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samedi 3 avril 2010

Américains et cubains discutent de la reconstruction en Haïti!

Le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez a rencontré mercredi dernier à New York une haute responsable américaine pour discuter de la reconstruction en Haïti ont rapporté des médias locaux.
Le ministre a rencontré Cheryl Mills, chef du cabinet de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, lors de la conférence internationale des donateurs pour Haïti, organisée au siège de l'ONU le 31 mars 2010.


La rencontre, l'une des rencontres de plus haut niveau depuis plusieurs années entre les deux pays, s'est concentrée sur la reconstruction du système médical et sanitaire en Haïti, selon les informations rapportées.
M. Rodriguez a affirmé que Cuba pourrait fournir à Haïti des services médicaux d'une valeur de 690 millions de dollars, pour appuyer l'action des médecins cubains qui travaillent depuis plus d'une décennie dans le pays.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17414

vendredi 2 avril 2010

10 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti

Par Pauline Fréour
Le président haïtien René Préval (à droite) présidait la conférence, aux côtés du chef de l'Onu Ban Ki-moon et de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton. Crédits photo : AP
Les promesses des pays donateurs, qui ont lancé mercredi à New York le plan d'aide à Haïti, ont largement dépassé les prévisions.Personne n'avait osé espérer autant. Après le séisme qui a fait plus de 200 000 morts à Haïti en janvier, les organisateurs de la conférence internationale à New York mercredi pensaient récolter environ 3,8 milliards de dollars pour aider à la reconstruction. C'est en réalité 9,9 milliards de dollars (environ 7,3 milliards d'euros) que les pays donateurs ont promis. Haïti devrait en toucher 5,3 milliards (environ 4 milliards d'euros) au cours des deux prochaines années. «Aujourd'hui la communauté internationale a répondu présente, de manière spectaculaire, aux côtés d'Haïti et de son peuple», s'est félicité le chef de l'Onu Ban Ki-moon à l'issue de la conférence internationale des donateurs à laquelle participaient 138 pays et des ONG sous la direction du président haïtien René Préval. Le montant des dégâts causés par le séisme du 12 janvier a été estimé à près de 8 milliards de dollars, soit 120% du PIB d'Haïti.
La France offre 180 millions d'euros
L'Union européenne s'est positionnée en tête des donateurs les plus généreux, avec un engagement total de 1,235 milliard d'euros, soit environ 1,6 milliard de dollars. Sur cette somme, la France, représentée à New York par le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, a offert de débloquer 180 millions d'euros (243 millions de dollars) en 2010-2011. Cette somme devrait être affectée à la distribution de nourriture. Une partie du montant sera par ailleurs consacrée à la consolidation de l'autorité gouvernementale.

Les Etats-Unis se sont pour leur part engagés à verser 1,15 milliard de dollars. La contribution américaine sera affectée «au plan du gouvernement d'Haïti pour renforcer l'agriculture, l'énergie, la santé, la sécurité et la gouvernance», a précisé la secrétaire d'Etat Hillary Clinton.

De nombreux orateurs ont insisté sur la nécessité de veiller au bon usage de l'aide internationale. «Nous devons assurer que l'argent arrive à Haïti en temps voulu et garantir qu'il soit dépensé de manière avisée et coordonnée», a mis en garde Ban Ki-moon. L'ancien chef d'Etat américain Bill Clinton a été désigné mercredi pour co-présider la commission chargée de gérer les fonds de la reconstruction.

René Préval, dont le mandat de cinq ans touche à sa fin, a demandé aux donateurs d'aider les neuf millions d'Haïtiens à assurer leur propre avenir. «Laissons-nous rêver à un nouvel Haïti basé sur le projet d'une société sans exclusion ni faim, où chacun bénéficiera d'un abri sûr et (...) de soins médicaux», a-t-il lancé.

http://www.lefigaro.fr/international/2010/04/01/01003-20100401ARTFIG00371-dix-milliards-de-dollars-pour-la-reconstruction-d-haiti-.php

jeudi 1 avril 2010

Des «Casques rouges» pour les catastrophes humanitaires

Agence France-Presse; New York
Le président haïtien René Préval et l'ancienne ministre française Nicole Guedj ont plaidé mercredi à New York pour la création de «Casques rouges», une force d'intervention humanitaire sous l'égide de l'ONU, pour coordonner les réponses d'urgence aux catastrophes.
«La générosité des nations doit se discipliner», a déclaré M. Préval dans son discours devant une conférence internationale des bailleurs de fonds au siège new-yorkais de l'ONU.
Il a affirmé «la nécessité de la création d'une force d'intervention humanitaire, sous l'égide de l'ONU, pour coordonner les réponses aux différentes catastrophes qui ne manqueront pas de survenir: tremblements de terre, tsunamis et autres calamités dues au changement climatique».
«L'aide internationale doit être coordonnée en amont si elle veut exprimer toute son efficacité», a-t-il insisté.
Plusieurs grands désastres naturels comme le tsunami de décembre 2004 dans l'océan Indien, le cyclone Nargis en Birmanie en 2008 et le séisme à Haïti du 12 janvier dernier ont mis en relief la nécessité d'une intervention très rapide -les premières heures sont toujours cruciales- afin de sauver le maximum de vies.
Les problèmes de coordination se sont souvent révélés ardus, malgré les efforts déployés par les agences de l'ONU.
C'est pour résoudre ce problème que Mme Guedj, conseillère d'État française, a créé la «Fondation Casques rouges pour l'action humanitaire d'urgence et le développement» et travaille sur cette idée depuis plusieurs années.
Elle a été reçue, en compagnie de M. Préval, par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, auprès de qui ils ont plaidé pour la création de ces Casques rouges, qui seraient «100% humanitaires». C'était la première fois que cette proposition était faite dans l'enceinte de l'ONU.
L'idée, a expliqué Mme Guedj à l'AFP, est de faire voter leur création par l'Assemblée générale des Nations unies, où siègent les 192 États membres, pour leur donner «une légitimité indiscutable».
Ce corps se composerait d'un état-major renforcé à l'ONU, et d'une force d'appoint d'une centaine d'hommes qui seraient envoyés sur le terrain. Sa vocation serait uniquement de faciliter la coordination des actions humanitaires sur le terrain.
Après l'entretien, Mme Guedj a indiqué que M. Ban s'était montré «attentif et bienveillant», estimant qu'il s'agissait «d'un bon projet, méritant étude et réflexion».

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/31/01-4266285-des-casques-rouges-pour-les-catastrophes-humanitaires.php

Il faut se fier au leadership de l'ONU, dit Louise Arbour

Louise Leduc; La Presse
(New York) Vive Bill Clinton, qui inspire la confiance des donateurs, «mais il faut se dégager du modèle de l'homme fort» et se souvenir que l'Organisation des Nations unies est dans une très bonne position pour assurer le leadership» de la reconstruction d'Haïti.
C'est ce qu'a déclaré hier à La Presse Louise Arbour, présidente-directrice générale de l'International Crisis Group et ex-haute commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme.
Dans une entrevue impromptue qu'elle nous a accordée en marge de la conférence des pays donateurs, Mme Arbour a fait valoir que l'ONU offre un «environnement crédible et inclusif» capable de coordonner l'effort international.
Qu'il s'agisse de Bill Clinton en Haïti ou de Hamid Karzaï en Afghanistan, le réflexe est trop souvent de personnaliser l'affaire. On pense trop souvent que tout passe «par une seule personne et qu'en dehors de cette seule personne, il n'y a plus d'interlocuteur», a dit Mme Arbour.
Difficile coordination
Elle reconnaît cependant que l'impossibilité de tenir des élections en Haïti au mois de mai compliquera les choses. Dans ces conditions, «comment mobiliser toutes les composantes de la société haïtienne? Qui l'ONU accompagne-t-elle?»
Après la journée d'hier, la question de la coordination de l'aide internationale demeure entière. Le président d'Haïti, René Préval, a évoqué le souhait que «le contrôle financier se fasse par la Banque mondiale», de concert avec une institution de supervision, sans préciser laquelle.
Tout en estimant qu'Haïti est capable de connaître un taux de croissance de 8% dans les cinq prochaines années, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, croit pour sa part que cela ne peut se produire que si «les autorités haïtiennes sont au volant».
Claire Lydie Parent, mairesse de Petionville, en banlieue de Port-au-Prince, souhaite pour sa part qu'il y ait enfin décentralisation et que tout l'argent ne soit pas dirigé vers la seule capitale ou vers le seul gouvernement national.
Le souhait du président de la Banque mondiale, Robert Zoellick? Qu'une autre conférence se tienne dans six mois, pour faire le point sur l'avancement des travaux.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201004/01/01-4266417-il-faut-se-fier-au-leadership-de-lonu-dit-louise-arbour.php

10 milliards pour reconstruire Haïti

Louise Leduc; La Presse
Publié le 31 mars 2010 à 18h32 (Nations Unies, New York) Les représentants des pays donateurs, de même que ceux du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale, se sont réunis hier au siège des Nations unies, à New York, pour faire le point sur leur effort commun dans l'aide apportée à Haïti et pour s'engager dans la reconstruction durable de ce petit pays ravagé. Cette fois sera-t-elle la bonne?

Mis à jour le 01 avril 2010 à 07h59

Réunis à l'ONU, hier, les représentants des 48 principaux pays qui soutiennent financièrement Haïti ont promis un total de 9,9 milliards de dollars pour les trois prochaines années, dont 400 millions additionnels venus du Canada.

C'est ce qu'a annoncé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, au terme d'une réunion éclair d'une seule journée qui avait toutes les allures d'un téléthon, chacun y allant de ses promesses respectives.

«Au nom du peuple haïtien, merci encore, a lancé René Préval, président d'Haïti. J'appelle mes compatriotes à bien comprendre l'effort fait par la communauté internationale et notre responsabilité d'y répondre vite et bien.»

«La communauté internationale a fait sa part, les Haïtiens doivent maintenant faire la leur», a ajouté M. Préval, qui a notamment exhorté les investisseurs privés d'Haïti et de la diaspora à se manifester.

Au cours des 18 prochains mois, Haïti devrait déjà recevoir un total de 5,3 milliards, «ce qui excède de beaucoup les 3,9 milliards que réclamait Haïti à court terme», a fait remarquer Hillary Clinton, secrétaire d'État américaine.

La reconstruction, a signalé Mme Clinton, «reposera sur les valeurs établies à la conférence de Montréal en janvier», soit une reconstruction «coordonnée, orientée vers les résultats et la reddition de comptes et inclusive (de l'État haïtien)».

Mais comment s'assurer que tout l'argent promis sera effectivement versé, contrairement à ce qui se passe le plus souvent? À cela, Mme Clinton a répondu qu'il sera possible de le vérifier sur un site web qui détaillera les engagements de chaque pays, y compris, évidemment, la contribution américaine de 1,15 milliard.

Tout en annonçant une contribution supplémentaire de 400 millions, Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada, a pour sa part signalé que les Haïtiens semblaient avoir bien pris acte «de la nécessité d'un vrai changement en Haïti».

L'argent est sur la table, la solidarité mondiale est palpable et «maintenant, nous attendons les résultats», a-t-il dit.

La Banque mondiale a d'emblée donné le ton à la journée en promettant 250 millions de dollars supplémentaires à Haïti et en annonçant l'annulation de sa dette, qui se chiffre à 39 millions. Cela portera le total des sommes qu'elle accordera au pays à 479 millions de dollars d'ici au mois de juin 2011.

Une question de «conscience et de moralité»

Avant le séisme, a signalé Hillary Clinton, Haïti allait dans la bonne direction. Sa croissance économique était de 3% l'an dernier, et deux grands hôtels s'y étaient même installés.

Aider Haïti à se relever, dit-elle, est «une question de conscience et de moralité», mais c'est aussi s'assurer que ses problèmes ne débordent pas de ses frontières.

Plusieurs fois au cours de la journée, de nombreux dignitaires - notamment Bill Clinton, représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour Haïti - ont noté que l'aide internationale à Haïti est l'histoire d'un échec. «Les organisations non gouvernementales ont fait un travail magnifique dans les dernières années, mais chacun de son côté», a-t-il dit, pressant les ONG à respecter leur promesse de travailler cette fois de façon concertée et «conformément au plan haïtien».

Seulement, il a été très peu question du «plan haïtien», hier. Le président René Préval en a parlé en termes très généraux, insistant sur le fait que l'éducation devait en être la pierre d'assise. Jean-Max Bellerive, premier ministre d'Haïti, a souligné, lui, l'importance d'établir «une culture de transparence et de reddition de comptes qui rende la corruption impraticable».

Forte délégation canadienne

Le Canada était largement représenté à la conférence d'hier: on y a vu la gouverneure générale, Michaëlle Jean, les ministres canadiens Bev Oda et Lawrence Cannon, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, présent à titre de vice-président pour l'Amérique de l'organisme Cités et gouvernements locaux unis. Ce dernier a d'ailleurs été applaudi par les délégués de l'ONU lorsqu'il a insisté sur la nécessité de mesures flexibles qui permettent aux villes haïtiennes - et pas seulement Port-au-Prince - d'avoir leur mot à dire dans la renaissance haïtienne.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/31/01-4266276-10-milliards-pour-reconstruire-haiti.php

La société civile entre doutes et critiques

Malgré l'annonce du CIRH, son mode opératoire et ses représentants, la gestion des fonds est une des préoccupations de la société civile. Un détail en particulier suscite leur l'inquiétude: dans son projet, le gouvernement haïtien prévoit qu'un peu moins du tiers des dons internationaux iront directement dans le budget de l'État, dont les sources de financement ont été détruites. Or, ces sommes échapperont forcément au contrôle international, d'après eux. Ces derniers se questionnent sur le suivi qui sera fait des fonds recueillis, en même temps qu'ils critiquent le processus ayant abouti à l'élaboration du Plan d'action pour le relèvement et le développement national d'Haïti.
Ainsi Rosny Desroches Directeur de l'Initiative de la Société Civile haïtienne, tout en saluant ce «grand geste de solidarité de la communauté internationale envers Haïti», dit regretter que certains secteurs de la Nation n'aient pas été impliqués dans la préparation du Programme. «Ce n'est pas normal que les partis politiques aient été écartés, quant à la société civile elle a été très faiblement consultée», affirme M. Desroches.
Le directeur de l'Initiative de la Société civile avance également qu'une «gestion transparente des fonds s'avèrera plus que nécessaire». Selon Rosny Desroches, la société civile aura un grand rôle à jouer en restant sur ses gardes et en exigeant information et clarté. L'occasion pour lui d'annoncer la prochaine création d'un «Observatoire de la gestion de l'aide».
Autre préoccupation, celle de l'organisation de la Société civile des Cayes, qui par le biais de l'avocat Ketnor StVil, indique qu'il y a au départ une certaine méfiance de la population du Sud par rapport au Gouvernement et au document présenté. «Le Sud, de par sa position géographique, a un rôle vital à jouer dans la reconstruction. Pourtant aucun secteur de la région n'a été contacté», déclare l'avocat. Celui-ci dit, par ailleurs, qu'étant donné que malgré les multiples aides déjà reçues par Haïti, «la situation n'a guère évolué», il est important de changer le mode de gestion des fonds.
Egalement pour Marc Henri Moise, Conseiller auprès du Comité de la Société civile des Gonaïves, la population doit avoir des informations claires concernant le programme de gestion de ces fonds. «La gouvernance a trop tendance à ne pas partager les informations avec la population et se contente de dialoguer avec l'international», avance-t-il. «Même s'il est clair que la société civile haïtienne n'est pas encore assez forte pour faire entendre sa voix comme il se doit, il faut qu'elle se dresse néanmoins en chiens de gardes pour exiger de la transparence».
N/ radio Métropole Haïti

Déclarations à l'endroit d'Haïti

Selon Ban Ki-moon, la reconstruction d'Haïti suppose aussi «un gouvernement pleinement démocratique, des politiques économiques et sociales de lutte contre l'extrême pauvreté et des programmes qui permettent aux femmes d'assumer pleinement leurs rôles de chefs de famille, de dirigeantes d'entreprise, de décideuses». «Ce nouveau partenariat repose sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence, de la responsabilité mutuelle», a-t-il ajouté. Pour sa part, le Président de l'Assemblée générale de l'ONU, Ali Treki, a exhorté «les représentants des Etats membres, les institutions financières, le secteur privé et les organisations de la société civile à continuer de soutenir les efforts de reconstruction », selon un message transmis par son porte-parole.
L'Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, a souhaité quant à elle que «la vision présentée aujourd'hui par le gouvernement d'Haïti au nom du peuple haïtien puisse devenir réalité». Elle a estimé qu'il était nécessaire que les Haïtiens aient la responsabilité du processus de relèvement, l'assistance internationale s'alignant sur les priorités du pays.
Le Président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, a proposé une division du travail entre les agences internationales afin d'éviter qu'elles ne se marchent sur les pieds. Il a aussi appelé à l'organisation d'une nouvelle conférence dans six mois pour faire le point.
De son côté, le Directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a estimé que le pays était en mesure de connaître un taux de croissance de 8% par an pendant les cinq prochaines années. Mais cela ne peut se produire que si «les autorités haïtiennes sont au volant», a-t-il dit.
N/ radio Métropole Haïti

Haïti : René préval remercie la communauté internationale

C'est un sentiment de joie qui transparaissait sur tous les visages au terme de la réunion internationale sur la reconstruction d'Haïti qui a eu lieu ce mercredi à New York. Les Nations Unies sont vraiment unies, s'est exclamé le Secrétaire général de l'ONU en annonçant que les promesses de la communauté internationale en faveur du peuple haïtien pour les trois prochaines années s'élèvent à environ 9,9 milliards de dollars dont 5.3 milliards pour les deux ans à venir. Selon Ban Ki-moon, cette aide constitue l'apport initial dont a besoin Haiti pour amorcer son développement. Il a également affiché sa gratitude à la communauté internationale pour cette générosité à nul autre pareil qui ouvre la voie à un futur radieux pour les Haïtiens.
La Secrétaire général, Hilary Clinton, a félicité tous les donateurs qui par leur geste, ont permis de faire de cette journée un succès éclatant. Elle a toutefois prévenu que si l'assistance est importante, elle n'est pas la panacée qui pourrait sauver un pays. Aussi, a-t-elle loué les efforts du gouvernement haïtien à aspirer à son autonomie ; une volonté clairement exprimée dans le Plan d'action de relèvement du pays présenté en matinée par le premier ministre Jean-Max Bellerive.
Devant cet élan de générosité qu'il a qualifié de spontanée, le président haïtien René Préval n'a eu que des mots de remerciement à l'égard de la communauté internationale, qui a-t-il soutenu, vient une nouvelle fois de prouver qu'elle reste toujours engagée à aider le peuple haïtien. Le monde entier a les yeux tournes vers Haïti qui devra faire la preuve qu'il saura utiliser à bon escient les fonds qui seront mis à sa disposition, a-t-il indiqué.
N/ Radio Métropole Haïti

La CIRH décidera de l'utilisation de l'aide internationale en Haïti

Le plan de reconstruction et de développement d'Haïti, sera administré par la «Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti» (CIRH), où les pays donateurs seront majoritaires. Cette approche évite l'écueil politique d'une mise en tutelle, et permet de surveiller en toute transparence l'utilisation des fonds. Le directoire de la Commission comprendrait 23 personnes avec droit de vote, sous réserve de confirmation voici sa composition:
La CIRH) sera co-présidée par Bill Clinton et le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive. Haïti aurait 7 représentants, donc ne disposerait pas de la majorité au sein de cette instance, mais le président, René Préval, sans en être membre, aurait un droit de veto sur toutes les décisions prises par la CIRH.
3 représentants du gouvernement d'Haïti (nommés respectivement par le pouvoir exécutif, le judiciaire et les autorités locales.
1 représentant de la chambre des députés (choix basé sur une liste présentée par les partis politiques représenté à la Chambre).
1 représentant du Sénat (choix basé sur une liste présentée par les partis politiques représenté au Sénat).
2 représentants, l'un désigné par les syndicats et l'autre nommé par la communauté des affaires
9 représentant des principaux bailleurs de fonds ayant choisi de siéger au conseil d'administration. Pour siéger, les pays ou institutions donateurs doivent avoir fait des dons d'au moins 100 millions de dollars sur une période de 2 ans ou effacé des dettes pour au moins 200 millions de dollars. À ce jour la liste qui circule comprends: Les États-Unis, l'Union Européenne, la France, le Canada, le Brésil, le Vénézuela, la BID, les Nations Unies et la Banque mondiale.
1 représentant du CARICOM (qui regroupe 15 pays de la Communauté des Caraïbes)
1 représentant de l'Organisation des États Américains (OEA)
1 représentant pour tous les autres donateurs ne siégeant pas.
1 représentant de la société civile (les ONG en Haïti)
1 représentant de la diaspora haïtienne.

Le (CIRH) travaillera conjointement avec le Fonds Fiduciaire dont la Banque Mondiale a été désigné comme agent fiscal «Une entente est intervenue entre la Banque Mondiale, les Nations Unies et la BID sur le partage des rôle et responsabilités. Il reste à harmoniser les mandats respectifs des deux entités (Fonds Fiduciaire et CIRH)» a dit le premier Ministre Jean Marx Bellerive lors d'une entrevue exclusive avec Nancy Roc au micro de Radio Métropole le 31 mars. «On s'entend sur la composition du Conseil, il reste des aspects organisationnels à régler, mais nous sommes en bonne voie» a-t-il précisé.
Le mandat de la CIRH serait d'une durée de 18 mois et effectuerait sa mission dans le cadre de l'état d'urgence. Elle disposera donc de toute la latitude pour financer des acquisitions foncières en Haïti, afin de lancer des opérations d'urbanisme et de logement à travers le pays. Il est également prévu de procéder à des privatisations, notamment, le port et l'aéroport de la capitale. Les compagnies étrangères auraient la possibilité d'investir dans la plupart des secteurs d'activités, dont l'agriculture et le tourisme, qui paraissent les plus porteurs.
Au terme de son mandat, la CIRH se transformerait en une «Agence pour le développement d'Haïti» dont le mandat et la mission dureraient plusieurs années.
Le droit de véto accordé au président Préval semble plus un geste politique symbolique qu'une réelle possibilité de blocage. Il semble évident qu'aucune personnalité politique haïtienne ne serait en mesure d'appliquer son véto dans le contexte de dépendance totale dans lequel se trouve Haïti. Tout au plus, ce droit de véto permettrait-il au Président Préval d'exercer (avec prudence) quelques pressions en vue d'obtenir des concessions mineures pour les engagements concernés. La formule du CIRH semble de toute évidence avoir été conçue politiquement pour satisfaire toutes les parties en présence.
N/ Radio Métropole Haïti

Les donateurs veulent quadrupler l'aide externe affirme Pierre Marie Boisson

Pierre Marie Boisson, membre de la commission présidentielle sur la compétitivité de l'économie, se réjouit de la générosité des donateurs lors de la conférence de New York. Les autorités haïtiennes ont obtenu des promesses de l'ordre de 5.1 milliards de dollars tandis qu'elles avaient sollicité 3.8 milliards. Dans une interview accordée à Nancy Roc, M. Boisson a soutenu que le décaissement de 75% des promesses permettra de quadrupler l'aide externe annuelle. " Objectivement les 5.1 milliards constituent une victoire pour Haïti", insiste M. Boisson. Il attire l'attention sur le nouveau défi consistant en une utilisation efficiente de l'aide financière internationale.
Analysant les caractéristiques de l'engagement des donateurs, Pierre Marie Boisson a révélé que l'assistance humanitaire est exclue des 5.1 milliards. " Il s'agit de fonds pour la reconstruction", assure l'économiste pour qui cette aide au développement n'est pas sans risque.
Entre autres il met en garde contre un afflux de devises destinés au secteur social, mais qui peut réduire la compétitivité des secteurs productifs. Cependant la participation active des leaders du secteur privé à la conférence de New York est de nature à garantir un développement du secteur économique.
Pour justifier ses appréhensions M. Boisson rappelle qu'on a assisté ces 5 dernières années à une appréciation du taux de change réel. " Quand il y a un afflux massif de dollars pour un secteur il faut craindre que les ressources ne deviennent inaccessibles aux autres secteurs ", prévient M. Boisson.
Il admet toutefois que l'assistance au secteur agricole peut permettre de contrebalancer la situation.
LLM

Le Japon fournira 30 millions de plus pour Haïti

«Le Ministre des affaires étrangères du Japon, M. Katsuya Okada, a annoncé une contribution supplémentaire de 30 millions de dollars. Cette somme s'ajoute au 70 millions déjà annoncés par le Japon en faveur d'Haïti», a déclaré M. Kazuo Kodama, porte-parole du Ministère des affaires étrangères du Japon au cours d'une conférence de presse centrée sur le programme de la visite effectuée par M. Okada à Washington, Ottawa, et New York. S'agissant de l'aide à Haïti, M. Kodama a indiqué que M. Okada s'est rendu en Haïti il y a dix jours pour mieux apprécier la réponse à apporter aux besoins existants. Reprenant les grandes lignes du discours de M. Okada à la Conférence des donateurs, M. Kazuo Kodama a indiqué que le Japon fournirait 9 000 abris pour héberger les réfugiés et une assistance contre les maladies contagieuses en faveur de trois millions de personnes.
N/ Radio Métropole Haïti

Haïti: Reconstruction sur fond d'exode

Des dizaines de milliers d'Haïtiens sont partis vivre à l'étranger après le 12 janvier et l'exode ne semble pas ralentir. Fuir la misère, le manque de perspectives, la peur que la terre tremble à nouveau sont autant de causes dans un pays ou un tiers du produit intérieur brut provient des transferts de fonds des membres de la diaspora vers Haïti. Tous les matins à 8 heures, le général Roland Chavanne, directeur du Centre gouvernemental immigration-émigration arrive à son bureau et organise personnellement l'accueil du premier groupe d'haïtiens en demande d'un passeport. La foule se presse en grand nombre devant le bâtiment de l'immigration-émigration sur Lalu à Port-au-Prince, étape indispensable pour ceux qui veulent des papiers. Les policiers crient dans leur mégaphone et jouent de la matraque au besoin, pour contenir les files indisciplinées.
À l'intérieur du bâtiment, ce sont des files d'attentes interminables devant des guichets aux préposés débordé. Le général Chavanne, fait face à des piles de dossiers, il ne peut affirmer que les 24 000 demandes de passeport effectuées depuis le 12 janvier sont toutes celles de candidats à l'émigration mais, il reconnaît que par dizaines de bus et centaines de voitures particulières, des haïtiens sont partis pour la République dominicaine, où les vols vers l'Amérique du Nord étaient maintenus, alors que l'aéroport de Port-au-Prince ne fonctionnait plus. Des dizaines de milliers d'Haïtiens sont venus grossir les rangs des quelques 3 millions de leurs compatriotes vivant déjà à l'étranger principalement au États Unis et au Canada.

Étudiants et professeurs, estiment que l'a destruction de l'Université de Port-au-Prince était le dernier coup du sort qu'ils pouvaient supporter, eux aussi quittent le pays, comme de très nombreux cadres haïtiens. Ils seraient environ 10 000, parmi les plus diplômés, à émigrer ainsi chaque année, d'après le quotidien Le Nouvelliste. Le séisme ne pouvait que renforcer cette fuite des cerveaux qui ajoute à l'incertitude quant à l'avenir d'Haïti.

Aujourd'hui encore, ce mouvement, nourri par des catégories sociales plus modestes, se poursuit Ils sont toujours aussi nombreux devant les ambassades du Canada, des États Unis ou de la France. Édith, qui vit à Montréal où elle a fait sa vie, aimerait que sa sœur, malade, puisse se soigner au Canada. «Je reviendrai un jour, pour la retraite» dit-elle, «Il fait trop froid au Canada, quand on est vieux, c'est trop dur».

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17395

Haïti santé: «le gouvernement doit revenir sur sa décision»

En même temps que les pays donateurs s'engageaient dans un élan de solidarité et de générosité sans précédent pour la reconstruction d'Haïti, le gouvernement haïtien dévoilait un projet de rétablissement progressif des frais d'hôpitaux dès la mi-avril.
 Depuis le tremblement de terre du 12 janvier, presque toutes les structures médicales publiques ainsi que de nombreux établissements privés ont prodigué gratuitement des soins médicaux aux victimes du tremblement de terre. «Conditionner maintenant l'accès aux soins à la solvabilité personnelle signifierait ignorer totalement la réalité à laquelle nous sommes confrontés, dans les rues et dans les camps improvisés à Haïti », précise Karline Kleijer, une coordinatrice d'urgence de Médecin sSans Frontière (MSF).
Ce retour aux soins payants n'est pas seulement prématuré, il est insensé. «Ça repose sur l'illusion que la population haïtienne est solvable», dénonce Bruno Jochum, directeur des opérations de MSF, qui appelle le gouvernement haïtien à revenir sur sa décision.
«Les Haïtiens doivent avoir accès à un système de santé efficace» déclare le docteur Christophe Fournier, président du mouvement international MSF. «Les ressources financières indispensables au fonctionnement des structures de santé ne peuvent pas être ponctionnées sur une population extrêmement fragilisée».
Déjà en temps normal, les haïtiens accédaient difficilement aux services médicaux. C'est encore plus vrai aujourd'hui, alors que des centaines de milliers de sinistrés vivent toujours sous des bâches de fortune, dans des villes ravagées où les emplois sont quasi inexistants. Le retour prochain à la facturation des soins permet de mesurer la distance entre l'élan de générosité internationale et l'amélioration réelle des conditions de vie des Haïtiens. Les milliards qui doivent permettre à Haïti de construire des routes, des écoles et des hôpitaux mettront du temps avant de faire sentir leur impact sur la vie quotidienne des gens. Et d'ici là, des milliers d'Haïtiens pourraient hésiter à aller voir un médecin, faute d'argent.
N / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17394

Des leaders politiques réclament des actions urgentes dans l'éducation

Des représentants de la classe politique et de la société civile approuvent la décision du chef de l'Etat haïtien d'accorder la priorité a l'éducation dans le plan de reconstruction du pays. Des responsables du Mouvement Chrétien pour une Nouvelle Haïti (Mochrenha), de l'Union et du Plateforme des Patriotes Haïtiens (PLAPH) interrogés par radio Métropole indiquent que l'éducation est un outil indispensable au développement durable.
Himmler Rebu secrétaire général du PLAPH se montre toutefois critique envers le président Préval qui selon lui a contribué à la détérioration de la situation socio économique au cours des 20 dernières années.
Jean Techler Dera de l'Union partage les préoccupations de M. Rébu et s'interroge sur le système éducatif envisagé par les autorités. Il préconise l'élaboration d'un nouveau programme et la réalisation d'une nouvelle structure du système éducatif.
De son coté, le président du Mochrenha, Luc Mesadieu, fait remarquer que les mécanismes relatifs au renforcement du système éducatif n'ont pas été mis en place par le gouvernement. Toutefois il concède que le chef de l'Etat a touché les points essentiels qui peuvent permettre d'engager le pays sur la voie du progrès économique. Déplorant l'inefficience de l'action gouvernementale, le pasteur Mesadieu espère que la communauté internationale s'engagera de manière durable pour favoriser le développement d'Haïti.
Pour sa part, le spécialiste en relations internationales, Edwige Lalanne, a déploré le refus du président Préval d'attirer l'attention des partenaires internationaux sur le processus de reconstruction du pays après le violent séisme. Critiquant le fonds de l'allocution, M. Lalanne a qualifié d'inappropriée la proposition de création d'un corps de casques rouges par l'ONU.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17393

Les pays donateurs promettent 9.9 milliards de dollars à Haïti

Les pays donateurs ont promis 9.9 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti lors de la conférence du 31 mars. Ce montant dépasse les espérances les plus optimistes des organisateurs de la conférence consacrée à la reconstruction d'Haïti. " Les Etats membres se sont engagés à verser 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà" a annoncé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. " Aujourd'hui la communauté internationale a répondu présente, de manière spectaculaire, aux côtés d'Haïti et de son peuple", s'est réjoui M. Ban. " Maintenant vient le tour de la mise en oeuvre, de la réalisation de notre promesse et de la transparence. Nous devons assurer que l'argent arrive à Haïti en temps voulu et garantir qu'il soit dépensé de manière avisée et coordonnée", a-t-il insisté.
L'Union européenne a fait état d'un engagement total de 1,235 milliard d'euros, soit environ 1,6 milliard de dollars. Le gouvernement américain représenté par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, s'est engagé à verser 1,15 milliard de dollars.

Le Canada, un des principaux partenaires d'Haïti, a promis 400 millions de dollars canadiens (390 millions US). Le Brésil, qui assure le commandement de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en Haïti (Minustah), a promis 172 millions de dollars, destinés essentiellement au secteur de la santé.
D'autre part, la Banque mondiale a promis 250 millions de dollars supplémentaires et annoncé l'annulation de la dette d'Haïti estimée à 39 millions. Au cours des 15 prochains mois la Banque Mondiale accordera une aide de 479 millions de dollars d'ici à Haïti.
Les sommes promises devraient représenter un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars estimés pour la reconstruction sur 10 ans d'Haïti.

LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17391

EXCLUSIF : Bill Clinton annonce qu'il veut faire d'Haïti «le premier pays à connexion sans fil»

Le président Américain Bill Clinton s'est déclaré très satisfait des résultats de la conférence des donateurs pour Haïti qui s'est tenue au siège des Nations Unies à New York. Il a notamment annoncé qu'il souhaite faire d'Haïti le premier pays « wireless » (sans fil) du monde. Notre envoyée spéciale à New York, Nancy Roc, l'a rencontré à la sortie de la conférence. Son reportage.
C'est l'ancien président Américain et l'Envoyé Spécial de Ban Ki-moon en Haïti, Bill Clinton qui a animé d'une main de maître la session dite « des remarques relatives aux activités de proximité » lors de la conférence du 31 mars à l'ONU. Pendant cette session, les secteurs de la société civile haïtienne, de la diaspora, du secteur privé, les ONG, les mairies et les parties prenantes à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti ont, tour à tour, exprimé leurs revendications et proposé des actions pour la reconstruction d'Haïti. Suite à ces interventions, Bill Clinton a qualifié la conférence du 31 mars « d'historique » et n'a pas caché sa grande satisfaction des résultats de cette importante réunion.

Il a confirmé qu'il sera à la tête de commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti de concert avec le premier ministre Jean Max Bellerive. Pendant 18 mois, cette nouvelle entité va gérer les 5.1 milliards de dollars obtenus à la conférence sur le futur d'Haïti pour la réalisation de toutes les opérations ayant rapport avec la reconstruction du pays. Il a précisé qu'il y aura aussi au sein de cette entité les représentants des donateurs et de la société civile haïtienne «afin de pouvoir travailler en permettant au gouvernement de se pencher sur la reconstruction d'Haïti pour les dix prochaines années ». Bill Clinton a aussi déclaré que « c'est la première fois que les Nations Unies et les donateurs se sont assis pour écouter les voix de « vraies » personnes représentant la société civile haïtienne. Plus ils entendront ces voix, plus nous obtiendrons du support. Ceci permettra aussi aux Haïtiens de comprendre qu'on ne veut pas leur imposer leur futur de l'extérieur mais les encourager à le prendre eux-mêmes en main », dixit Bill Clinton.
L'Envoyé spécial de Ban Ki-moon en Haïti s'est déclaré très satisfait de la conférence de ce 31 mars et pense que des projets précis en résulteront. « J'ai parlé au président Préval et au premier ministre Bellerive et je leur ai formulé mon souhait qu'à partir de maintenant, nous devrons annoncer chaque semaine une ou deux bonnes nouvelles. Même si ce ne sont pas de grandes annonces, il faut montrer chaque semaine aux Haïtiens que nous travaillons pour eux», a-t-il insisté. Et déjà, Bill Clinton a annoncé qu'il veut faire d'Haïti le premier pays au monde «wireless», (à connexion sans fil). « En changeant quelques lois en Haïti, on peut le faire. Nous savons qu'Haïti est un pays moderne où les gens utilisent de plus en plus de cellulaires. Je veux que tout le monde ait un cellulaire et ceci dans les régions les plus reculées du pays. Ensuite, je veux que l'accès aux ordinateurs soit répandu. Ainsi, on pourra être dans une montagne reculée et avoir accès à l'éducation en ligne, ouvrir son commerce en ligne et avoir autant d'informations que si l'on était au coin d'une rue de Manhattan. C'est ce que je veux faire », a déclaré Bill Clinton. Ce dernier pense, en effet, « qu'on peut traverser plus rapidement certaines étapes si l'on arrive à donner l'accès aux ordinateurs à chaque Haïtien, où qu'il soit et aussi pauvre qu'il soit ». « Cela pourrait faire une grande différence », a-t-il conclu.
Écoutez le reportage sur http://newyork31mars.metropolehaiti.com
Nancy Roc, New York, le 31 mars 2010.

mercredi 31 mars 2010

Haiti : Allocution du Premier Ministre Haïtien Jean-Max Bellerive

Haiti : Allocution du Premier Ministre Haïtien Jean-Max Bellerive
Madame le Secrétaire d'État des États Unis,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Madame la Gouverneure Générale du Canada
Mesdames et Messieurs les Ministres haïtiens et des pays amis,
Monsieur le Représentant Spécial de la CARICOM,
Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégations,
Monsieur le Président de la Banque mondiale,
Monsieur le Président de la Banque interaméricaine de développement,
Messieurs les Présidents du Sénat et de la Chambre des Députés,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Collectivités Territoriales,
Mesdames et messieurs les représentants du secteur privé haïtien,
Mesdames et messieurs les représentants des ONG,
Distingués collègues du Gouvernement,
Mesdames et messieurs,
Chers amis

UN PAS DE PLUS DANS LA LUTTE DU PEUPLE HAÏTIEN
Nous nous retrouvons ici ce matin à l'invitation des États Unis d'Amérique et des Nations Unies pour faire un pas de plus dans la lutte du peuple haïtien pour se relever de ce terrible désastre qui a frappé le pays tout entier.
Un pas de plus, puisque nous poursuivons la démarche solidaire entreprise avec nos partenaires de la communauté internationale en nous concertant à Santo Domingo sur l'immédiat, sur les moyens de faire face à l'horreur dans les jours et les semaines qui ont suivi le 12 janvier 2010.
Puis, dès le 25 janvier, la Conférence de Montréal, à l'initiative du Canada, nous a permis de jeter les bases de ce dialogue politique et de cette coopération technique pour unir nos efforts dans l'identification du « quoi et du comment faire ». Nous y avons posé les principes devant guider notre action, affirmer le leadership haïtien et réitérer que notre action devait être régie par les principes de la Déclaration de Paris.
C'est d'ailleurs au terme de cette conférence que la Secrétaire d'État, Madame Hillary Clinton a lancé l'invitation de nous réunir ici à New York pour prendre des engagements sur la reconstruction de notre pays, sur la refondation d'Haïti, comme le Chef de l'État, son Excellence René Préval, a eu l'occasion d'en exprimer toute la portée historique il y a quelques minutes.
Enfin, avant cela, nous nous sommes rencontrés de nouveau à Santo Domingo pour avancer sur le cadre d'une plus grande coordination de nos efforts conjugués.
Face à l'élan de solidarité sans précédent manifesté alors, le peuple haïtien avait compris, dès le lendemain du séisme, qu'il n'était pas seul. Nous confirmons maintenant que nos partenaires sont toujours là, qu'ils sont ici ce matin pour inscrire, dans la durée, ce pacte de responsabilité mutuelle pour remettre Haïti sur la voie du développement.
LE PLAN D'ACTION POUR LE RELÈVEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT D'HAÏTI : LE FRUIT D'UNE LARGE CONSULTATION
C'est pour moi un honneur de vous soumettre le Plan d'Action pour le Relèvement et le Développement d'Haïti. Ce plan est une proposition haïtienne, issue de larges consultations entre l'Exécutif, le Corps législatif, le secteur privé, les ONG, la diaspora et, évidemment avec vous, partenaires de la communauté internationale.
Je prends un instant pour souligner l'apport de toutes ces consultations qui ont été menées à l'initiative d'institutions nationales et internationales, des efforts du secteur privé haïtien qui a soumis des propositions que le Président de la République a eu l'occasion de saluer lors d'un grand rassemblement la semaine dernière à Port-au-Prince. Que dire aussi des initiatives de la diaspora pour analyser la situation et formuler des recommandations.
Il y a quelques jours, ici meme à New York, plus d'une centaine d' ONG se sont réunis pour apporter leur contribution à cet effort collectif de réflexion et d'action. Elles sont des partenaires essentiels dans la reconstruction. Nous devons trouver ensemble les moyens de développer les synergies pour optimiser nos actions communes.
Je dois aussi faire état du dialogue constructif que, nous de l'Éxécutif, avons eu avec les représentants du Corps Législatif au cours des derniers jours afin d'unir nos efforts, dans le strict respect de nos responsabilités constitutionnelles respectives, pour arriver à un consensus le plus large possible sur les moyens de terminer la phase de l'urgence, de lancer celle du relèvement et de projeter dans l'avenir la vision que nous avons du devenir de ce pays.
Voilà pour la partie haïtienne, mais comme je l'ai dit plus tôt, nous n'étions pas seul. Ce Plan n'aurait pu être développé sans la contribution exceptionnelle de l'Équipe du Post Desaster Needs Assessment qui a travaillé durant des semaines pour nous aider à prendre toute la mesure de l'ampleur des pertes et dommages subis et suggérer des moyens de relever les défis multiples causés par le séisme.
Bien sûr le Plan ne peut faire écho à toutes ces suggestions et recommandations puisque d'une part, ces initiatives sont très récentes, certaines ont eu lieu durant le week-end dernier, mais surtout parce qu'il est du devoir de l'État de prendre les décisions qui s'imposent et de faire les choix, souvent déchirants, entre les diverses options. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que le processus consultatif est terminé. Bien au contraire, il nous faudra à chaque étape écouter pour mieux nous adapter et puiser les solutions dans les idées partagées avec les uns et les autres.
Nous l'avions dit dès le début, c'est le pragmatisme qui nous guide dans ces choix qui n'ont d'autres buts que d'améliorer le sort de nos concitoyens et concitoyennes.
Permettez-moi d'abord de faire une remarque liminaire. Ce plan définit les actions à prendre pour faire face aux conséquences du séisme. Il est une partie fondamentale de l'action gouvernementale, il n'est pas toute l'action gouvernementale.

LES GRANDES COMPOSANTES DU PLAN DE RELÈVEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT NATIONAL
Dans ce plan, nous avons voulu faire trois choses :
D'abord distinguer trois horizons, trois moments dans notre action.
Ensuite, proposer un programme d'action portant sur la fin de l'urgence (pas de l'humanitaire) et sur la gestion du relèvement et,
Enfin, Convenir avec nos partenaires des mécanismes de gestion des moyens à mettre en œuvre pour atteindre nos objectifs.
DISTINGUER TROIS TEMPS
L'immédiat
Notre premier horizon porte essentiellement sur les six prochains mois. Nous voulons durant cette période apporter l'appui aux sinistrés et soutenir la capacité du Gouvernement à assurer ses fonctions, à assumer son leadership. Cette étape porte largement sur ce qu'il convenu d'appeler l'aide humanitaire urgente. Nous devons dépasser ce stade dans les prochains mois et assurer par les circuits normaux l'approvisionnement de la population et reprendre en charge, avec l'appui de nos partenaires, le logement des sinistrés et l'accueil des populations déplacées dans les différentes régions du pays. Comme nous devons agir dans l'immédiat, il faut assumer les manques à gagner causés par le séisme et fournir au Gouvernement, les ressources nécessaires pour combler le déficit budgétaire creusé par les diminutions draconiennes des recettes fiscales. Le pays doit retrouver la normalité de sa vie économique et il nous faut appuyer le redressement du système financier durement touché Il faut aussi lui donner la capacité de rouvrir les écoles, de rétablir le système de santé et de lancer des initiatives pour créer des emplois, il y va de la légitimité de l'État. Finalement il nous faudra améliorer la prévention et la gestion des risques et des désastres. Notre pays est situé dans une zone vulnérable aux cyclones et ouragans. La vulnérabilité au séisme vient encore assombrir le tableau. Nous devons protéger notre population et notre environnement. Il nous faut être prêt pour la prochaine saison cyclonique
Les dix-huit prochains mois Les dix-huit prochains mois permettront de mettre en œuvre le programme pour la gestion du relèvement du pays. Le Plan est formulé dans notre document sous les thèmes des quatre refondations essentielles, celle du territoire, celle de l'économie, celle de nos services sociaux, incluant les investissements dans notre culture et la refondation de nos institutions Nous indiquons pour chacune d'entre elle les priorités et les domaines d'interventions ainsi que l'estimé des coûts afférents pour chaque « chantier ». Au plan territorial, notre objectif est sans équivoque. Il faut arriver à redéployer la population sur l'ensemble du territoire. Nous allons bien sûr reconstruire les zones dévastées, mais nous accorderons une importance à la création de pôles régionaux forts, dotés des infrastructures capables d'appuyer le développement économique, organisés à partir d'un plan d'aménagement du territoire. Ces pôles gravitent autour de villes importantes du pays, mais englobent une dynamique régionale qui va bien au-delà des zones urbanisées. Il nous faudra compléter le maillage routier pour relier ces zones à fort potentiel entre elles, ouvrir les voies commerciales, créer les incitatifs pour une qualité de vie moderne dans les régions.

REFONDATION ÉCONOMIQUE
Pour la refondation de notre économie, nous misons sur la relance de la production nationale avec un accent important sur l'agriculture. Il nous faut accroître la part de la production nationale dans les habitudes alimentaires des Haïtiens et Haïtiennes. En plus, et étroitement reliés à la création des pôles économiques, le développement des industries de transformation et des filières du textile devrait nous permettre de fournir des emplois de qualité, seule garantie durable de la population dans une région. Le secteur privé doit , bien entendu, pouvoir jouer sa partition. Encore faut-il créer les conditions favorables à son expansion et à sa rentabilité. Pour cela, nous allons renforcer les institutions financières, faciliter le crédit et nous doter de lois et de règlements favorables au développement des affaires. Tout ce développement projeté ne sera possible que si l'Électricité est disponible en quantité et en qualité suffisante, ce qui implique une capacité accrue de production, l'interconnexion de nos réseaux de transport et de distribution d'électricité. Nous avons avancé sur la question des barèmes. Nous continuerons d'améliorer la gestion technique et commerciale de l'énergie.

REFONDATION SOCIALE
Au plan social, il nous faut aborder des champs nouveaux d'intervention. Nous voulons faire de la culture un des moteurs de cette refondation en investissant dans la créativité de nos concitoyens, en renforçant la cohésion sociale par le partage d'une culture qui sait se renouveler sans oublier ses racines profondes. On ne peut prétendre progresser sur le plan social sans offrir à nos concitoyens l'accès à un logement décent, à une éducation fondamentale, à la formation technique et à l'enseignement supérieur sur l'ensemble du territoire. L'investissement dans notre capital humain, notre plus grande richesse par sa jeunesse, sa créativité n'aurait de sens sans une déserte complète des soins de santé sur l'ensemble du territoire et sans la présence de services spécialisés dans tous les chefs lieux de département. Pour le mettre en valeur, il faut créer massivement des emplois. Dans les mois qui viennent, l'accent sera mis sur des emplois à haute intensité de main d'œuvre, notamment par les travaux dans les infrastructures agricoles, l'aménagement des bassin versant et les emplois créés par le déblaiement des débris dans les zones dévastées. Il nous faudra trouver les moyens d'assortir ces emplois à de la formation vocationnelle et technique pertinente pour transformer cette corvée nationale en une entreprise de développement des compétences. Finalement, il n'est pas de santé publique sans une politique d'accès à l'eau potable, d'assainissement et de traitement des déchets solides dans les principales concentrations urbaines du pays.

La REFONDATION INSTITUTIONNELLE
La refondation institutionnelle porte d'abord sur nos institutions démocratiques. Elles doivent mieux fonctionner. L'unité d'action, la solidarité nécessaires en ces temps de crise doivent nous inciter à redoubler d'efforts pour harmoniser nos relations, faire prévaloir le bien commun et apprendre à travailler différemment. Les échéances constitutionnelles qui sont à nos portes demandent que l'on mette en place les mécanismes requis pour favoriser la mise en place de conditions humaines et matérielles décentes de travail des parlementaires. La présence de partis politiques disposant des moyens indispensables à leur fonctionnement doit aussi figurer dans notre tableau des priorités. Le redémarrage des institutions étatiques, la normalisation des effectifs de la police nationale dans les perspective d'avant séisme et la dotation adéquate en équipements est un impératif au fonctionnement approprié d'un État de droit qui assure les libertés individuelles et collectives ainsi que les droits de la personne sur l'ensemble du territoire national. Finalement nous devons établir une culture de transparence et de reddition de comptes qui rende la corruption impraticable sur le territoire. La démarche a déjà été bien engagée au cours des dernières années. Il nous faut aller plus vite et plus loin et nous sommes résolus à prendre les moyens nécessaires avec le concours de nos partenaires pour y arriver. Voilà un programme certes ambitieux pour les dix-huit prochains mois. Mais nous avons une obligation de résultat. Il faut créer le momentum nécessaire pour faire une différence, créer une masse critique qui donne espoir aux Haïtiens et aux Haïtiennes dans leur avenir. J'ai toutes les raisons d'être fier d'être haïtien face au courage, au calme avec lequel mes concitoyens et concitoyennes font face au défi hors du commun que l'histoire, la géographie et la politique ont dressé devant eux. Nous leur devons de créer les conditions de l'espoir dans l'avenir.

L'AVENIR AU DELÀ DES 18 MOIS
Nous avons partagé notre vision sur le devenir d'Haïti dans la durée. Nous avons énoncé ce rêve Celui de voir Haïti comme un pays émergeant d'ici 2030, société de la simplicité, équitable, juste et solidaire, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture et une modernité maîtrisée où l'État de droit, la liberté d'association et d'expression et l'aménagement du territoire sont établis, dotée d'une économie moderne, forte, dynamique, compétitive, ouverte et à large base territoriale, où l'ensemble des besoins de base de la population sont satisfaits et géré par un État unitaire, fort, garant de l'intérêt général, fortement déconcentré et décentralisé. Il continue de nous inspirer. Pour le concrétiser, il faudra utiliser ces dix-huit mois qui sont devant nous pour planifier les programmes et les actions déterminantes capables de concrétiser ces progrès nécessaires. À Santo Domingo, nous avons évoqué le chiffre de 34 milliards de dollars sur dix ans. C'est un ordre de grandeur qui préfigure l'ampleur des investissements qui seront requis, tant par l'aide publique au développement que par les investissements privés, nationaux et étrangers. Mais, je vous le rappelle le Plan présenté aujourd'hui porte sur les 18 prochains mois.

LES MÉCANISMES DE GESTION DU PLAN
Nous avons beaucoup discuté au cours des dernières semaines sur les mécanismes de gestion, nommément la création d'une Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti et la mise en place d'un Fonds Fiduciaire Multi-Donateurs. Nous avons progressé et nous nous sommes entendus pour prendre des actions. Le Chef de l'État a mentionné les actions prises pour formaliser le cadre légal. Le dépôt d'un projet de loi est fait à l'Assemblée Nationale, des projets d'Arrêté circulent. Du côté de l'international, le Président Clinton a accepté l'invitation du Président Préval de co-présider le Conseil de la CIRH. On s'entend sur la composition du Conseil. Il reste des aspects organisationnel à régler, mais nous sommes sur la bonne voie. Di côté du Fonds Fiduciaire, la Banque mondiale a été désigné comme agent fiscal pour le fonds. Une entente est intervenue entre la Banque mondiale, les Nations Unies et la BID sur le partage des rôles et responsabilités. Il reste à harmoniser les mandats respectifs de ces deux entités. Je vous propose pour ce faire que nous nous donnions un échéancier rapproché pour arriver à une entente dans les meilleurs délais. Il faut agir et arriver à un compromis acceptable pour les uns et pour les autres. Ces instruments devraient nous permettre d'arriver à une nouvelle dynamique de coopération. Les expériences que nous avons étudiées (Aceh, Afghanistan, Irak) se sont toutes avérées déficiences à un égard ou à un autre. Nous devons faire mieux.

ATTENTES QUANT AUX ENGAGEMENTS
Pour y arriver, les ressources doivent être disponibles. C'est pourquoi nous demandons dans notre plan un appui budgétaire conséquent de 350 millions de dollars pour les six prochains mois de manière à faire face à nos responsabilités. Nous vous demandons dans ce plan de réunir vos ressources dans le Fonds Fiduciaire de manière à arriver à une forme de coordination réelle qui permette la mise en œuvre d'un véritable programme d'investissements publics. Nous demandons des ressources qui avoisinent les 4 milliards de dollars sur les dix-huit prochains mois pour arriver à cette masse critique tellement nécessaire pour créer ce momentum, faire cette différence que nous avons évoquée. Il nous faut innover. Les conditions favorables sont là et nous devons réussir. Haïti est un pays qui doit se relever. D'autant que je puisse en juger par votre présence ce matin la volonté politique d'agir et de nous accompagner dans la durée est manifeste. La taille du pays permet de concrétiser le « Saut qualitatif » nécessaire. Nous devons aplanir nos différents, surmonter nos difficultés, instaurer le climat de confiance, de transparence et de probité.

Cela est possible. 

Vous avez décidé d'écouter et d'accompagner Haiti. Le gouvernement et le peuple d'Haïti est maintenant à votre écoute
Merci de votre attention

Les pays donateurs promettent 9.9 milliards de dollars à Haïti

Les pays donateurs ont promis 9.9 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti lors de la conférence du 31 mars. Ce montant dépasse les espérances les plus optimistes des organisateurs de la conférence consacrée à la reconstruction d'Haïti.
" Les Etats membres se sont engagés à verser 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà" a annoncé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. " Aujourd'hui la communauté internationale a répondu présente, de manière spectaculaire, aux côtés d'Haïti et de son peuple", s'est réjoui M. Ban. " Maintenant vient le tour de la mise en oeuvre, de la réalisation de notre promesse et de la transparence. Nous devons assurer que l'argent arrive à Haïti en temps voulu et garantir qu'il soit dépensé de manière avisée et coordonnée", a-t-il insisté.
L'Union européenne a fait état d'un engagement total de 1,235 milliard d'euros, soit environ 1,6 milliard de dollars. Le gouvernement américain représenté par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, s'est engagé à verser 1,15 milliard de dollars.
Le Canada, un des principaux partenaires d'Haïti, a promis 400 millions de dollars canadiens (390 millions US). Le Brésil, qui assure le commandement de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en Haïti (Minustah), a promis 172 millions de dollars, destinés essentiellement au secteur de la santé.
D'autre part, la Banque mondiale a promis 250 millions de dollars supplémentaires et annoncé l'annulation de la dette d'Haïti estimée à 39 millions. Au cours des 15 prochains mois la Banque Mondiale accordera une aide de 479 millions de dollars d'ici à Haïti.
Les sommes promises devraient représenter un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars estimés pour la reconstruction sur 10 ans d'Haïti.
LLM 

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Haiti : Allocution d'ouverture de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton


SECRETARY CLINTON: Thank you very much, Secretary General, and thank you for your leadership and your personal commitment to this international endeavor.
President Preval, to you and the members of your government, we thank you for the extraordinary work that you have done leading up to this point.
To former President Clinton, with whom I first went to Haiti many years ago about two months after we were married, thank you for taking on another assignment from the Secretary General.
And to all of the countries and international institutions represented here, thank you. Thank you for the immediate response to the overwhelming catastrophe that afflicted the Haitian people and thank you for your continuing commitment.
We have had over 140 nations working to support the Government of Haiti in delivering food, temporary shelter, and medical care to thousands of survivors. But the emergency relief is only the beginning of what will be a long road to recovery, as the Secretary General just pointed out; one that will require global support.
Some people wonder, “Why Haiti? Why this great outpouring of international humanitarian concern and commitment to Haiti's future? Why is Haiti's fate of such consequence to the region and the world that it deserves sustained help? Why should we hope that this time, with our collective assistance, Haiti can achieve a better future?” These are questions that deserve answers and I believe that this conference will begin to do so.
The humanitarian need, we know, is great. Therefore, as fellow human beings, we respond from a position of conscience and morality to help those who, but for the grace of God, we could be in a world where natural disasters are often unpredictable, inflicting great costs. Haiti was a country of 9 million people before the earthquake. Today, more than a quarter of a million of those people have died. More than a million are homeless. Hundreds of thousands live in temporary camps without enough food or sufficient access to sanitation. Nearly every government agency has been destroyed along with universities, hospitals, and primary schools, which we know are the foundations to a nation's long-term progress. Close to a million young people were preparing to enter the job market within five years. Now their opportunities have crumbled while the need for jobs has multiplied.
Before the earthquake, Haiti was on a path to progress. The government, led by President Preval, had started enacting critical reforms. Haiti's economy grew by nearly 3 percent last year. Two international chains launched new hotels, a sign of a rising tourism industry. New factories were opening and others had been contracted to begin production. But with the earthquake, the results of much of this hard work were wiped away. But the people of Haiti never gave up. As they mourn their losses, they gathered the resources they had left and began working around the clock to put their lives and their country back together. They relied on the strength and the spirit that have carried them through tough times before. But they need our help. They cannot succeed without the support of the global community, and we need Haiti to succeed. What happens there has repercussions far beyond its borders.
There are two paths that lie before us. If Haiti can build safe homes, its citizens can escape many of the dangers they now face and return to more normal lives. If Haiti can realize broad-based, sustainable economic growth, it can create opportunity across the country beyond Port-au-Prince so Haitians don't have to move to their capital or leave their country to find work. If Haiti can build strong health and education systems, it can give its people the tools they need to contribute to their nation's progress and fulfill their own God-given potentials. If Haiti can create strong, transparent, accountable institutions, it can establish the credibility, trust, and stability its people have long-deserved. And if Haiti can do all of those things with our help, it will become an engine for progress and prosperity generating opportunity and fostering greater stability for itself and for countries throughout the hemisphere and beyond.

But there is another path that Haiti could take, a path that demands far less of Haiti and far less of us. If the effort to rebuild is slow or insufficient, if it is marked by conflict, lack of coordination, or lack of transparency, then the challenges that have plagued Haiti for years could erupt with regional and global consequences. Before the earthquake, migration drained Haiti of many talented citizens, many of whom live in our country. If new jobs and opportunity do not emerge, even more people will leave.

Before the earthquake, quality healthcare was a challenge for Haiti. Now, it is needed even more urgently. Haiti has the highest rate of tuberculosis in the hemisphere, the highest rate of HIV, the highest rates of infant, child, and maternal mortality, one of the highest rates of child malnutrition. And with the public health system now shattered, those numbers will climb. The lack of sanitation services could cause outbreaks of lethal illnesses. And the lack of reliable medical services could give rise to new drug-resistant strains of disease that will soon cross borders.

Before the earthquake, hunger was a problem for Haiti. Years of deforestation had stripped the land of its rich topsoil and people struggled to grow or purchase enough food to feed their families. The riots over food that broke out in 2008 toppled Haiti's government. Now, food is even more scarce, and people more desperate.

Before the earthquake, security was a challenge for Haiti, and a United Nations peacekeeping mission, MINUSTAH, helped promote the rule of law. Now the dedicated UN workers in Haiti have suffered terrible losses. So have the Haitian National Police, which were building their ranks and their capacity. With so much destruction and dislocation, security is even more tenuous. Drug trafficking is a half a billion dollar a year industry in Haiti. It thrives on political and social instability. Trafficking in human beings is also rampant. Tens of thousands of children are trafficked in Haiti every year, and now even more are vulnerable.

Now, each of these problems directly affects the people of Haiti, but they indirectly affect us all. And if they worsen, it is not only the people of Haiti who will suffer. Yet I have great confidence in the resilience of the people of Haiti. Their history has tested them and now they are being tested again. So are Haiti's leaders, in whom I also have great confidence. So we are called to do better than we have in the past. Many countries here have helped Haiti in the past. Many NGOs have helped Haiti in the past. We cannot do what we've done before.

The leaders of Haiti must take responsibility for their country's reconstruction. They must make the tough decisions that guide a strong, accountable, and transparent recovery. And that is what they are starting to do with the creation of a new mechanism that provides coordination and consultation so aid can be directed where it is most needed. And we in the global community, we must also do things differently. It will be tempting to fall back on old habits - to work around the government rather than to work with them as partners, or to fund a scattered array of well-meaning projects rather than making the deeper, long-term investments that Haiti needs now. We cannot retreat to failed strategies.
I know we've heard these imperatives before - the need to coordinate our aid, hold ourselves accountable, share our knowledge, track results. But now, we cannot just declare our intentions. We have to follow through and put them into practice. Therefore, this is not only a conference about what financially we pledge to Haiti. We also have to pledge our best efforts to do better ourselves - to offer our support in a smarter way, a more effective way that produces real results for the people of Haiti.
So let us say here, with one voice, we will pass this test for us. To that end, the United States pledges 1.15 billion for Haiti's long-term recovery and reconstruction. This money will go toward supporting the Government of Haiti's plan to strengthen agriculture, energy, health, security, and governance. We are committed to working with the people and organizations throughout Haiti, including civil society groups, private businesses, NGOs, and citizens. And I'm very glad to see so many of them represented here today.
We will also be looking for ways to engage our Haitian diaspora. Haitian Americans have much to contribute to this effort. And we will seek specifically to empower the women of Haiti. I've said this so many times that I know I sound like a broken record, but investing in women is the best investment we can make in any country. And investing in the Haitian women will fuel the long-term economic recovery and progress, not only for them, but for their families.
Over the years, all of our countries have learned many lessons, particularly from the tsunami that the United Nations was instrumental in leading the response to. Now, we must put those lessons to work in Haiti. I'm very excited and very committed on behalf of President Obama, the Government of the United States, and the people of the United States to help Haiti and to help the leaders of Haiti lead a recovery effort worthy of their highest hopes.
Thank you so much, Secretary General. (Applause.)
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17382

Haiti : Allocution d'ouverture du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon

Monsieur le Président [René Préval], Madame la Gouverneure générale [Michaëlle Jean], Madame la Secrétaire d'État [Hillary Clinton], [Monsieur l'Envoyé spécial [Bill Clinton]],Mesdames et Messieurs,
Bonjour et bienvenue à l'Organisation des Nations Unies, où nous sommes réunis pour une occasion importante.
Nous apprécions vivement votre participation, et comptons sur votre soutien généreux.
Nous sommes ici par solidarité avec Haïti et les Haïtiens, peuple résistant et courageux , qui a tant souffert et mérite aujourd'hui notre aide.
Le Président Préval appelle à juste titre ce moment critique un « rendez-vous avec l'histoire ».
C'est le moment où nous nous rejoignons sous la bannière d'un pacte mondial pour la construction d'un nouvel Haïti, un Haïti transformé.
For weeks, experts have been assessing the needs and costs of the January 12 disaster.
In tandem, President Préval, Prime Minister Bellerive and their government have worked out the blueprint for a national strategic plan, a plan to guide Haiti's recovery and reconstruction.
He will present that vision in a moment.
And I am sure you will agree that it deserves our full and generous support.
As a plan for action, it is concrete, specific and, above all, ambitious.
Our goal is not just to rebuild. It is to “build back better.”
Again to quote the President, it is a plan to create a “new Haiti.”
A Haiti where the majority of people no longer live in deep poverty, where they can go to school and enjoy better health , where they have better options than going without jobs or leaving the country altogether.
Under this plan, a new Interim Haiti Recovery Commission will channel $3.9 billion into specific programmes and projects during the next 18 months. Over the next ten years, Haiti's reconstruction needs will total an estimated $11.5 billion.
Clearly, this assistance must be well-invested and well-coordinated.
In parallel with reconstruction, it must provide for continuing emergency relief: food, sanitation, health care and, most urgently at this moment, shelter.
You are all aware how difficult the situation is right now. The rainy season is fast approaching. Some camps for displaced persons are at risk of flooding. Health and sanitation issues are growing more serious.
We are also very concerned about the security situation in some of the camps, especially for women and children.
I therefore appeal for further support for the Revised Humanitarian Appeal for $1.4 billion, currently only 50 percent funded.
As we move from emergency aid to long-term reconstruction, let us recognize that we cannot accept business as usual.
What we envision, today, is wholesale national renewal, a sweeping exercise in nation-building on a scale and scope not seen in generations.
In partnership with the United Nations, Haiti's leaders are committing to a new social contract with the people.
Mesdames et Messieurs, Excellences,
Cela suppose un gouvernement pleinement démocratique;
Des politiques économiques et sociales de lutte contre l'extrême pauvreté, et contre les disparités de richesse profondément enracinées, un pouvoir judiciaire indépendant et une société civile vigilante qui garantissent l'universalité des droits de l'homme;
Des programmes qui permettent aux femmes d'assumer pleinement leurs rôles de chefs de famille, de dirigeantes d'entreprise, de décideuses.
Ce nouveau partenariat repose sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence, de la responsabilité mutuelle.
De la responsabilité entre gouvernants et gouvernés, entre secteurs privé et public, entre Haïti et la communauté internationale.
It requires fresh approaches to old problems.
Among them: investments that create jobs, modeled on the UN's own cash-for-work programmes, as well as incentives for people to relocate from Port au Prince to cities and villages elsewhere in the country.
Today, you will rise in solidarity with Haiti.
By the end of this day, I am confident we will truly have helped Haiti along the road to a new and better future.
Thank you. 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17381