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mardi 1 novembre 2011

..La Chine lance une sonde spatiale non habitée

PEKIN (Reuters) - La Chine, qui lancera l'an prochain un ou deux vols habités afin de parfaire ses compétences en matière de longues missions humaines dans l'espace, a procédé mardi matin au lancement d'un vaisseau "Shenzhou 8".
Cette sonde non habitée a été propulsée dans l'espace à 05h58 locales (21h58 GMT lundi) par une fusée "Longue Marche" depuis le pas de tir de Jiuquan, dans la province du Gansu, dans le nord-ouest du pays.
Le lancement a été diffusé en direct à la télévision nationale.
"Shenzhou 8" devrait par la suite s'arrimer à "Tiangong 1", un module expérimental lancé le 29 septembre dans le cadre des préparatifs chinois pour le lancement d'un laboratoire expérimental.
En de succès, la prochaine étape comportera deux exercices similaires en 2012 avec au moins une mission habitée, a annoncé lundi une porte-parole du programme spatial chinois.
Les exercices d'arrimage entre les deux modules permettront aux ingénieurs de développer les compétences technologiques et logistiques nécessaires à l'exploitation d'une station capable d'accueillir des astronautes sur de longues périodes.
La prochaine étape, a précisé la porte-parole du programme spatial, consistera à envoyer des "taïkonautes" à bord des capsules Shenzhou 9 et 10 qui seront envoyées en orbite en 2012. "Selon les plans de mission, au moins un des deux vols de l'an prochain sera habité", a déclaré Wu Ping.
"Il est très difficile et risqué de joindre deux véhicules qui voyagent en orbite à grande vitesse, avec une marge d'erreur qui n'excède pas 20 centimètres", a-t-elle expliqué.
La Chine, qui a lancé l'an dernier une sonde tournant désormais en orbite autour de la Lune, prévoit un alunissage d'un engin automatique et le déploiement d'un véhicule lunaire en 2012, puis la collecte d'échantillons du sol lunaire vers 2017.
Les scientifiques ont évoqué la possibilité d'envoyer des Chinois sur la Lune après 2020.
Sally Huang et Chris Buckley, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Loup Fiévet pour le service français
http://fr.news.yahoo.com/la-chine-lance-une-sonde-spatiale-non-habitée-223824109.html

lundi 31 octobre 2011

Ce que la Chine veut obtenir en sortant l'Europe de l'ornière

Pierre Haski
Rue89
L'Europe a-t-elle sacrifié son indépendance en se tournant vers la Chine pour sauver la zone euro, comme l'ont affirmé aussi bien François Hollande que François Bayrou ou Daniel Cohn-Bendit ? La question mérite d'être posée en termes moins simplistes.
Hu Jintao, le numéro un chinois, n'a sans doute pas pu s'empêcher d'avoir un grand moment de jouissance lorsque Nicolas Sarkozy l'a appelé, jeudi, pour l'informer des résultats du sommet européen de Bruxelles.
Son objectif ? Accorder un répit à la Grèce et au delà, à la finance mondiale, en incitant son interlocuteur à investir dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le même Sarkozy qui lui donnait des leçons il y a trois ans sur le Tibet, et s'affichait avec le dalaï lama, la bête noire de Pékin.
Dès jeudi soir, le président du FESF, Klaus Regling, arrivait à Pékin pour des entretiens avec les officiels chinois. Et, selon le Financial Times de vendredi, la Chine pourrait investir 35 à 70 milliards d'euros, voire plus, dans le FESF. A quel prix ?
1: Obtenir des contreparties tous azimuts
Les échanges publics sont polis et vagues. Mais qui peut croire que la Chine ne posera pas ses conditions, explicites et implicites, pour l'octroi de cette aide dont l'Europe, affaiblie, a cruellement besoin. On peut évoquer :
•L'octroi du statut d'économie de marché à la Chine. Pékin doit obtenir ce statut en 2016 selon les termes de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mais demande que la date soit avancée.
L'Union européenne a jusqu'ici refusé, car ce statut offrirait de meilleures garanties d'accès aux produits chinois sur le marché européen, en les mettant à l'abri de clauses antidumping.
•Arrêt des pressions sur la valeur du yuan, la monnaie chinoise, dont la sous-évaluation est régulièrement dénoncée à Washington comme à Bruxelles.
•Plus de rigueur dans la gestion des économies européennes, sous contrôle du FMI.
•Arrêt des pressions sur les sujets politiques sensibles pour Pékin comme les droits de l'homme en Chine, le Tibet, Taïwan, etc.
•Levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine : promis par Jacques Chirac et Gerhard Schröder, la levée de cet embargo, héritage du massacre de Tiananmen en 1989, s'est heurté à l'absence de consensus européen. Pékin le vit comme une humiliation.

Les conclusions du sommet signalent le renversement du rapport de force mondial : la vieille Europe, berceau de l'industrialisation et des empires coloniaux, appelle désormais à la rescousse les « émergents », c'est-à-dire l'ancien monde colonisé (Inde, Brésil, Chine...) pour sauver ses économies.
Le prix à payer pour l'Europe : un rapport de force moins favorable face à la nouvelle puissance chinoise, dans les dossiers qui fâchent : importations chinoises ou conceptions divergentes de la gouvernance du monde (comme l'a montré le récent veto chinois et russe sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU).
C'est ce qu'a dit François Hollande, le candidat du PS, lors de son passage sur TF1 :
« Peut-on penser que le fait de se mettre, ne serait-ce qu'en partie, entre les mains de ces nations avec lesquelles nous avons par ailleurs à négocier sur le front monétaire et commercial nous mettra en capacité d'obtenir des résultats positifs pour l'Europe ? »
C'est ce que dénonce également l'eurodéputé Vert Daniel Cohn Bendit, qui regrette qu'au lieu de « communautariser » une partie de la dette des pays de la zone euro, on a préféré une « solution chinoise » (et russe). « Politiquement vous vous mettez dans la main de la Russie et de la Chine », a-t-il dit sur BFM-TV.
Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, explique le nouveau rapport de force au Figaro en termes plus policés :
« Dans la mondialisation, il y a les mondialisateurs et les mondialisés. Les Occidentaux ont perdu le monopole de la puissance, de la richesse, de l'influence, de la décision. Il faut partager avec d'autres. »

2.- Ne pas refaire les mêmes erreurs qu'avec les Etats-Unis
Du point de vue chinois, les choses ne sont pas simples non plus.
La Chine a investi environ la moitié de ses 3 200 milliards de dollars de réserves en devise américaine, dont une bonne partie en bonds du Trésor américain. Elle l'a fait :
• pour placer les liquidités dues à son colossal excédent commercial,
• pour donner des gages aux Etats-Unis inquiets de l'émergence de la puissance chinoise, et ainsi éviter une nouvelle « guerre froide ».
Ce faisant, la Chine a financé le déficit américain, comme le Japon l'avait fait avant elle, et s'est retrouvé sans recours lorsque la crise des « subprimes » a frappé en 2008, et menacé tout l'édifice de l'économie américaine.
La Chine n'investira pas dans les mêmes conditions pour renflouer l'Europe : elle exigera un maximum de garanties sur la réduction de la dette des pays de la zone euro, et sur la réduction des déficits.
Ironiquement, Pékin a créé sa propre agence de notation, qui a déjà privé en 2010 la France de son mythique AAA...
Cet été, déjà, Pékin avait sermonné les Américains sur leur incapacité à gérer convenablement la question de leur dette, alors que la Maison Blanche et le Congrès s'opposaient sur le relèvement du plafond de la dette américaine.
Les Chinois ne supportent pas l'incertitude, et les Européens, de leur point de vue, évoluent dans une zone grise.
En 2007, la Chine avait ainsi défini sa politique de réserves :
« Nous recherchons la stabilité, la liquidité et le retour sur investissement et nous avons une politique stratégique à long terme. »
La zone euro, telle qu'elle est, répond-elle à ces critères ?

3.- Ne pas alimenter la surenchère nationaliste en interne
C'est un fait méconnu en Europe, mais le pouvoir chinois doit faire face à une surenchère nationaliste, interne mais aussi extérieure au parti communiste, qui a lancé de vives critiques contre l'équipe dirigeante pour avoir investi en bons du trésor américains.
Très active sur le Web, cette aile nationaliste considère que la Chine doit utiliser ses ressources à régler ses problèmes de développement, plutôt qu'à financer le déficit des Américains, a fortiori celui des Européens sans enjeu stratégique.
Dans le Financial Times, Li Daokui, membre du Comité monétaire de la Banque centrale chinoise, le dit clairement :
« Le principal souci du gouvernement chinois est de savoir comment expliquer cette décision au peuple chinois. »
Le débat avait très chaud en 2007-2009, lors de la crise des subprimes. Le gouvernement a dû faire face à la surenchère d'une aile nationaliste.
En 2007, deux économistes chinois liés au parti communiste avaient semé l'effroi en menaçant d'employer « l'arme nucléaire » monétaire : mettre sur le marché les réserves chinoises en dollar.
Ils avaient très vite été désavoués par Pékin, mais leur message était passé. Des gens haut placés dans l'appareil du pouvoir chinois réfléchissent à de tels scénarios catastrophes.
Et ils ne risquent pas de se calmer lorsque le Congrès américain menace régulièrement la Chine de déclencher la guerre des monnaies, ou quand leur parvient les échos antichinois des campagnes électorales aux Etats-Unis, ou en France.
En répondant à l'appel à l'aide de l'Europe, Pékin devra en permanence vérifier si l'opinion publique – qui se fait entendre sur Internet malgré la censure –, n'y voit pas la répétition de l'« erreur du dollar ».
Un blogueur, Songhzhe, cité par le New Yorker, sonnait ainsi l'alarme sur Weibo, le site de microblogging chinois :
« Pourquoi devons-nous une nouvelle fois donner ce que nous avons gagné par le fruit de notre sang, de notre sueur et de nos larmes, à ces riches et paresseux Européens ? »
4.- Accéder librement à la technologie
Si la Chine est prête à participer avec modération au plan européen de sauvetage de la zone euro, c'est évidemment afin de sauver le premier marché au monde pour ses produits. Mais c'est aussi pour ouvrir plus grand la porte à ses investissements.
Depuis une décennie, les entreprises chinoises tentent de rattraper leur retard à la fois en investissant plus que leurs concurrents dans la recherche et le développement, mais aussi en rachetant des entreprises disposant de technologies de pointe.
Dans la course aux brevets, Pékin s'est heurté, aux Etats-Unis, à des blocages politiques. Que ce soit dans la technologie ou dans l'énergie, les tentatives de rachat d'entreprises américaines par les Chinois ont souvent été bloquées, à l'exception notable de la branche PC d'IBM, vendue à Lenovo.
Dans ses rapports avec l'Europe, la Chine espère qu'il en ira différemment : elle sait que les Européens sont affaiblis et en ordre dispersé. Les investissements chinois, encore modestes, sont déjà en augmentation de 50% cette année, pour atteindre quelque 5,6 milliards d'euros.
Attendez-vous donc à plus de rachats d'entreprises de pointe européennes par les Chinois, sauveurs providentiels de secteurs en difficulté.
Le hasard a fait que le jour même où l'Europe se tournait vers Pékin, un consortium chinois concluait le rachat pour à peine 100 millions d'euros du constructeur automobile suédois Saab, en faillite financière mais disposant d'une marque et d'un savoir-faire reconnus. Saab rejoint l'autre suédois Volvo et le britannique Rover dans le giron d'une industrie automobile chinoise ambitieuse.
Avec l'accord de Bruxelles, la « diplomatie du carnet de chèques » chinois pourra se déployer sans entraves dans une Europe affaiblie et ouverte.
Les optimistes y verront une nouvelle étape de la mondialisation dans laquelle la Chine prendra toute sa place de grande puissance sans pour autant viser l'hégémonie. Les pessimistes, nombreux, y verront la fin de la capacité de l'Europe de peser sur un monde dans lequel elle représente pourtant l'un des pôles majeurs.
http://www.lepost.fr/extrait-du-web/2011/10/31/2626465_que-demande-la-chine-pour-sauver-l-europe.html

La Chine et l'Europe doivent s'« observer » de façon rationnelle et judicieuse dans leur coopération pour faire face à la crise

Le récent sommet européen est enfin parvenu à un important consensus cadre au sujet de la solution du problème de la dette souveraine qui ravage l'Europe. La Chine déclare qu'elle souhaite que cette dernière puisse s'unir, faire bloc et se solidariser afin de pouvoir résoudre de façon efficace les problèmes de la crise de la dette et qu'à cet effet, elle désire poursuivre et renforcer sa coopération avec l'Union européenne. Lors du colloque internationale « L'UE et l'Européenne vues par les Chinois », tenu le 29 courant à Beijing, plusieurs spécialistes chinois et européens ont indiqué que la bonne coopération entre la Chine et l'Europe nécessite que les deux parties concernées mettent à l'écart et laissent de côté les préjugés et les idées préconçues et s' « observent » de façon rationnelle et judicieuse. Pour ce qui est de l'information selon laquelle la Chine est prêt à apporter sa contribution à la solution de la crise de la dette en accordant une aide financière à la zone euro pour l'aider à résoudre ses difficultés, Yao Shujie, Recteur de l'Institut de la littérature chinoise contemporaine de l'Université de Nottingham de Grande-Bretagne et économiste de renom d'origine chinoise, insiste que l'aide que la Chine apporte à l'Europe au moment où la crise de la dette sévit en zone euro constitue en fait une occasion exceptionnelle permettant de développer et de renforcer davantage la coopération entre les deux partie. Cependant, des voix se font entendre en Europe contestant et mettant en doute l' « aide amicale chinoise » et déclarant que le motif réel de cette aide c'est de « prendre en otage » l'Europe et d'obliger les dirigeants européens de céder et de faire des concessions à la partie chinoise sur de nombreux problèmes-clés, y compris la reconnaissance du complet statut d'économie de marché de la Chine.
Parlant des idées préconçues et des préjugés sur la Chine qui existent en Europe, Liu Yanhong, professeur à l'Ecole supérieure pour aspirants à la recherche de l'Académie des Sciences sociales de Chine, pensent qu'en traitant des problèmes concernant la Chine, les Européens ont l'habitude de recourir à la tactique diplomatique de la « force réglementaire », c'est-à-dire obliger les autres à se conformer à leurs idées et à leurs règles pour établir et instaurer leur avantage et leur supériorité. Mais, avec le développement vigoureux et rapide de la Chine, l'équilibre des forces internationales est en train d'évoluer. Compte tenu des intérêts réels des relations entre la Chine et l'Europe, il est important pour cette dernière de réajuster convenablement cette tactique diplomatique.
Quant à Li Daokui, professeur à l'Université Qinhua et membre du de la Commission de la politique monétaire de la Banque du Peuple de Chine (banque centrale), il indique que l'UE est le plus grand partenaire commercial de la Chine, c'est pourquoi l'aide que celle-ci apporte à l'Europe répond entièrement à ses intérêts à long terme. Toutefois, pour le moment, il est important pour le gouvernement chinois de donner des explications aux masses populaires du pays pour qu'elles comprennent effectivement les bonnes raisons d'aider l'Europe dans cette période de crise et de difficulté.
Tang Haihua, Maître-assistant à l'Institut des Relations internationales de l'Université du Peuple de Chine, indique qu'en Chine, la masse populaire ne connaît pas très bien la place importante qu'occupe actuellement l'UE sur la scène internationale de notre monde. C'est pourquoi lorsque la Chine et l'Europe s'observent réciproquement, des deux côtés, il manque souvent de jugements rationnels et judicieux et les médias des deux parties en sont responsables, car souvent ce sont eux qui jettent de l'huile sur le feu. D'autre part, certaines idées qui se prêtent aux « facteurs négatifs de la flatterie et des mauvaises habitudes » cachent et dissimulent les dangers latents susceptibles de compromettre sérieusement la bonne entente et la coopération entre les deux parties.
Pour pouvoir établir un système permettant à la Chine et à l'Europe de s'observer mutuellement de façon rationnelle et judicieuse, Sun Long, Assistant professeur à l'Institut des Relations internationales de l'Université du Peuple de Chine, indique qu'en prenant la Chine comme exemple, il existe certain écart de vues entre le public et l'élite intellectuelle sur de nombreux problèmes concernant les relations sino européennes. De même pour l'élite intellectuelle, il existe également, parmi les fonctionnaires du gouvernement, les savants et spécialistes et les médias, différentes idées ainsi que des jugements et appréciations contraires sur des problèmes d'importance. Par conséquent, dans le processus de l'établissement d'une observation mutuelle rationnelle et judicieuse, il est nécessaire de déployer des efforts soutenus face à des catégories de personnes différentes.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne
http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7631325.html

Crise de l’euro : quand la Chine possédera l’Europe (après l’Afrique)

En 1973, Alain Peyrefitte avait publié la première édition du livre « Quand la Chine s'éveillera », qui, à l'époque, avait retenu une attention polie et des sourires convenus. A l'époque, le pays le plus peuplé du monde n'intéressait pas grand monde.....
En 2011, alors que les sociétés chinoises rachètent le sous-sol et les infrastructures de plusieurs pays africains, mais aussi de la Grèce par l'intermédiaire opportun de la crise de l'euro, les propos du livre apparaissent non plus comme « ridicules », comme le pensaient certains voici 38 ans, mais bien en -dessous de la réalité actuelle.
Le plus formidable retournement de l'histoire économique récente s'est opéré en défaveur tout d'abord des pays africains riches en minerais du futur, et maintenant des pays de la zone euro dont les dirigeants supplient- littéralement- les responsables chinois (et asiatiques plus généralement) de combler leurs dettes abyssales afin de tenter le sauvetage impossible de l'euro.
Des décennies de mépris arrogant de la Chine en particulier, et de l'Asie plus largement, par les politiques, les économistes et les chefs d'entreprises européens, se retournent en terrifiant boomerang contre les Etats qui, naguère, ont humilié, occupé, pillé, ruiné, colonisé la Chine et le continent asiatique.
Au début, il y eut l'Afrique et ses sous-sols.....
Depuis maintenant près de 20 ans, les dirigeants européens, inquiets du phénomène, mais ne souhaitant pas l'évoquer trop publiquement, suivent avec angoisse l'empiètement progressif, et en apparence irrésistible, des entreprises et de l'Etat chinois sur les territoires africains, surtout riches en matières premières indispensables au développement rapide du pays et de son marché intérieur.
En première ligne était la France, avec sa célèbre autant que sulfureuse « Françafrique », ses réseaux opaques s'appuyant sur des dirigeants africains corrompus facilitant la vente des richesses de leurs pays aux entreprises françaises (AREVA, TOTAL, BOUYGUES, VINCI, etc...). L'irruption de la Chine, avec ce que d'aucuns ont appelé « ses missionnaires laïques » apportant, non le réconfort moral d'une religion de soumission aux populations exploitées et pillées, mais de l'argent frais, des infrastructures à bas coût, des opportunités de stabilité politique, a bouleversé le cours des choses sur le continent noir.
Certes, les envoyés chinois ne sont pas plus intéressés par un vrai développement local et pérenne des pays africains que ne l'étaient auparavant les corps expéditionnaires de la France ou de la Belgique, mais ils disposent de moyens financiers colossaux et abordent les questions politiques africaines sans complexe hérité de lourds contentieux coloniaux avec les peuples africains.
De manière générale, les émissaires chinois en Afrique essaient de convaincre, par des faits et réalisations, les populations locales que travailler avec eux et pour eux est un marché « gagnant-gagnant », conforme aux traditions commerciales chinoises.
Puis, arriva la crise de l'euro et la vente à la découpe des richesses de la zone euro
En Europe, par le biais de la crise de l'euro et ses terribles conséquences, les intérêts chinois trouvent partout des achats judicieux, fructueux et bon marché.
La Grèce a inauguré cette arrivée publique, décomplexée et ouverte en Europe, avec des achats lourds des anciens biens publics nationaux du pays. Le plus emblématique est l'achat du port du Pirée, poumon économique et commercial d'Athènes et de la Grèce.
Mais, cela n'est que la pointe émergée du processus. En France, par exemple, les capitaux chinois sont en chasse permanente : que ce soit des propriétés viticoles rentables, des châteaux admirables, les cafés- tabac-restaurants de Paris et d'autres grandes villes, l'argent venu de Chine trouve partout des proies faciles.
A terme, selon des investisseurs chinois que nous avons interrogés, d'autres secteurs seront visés : les terres agricoles adaptées à la mécanisation, l'immobilier rural pour des résidences secondaires, des sociétés françaises réputées du secteur du luxe et des hautes technologies, des banques et des infrastructures privatisées (autoroutes, ports, aéroports, réseau ferré, compagnies aériennes, recyclage des métaux, chimie, etc....).
Certains,en France, ont en partie préparé, anticipé ce phénomène comme les notaires qui entendent « former » des homologues chinois.
Doit-on révéler à cette profession très spécifiquement franco-française que, demain, avec des lois modifiées par des conventions entre Etats- projet déjà dans les « tuyaux prévisionnels » à Pékin- ces notaires chinois seront leurs concurrents directs pour les affaires sino-françaises ? La vision économique à court terme suicidaire est-elle une spécialité française, comme la tête de veau en cuisine ?
Ce qui est décrit ici est inscrit dans un contexte économique, financier et monétaire : celui de la crise de l'euro, cette monnaie, « magique » selon les mots d'un très riche investisseur chinois, « car elle permet de s'ouvrir sans fatigue et sans pots de vin les portes des économies et des biens de 17 pays. C'est une clé passe-partout miraculeuse qui facilite tous nos achats et leur suivi sur place ».
Mais, au-delà de la vague de profits juteux en vue pour des capitaux chinois (et asiatiques) qui attendent de pouvoir trouver des cibles intéressantes à prix soldés, la situation politique d'ensemble de la zone euro est en passe de démultiplier ces processus, pour l'heure relativement silencieux et partiels.
Le jour où la zone euro dut supplier pour obtenir des fonds chinois (et asiatiques)
Le récent « plan européen » censé sauver la zone euro souffre d'un mal d'origine tragi-comique, presque surréaliste, pour le mettre en œuvre : il lui faut plus de 100 milliards d'euros, que les signataires de l'accord ne possèdent pas !!!
Cet argent, les dirigeants de ladite zone ne peuvent, en l'état de leurs économies nationales exsangues et du fait de leur monnaie unique les étranglant en groupe, que le trouver en Asie, et plus spécifiquement en Chine !!!
Ainsi s'écroule aux yeux du public européen la trilogie mensongère qui présida à la naissance de l'euro : celui de la grandeur unie, de l'indépendance garantie et de l'économie protégée des pays de la zone euro.
De la grandeur annoncée, il reste l'humiliation de devoir envoyer à Pékin des hauts dignitaires du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) implorer, à genoux et la sébile à la main, pour abonder un Fonds vide avec des euros qui sont partis en Asie !!!
De l'indépendance de la zone euro, il demeure en fait une soumission totale, obligée, humiliante, aux seuls intérêts des investisseurs chinois (et asiatiques) à qui les dirigeants européens sont prêts à tout accorder maintenant pour quelques milliards d'euros de plus !!!
De l'économie européenne protégée, il subsiste en réalité la vague formidable d'achats en cours et à venir par les fonds chinois et asiatiques de sociétés, biens, infrastructures des pays de la zone euro !!!
Telle est la réalité des rapports de puissance euro-asiatiques en cette fin 2011
En économie, il est un principe que le bon sens populaire a traduit avec intelligence pr la formule « qui paie commande ».
Qui, en cette fin 2011, pourrait permettre à la zone euro en ruines, de continuer à se désintégrer progressivement en vendant tous ses joyaux et biens propres afin de se survivre quelques semaines ou quelques mois de plus ?
La réponse, les chefs de la zone euro la connaissent et la crient sans aucune pudeur : les détenteurs, publics et privés, de capitaux disponibles, en Chine et en Asie !
Déjà, les dignitaires chinois, et les financiers privés du continent asiatique, indiquent avec un sourire narquois, poliment, mais fermement, les conditions obligatoires que leur aide financière momentanée supposerait.
Ces conditions sont de nature politique, économique et financière, un peu à la façon dont naguère le FMI traitait les états africains et/ou sud-américains endettés.C'est dire quelle est la situation désastreuse de la zone euro en cette fin 2011 !
De manière publique, et cela est une contradiction étonnante qu'il convient de souligner, les dirigeants qui veulent sauver la zone euro sont amenés, pour essayer de réaliser leur mission impossible, à détruire les bases économiques mêmes de cette zone.
Dit plus simplement : pour recevoir, avec des intérêts à régler plus tard de l'argent frais immédiatement, ces responsables européens vont être contraints de brader tout ce qui a une valeur pour les spéculateurs chinois (et asiatiques), tout en se pliant à leurs souhaits que d'aucuns verront comme des diktats.
En un mot ; la zone euro est à vendre à qui peut se payer ses biens et richesses.
Les pères fondateurs de l'Europe économique et politique doivent, comme le dit l'adage populaire, se retourner dans leurs tombes de honte et de confusion devant ce constat.
Pour résumer la situation en une image saisissante pour toutes et tous : afin d'essayer, en vain, de sauver une monnaie condamnée, les dirigeants de la zone euro se préparent à vendre aux enchères leurs économies nationales, leurs pays comme tels et leurs ressources futures.
La Grèce ne fut donc bien que le sort qui attend les 16 autres pays de la zone euro, et leurs peuples, si rien ne vient stopper ce processus annoncé.
Une jeune économiste chinoise dit les choses autrement, mais aussi clairement :
« le FESF est par sa nature même une corde de chanvre solide tendue par les dirigeants politiques européens aux financiers asiatiques pour étrangler la zone euro avec. Quand la corde des dettes envers ces financiers sera bien serrée parce que les pays de la zone euro auront vendu tout ce qui en fait le prix et constitue leur richesse, il suffira de tirer sur la corde des dettes accrues pour tenir 17 pays à merci, comme on peut tenir un chien en laisse afin qu'il soit bien obéissant.
En ce sens, la politique actuelle des responsables européens, du point de vue de l'Europe, est suicidaire pour eux et pour leurs peuples. Pour les détenteurs de capitaux asiatiques, c'est au contraire une aubaine fabuleuse qui surgit, un véritable nouveau Far West qui s'ouvre, une forme moderne d'eldorado qui s'étend devant eux ».
La fable chinoise des animaux réunis ensemble de force par le sorcier fou
Il est pertinent de conclure cet article par l'analyse que cette jeune économiste chinoise a donnée de la zone euro à travers une fable morale naturelle. En voici le résumé en sa substantifique moelle :
« La zone euro peut être comparée à un sorcier fou qui aurait voulu, pour réaliser un rêve absurde, mettre ensemble dans une maison fermée des animaux aussi différents qu'un lion, une girafe, un tigre, un ours, un lièvre, une gazelle, une tortue, un lézard, et d'autres animaux tous nécessitant un biotope différent. Le sorcier fou leur dit qu'ils doivent tous vivre ensemble, mais chaque animal a ses propres besoins, habitudes, rythmes de vie et aspirations. Ce que constatant alors, le sorcier fou entend leur imposer de force, sans leur avis, des lois et des règles communes à respecter alors que les animaux sont tous très différents. Les animaux, loin d'être aimés et protégés comme il leur avait été promis, se retrouvent piégés et prisonniers dans une maison-prison.
Mais, la nature a ses lois supérieures à toutes les autres car chaque animal veut vivre sa vie sans se soumettre à une loi commune unique qui les conduirait tous à une mort certaine.
Alors, les animaux, sans se concerter, mus seulement par leur instinct vital, commencent à attaquer, qui le toit de la maison avec sa tête, qui le plancher avec ses griffes et ses crocs, qui à creuser des trous dans les murs avec ses pattes agiles. Tant et si bien qu'à la fin, leurs efforts communs finissent par faire s'écrouler la maison où ils étaient tenus prisonniers sur la tête du sorcier fou tandis que les animaux s'enfuient afin de retourner chacun à sa vie habituelle naturelle ».
Une fable chinoise, certes. Mais qui ne s'applique pas à la Chine !
Et une situation totalement renversée des rapports de puissance euro-asiatiques en ce 100ème anniversaire de la Révolution chinoise de 1911...
.http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/crise-de-l-euro-quand-la-chine-103310

Pourquoi la Chine n'a pas encore donné le feu vert au fonds de secours européen

La Chine pourrait venir au secours de l'Europe en abondant le Fonds européen de stabilité financière de 50 à 100 milliards de dollars. Mais aucun officiel chinois ne confirme. Le directeur général du FESF n'ose même pas parler de négociation, tant les enjeux sont lourds. Ecrit par
Marie-Christine CORBIER
Klaus Regling n'a dupé personne en affirmant, vendredi, qu'il n'y avait « pas de négociations en cours » sur des investissements chinois dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le directeur général du FESF cherche à gagner du temps dans une négociationdélicate.
« Sur le plan stratégique, les Chinois sont d'accord pour intervenir, avance Yves Tiberghien, professeur associé du département de sciences politiques à l'université de Columbia (UBC). Il y a un intérêt mutuel de la Chine et de l'Europe à ce que la zone euro ne s'écroule pas. » Il serait difficile, pour la Chine, de laisser tomber son premier marché , alors qu'elle en subirait directement les conséquences sur sa propre croissance, déjà touchée par un ralentissement.

Clarification
Des diplomates européens affirmaient en fin de semaine dernière que la Chine était prête à abonder le FESF. Mais aucun officiel chinois n'a confirmé un tel engagement. Et encore moins le montant avancé vendredi par le « Financial Times » de 50 à 100 milliards de dollars pour une intervention directe ou via un fonds nouveau placé sous la houlette du FMI. Le quotidien britannique citait une source proche du gouvernement chinois. Pourquoi la Chine n'a-t-elle encore rien annoncé ?
D'abord, elle a besoin de clarifications sur l'accord européen conclu la semaine dernière. La Chine « attend les détails techniques pour y voir clair », a déclaré vendredi son vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao. « Comment demander à la Chine d'intervenir alors qu'elle ne sait pas dans quel entonnoir elle va entrer ?, explique le président d'Asia Centre, Jean-François Di Meglio. C'est pour elle légitime de savoir ce qui sera effectivement émis, comment ce sera garanti et quelle sera la qualité de la dette avant que de se prononcer sur le montant à acheter. »
Deuxième raison : l'Union européenne ne veut pas d'une appréciation de l'euro. Or, si la Chine achète de la dette en euros, l'euro risque de se renchérir. D'où la proposition de Klaus Regling, à Pékin, que le FESF émette des obligations libellées en yuans si les autorités chinoises donnent leur accord en ce sens. « Accepter cela pour les Chinois reviendrait de fait à perdre le contrôle de ce qui peut arriver à leur devise, la dette achetée en yuans pouvant s'apprécier ou se déprécier et échapper ainsi au contrôle de la Chine, poursuit Jean-François Di Meglio. Cela équivaudrait à déclencher une libéralisation des changes. Or la Chine veut contrôler son taux de change. Si la Chine acceptait cela, ce serait un geste énorme. »

Enjeux
Troisième raison : les exigences de la Chine. Elle préférerait intervenir via le Fonds monétaire international (FMI) pour peser davantage sur une institution où elle s'estime sous-représentée « et peut-être édicter de nouvelles règles monétaires mondiales », ajoute encore Jean-François Di Meglio. De son côté, l'Europe cherche à gérer seule ce qui relève de la zone euro. La Chine a d'autres exigences, comme celles d' « un investissement mixte comprenant non seulement des obligations via le FESF mais aussi des participations directes dans des banques ou des entreprises européennes », croit savoir Yves Tiberghien.
La quatrième raison est commerciale et déterminante. En plein débat sur la réciprocité, on voit mal comment les Européens vont continuer à tenir un discours ferme face à des marchés chinois qu'ils jugent trop peu ouverts aux intérêts européens. On comprend que, avec tous ces enjeux, la négociation entre l'Europe et la Chine ne soit pas encore bouclée.
MARIE-CHRISTINE CORBIER, Les Echos
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201720923335-pourquoi-la-chine-n-a-pas-encore-donne-le-feu-vert-au-fonds-de-secours-europeen-241579.php