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vendredi 8 octobre 2010

L'émergence d'une classe politique, une nécessité pour Haïti

On ne change pas une équipe qui gagne, dit-on. Mais lorsqu'une équipe ne peut pas donner de résultat, on est obligé de la changer, dis-je. En politique, lorsqu'on reconduit quelqu'un en poste, cela sous-entend qu'on était satisfait des performances de la personne et on la retourne en fonction, qu'elle soit élective ou nominative, pour continuer ou terminer le travail qu'il a commencé. Est-ce le cas en Haïti? Si la réponse est non, d'où la nécessité de l'émergence d'une nouvelle classe d'hommes aux affaires politiques de ce pays Haïti: Avant le mardi 12 janvier, il suffisait de visiter ou d'habiter pendant un certain temps en Haïti pour se rendre compte de la situation catastrophique du pays. Plus de la moitié de la population vivait dans l'extrême pauvreté. Haïti n'était plus le pays essentiellement agricole qu'elle était durant le début du 19e siècle. La société se trouvait chaque jour confronté à des problèmes d'insécurité, au coût élevé de la vie, l'analphabétisme, la corruption et d'enrichissement illicite de leurs mauvais dirigeants. Le taux de mortalité en Haïti était très élevé. Près d'un million d'enfants en âge scolaire n'avaient pas accès à l'instruction de base. Moins de 35% de ceux-là qui sont scolarisés arrivaient à peine à atteindre la 5eme année fondamentale. Environ 80% des élèves fréquentaient des écoles privées alors que l'article 32 de la Constitution de 1987 stipule que l'instruction sest gratuite. Pour un pays sans emploi où les gens vivaient dans l'extrême pauvreté, le cout de l'instruction était très élevé pour les familles. De 1804 jusqu'à cette date, les enfants en âge de scolarisation ont toujours été négligés. Seule une faible minorité des enfants et des jeunes bénéficiaient d'une scolarité effective et consécutive. Haïti n'avait pas assez d'écoles et de professeurs compétents. Ce n'était pas seulement au niveau de l'éducation que le bilan était lourd. Dans tous les domaines de la vie nationale, la situation était catastrophique. Tout ça était le résultat de plus de 200 ans de mauvaise gouvernance. Mais les 35 secondes du tremblement de terre du 12 janvier ont mis a nu et montrent très clairement comment les autorités haïtiennes sont incapable de diriger les 27,750 km2.
Le « moi » ou l'individualisme est très poussé chez l'haïtien. Que ce soit en Haïti ou à l'extérieur, l'Haïtien aime parler de lui-même et de sa réussite personnelle. Je suis la fille de monsieur ou de madame... Mon fils a été de chez les...Je conduis la voiture de l'année. J'habite dans les hauteurs de... Pendant qu'ils passent la majeur partie de leur temps á parler de leur réussite, ils n'ont même pas eu le temps pour voir, négativement, le développement des bidonvilles etdes marchés publics près de chez eux. Cela ne les intéresse pas puisque ils peuvent toujours acheter un ticket pour aller se soigner à l'extérieur. En quoi cela peut-il les intéresser puisqu'ils peuvent payer les meilleures universités pour leurs enfants. Pour eux, environnement, infrastructures, décentralisation, justice sociale etc. ne sont que de simples mots.
Bref, il y eut le 12 janvier. Selon Daly Valet dans l'éditorial du Matin 'Ras-le-bol' du lundi 19 avril 2010 « Le séisme du 12 janvier a assené le dernier coup de pioche fatal à ce qu'il restait de Port-au-Prince. Notre capitale était devenue une sorte de poubelle à ciel ouvert. En fait, ce tremblement de terre n'a fait qu'apporter une signature naturelle à un acte de décès dressé par les habitants de la ville eux-mêmes et ses gestionnaires successifs depuis 1986. Cette descente ininterrompue aux enfers est à inscrire dans l'ordre des dommages directs et collatéraux de l'incurie et de la mal gouvernance. Les élites militaires putschistes, la gent lavalassienne et cette ribambelle d'objets politiques volants non identifiés de l'ère post-duvaliérienne n'ont fait que se servir grassement, mais non servir gracieusement. De l'État central aux municipalités, la République dans son entièreté, une et indivisible, périclitait. Jusqu'à l'actuelle dislocation. Désastres transversaux. Marasmes multisectoriels. Absence de vision ? Incompétence ? Quelle qu'en serait la cause, le bilan de ceux-là qui se disputaient et se tuaient pour le contrôle des vestiges de l'État bancal et atrophié duvaliérien est là. La crise de gouvernance et l'inconséquence des élites. Le pays et sa capitale implosaient parce que médiocrement administrées".
Lorsqu'on grandissait en Haïti durant les années 1980, on savait nous présenter le gouvernement de Jean-Claude Duvalier comme responsable de tous les maux du pays. Etant un gouvernement rétrograde, donc on voulait son départ. Pensant qu'une fois parti, la situation socio économique des classes défavorisées allait être différente, mais la classe politique de l'opposition avait elle une certaine préparation ou programme pour assurer la transition de celui qui entre père et fils avait dirigé le pays pendant presque trente ans. En quittant le pays, il y eut donc après le départ de Jean Claude Duvalier le 7 février, une absence de leadership. Remplacé par un gouvernement civilo-militaire appelé Conseil National de Gouvernement (CNG), ce Conseil, avec un mandat de deux ans, avait pour mission, de refaire le tissus social, doter le pays d'une nouvelle constitution et du même coup le sécuriser pour l'organisation des élections libres, honnêtes et démocratiques. Le Conseil était composé de: le Lieutenant Général Henry Namphy, président, les colonels, Williams Régala, Prosper Avril, Major Max Vallès, Ingénieur Alix Cinéaste et professeur, Me. Gerard Gourgue.
Dans son discours inaugural, Namphy déclarait que « L'Armée ne nourrit aucune ambition politique et demeure au service des intérêts supérieurs de la Patrie ». Si certains voyaient dans ce discours une garantie comme quelqu'un qui allait conduire Haïti vers la démocratie et la croissance économique, déjà, les plus prudents de la classe politique se méfiaient du gouvernement de transition. Historiquement les expériences avec les militaires au pouvoir se révélaient toujours négatives, donc déjà on parlait de Duvalier sans Duvalier. Le gouvernement de transition serait t-il en mesure de combler le fossé de presque deux cents ans d'inégalités entre ceux là qui possèdent et ceux qui n'ont rien. Le général Namphy avait- il la possibilité, l'expérience et la bonne volonté pour répondre aux attentes du peuple haïtien qui a tant souffert des vingt neuf années de dictature des Duvalier ? Serait-il en mesure de se conduire en vrai chef capable de prendre les bonnes décisions pour le pays ou une poupette facile d'être influencée et intimidée par les macoutes et la communauté internationale ?
De concert avec les forces rétrogrades du pays, le régime militaire allait s'identifier et montrer son vrai visage. « Banboch demokratik lan fini », déclarait le président du Conseil. Influencé par la politique extérieure des grandes puissances occidentales et la maladresse des politiciens de la gauche haïtienne aussi bien de l'inexpertise des militaires á diriger, l'attente du peuple haïtien ou l'euphorie 1986 s'allait s'évanouir.
L'arrivée des activistes et hommes politiques venant de la diaspora qui pour la plupart étaient exilé pour leur opposition face au régime des Duvalier, était porteur d'espoirs. Malheureusement une fois arrivés au pays, bon nombre d'entre eux s'étaient noyés dans la grande bataille pour la lutte du pouvoir.
Sur le terrain, quant a certains activistes et dirigeants de partis politiques, de concert avec ceux de la diaspora, pour faire obstacle aux élections, a travers certaines organisations populaires a tendance de gauche, dépassée par l'évolution du temps, ils pensaient encore qu'une révolution politique ou la prise du pouvoir pouvait encore se faire par des luttes armées comme à l'époque de la guerre froide. Ainsi le boycottage de l'élection faisait son chemin par certaines organisations et associations qui se réclamaient de la masse. On assistait pendant les mois qui suivent la création du Conseil Électoral Provisoire à des déclarations codées de la part de certains leaders de partis politiques opposant à des élections. La tactique du double langage continuait comme á l'époque de la formation des constituants pouvant travailler sur la charte constitutionnelle. Avant c'était non á la constitution pour finalement dire non aux élections. Nous n'allons pas aux élections avec les militaires. Il nous faut un autre gouvernement capable d'organiser des scrutins libres et démocratiques, réclamaient les leaders politiques et les organisations á tendance gauchiste.
L'armée dans sa politique traditionnelle comme elle l'avait fait en 1957 pour le docteur François Duvalier, voulait effectivement organiser des élections orientées, dirigées pour un candidat. L'hypocrisie et la mesquinerie du jeu de double langage des leaders de la classe politique á pouvoir participer aux élections a, dans une certaine mesure, désamorcé l'atmosphère électoral et du même coup facilité l'armée dans leur jeu macabre. Au lendemain même du 7 février, certains dirigeants de la classe politique haïtienne qui se réclamaient de la gauche ou du secteur démocratique, ont toujours été indécis en terme de leur participation effective au le processus démocratique. Avec les discours démagogiques de révolutions et changement des conditions de la masse, ils n'étaient toujours pas d'accord surles moyens pour accéder au pouvoir. Dans leurs prises de position toujours codées et empreintes du double langage et de marronnage, il y a certains qui préconisaient la prise du pouvoir par la force et d'autres qui veulaient le prendre par le processus électoral, mais avec la faveur bien entendu de l'armée et de la communauté internationale.
Même lorsqu'ils s'unissaient certaines fois contre le régime militaire de transition pour protester ou dénoncer certains abus et violation des droits humains, le conflit entre ceux qui voulaient arriver au pouvoir par la force et la voie électorale était le cheval de bataille de tout un groupe de politiciens. Ceux qui voulaient aller aux élections étaient le plus souvent décriés et insultés comme vendeurs de patrie ou bien 'machan-n peyi'. Comme l'idée du « rache manyok » lancé par l'opposition avait échoué, donc il fallait trouver un moyen pour faire obstacle au Conseil National de Gouvernement. D'une façon voilée, mais moins enflammée et radicale, certains leaders qui hier encore parlaient leur double langage de anti-élections, ont rapidement changé de discours, façon de laisser la porte ouverte ou de courtiser cette même armée, dans l'exercice des élections tant décriées.
Comme les militaires ne pouvaient pas contrôler la machine électorale de 1987 et diriger le vote populaire, de concert avec les tontons macoutes, ils ont planifié et perpétré le massacre 'de la ruelle Vaillant'. Le même jour, général Namphy annonçait la caducité du Conseil Electoral Provisoire. Rapidement un autre conseil électoral de facto fut créé pour organiser les élections bidons du 18 janvier qui devaient porter au pouvoir le professeur Lesly François Manigat

Le gouvernement de Lesly Manigat
Au matin du 7 février 1988, c'était dans l'indifférence totale que le Professeur a prêté serment comme le premier président élu post Jean-Claude Duvalier, devant un parlement que le peuple et la communauté internationale ont considéré comme illégitime. « La fin justifie les moyens ». Mais quand on arrive au pouvoir comme dans le cas des élections illégitimes du 18 janvier, les moyens étaient vraiment limités et impossibles à justifier. La fin justifie que le professeur était incapable de diriger une Haïti où les militaires ne voulaient pas retourner dans leurs casernes, et, conformément aux normes internationales, suivant le contexte du nouvel ordre mondial, et remettre le pouvoir à un gouvernement civil, issu d'élections libres, honnêtes et démocratiques.
La gestion du pouvoir politique issue des élections du 18 janvier 1988 s'avérait difficile et même impossible. Deux choses handicapaient le gouvernement du professeur Manigat : La crédibilité des élections qui l'ont emmené au pouvoir et l'impopularité du président. La légitimité des élections qui ont emmenés le président au pouvoir avait été questionnée par la communauté internationale aussi bien par les forces politiques d'Haïti, questionnement qui a mis les nouveaux élus que de l'exécutif et du législatif en isolement. Impopulaire nationalement et isole par la communauté internationale, le professeur était arrivé au pouvoir dans un contexte très difficile. Comme le président n'avait pas la légitimité, donc les bailleurs de fonds ont été timides au déblocage d'aides financières qu'avait besoin le régime pour exécuter son programme. On lui reprochait d'arriver au pouvoir à partir des élections non crédibles, mais il paraît être le seul à avoir une idée de la bonne gouvernance des choses publiques.

Le gouvernement de Namphy II
Mis sur le banc de touche pendant les vingt neuf années des Duvalier pour jouer un rôle de second et de complices des dictateurs dans les actes criminels et violations des droits du peuple haïtien, une fois au pouvoir en 1986 après le départ de Jean-Claude Duvalier, l'armée ne voulait plus rester dans les casernes. Le coup contre Manigat, le 20 juin, par ceux-là même qui avait organisé les élections truquées pour le porter au pouvoir, retourne avec le général Namphy au pouvoir pour une seconde fois, pour continuer ses exactions et ses basses oeuvres qui ont été bien sûr interrompues pendant les quelque mois du gouvernement civil de Manigat. Tout portait a croire que le second mandat de ces militaires sans vision sera un gouvernement de répression où les macoutes et les nostalgiques duvaliéristes retourneraient au pouvoir pour continuer le duvaliérisme sans Duvalier.

Le gouvernement du général Avril
A la faveur d'un coup orchestré par un groupe de soldats, manipulés par des officiers mesquins de la hiérarchie militaire, qui se réclamaient de la base progressiste des forces armées d'Haïti (Fad'H), Prosper Avril est arrivé au pouvoir. C'était le tour de « l'intelligent Avril ». Non seulement le général n'avait pas de programme pouvant répondre aux desideratas du peuple, mais il ne voulait non plus organiser des élections. Heurté à une classe politique qui voulait des élections et une population assoiffée de changement, le Général Avril devait, après plusieurs jours de manifestations, quitter le pouvoir le 10 mars 1990.

Le gouvernement de Ertha Pascal Trouillot
Avec l'investiture du Juge Ertha Pascal Trouillot au Palais national, elle était devenue la première femme à pouvoir occuper ce poste. Le défi qu'attend le gouvernement de Madame Trouillot était énorme. En dépit de l'origine du gouvernement qui était le fruit d'une large consensus entre tous les secteurs et acteurs de l'élite politique, l'administration de Madame Trouillot était incapable de faire appliquer la justice dans le pays. Arrivée à la première magistrature de l'Etat avec un pouvoir sans base de popularité puisque elle n'était pas de la trempe des politiciens traditionnels qui sont capable de manipuler les bases politiques pour pouvoir contrôler certains dossiers importants dans la problématique haïtienne, le nouveau locataire du palais national était sans marge de manoeuvre face à une force militaire qui avait pris goût au pouvoir politique. En dépit de ce qu'on peut dire ou penser de la gestion de Madame Trouillot, en moins de dix mois, avec l'aide de la communauté internationale, son gouvernement a pu organiser les élections générales du 16 décembre 1990. Elections qui devait porter au pouvoir le populaire prête, Jean-Bertrand Aristide.

Aristide au pouvoir
C'est dans un atmosphère de fête et de réjouissances dans tout le pays et dans les communautés haïtiennes en diaspora que le gouvernement sorti des élections du 16 décembre d'abord, au palais législatif au Bicentenaire, ensuite pour les cérémonies religieuses, à la Cathédrale de Port-au-Prince le 7 février 1991. Le nouveau gouvernement avait-il l'expérience et la volonté pour opérer les réformes nécessaires tant souhaité par les masses défavorisées. D'un activisme militant au verbe enflammé de « makout pa ladan'l, anba inperyalis » à la présidence, le père Arisitide devenu président savait-il exactement les responsabilités qui l'attendaient au lendemain même de son investiture du 7 février.
Après presque deux cents ans de luttes d'une nation déchirée par la misère et l'inégalité entre ceux-là qui possèdent et ceux-là qui n'en ont rien, le 7 février 1991, les destinées du peuple haïtien ont été remises au chef Lavalas. Avec une vote massive de 67% aux élections générales du 16 décembre, président Arisitde pensait qu'il avait le plein feu vert de décider de la moindre petite chose des institutions du pays. Arrivé au pouvoir sur une base populiste. Dans un premier temps c'etait « tim tim bwa chèch, twa woch di fe e grès kochon ki kwuit kochon. Pour finalement arriver à « si pa gen la pè nan vant, pap kab gen la pè nan tèt. Autant de discours populistes vides de sens. Discours qu ne correspondaient pas aux réalités politiques et économiques d'un peuple sans emploi, sans grands centres hospitaliers et universitaires. De coup d'état au départ force, l'homme qui occupait la scène politique haïtienne pendant les années 90, laissait impression quelqu'un qui ne savait comment garder son pouvoir voire changer l'image du pays. Ainsi, le 29 février 2004 comme il survolait Cité Soleil en direction de son exil en Afrique du Sud, il laissait plus de misère dans son propre fief que lors du vol de Jean-Claude Duvalier pour la France en 1986. Il rentrait dans l'histoire comme quelqu'un, qui comme ses prédécesseurs, a échoué lamentablement.
René Préval
De « naje pou soti a gade m nan je map gade w nan je », René Préval et ses hommes ont dirigé le pays comme un président sans vision. Préval n'a pas pu ni pendant son premier ni au cours de son second mandat instaurer l'autorité de l'état comme il l'avait promis. Il n'a pas pu non plus empêché la corruption dans les institutions publiques. Le programme d'apaisement social était une simple illusion. Les bandits imposèrent leurs lois aux autorités. Au moment ou Préval, avec sa plateforme politique Espoir transforme en Unité, préparait les élections de février pour renouveler le tiers du sénat et les 99 députés, le pays avait été terriblement frappé par le tremblement de terre du 12 janvier. Si Préval est le seul après le départ de Jean Claude Duvalier a pouvoir boucler tous ses mandats de cinq ans, il apparait pourtant désorienté et sans options face aux défis d'une Haïti post séisme.

Abraham di se ase. Nou bezwen yon lòt klas politik
La maladresse et l'inefficacité des dirigeants post duvaliériens à résoudre les problèmes de base de la fonction régalienne ont conduit à une Haïti plus pauvre qu'avant 1986. Après plus de 20 ans post Duvalier, le bilan est lourd. Le résultat de ceux-là qui ont dirigé Haïti a mis à jour l'incapacité de la classe politique, particulièrement du secteur populaire à diriger. Les institutions sont affaiblies. Port-au-Prince est devenue une ville poubelle ceinturée de bidonvilles.
Les bandits imposent leurs propres lois aux paisibles citoyens en passe a des problèmes économiques, vie chère et chômages. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le pays ne peut pas continuer à recycler les mêmes politiciens post Duvalier. Si cela continue, on retrouvera les mêmes résultats négatifs. A savoir une Haïti sans emploi, sans sécurité, sans écoles, sans infrastructures, des dirigeant arrogants et corrompus. Comme « les problèmes politiques sont les problèmes de tout le monde et les problèmes de tout le monde sont des problèmes politiques », donc on doit réinventer Haïti avec une nouvelle classe d'hommes dans les affaires publiques du pays. D'ou la nécessité de l'émergence d'une nouvelle classe politique.
Bien des années auparavant, l'Ambassadeur américain Brian Dean Curran anticipait l'idée d'une nouvelle classe politique. C'est dans cet ordre d'idées que dans son discours très significatif prononcé le 9 juillet 2003 lors d'une soirée d'adieu organisée par la HAMCHAM qu'il déclarait. "J'espère que les têtes froides prévaudront. Et j'espère que l'ultime incohérence, la nostalgie de l'ère duvaliérienne, n'induise personne à appuyer financièrement ou autrement, aucun rôle politique pour Jean Claude Duvalier. Le passage du temps ne devrait pas effacer les crimes. Les pages de l'histoire ne peuvent pas être retournées. Cherchez de préférence parmi vos incroyablement talentueux jeunes professionnels éduqués à Harvard, Columbia, Stanford, Georgetown et autres universités américaines, à la Sorbonne ou l'HEC, à McGill ou Laval, pour une nouvelle génération de leadership politique, éprouvés dans le creuset des idées modernes, mais maintenant en Haïti, préparant un meilleur avenir pour Haïti et non la pérennité, la nostalgie ou la revanche". Le peuple haïtien doit avoir une alternative entre ceux-là qui ont échoué pendant les vingt cinq dernières années dans la gérance des affaires publiques du pays et ceux-là qui peuvent apporter le changement et réinventer Haïti.
En reconduisant ces mêmes messieurs dans d'autres postes, le peuple saura qu'il a fait choix pou ke lekòl kontinye tonbe sou piti li. Mete mesye sa yo nan pouvwa ankò se pèmèt pa gen anyen ki fet pour résoudre le problème de l'insécurité, de la faim, du chômage et de l'électricité. Reconduire ces messieurs au pouvoir c'est donner un autre mandat de cinq ans à Préval ou à ces messieurs pour continuer à nous regarder dans les yeux et de nous dire de nager pour sortir. De Namphy a Préval, la classe politique traditionnelle avait 25 ans pour prouver son efficacité et ses compétences dans la bonne gouvernance des affaires politiques du pays. Malheureusement, ils ne savaient pas comment s'y faire. Le tremblement de terre du 12 janvier est le coup de grâce. Il montre que rien de sérieux ne peut sortir de ces messieurs. Donc après un quart de siècle, c'est le moment de remercier et renouveler le clientèle de la classe politique haïtienne de l'après 1986.
Prof. Ésaü Jean-Baptiste
younalot@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=84104&PubDate=2010-10-07

vendredi 24 septembre 2010

René Préval et Wyclef Jean réconciliés ?

Les deux hommes se sont rencontrés jeudi à New York alors que le chanteur de hip-hop, qui avait qualifié le Président de "Lucifer" au lendemain de son éviction de la course électorale, dément tout retrait de la vie politique et croit même pouvoir jouer un rôle dans les prochaines présidentielles
Plusieurs semaines après l’avoir traité de "Lucifer" et principal responsable de son exclusion de la course à la présidence d’Haïti, le rappeur international Wyclef Jean a semblé s’être réconcilié jeudi à New York avec le Président René Préval qui lui a rendu hommage en l’invitant à se tenir à ses côtés, lors d’une session spéciale sur Haïti du Clinton Global Iniative, la fondation de l’ex-Président américain Bill Clinton, envoyé spécial de l’ONU pour Haïti.
Selon le Miami Herald, la star n’a fait aucune déclaration alors que dans un message reçu à Radio Kiskeya le même jour elle dément les informations faisant état de sa décision "d’abandonner la vie politique" pour se consacrer exclusivement à sa carrière artistique.
Pour leur première rencontre depuis l’échec de la candidature de Jean, écarté de la course électorale pour déficit de résidence en Haïti, René Préval a salué le rôle de l’artiste dans la défense de la cause de son pays natal et appelé les bailleurs de fonds à respecter leurs engagements, avant son intervention vendredi à l’assemblée générale de l’ONU.
"Il a rendu Haïti visible à travers le monde, même avant le tremblement de terre. Il porte son pays dans son cœur. C’est pourquoi, j’ai fait de lui un ambassadeur de bonne volonté", a répété du haut d’un podium le Président, entouré de Wyclef Jean et du Dr Jean William Pape, directeur des centres Gheskio.
La vedette du hip-hop s’est contentée d’esquisser un sourire, sans faire la moindre déclaration.
M. Jean, qui avait diabolisé Préval et le Conseil électoral provisoire, s’est présenté dans son message audio de jeudi comme "à la fois un artiste et un leader politique", semblable aux deux faces d’une même médaille.
Qualifiant de manœuvres intéressées des "forces anti-changement" les rumeurs sur son retrait de la scène politique, le musicien a promis de continuer à lutter en faveur de l’amélioration des conditions d’existence du peuple haïtien. A ses partisans, particulièrement aux jeunes, il a promis l’annonce prochaine d’éventuelles consignes de vote en faveur d’un candidat qui "partagerait sa vision" et accepterait, dit-il, qu’il "participe à la direction du pays". spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7076

Le Parti Louvri Baryè abandonne la plateforme Unité

Le secrétaire général du Parti Louvri Baryè (PLB), Carol Joseph, secrétaire d'Etat à l'alphabétisation, annonce que son parti n'est plus membre de la plateforme présidentielle. Les militants de cette formation politique abandonnent le regroupement au pouvoir arguant que les choix des candidats ne sont pas conformes aux principes du PLB. Il s'agit ici de la désignation de Jude Célestin comme candidat de la plateforme présidentielle.

La défection du PLB est le résultat d'une détérioration des relations entre le directoire de l'Unité et les dirigeants de ce parti. M. Joseph révèle qu'il a suivi les différentes étapes de novembre à nous jours en vue d'harmoniser les points de vue. Nous sommes arrivés à la conclusion que nos idées ne pourront pas être acceptées par le regroupement Unité, t-il.
Lors d'une assemblée générale extraordinaire le 19 septembre dernier les membres du PLB ont scellé le divorce avec l'Unité. La collaboration entre les dirigeants du PLB et les membres de l'actuelle équipe au pouvoir remonte à 1995. Le PLB était membre de la Plateforme Lespwa ayant remporté les élections législatives et présidentielles de 2006.
Les divergences avec le directoire de l'Unité sont profondes, assure M. Joseph pour qui le respect des principes est indispensable dans le cadre d'une structure politique. Toutefois Carol Joseph qui conserve son portefeuille a refusé d'étaler les fautes ou erreurs des dirigeants de la plateforme présidentielle.
Le secrétaire d'Etat tourne maintenant les regards vers d'autres formations politiques en vue d'appuyer un candidat à la présidence.
Au cours de la dernière assemblée générale les militants ont également désigné 4 nouveaux membres au sein du directoire du parti.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18275

jeudi 23 septembre 2010

Le président Préval refuse de publier la loi sur les frais scolaire selon des organisations sociales

Plus d'un an après le vote de la loi sur les frais scolaires le chef de l'Etat haïtien ne l'a toujours pas publié la loi sur les frais scolaires dans le journal officiel Le Moniteur. Plusieurs parlementaires dont Kelly Bastien (Unité), et l'ex député Steven Benoît (Alternative) ainsi que des dirigeants d'organisations de la société civile s'étonnent de la non publication de cette loi. L'ex député de Carrefour, Esdras Fabien, estime que le président Préval fait preuve de sa méchanceté en refusant de publier la loi. La constitution accorde un délai au chef de l'Etat pour faire objection à une loi votée par le Parlement. Le chef de l'Etat n'a fait aucune objection à cette loi votée par les deux chambres.
Au début du mois le ministère de l'éducation avait demandé aux directeurs d'écoles de ne pas augmenter les frais scolaires afin d'être solidaires des parents qui ont consenti de grands efforts financiers pour la scolarisation de leurs enfants.
Plusieurs dirigeants d'organisations dénoncent la hausse des frais scolaires avant le début de la nouvelle année académique. Le secrétaire général de l'Union des Parents d'élèves Progressiste (Upeph), Léo Lutholu, affirme que de nombreux directeurs d'écoles ont décidé d'ignorer les recommandations du ministère de l'éducation. Il exige la publication de la loi sur les frais scolaires et réclament des sanctions contre les directeurs fautifs.
De son coté, le coordonnateur général de l'organisation Jen koré Jen, Gary Bodeau, invite le chef de l'Etat à publier la loi sur les frais scolaires afin de soulager la population défavorisée.
Cet avis est partagé par le coordonnateur de l'Unnoh, Josué Merilien, insiste sur la nécessité pour que les directeurs d'écoles privées n'augmentent pas les frais scolaires.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18273

Les sénateurs de l'opposition se ravisent et veulent reprendre les séances

Les sénateurs de l'opposition veulent mettre fin au dysfonctionnement du grand corps qu'ils avaient provoqué après le vote de la loi d'urgence. Membres du groupe minoritaires, les sénateurs William Jeanty, Youri Latortue et Edmonde Supplice Beauzile maintiennent leurs revendications entres autres le départ du président Kelly Bastien. Tout en déplorant le manque de confort dans le nouveau local du sénat, les parlementaires de l'opposition sont déterminés à reprendre les séances en assemblée.
Le sénateur William Jeanty attire l'attention sur la nécessité pour que le grand corps assume ses prérogatives notamment en ce qui concerne la nomination d'un nouveau gouverneur de la Banque centrale et des membres du conseil d'administration de la Banque Nationale de Crédit. Il revendique également le droit des sénateurs de faire valoir leurs points de vue sur le prochain budget.
Les membres du groupe minoritaire assurent qu'ils ne sont pas responsables du dysfonctionnement du grand corps. Ils veulent reprendre les séances afin disent-ils de combattre ce qu'ils qualifient de dérive, de corruption au sein du gouvernement.
La sénatrice Edmonde Supplice Beauzile (Fusion) affiche la détermination des sénateurs de l'opposition à contrôler l'action du gouvernement. Elle déplore que les sénateurs ne soient pas en mesure de convoquer les autorités sur la recrudescence de l'insécurité. Mme Beauzile se dit favorable à l'interpellation de certains ministres en raison de l'inaction du gouvernement dans plusieurs domaines. .
Les 7 sénateurs de l'opposition accusent leurs collègues de se soucier uniquement des rencontres au Palais national.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18271

mercredi 22 septembre 2010

Wyclef Jean accepte le verdict du CEP et maintient son engagement politique



La star internationale du Hip hop Wyclef Jean abandonne la procédure visant à obtenir sa réintégration dans le processus électoral. Il suspend ainsi le recours engagé par ses avocats auprès de l'organisme électoral.
Cette annonce n'est pas une surprise pour les observateurs. M. Jean avait dans un message diffusé sur les ondes de plusieurs medias, dont radio Métropole, admis qu'il ne pouvait plus briguer cette année la présidence.
Cependant l'artiste n'entend pas abandonner la scène politique après cet échec. Il réaffirme sa détermination à poursuivre la bataille sous d'autres formes. L'ex candidat de Viv Ansanm veut assumer la gestion de son électorat potentiel et met en garde contre toute invitation des autres formations politiques. Il promet de lancer des mots d'ordre relatifs au comportement de ses supporters durant le processus électoral.
Wyclef adopte ainsi une stratégie différente de celle de Dumarsais Siméus en 2005. L'industriel américain d'origine haïtienne, candidat sérieux à la présidentielle de 2006, avait été écarté par l'organisme électoral.
Le propriétaire de Simeus Food Inc. n'est plus apparu sur l'échiquier politique depuis le rejet de sa candidature pour double nationalité.
Wyclef Jean ne pliera pas ses bagages mais se positionne en tant que faiseur de roi.
Le conseiller politique de M. Jean, Claude Roumain a révélé que plusieurs candidats avaient sollicité l'appui de l'artiste.
Avant le rejet de sa candidature au cours d'une rencontre avec le chef de l'Etat, Wyclef avait pu s'entretenir au téléphone avec le candidat de la plateforme présidentielle, Jude Célestin. Il s'agissait visiblement d'une tentative du président de rapprocher les deux hommes.

LLM / radio Métropole Haïti 
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18270

Une organisation étudiante et un syndicat supportent la candidature de Jude Célestin

Le candidat de l'Unité, Jude Célestin, bénéficie désormais de l'appui d'une importante organisation étudiante et du syndicat des transporteurs haïtiens.
Le Grand Front National des Etudiants Haïtiens (Grafneh), connu pour ses prises de positions contre le gouvernement, a conclu au bout de plusieurs rencontres, une entente avec le candidat de la plateforme présidentielle. Le président du Grafneh, James Jacques, estime que M. Célestin répond aux critères préalablement définis par l'organisation.
Il s'agit d'un revirement spectaculaire pour cette organisation qui a toujours critiqué les actions du gouvernement de René Préval. Le président du Grafneh avait paraphé plusieurs communiqués des organisations de la société civile qui dénonçaient les violations de la constitution par le Conseil Electoral Provisoire (CEP).
L'appui à M. Célestin ne remet pas en question les autres revendications relatives entre autres à une modification du CEP et à la formation d'un gouvernement d'ouverture. En dépit des critiques contre le gouvernement de René Préval, M. Jacques croit que l'ex directeur du Centre National des Equipements (CNE) est en mesure d'apporter une réponse aux desideratas de la jeunesse haïtienne.
Le bilan de M. Célestin à la tête du CNE a encouragé les dirigeants du Grafneh à supporter sa candidature. M. Jacques rappelle que les infrastructures routières réhabilitées par le CNE contribuent à la mise en place du processus de décentralisation.
Par ailleurs, les responsables du syndicat des transporteurs haïtiens apportent leur appui au candidat de l'Unité. Il jugent positif l'action de l'ex directeur du CNE.
LLM / radio Métropole Haïti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18269
Commentaires:
On peut aussi en politique se mettre du côté de l'opposition quand on ne trouve pas la brèche pour atteindre le pouvoir. Les syndicats veulent se mettre avec le candidat avec la plus haute probabilité de gagner les élections et ainsi s'approcher de la table et du partage....
Ce serait pas mal de pouvoir juger la trajectoire de ce groupe en fonction du sens des revendications soulevées  au sein de la société haïtienne...

lundi 20 septembre 2010

Le torchon brûle entre dirigeants de partis et candidats

Les dirigeants des Forces Politiques Unitaires (FPU) doivent œuvrer afin de renforcer l'unité au sein de cette entité opposée à l'organisation des élections par l'actuel CEP. Confrontés à la grogne des nombreux candidats, désireux de participer aux prochaines joutes, les dirigeants du FPU ont pu jusqu'à présent contenir l'ardeur de certains de leurs cadres. Une cinquantaine de candidats dont 8 au sénat affichent leur désaccord avec les dirigeants des regroupements Alternative, Rasanblé, Libérasyon et Ucadde. Ces candidats avait renoncé à rendre publique leurs désaccords avec leurs dirigeants.
Fort de leur popularité, plusieurs ex parlementaires veulent participer aux joutes, parce qu'ils sont assurés de leurs victoires. Entre autres l'ex sénateur Joseph Pierre Louis, les ex députés Gary Guiteau, Acluche Louis Jeune, Steven Benoît, Elourne Doreus.
En quête d'unité au sein de la Force Politique Unitaire, des négociations auront lieu entre ces candidats et les membres du directoire des plateformes. Les dirigeants des 4 plateformes ne seraient pas sur la même longueur d'onde avec les candidats et les militants.
L'ex sénateur Joseph Pierre Louis fait remarquer que tous les ateliers de la conférence des forces politiques et sociales ont recommandé des tournées dans les villes de province afin de recueillir l'opinion des militants.
Les divergences entre les pro et les anti élections s'intensifient au sein des regroupements. Les militants opposés aux élections qualifient leurs collègues de candidat " abolocho", qui ne sont intéressés qu'à des intérêts mesquins.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18260
Dizon pa'm
Dekilakyel de fon initè!
Neg yo vle rete kote ki gen ti brasay. Neg sa yo pa gen lot metye nan men yuo ki pi si ke zafè al chita nan palman pap regle anyen. Se sak fè neg yo wè pa wè yo pral patisipe nan eleksyon.
Yo gen ti chocho nan men yo pou separe bay pèp kap mouri anba grangou!
Fon initè deja chire..
Sak pa la ap pèdi ranson yo net al kole!

dimanche 19 septembre 2010

Au-delà des élections, les défis de la refondation

Haïti: La communauté internationale a-t-elle renoncé à voir s'installer en Haïti un régime démocratique authentique ? Beaucoup d'observateurs haïtiens en semblent convaincus, si l'on se réfère aux réactions indignées de certains compatriotes après les déclarations du secrétaire général de l'OEA sur le déroulement du processus électoral en Haïti. Cette frange de la population haïtienne se sent un peu trahie. Paradoxalement, ceux qui aujourd'hui réclament à cor et à cri une pause dans le processus démocratique, un changement dans l'appareil électoral, voire même le renversement du président en fin de mandat, sont ceux qui se présentent comme le secteur démocratique haïtien, entité hybride regroupant les membres de la société civile dite organisée et un secteur politique proche des principaux médias, historiquement fer de lance de la lutte contre l'autoritarisme en Haïti. On entend par société civile toutes les associations professionnelles telles que les barreaux de la République, les associations médicales, associations d'ingénieurs, de journalistes, etc... Les syndicats et les associations patronales, les Universités. En bref, toutes les institutions non étatiques. A ne pas confondre avec les associations qui sont plutôt des entreprises personnelles à vocation civique ou humanitaire qui s'apparentent plutôt à des ONG. En Haïti, le terme « société civile » se rapproche plutôt de cette dernière catégorie. Le secteur dit démocratique a été, depuis 1986, l'interlocuteur privilégié des émissaires internationaux promoteurs du « consensus de Washington », c'est-à-dire l'idéologie dominante de ces trente dernières années qui prône à la fois la démocratisation à l'échelle mondiale, la bonne gouvernance et la mise en place d'une économie de marché. Cette fois-ci, il semble que l'International ignore leurs préoccupations. En réaction, les responsables de la « Société Civile » ont protesté avec véhémence dans une note datée du 26 août en affirmant notamment que « le peuple haïtien attend de l'OEA, (...) qu'elle défende le droit de vote du peuple haïtien, son droit à la Démocratie et au Bonheur et non un Gouvernement ». La déception, voire la frustration doit être terrible car leur crainte d'un coup d'Etat électoral, d'un hold up sur le processus démocratique est profonde et sincère.
Cette préoccupation est d'autant plus forte que « La Société Civile » semble avoir perdu toute capacité d'orienter le débat politique. Elle a perdu toute influence sur le processus démocratique en Haïti qui, malheureusement, s'est révélé chaotique et tumultueux. Après le terrible séisme du 12 janvier, on pensait pouvoir remettre le compteur à zéro. En effet, cette catastrophe qui a mis les bâtiments publics par terre, ruiné un nombre incalculable de familles, fauché des centaines de milliers de vie, sans compter les milliers d'amputés et les millions de compatriotes traumatisés à jamais, n'a pas, malgré tout, diminué les antagonismes entre les acteurs politiques et sociaux. Ce choc violent et meurtrier n'a pas suffi pour nous porter à changer de comportement. Attitude qui éloigne toute perspective d'une réelle Refondation du pays en dépit de l'aide substantielle promise par la Communauté Internationale.

La démocratisation, un processus pénible et chaotique.
Cette refondation ne sera pas possible sans une remise en cause du système politique et social traditionnel du pays. Il ne s'agit pas uniquement de reconstruire les maisons détruites, d'ériger de nouveaux bâtiments, il faut s'attaquer à ce système. A cet effet, ma première démarche sera d'essayer d'expliquer pourquoi les secteurs démocratiques, malgré les efforts de la communauté internationale depuis la chute de Duvalier, peinent à ce point à s'imposer.
En effet, la misère chronique et l'instabilité politique endémique qui dominent notre quotidien depuis presque toujours laissent perplexes les experts internationaux et désolent nos frères des Caraïbes admirateurs et envieux de l'épopée de 1804. La situation est complexe, les causes du mal sont profondes et nombreuses. Démêler cet écheveau paraît titanesque. Des milliards de la communauté internationale ont été dépensés, des centaines de jeunes vies ont été perdues depuis 1986, les cadres laissent le pays par vagues et par milliers, des journalistes s'époumonent à longueur de journée, nous avons subi deux interventions militaires internationales, et pourtant « la transition n'en finit pas », pour répéter le fameux chroniqueur et éditorialiste du Nouvelliste, Pierre Raymond Dumas. Pourquoi n'en finit-elle pas ? La démocratie n'est-elle pas à la portée des Haïtiens ? Qu'est-ce qui éloigne cet objectif de nous ?

D'abord quels sont les caractéristiques d'une démocratie ?
L'élection des dirigeants au suffrage universel par les citoyens en âge de voter constitue l'élément absolument incontournable dans une démocratie. Des élections se tiennent régulièrement selon un calendrier fixé à l'avance par la Constitution. Le peuple exerce librement son droit, reconduit ou révoque les élus. Ces derniers appartiennent à des partis politiques dont la philosophie et les orientations idéologiques sont connues de tous ; ces partis ont des élus à travers tout le pays et le renouvellement de leadership est ouvert et transparent. La liberté d'expression existe, la société civile se fait entendre régulièrement sur les questions d'intérêt général et particulier. L'opposition politique exerce son droit de contrôle à travers le Parlement, pendant que les législateurs de la majorité adoptent des lois pour l'application des politiques publiques du gouvernement.
En outre, la Justice fonctionne, elle règle les différends entre les citoyens et sanctionnent les crimes et délits. S'il y a eu suspicion de malversation dans la gestion du patrimoine public, la Cour Supérieure des Comptes mène son enquête et établit librement son verdict. S'il y a eu des évidences d'indélicatesses, le dossier est transmis aux tribunaux ordinaires ou extraordinaires prévus par la Constitution et par les lois de la République.
Pendant ce temps, les mairies participent de manière cohérente à l'aménagement du territoire, s'assurent que l'offre publique scolaire satisfait à la demande démographique, contrôlent le respect des codes de construction. Les citoyens paient régulièrement leurs taxes et vaquent librement à leurs occupations sous la protection active des forces de sécurité publique. Les plus débrouillards s'enrichissent par leur dur labeur et leurs investissements, les autres rêvent de perspectives meilleures pour leurs enfants grâce à un système éducatif inclusif et sérieux, promesse d'intégration et de mobilité sociales. Voici le point d'arrivée. C'est cela la démocratie libérale.
En résumé, une démocratie repose sur plusieurs piliers : la citoyenneté, les élections, l'Etat fournisseur de service publique, la société civile, les droits de l'homme, et j'en passe. Donc, le problème n'est pas la démocratie, c'est le point de départ et le chemin à parcourir pour arriver à destination.
Déjà, il y a des bien-pensants qui affirment que la démocratie n'est pas faite pour Haïti, le peuple ne comprend que le langage du bâton. Quelle amnésie ! Les deux cents ans de bâton et de fusils ont-ils fait progresser Haïti ? Certainement pas. Malgré tout, certains insistent et pointent comme exemple d'autres dictatures qui ont fonctionné et donné des résultats positifs. Ils citent en référence Trujillo, en République dominicaine, et certainement, Fidel Castro, à Cuba. Je pourrais ajouter à cette liste la Chine, le Singapour ou la Malaisie. Malheureusement, les mêmes causes qui ont provoqué l'échec des dictatures d'Haïti sur le point du développement, de la mise en place d'une administration publique capable de fournir un minimum de services expliquent le chaos, la misère et les turpitudes de cette longue et pénible étape de démocratisation. Par conséquent, il convient de diagnostiquer correctement les véritables blocages au développement d'Haïti dans l'espoir d'y apporter les corrections appropriées.

Analyse du système politique traditionnel haïtien
Quels sont les obstacles majeurs qui handicapent la construction et le développement d'Haïti ? Ils sont nombreux, mais le principal problème est le régime politique qui prévaut depuis l'accession d'Haïti à l'Indépendance en 1804.

Le péché originel
En effet, le premier acte suicidaire a été commis le jour même de la Déclaration d'Indépendance lorsque les Généraux se sont réunis pour proclamer Dessalines Gouverneur Général A Vie. Plus tard, ce dernier se fera couronner Empereur. C'était le coup d'envoi de l'instabilité politique chronique qui va nous affecter tout au long de notre histoire. Tous les généraux de l'Indépendance pouvaient à juste titre aspirer à la fonction de chef d'Etat. Désormais, la conquête du pouvoir par la violence devient la seule alternative. C'est justement ce piège que les Pères Fondateurs américains ont su éviter en instaurant une démocratie avec des possibilités d'alternance tous les quatre ans.
Dans ces conditions, pour pérenniser son pouvoir, le Chef n'a que deux choix : la répression et/ou la cooptation. En d'autres termes, le bâton et/ou la carotte. Dessalines a distribué le premier sans compter, mais a été fort réticent pour le second. Nous connaissons tous la suite... Le 17 octobre 1806, il tomba sous les balles des généraux conjurés.
Notre péché originel c'est de n'avoir pas su organiser un mode de dévolution pacifique du pouvoir plus ou moins ouverte à tous les prétendants. Dès lors, les ambitions personnelles vont estomper tout projet commun indispensable au développement du pays. Toutes les énergies vont se concentrer à la lutte pour la conquête du pouvoir, synonyme de privilèges extraordinaires.
Le système va surtout être perpétué par Alexandre Pétion avec la mise en place d'un régime hypocrite (certains diront de marrons) : libéral dans la forme, dictatorial dans la pratique. La conquête du pouvoir juste pour le pouvoir, un besoin de chef et de jouissance des avantages disproportionnés par rapport aux ressources et le reste des citoyens, voilà l'obsession des élites. Pour se maintenir, le chef s'entoure d'un réseau de fidèles avec qui il partage le patrimoine du pays. Par exemple, Pétion et Boyer vont distribuer des terres aux officiers de l'Armée Indigène pour calmer leurs ardeurs et acheter leur loyauté. Cette distribution s'est faite sur une base clientéliste et parfois même ethnique. D'où le phénomène des grands dons, des disparités sociales et des luttes intestines en Haïti.
Dans ce système, le pouvoir ne repose sur aucune institution mais sur des hommes forts constitués en réseaux. Certes, le chef de l'Etat est l'autorité suprême ou viennent s'attacher le plus grand nombre de réseaux. Aucun citoyen ne peut jouir d'un privilège ou d'un service quelconque s'il ne connaît quelqu'un qui lui-même connaît quelqu'un attaché à une branche proche du chef de l'Etat. Bien entendu, chaque élément de cette chaîne se constitue son propre réseau. Il est un chef local, il a son propre fief où il fait la pluie et le beau temps, s'adonnant à toutes sortes d'exactions dans l'impunité totale. Parfois, l'un de ces chefs, se sentant assez fort et animé d'ambitions plus grandioses, rassemble sa bande et part à la conquête du pouvoir suprême par la violence. S'il réussit dans son entreprise, d'autres réseaux vont se constituer rapidement autour de lui, reproduisant exactement les mêmes comportements.
Dans ce système, le chef de l'Etat vit dans l'insécurité en permanence. Son seul souci, c'est de se maintenir au pouvoir. Souvent, il se croit plus malin et se sent capable d'éviter le sort de ses prédécesseurs en anéantissant ses rivaux par la force et contenir ses fidèles par la corruption. S'il y parvient, il restera longtemps au pouvoir. Cependant, son règne sera marqué par des complots à répétition et des purges. Quand il commence à s'affaiblir, les ambitions vont se déchaîner. S'il résiste, alors ce sera la guerre civile ; mais le plus souvent, il sera emporté assez rapidement par un coup d'Etat. Son sort était scellé à l'avance ; ce sera l'exil, la prison ou la mort.
D'après les spécialistes en relations internationales, ce type de régime ne se rencontre qu'en Afrique sub-saharienne et en Haïti. Ils l'appellent néo-patrimonial parce que les dirigeants se servent de l'Etat comme de leur patrimoine propre. Le plus souvent, c'est un régime qui adopte une forme démocratique et est autoritaire en pratique. Notez que tout régime autoritaire n'est pas forcément sanguinaire. La répression s'accentue quand il y a à la tête de l'Etat un leader qui soufre de ce qu'on appelle le Phénomène du Grand Homme ; ou bien quand il fait face à une forte résistance des clans rivaux.
Enfin, il se passe de toute institution, il établit plutôt des rapports patron-client pour asseoir son pouvoir. Dans ce cas, investir dans les services publics tel que éducation, santé, routes n'est pas nécessaire. La mobilité sociale se fait au compte-goutte. Les classes moyennes se réduisent en peau de chagrin. Le pays est plutôt divisé entre les nantis et les pauvres, et les inégalités sociales sont pour le moins choquantes. Une minorité jouit de tous les privilèges. Seuls les membres non inclus dans les différents réseaux plus ou moins hiérarchisés sont assujettis au fardeau des impôts et autres obligations envers l'Etat. Très souvent, le clan dominant appartient à une ethnie minoritaire en nombre. Investir dans l'éducation de la population ? A quoi bon ? Seule la force ou la corruption lui permet de maintenir sa domination sur la majorité. Avec ou sans ressources naturelles, l'économie est anémiée, l'Etat est faible, ou bien souvent il n'est présent dans la vie des citoyens qu'à travers les forces de répression.
Donc, d'un point de vue économique, ce système est un cauchemar ; pour obtenir des contrats, il faut être proche du régime. Le citoyen n'a aucune redevance ou attachement envers la patrie mais uniquement envers l'homme fort ou son parrain qui le protège. Il est soumis à ce qu'on appelle le dilemme de sécurité. S'il ne s'aligne pas, il met sa vie et celle de sa famille en danger, et s'il est perçu comme un membre du clan, il est aussi à la merci de déchoucage, de revanche en cas de chute du régime. D'où la nécessité de défendre jusqu'au bout le pouvoir auquel il est identifié. Par ailleurs, le dilemme de sécurité s'accompagne d'un dilemme économique. En effet, vu la faiblesse des investissements privés et le taux élevé du chômage, seul une certaine accointance avec l'équipe au pouvoir peut faciliter un emploi dans l'appareil d'Etat, de « souse yon zo », comme on dit en créole. Ainsi, l'Administration publique est remplie de fonctionnaires mais est très peu efficace dans la fourniture de services. Voilà en gros le tableau qu'il faudra changer. Plus qu'un système politique, c'est une culture qui se reproduit de génération en génération.
En réalité, la Communauté Internationale n'a pas renoncé à l'idée de démocratie en Haïti. Elle estime tout simplement que nous n'avons pas les institutions qu'il faut, les piliers indispensables pour supporter une démocratie libérale. Donc, elle nous propose de préférence un service minimum, un pas à la fois. Pour le moment, l'objectif est simple : réussir une deuxième élection présidentielle consécutive. La passation de pouvoir entre le président Préval et un autre président élu sera saluée dans le monde entier comme une victoire de la démocratie, un succès pour la communauté internationale et Haïti. D'ailleurs, la Refondation, seuls les Haïtiens pourront la réaliser par un changement de culture ou de mentalité; elle ne peut pas venir de l'extérieur.
Michel Brunache
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83492&PubDate=2010-09-17

vendredi 17 septembre 2010

La POHDH appelle l’État à respecter les droits fondamentaux des déplacés dans le cadre du processus de reconstruction

P-au-P, 16 sept. 2010 [AlterPresse] --- La Plate- Forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) appelle l’État haïtien à respecter les droits fondamentaux des déplacés dans le cadre du processus de reconstruction, apprend AlterPresse d’une note rendue publique huit mois après le séisme du 12 janvier. La note relève que les déplacés vivent continuellement dans des conditions inhumaines.
L’organisation des droits humains dénonce, par ailleurs, des mairies de l’aire métropolitaine, ainsi que certains propriétaires, qui menacent d’expulser, par la force, les gens qui, parce qu’ils n’ont pas d’autre issue, occupent des propriétés privées.
Elle invite le gouvernement haïtien à adopter des mesures pour permettre aux déplacés, qui vivent dans les camps et dans les rues, de trouver des logements décents.
« Ce n’est pas une faveur de l’État aux victimes, mais c’est une dette sociale, selon l’article 22 de la constitution haïtienne », avance la note signée par le coordonnateur de la POHDH, Antonal Mortimé.
La Plate-forme recommande aux gouvernants d’établir un programme de logement social national en faveur de toutes les victimes du tremblement de terre et de tous les citoyens nécessiteux d’Haïti.
« L’État doit aussi mettre en œuvre un plan pour accompagner les handicapés et favoriser la participation de tous dans toutes les activités qui concernent l’avenir du pays », soutient Mortimé.
La POHDH plaide en faveur de la mise en place d’un programme de subvention scolaire, à l’occasion de la rentrée des classes, pour faciliter l’accès à l’école pour tous les petits Haïtiens.
1.300.000 personnes déplacées sont réparties dans 1.300 camps à la capitale et les autres régions touchées par le séisme, et les conditions sont « très précaires », avait déclaré, le jeudi 09 septembre dernier, Michel Forst, expert indépendant de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Haiti, qui s’exprimait aux termes d’une visite de 10 jours dans le pays. [ rh rl apr 16/09/10 11 :10]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9991
Commentaires:
A quoi ça sert de créer des plateformes, des réseaux d'associations pour dire et répéter la même chose comme le jako repèt? Ce que les gens qui pensent pouvoir réfléchir et donner leurs avis sur tout refuse de comprendre, dans le contexte d'Haïti c'est que la reconstruction d'Haïti fait face à un obstacle majeur: les sous promis n'ont pas été débloqués...
En 2008 déjà, l'ONU avait lancé un appel à dons pour faire face à la situation catastrophique qu'avait connu Haïti après le passage de quatre phénomènes atmosphériques dévastateurs, et seulement un maigre pourcentage avait été débloqué.
Donc soyons sérieux et vigilants mais cessons de rêver!

Le sénateur Latortue invite ses collègues à reprendre les séances

Le sénateur Youri Latortue (AAA) promet qu'il y aura des séances en assemblée à partir de la semaine prochaine. Le grand corps est dysfonctionnel depuis le 10 mai même si les membres des commissions poursuivent leurs travaux. M. Latortue persiste à réclamer le départ du président Kelly Bastien, condition sine qua none pour la reprise des séances en assemblées. Faisant remarquer que le mandat des membres du bureau est arrivé à terme en janvier 2010, le parlementaire accuse le sénateur Bastien d'avoir violé les règlements et la constitution. M. Latortue assure qu'il n'est pas candidat à la présidence du grand corps parce qu'il préfère concentrer son action au sein du Coreh et de l'AAA.
Interrogé sur l'importance d'une reprise des séances, M. Latortue a fait valoir que le sénat doit travailler sur plusieurs dossiers brûlants dont le renouvellement du mandat du gouverneur de la Banque Centrale. Le grand corps devra également se prononcer sur des projets de lois sociaux, tels celui relatif à la paternité responsable.
Intervenant à la rubrique " Le Point sur le 100.1" de radio Métropole M. Latortue a appuyé les déclarations de son collègue Melius Hypolithe (OPL) relatives à la propension des sénateurs de la majorité à prendre leurs décisions au Palais National. Il critique ce fonctionnement étrange qui met le sénat à la remorque de l'exécutif.
La dernière résolution du grand corps a été le vote de la loi d'urgence qui laisse un goût amer au sénateur Latortue. Il est très critique envers le chef de l'Etat qui dans le même temps a refusé d'appliquer plusieurs législations.
En tant que chef de file du Coreh, le sénateur Latortue poursuit inlassablement ses démarches en vue promouvoir des ententes entre les candidats de l'opposition aux prochaines élections. Il prône un front commun des forces de l'opposition en vue d'affronter la plateforme gouvernementale selon lui impopulaire.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18258

lundi 13 septembre 2010

Haïti - Politique : Henry Rudolph Boulos accuse le gouvernement

13/09/2010 10:05:19 Lors d’une activité organisée par le Parti Alternatif pour le développement du Nord-Est en vue des prochaines élections, le Sénateur de l’opposition Henry Rudolph Boulos, de retour de l’étranger, a déclaré que c’est « l’incapacité manifeste du gouvernement et le manque de confiance dans les autorités actuelles » qui est responsable du manque de fonds promis par la communauté internationale pour la reconstruction.
Il appelle les organismes internationaux à intégrer les dirigeants locaux pour la reconstruire du pays, précisant que « les dirigeants communautaires et sociaux d'Haïti connaissent les difficultés rencontrées par des milliers d'Haïtiens qui ont perdu le peu qu’ils avaient avant le séisme et qui sont aujourd’hui sans travail » insistant sur la nécessité « de promouvoir des projets qui créent des emplois ».
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1174-haiti-politique-henry-rudolph-boulos-accuse-le-gouvernement.html
Note de HRV:
Monsieur Boulos est un EX sénateur!

jeudi 9 septembre 2010

Me Osner Févry annonce son soutien prochain à une candidature

Mettant en avant le "réalisme politique", au nom de la CONACED, il retient sur une première liste de "douze présidentiables" des candidats de différents horizons politiques allant du représentant officiel du pouvoir à des figures de l’opposition démocratique Mercredi 8 septembre 2010, Radio Kiskeya
La Coalition nationale du centre démocratique (CONACED) de Me Osner Févry a annoncé mercredi son intention d’appuyer prochainement un des 19 candidat aux présidentielles de novembre dont le nom sortira de la liste des "douze meilleurs concurrents" sélectionnés et désormais soumise à la "nation".
"Entre la continuité inacceptable et la rupture impossible, la CONACED a choisi le réalisme politique", a répété lors d’une conférence de presse l’avocat en présentant les noms des protagonistes jugés plus aptes à succéder au Président René Préval : Axan Abellard (KNDA), Jacques-Edouard Alexis (MPH), Jean Hector Anacacis (MODEJHA), Charles Henry Baker (RESPE), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Jude Célestin (INITE), Eric Charles (PENH), Wilson Jeudy (Force 2010), Chavannes Jeune (ACCRHA), Mirlande Hyppolite Manigat (RDNP), Yvon Neptune (Ayisyen Pou Ayiti) et Lesly Voltaire (Ansanm Nou Fò).
Tout en exprimant son plus profond respect pour les sept autres candidats n’ayant pas obtenu la bénédiction de la CONACED, Osner Févry relève que les "douze élus" disposent de plusieurs atouts comme l’expérience de la gestion de la chose publique, la compétence et une position politique généralement modérée.
La première étape dévoilée mercredi sera suivie d’une seconde qui, le mois prochain, fera passer à trois les "présidentiables" à la lumière de l’analyse de leur discours de campagne, de leur profil et des résultats des sondages d’opinion.
Enfin, Me Févry fixe à début novembre le choix final du candidat unique à qui la CONACED apportera son appui déclaré avant de faire campagne à ses côtés en vue d’une potentielle victoire à l’arrivée.
Le processus électoral, qui demeure très controversé, doit conduire aux prochaines présidentielles et législatives dont le premier tour est fixé au 28 novembre. spp/Radio Kiskeya.
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7026
Commentaires:
Et qui voudrait chosir le perdant? Stratégie de dupe que voudrait adopter Maître Osner Févry. En fait, aujourd'hui il est impossible de deviner qui sera le prochain gagant des élections présidentielles. Dans les jours à venir, les choses seront beaucoup plus claires.
Un politicien chevronné, non attiré par les proximités et les entourloupes du pouvoir aurit fait son choix dés maintenant et aurait mis toute son énergie pour guider et conduire vers la victoire finale, le candidat qui correspond au mieux à ses idées et sa façon de voir haïti dansune logique de gouvernance normale et utile.
Ce politicen qui défend des idéologies et des idéaux bien clairs n'aura pas peur de perdre s'il consent à s'e,ngager dans une politique de constructioen et d'élaboration d'un rpojet.
Ici cependant on n'aime pas perdre. Car le perdant perd tout et le gagant gagne tout.
Mieux vaut se placer dans la ligne de mire d'un potentiel gagnant que de se perdre avec un looser dans la défense de ses idées.
Bravo Monsieur FEVRY votre parti c'est le PROPRE...PROCHAIN PRESIDENT!

lundi 6 septembre 2010

Gérald Germain, un vieux routier du MAST

Plus deux millions de personnes ont des besoins immédiats en Haïti. Après le tremblement de terre du 12 janvier, les questions sociales sont devenues plus cruciales. Handicapés, enfants orphelins, sans-abri, chômeurs, ouvriers assoiffés du salaire minimum fixé par la récente loi. Toute une population aux abois attend un Etat providence. L'enjeu est de taille pour le vieux routier du ministère des Affaires sociales, Gérald Germain, qui a peu de temps à passer dans ses fonctions. Haïti: « Monsieur le Ministre, j'ai l'honneur de vous transmettre le flambeau. Qu'en vos mains, la flamme allumée en novembre 2009, cette flamme de l'espoir d'une Haïti socialement juste ne s'éteigne pas », a déclaré le ministre sortant du ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST), Yves Cristalin, qui brigue la magistrature suprême sous la bannière de LAVNI.
Entouré du Premier ministre Jean-Max Bellerive dans un local du MAST rempli à craquer et cerné de caméras, Gérald Germain, ancien locataire de ce ministère, est remis à nouveau en selle dans ses habits de ministre.
« Pour la troisième fois de ma carrière, le président de la République m'honore comme ministre d'un gouvernement sous sa présidence. Deux fois pour diriger le stratégique ministère des Affaires sociales et du Travail », s'est enorgueilli Gérald Germain, heureux de répondre une nouvelle fois à l'appel du président René Préval.
Mobiliser l'essentiel de nos ressources
Le vieux routier des Affaires sociales a souligné qu'il exécutera sans faille la politique sociale du gouvernement au bénéfice de la population. « Je mesure avec beaucoup de réalisme l'ampleur et la diversité des tâches qui nous attendent au MAST. Nous allons mobiliser l'essentiel de nos ressources techniques, informationnelles, matérielles et financières en vue d'améliorer les conditions de vie de la population rendue plus vulnérable après le 12 janvier », a promis Gérald Germain.
Au cours de la cérémonie de passation, il a brossé les grandes lignes directrices de son action en vue de la stabilité de l'Etat. La politique de logement social, a-t-il lancé, sera son cheval de bataille. Aussi, l'Entreprise publique de Promotion de logements sociaux (EPPLS) qui a longtemps sommeillé dans l'oubli sera-t-elle renforcée dans l'objectif de donner accès à un habitat aux familles nécessiteuses.
Dans le peu de temps qui lui reste à occuper sa fonction, Germain assure qu'il va se charger de structurer le secteur de l'artisanat et de favoriser la formation professionnelle « des jeunes de 15 à 30 ans frappés par le phénomène de marginalisation sociale en vue le l'amélioration des conditions de vie dans les zones rurales et périurbaines. »
Voulant oeuvrer dans la lutte contre le SIDA, le nouveau ministre persiste et signe qu'il va contribuer au « renforcement de la prise en charge sociale des PVVIH et des personnes affectées » par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) qui conduit à la maladie du SIDA. Par ailleurs, il a signalé qu'il va renforcer le dialogue social.
Deux paris majeurs à gagner
Pour faire face à ces défis et enjeux avec succès, comment le nouveau ministre compte-t-il oeuvrer ?
« L'Etat, à travers le MAST, devra gagner deux paris majeurs : initier des partenariats novateurs mobilisant le secteur privé en général, le secteur privé associatif en particulier, jouer à fond des mécanismes de l'économie solidaire et de coopération comme moyen privilégié devant permettre l'accès des masses défavorisées aux ressources productives : formation, technologie et ressources financières », a déclaré Germain.

Des questions cruciales
Le ministre sortant, pour sa part, a rappelé que les questions sociales sont devenues plus cruciales après le séisme du 12 janvier. « Nombre d'handicapés, d'orphelins attendent, dans leur misère et leur désespoir, l'intervention d'un Etat solidaire et généreux. Que dire des millions de sans-abri et de chômeurs, les enfants de rues, les ouvriers qui attendent encore le salaire minimum fixé par la récente loi. Les urgences en matière de dossiers sociaux sont multiples », a prévenu Cristalin tout en invitant le nouveau ministre à user sans réserve de sa sensibilité humaine et son sens de responsabilité d'État afin de contribuer au bien-être social de la population.
Le Premier ministre, pour sa part, a profité de l'installation du ministre Germain pour faire remarquer que Yves Cristalin, malgré les maigres moyens dont il disposait, a tenu ses promesses.
« Au moment d'installer Yves Cristalin personnellement dans un local délabré, il avait dit que le ministère des Affaires sociales ne peut pas demeurer dans un tel bâtiment. Il a tenu ses promesses. » En effet, le nouveau local du MAST, qui allie un ancien bâtiment en bois et une nouvelle architecture en béton, est construit selon des normes parasismiques à l'avenue Charles Sumner.
« L'une des décisions qui nous a conduits à choisir le ministre Germain, c'est que tout le monde connaît l'importance de ce ministère dans un pays où plus de deux millions de personnes ont des besoins immédiats », a déclaré le Premier ministre pour saluer l'entrée en fonction de Gérald Germain au MAST.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83265&PubDate=2010-09-06

Gérald Germain fait son retour aux affaires sociales

Reprenant possession d’un fauteuil qu’il avait déjà occupé, le nouveau ministre succède à Yves Cristalin, devenu entre-temps candidat à la présidence et félicité pour son travail par le Premier ministre Bellerive, lors de la cérémonie d’investiture Lundi 6 septembre 2010, Radio Kiskeya
Le Premier ministre Jean-Max Bellerive a procédé lundi à l’installlation de Gérald Germain, le nouveau titulaire du ministère des affaires sociales et du travail, nommé dans le cadre d’un léger remaniement ministériel en remplacement d’Yves Cristalin, démissionnaire depuis quelques jours en raison de sa candidature à la présidence.
Dans son allocution de circonstance, le chef du gouvernement a remercié M. Cristalin pour son travail à la tête du ministère dont il a nettement amélioré l’image au cours de son passage malgré les ressources limitées du budget.
Souhaitant bonne chance à Gérald Germain, de retour aux affaires, Jean-Max Bellerive dit s’attendre à des rapports de travail harmonieux entre le ministre et le reste de l’équipe gouvernementale.
Pour sa part, M. Germain, un proche de Jude Célestin, candidat de la plateforme présidentielle INITE aux élections de novembre, s’est engagé à appliquer ce qu’il appelle la "politique sociale" du gouvernement dans l’intérêt de la population. Revenu trois mois avant les présidentielles dans un ministère dont il fut déjà le patron, le nouveau titulaire a promis de ne pas travailler à son profit personnel.
Outre une première expérience à la tête dudit ministère, Gérald Germain a aussi été ministre du commerce sous l’administration Préval.
Intervenant également à la cérémonie avant de faire ses adieux au personnel des affaires sociales, le ministre sortant s’est félicité de son bilan qu’il juge positif au regard de ses réalisations. Yves Cristalin a notamment cité le transfert du ministère dans un nouveau bâtiment, le renforcement des directions départemrntales, la création d’un service ambulancier à l’OFATMA et la mise en place d’un projet de protection sociale.
L’aspirant à la magistrature suprême sous la bannière de "Oganizasyon Lavni" a, par ailleurs, évoqué le dépôt au Parlement de trois projets de loi portant sur le renforcement du secteur social et l’élaboration d’une législation sur l’adoption, les handicapés de même que la traite et le trafic d’êtres humains.
Dans la course électorale à laquelle il entend désormais se consacrer exclusivement, Yves Cristalin fait partie d’une liste de 19 candidats agréés qui rêvent tous de succéder à Préval. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7017

vendredi 3 septembre 2010

Pas de défection dans les rangs d’Alternative, affirme Victor Benoît

Le dirigeant social-démocrate laisse entendre qu’aucun des candidats de la plateforme n’a adhéré à la décision du COREH d’aller aux élections Jeudi 2 septembre 2010, Radio Kiskeya
Victor Benoît, président de la Fusion des sociaux-démocrates et membre du directoire d’Alternative, l’une des plateformes de l’opposition à s’être retirées du processus électoral, a déclaré jeudi qu’aucune défection n’a été enregistrée jusqu’ici parmi les candidats de son camp alors que le Collectif pour le renouveau haïtien (COREH) a décidé de se lancer dans la course avec 90 candidats.
Fidèles au mot d’ordre de boycott d’Alternative qui rejette en bloc ce qu’elle appelle la "mascarade électorale" que le Président René Préval s’apprête à réaliser le 28 novembre prochain, les militants des partis Fusion, OPL et KID ont décidé de mettre leur candidature en veilleuse.
Selon le professeur Benoît, interviewé par Radio Kiskeya, aucun candidat n’a manifesté l’intention de s’aligner sur la nouvelle position du COREH qui compte dans ses rangs plusieurs anciens parlementaires issus des partis membres d’Alternative.
En première ligne, l’ex-Député de Pétion-Ville (banlieue est de la capitale), Steven Benoît, inscrit sous les couleurs de la plateforme, mais qui sera bel et bien présent aux sénatoriales en vue de briguer le siège vacant dans le département de l’ouest.
Victor Benoît souligne que même si des candidats devaient abandonner Alternative, sa position ne changera pas sur le processus électoral maintes fois dénoncé. Pour lui, si les élections se tiennent dans les conditions actuelles, marquées par une mainmise totale de l’Exécutif sur la machine électorale, cela ne fera qu’aggraver la situation de crise déjà existante.
Logntemps partisans d’une stratégie radicale face au régime Préval et au Conseil électoral, accusés de vouloir organiser des élections truquées au bénéfice de la famille politique au pouvoir INITE, les leaders de COREH, dont les Sénateurs Youri Latortue (AAA/Artibonite, nord) et Evallière Beauplan (PONT/nord-ouest) ont fait volte-face en annonçant cette semaine la particpation du groupe aux élections du 28 novembre.
Le COREH pourrait apporter, dans les prochains jours, son soutien à l’un des 19 candidats en lice pour les présidentielles. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article7009

jeudi 2 septembre 2010

SIM PA RELE...Pays sans porte-voix...La chronique de l’écrivain Lionel TROUILLOT

Jeudi 2 septembre 2010, Radio Kiskeya J’ai été choqué par la déclaration du Secrétaire Général de l’OEA, selon laquelle il n’y a « pas de raison de ne pas faire confiance au CEP ». J’ai attendu avant de rédiger cet article. Je pensais que ce n’était pas à moi de réagir, mais à ceux que cette déclaration traite comme des moins que rien. Soit les partis politiques qui, n’ayant pas confiance dans le CEP, ont refusé de participer aux élections. Soit, les partis et candidats qui ont accepté de participer aux élections tout en exprimant leurs doutes quant à la crédibilité du CEP. Soit ceux qui ont été exclus du processus par le CEP qui a quand même fait quelques gentillesses pour accommoder des candidats plutôt proches du président, tous ayant servi à ses côtés ou sous ses ordres.
Ce qu’il y a de choquant dans la déclaration du Secrétaire Général, qui semble aussi en amour avec le Conseil Electoral que René Préval et Edmond Mulet, c’est justement la banalisation des inquiétudes haïtiennes. Plus que de la banalisation, du mépris. Tous les haïtiens qui expriment leurs inquiétudes de citoyens sur un processus qui concerne leur vie, la vie de leurs enfants, l’avenir de leur pays, leurs conditions immédiates d’existence, sont-ils en train de « radoter » ? Leur parole ne vaudrait-elle rien ? De quel droit, le secrétaire Général de telle ou telle organisation prend-il sur lui de nous dicter qui ici est crédible et qui ne l’est pas ?
Ces simples mots sont une grande insulte envers Haïti. Mais, par les temps qui courent, entre un pendu au Cap-haïtien et les explications rocambolesques de la MINUSTAH, et le véhicule d’une institution internationale heurtant deux personnes et prenant la fuite, entre l’humanitaire qui impose sa richesse, ses objectifs et interdit de penser au développement, au structurant, et les chefs de l’international qui parlent de progrès, d’avancées, toutes choses que nous, aveugles et bêtes, nous ne voyons pas, : « ce n’est plus de toi, ma terre, que j’apprends la leçon ». N’importe quel blanc-bec employé d’une ONG a plus de pouvoir qu’un citoyen haïtien sur les affaires haïtiennes. N’importe quelle jeune femme, cadre de l’international, a plus d’autorité que la plus ancienne de nos militantes féministes. Alors, on comprend que le représentant d’un Secrétaire Général et un Secrétaire Général lui-même puissent intervenir sur nos destinées par un simple acte de parole : « Le CEP est crédible », comme Dieu disant : « Que la lumière soit ».
Y a-t-il une figure politique dans ce pays capable de porter une parole digne ? Capable de nous rendre un peu de notre droit de nommer notre condition ?
Lionel TROUILLOT

CORREH s'apprête à supporter un candidat à la présidence

Le Collectif pour le Renouveau d'Haïti, Correh, qui regroupe des parlementaires en activité ou non, va se positionner par rapport à un candidat à la présidence. Pour l'heure, le regroupement a les yeux braqués sur plusieurs prétendants, révèle l'ancien député Steven Benoit, membre du directoire de ce regroupement.
L'ancien parlementaire indique de plus, que le regroupement s'apprête à présenter une liste de candidats à la députation et au Sénat de la République.
Les responsables de ce mouvement ont fait remarquer qu'ils ont toujours les mêmes appréhensions concernant le Conseil Electoral Provisoire qu'ils jugent incapable d'organiser de bonnes élections dans le pays.
Rappelons que récemment, cette nouvelle entité, avait présenté un document, susceptible de permettre au pays de prendre un nouveau départ.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18215

mardi 31 août 2010

Chefs de partis et démocratie d'opinion

Haïti: Hâbleurs impénitents, mauvais perdants, brasseurs de vents, nos hommes politiques - notamment nos chefs de partis - sont friands de communication, mieux, de vedettariat. Leurs interventions pour tikrik tikrak à la radio en font foi. C'est incontestable. Alors comment expliquer leur impopularité et leur discrédit ? Une classe politique peut-elle refaire en sens inverse le trajet qui l'a conduite à un excès d'éloquence et de médiatisation ? Que l'on ne dise pas qu'il est trop tard. Si la survie médiatique appelle un accroissement sans limite des crises de pouvoir, la victoire électorale, elle, est avant tout un fait organisationnel. Toute la difficulté vient de là. Pour bon nombre de nos « leaders » et activistes politiques, la démocratie d'opinion est à la fois un leurre et un exutoire.
En matière politique, tout n'est pas « discours », ni aisance médiatique. La percée de la presque totalité de nos êtres de transition et l'effondrement de leur cote électorale, de 1987 à nos jours, illustrent la fragilité de la renommée construite sur la seule image. Car il a existé, par exemple, un effet Sylvio Claude, illustrant la popularité personnelle d'un vieux combattant anti-macoute. Inégal a été l'itinéraire de Gérard Pierre-Charles, de Marc Bazin, de René Théodore ou de Leslie François Manigat. Impressionnant de ténacité est l'engagement de Serge Gilles, de Evans Paul, de Victor Benoît, d'Edgard Leblanc Fils, de Jean Maxime Roumer ou d'Edmonde S. Beauzile.
On sait bien qu'il n'existe point de succès électoral sans communication. Mais cette lumière ne saurait être le substitut à l'organisation, à l'action et à la stratégie. Passer tout son temps à parler, à polémiquer, à critiquer n'est pas une stratégie politique adéquate. Il faut aussi s'appuyer sur un parti ou une catégorie sociale motivée, des organisations de base et des réseaux de militants ou de partisans engagés (Tel a été le cas du candidat « bèbè » René Préval en 2005-2006). Bien qu'elle consiste en partie à savoir épouser les tendances fortes de l'opinion, la communication politique ne peut être, sous peine d'inefficacité ou d'inutilité, que le prolongement d'une organisation politique solide, crédible, tentaculaire, mobilisatrice. C'est tout dire. C'est un défi qu'aucune propagande ni aucune idéologie n'aideront à relever. Or, depuis 1986, la plupart de nos chefs de partis - notamment nos opposants de métier et nos éternels candidats à la présidence - ont souvent eu tendance à envahir les médias et à négliger le champ de l'organisation qui est en fait le terrain incandescent de la victoire, de la durée, du pouvoir. C'est la croyance dans la magie de la parole qui est naïve chez l'opposition, toutes conjonctures électorales confondues. Le talent et le courage de ceux qui l'incarnent ne sont pas en cause, du moins pas toujours. Mais plutôt l'ancrage et la faiblesse organisationnelle de leurs partis, handicapés en outre autant par leur marasme financier que par leur incohérence stratégique.
Ce qui, pour y remédier, n'est pas facile. Dans ce monde port-au-princien de bruits et de fureur, il y a une exception : Charles Henri Baker, qui parcourt de fond en comble le pays avec une assiduité et une patience dignes d'éloge. Un exemple à mettre en relief par « opposition » à ce flot de politiciens traditionnels à la gueule de feu mais sans ancrage !
Pierre-Raymond Dumas
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=82958&PubDate=2010-08-30
Commentaires:
A bon entendeurs , salut!
Si se ta-w prann, se pa ta-w pa pran-n!

Un candidat écarté très critique vis-à-vis du CEP

Le candidat à la présidence rejeté par le CEP, Jean Bertin, considère que la décision du Conseil Électoral Provisoire (CEP), de l'exclure de la course électorale, est strictement politique.
Selon lui l'actuel conseil reçoit ses ordres du gouvernement. Un CEP qui dit-il ne saurait réaliser des élections crédibles.
Monsieur Bertin s'en est aussi pris aux membres de la communauté internationale, notamment, le secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, qui avait déclaré récemment que l'actuel Conseil Electoral Provisoire est en mesure d'organiser des élections honnêtes, crédibles et démocratiques, le 28 novembre prochain.
Il a annoncé la formation d'un groupe susceptible de fournir une réponse appropriée au gouvernement.
EJ/Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18206
Commentaires:
Franchement ce monsieur n'aurait pas gagné des élections pour être chef de section en Haiti. Dans des élections présidentielles crédibles, il aurait sans doute fait un score inférieur à celui de sa fille lors du dernier concours Miss Univers.
Maintenant il annonce sur des tons de menace qu'il va constituer un groupe de pression. J'ai envie de rire!
Là, il fait de la COM!