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samedi 25 janvier 2020

Une famille criblée de balles à Croix-des-Bouquets

Publié le 2020-01-24 | Le Nouvelliste
On aperçoit une fillette en uniforme de son établissement scolaire, sac de livres à côté de sa tête, sans vie, les yeux fermés pour l’éternité. Le large sourire de Micky Mouse imprimé sur ce sac rouge sang tranche avec le corps maculé de sang de cette adolescente étalée dans la boue, au bord de la route de Croix-des-Bouquets, jeudi 23 janvier 2020.
Cette image d'une enfant, en uniforme scolaire, baignant dans son sang, largement partagée sur les réseaux sociaux, rappelle une triste réalité de l’insécurité qui prévaut dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Sur une autre photo, on voit un homme quittant sa place de chauffeur pour tenter de se réfugier sur le siège arrière de son véhicule. C’est en biais, entre deux sièges du véhicule, que la mort le fige. Criblé de balles.
Gaudy Salomon, ancien policier, employé de l'Inspection générale des finances, rentrait chez lui avec ses deux enfants et un parent, quand la famille a été attaquée par des bandits qui ont criblé de balles sa voiture, une Suzuki grise, modèle Grand Vitara.
L’homme et sa fille de 13 ans ont été tués sur-le-champ par les individus armés. Le garçon de la famille, âgé de sept ans, ainsi qu’un neveu de Gaudy Salomon dans la vingtaine, ont été blessés lors de l’attaque et conduits dans un centre hospitalier pour recevoir des soins.
L’enfant, blessé à la main, a été opéré avec succès. Le neveu risque d’être paraplégique, a confié une source, au journal. Une autre personne dont l'identité n'a pas été révélée aurait été aussi tuée au cours de l'attaque. Les circonstances de cette attaque ne sont pas encore élucidées par la police.
Ces derniers jours, on ne compte plus les actes d’insécurité, liés ou pas au climat de développement du banditisme, qui endeuillent la population à la capitale et en province.
Souvent, ce sont les photos partagées sur les réseaux sociaux qui leur donnent du relief. Les autorités ne tiennent pas compte des victimes. La police ne parle dans ses points de presse que des arrestations effectuées. Les morts et les blessés sont passés sous silence. Ces statistiques ne sont pas tenues avec rigueur.
Plus tôt dans la journée du jeudi 23 janvier 2020, lors d’une prise de parole au Palais national, le président Jovenel Moïse avait indiqué qu’il n’est pas indifférent aux morts liés à l’insécurité. Le chef de l'État a assuré avoir entendu les cris des habitants du grand Sud, de Martissant, de Carrefour en proie à la furie des bandits.
Le président a indiqué que des instructions sont passées pour que la police, quelles que soient l’unité et l’affectation, au palais, à la DCPJ, à l’UDMO, mette tout son poids, mobilise tous ses moyens pour assurer la sécurité des vies et des biens.
Jovenel Moïse a, une nouvelle fois, appelé les bandits armés à remettre leurs armes ou courir le risque de finir au cimetière.
Auteur: Roberson Alphonse
Source:https://lenouvelliste.com/article/211526/une-famille-criblee-de-balles-a-croix-des-bouquets


Commentaire :


Tous les jours, à chaque écho d’une vie arrachée, je me dis au Seigneur que ce soit enfin le cadavre de trop !

Mais hélas, ils sont des centaines de vies emportées par la médiocrité, l’irresponsabilité, la déshumanisation d’un groupe ailleurs hors-la loi mais choyé et protégé en Haïti. Au nom de quel agenda ? Pour le profit de quel groupe ?

La fin de cette plaisanterie inhumaine est cochée pour quand dans l’agenda des américains et des alliés du CoreGroup ?

Les cadavres de trop se comptent par centaines, depuis que Jovenel Moïse a démontré qu’il n’était pour la fonction présidentielle.

Maintenant, puisqu’on dit qu’il n’y a pas de mal qui dure cent ans, j’attends de mes vœux les plus pieux et réalistes, l’Erreur qui fera définitivement basculer le faux équilibre acquis par le soutien de l’étranger et qu’il tombe définitivement dans son néant le plus abjecte de notre histoire!

vendredi 20 septembre 2019

Jovenel Moïse se tait, travaille, ne se passera pas du Sénat et part dimanche pour l'Assemblée générale de l'ONU

Plus d’un mois depuis que le chef de l’Etat ne fait aucune déclaration publique. La dernière apparition en public de Jovenel Moïse remonte au 14 août dernier dans la commune de Léogâne quand il devait participer à la remise des diplômes à la base militaire Anacaona à 15 officiers, 50 aspirants sous-officiers et 250 soldats qui composent la nouvelle version des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Selon un proche du président, même s’il ne fait pas de déclaration, Jovenel Moïse rencontre et discute avec les secteurs de la société en vue de trouver une solution à la crise politique.
Alors que le pays est dans une situation de paralysie totale concernant toutes ses activités depuis plus de quatre jours et fait face à une pénurie d’essence depuis environ quatre semaines, le président de la République ne pipe mot. Disparu des radars depuis le 14 août dernier, Jovenel Moïse se fait rare, une grande première depuis son arrivée au pouvoir le 7 février 2017. Même si on ne l’entend pas, « le président avait fait de la pénurie d’essence une priorité », a fait savoir mercredi au Nouvelliste une source proche du chef de l’État au Palais national.
« L’information qu’il faut surtout retenir au-delà du silence du président, c’est que la cargaison d’essence est arrivée comme prévue au pays», insiste notre source.
Notre contact au Palais national a souligné qu’il n’y aura pas d’augmentation des prix dans les prochains jours des produits pétroliers à la pompe. Toutefois, il a reconnu que des réflexions et des discussions sont en train d’être faites sur une éventuelle hausse des prix de l’essence sur le marché local.
S’agissant du long silence du président de la République, notre contact proche de Jovenel Moïse a fait savoir que ce dernier ne veut pas parler pour parler. « Il y a une crise politique dans le pays, le président se concentre sur le problème, il rencontre et discute avec tous les acteurs afin de trouver une solution », a-t-il avancé.
Interrogé sur la proposition de sortie de crise du sénateur Dieupie Chérubin supportée par plusieurs de ses collègues qui conseille au chef de l’État d’installer dans ses fonctions le Premier ministre nommé Fritz William Michel et les membres de son gouvernement sans passer par le Sénat, notre source au Palais national a déclaré que « jamais le président de la République n’acceptera une telle proposition. Le président est prisonnier du Parlement. Il n’ira jamais à l’encontre des prérogatives du Parlement », a soutenu notre source proche de Jovenel Moïse.
Notre contact a souligné aussi que Jovenel Moïse se prépare à se rendre à New York la semaine prochaine pour participer à la 74e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies qui se déroule cette année autour du thème : « Dynamiser les efforts multilatéraux pour l'éradication de la pauvreté, l'éducation de qualité, l'action contre le changement climatique et l'inclusion. »
Par ailleurs, les réseaux sociaux ces derniers jours les internautes se questionnent régulièrement sur le silence du président de la République.
https://lenouvelliste.com/article/207100/jovenel-moise-se-tait-travaille-ne-se-passera-pas-du-senat-et-part-dimanche-pour-lassemblee-generale-de-lonu

mercredi 18 septembre 2019

Le président Jovenel Moïse va-t-il s’ériger en dictateur ?

« Selon le Trésor de la langue française, une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu'aucune loi ou institution ne le(s) limite(nt) ». Citée dans Wikipédia, cette définition est en train de résumer la situation politique en Haïti, où il ne demeure qu’une seule institution à résister aux désirs du président Moïse et de ses alliés : le Sénat. Mais depuis quelques jours, des voix s’élèvent, même parmi les sénateurs, pour que le président Jovenel Moïse passe outre la ratification du Sénat et installe Fritz William Michel comme premier ministre après le vote des députés.

Cette proposition survient alors que les semaines et les mois se suivent, sans que le président Jovenel Moïse arrive à se défaire de sa malchance. A chaque fois que le président pense gagner un point, les évènements ou les circonstances se liguent contre lui. A une semaine d’un voyage qu’il espère triomphal à l’Assemblée générale des Nations Unies, voilà qu’il doit hésiter entre encore une fois perdre la main ou faire un très grand saut dans l’inconnu.

Aujourd’hui, le président Jovenel Moïse a sa majorité dans les deux Chambres. Le président a deux premiers ministres et deux gouvernements. Le président a son état-major et son armée. Le président dispose de son chef de la Police nationale d'Haïti. Le président a son président de la Cour de cassation et président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Le président a son conseil d'administration de la Banque de la République d'Haïti. Le président a ses appuis diplomatiques. Le président a son secteur privé, sa société civile, ses médias, ses partisans. Le président a son administration publique.

Le président, sur le papier, a tout, mais certains de ses alliés estiment qu’il n’a rien car il n’a encore ni gouvernement légalement constitué, ni calendrier électoral ni Conseil électoral ni loi électorale pour les prochaines élections, ni budget, ni accord politique avec l’opposition ou les bailleurs de fonds internationaux, ni l’amour et le respect de la population. Alors ils lui propose de faire main basse sur ce qui lui échappe.
Mais voilà, le président Moïse est malchanceux ces derniers temps.
La malchance présidentielle commence avec le cyclone Dorian qui évite Haïti. Pour le pays c’est une bonne nouvelle, pour l’exécutif et ses alliés c’est une catastrophe. Les ravages d’un ouragan changent toujours la conversation pour plusieurs mois car il faut porter secours aux victimes. Les dégâts permettent de mobiliser les fonds de la communauté internationale pour la reconstruction et de prendre des mesures d’urgence qui offrent beaucoup de perspectives. Une catastrophe et souvent tout est possible en Haïti. Dans le passé le pays a connu tant et tant de fois ce scenario. Pas de chance pour Jovenel Moïse, Dorian nous ignore. Il ne pourra même pas en prendre excuse pour expliquer les retards qui s’accumulent dans tous les secteurs.

La malchance s’est poursuivie. Après une rentrée des classes réussie dans des conditions économiques très difficiles, le pays se met à l’arrêt aussitôt pour une question d’essence. Entre rareté et marché noir, les motards imposent un peyi lòk. La gazoline devenue le carburant des pauvres sert à alimenter les barricades aussi bien que le transport public. Jovenel Moïse n’a pas la baraka. Depuis juillet 2018, les produits pétroliers sont de tous les mauvais coups qu’il subit, le pétrole est son principal talon d’Achille. Cela déchaine les passions quand on veut ajuster les prix ou déstabilise le budget national à cause de la subvention aveugle de la consommation nationale de carburant.

Comme si tout cela ne suffisait pas, le président n’a pas le temps de jouir de la victoire massive de son premier ministre nommé devant la chambre des députés. Pas un vote contre et voilà que des secteurs font barrage à Fritz William Michel. Et depuis, les scandales à l’haïtienne (accusations sans preuve) se succèdent. Les allégations de corruption ensevelissent les ambitions du premier ministre nommé et recouvrent d’opprobres ses appuis au parlement haïtien. Fritz William Michel se retrouve empêtré dans une affaire de plusieurs centaines de milliers de dollars de pot-de-vin et une autre de quelques milliers de gourdes pour des cabris améliorés. Dans un pays où les présomptions font office de verdict, sa réputation est entachée.

Comme si cela ne suffisait pas, ce sont les alliés les plus sûrs du président de la République qui le lâchent. Le PHTK, le parti qui lui a donné emblème pour qu’il se fasse élire, et Evans Paul, l’un de ses principaux alliés, disqualifient Fritz William Michel et la manière dont le président s’y prend pour gouverner. Renforts de luxe pour toutes les oppositions qui sont au travers du chemin du président, KP et le PHTK semblent vouloir donner un coup de grâce au projet des plus ambitieux des alliés du président qui souhaitent qu’il s’érige en dictateur et installe Fritz William Michel en se passant de la bénédiction du Sénat.

Cette option de faire du président élu un dictateur est la dernière pierre d’un projet ancien, supporté par des élus et des amis du PHTK, qui souhaitent que le pays soit pris à la hussarde et soit gouverné par une main de fer avec ou sans gant de velours pour que la corruption des institutions triomphe.
Jovenel Moïse va-t-il se laisser tenter par l’appât de ce piège. S’ériger en homme fort d’Haïti en se passant du consensus et de l’appui du Sénat, en bafouant encore plus les lois et la constitution.

Sans attendre que le parlement soit caduc en janvier prochain, va-t-il se mettre à gouverner par décret pour le bonheur de ses amis ?

https://lenouvelliste.com/article/207055/le-president-jovenel-moise-va-t-il-seriger-en-dictateur

mercredi 13 décembre 2017

Haïti: «La corruption est un crime contre le développement» estime Jovenel Moïse

Le président haïtien effectue en ce moment sa première visite en Europe depuis son arrivée au pouvoir en février dernier. Ce mardi 12 décembre, il a participé au sommet sur le climat, organisé par la présidence française. En marge de cette rencontre d’une cinquantaine de chefs d’Etats et de gouvernements, RFI a pu s’entretenir avec Jovenel Moïse pour évoquer quelques-uns des grands thèmes qui agitent en ce moment la société haïtienne.

RFI : Un grand sujet agite en ce moment la société haïtienne : la corruption. Pour prendre un exemple : un rapport d’une commission d’enquête du Sénat pointe du doigt une quinzaine d’anciens ministres et deux ex-Premiers ministres pour la mauvaise gestion, voire le détournement des fonds du programme Petrocaribe. On parle de milliards de dollars initialement censés financer des projets économiques et sociaux en Haïti. Et vous, monsieur le président, vous affirmez être le seul à avoir la solution contre ce fléau qui empêche votre pays à se développer. Concrètement, quelle est cette solution ?

Jovenel Moïse : La corruption est un mal endémique dans mon pays. La lutte contre la corruption ne peut pas et ne doit pas être utilisée pour régler les comptes personnels ou pour faire la chasse aux sorcières contre des ennemis politiques. Pendant les vingt-cinq dernières années, Haïti a connu beaucoup de problèmes. De la surfacturation dans l’acquisition des biens de l’Etat, aux fonctionnaires qui reçoivent leur salaire mais ne sont nulle part. Parfois, ces fonctionnaires sont même à l’étranger. Des contractuels inactifs qui ne fournissent aucun service, et ce système dur depuis des générations. La corruption est devenue si endémique qu’elle infecte presque toutes les institutions du pays. C’est pourquoi je dis : la corruption est un crime contre le développement.

Il faut s’armer de courage, de volonté politique : si l’Etat et doté de feuilles de routes avec des objectifs précis, si à tous les échelons les dirigeants appliquent les lois, si les ressources sont utilisées pour fournir des services au peuple, si les routes sont bien construites et à des cours réels, si les fonctionnaires utilisent bien les ressources de l’Etat, Haïti changera d’avenir. Tout ceci requiert la volonté et le courage politiques, ainsi que la compétence administrative et technique.

Sous mon administration, la lutte contre la corruption ne peut pas être une posture pour tromper les gens. Elle est dans le vote et la publication des lois contre la corruption, le renforcement de la justice, la réforme de l’administration publique. Elle est dans la révision des procédures de passation de marché, dans l’établissement du système du prix de référence pour empêcher les situations de surfacturation. Depuis mon arrivée au pouvoir, le coup de travaux a été dans certains cas divisé par dix. J’entends poursuivre ce chemin pendant l’ensemble de mon quinquennat.

RFI : Quel est, selon vous, le rôle de la justice dans ce combat contre la corruption. Et comment expliquez-vous que jusqu’à présent aucun procès d’envergure pour des faits de corruption n’ait eu lieu en Haïti ?
 Jovenel Moïse : Je suis le garant de la bonne marche des institutions. L’Etat est composé de trois pouvoirs, le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. Je dois garantir le respect de l’indépendance de ces trois pouvoirs. Mais je m’engage à travailler pour que le pouvoir judiciaire soit au service du peuple. Je sais que le problème de la corruption est qu’il s’agit d’un système. Je dois combattre ce système. Et c’est pour cela que nous sommes en train de travailler aujourd’hui pour qu’il y ait des réformes réelles au niveau du pouvoir judiciaire.

RFI : Un ancien membre de votre gouvernement, le ministre des Affaires sociales, a dû quitter votre équipe gouvernementale au mois d’août en raison de soupçons de corruption, justement. Et aucune poursuite judiciaire n’a été engagée contre lui. Pourquoi ?
 Jovenel Moïse : La justice dans tous les pays du monde, comme en Haïti, c’est un processus long. C’est la raison pour laquelle, en tant que garant de la bonne marche des institutions, je suis en train de travailler pour qu’il y ait des décisions de justice plus justes, plus rapides et plus équitables. Et en ce qui concerne ce ministre, je dois vous dire que je sais qu’une enquête est ouverte.

RFI : Depuis quelques mois, des centaines de jeunes Haïtiens quittent quotidiennement leur pays natal, direction l’Amérique latine, et notamment le Brésil et le Chili. Il s’agit pour la plupart du temps de jeunes diplômés qui cherchent un meilleur avenir dans un autre pays. Pour Haïti ces départs représentent une perte considérable. Quelles mesures prenez-vous pour stopper cette véritable hémorragie ?

Jovenel Moïse : La meilleure politique contre la fuite des cerveaux est la poursuite sans relâche de la modernisation et du progrès. Figurez-vous que ce gouvernement est en train de prendre des dispositions pour que finalement la révolution industrielle arrive en Haïti.
La meilleure politique migratoire est la modernisation des institutions afin que l’Etat puisse jouer pleinement son rôle régulateur : fournir les services de base, créer des conditions pour attirer des investissements en proposant une formation de qualité, en améliorant le cadre des affaires pour créer des emplois, renforcer la classe moyenne et redonner de la confiance surtout aux jeunes. Pour que les jeunes ne soient plus orientés vers l’extérieur à la recherche d’éducation, de soins de santé, des emplois. C’est un processus long.

RFI : L’une de vos principales promesses de campagne était de l’électricité pour tous, dans l’ensemble du pays, 24h/24h. Dix mois après votre arrivée au pouvoir, où en êtes-vous de cette promesse ?
 Jovenel Moïse : Ce qui a manqué est une stratégie pour produire plus d’énergie à moindre coût, la distribuer et la commercialiser au mieux. Forte de ce constat, mon administration s’est armée de courage politique pour engager la nation dans la bonne direction sur ces trois points : construire un réseau électrique national, produire une quantité suffisante d’énergie à l’aide de sources propres et renouvelables. Je veux parler de l’éolienne, du solaire, de l’hydroélectrique, et de la biomasse. Cette approche est actuellement en cours dans diverses localités.

RFI : Est-ce que vous pouvez nous donner un exemple concret ?
 Jovenel Moïse : Les Irois, c’est à la pointe de l’extrême sud-ouest d’Haïti. Nous sommes en train d’y construire une centrale mixte. Il s’agit d’un projet innovant, avec un système intégré, solaire, éolien, stockage, et diesel. Cela veut dire qu’il y a quatre matrices énergétiques sur une seule plateforme. Aujourd’hui, l’électricité est démocratisée en Haïti. Ce n’est pas comme avant quand l’EDH en avait le monopole.

Aujourd’hui ce monopole n’existe plus. N’importe quelle entreprise peut venir en Haïti. D’ailleurs il va y avoir un appel à la manifestation d’intérêt à partir de la fin de ce mois. Et cet appel va permettre à toutes les entreprises du monde entier de venir en Haïti dans une compétition transparente pour produire, distribuer et vendre de l’électricité.

RFI : Vous êtes venu à Paris pour participer au sommet sur le climat, organisé par la présidence française. Haïti fait partie de ces pays très affectés par les effets du changement climatique. Que demandez-vous au pays les plus pollueurs ?

Jovenel Moïse : C’est très simple : l’empreinte d’Haïti en matière de gaz à effet de serre est pratiquement nulle alors qu’Haïti est l’une des principales victimes des conséquences du changement climatique, notamment en termes de fréquence et violence des cyclones.
Par exemple, l’ouragan Matthew du 3 au 4 octobre 2016 a détruit les deux tiers de notre Produit Intérieur Brut en moins de 48 heures. Nous souhaitions le respect des engagements des pays développés pour alimenter le fonds vert climat - à hauteur de 100 milliards de dollars américains minimum à partir de 2020 - et le soutien technique et financier pour l’adaptation, la recherche, l’innovation, le transfert de technologies et le renforcement de nos capacités. Il faut agir de manière concertée et durable.

RFI : Pensez-vous pouvoir vous faire entendre ?

Jovenel Moïse : Si on ne veut pas m’entendre aujourd’hui, on va quand même m’entendre demain parce que nous sommes tous habitants d’une seule planète. Ce n’est pas Haïti seule, mais la planète entière qui est menacée.
http://www.rfi.fr/ameriques/20171212-haiti-interview-president-jovenel-moise-climat-corruption

mercredi 4 janvier 2017

JOVENEL MOISE, PRESIDENT D'HAITI

Jovenel Moïse est né au Trou du Nord (département du Nord-Est) le 26 juin 1968 d’une famille modeste. C’est de son père, Etienne Moïse, mécanicien et agriculteur, qu’il a hérité de son amour de la terre. Sa mère, Lucia Bruno, de regrettée mémoire, couturière, commerçante, lui a appris, en plus des valeurs civiques et morales, le sens de la responsabilité dès l’enfance. Ses parents, en dépit de leur éducation limitée, ont su lui transmettre des principes stricts et une discipline rigoureuse. Ces fortes valeurs alliées à ses capacités innées ont permis à Jovenel Moïse, le « natif-natal », de toujours se distinguer et ont fait de lui aujourd’hui un agro-entrepreneur à succès et un modèle indéniable pour notre société.
Émigré avec sa famille à Port-au-Prince en juillet 1974, il a continué ses études primaires à l’Ecole Nationale Don Durélin, et poursuivit ses études secondaires au Lycée Toussaint Louverture d’abord; ensuite, au Centre Culturel du Collège Canado Haïtien.
Plus tard il fréquente la Faculté des Sciences de l’Education de l’Université Quisqueya. Malgré son avenir d’éducateur déjà tracé, il change de direction pour se lancer dans l’entreprenariat. En 1996, il épouse sa camarade de classe Martine Marie Etienne Joseph. La même année, ce jeune homme entreprenant, mature et plein d’enthousiasme, quitte la capitale et s’installe à Port-de-Paix avec le rêve ardent de développer l’arrière pays, rêve qui ne le quittera jamais.
Avec très peu de capital d’investissement, il crée sa première entreprise à Port-de-Paix, JOMAR Auto Parts, encore opérationnelle à nos jours. C’est à partir de cette petite entreprise, créée avec son épouse, que tous les projets du couple Moïse commencent à prendre corps. La même année, son amour de la terre oriente ses efforts vers la mise en place d’un projet agricole. Cette fois-ci Jovenel met sur pied une plantation de bananes s’étendant sur 10 hectares dans le Département du Nord-Ouest.
Peu de temps après, sa femme attend une fille, et le futur père de famille, prend conscience que l’accès à l’eau potable représente un enjeu majeur dans l’arrière pays, et se lance encore dans un projet innovateur. Fort de ses expériences et décidé d’apporter une solution, il se met en partenariat avec la compagnie Culligan de Port-au-Prince. En 2001, Jovenel combine des prêts d’institutions financières et de particuliers, non sans difficulté, et débute une usine d’eau qui distribuera de l’eau potable dans les régions du Nord-Ouest et du Nord-Est.
A partir de ses succès dans le monde des affaires et son désir d’appuyer le développement communautaire, Jovenel devient membre de la Chambre de Commerce et de l’Industrie du Nord-Ouest (CCINO) en 2004. Encore il se distingue par son leadership naturel et en très peu de temps, il est élu président de la CCINO. En effet, sa capacité à bâtir une synergie de groupe vers la réalisation d’un objectif commun, lui gagne de devenir secrétaire général de la Chambre de Commerce et de l’Industrie d’Haïti (CCIH). En leader dynamique, il joue un rôle prépondérant dans l’intégration des chambres de commerce régionales afin d’assurer leur pleine et juste représentation au sein de la Chambre de Commerce Nationale.
Entrepreneur perspicace, Moïse sait identifier les problèmes et les transformer en opportunités au bénéfice de tous. Intéressé par l’électrification régionale, il forme en 2008 une autre compagnie, la Compagnie Haïtienne d’Energie S.A. (COMPHENER S.A.) cette fois ci avec des associés. Ils désirent, à travers ce projet, apporter l’énergie solaire et éolienne aux 10 communes du département du Nord-Ouest.
Il fonde AGRITRANS S.A. en 2012, portant le projet agricole NOURRIBIO, au Trou du Nord, à devenir la toute première Zone Franche Agricole haïtienne. Avec ce projet, Jovenel Moïse a pu « transformer un site voué à l’abandon en un projet de développement durable intégré et qui servira de modèle pour le développement du secteur agricole en Haïti ». Ce n’est qu’un début vers la réalisation du rêve de Jovenel, proclamé « nèg banann nan » (l’homme de la banane) qui est de refaire d’Haïti un pays « essentiellement agricole ».
Le projet NOURRIBIO a déjà permis l’émergence de plus d’une dizaine de projets agricoles qui ont créé près de 3,000 emplois directs et 10,000 emplois indirects. Ce projet est le plus innovant en Haïti et le plus grand que la Caraïbe ait connu jusqu’à date. Pour Moïse, il est important qu’Haïti retrouve sa place sur la carte mondiale des pays exportateurs.
Ce leader a l’art de donner du sens et de mobiliser les foules. Persévérant et débrouillard, Jovenel est un exemple non seulement dans ses paroles, mais surtout dans ses actions qui produisent un effet beaucoup plus fort que ce qu’il dit. Jovenel Moïse est porteur d’une expérience éprouvée par le façonnement de consensus et de collaboration entre des groupes de personnes ayant des intérêts différents. Grâce à son charisme, il a l’art de communiquer une vision inspirante pour tous et pour chacun. Son sens de responsabilité demeure la pierre angulaire de sa réussite, dans ses entreprises, dans sa famille et dans son pays. C’est un promoteur, réceptif et attentif, qui croit en l’harmonie, et cherche la cohésion. Il favorise les interactions et comprend les besoins de l’équipe, qu’il cherche à satisfaire.
En 2015, le Président de la République d’Haïti, Michel Joseph Martelly, désigne Jovenel Moïse comme candidat à la présidence du parti politique qu’il a fondé, le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK). Le Président Martelly voit en Jovenel un « agent de production nationale » ayant toutes les capacités de pérenniser sa vision d’une « Haïti transformée ». Pour Jovenel Moïse, ce sont les objectifs socio-économiques nationaux qui priment. « Mon leadership, axé sur les résultats, guidera mon gouvernement tout en m’efforçant de rendre mon pays encore plus fort et meilleur pour l’ensemble des familles haïtiennes.»
Jovenel Moïse marchande, partout ou il passe, sa vision d’agriculture bioécologique comme moteur de l’économie haïtienne, créatrice d’emplois et génératrice de richesses pour une population dont plus de 50% est rurale. Il propose l’agriculture comme point de départ pour la relance économique. Sa politique englobe aussi les éléments qui ont été le cheval de bataille de Martelly: l’éducation pour tous, l’accès à la santé, la réforme de l’énergie, l’état de droit, la création d’emplois durables, la protection de l’environnement, et le développement d’Haïti come une destination touristique en y ajoutant l’éco-tourisme et l’agro-tourisme. La passion pour le développement du pays, les capacités innovantes, le leadership naturel et la vision progressiste pour Haïti, dont fait montre Jovenel Moïse, sont des atouts majeurs pour faire face au défi de la relance économique et structurelle d’une nouvelle Haïti.

Notes:
Avec un OUF! de soulagement, on salue l'épilogue de ce feuilleton qui a trop duré. Haïti vient de se doter d'un président de la République comme il y en a eu plus de 47 avant celui qui sera le grand vainqueur de la saga Martelly.
Nous publions ces notes biographiques enjolivées et édulcorées du Président élu.
L'auteur n'a pas voulu apposé sa signature.
Nous aimerions tellement lui souhaiter du succès et que ce qui reste comme force vive de cette nation en souffrance s'unisse à lui pour retrouver des solutions vitales et salutaires pour remettre Haïti sur un chemin plus digne et redonner confiance aux jeunes générations.
Accordons lui pour le moment le bénéfice du doute que ces collaborateurs et lui ne doivent pas prendre comme un chèque en blanc.
Attendons qu'il mette la main à la pâte avant de dégainer notre cocktail d'interrogations!