme » commises durant sa présidence. « Il ne peut y avoir de réconciliation véritable et de pardon sans justice », a insisté Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat.
GILLES BIASSETTE
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Baby-Doc-ne-devrait-pas-etre-juge-pour-crimes-contre-l-humanite-_EP_-2012-01-31-764108
Inquiétude
Cette annonce, en forme de camouflet pour les victimes, n’est pas encore définitive : le procureur peut ne pas suivre l’avis du juge et exiger une poursuite de l’instruction visant l’ancien homme fort du pays, âgé aujourd’hui de 60 ans. Mais les informations en provenance de Port-au-Prince sont néanmoins très inquiétantes pour les militants des droits de l’homme.
« C’est une grande déception, quantité d’informations que nous avons transmises au juge d’instruction n’ont pas été prises en compte, réagit Javier Zuniga, conseiller spécial d’Amnesty International. Nous n’avons pas encore de précisions sur cette annonce, le juge ayant refusé de publier son ordonnance. Nous sommes impatients de connaître les arguments invoqués pour refuser les plaintes pour crimes contre l’humanité. »
Dans son rapport présenté en septembre à Port-au-Prince, l’organisation de défense des droits de l’homme avait assuré qu’il « existe suffisamment d’éléments permettant de poursuivre en justice Jean-Claude Duvalier pour les nombreux cas de détention arbitraire, de torture, de mort en détention, d’homicide et de disparition qui ont eu lieu sous son régime et dont certains s’apparentent à des crimes contre l’humanité ».
La qualification de crimes contre l’humanité rendrait ces crimes non prescriptibles. « Par ailleurs, poursuit Javier Zuniga, les cas de disparitions ne peuvent être proscrits, le crime étant considéré comme encore en cours tant que les corps ne sont pas retrouvés. » C’est cette interprétation qui a permis, dans de nombreux pays d’Amérique latine, et notamment au Chili, de juger des militaires impliqués dans les dictatures des sombres décennies 1970 et 1980.
Demi-surprise
L’annonce de la justice haïtienne ne constitue qu’une demi-surprise, compte tenu du contexte politique : le nouveau président haïtien, Michel Martelly, au pouvoir depuis mai 2011, est en effet proche des milieux duvaliéristes, et son gouvernement compte dans ses rangs des fils de ministres du régime Duvalier.
En octobre, le président a même effectué une visite au domicile de l’ancien dictateur, en résidence surveillée depuis le début des procédures, qui a aussi pris part cette année à une cérémonie officielle à l’occasion du deuxième anniversaire du séisme. Sous couvert de « réconciliation nationale », le présent chef de l’État a même évoqué la semaine dernière la possibilité d’un pardon, avant de revenir sur ses propos le lendemain.
Si la recommandation du juge d’instruction était confirmée, les victimes auraient encore la possibilité de faire appel, notamment devant la Cour interaméricaine des droits de l’homme. Mais les proches des victimes comptent sur la communauté internationale pour rappeler à Haïti ses engagements en matière de lutte contre l’impunité.
À Genève, le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est déclaré mardi 31 janvier « extrêmement déçu » et « préoccupé » que l’ancien dirigeant soit seulement traduit en justice pour détournement de fonds plutôt que d’être jugé pour les « sérieuses violations des droits de l’homme » commises durant sa présidence. « Il ne peut y avoir de réconciliation véritable et de pardon sans justice », a insisté Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat.
GILLES BIASSETTE
http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Baby-Doc-ne-devrait-pas-etre-juge-pour-crimes-contre-l-humanite-_EP_-2012-01-31-764108
mercredi 1 juin 2011
Haïti-Duvalier : A quoi sert l’ordonnance de mise en résidence surveillée de l’ancien dictateur ?
P-au-P, 31 mai 2011[AlterPresse] --- Me Reynold Georges, un des avocats de l’ancien président dictateur haïtien Jean Claude Duvalier, qualifie de « stérile » l’ordonnance de mise en résidence surveillée prise à l’encontre de son client par la justice haïtienne. « Le président a été (récemment) à Thomassique (Est) pour baptiser un mariage, il a dormi à Mirebalais, il va à la plage et mange la viande de chèvre boucanée », déclare Me Georges à AlterPresse pour montrer la nullité de l’acte produit par le juge d’instruction Carves Jean, en charge de l’enquête sur Duvalier pour crimes contre l’humanité.
Le dictateur a reçu en mars dernier cette assignation à résidence limitant ses déplacements à la capitale, Port-au-Prince, ainsi que ses possibilités de recevoir chez lui.
« Je fais ce que la loi demande, j’ai suspendu l’ordonnance par un acte d’appel et tout est calme », ajoute-t-il.
Des victimes de la dictature duvaliériste, qui va de 1957 à 1986 (soit 1957-1971 François Duvalier / père, 1971-1986 Jean Claude Duvalier / fils) ont porté plaintes par devant la justice haïtienne contre l’ancien tyran pour crimes contre l’humanité.
La Commission Interaméricaine des Droits de l’homme a enjoint les responsables haïtiens de prendre toutes les dispositions pour que la justice puisse se prononcer sur le cas Duvalier.
« La République d’Haïti, en sa qualité d’État membre de la Convention américaine, a l’obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs », indique la déclaration de la CIDH. [rh gp apr 31 /05/2011 12 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11101
Le dictateur a reçu en mars dernier cette assignation à résidence limitant ses déplacements à la capitale, Port-au-Prince, ainsi que ses possibilités de recevoir chez lui.
« Je fais ce que la loi demande, j’ai suspendu l’ordonnance par un acte d’appel et tout est calme », ajoute-t-il.
Des victimes de la dictature duvaliériste, qui va de 1957 à 1986 (soit 1957-1971 François Duvalier / père, 1971-1986 Jean Claude Duvalier / fils) ont porté plaintes par devant la justice haïtienne contre l’ancien tyran pour crimes contre l’humanité.
La Commission Interaméricaine des Droits de l’homme a enjoint les responsables haïtiens de prendre toutes les dispositions pour que la justice puisse se prononcer sur le cas Duvalier.
« La République d’Haïti, en sa qualité d’État membre de la Convention américaine, a l’obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs », indique la déclaration de la CIDH. [rh gp apr 31 /05/2011 12 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11101
samedi 21 mai 2011
L'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier convoqué par la justice
Agence France-Presse 20/05/2011 12h45
PORT-AU-PRINCE - L'ancien président d'Haïti Jean-Claude Duvalier a été convoqué vendredi matin au cabinet d'un juge d'instruction haïtien, a appris l'AFP auprès de l'un de ses avocats.
«Nous sommes maintenant au cabinet d'instruction pour la suite du dossier», a déclaré son avocat Me Reynold George contacté par téléphone. Ce dernier n'a pas précisé de quel dossier il s'agissait.
Revenu au pays en janvier après 25 ans d'exil en France, M. Duvalier a été inculpé par l'Etat haïtien de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.
Il fait par ailleurs l'objet de plusieurs plaintes pour crimes contre l'humanité: des dizaines d'opposants, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU, ont porté plainte pour arrestations arbitraires, tortures et détentions illégales.
Depuis son inculpation, «Baby doc» a pu effectuer des déplacements en province bien qu'il ait été placé en résidence surveillée sur les hauteurs de la capitale.
Jean-Claude Duvalier, fils de l'ancien dictateur François Duvalier alias «Papa Doc», avait pris le pouvoir en 1971 à 19 ans, perpétuant une longue dictature dans le pays le plus pauvre du continent américain.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/05/20110520-124545.html
PORT-AU-PRINCE - L'ancien président d'Haïti Jean-Claude Duvalier a été convoqué vendredi matin au cabinet d'un juge d'instruction haïtien, a appris l'AFP auprès de l'un de ses avocats.
«Nous sommes maintenant au cabinet d'instruction pour la suite du dossier», a déclaré son avocat Me Reynold George contacté par téléphone. Ce dernier n'a pas précisé de quel dossier il s'agissait.
Revenu au pays en janvier après 25 ans d'exil en France, M. Duvalier a été inculpé par l'Etat haïtien de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.
Il fait par ailleurs l'objet de plusieurs plaintes pour crimes contre l'humanité: des dizaines d'opposants, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU, ont porté plainte pour arrestations arbitraires, tortures et détentions illégales.
Depuis son inculpation, «Baby doc» a pu effectuer des déplacements en province bien qu'il ait été placé en résidence surveillée sur les hauteurs de la capitale.
Jean-Claude Duvalier, fils de l'ancien dictateur François Duvalier alias «Papa Doc», avait pris le pouvoir en 1971 à 19 ans, perpétuant une longue dictature dans le pays le plus pauvre du continent américain.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/05/20110520-124545.html
mardi 25 janvier 2011
De la légitimité de gouverner en Haïti
Nicole Guedj Plus jeune Chef d’État de l’histoire, « Baby Doc » a été propulsé à l’âge de 19 ans sur le « trône » autrefois occupé par son père. Durant plus de quinze ans, Jean-Claude Duvalier a fait régner en monarque absolu la terreur en Haïti, avant d’être sommé de quitter l’Île face à une insurrection populaire sans précédent. Crise économique, instabilité politique, taux de criminalité record, c’est dans cet état de chaos que la famille de « Baby Doc » a laissé le peuple haïtien, le 7 février 1986, embarquant dans un avion de l’US Air Force. Destination Grenoble, des centaines de millions de dollars en poche et le poids de chefs d’inculpation allant du vol à la corruption en passant par l’abus de pouvoir et le détournement de fonds. Les États-Unis lui ayant refusé l’asile, Duvalier s’est rabattu sur la France avec statut de « sans-papier » pendant 18 ans… Ce n’est qu’en 2005 que le fondateur de la brigade des Tontons Macoutes obtiendra un passeport diplomatique, sans avoir jamais payé sa dette.
Coup de théâtre le 16 janvier dernier, lorsque celui qui s’était proclamé Président « à vie », décide de retourner en Haïti pour « aider » : « Me voici revenu pour vous témoigner ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines (…) Je saisis aussi cette occasion pour exprimer (…) ma profonde tristesse à l’endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d’avoir été victimes sous mon gouvernement ». A peine débarqué, il est accueilli par des plaintes pour violation des droits de l’homme et l’ouverture par la Justice haïtienne d’une procédure pour « corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs ».
Comme s’il en était besoin et alors que les Haïtiens éprouvent les pires difficultés à élire leur prochain Président, « Baby Doc », en revenant au pays, a semé encore plus le trouble sur la scène politique. Si Haïti doit se relever d’une catastrophe naturelle qui a littéralement ravagé le pays, elle doit également s’engager dans des « opérations de reconstruction » d’une nouvelle ère démocratique. C’est un État dans son entier qui doit être remis sur pieds et il lui faudra garantir de sa légitimité pour sortir de la fatalité.
Au lendemain du tremblement de terre, je me suis rendue à Port-au-Prince. J’y ai notamment rencontré le Président René Préval, semblant bien déterminé à porter secours aux victimes et à redresser le pays. Malheureusement, et je n’ai eu de cesse de le répéter, les échéances électorales déjà planifiées le privaient déjà, dès le 13 janvier, de toute crédibilité pour s’investir dans un véritable plan de réhabilitation. C’est un Président « en sursis », sans aucune légitimité, qui a dû faire face à l’une des plus catastrophes les plus meurtrières de ces dernières années. Ne nous étonnons pas que les promesses de dons n’aient pas été respectées. Ne nous offusquons pas non plus que le travail de reconstruction peinent à avancer. Certains, bien inspirés, lui reprochent sa mauvaise gestion de la crise. Rappelons que six ans après le passage de l’ouragan Katrina, les États-Unis n’ont toujours pas achevé leur chantier en Nouvelle-Orléans…
Sur un tel champ de ruines, le retour de Duvalier sonne comme une insulte à la souffrance d’un peuple meurtri. Un an après le tremblement de terre et à la veille du second tour des élections présidentielles, formons le vœu que la Justice fasse regretter son retour à Duvalier. Qu’une vague de démocratie s’abatte cette fois-ci sur Haïti.
Par Nicole Guedj
Ancien ministre et Président de la Fondation Casques Rouges
Plus d’informations sur Nicole Guedj : www.nicoleguedj.com
Un an après… Haïti : le désespoir est-il permis ?
La Fondation Casques Rouges présidée par l’ancien ministre Nicole Guedj, organise une manifestation à l’occasion de l’anniversaire du tremblement de terre d’Haïti, mercredi 26 janvier 2011, de 18h30 à 20h30, à l’ESG Management School (25, rue Saint-Ambroise – 75011 Paris).
http://laregledujeu.org/2011/01/25/4383/de-la-legitimite-de-gouverner-en-haiti/
Coup de théâtre le 16 janvier dernier, lorsque celui qui s’était proclamé Président « à vie », décide de retourner en Haïti pour « aider » : « Me voici revenu pour vous témoigner ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines (…) Je saisis aussi cette occasion pour exprimer (…) ma profonde tristesse à l’endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d’avoir été victimes sous mon gouvernement ». A peine débarqué, il est accueilli par des plaintes pour violation des droits de l’homme et l’ouverture par la Justice haïtienne d’une procédure pour « corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs ».
Comme s’il en était besoin et alors que les Haïtiens éprouvent les pires difficultés à élire leur prochain Président, « Baby Doc », en revenant au pays, a semé encore plus le trouble sur la scène politique. Si Haïti doit se relever d’une catastrophe naturelle qui a littéralement ravagé le pays, elle doit également s’engager dans des « opérations de reconstruction » d’une nouvelle ère démocratique. C’est un État dans son entier qui doit être remis sur pieds et il lui faudra garantir de sa légitimité pour sortir de la fatalité.
Au lendemain du tremblement de terre, je me suis rendue à Port-au-Prince. J’y ai notamment rencontré le Président René Préval, semblant bien déterminé à porter secours aux victimes et à redresser le pays. Malheureusement, et je n’ai eu de cesse de le répéter, les échéances électorales déjà planifiées le privaient déjà, dès le 13 janvier, de toute crédibilité pour s’investir dans un véritable plan de réhabilitation. C’est un Président « en sursis », sans aucune légitimité, qui a dû faire face à l’une des plus catastrophes les plus meurtrières de ces dernières années. Ne nous étonnons pas que les promesses de dons n’aient pas été respectées. Ne nous offusquons pas non plus que le travail de reconstruction peinent à avancer. Certains, bien inspirés, lui reprochent sa mauvaise gestion de la crise. Rappelons que six ans après le passage de l’ouragan Katrina, les États-Unis n’ont toujours pas achevé leur chantier en Nouvelle-Orléans…
Sur un tel champ de ruines, le retour de Duvalier sonne comme une insulte à la souffrance d’un peuple meurtri. Un an après le tremblement de terre et à la veille du second tour des élections présidentielles, formons le vœu que la Justice fasse regretter son retour à Duvalier. Qu’une vague de démocratie s’abatte cette fois-ci sur Haïti.
Par Nicole Guedj
Ancien ministre et Président de la Fondation Casques Rouges
Plus d’informations sur Nicole Guedj : www.nicoleguedj.com
Un an après… Haïti : le désespoir est-il permis ?
La Fondation Casques Rouges présidée par l’ancien ministre Nicole Guedj, organise une manifestation à l’occasion de l’anniversaire du tremblement de terre d’Haïti, mercredi 26 janvier 2011, de 18h30 à 20h30, à l’ESG Management School (25, rue Saint-Ambroise – 75011 Paris).
http://laregledujeu.org/2011/01/25/4383/de-la-legitimite-de-gouverner-en-haiti/
mercredi 19 janvier 2011
En Haïti, les plaintes contre «Baby Doc» se multiplient
AFP/THONY BELIZAIRE Par RFI
Moins de 48 heures après être rentré en Haïti, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier y a été poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Ce mercredi 19 janvier, quatre plaintes ont été déposées contre lui à Port-au-Prince pour crimes contre l'humanité, sans compter d'autres procédures à venir. Les avocats de « Baby Doc » évoquent une manipulation politique de la part du gouvernement actuel visant à persécuter leur client. Et selon son porte-parole, l'ancien dictateur est rentré au pays pour être élu président.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Devant le parterre de journalistes présents à l’hôtel Karibe, les avocats de Jean-Claude Duvalier ont été très clairs : la convocation mardi de l’ancien « président à vie » d’Haïti n’est rien d’autre qu’une manipulation politique orchestrée par le gouvernement. Aucun dossier solide ne leur a été présenté, aussi leur client « Baby Doc » ne risque-t-il rien.
Mais ce mercredi matin, quatre personnes ont déposé plainte auprès du parquet de Port-au-Prince, des plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité. Parmi ces quatre personnes, Michèle Montas, la veuve du célèbre journaliste haïtien Jean Dominique. Michèle Montas avait subi les violences et les intimidations des sbires de Duvalier avant d’être contrainte à l’exil en 1980 quand les locaux de sa radio ont été saccagés par les hommes de main du dictateur.
Mais à ces nouvelles charges - des charges lourdes - les avocats de Jean-Claude Duvalier ont répondu fermement : les faits remontent à plus de vingt ans, il y a prescription.
Me Fritzo Canton, avocat de Jean-Claude Duvalier
Au niveau de l'instruction, on n'a trouvé aucun indice qui pourrait justifier la poursuite de M. Duvalier en Haïti.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110119-haiti-plaintes-contre-baby-doc-multiplient
Moins de 48 heures après être rentré en Haïti, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier y a été poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Ce mercredi 19 janvier, quatre plaintes ont été déposées contre lui à Port-au-Prince pour crimes contre l'humanité, sans compter d'autres procédures à venir. Les avocats de « Baby Doc » évoquent une manipulation politique de la part du gouvernement actuel visant à persécuter leur client. Et selon son porte-parole, l'ancien dictateur est rentré au pays pour être élu président.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Devant le parterre de journalistes présents à l’hôtel Karibe, les avocats de Jean-Claude Duvalier ont été très clairs : la convocation mardi de l’ancien « président à vie » d’Haïti n’est rien d’autre qu’une manipulation politique orchestrée par le gouvernement. Aucun dossier solide ne leur a été présenté, aussi leur client « Baby Doc » ne risque-t-il rien.
Mais ce mercredi matin, quatre personnes ont déposé plainte auprès du parquet de Port-au-Prince, des plaintes pour tortures et crimes contre l’humanité. Parmi ces quatre personnes, Michèle Montas, la veuve du célèbre journaliste haïtien Jean Dominique. Michèle Montas avait subi les violences et les intimidations des sbires de Duvalier avant d’être contrainte à l’exil en 1980 quand les locaux de sa radio ont été saccagés par les hommes de main du dictateur.
Mais à ces nouvelles charges - des charges lourdes - les avocats de Jean-Claude Duvalier ont répondu fermement : les faits remontent à plus de vingt ans, il y a prescription.
Me Fritzo Canton, avocat de Jean-Claude Duvalier
Au niveau de l'instruction, on n'a trouvé aucun indice qui pourrait justifier la poursuite de M. Duvalier en Haïti.
http://www.rfi.fr/ameriques/20110119-haiti-plaintes-contre-baby-doc-multiplient
lundi 17 janvier 2011
Haïti : le tyran "Baby doc" revient sur les lieux de ses crimes !
17 Janvier 2011 Par Velveth Faut-il que pour un dictateur chassé de Tunisie en réapparaisse un autre en Haïti ? "Baby Doc", réfugié en France depuis 25 ans, est de retour !
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Le retour à Haïti de l'ancien dictateur, « Bébé Doc », de la dynastie despotique des Duvalier et de leurs sinistres « tontons macoutes » qui assassinaient et pillaient, des décennies durant, est une très mauvaise nouvelle pour les haïtiens.
Obligé de fuir l'île sous la pression populaire en 1986, il trouva refuge en France. Exil doré sous le règne de Mitterrand.
Haïti, un an après le séisme, est île de la désolation et les milliards promis par les grandes puissances n'ont pas été versés. La population subsiste grâce à la présence d'une myriade d'ONG quand il faudrait « reconstruire » le pays mais l'aide promise n'arrivant pas, la population peut être tentée de se tourner vers d'absurdes "solutions".
D'ailleurs, des centaines de partisans de « Baby Doc » (payés ?), oublieux de sa sauvagerie, l'ont accueilli, hier au soir, à l'aéroport.
Le Premier ministre haïtien ne trouve d'ailleurs rien à dire à ce retour : « C'est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit » !
Ainsi, profitant du chaos, avec un mutisme coupable des dirigeants occidentaux, les autorités actuelles réhabilitent-elles la dictature malgré ses milliers de victimes...
La "communauté internationale", stupide terme consacré, laissera-t-elle ce boucher reprendre pied en Haïti ?http://www.mediapart.fr/club/blog/velveth/170111/haiti-le-tyran-baby-doc-revient-sur-les-lieux-de-ses-crimes
Baby Doc de retour, les Haïtiens sceptiques
ReportageLe retour inattendu de Jean-Claude Duvalier dimanche soir a provoqué une vraie stupéfaction dans la capitale. Si quelques Haïtiens affichent sympathie ou nostalgie, la plupart restent circonspects. Par MARWAN CHAHINE
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
Finalement Duvalier a quitte l’aéroport, il se dirigerait vers La réserve, un resto chic de Pétion-ville. Tout le long de la route, la vie semble suivre son cours, normalement. Par endroit, des groupes sont agglutinés derrière un poste de télé ou de radio, rien de plus. La seule scène de liesse que nous voyons se déroule devant une Eglise d’où sortent des fidèles, dansant et chantant. Sans doute ignorent-ils tout de ce retour surprise, leur messie est ailleurs.
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Il est 17 heures ce dimanche, le soleil se couche doucement sur Pétionville. La nouvelle commence à se répandre. Jean-Claude Duvalier va arriver en Haïti. Baby Doc est de retour. Une rumeur? Une blague? Non, tout ça a l’air d’être vrai. Les téléphones n’arrêtent pas de sonner. En apprenant la nouvelle, les gens sourient surtout d’hébètement et d’excitation. Pas de grand mouvement de joie, pas de colère non plus.
Trente minutes plus tard, devant l’aéroport Toussaint-Louverture de Port-au-Prince, trois cents personnes sont venues l’accueillir. Quelques «Bon papa Jean-Claude» sont clamés ci-et-là mais les simples curieux semblent aussi nombreux que les nostalgiques. D’autant que beaucoup sont jeunes, très jeunes. Ils n’étaient pas nés en 1986 au moment où le peuple haïtien fêtait le départ du dictateur. «Mes parents m’ont beaucoup parlé de lui», explique Marlon, un adolescent. «Avant, Haïti était un grand pays.» «Il nous faut du changement» complète sa sœur avec enthousiasme.
Enthousiaste, Franciscain, 20 ans, l’est moins. Il dit être là «pour voir» mais aussi «parce que mon père était militaire et Duvalier c’est le temps où on avait une armée». Il ne croit pourtant pas au retour providentiel et s’agace un peu de la situation. Tout le monde crie; l’avion aurait atterri. «Ça c’est du fromage, du show», lâche-t-il en désignant un groupe courant avec un drapeau haïtien; «moi, je veux du travail. Vous avez pas besoin d’un chauffeur?» A côté de lui, un homme d’une cinquantaine d’années fait cracher à son autoradio Tropicana, un hymne duvaliériste. Lorsqu’on l’interroge, son engouement est en fait très mitigé: «Il y avait un Etat mais c’était la dictature!»
«Il était roi d’Haïti?»
En pleine période électorale, l’arrivée de Baby Doc ne gomme pas les clivages partisans. Parmi son comité d’accueil, on trouve des défenseurs de Mirlande Manigat, de Michel Martelly et même de Jude Celestin, tiercé du premier tour des élections. Chacun y va de sa combinaison à imaginer Duvalier Premier ministre de l’un ou de l’autre. Des soldats de l’Onu, passent, casques bleus sur le crâne. «Minustah (la mission de l'ONU, ndlr) caca, vive la police (haïtienne)», chantent quelques badauds. Nesly, casquette vissée sur ses dreadlocks et baggy, n’approuve pas: «Vive la police? Ils sont fous?».
Certains sont là par pure coïncidence. Coincé contre la grille de sortie des voyageurs, dont la police bloque l’accès, un homme agite une pancarte ornée de cœurs, sur laquelle on peut lire «Gégé», vraisemblablement un passager de l’avion. Quelques humanitaires venus récupérer des commissionnaires cherchent à en savoir plus sur le fameux Jean-Claude: «Il était roi d’Haïti?», interroge une jeune anglophone. Lassés, les gens commencent à se disperser sans savoir s’il est vraiment parti et même s’il est vraiment arrivé. En rebroussant chemin, un jeune, visiblement énervé, prophétise: «Demain, c’est Aristide qui revient!»
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| Duvalier à son hôtel dimanche soir. (REUTERS) |
Hypothèses
Après l’étonnement viennent les interrogations: Pourquoi ce retour? Pourquoi intervient-t-il entre les deux tours? Mais surtout: qui sert-il? Toutes les hypothèses même les plus farfelues sont envisagées à voix haute. Louis, un avocat d’une quarantaine d’années y voit une manigance de Washington ou de Paris pour garder la Minustah en fonction. Très vite, il se ravise: «Préval est dans le coup!» assure-t-il désormais. «Il a fait ça pour ne pas être lui-aussi contraint à l’exil.» Fils de Makoute, Louis a manifesté, adolescent, contre le régime duvaliériste puis contribué à porter Aristide au pouvoir avant de déchanter. Aujourd’hui, il ne sait plus très bien quoi penser: «Il a fait quoi pour son pays pendant vingt-cinq ans? Il vient rajouter sa merde?»
La Réserve était une fausse piste. Jean-Claude Duvalier et son épouse se trouvent en réalité au Karibe, l’un des plus chics hôtels du pays. Vers 21 heures, le gros des troupes a déjà déguerpi. Ne restent plus que quelques jeunes supporteurs qui, à leur démarche chancelante, ont tout l’air d’avoir déjà bien fêté leur champion. Il est minuit. Les rues sont vides, presque silencieuses. Frantz, un riche Haïtien qui habite une immense villa près de l’hôtel, est inquiet: «Ce soir, c’est calme mais demain tout le pays va manifester. Il y a des gens qui portent encore des vraies cicatrices.»
http://www.liberation.fr/monde/01012314149-baby-doc-de-retour-les-haitiens-sceptiques
Retour surprise de Jean-Claude Duvalier en Haïti
L'ancien président "à vie" Jean-Claude Duvalier a effectué dimanche un retour surprise en Haïti, où il n'était pas revenu depuis son renversement par un soulèvement populaire en 1986. Lire la suite l'article
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
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| Photos/Vidéos liées JEAN-CLAUDE DUVALIER DE RETOUR À HAÏTI |
Il s'est dit prêt à aider son pays, plongé en pleine crise politique et sanitaire un an après un séisme dévastateur.
Vêtu d'un costume bleu et d'une cravate, Jean-Claude Duvalier, désormais âgé de 59 ans, est arrivé à Port-au-Prince en compagnie de sa compagne française Véronique Roy à bord d'un vol Air France en provenance de Paris, ont rapporté des témoins.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a-t-il dit, tandis que des centaines de partisans scandaient "Vive Duvalier" à l'extérieur de l'aéroport.
"(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi.
"Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti", a-t-il dit à Reuters, sans préciser ses intentions exactes.
Il devrait donner une conférence de presse lundi.
Surnommé Baby Doc, Jean-Claude Duvalier a été propulsé à la tête du pays en 1971 à la mort de son père, François "Papa Doc" Duvalier, qui faisait régner un climat de terreur. A 19 ans, Jean-Claude Duvalier était alors le plus jeune chef d'Etat au monde et il s'était autoproclamé président "à vie".
TONTONS MACOUTES
Même s'il a tenté d'offrir une image moins autoritaire que son père, Jean-Claude Duvalier a été renversé en 1986 par un soulèvement populaire, accompagné de pressions diplomatiques de la part des Etats-Unis.
Il était alors accusé de diriger un régime corrompu, répressif et multipliant les atteintes aux droits de l'homme par le biais de la milice créée par son père, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence pendant que sa population tentait de survivre dans la misère.
La fin de son exil en France a laissé de nombreux Haïtiens incrédules.
"Nous attendons de voir pourquoi il est ici. Mais ce n'est pas une bonne chose. J'ai vécu sous Duvalier", a dit un habitant de Port-au-Prince, Christian Joseph, âgé de 49 ans.
Interrogée au sujet de l'ancien dirigeant, une autre personne a refusé de répondre et même de donner son identité: "Vous plaisantez? Il me tuerait. Vous ne connaissez pas Duvalier?"
PASSEPORT DIPLOMATIQUE
Aucun mandat d'arrêt n'a été rendu public à son encontre et aucune disposition légale ne l'empêchait de revenir dans son pays.
De source proche de l'ancien dirigeant, on a déclaré qu'il était revenu avec un passeport diplomatique et qu'il devait tenir le ministère de l'Intérieur informé de ses déplacements.
Son retour ajoute une note supplémentaire d'incertitude en Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, plongé dans une crise politique en raison de la contestation des résultats du premier tour de l'élection présidentielle tenu le 28 novembre.
Ces résultats, dont l'annonce a été suivie d'émeutes, donnent en tête Mirlande Manigat, devançant de peu Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant René Préval.
Les experts de l'Organisation des Etats américains préconisent, sur la foi d'irrégularités "importantes" dans le décompte des voix, que Jude Célestin soit disqualifié et remplacé au second tour par le candidat arrivé troisième, le chanteur populaire Michel Martelly.
Ce scrutin présidentiel s'est déroulé en pleine épidémie de choléra, fatale à près de 4.000 personnes, et la date du second tour n'a toujours pas été fixée.
Haïti souffre en outre toujours des conséquences du violent séisme survenu le 12 janvier 2010, qui a fait plus de 300.000 morts.
Bertrand Boucey pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/4/20110117/tts-haiti-duvalier-ca02f96.html
Jean-Claude Duvalier de retour à Port-au-Prince
Par FTV avec AFP et Reuters
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
Jean-Claude Duvalier à son arrivée à Port-au-Prince (16 janvier 2011)
AFP / Hector Retamal L'ancien dictateur Haïtien Jean-Claude Duvalier est arrivé dimanche en Haïti après 25 ans d'exil
A la surprise générale, Baby Doc a atterri à Port-au-Prince en fin d'après-midi à bord d'un vol Air France. Dans l'aéroport, il a déclaré aux journalistes: "Je suis venu pour aider" le peuple haïtien.
Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier, avait été chassé du pouvoir par une révolte populaire en 1986.
Jean-Claude "Duvalier est un citoyen haïtien qui rentre au pays comme il en a le droit", a déclaré le Premier ministre Jean-Max Bellerive à l'AFP. "J'espère simplement que cela ne va pas compliquer une situation politique déjà tendue", a-t-il ajouté. Après un premier tour dont les résultats sont contestés, les Haïtiens attendent le deuxième tour de la présidentielle dont la date a été repoussée.
"J'attendais ce moment depuis longtemps. Quand j'ai posé le pied au sol, j'ai ressenti une grande joie", a déclaré Jean-Claude Duvalier à son arrivée. "(Je reviens) parce que je sais que le peuple souffre", a-t-il poursuivi. "Je voulais lui témoigner ma solidarité, lui dire que je suis là, que je suis bien disposé et déterminé à participer à la renaissance d'Haïti".
La compagne de Duvalier, Véronique Roy, a déclaré que le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 et ses quelque 250.000 morts les avait poussés à revenir en Haïti. "Ca a été le déclic, nous avons vu les images à la télévision", a-t-elle dit alors que le pays vient de commémorer le premier anniversaire de la catastrophe. Elle a aussi indiqué aux journalistes que Jean-Claude Duvalier parlerait lundi à la presse, sans donner plus de détails.
Plus jeune chef d'Etat au monde à 19 ans, Jean-Claude Duvalier s'était proclamé "président à vie". Même s'il voulait offrir une image moins autoritaire que son père François Duvalier, il dirigeait un régime corrompu qui multipliait les atteintes aux droits de l'hommes avec ses milices redoutables, les Tontons Macoutes. Il vivait dans l'opulence alors que son peuple était dans la misère.
La France avait accepté d'accueillir Jean-Claude Duvalier à titre temporaire en 1986, quand il avait été chassé par une révolte populaire. Il vivait depuis dans de belles demeures de la Côte d'Azur. Il répétait souvent qu'il souhaitait revenir "un jour" en Haïti.
En 2007, il était intervenu sur les ondes haïtiennes pour demander "pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises pendant son règne". En doutant de la sincérité de ce message, le président René Préval avait alors relevé que s'il y avait "le pardon", il y avait aussi "la justice".
L'ex-dictateur est notamment accusé de détournements de fonds pendant l'exercice de son pouvoir. Les autorités d'Haïti estiment que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales jusqu'à la chute en 1986 de "Baby Doc".
http://info.france2.fr/monde/jean-claude-duvalier-de-retour-a-port-au-prince-66880488.html
samedi 11 septembre 2010
Haiti Dictator's Poor-Man Exile?
Jean-Claude "Baby Doc" Duvalier told The Daily Beast he'd like to donate $8M to his homeland. But is the former despot too broke to support even himself—or just as corrupt as ever? When you inherit the family mantle of President for Life at age 19, things don’t necessarily go as expected—for you or for your country.
Haiti’s fate—since Jean-Claude Duvalier’s all-powerful father died, bequeathing control of the Caribbean island onto the teenager in 1971—has involved a cruel series of shocks for country in desperate need of something better. As for Duvalier, since his fall from power he has just kept on falling, from a rich thirtysomething playboy tooling around southern France in a Ferrari in the mid-1980s, to a man who has been “broken” by exile and who got caught skipping on his bills.
In recent years, his entourage has asserted that the former Haitian President for Life stays in a modest two-room Parisian apartment with his companion for just $1,275 per month.
That is why his pledge of $8 million to bolster the desperate earthquake relief effort in his decimated homeland this week—which came in an exclusive email to The Daily Beast—raised so many questions. Does he really have the money to pledge, or is he just promising to donate money he no longer controls for PR purposes? More importantly, what happened to the tens—or perhaps hundreds—of millions of dollars that he has been accused of siphoning from Haiti during his 15-year rule? That money is sorely needed in Haiti now more than ever.
Let’s start with the $8 million “pledge.” In his message to The Daily Beast, Duvalier asked Swiss authorities to “immediately transfer the entirety of the assets of the Foundation in the name of my late Mother Somone Ovide Duvalier ($8 million) to the American Red Cross with an eye toward bringing emergency assistance” to an array of Haitian cities. Duvalier didn’t clarify exactly which money he was talking about, but the Swiss Office of Justice made clear in February 2009 that it would return the remaining known portion of the Duvalier fortune in Swiss vaults to Haiti to support humanitarian, social, and financial projects aimed at improving the lives of the Haitian people. Anyone with title to the money—Duvalier or his associates, for example—who wanted to prevent this transfer was given a multi-month time-frame by which they needed to provide proof that the money was not ill gotten.
The amount that Duvalier referred to in his message to The Daily Beast is about equal to the 7.6 million Swiss francs that the Justice office referred to last year. (At the current exchange, that would be equal to about $7.4 million, but the dollar has recently recovered several percent of its value.) The Swiss apparently discovered millions of Swiss francs attributed to the Duvaliers in 2002, and froze the money.
This means that the Duvalier "pledge" is unlikely to carry any weight at all, but that the Swiss might end up channeling this money, as planned, toward helping Haiti.
But what about the rest of the Duvalier money? The Haitian government has estimated that the Duvaliers and their associates swindled the nation for around $120 million, largely from social works funds (perhaps of the sort that would have strengthened the nation’s infrastructure and helped it to better weather a massive earthquake). Other estimates about the looted amount vary wildly, from $20 million to as much as $300 million.
Duvalier himself told Newsweek in 2004 that such allegations are lies, and he noted that no court had convicted him for corruption. Then again, there is no record of him ever having held a paying job.
The Duvaliers were undoubtedly worth many millions when they moved to France 24 years ago. To console himself over the loss of the trappings of absolute power, “Baby Doc” tooled around the Côte d'Azur in a shiny Ferrari Testarossa and lingered at the Théméricourt chateau with his shopaholic (former) first lady of Haiti, Michèle Bennett—who he married in an astoundingly decadent ceremony said to cost $3 million in 1980. But by the mid-1990s, after a bitter divorce, she apparently made off with the lion’s share of the remaining money.
While there has been great skepticism in the Haitian community about comments by Duvalier's associates that he squandered it all (or lost it to his ex-wife)—other than what is being held in Switzerland—Duvalier’s hardships have increasingly eked out over the last decade. The Wall Street Journal reported in 2003 that Duvalier had been detained for skipping out on the bill in a $78-per-night hotel where he had lived with his mother in southern France. (His girlfriend reportedly paid the bill to get him released.) In recent years, his entourage has asserted that the former Haitian President for Life stays in a modest two-room Parisian apartment with his companion for just 850 euros ($1,275) per month, and that the perpetually unemployed Duvalier lives off the largess of friends or longtime supporters.
If true—and that is a big "if"—it could explain his increasing rumblings about returning to his homeland. In 2005, a regional newspaper reported that the reborn Duvalier political party intended to run Jean-Claude as their presidential candidate the following year. That plan fell apart as it became clear that he would have to appear in person in Haiti to register. In a rare 2007 radio address to his country, Duvalier apologized to his people for the “wrongs” of his regime, saying: “If during my presidential mandate the government caused any physical, moral, or economic wrongs to others, I solemnly take the historical responsibility...to request forgiveness from the people and ask for the impartial judgment of history."
That halting apology followed what he described as confusion over countless allegations of human-rights abuses in the 2004 Newsweek interview. He noted that U.S. aid was “conditioned on our human-rights record,” and the money kept rolling in. “We had no problem with the American (Reagan) administration,” he said, as justification.
Not surprisingly, Haitian President René Préval rejected Duvalier’s radio apology, but he noted that Duvalier is legally welcome to return to Haiti at any time—and that he will face a trial for his regime’s abuses if he does.
In the radio address, Duvalier also said that exile has “broken” him—wording that echoes his secretariat’s description of his feelings in a phone message left for The Daily Beast, when Duvalier was described as “very shocked and “crushed” by the quake.
Amid the mystery about Haiti’s lost—and desperately needed—millions, one thing seems certain. Even if Duvalier and his ex-wife really squandered nearly all of it, they still look disturbingly fortunate from the vantage point of their accursed homeland.
Eric Pape has reported on Europe and the Mediterranean region for Newsweek magazine since 2003. He is co-author of the graphic novel Shake Girl, which was inspired by one of his articles. He is based in Paris. Follow him attwitter.com/ericpape
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http://www.thedailybeast.com/blogs-and-stories/2010-01-16/haiti-dictators-poor-man-exile/2/
Haiti’s fate—since Jean-Claude Duvalier’s all-powerful father died, bequeathing control of the Caribbean island onto the teenager in 1971—has involved a cruel series of shocks for country in desperate need of something better. As for Duvalier, since his fall from power he has just kept on falling, from a rich thirtysomething playboy tooling around southern France in a Ferrari in the mid-1980s, to a man who has been “broken” by exile and who got caught skipping on his bills.
In recent years, his entourage has asserted that the former Haitian President for Life stays in a modest two-room Parisian apartment with his companion for just $1,275 per month.
That is why his pledge of $8 million to bolster the desperate earthquake relief effort in his decimated homeland this week—which came in an exclusive email to The Daily Beast—raised so many questions. Does he really have the money to pledge, or is he just promising to donate money he no longer controls for PR purposes? More importantly, what happened to the tens—or perhaps hundreds—of millions of dollars that he has been accused of siphoning from Haiti during his 15-year rule? That money is sorely needed in Haiti now more than ever.
Let’s start with the $8 million “pledge.” In his message to The Daily Beast, Duvalier asked Swiss authorities to “immediately transfer the entirety of the assets of the Foundation in the name of my late Mother Somone Ovide Duvalier ($8 million) to the American Red Cross with an eye toward bringing emergency assistance” to an array of Haitian cities. Duvalier didn’t clarify exactly which money he was talking about, but the Swiss Office of Justice made clear in February 2009 that it would return the remaining known portion of the Duvalier fortune in Swiss vaults to Haiti to support humanitarian, social, and financial projects aimed at improving the lives of the Haitian people. Anyone with title to the money—Duvalier or his associates, for example—who wanted to prevent this transfer was given a multi-month time-frame by which they needed to provide proof that the money was not ill gotten.
The amount that Duvalier referred to in his message to The Daily Beast is about equal to the 7.6 million Swiss francs that the Justice office referred to last year. (At the current exchange, that would be equal to about $7.4 million, but the dollar has recently recovered several percent of its value.) The Swiss apparently discovered millions of Swiss francs attributed to the Duvaliers in 2002, and froze the money.
This means that the Duvalier "pledge" is unlikely to carry any weight at all, but that the Swiss might end up channeling this money, as planned, toward helping Haiti.
But what about the rest of the Duvalier money? The Haitian government has estimated that the Duvaliers and their associates swindled the nation for around $120 million, largely from social works funds (perhaps of the sort that would have strengthened the nation’s infrastructure and helped it to better weather a massive earthquake). Other estimates about the looted amount vary wildly, from $20 million to as much as $300 million.
Duvalier himself told Newsweek in 2004 that such allegations are lies, and he noted that no court had convicted him for corruption. Then again, there is no record of him ever having held a paying job.
The Duvaliers were undoubtedly worth many millions when they moved to France 24 years ago. To console himself over the loss of the trappings of absolute power, “Baby Doc” tooled around the Côte d'Azur in a shiny Ferrari Testarossa and lingered at the Théméricourt chateau with his shopaholic (former) first lady of Haiti, Michèle Bennett—who he married in an astoundingly decadent ceremony said to cost $3 million in 1980. But by the mid-1990s, after a bitter divorce, she apparently made off with the lion’s share of the remaining money.
While there has been great skepticism in the Haitian community about comments by Duvalier's associates that he squandered it all (or lost it to his ex-wife)—other than what is being held in Switzerland—Duvalier’s hardships have increasingly eked out over the last decade. The Wall Street Journal reported in 2003 that Duvalier had been detained for skipping out on the bill in a $78-per-night hotel where he had lived with his mother in southern France. (His girlfriend reportedly paid the bill to get him released.) In recent years, his entourage has asserted that the former Haitian President for Life stays in a modest two-room Parisian apartment with his companion for just 850 euros ($1,275) per month, and that the perpetually unemployed Duvalier lives off the largess of friends or longtime supporters.
If true—and that is a big "if"—it could explain his increasing rumblings about returning to his homeland. In 2005, a regional newspaper reported that the reborn Duvalier political party intended to run Jean-Claude as their presidential candidate the following year. That plan fell apart as it became clear that he would have to appear in person in Haiti to register. In a rare 2007 radio address to his country, Duvalier apologized to his people for the “wrongs” of his regime, saying: “If during my presidential mandate the government caused any physical, moral, or economic wrongs to others, I solemnly take the historical responsibility...to request forgiveness from the people and ask for the impartial judgment of history."
That halting apology followed what he described as confusion over countless allegations of human-rights abuses in the 2004 Newsweek interview. He noted that U.S. aid was “conditioned on our human-rights record,” and the money kept rolling in. “We had no problem with the American (Reagan) administration,” he said, as justification.
Not surprisingly, Haitian President René Préval rejected Duvalier’s radio apology, but he noted that Duvalier is legally welcome to return to Haiti at any time—and that he will face a trial for his regime’s abuses if he does.
In the radio address, Duvalier also said that exile has “broken” him—wording that echoes his secretariat’s description of his feelings in a phone message left for The Daily Beast, when Duvalier was described as “very shocked and “crushed” by the quake.
Amid the mystery about Haiti’s lost—and desperately needed—millions, one thing seems certain. Even if Duvalier and his ex-wife really squandered nearly all of it, they still look disturbingly fortunate from the vantage point of their accursed homeland.
Eric Pape has reported on Europe and the Mediterranean region for Newsweek magazine since 2003. He is co-author of the graphic novel Shake Girl, which was inspired by one of his articles. He is based in Paris. Follow him attwitter.com/ericpape
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