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mercredi 9 février 2011

Des milliers de personnes accueillent Duvalier à Léogâne

Officiellement inculpé et placé en "résidence surveillée", l’ancien dictateur a eu le temps de se recueillir sur la tombe de son père François Duvalier, au cimetière de Port-au-Prince, avant de répéter le même exercice dans la Cité Anacaona, ville natale de sa mère, où l’attendait une foule en liesse mardi 8 février 2011,
L’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier a été ovationné par plusieurs milliers de personnes mardi lors d’une visite à Léogâne (33 km au sud-ouest de Port-au-Prince) où il s’est recueilli sur la tombe de ses grands-parents, au lendemain du 25e anniversaire de sa chute, en 1986.
Accompagné de son épouse Véronique Roy, l’ex-Président à vie, rentré en Haïti depuis trois semaines, effectuait sa deuxième visite dans la ville natale de sa mère décédée, Simone Duvalier, alors qu’il est inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs et accusé de crimes contre l’humanité.
"M. Duvalier va se recueillir sur la tombe de ses grands-parents enterrés dans cette ville qui a été détruite par le séisme de janvier 2010. Il va déposer des fleurs au cimetière", avait indiqué dans la matinée à l’AFP Véronique Roy.
Avant d’aller à Léogâne, "Baby Doc" s’était rendu sur la tombe de son père, l’ancien dictateur François Duvalier, au cimetière de Port-au-Prince.
Le 7 février 1986, lorsqu’une révolte populaire avait chassé Duvalier du pouvoir, mettant fin à une république héréditaire de 29 ans, la tombe de "Papa Doc" avait été vandalisée par des haïtiens déchaînés.
"Si vous (Duvalier) étiez là, la réalité du pays serait différente", ont scandé avec enthousiasme dans la Cité Anacaona plusieurs milliers d’adultes et de jeunes, nostalgiques pour certains, sans repères historiques pour d’autres.
L’accueil a été partout étonnamment délirant pour Jean-Claude Duvalier qui a visité tour à tour la chapelle Sainte-Rose et le lycée Anacaona avant de déposer une gerbe des fleurs devant une fosse commune où sont enterrées de nombreuses victimes du séisme destructeur de janvier 2010.
Par la suite, l’ancien tyran et ses proches, suivis de plusieurs centaines de personnes décidément infatigables, se sont rendus dans la localité de Citronnier (9e section communale de Léogâne) pour une cérémonie particulière sur une habitation familiale.
Rentré en Haïti à la surprise générale le 16 janvier dernier, après 25 ans d’exil en France, Jean-Claude Duvalier a confié lundi à une station de radio qu’il caressait le rêve d’une "réconciliation nationale" à laquelle serait associés "tous les anciens chefs d’Etat".
Récemment, le Président René Préval avait assuré en République Dominicaine qu’une assignation à résidence était imposée à l’ancien leader de la sinistre milice des "Tontons Macoutes" pourtant libre de se pavaner à travers la république.
Outre une gestion des affaires publiques marquée par le règne de la corruption et le maintien inébranlable de l’exclusion sociale, la dynastie des Duvalier père et fils a fait de 1957 à 1986 des dizaines de milliers de morts, de disparus, de prisonniers et d’exilés. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article7497

dimanche 30 janvier 2011

Bienvenue aux dictateurs

Richard Martineau.-30/01/2011 03h28 Tout le monde se demande pourquoi Jean-Claude Duvalier a quitté son palace sur la Côte d'Azur pour retourner à Haïti.
Comme l'écrivait Michel Beaudry dans sa chronique, l'autre jour: c'était quoi, son plan? Pensait-il que les Haïtiens allaient s'agenouiller devant lui et lui donner les clés du pays sur un plateau d'argent?
La belle vie
Mais une autre question me turlupine concernant Bébé Doc: comment se fait-il que ce monstre ait pu se la couler douce en France pendant toutes ces années, sans être le moindrement embêté, comme s'il était un retraité comme un autre?
La France aime rappeler au monde entier qu'elle est le berceau des Lumières et des Droits de l'homme. Liberté, égalité, fraternité, et tout le bataclan.
Mais concernant sa façon de traiter les anciens dictateurs qui ont accroché leur mitraillette, la patrie de Voltaire n'a de leçon à donner à personne.
Comme l'écrivait le journal électronique Rue89 la semaine dernière, la France a été hyper complaisante envers l'homme qui a pillé et terrorisé Haïti.
«Celui qu'elle a accepté d'accueillir en transit pour quelques jours en 1986 sera finalement resté 25 ans. Hors la loi, mais jamais inquiété.»
Un sans-papiers
Afin d'expliquer pourquoi on n'avait jamais expulsé l'ancien dictateur hors de France (et à coups de pieds dans le cul, s'il vous plaît, gracieuseté des millions de Haïtiens qu'il a crossés durant son règne), le gouvernement français disait que les autorités avaient «perdu sa trace».
Or, selon Rue89, c'est complètement faux. Bébé Doc n'est jamais disparu dans la nature.
Le président François Mitterrand a tout simplement dit à l'avocat de Duvalier que si son client restait tranquille et discret, rien ne lui arriverait.
Résultat: Bébé Doc (dont la fortune estimée était supérieure à la dette extérieure de son pays) a pu dormir sur ses deux oreilles dans sa somptueuse villa des Alpes et se balader en Ferrari sur la Croisette au vu et au su de tous, sans jamais être embêté par les autorités françaises, même s'il n'avait pas le statut de réfugié politique!
Tout ça, dans un pays qui ne cesse de dire haut et fort qu'il faut expulser les sans-papiers!
Les crapules s'amusent
Le cas de Duvalier n'est pas unique.
Omar Bongo, le président du Gabon, et Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, deux sympathiques dictateurs sans foi ni loi, ont tous deux été accusés d'avoir détourné des sommes considérables de leur pays respectif pour acheter des palaces en France: un hôtel particulier dans le 16e à Paris, une villa dans les Yvelines, etc.
Rien de mieux que le miroitement des bijoux pour aveugler le pays des Lumières...
Ce n'est un secret pour personne: la Côte d'Azur est le Miami des dictateurs à la retraite.
Espérons que le Canada ne lui emboîtera pas le pas...
Après tout, ouvririez-vous les portes de votre maison à un criminel?
Ça pue
Mitterrand a autorisé la torture en Algérie, frayé avec le gouvernement de Vichy, accueilli Bébé Doc et fréquenté René Bousquet, un collabo notoire soupçonné d'avoir envoyé des enfants dans des camps d'extermination.
Décidément, plus on fouille, plus on se rend compte que l'idole de la gauche française était une crapule...
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2011/01/20110130-032800.html