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mercredi 8 septembre 2010

249 cadres au service du développement national

Haïti: Cette année encore, parents, amis et la communauté éducative, des notables de la ville des Cayes n'ont pas raté le rendez-vous des finissants de l'Université publique du Sud des Cayes (UPSAC), le samedi 28 août 2010. Très tôt, ils se sont rendus à la presqu'île des Icaques, dans les locaux de l'hôtel « La Cayenne », en vue d'assister au défilé de ces jeunes qui participeront demain à la reconstruction de la nouvelle Haïti.
Des finissants de l'UPSAC
Sereins, calmes, les 249 récipiendaires étaient en toge. Au nombre de trois, on distinguait : la faculté de droit, la faculté des sciences de l'éducation et la faculté des Sciences administratives.
Débutée par une messe célébrée par monseigneur Guire Poulard, évêque des Cayes, la cérémonie de graduation s'inscrivait dans le cadre de la décentralisation prônée par le ministre de l'Éducation d'alors, M. Jacques Edouard Alexis. Les révérends pères Yves Voltaire et Jean Marcel Louis, respectivement recteur de l'UPSAC et doyen de la faculté des sciences de l'éducation, y ont pris part.
L'homélie de circonstance était centrée autour de la vie de St Augustin dont le passage a fortement marqué la pensée occidentale. Converti à l'âge de 33 ans, St Augustin était devenu prêtre et par la suite évêque. Il fut un modèle de théologien et de sociologue.
L'évêque des Cayes a choisi St Augustin parce qu'il voulait montrer que l'homme peut, à n'importe quel moment de la durée, prendre son destin en main. On dirait un message délivré, reçu, capté par l'assistance tout entière qui a suivi avec attention l'homélie de monseigneur Guire Poulard.
Ce samedi 28 août 2010, les représentants du grand Sud, notamment les gens du sud ont assisté à la huitième cérémonie de graduation de l'histoire de l'UPSAC. Aujourd'hui on compte 249 finissants qui célèbrent la fin de leurs études de licence en droit, en gestion des affaires et en sciences de l'éducation.
Selon le recteur de l'UPSAC, le révérend père Yves Voltaire, « cela porte à 1189 le nombre de professionnels formés à l'Université publique du Sud des Cayes depuis sa fondation en 1999 ». Et beaucoup de jeunes cadres formés à cette institution sont déjà intégrés plusieurs secteurs de la vie nationale tels que la banque, la fonction publique, la magistrature, les ONG, etc.
Le recteur de l'UPSAC,
le révérend père Yves Voltaire
Cela prouve que la formation supérieure constitue un véritable levier au service du développement, a indiqué le professeur Pierre-Michel Laguerre, directeur général du ministère de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP).
Justement, dans son allocution de circonstance prononcée le samedi 28 août 2010, M. Laguerre avait mis l'accent sur la mission de cette institution en ces termes :
« La mission de l'UPSAC, si elle apparaît évidente aujourd'hui, ne l'était certes pas il y a peu de temps. Il s'agissait pour nous, bâtisseurs de l'avenir sur des socles de compétences, de secouer une société, de l'éveiller à une réalité de la vie moderne, de lui donner les bons instruments pour y participer et, dans toute la mesure du possible, de lui inculquer le goût de contrôler une large part de notre avenir.
Si le Sud d'aujourd'hui renaît de ses cendres, c'est largement grâce à l'UPSAC. Le Sud de demain pourra compter sur la contribution de cette grande institution : un corps professoral de haut niveau et des cohortes de sudistes rompus à l'excellence et que bien peu de défis rebuteront.
Voici donc un moment qui met en lumière les mutations du secteur de l'éducation, qu'il s'agisse de l'explosion des connaissances, du rythme et de la complexité des changements à l'échelle mondiale ou de la fréquentation massive de cet établissement d'enseignement supérieur. »
Vue partielle de l'assistance
Depuis 1999, avec la création du Centre d'Enseignement Supérieur et Technologique (CEST) ayant pour coordonnateur M. Pierre Michel Laguerre, un vent de changement commençait déjà à souffler sur la ville des Cayes. A une décennie environ, grâce à l'Université publique du Sud aux Cayes (UPSAC), on voit de plus en plus de jeunes qui peuvent aborder les questions économiques et sociales, a lancé avec fierté l'un des initiateurs du CEST transformé en UPSAC, M. Pierre Michel Laguerre.
Ces jeunes cadres frais émoulus, issus des trois facultés (droit, éducation, administration), représentant l'avenir du pays, vont devoir mettre leurs connaissances au service du pays.
Les doyens de chacune de ces facultés, le révérend père Jean Marcel Louis (éducation), Me Anthony Gédéon (droit) et Macule Despierres (administration), ont rappelé aux finissants la conduite à tenir dans la vie professionnelle. Leurs parrains et marraines en ont fait de même.
Dans son intervention, le recteur de l'Université publique du Sud des Cayes, le révérend père Yves Voltaire, a annoncé l'adhésion de l'UPSAC à l'Agence universitaire de la Francophonie, qui regroupe 159 universités des cinq continents. Il n'y a que douze universités en Haïti à être membres de cette grande famille internationale, a-t-il souligné.
Parrains et marraines de la promotion
 2006-2010
« Nous pouvons dire que cette adhésion à l'AUF est la première coupe qui couronne les efforts de nos prédécesseurs et de l'équipe actuelle et qui nous invite à aller de l'avant. J'ai la joie de vous annoncer également que mon collègue, le recteur de l'AUF, M. Cerquiglini, nous rendra visite le 27 septembre 2010 aux Cayes. Une délégation de la télé université du Québec sera aussi dans nos murs au début d'octobre », a annoncé le recteur de l'UPSAC, le révérend père Yves Voltaire.
Mme Marie Laurence Josselyn Lassègue, ministre de la Culture et de la Communication, a été choisie pour être la marraine de la promotion de la faculté de droit, baptisée Me Sténio Bellevue. Elle et le sénateur du département de l'Artibonite, M. Youri Latortue, ont accompagné les finissants sur les fonts baptismaux.
Le sénateur du département du Sud, M. Yvon Bissereth, et Nadia Ménélas (sciences de l'éducation) ; Bois-Guéné Rocavil et Marie Danielle Comeau (sciences administratives) étaient des parrains et marraines qui ont, à travers leur discours, prodigué des conseils salutaires à leurs filleuls.
Il est opportun de souligner l'importance de l'UPSAC à l'heure de la décentralisation. Elle joue, à n'en pas douter, un rôle significatif dans l'émergence d'une nouvelle élite intellectuelle et moderne dans le pays.
Jean-Robert Fleury
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83182&PubDate=2010-09-07

L'Université de la Fondation Aristide se reprend peu à peu

Réputée pour les sciences de la santé, l'Université de la Fondation Aristide (UNIFA) vient de mettre en place un nouvel Institut des nouvelles technologies et d'informatique pour les jeunes désireux de parfaire leurs études en sciences informatiques. C'est le deuxième institut fonctionnel au sein de l'UNIFA depuis mai 2009. Entre temps, le plan de développement de l'UNIFA qui consiste à mettre en place les 6 facultés initialement prévues est en cours.
Le bâtiment principal de l’UNIFA
Haïti: 300 nouveaux étudiants suivent les cours en sciences informatiques depuis le 30 août dernier à l'Université de la Fondation Aristide, qui a rouvert ses portes en mai 2009 avec un Institut de langue espagnole. Cet Institut d'informatique répond, selon le secrétaire général de l'UNIFA, Fritz Dorziair, à une double exigence, scientifique et économique. « Nous nous rendons compte que l'informatique est un passage obligé que ce soit sur le plan économique ou scientifique », a déclaré M. Dorziair lors d'une interview accordée au journal Le Nouvelliste. Parmi les étudiants admis à cet Institut, 240 sont inscrits au niveau de la licence qui durera 3 ans. Les 40 autres y sont pour obtenir un certificat.
Dans le bibliothèque de l'UNIFA,
des étudiants font des recherches
Des investissements ont été faits à l'UNIFA pour répondre aux normes d'un Institut de sciences informatiques. « Un laboratoire informatique de plus d'une soixantaine d'ordinateurs a été aménagé en la circonstance, car en plus des cours théoriques, il y aura aussi et surtout des cours pratiques pour permettre qu'au terme du cycle de formation, les étudiants de l'UNIFA n'aient rien à envier à n'importe quel autre finissant en sciences informatiques », indique le secrétaire général de l'UNIFA qui nous a fait visiter les locaux de l'institution, particulièrement le laboratoire.
« Tous les étudiants de l'UNIFA sont en fait des boursiers de la Fondation Aristide. Ils paient symboliquement un frais annuel de 10 000 gourdes », fait savoir M. Dorziair. Avant le tremblement de terre du 12 janvier qui a sérieusement touché le bâtiment principal de l'UNIFA, les frais annuels étaient plutôt de 5 000 gourdes. « On a dû faire des débours importants pour la réparation des locaux, c'est pourquoi nous avions revu à la hausse les frais annuels », explique le secrétaire général, regrettant que l'UNIFA ne reçoie aucune subvention de l'Etat ni des organisations nationales et internationales. Il rappelle que l'UNIFA est une Université privée reconnue d'utilité publique à but non lucratif.
Ajouter une légende
Marie Yolette Edmond, 20 ans, débute ses études universitaires à l'UNIFA. Elle va concrétiser un des rêves de sa vie d'entrer dans une Université. « Entrer dans un Centre universitaire, c'est un de mes rêves qui est devenu réalité », déclare-t-elle , sourire aux lèvres. Être admis à l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) n'est pas une partie de plaisir, vu le ratio entre le nombre de bacheliers et la capacité d'accueil de l'UEH. « L'UNIFA, qui a une capacité d'accueil globale de 5 000 étudiants, est une alternative pour les bacheliers qui ne peuvent pas entrer à l'UEH, ni payer une Université privée, pour surmonter cette exclusion », déclare le secrétaire général de l'UNIFA, Fritz Dorziair.
Une vue du laboratoire informatique
Parallèlement, 296 étudiants de l'Institut de langue espagnole dont 105 suivent des cours depuis mai 2009, vont recevoir la semaine prochaine leur diplôme après un an d'études de la langue espagnole. Cette formation assurée par des Cubains est très appréciée par les divers étudiants rencontrés sur le campus de l'UNIFA à Tabarre. Depuis la fondation de cette Université réputée pour les sciences de la santé, de bons rapports ont été établis entre l'UNIFA et Cuba. « Nous ne pouvons pas avoir mieux, même ailleurs. Nous sommes très bien formés pendant cette année par des Cubains grâce à la Fondation Aristide », déclare Jean-Louis Wenscky, 22 ans, étudiant finissant en espagnol. Il dit compter se servir de sa formation pour ouvrir son propre institut et donner des cours d'espagnol dans des écoles de la place.
La Fondation Aristide, selon M. Dorziair, n'a jamais cessé de travailler. « Après la reprise du contrôle du site de l'UNIFA en 2008, nous avons, avec nos faibles moyens, relancé le processus d'extension de l'Université », dit-il, précisant que des efforts sont en cours pour remettre en place la faculté de médecine de l'UNIFA. La majorité des jeunes trouvés sur le campus manifestent leur désir d'intégrer cette faculté lorsqu'elle rouvrira ses portes.
Fritz Dorziair,
secrétaire général
de l'Universite de la
Fondation Aristide (UNIFA)
Fondée en 2001, l'Université de la Fondation Aristide fait partie intégrante, selon Fritz Dorziair, des oeuvres sociales de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide à travers sa Fondation. Cette Université avait des prévisions d'ouverture de 6 facultés notamment les sciences de la santé, le droit, l'agronomie, les sciences de l'environnement et les sciences de l'éducation. « Ces prévisions de l'UNIFA sont toujours en cours », fait savoir le secrétaire général qui regrette que les évènements de février 2001 aient brutalement interrompu ces prévisions et la bonne marche de l'Université.
« L'UNIFA avait débuté en 2001 avec 123 étudiants en sciences de la santé, qui avaient été recrutés sur une base d'équité sociale, car ils venaient pratiquement de tout le pays en raison de l'engouement qu'avaient les jeunes à s'inscrire à la faculté de médecine de l'UNIFA », rappele le secrétaire général. Avant la chute du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004, cette Université comptait 247 étudiants pour trois promotions.
Carlin Michel
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83311&PubDate=2010-09-07

mardi 1 juin 2010

L'Université Laval donne 600 000$

Publié le 31 mai 2010 Québec) L'Université Laval a offert 600 000 $ pour la reconstruction du système d'enseignement supérieur d'Haïti, lundi. Et la campagne de dons se poursuit pour réaliser d'autres projets.

«C'est une première étape. Nous ne voulions pas attendre un an encore pour annoncer 1 ou 2 millions $. Les besoins sont énormes et nous voulons agir le plus rapidement possible», expliquait le recteur Denis Brière en rappelant que l'université avait commencé ses efforts au moment du séisme en aidant 71 étudiants haïtiens à Québec. Et en plus de cette aide financière, l'Université Laval accueillera en septembre une douzaine d'étudiants à la maîtrise et au doctorat pour leur permettre de terminer leurs études puisqu'ils se retrouvent devant rien dans leur pays.
En juillet, un groupe de Manager Sans Frontières de l'Université Laval et d'autres représentants du campus se rendront à Haïti pour travailler avec les partenaires haïtiens dans l'élaboration plus précise des projets. Les gens de Manager Sans Frontières, spécialistes en gestion, aideront à la préparation des demandes aux fonds d'aide dans des domaines où l'Université ne sera pas engagée.
L'aide offerte a été annoncée à l'occasion d'une soirée-bénéfice au profit du Fonds d'intervention pour la sauvegarde du patrimoine d'Haïti organisée par l'Institut du patrimoine culturel de l'Université Laval.
Parmi les diverses formes que l'aide pourra prendre, on note des bourses offertes aux étudiants haïtiens afin qu'ils puissent poursuivre leur formation supérieure au Québec, des séjours professionnels de professeurs de Québec à Haïti, ou encore de la venue de professeurs haïtiens à l'Université Laval pour l'enseignement et la recherche.
La somme de 600 000 $ est le résultat d'une collecte de fonds organisée par l'Université Laval et sa Fondation.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201005/31/01-4285535-luniversite-laval-donne-600-000.php

mercredi 26 mai 2010

Universités haïtiennes: beaucoup de volonté mais peu d'argent

Ariane Lacoursière,
La Presse
Les universités du monde entier veulent aider Haïti à reconstruire son réseau d'éducation supérieure, durement ébranlé lors du séisme du 12 janvier. Mais toutes manquent cruellement de moyens pour le faire, a-t-on appris lors de la première journée des Assises sur la reconstruction du système universitaire haïtien, qui se tiennent à l'Université de Montréal.
«L'argent n'est pas encore au rendez-vous. C'est pour cette raison que l'objectif de notre rencontre est de dresser un plan d'action concret qui permettra d'aller chercher du financement», explique la vice-rectrice aux relations internationales de l'Université de Montréal, Mireille Mathieu.
La gouverneure générale, Michaëlle Jean, présente aux Assises, a déclaré que «la possibilité la plus prometteuse pour Haïti de se rebâtir sur des bases solides passe par l'éducation (...) Certes, l'éducation est nécessaire à tout pays axé sur la croissance, mais elle l'est aussi et d'autant plus pour tout pays qui cherche à renaître de ses cendres.»
Mais comme l'a noté le président de la Conférence régionale des recteurs, présidents et directeurs d'institutions dans la Caraïbe (CORPUCA), Alain Arconte, «jusqu'à présent, Haïti n'a pas reçu les ressources minimales pour la reprise des activités».
La plupart des écoles et des universités sont toujours en ruine, et la reconstruction est loin d'avoir commencé. Mme Mathieu reconnaît que l'avenir de l'éducation en Haïti est intimement lié à la reconstruction matérielle du pays. Selon elle, les Assises, qui se terminent aujourd'hui, permettront d'établir un plan clair pour rebâtir rapidement un réseau d'éducation supérieure de qualité qui répondra aux attentes de la population haïtienne.

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/26/01-4283805-universites-haitiennes-beaucoup-de-volonte-mais-peu-dargent.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS2

mardi 25 mai 2010

La reconstruction du système Universitaire Haïtien au centre des débats de Montréal.

Les premières Assises internationales pour la reconstruction du système universitaire haïtien se tiendront les 25 et 26 mai prochain à Montréal au Canada. Des représentants et des partenaires de L'Agence universitaire de la Francophonie l'AUF seront présents à Montréal, dans le cadre de cette activité.
L'objectif premier de la rencontre consiste en l'adoption d'un plan d'action, qui inclut l'établissement de stratégies de financement pour assurer la reconstruction du système universitaire du pays sérieusement touché par le séisme du 12 janvier .
« Notre objectif est de formuler une réponse adéquate aux besoins et aux projets que nos collègues et principaux acteurs du système d'enseignement supérieur en Haïti ont partagés avec nous », a precisé Bernard Cerquiglini, recteur de l'AUF.
Soulignons que la gouverneur générale du Canada, Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, l'administrateur de l'OIF, Clément Duhaime, et Pierre Arcand, ministre des Relations internationales du Québec, prendront part à l'ouverture de ces assises.
Les recteurs de plusieurs universités haïtiennes ont déjà soumis à l'intention des membres de l'AUF, des projets visant à permettre de reconstruire le système universitaire.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17760

Haïti: démolir pour mieux reconstruire

Publié le 25 mai 2010 à 07h02.- La Presse.-

Ariane Lacoursière,
En avril 2009, l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a inauguré un pavillon tout neuf à l'Université d'État d'Haïti à Port-au-Prince. Le 12 janvier dernier, le tremblement de terre l'a entièrement détruit. Aujourd'hui, l'AUF veut reconstruire l'édifice. Mais comme l'ensemble du réseau universitaire haïtien, un défi de taille doit auparavant être surmonté: la démolition.
«L'immeuble respectait toutes les exigences du code du bâtiment. Devant la force du séisme, il n'est plus utilisable, affirme la vice-rectrice à la vie associative et au développement de l'AUF, Mireille Mathieu. On veut reconstruire. Mais il faut d'abord le détruire et ce n'est pas si simple.»
Dans le chaos qui règne encore à Port-au-Prince, il est ardu d'y faire entrer des grues et des camions. Et l'AUF n'est pas la seule à devoir faire face à ces difficultés. Pour relancer le réseau universitaire haïtien, les recteurs des principales universités de ce pays seront présents aujourd'hui à Montréal, alors que se dérouleront les Assises sur la reconstruction de l'enseignement supérieur en Haïti.
Les défis de cette rencontre sont multiples. Car comme l'explique Mme Mathieu, les problèmes avec l'éducation supérieure étaient présents bien avant le séisme. «Il y a au-dessus de 200 universités en Haïti, qui n'offrent pas des formations d'égale qualité. Les recteurs souhaitent une meilleure régulation des contenus», dit-elle.
La majorité des universités sont aussi concentrées à Port-au-Prince. «On aimerait décentraliser l'éducation supérieure», note Mme Mathieu. Des villes comme Jacmel, Cap-Haïtien et Les Cayes pourraient très bien accueillir des facultés universitaires.
Le séisme du 12 janvier n'a fait qu'affaiblir encore plus l'éducation supérieure. Plus de 6000 étudiants et 200 enseignants ont péri. L'école des infirmières, qui s'est écroulée, a emporté avec elle une cohorte entière d'étudiantes, ce qui laisse présager le pire pour ce pays qui compte encore un très grand nombre de blessés.
«Les recteurs ont établi une série de disciplines qu'il faudra privilégier. Les sciences infirmières en font partie, de même que les emplois en réadaptation», illustre Mme Mathieu.
La majorité des universités a recommencé à donner des cours sous des tentes. Mais «sur les 32 établissements de taille respectable que compte la capitale, 28 sont déclarés inutilisables», écrivent les recteurs des principales universités haïtiennes dans un document intitulé État de situation.
Les recteurs doivent maintenant décider où ils reconstruiront leurs bâtiments. L'Université d'État d'Haïti, qui était répartie sur 11 sites, songe à se regrouper.
Au-delà de la reconstruction, les Assises cibleront trois priorités: la formation des maîtres, la formation à distance et l'arrêt de la fuite des cerveaux.
Mme Mathieu ajoute que le Québec devra aussi étudier de quelle façon il pourra aider Haïti. «Par exemple, le Québec a aboli les droits de scolarité majorés pour les Haïtiens cet hiver. L'initiative va-t-elle se poursuivre? Les universités du Québec pourraient aussi envoyer des professeurs enseigner en Haïti. Mais pendant ce temps, les universités devront engager des chargés de cours pour combler les trous. Les universités n'ont pas cet argent. Le gouvernement va-t-il les aider? demande Mme Mathieu. On va discuter de ça au cours des prochains jours.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201005/25/01-4283428-haiti-demolir-pour-mieux-reconstruire.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS1