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dimanche 15 juillet 2012

Haïti-Femmes/Coopératives : Elles font le crédit…mais décident peu


Du crédit, contracté par les femmes, mais profitable aux hommes... 

vendredi 13 juillet 2012
Les femmes représentent 74% des sociétaires de coopératives qui sollicitent un crédit, soit 211,948 femmes ayant obtenu 5,87 milliards de gourdes de crédit brut sur un portefeuille de 7,4 milliards de gourdes au 30 septembre 2011 en Haïti.
Par Edner Fils Décime
P-au-P, 12 juil. 2012 [AlterPresse] --- Dans les caisses d’épargne et de crédit, appelées couramment coopératives en Haïti, 74% des sociétaires - qui sollicitent un crédit - sont des femmes. Pourtant, elles ne sont pas aussi nombreuses à occuper les postes de décision, selon les informations rassemblées par AlterPresse.
Au 30 septembre 2011, ils étaient 286,416 emprunteuses et emprunteurs à avoir obtenu environ 7,4 milliards de gourdes de prêts dans les coopératives [US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui].
Les femmes sont donc 211,948 à occuper 5,47 milliards de gourdes du portefeuille de crédit brut du secteur coopératif.
Ces chiffres ne signifieraient-ils pas également que les sociétaires sont davantage de femmes que d’hommes ?
Contraste. Paradoxe. Dans les conseils d’administration (Ca), on ne retrouve pas un nombre aussi important de femmes.
Or, les conseils d’administration sont élus au suffrage universel direct par les assemblées générales, composées des sociétaires de la coopérative.
A la société d’utilisation coopérative du crédit et de l’épargne pour l’épanouissement socioéconomique (Succès) de Jacmel (Sud-Est), sur les 13 membres du Ca, seulement 4 sont des femmes, selon les informations fournies par la directrice de cette coopérative, Ketsia Métellus Janvier.
La caisse populaire espoir de Gros-Morne (Kpegm, en créole / Artibonite - Nord), ne compte qu’une femme parmi les 7 membres de son Ca.
Ce n’est pas un hasard si, à Succès, c’est le crédit-business ou crédit-commerce qui est le plus sollicité.
« Plus de 50% des sociétaires-femmes » sollicitent ce crédit, au détriment du crédit de production, par exemple, regrette Janvier.
Pourtant, dans un fort pourcentage de cas, « la femme contracte le crédit auprès de la caisse pour verser l’argent à son mari. Aussi, revient-il à la femme de se débrouiller dans le commerce pour le rembourser », explique Ketsia Métellus Janvier.
La situation n’est pas totalement différente à la caisse populaire espoir de Gros Morne (Kpegm).
« Des femmes prennent le crédit pour acheter un tap tap (véhicule de transport en commun) à leurs mari,, alors que ce sont elles qui remboursent dans plusieurs cas », confie le président du Ca de cette coopérative, Loubert Damus.
Dans plusieurs autres cas, « les époux co-signent la feuille de crédit. Mais, si le couple n’arrive pas à payer, la femme endosse pour les deux, dans quelques cas », poursuit Damus.
Au niveau du personnel des caisses, il semble que le quota des femmes progresse un petit peu.
A Succès, « la parité homme-femme est observée. On a 50% de femmes et 50% d’hommes dans le personnel », souligne fièrement Ketsia Métellus Janvier, directrice générale.
10 des 27 employés de Kpegm sont des femmes.
Des réflexions ont cours actuellement sur un cadre légal pour la branche économique des coopératives en Haïti et un rôle plus actif des coopératives et de la microfinance dans l’inclusion économique et la réduction de la pauvreté.
Le tout est de savoir dans quelle mesure les aspects - liés à la participation véritable des femmes - feront l’objet d’un certain souci. [efd kft rc apr 12/07/2012 15:50]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13100

Haïti : Vers la formalisation d’un espace d’économie sociale


Suite à l’atelier de réflexion du secteur professionnel des coopératives et de la microfinance 

vendredi 13 juillet 2012

P-au-P, 12 juil. 2012 [AlterPresse] --- L’Association nationale des caisses populaires haïtiennes (Anacaph) et le Conseil national de financement populaire (Knfp) ont annoncé cette semaine la mise en place d’un « espace d’économie sociale ».
Cet espace a été créé à partir de l’atelier de réflexion des 10 et 11 juillet, organisé par les deux associations conjointement avec l’Association nationale des institutions de microfinance d’Haïti (Animh) et le Forum latino-américain et caribéen pour le financement rural (Forolacfr).
L’égalité, l’équité et la solidarité font partie des fondements idéologiques de l’économie sociale, qui constitue un troisième secteur, aux cotés du privé et du public, a expliqué Lionel Fleuristin du Knfp.
La rencontre qui a eu lieu en prélude à l’assemblée générale ordinaire annuelle de l’Anacaph et à l’aube des quinze ans des réseaux Anacaph et Knfp, a réuni à Montrouis (Nord) plus d’une centaine de participants venant des diverses régions du pays, du Brésil, du Pérou, de l’Equateur, de la Bolivie et du Mexique.
Le thème débattu était : « Cadre légal et performances sociales : inclusion économique et réduction de la pauvreté en Haïti avec le rôle actif des coopératives financières et de la Microfinance ».
Yolène Jacquet de l’Anacaph croit qu’au regard de plusieurs « indicateurs » l’atelier est une réussite en terme de participation et d’échanges.
« Grâce au pouvoir de la coopération le Knfp, le Forolac-fr, l’anacaph, l’animh ont pu réaliser ce séminaire dont le taux de participation a dépassé largement les espérances. Surtout avec la participation des acteurs étatiques, la publication et diffusion [quasi] immédiates des résultats et des dispositions de suivi », a martelé Jacquet en rappelant que 2012 est l’année internationale des coopératives.
La primature, les ministères de l’économie, de la planification, de l’agriculture et la Banque de la république d’Haïti se sont faits représentés à cette activité et ont tous plaidé pour l’implication effective de tous les acteurs non seulement pour un cadre légal tenant compte des questions de la reconstruction et du développement, mais aussi dans la lutte pour la réduction du chômage et de la pauvreté extrême.
« Votre atelier démontre clairement la renaissance avérée de votre mouvement tout comme son besoin de refondation légale », a déclaré Pierre Érold Etienne, directeur général du ministère de l’économie, qui représentait la ministre Marie Carmelle Jean-Marie.
Seule la branche coopérative de la microfinance dispose d’un cadre légal depuis juin 2002, a-t-il souligné.
En réponse à la crise caractérisée par la faillite des coopératives offrant 10% d’intérêts sur les épargnes aux sociétaires, l’Etat haïtien et les différents acteurs ont développé un cadre légal pour le secteur qui porte sur le fonctionnement des Coopératives d’épargne et de crédit et des fédérations. A la faveur de la loi du 3 juin2002, la Brh intervient pour le contrôle, le suivi en vue de la protection des épargnes.
Loubert Damus, président du conseil d’administration de la Caisse populaire Espoir de Gros-Morne/Nord (Kpegm en créole) a pointé du doigt « la faiblesse de cette loi émotive de 2002 et les injustices portées par elle contre les coopératives » et loué la participation des coopératives à des réflexions sur le cadre légal.
Pour Patrice Denis de la Caisse populaire Sainte Anne de Camp Perrin/Sud (Caposac), la loi sur laquelle travaille actuellement la Brh, ne peut être proposée au parlement « sans l’avis et les recommandations » des acteurs du secteur coopératif et de la microfinance.
Avec une pointe polémique, Eugène Garry de la caisse populaire Fraternité du Cap-Haitien/Nord (Cpf) rappelle que « la vocation première des coopératives est sociale et que chaque sociétaire est un propriétaire de l’institution ». Clin d’œil aux autres institutions de microfinance, surtout chez les banques !
Frantz Brinvil, directeur du Conseil national des coopératives (Cnc) trouve qu’il est « intéressant que les secteurs coopératif et non-coopératif de la microfinance s’unissent pour réfléchir sur la législation ».
Le premier Ministre Laurent Lamothe, qui s’est fait représenter par Jean Audan Catel a proposé la mise en place d’un « comité » avec lequel il pourrait avoir une rencontre sur le cadre légal actuel et « voir ce qu’on peut soumettre comme proposition de loi au parlement ».
Catel a aussi tenu à rappeler que le premier ministre est pour la concurrence de manière à ce que la population puisse « bénéficier de la réduction du taux d’intérêt sur le crédit » sur le marché. [efd apr 13/07/2012 09:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13099