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mercredi 12 mars 2008

Matraco S. A. valorise nos ressources naturelles

Matraco S. A., tel est le nom d'une société établie en Haïti qui croit dur comme fer que le développement économique et social d'un pays commence par l'exploitation de ses ressources naturelles. Travaillant sur le terrain depuis 2001, les responsables de cette entreprise se sont fixé pour but d'amener en Haïti les techniques les plus modernes pour l'extraction et la commercialisation des ressources minérales abondantes mais jusqu'à présent exploitées de façon anarchique et archaïque.

Un « surface miner » (Wirtgen SM 2200) servant à extraire les agrégats et du même coup aplanir et mettre en valeur le terrain
La Matraco S.A, récemment présentée au grand public, jure de projeter une nouvelle image de ce pan de l'industrie haïtienne. Respectueuse de l'environnement, la Matraco S.A renforce sans cesse ses nombreux partenariats dans le reste du monde afin d'offrir le meilleur des agrégats au marché extérieur. Les responsables de cette société affichent clairement leurs ambitions et promettent de revaloriser à des fins agricoles les terrains exploités. Intervenant généralement dans des zones désertes et rocailleuses souvent inaptes à l'exploitation agricole, la firme Matraco, qui compte dans ses rangs des ressortissants appartenant à d'autres pays, est déjà opérationnelle au Môle St-Nicolas dans le département du Nord-Ouest.

Le résultat du travail réalisé par le «surface miner», un terrain libéré de ses rocs
Exploitation légaleEn mai et en août 2005, cette firme a obtenu ses permis d'exploitation auprès du Bureau des Mines et de l'Energie (BME) l'habilitant à exploiter en surface des sites répertoriés. Comme les exploitations ne seront pas faites en profondeur, il sera encore plus aisé de revaloriser les terrains dont la compagnie met tellement d'ardeur et de détermination à réaliser.La Matraco S.A. veut se défaire des effets d'annonce si répandus en Haïti. Aussi, a-t-elle attendu la mise en place de ses différents équipements avant de se faire connaître du grand public.

Ambitieux, optimistes et déterminés, les responsables de la Matraco veulent projeter une image de modernité via la qualité de sa production.« La concurrence ne fait pas de cadeau à l'ère de la mondialisation de l'économie », reconnaît le PDG de la compagnie, Claude Denis, ajoutant que des études de marché effectuées aux Etats-Unis et dans plusieurs pays de la Caraïbe montrent clairement la voie à suivre pour la commercialisation de ses produits et la rentabilité de l'entreprise.

Quelques membres de l'équipe de Matraco S.A., debout de gauche à droite:Dionsonn Laurore (comptable), Ing William Colas (géologue), Claude-Martin Jr (vice-président), Claude Denis (PDG), Michael Jean-Charles (chercheur de sites) et assis, Jean Laurore (vice-président)

Les responsables de cette entreprise ne visent pas encore le marché local. Ils mettent surtout les bouchées doubles sur l'exploitation en surface des ressources disponibles en vue de leur commercialisation en Amérique du Nord et dans les Caraïbes.Les informations fournies par le PDG du groupe indiquent explicitement que le nom de Matraco existait bien avant, depuis les années 90 au moment où les spécialistes de l'entreprise non encore constituée faisaient de l'exploration à travers tout le pays. Ce n'est qu'en 2001 que la Matraco s'est constituée en une véritable société anonyme.
Les études de marché faites pour le compte de Matraco S.A. avaient permis de prédire, déjà dans les années 90, une rareté d'agrégats sur le marché nord-américain, en particulier dans le Sud-Est des Etats-Unis et dans certains pays de la Caraïbe comme les îles Turcs et Caïcos, Saint-Martin et même la République dominicaine qui a récemment fermé des carrières.Les responsables de Matraco S.A. disent avoir un partenariat avec une entreprise dont ils se gardent de citer le nom. Cette entreprise de renommée mondiale possède, disent-ils, l'expertise, la clientèle et les capitaux nécessaires pour réussir dans le domaine.
Un camion de mine (Moxy) articulé de 35 tonnes avec 6 roues motrices de la Matraco S.A.
Socialement impliquée« Nous avons des engagements sociaux qui nous poussent à être partie prenante dans la fourniture des soins de santé. Et nous voulons pour preuve notre contribution à la Clinique communautaire du Môle Saint-Nicolas », souligne le vice-président de la Matraco S.A, Claude Martin Jr.Il affiche sa fierté devant la fréquentation des populations des zones avoisinantes à la clinique du Mole Saint-Nicolas où des médecins slovaques fournissent des soins de qualité.Matraco veut, de par ses propres moyens, élever le niveau de salaire des ouvriers qui travaillent chez lui en général et dans son secteur d'activité en particulier. En dépit de ses équipements ultramodernes destinés à l'extraction de gisements graveleux et sableux, ses installations amovibles de chargement de navires, sans compter son usine de traitement unique dans la zone, un personnel ayant acquis des expériences de par le monde, la Matraco S.A. n'a pas la grosse tête et travaille sans répit pour donner le meilleur d'elle-même. La Matraco s.a s'enorgueillit de représenter un esprit pionnier dans l'exploitation rationnelle, moderne des ressources minérales d'Haïti et espère servir de boussole à bien d'autres entreprises pour le développement socio-économique dont le pays a tant besoin.

Dieudonné Joachim











Marché conclu pour neuf mille commerçants

Les autorités municipales de Pétion-Ville ont inauguré, samedi 8 mars, le nouveau marché central de cette commune. Situé au terminus de la route de Frères, plus précisément dans les parages du quartier Chaloska, le marché La Coupe, étendu sur 4 mille mètres carrés avec deux étages et un rez-de-chaussée, est conçu pour neuf mille marchands.
Deux étages et un rez-de-chaussée, un bureau administratif, une infirmerie, des toilettes modernes, un parking de grande capacité...les résidents, en général les commerçants de Pétion-Ville, en particulier, ont finalement le marché qu'ils attendaient depuis plus de dix ans. Samedi, ils étaient des centaines, ministres, parlementaires, notables, chefs religieux, directeurs d'écoles, étudiants, professionnels et commerçants à exprimer leur contentement et gratitude à l'endroit du nouveau cartel municipal. Comme un soldat qui vient de remporter une victoire, la mairesse de Pétion-Ville, Claire Lydie Parent, a savouré son succès. « Après un an de dur labeur, nous voilà déjà à la concrétisation d'une partie de nos rêves », a-t-elle dit, l'air content.
L'équipe a, en fait, finalisé les travaux de construction du « Marché La Coupe » entamés depuis 1996 et , en quelques mois, a inauguré cet espace commercial de 4 mille mètres carrés, destiné à remplacer l'ancien marché situé au coeur même de la commune. « Nous sommes vraiment fier du nouveau marché, et nous félicitons les responsables de la Mairie, notamment Mme Claire Lydie Parent qui s'est engagée à désenclaver la commune », s'est réjoui un religieux responsable d'un établissement scolaire à Pétion-Ville.

Il n'est pas le seul à féliciter les autorités municipales pour leur premier succès. Le ministre de l'intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, présent à cette inauguration, a salué le travail de la mairie. Pour lui, la construction du nouveau marché central de Pétion-Ville est un modèle à suivre si l'on veut finir avec les problèmes sanitaires dans les milieux urbains. « C'est un pas vers la résolution des problèmes environnementaux des marchés publics situés au coeur de nos villes », reconnaît M. Bien-Aimé.

Marché conclu
L'inauguration du marché La Coupe samedi a été comme un marché conclu entre le conseil municipal de la commune de Pétion-Ville et le gouvernement qui a choisi de célébrer la journée mondiale des femmes cette année autour du thème « Yon lot environman pou machann yo vann nan diyite ».



En cette occasion, la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), Marie Laurence Jocelyn Lassègue, a promis d'encadrer les marchandes des marchés publics, en particulier celles de Pétion-Ville. « Nous allons aider les marchandes à travers des campagnes de sensibilisation, des séances de formation sur la gestion et l'entretien sanitaire de ce nouveau marché », a-t-elle garanti.
Le député de Pétion-Ville, Steven Benoît, n'a pas caché non plus sa satisfaction. Avec ce nouveau marché, la commune est sur la voie de retrouver son visage d'antan. « En 1983, j'avais laissé un marché propre et réglementé. A mon retour en 1993, c'était la pagaille. J'ai trouvé un marché sale, plongé dans l'insécurité et le désordre administratif », a-t-il déclaré.
Le parlementaire qui se montre toujours dévoué pour la cause de Pétion-Ville a invité les commerçants à prendre soin du marché La Coupe qu'il qualifie d'ailleurs de bijou. « Vous avez aujourd'hui un marché propre et sécuritaire. Prenez en soin et respectez vos engagements envers la Direction générale des Impôts », a-t-il lancé aux dizaines de marchands présents en la circonstance. En effet, chaque occupant doit disposer de documents administratifs notamment un numéro d'enregistrement, une patente et une carte d'identité.
Question de mieux gérer le marché pour les redevances fiscales et protéger le droit des consommateurs en cas de vente de produits avariés. Méfiant face aux raquetteurs, le député a appelé les commerçants à la vigilance. « Selon la valeur des marchandises étalées au marché, un commerçant aura à payer à la DGI entre 805 gourdes à 2755 gourdes », a-t-il précisé tout en rappelant au ministre de l'Intérieur et des collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, la nécessité de doter la commune d'autres marchés publics.

Les Pétionvillois aiment le commerce
Sur les 400 000 habitants de la commune de Pétion-Ville, les autorités municipales ont déjà recensé 9 000 marchands (es) sans compter les centaines de détaillants qui sillonnent du matin au soir les rues de la commune avec leur maigre marchandise. La mairesse de Pétion-Ville, Claire Lydie Parent, ne voit pas d'un bon oeil le nombre exagéré de commerçants.« Le nombre de commerçants ne doit pas dépasser la limite acceptable si l'on veut vraiment que le commerce devienne une activité rentable pour le pays. Il faut encourager les gens, les femmes en particulier à mener d'autres activités, à faire d'autres métiers », a conclu Mme Parent.
L'inauguration du marché La Coupe a fait la joie des milliers de commerçants qui attendaient avec impatience un local spacieux et moderne pour vendre leurs produits. Plus de dix ans après, marché conclu.
Horaire de fonctionnement du Marché La Coupe
Lundi - Vendredi : 6h A.M - 8h P.M
Samedi : 6h A.M - 9h P.M
Dimanche et jours fériés : 6h A.M - 3h P.M
Jean Max St Fleur
Dizon pa-m:
Tout moun dwa salye inisyativ merès petyovil la ki eseye mete lod nan dezod nan you vil tankou petyonvil. Se nan mitan totu vil peyi ya ke inisyativ sa dwe balyi. paske figi ayiti paka kontinye jan li ye jounen jodi-a.
Sepandan fok mérès la fè pep petyonvil la konnen ke ekilib sosyete-a kanpe templay lè chak manm konnen viv nan ekilibant dwa yo ak devwa yo.
Si minisipalité-a fè you gwo jéfor pou li retire machann yo nan la ri-a sa vle di ke menm jan merès la panse ak pyeton ak chofè yo tou.
se pou meri a voye you pinga pou machann pa vi-n panse ke twotwa ki libere jounen jodi-a se pa you envitasyon pou lot moun vi-n chita vi-n okipe twotwa yo ankor...
Alor se pou merès la itilize zafè yo rele kawot ak baton an pou nou pa fè lave men siyé atè...

mercredi 19 décembre 2007

Haiti-France : Vaches solidaires

Par Cindy Drogue
P-au-P.déc. 07 [AlterPresse] --- Les paysans haitiens, en majorité des femmes, ont bénéficié en 2007 de 75 vaches, résultat d’une campagne de solidarité mise en place par l’organisation haïtienne Veterimed en partenariat avec le Collectif Haiti de France, Vétérinaires sans Frontières et d’autres institutions et particuliers, apprend l’agence AlterPresse.
Ce programme, intitulé « Eleveurs solidaires », s’inspire du système de gardiennage traditionnel tout en l’adaptant pour permettre à des investisseurs européens de l’appuyer à travers un engagement de leur part sur une durée raisonnable fixée à 4 ans, explique Michel Chancy, Directeur de Veterimed.
L’investisseur désireux de contribuer au développement de l’élevage laitier en Haïti acquiert une jeune vache prête à entrer en reproduction. Cette vache est confiée à un(e) producteur(trice) haïtien(ne), qui la prend en gardiennage pour une durée de 4 ans.
Le choix du/de la bénéficiaire est décidé collectivement par le comité paysan. Dans 80% des cas ce sont des femmes qui bénéficient des ces « vaches solidaires » puisque bien souvent ce sont elles les plus vulnérables et misérables, souligne Chancy. La vache leur est cédée sous contrat avec l’Association locale et VETERIMED et après 2 jours de formation avec un agronome et un vétérinaire.
A ce jour, il y a eu 170 bénéficiaires dont 19 en 2004/2005, 52 en 2005/2006 et 75 en 2007.
Veterimed s’est donné pour mission d’aider, par la formation, la recherche et l’appui technique en santé et production animale des éleveurs haïtiens pour augmenter leur production et leurs revenus. Cette organisation est surtout connue pour son action dans la production laitière.
Lait à gogo
Veterimed a lancé en 2002 le programme « Lèt Agogo » (Lait à gogo) qui met en place un réseau de micro laiteries où les paysans peuvent vendre leur lait qui leur assure ainsi un revenu additionnel stable. « Lèt Agogo » est aussi le nom commercial d’une série de produits laitiers disponibles sur le marché tel que le « Yawout » qui est un yogourt frais naturel ou aux fruits et « Lèt-Bèf » qui est du lait entier stérilisé aromatisé de chocolat ou de vanille et citronnelle.
Aujourd’hui 13 laiteries sont en fonctionnement à travers le pays. Limonade, Bon Repos, Torbeck et Jacmel. ont été crées en 2002, Verrettes et Ouanaminthe en 2003, Thomazeau, Léogane et Arcahaie en 2005, Forêt-des-Pins en 2006, Marmelade, Cap Rouge et Hinche cette année. Une seule, celle de Tomazeau a fermé..
Pour les 13 laiteries qui sont opérationnelles, toutes fonctionnent sur leurs ressources propres c’est à dire par le système rentable de l’achat-vente. Toutes les laiteries du Réseau Lèt Agogo, sont des initiatives de groupes locaux (organisation de jeune, coopératives d’éleveurs ou autres associations locales) mais elles fonctionnent sous la supervision technique de VETERIMED qui est propriétaire du label « Lèt Agogo ».
Les responsables des laiteries sont recrutés sur place. Au niveau de chaque laiterie, les paysans producteurs possèdent une partie importante du capital et sont regroupés au sein d’une organisation de producteur de lait. Aujourd’hui, environ 1000 producteurs de lait approvisionnent les laiteries Lèt Agogo.
Le lait transformé s’écoule dans différents débouchés : les commerces, les chariots ambulants et dans les cantines scolaires. Les cantines scolaires, programme de distribution de lait du ministère de l’éducation national, représente depuis septembre 2007 le débouché le plus important (un peu plus de 50% de la production des laiteries).
44 écoles sont concernées soit 26 000 rations par semaine. « Ce débouché est une aubaine mais qui comporte des risques » selon Michel Chancy. Tout repose en effet sur la capacité des laiteries à gérer leurs surplus durant les vacances scolaires.
Les chariots ambulants sont opérationnels dans 7 villes du pays : Limonade, Cap Haïtien, Marmelade, Pétion-Ville, Port au Prince, Verrettes et Jacmel. Leur efficacité quand à la vente de produits est fluctuante et dépend beaucoup du dynamisme des opérateurs/vendeurs, confie Michel Chancy.
Pendant les mois de décembre 2006 et janvier 2007, le chariot de Pétion-Ville a été, selon le directeur de Veterimed, « le plus gros point de vente du pays, dépassant même les volumes de vente du plus important super-marché ! ». [cd gp apr 18/12/2007 12:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6768

lundi 22 octobre 2007

904 centres d'alphabétisation en fonction

Plus de 900 centres d'alphabétisation sont déjà ouverts dans les départements du Nord, du Sud-Est et de l'Ouest, un mois après le lancement de la campagne nationale d'alphabétisation. « Dans certaines sections communales de ces départements, on voit déjà fonctionner les centres d'alphabétisation et les activités de formation pour les superviseurs de centre », a informé, lundi, le secrétaire d'Etat à l'Alphabétisation (SEA), Carol Joseph, faisant le bilan du programme dans le pays à l'aide d'une projection à la carte. Très intéressée au programme, la population non alphabétisée ne prend pas trop de temps pour se faire inscrire. Le nombre d'inscrits atteint 40.000 dans le Sud-Est, 12600 dans l'Ouest, 2153 dans le Nord et 1000 dans le Nord-Est. Le secrétaire d'Etat qui a promis de faire le point, tous les mois, sur l'évolution de la campagne, a affirmé que les activités de dépistage continuent dans les départements de l'Ouest, du Sud, du Nord-Est, de l'Artibonite, des Nippes et de la Grand'Anse. Actuellement, a-t-il précisé, plus de 2475 centres d'alphabétisation sont localisés dans le Sud-Est, 1773 dans le Nord-Est, 832 dans l'Ouest et 371 dans le Nord. Cependant, a fait remarquer M. Joseph, la campagne n'atteint pas encore les départements du Nord-Ouest et du Plateau Central. Pour atteindre son objectif qui est l'alphabétisation de 3 millions d'Haïtiens de 14 à 45 ans d'ici les trois prochaines années, la SEA espère ouvrir 75.000 centres à travers le pays. Ces centres recevront chacun 40 participants par jour, divisés en deux groupes de 20.
La stratégie utilisée pour la réussite de la campagne priorise la section communale avant d'atteindre les villes. La méthode adoptée par la SEA pour alphabétiser les gens est une adaptation du programme cubain « Yo si Puedo » traduit par « Wi mwen Kapab ». Cette méthode permettra d'alphabétiser un adulte en trois mois. Selon M. Joseph, l'aide du gouvernement cubain pour la réalisation du programme s'élève à 7,7 millions dollars américains. Cette aide qui commence déjà à se matérialiser consistera en matériel didactique soit : 10 mille téléviseurs, 10 000 jeux de vidéocassettes et 1 000 panneaux solaires.
Présentant certains des supports didactiques, le secrétaire d'Etat a précisé qu'ils seront distribués dans tous les centres d'alphabétisation du pays.
Cette campagne d'alphabétisation en cours de réalisation coûtera 186 millions de dollars américains, soit 62 dollars US par participant. Elle doit générer 100.000 emplois.

Jean Gardy Gauthier
gauthierjeangardy2001@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49843&PubDate=2007-10-22


dimanche 7 octobre 2007

Du poisson « bio » à l'étang Boscier à 600 m d'altitude

L'étang Boscier couvre une superficie de 4 ou 5 ha, à 600 m d'altitude dans la 2e section de la commune de Cayes- Jacmel, à Gaillard. Les autres sections sont : Ravine Normande (1re section), Cap Rouge (3e section et Michinot (4e section). Une population de 3500 habitants en moyenne ; une vocation agricole et pastorale. Culture pratiquée : pistache, pois congo, petit mil, maïs, etc. Au marché du jeudi, des produits agricoles et du bétail. Du poisson « pèpè » aussi. Le projet d'empoissonner l'étang Boscier, après neuf ans environ, constitue un renouveau...
... Rendez-vous : Cayes-Jacmel. Avant 10 heures du matin. Samedi 29 septembre. Le morne à pic à escalader avec des sachets d'alevins (15000 environ) sur le dos, sur la tête ou à bras le corps ... c'était dur ! Situé à 1heure environ de marche, l'étang, au pied du morne, nous ouvre ses bras de saphir. Quelle joie de s'y plonger, après tant de peine !
Certains - des techniciens, depuis le vendredi 28 septembre- dans le bas Artibonite, sont mobilisés à l'écloserie de Pont Sondé, dépendant de l'ODVA et de la direction des Pêches et Aquaculture du ministère de l'Agriculture. Leurs rôles : trier et tirer les alevins - les petits poissons (taille moyenne de 4 ou 5 cm) de viviers ou de bassins piscicoles, les conditionner, les mettre en sachets - environ 15000 en vue de les conserver en vie, avec de l'oxygène, à destination de l'étang Boscier.

Opération délicate ! ...
D'autres, à l'arrivée des alevins vers les 9h30 a.m. -des membres d'organisations communautaires comme l'Association des Pêcheurs de PETAVI, des paysans de la localité ont participé au transport des sachets à 600 m d'altitude, à l'étang Boscier. Parmi ceux-ci, le coordonnateur de l'Association, Jean Rilio Henry, technicien en aquaculture qui avait reçu une formation à Cuba dans le cadre de la coopération haïtiano-cubaine.
Enfin, vers les 9h a.m., la délégation coiffée par l'Agr Ernst Leblanc, Chargé de la Coordination des activités de terrain, à titre de Consultant auprès de la direction des Pêches et Aquaculture du ministère de l'Agriculture. Sa mission : transporter les alevins composés de 60% de tilapias, 30% de carpes communes et de 10% de carpes herbivores.
Coût financier de l'opération
Questionné sur le coût financier de l'opération, l'Agr Ernst Leblanc n'a pas voulu se prononcer. Cependant, il nous a rappelé, à titre de comparaison, qu'à l'implantation du projet dans le cadre de la coopération haïtiano-cubaine, un alevin était estimé à US $ 0.50 l'unité. Sur le marché local, un poisson (7 ou 8 livres) se vend à 100 ou 150 gdes; dans les autres localités, il faut payer entre 200 à 250 gdes/ l'unité.Aujourd'hui, le ministère, à travers l'ODVA et la direction des pêches et de l'aquaculture, assure la production des larves.
En outre, nous a-t-il déclaré, la direction des pêches a pour objectif de promouvoir la pêche et le développement de l'aquaculture dans le pays, notamment d'assurer l'empoissonnement des 20 mille hectares de plans d'eau (lacs, étangs, mares, etc.) dans le pays.
15 millions de larves pour 2008
L'écloserie de l'ODVA compte produire 15 millions de larves pour l'année 2008. Selon l'Agr Leblanc, notre principal informateur, le ministère de l'Agriculture entend fournir de la protéine à la population, de lui donner à manger.Certains plans d'eau tels que l'étang Saumâtre (12000 ha environ) à Ganthier, l'étang de Miragoâne (900 ha) à Miragoane et le lac Péligre, (4000 ha) à Mirebalais seront empoissonnés. Etant donné l'intérêt que suscite le Tilapia (connu sous le nom de mapotio) -plus résistant, plus riche en chair, le ministère a développé un partenariat avec un organisme privé dans la zone de la Croix-des-Bouquets en vue d'expérimenter l'hybridation de deux(2) souches de Tilapia : un Tilapia égyptien et un Tilapia israélien pour l'étang Saumâtre.
Interrogé sur la possibilité d'augmenter le nombre de larves, l'Agr Leblanc nous a laissé entendre qu'il serait possible de produire davantage - 50 millions de larves environ. Pourquoi produire moins ? Il nous a déclaré que les 15 millions de larves sont financées par le budget national. Cependant, la coopération internationale pourrait combler la différence.
Le ministère serait prêt, nous a-t-il confié, à encadrer les pêcheurs, les associations de pêcheurs et d'autres groupements intéressés à bénéficier des alevins pour empoissonner une mare, un lac, etc.
Impact social du projet de l'étang Boscier
D'abord, le projet apporte directement des sources de protéines à la population. Ensuite, un comité de gestion (11 membres) de l'étang de Boscier multiplie les initiatives à caractère social : réorganisation des salles de classe, avec des séparateurs ; mise sur pied d'un projet de latrines à partir des recettes enregistrées, l'exploitation du poisson sur le marché du Sud-Est (Cayes-Jacmel, Jacmel, Marigot, etc.) deviendra une source de revenus pour les paysans et les organisations communautaires.
Interrogé au téléphone sur l'accueil réservé par la population au projet, M. Jean Rilio Henry, technicien en aquaculture, nous a confié, en un créole imagé, que c'est avec beaucoup d'appétit (« anpil safrete ») que l'idée a été reçue. Maintenant, les habitants vont manger du poisson frais...
Du poisson « bio » à l'étang BoscierEtendu aux pieds d'un morne, l'étang Boscier (4 ou 5 ha environ) évolue dans un site naturel. Les alevins seront nourris de planctons : de micro-organisme animal et de micro-organisme végétal. L'étang produira du poisson « bio » - plus riche en protéine avec moins de graisse... Un site propice donc à l'écotourisme et à l'agriculture de montagne.
Wébert Lahens
webblahens@yahoo.fr

samedi 6 octobre 2007

SAINT-MICHEL DE L’ATTALAYE : Inauguration de deux lacs collinaires

«Nous allons améliorer la sécurité alimentaire et les revenus des habitants de la région » a déclaré l’Ambassadeur Espagnol Juan F. Trigo.
L’ambassadeur d’Espagne en Haïti, Juan F. Trigo, et le Premier ministre Jacques Édouard Alexis, ont inauguré vendredi dernier à Savane Diane deux lacs collinaires financés par la Coopération espagnole. Les lacs, qui collectent et conservent les eaux de ruissellement, sont situés dans les localités de Deboche et Matepam. Ce projet, sans précédent dans la commune de Saint-Michel de l’Attalaye, a été exécuté par les Petits Frères de l’Incarnation. « Il s’agit d’une expression concrète de la solidarité de l’Espagne pour faire face aux défis de l’Artibonite », a déclaré l’ambassadeur Juan F. Trigo au cours de la cérémonie d’inauguration. « Notre stratégie, a-t-il poursuivi, c’est, en coopération avec le ministère de l’Agriculture, de régler non seulement le problème de la sécheresse, mais aussi les besoins alimentaires des communautés rurales ». Les lacs permettront de générer des revenus à partir des activités de pêche et d’aménager un système d’irrigation. Ils seront aussi utilisés pour l’abreuvement du bétail et l’exécution de certains travaux domestiques et agricoles. La production annuelle de poissons dans les deux lacs, où déjà ont été lâchés des milliers d’alevins de diverses espèces, sera de l’ordre de 9 tonnes. Ce qui correspondra à des revenus bruts d'environ 15 millions de gourdes par an. Saluant le succès du projet, la coordonnatrice du Bureau de la Coopération espagnole (AECI) en Haïti, Rosa Beltrán, a souligné que « l’objectif de l’Espagne est de contribuer au développement économique de la région tout en s’attachant à la promotion d’un environnent durable ». Rosa Beltrán a rappelé que l’AECI a déjà financé l’aménagement de 39 autres lacs dans le pays.

Des débours de l’ordre de 300 000 euros (358 256 USD) ont été effectués par l’Espagne pour la construction et l´exploitation des lacs de Saint-Michel de l’Attalaye.
Source : Bureau technique de coopération Ambassade d’Espagne
vendredi 5 octobre 2007

mardi 2 octobre 2007

La directrice de la FOKAL, Michèle Pierre-Louis, Prix Trailblazer 2007

Elle a été récompensée à Washington pour l’implication de sa fondation dans la défense de la démocratie et de la culture
lundi 1er octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le Prix Trailblazer 2007 a été attribué par le groupe américain Dialogue dans la diversité à la directrice de la Fondation connaissances et liberté (FOKAL), Michèle Pierre-Louis, selon une dépêche de l’agence caribéenne Hardbeatnews basée à New York.
L’ambassadeur d’Haïti à Washington, Raymond Joseph, a remis sa distinction à la lauréate lors de la 28e cérémonie des prix d’excellence entrepreuneuriale qui s’est déroulée vendredi dernier au siège de l’Organisation des Etats américains (OEA).
Première récipiendaire du Prix Trailblazer résidant et travaillant hors des Etats-Unis, Mme Pierre-Louis a été récompensée pour l’action de son organisation dans le domaine de la démocratie, de la culture et de l’éducation. A l’origine de la création de la bibliothèque Monique Calixte à Port-au-Prince, la FOKAL soutient 35 autres bibliothèques communautaires à travers le pays et une multiplicité d’activités culturelles avec une attention spéciale accordée aux jeunes, aux femmes et aux paysans.
Créée en 1995, la Fondation Connaissances et liberté reçoit des subventions de l’Institut Open Society (OSI) du milliardaire américain d’origine hongroise, George Soros et d’autres institutions oeuvrant en faveur du développement démocratique et de l’épanouissement de la culture.
Michèle Pierre-Louis faisait partie de la délégation du Président René Préval rentrée à Port-au-Prince lundi à l’issue d’un séjour d’une semaine à New York dont le point culminant a été la 62e Assemblée générale de l’ONU. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4208

Haiti : Les producteurs de café s’organisent et se mobilisent

Lundi 1er octobre 2007
Document produit suite à un rassemblement de producteurs de café dans le Plateau central (Est) [
1]
Soumis par les organisateurs à AlterPresse le 1er octobre 2007
Pour la première rencontre de la Plateforme Régionale des Producteurs de Café du Plateau Central, quelques 250 caféiculteurs se sont rassemblés à Baptiste (commune de Belladère) avec des invités de marque : Agronome Julien Etienne (coordonateur de l’Institut National du Café d’Haïti), Agronome Esteband Abraham (coordonateur de Coordination Campagne Café), Agronome David Nicolas (coordonateur de l’ICEF), Frito Merisier (président de la coordination Haïtienne du commerce équitable), le deuxième sénateur du bas plateau central Jacques Jean Wilbert et l’équipe technique ICEF/AVSF composée des agronomes : Jocelyn Prophete, Marc André Volcy et Arnaud Finet.
Ce rassemblement s’est tenu sur la ferme agricole de Baptiste. Auparavant, les dirigeants de la Plateforme Régionale des producteurs de café du plateau central ont animé 6 rencontres de producteurs décentralisées dans la zone caféière afin de faire l’inventaire des problèmes que rencontrent les producteurs de la filière caféière. Les participants à ces rencontres (environ 500 producteurs) ont ensuite formulé des propositions pour améliorer le fonctionnement de la filière du café dans le Plateau central.
La rencontre du mercredi 29 août 2007 à Baptiste avait pour objectif de synthétiser l’information analysée de manière décentralisée, de la partager et de la valider. L’élaboration d’un cahier des doléances des producteurs de café permet de recenser les problèmes de la filière café du plateau central et de faire des propositions pour les résoudre.

Il est à noter que de telles rencontres doivent se dérouler prochainement dans toutes les régions caféières du pays pour que la plateforme national haïtienne des producteurs de café puisse défendre les intérêts des quelques 200 000 producteurs de café d’Haïti. Lors du Congrès National des Producteurs de Café Haïtiens, les délégués rédigeront une synthèse des cahiers de revendications des différentes plateformes régionales qui sera adressée aux responsables de l’Etat.
Au niveau de la production : Les producteurs de café ont des rendements très faibles (de l’ordre de 250 kg/ha contre 510 kg/ha en République Dominicaine) qui ne leur permettent pas de dégager un revenu intéressant. Aussi, ils demandent que l’Etat subventionne les engrais, et ils réclament plus d’encadrement technique pour faire face aux différents ravageurs des jardins caféiers tel que les rats, les scolytes, la rouille, la pourriture des racines, etc.
Commercialisation : Les producteurs réclament un prix raisonnable pour la vente de leur café et un meilleur contrôle de la frontière avec la République Dominicaine (qui à 3h de Baptiste, à pied) par les autorités, pour éviter la contrebande. Ils expriment la difficulté d’accès aux fonds de roulement pour les coopératives caféières qui achètent du café pour le commercialiser sur des marchés de qualité : commerce équitable et marchés gourmets. Enfin, l’état déplorable de la route Belladère-Baptiste est une entrave à la circulation, qui renchérit le transport : les producteurs exigent la réhabilitation de cet axe de 18 km.
Pour argumenter leur demande, les dirigeants de la plateforme régionale des producteurs de café ont rappelé l’importance du café pour Haïti :
paiement de la dette de l’indépendance d’Haïti envers la France. protection de l’environnement : les jardins caféiers sont un formidable moyen pour lutter contre l’érosion des terres. entrée de 5 millions de dollars US de devise grâce à l’exportation du café d’Haïti Or les surfaces en café sont en régression puisqu’elles sont passées de 170000 ha dans les années 1950 à 100 000 ha aujourd’hui. Aussi, les producteurs réunis ont demandé que l’Etat ne les oublie pas et qu’il les aide à améliorer la rentabilité des jardins café.


Pour conclure, Joseph Daril, le coordonateur de la plateforme des producteurs de café du bas plateau central a dit : "Nou menm pwodiktè nan Plato Santral, nou estime ke si sa ta kontinye konsa, nou menm ak peyi a ap antre pi plis chak jou nan twou. Olye pou nou rive demen, pou nou pa konn nan ki kafou nou dwe fè, n ap leve vwa nou bòkote reskonsab leta yo atravè kaye chaj sa a, jis pou sove plantè yo ak pwodiksyon kafe nan peyi a yon fason pou n ka jwenn dwa grandèt nou sou tout fòm.

Pou rive prepare kaye chaj sa a, nou menm pwodiktè, nou fè anpil sakrifis e nou gen volonte pou nou kontinye fè lòt sakrifis ankò avèk kolaborasyon leta ak ONG yo jis pou rezoud pwoblèm sa yo.
Anfèt, nou espere ke reskonsab leta yo va konprann nou e deside ansanm ak nou, jis pou mete yon fen ak sitiyasyon grav ke filyè kafe a ap fè fas."

L’élaboration du cahier des charges des producteurs et l’organisation de ce premier rassemblement a été possible grâce à l’appui de l’équipe ICEF/AVSF, de la Coordination Campagne Café et de Oxfam Grande Bretagne.
[1] La rencontre a eu lieu le 29 août 2007, dans la localité de Baptiste

lundi 1 octobre 2007

Nephtalie ILISSE attendue à Marseille le 3 octobre


Apres un mois de mobilisation, la générosité des marseillais va rendre possible un énorme miracle. Nephtalie, cette fillette de 6 ans vivant en Haïti, porteuse d’une tumeur cérébelleuse, est attendue à Marseille le mercredi 3 octobre 2007 à 9 :20 AM par un vol de Air France.
Elle sera admise le lendemain soit le 4 octobre dans le service de Neurochirurgie Pédiatrique du Professeur Jean Claude Péragut de la Timone et sera opérée en principe le 05/10/07 par le Docteur Gabriel Lena.
Les parents de la petite remercient déjà les centaines d’anonymes qui ont répondu avec humanisme et vrai esprit de solidarité à l’appel de détresse lancé à l’endroit des hommes de bonne volonté.
Pour eux, cette aventure relève du miracle ; de quoi affermir leur foi chrétienne.
Une journaliste d’Europe 1, au cours d’une entrevue nous avait dit : « 15.000 euros c’est rien, par rapport à une vie ». Vérité de Lapalisse si on se porte dans le domaine de l’absolu. Cependant pour une famille dont le revenu est proche de 300 euros par mois, c’est carrément un obstacle infranchissable.
Maintenant la mobilisation doit se concentrer sur lez transfert d’énergie positive pour que tout se passe comme prévu.

samedi 29 septembre 2007

Rivière Froide coule à sec



Quasiment asséchée par endroit, Rivière-Froide, jadis joyau des habitants de Carrefour, est aujourd'hui bourbeuse, congestionnée de pierrailles et de gravats provenant de l'exploitation anarchique des mines de sable et de pierres situées en amont.
Arrosant autrefois plusieurs sections communales de Carrefour, ce cours d'eau a depuis longtemps perdu ses lettres de noblesse, sa belle réputation des années 60, 70 et 80.
Jeudi 20 septembre 2007, vers 10 heures du matin, des camions appartenant à une firme de construction viennent transporter de Rivière-Froide d'importantes quantités de remblais qui seront utilisés au remblayage du tracé de la route de Carrefour passant par les rails en construction depuis trois années. Cette opération se déroulait sous les yeux attentifs de M. Juste Jean Sergot, le coordonnateur du CASEC de Rivière-Froide. « Je suis doublement inquiet.
D'une part, je ne sais ce qui en retour reviendra à la section communale, et, d'autre part, je suis plutôt content que la rivière soit débarrassée de ces remblais qui empêchent l'eau de couler à flot comme il se doit .» « Certaines mines de sable et de roches sont interdits d'exploitation.
Pourtant, les exploitants sont quotidiennement à l'oeuvre. Le ministère des Mines devrait intervenir afin de mettre un terme à l'exploitation anarchique de sable dans ces sections communales », explique M. Rosemond François, membre du cartel d'ASEC de la zone. Il se dit dégoûté et révolté par le laxisme affiché par les autorités du pays qui, à son avis, n'ont rien fait pour éviter pareille situation. « Aujourd'hui, ce cours d'eau est réduit en un filet qui s'affaiblit graduellement sur son parcours », a-t-il poursuivi en pointant du doigt le lit de la rivière.
Dans les années 70, toute la zone de Rivière-Froide était encore une référence en matière de verdure. A partir de 1986, des phénomènes sociaux qui affectent les principales régions du pays tels que exode rural, déboisement, n'ont pas épargné Rivière-Froide, 10e section communale de Carrefour. Et depuis, la dégradation de l'environnement se poursuit.

Sur les rives gauche et droite de ce cours d'eau, des individus chassés par la misère qui frappe de plein fouet la paysannerie viennent ériger des bicoques. Nombre de ces habitats sont privés de latrine, a-t-on constaté. Ces logis sont pour la plupart construits sur des pentes. Ce qui constitue un danger permanent pour ceux qui y demeurent lors des précipitations qui occasionnent à répétition glissements de terrain et éboulements. Des solutions en perspectivePour faire face à cette situation, la mairie de Carrefour a déclenché depuis plus d'un mois une opération baptisée : « An'n sove Rivyè Fwad ». D'intenses travaux de gabionnage sont prévus sur les deux rives de la rivière. Les travaux de ce projet financé, entre autres, par la Banque mondiale, ont par ailleurs déjà commencé, a fait savoir le premier citoyen de cette commune, M. Yvon Jérôme, sur les ondes d'une radio de la Capitale.

Les autorités municipales espèrent, à l'achèvement de ces travaux, réduire en certains points les risques d'éboulement provoquant de considérables dégâts surtout après les averses.Au cours de sa récente visite dans cette localité, le maire de Carrefour a laissé entendre qu'un programme, qui vise à relocaliser les populations à risque de Rivière-Froide, est en cours d'élaboration.
Cependant, les autorités locales mettent en doute la réalisation de ces projets. Les averses qui se sont abattues sur la capitale et ses environs, le 9 août dernier, ont laissé 20 familles sinistrées, a rappelé M. Jean Sergot, coordonnateur du CASEC de la localité. « Le bilan risque d'être encore plus lourd à l'avenir si ces projets restent au stade de voeux pieux », ajoute-il. La gestion catastrophique de environnement ne s'arrête pas à Rivière-Froide. « Regardez, dit M. Jean Sergot, les amas d'ordures qui sont largués dans ce qui reste de lit de la rivière et certains habitants y jettent même avec mépris des sacs remplis de fatras.»Heureusement, il faut constater que cette situation ne connaît pas d'extension. La vigilance des autorités locales permet tant bien que mal de maîtriser l'assainissement de la section communale. Au niveau de Taifer et de Dufresney (deux sections communales de Carrefour situées à proximité de celle Rivière-Froide), l'exploitation croissante et anarchique des mines de sable constituent l'un des facteurs fondamentaux qui a largement contribué à réduire le débit de la rivière.

Un paradis perduAu cours des années 60, 70 et au début des années 80, de nombreuses familles de Port-au-Prince et d'ailleurs, guidées par certaines coutumes et croyances populaire, venaient lessiver, à la fin du mois de décembre, linges et vêtements à Rivière-Froide. Elles espéraient par cette pratique se défaire de toutes les guignes de l'année écoulée et s'attirer la chance pour le nouvel an.
Rivière Froide était, à cette époque, l'un des plus importants cours d'eau de la commune de Carrefour. Elle coulait allègrement à travers les sections rurales de Platon-Dufresney et de la localité portant le même nom (Rivière Froide) jusqu'à l'Etang du Jonc.Aujourd'hui, il ne reste presque plus rien de ce qui fut dans les années antérieures un site agréable où venaient se baigner toutes les couches de la population carrefouroise et d'ailleurs.
Et même la rivière de « pass kresson », très fréquentée jadis, où la culture du cresson était très répandue, est pratiquement dénaturée. Quelques rares cressiculteurs maintiennent, en dépit de tout, leurs activités dans la contrée. En se remémorant de la belle époque où Rivière-Froide était ce qu'elle n'est plus aujourd'hui, il n'est pas permis d'oublier ces sculpteurs, qu'on peut heureusement encore croiser. Bien que moins nombreux, les amants et les professionnels de cet art continuent de concevoir de magnifiques oeuvres artisanales en pierres taillées.
A en croire Rosemond François, un sculpteur âgé de 30 ans, c'est un mouvement qui a démarré dans les années 65-70 avec un sculpteur haïtien, Georges Laraque, le premier à venir exécuter ses oeuvres au bord de la Rivière-Froide. Jean Brunel Rocklor, Jean Horace Salomon et bien d'autres s'inscrivent dans cette lignée d'artistes qui par leurs créations tant originales qu'étonnantes ont fait la réputation de l'endroit. « Les acheteurs sont en général de grands amateurs d'art et de prestigieux collectionneurs dont Patrick Cauvin », nous a dit avec satisfaction le jeune François.
De son passé glorieux à son avenir incertain, Rivière-Froide fait aujourd'hui appel à tous en vue de sauver ce qui peut l'être encore. Autorités centrales et locales, riverains et passants, jeunes et vieux, si ce cri d'alarme vous interpelle, agissez maintenant avant qu'il ne soit trop tard. Agir : c'est maintenant ou jamais.

Béanet Wagnac

Décision faible, occupants forts

La décision des autorités municipales de Port-au-Prince de déloger les petits détaillants des trottoirs n'a pas fait long feu. Moins de trois mois après, les anciens occupants reviennent, en toute quiétude, étaler leurs tréteaux.
A la rue Mgr Guilloux, tout près de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti, comme dans plusieurs autres rues de la capitale, les trottoirs ainsi qu'une bonne partie de la voie réservée aux automobilistes sont envahis par des détaillants. Ne laissant aucune ouverture aux piétons, ces commerçants se débrouillent comme bon leur semble. « Lari a se pou machin, twotwa se pou pyeton ! », rappelle une jeune fille à une détaillante qui lui lance des injures après avoir heurté son lot de marchandises étalées sur un trottoir situé à l'angle des rues Saint-Honoré et Mgr Guilloux.

Dans cette zone, les petits commerçants qui ont été délogés des trottoirs quelques semaines après l'installation du conseil municipal de la commune de Port-au-Prince sont retournés à leur place. Le même phénomène s'observe à la rue Pavée et au boulevard Jean-Jacques Dessalines aux alentours de la Téléco et à un pas du sous-commissariat Cafeteria.
Les détaillants qui occupaient ce carrefour étaient forcés de laisser cet espace au cours du mois de juillet dernier. Actuellement, ils ont réinstallé leurs tréteaux en toute liberté. Selon des piétons, une telle situation montre combien sont temporaires les actions de nos autorités. « Nous nous demandons pourquoi ce n'est pas la priorité de nos décideurs d'adopter des décisions fermes qui peuvent aboutir au décongestionnement de la capitale », a fulminé un urbaniste de renom qui veut garder l'anonymat.
C'est le même scénario pour certains trottoirs fraîchement réhabilités par le ministère des Travaux publics, Transport et Communications (MTPTC). Le nombre des détaillants qui envahissent les trottoirs a augmenté, selon certains observateurs.
A côté de l'église Sainte Bernadette à Martissant, les trottoirs qui sont fraîchement réhabilités se transforment en atelier de menuiserie et en garage de fortune. « Cette situation constitue un vrai handicap pour les piétons. Chaque matin, je suis obligé de jouer à la marelle de peur de faire une collision avec des lots de marchandises qui obstruent mon passage », se plaint Etienne, un écolier contournant le portail de Léogane.
Dans ce même lieu, une station de minibus et une autre station de motocyclettes ont créé un énorme bouchon qui entrave piétons et automobilistes. Ce phénomène de reconquête des trottoirs par des détaillants s'observe presque au niveau de toute la zone métropolitaine.

Au Champ de Mars, à l'avenue John Brown comme à la rue Capois, les trottoirs sont transformés une fois de plus en marché. A côté de ce phénomène, les coins de certaines rues et de quelques édifices publics et privés se convertissent en urinoirs par des citoyens indécents et très peu sociables. C'est le cas, par exemple, du mur séparant l'Antigang de la rue Mg Guilloux.
« Cet état de fait ne fait pas le bonheur d'une ville qui vient de fêter à peine son 258e anniversaire », a déploré Jeannette, une étudiante en sociologie qui se sent révoltée du non respect de l'espace public par la majorité de nos concitoyens.


Wanzor Beaubrun

jeudi 27 septembre 2007

JOURNÉE INTERNATIONALE SANS VOITURES / L’état du transport public en Haïti


Par Jean Panel Fanfan et Ivan Casseus
fanfanjeanpanel@yahoo.fr

La journée internationale sans voiture, excepté pour le transport en commun, observée annuellement le 22 septembre offre l’opportunité, en Haïti, de mettre en relief les conditions de plus en plus préoccupantes dans lesquelles évolue la circulation automobile, particulièrement en ce qui concerne les véhicules publics.

Ils sont légion, en effet, ceux et celles pour qui le secteur du transport de passagers est devenu rien moins que catastrophique. La presque totalité des véhicules préposés à ce trafic sont en tout et pour tout des guimbardes recyclées et ne répondant à aucune norme tant au niveau de leur apparence que de leur fonctionnement. Leurs opérateurs, souvent, ne sont pas eux-mêmes imbus des notions de conduite ou s’en moquent ostensiblement.

Dans toute la zone métropolitaine, l’improvisation s’est érigée en norme car, mis à part les efforts des agents de l’ordre pour maintenir une certaine cohérence le long des grandes artères et intersections, les véhicules publics, qui ne sont pas astreints à des stops spécifiques etbien aménagés pour recevoir et débarquer des passagers, interrompent de façon répétitive le flot du trafic.
Ces dernières années, la pratique consistant à sectionner des trajets autrefois clairement établis est venue s’ajouter aux difficultés quotidiennes des usagers du transport public. C’est ainsi que l’itinéraire Port-au-Prince – Pétion-Ville qui partait autrefois des abords de Notre Dame du Perpétuel secours pour s’achever en face du cimetière de Pétion-Ville est désormais divisé en trois parties. Les directives des autorités dans le but d’y mettre un frein sont apparemment sans effet.

Quid du ministère des Transports ?Il est aujourd’hui clair qu’après les échecs de la Conatra et de Service Plus, deux initiatives étatiques, toute nouvelle entreprise de transport public du même type serait – en l’absence d’une structuration réellement exhaustive et d’investissements proportionnels à l’actuelle explosion démographique –, vouée à un échec certain.

Le palpable désintérêt des autorités préposées au transport public serait aisément explicable à cause de l’évidente carence des fonds nécessaires pour un projet d’une telle envergure. Mais, cette liberté qu’ont des milliers d’entrepreneurs de transporter des dizaines de milliers de passagers comme et où ils veulent, et quand bon leur semble sans la moindre responsabilité de leur part, ne devrait-elle pas, en contrepartie, être sujette à certaines obligations ?
Les chauffeurs de tap tap coupent, inversent et interrompent leurs itinéraires simplement parce que leurs véhicules ne sont pas identifiables. Aujourd’hui, il est impossible pour les passagers de savoir à l’avance s’ils aboutiront à un terminus donné sans changement de route, dépendamment de l’humeur du conducteur ou des opportunités qui surviennent, car c’est l’anarchie totale.
Des couleurs et une numérotation spécifiques pour chaque circuitDans le temps, les véhicules préposés à un circuit donné étaient immédiatement identifiables par leur marque. C’est ainsi que, durant plusieurs années, le circuit Centre ville – Bourdon – Pétion-Ville était assuré par les grosses « Station Wagon » américaines qui furent remplacées par les Peugeot 404 et 504 « familiales ». Maintenant, ce même circuit, ainsi que tous les autres, sont non seulement morcelés mais ils sont parcourus par des pick-up japonais à qui ne sont conformes à aucune norme de sécurité.

Contre le privilège qu’ils ont d’exploiter les différents itinéraires à volonté, l’instance qui a droit de regard sur cette activité économique pourrait, tout au moins, attribuer une ou des couleurs spécifiques reconnaissables par tout un chacun pour chaque circuit donné et dans son intégralité. Le véhicule pourrait, en outre, être requis d’arborer de façon clairement visible le numéro d’un permis exigible en contrepartie du droit d’exploitation du circuit.
Finalement, les opérateurs pourraient établir, conjointement avec ladite instance, un tarif se situant entre les deux ou trois actuellement extorqués et le prix unique que vaut réellement la course.
Le coût de la vie est un fardeau et un sujet de préoccupation pour toutes les couches sociales. Maintenant, avec la rentrée des classes, il passe à un niveau encore plus pénible pour des milliers de parents dépourvus de véhicules personnels et qui doivent quotidiennement conduire leurs enfants à l’école.
Dans ce contexte, l’État ne devrait-il pas intervenir davantage là où, à présent, seules les décisions et récriminations concernant le prix de l’essence et les plaques d’immatriculation font l’actualité.

jeudi 20 septembre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=8650

L'actualité en question

Le premier sénateur de l'Ouest, Jean Hector Anacacis, a vertement fustigé les parlementaires qui ont accepté de recevoir des fonds dans le cadre d'une subvention prévue dans le budget rectificatif 2006-2007 pour la rentrée des classes.
L'intervention du sénateur de la plate-forme LESPWA fait pendant aux rumeurs de malversations entourant la gestion de ces fonds par des parlementaires dans leur circonscription ou leur département.Les incidents enregistrés jusqu'ici ne sont pas les derniers et étaient prévisibles, a indiqué le sénateur Anacacis qui a dédouané l'Exécutif dans cette affaire.
Les parlementaires ont eux-mêmes inscrit ce poste dans le budget, a-t-il précisé expliquant l'empressement de certains de ses confrères par un souci de trouver des moyens de financement de leur campagne...
Dans certaines zones du pays, cette histoire de millions de gourdes octroyées aux parlementaires pour subventionner des élèves économiquement pauvres donne déjà lieu à des esclandres.

Pensez-vous que c'est le seul moyen qui s'offre aux parlementaires pour venir en aide à leur population respective?Les fonds confiés à ces parlementaires ne pourraient-ils pas être utilisés pour jeter les bases de 10 écoles ou lycées dans les départements du pays? Pensez-vous que l'Exécutif veut piéger ces parlementaires qui constitutionnellement n'ont aucun droit de gérer des fonds pour l'Etat? Même quand les parlementaires auraient géré efficacement les fonds et présenté un rapport avec des pièces justificatives à l'appui, quelle instance de l'Etat se changerait de leur donner quittance de cette gestion?Selon vous, les parlementaires, agissant par simple ignorance des normes, sont-ils animés de bonnes intentions?

Qui finance les PME en Haïti ?


Des acteurs représentant des PME et le secteur de la finance discutent, ce mardi, autour du thème « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti », un atelier organisé par le CLED.

Les différents acteurs et intéressés se sont réunis, ce mardi, au Ritz pour discuter, analyser et proposer des solutions autour de la « Problématique du financement pour les Petites et moyennes entreprises de production et de service en Haïti ». Cet atelier organisé par le Centre pour la libre entreprise et la démocratie (CLED) avec le financement du PRIMA cherche à identifier les accrocs au financement du secteur des PME en vue de les surmonter.

Les différents panélistes qui se sont succédé ont, à leur manière, fait ressortir les difficultés ayant trait au financement. Les représentants du secteur financier ont mis en exergue la faiblesse des dossiers, du management, des évaluations incorrectes, l'absence de statistiques et une kyrielle de manquements justifiant leur philosophie d'extrême prudence.

La directrice exécutive du CLED, Marie Nadine Gaston, croit que si l'on admet l'hypothèse d'accès au crédit avec les différents acteurs réunis, si les problèmes sont clairement et bien identifiés, le secteur financier représenté par les banques commerciales, les banques de développement et les caisses populaires à cet atelier sauront proposer les meilleures solutions.

Mme Gaston qui a mis l'emphase sur le rôle et la participation des différents secteurs représentés a fait appel à la responsabilité de l'Etat pour que les actes du colloque n'aillent pas pourrir dans les tiroirs.Juliette Nicolas Tardieu, propriétaire d'une auberge à Jérémie et responsable d'une librairie voit de nombreux autres problèmes au-delà du financement. Pour elle, le financement n'est pas forcément le noeud gordien de la question, les infrastructures de toutes sortes, la formation, le savoir-faire entravent trop souvent le résultat de bon nombre d'entrepreneurs. « On se retrouve tout le temps à gérer un cercle vicieux, avec un propriétaire-dirigeant qui fait tout. Trop souvent ces PME n'ont pas les moyens de faire appel à des professionnels qui peuvent produire la documentation de support réclamée par les institutions de financement », a indiqué Mme Tardieu soulignant que le manque de réglementation ou le rôle régulateur de certaines institutions se présente comme un danger qui mine l'activité des PME.

Sauveur Delva, directeur de l'OCODER représentant le secteur paysan, se plaint de l'indisponibilité du crédit en faveur de la classe paysanne. Il réclame des secteurs bancaire et financier une extension de services de crédits tout en plaidant pour la décentralisation des « richesses » du pays. Yvon Yacinthe Faustin de Top La, une entreprise de transformation de produits agricoles appartenant à l'Association des paysans de Vallue (APV) confie que le PRIMA finance un projet où Top La deviendra à terme soit une coopérative ou une société par actions avec les paysans comme investisseurs. M. Faustin qui est également trésorier de l'APV se demande si les PME ne financent-elles pas les banques commerciales ?Michel Chancy, directeur exécutif de Vétérimed, une ONG qui gère un réseau de producteurs laitiers à travers le pays (Lèt a Gogo) en dépit du fait qu'il comprend la philosophie des institutions commerciales en évitant de prendre trop de risques invite ces dernières à remplir leur rôle social. « Le développement des PME et du pays passe inévitablement par la contribution des institutions financières », conclut le directeur exécutif de Vétérimed ajoutant que le financement demeure le problème majeur du secteur agricole haïtien.

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com

L'Etat prêche d'exemple

Les salaires mensuels des grands commis de l'Etat, des fonctionnaires et agents de la fonction publique vont connaître un ajustement allant de 20% à 36%, a-t-on appris de sources sûres. Cet ajustement préparé par le Comité de Pilotage du Ministère de l'Economie et des Finances (MEF) devrait être effectif à partir du mois d'octobre 2007, avec le vote du budget de la République. Il s'agit du troisième réajustement des salaires par rapport au coût de la vie consenti depuis en moins de trois exercices fiscaux.

Les pouvoirs publics avaient déjà opéré en janvier 2005 un ajustement des salaires des fonctionnaires et agents de la Fonction publique. Cet ajustement a été rendu possible après une rectification du budget de la République. En octobre 2006, employés, fonctionnaires et agents de la Fonction publique ont reçu un ajustement de salaire d'au moins 14% pour les aider à faire face à l'inflation et à la cherté de la vie. Et pour le prochain exercice fiscal, cet ajustement variera de 20 à 36%, selon les prévisions du Ministère des Finances.

Du personnel de soutien au personnel de décision pour le barème de salaire intermédiaire, du clerc de l'Office d'état civil au président de la Cour de Cassation pour les membres des instances judiciaires, de l'Agent I au Directeur général de la PNH, le personnel de la Police nationale d'Haïti, et de l'Instituteur I au Directeur de Lycée, en passant par les professeurs suppléants, les professeurs à temps plein et les censeurs pour le personnel enseignant, ce nouveau barème essaie d'intégrer tout type d'acteurs de l'Administration, selon les documents préparés et proposés par le Comité de Pilotage du MEF. A mesure que le fonctionnaire ou l'agent de la fonction publique est placé sur un échelon inférieur de la hiérarchie, à mesure que son pourcentage d'ajustement est plus élevé, selon les termes des nouvelles propositions.

Pour les membres de l'appareil judiciaire, par exemple, le président de la Cour de Cassation, plus haute personnalité du pouvoir judiciaire, qui gagnait jusque-là 101.000.00 Gourdes comme salaire va voir celui-ci augmenté de 20% pour passer à 121.000.00 Gourdes. Le Commis-Parquet des tribunaux de Première Instance qui, du personnel judiciaire, perçoit le plus bas salaire, va maintenant recevoir une rémunération passant de 4.700.00 Gourdes à 6.350.00 Gourdes suite à un ajustement de 35%.

En termes réels, le plus grand écart de salaire observé au niveau de l'appareil judiciaire est celui existant entre les Commissaire du Gouvernement et leurs substituts. En effet, à la Cour de Cassation, le Commissaire du Gouvernement et les juges gagnent le même salaire. De 67.500.00, le montant de leur chèque passera à 84.400.00 Gourdes, soit une augmentation de 25%, alors que pour un même pourcentage, les substituts du Commissaire du gouvernement près de cette cour percevront 54.600.00 Gourdes à partir d'octobre prochain, soit un écart d'environ 35%. Le même constat est entre les commissaires du gouvernement et leurs substituts près les Cours d'Appel et des Tribunaux de Première Instance. Pour les Cours d'Appel, le Commissaire en chef aura en octobre 2007 un chèque au montant brut de 50.300.00 et le Commissaire en Chef près les Tribunaux de Première Instance aura, quant à lui, 38.600.00 Gourdes alors que leurs substituts auront respectivement 38.600.00 Gourdes et 28.900.00 Gourdes, soit une différence de 23% pour les premiers et de 25% pour les seconds.

Pour la Police nationale d'Haïti (PNH), à partir de la nouvelle année fiscale 2007-2008, un agent I situé su le premier échelon dans la hiérarchie de l'institution aura, à partir d'octobre 2007, un chèque au montant de 15.400.00 en augmentation du salaire de 11.850.00 Gourdes qu'il gagne jusqu'à présent, soit une augmentation de 30% ; alors que le Directeur général, pour sa part, va recevoir 84.400.00 suite à une augmentation de 25%.

En ce qui concerne la PNH, il faut noter une faible variation de pourcentage d'augmentation comparativement aux autres catégories de fonctionnaires. De l'agent I à l'Inspecteur divisionnaire, le pourcentage d'augmentation par rapport au salaire précédent est de 30% ; du Commissaire de police au Directeur général, le pourcentage est de 25%. Le personnel enseignant est le secteur qui va recevoir le plus grand pourcentage d'ajustement de salaires à partir d'octobre 2007. Les variations pour ce secteur vont en effet de 30% à 36%. Cependant, à comparer aux autres, il s'agit du secteur le plus négligé eu égard aux efforts consentis. En ce domaine, les salaires varient de 24.050.00 Gourdes (30%) pour un Directeur de Lycée à 7.100.00 Gourdes (35%) pour un Instituteur IV. Toujours dans cette catégorie socioprofessionnelle, un directeur d'école primaire (fondamentale) aura 10.900.00 Gourdes (35%) alors qu'un professeur suppléant au niveau secondaire aura, quant à lui, 7.100.00 Gourdes (35%). Le professeur à chaire simple (six heures au maximum par semaine) va recevoir un salaire de 6.200.00 Gourdes (36%), ce qui équivaut à un salaire-horaire d'au moins 250.00 Gourdes par heure.

Il faut noter qu'en dépit ce faible salaire attribué au personnel enseignant par rapport aux autres secteurs, il reste globalement meilleur par rapport au secteur privé. Dans la plupart des établissements scolaires privés, le salaire proposé aux enseignants reste une pitance par rapport aux exigences académiques et aux services fournis. Au niveau du barème des salaires intermédiaires, les variations sont de 25%, 30% et 35%. Les membres du personnel de soutien de niveau III et de classe I, placés dans la rubrique du salaire minimum, vont, suite à un ajustement de 35%, recevoir en octobre 2007 un salaire de 3.650.00 Gourdes. L'agent qui lui est exactement supérieur va, pour sa part, recevoir un salaire de 5.000.00 Gourdes, ce qui équivaut à un salaire de 250 Gourdes par jour à raison de vingt jours de travail par mois. Ce qui est largement supérieur au salaire proposé aux ouvriers du secteur de la sous-traitance.

Avec la cherté de la vie et le taux d'inflation tournant annuellement autour des 10%, cet ajustement de salaire va apporter un ouf de soulagement aux fonctionnaires et agents de la fonction publique. L'Etat haïtien, prêchant d'exemple, à partir de cet ajustement, invite le secteur privé des affaires à emboîter le pas pour ne pas être en reste en matière de ressources humaines qualifiées.

Samuel BAUCICAUT

baucicaut@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48933&PubDate=2007-09-25

vendredi 21 septembre 2007

Les activités de portefaix affectent la région cervicale

80% des marchand(e)s de 35 à 40 ans s'adonnant aux activités de portefaix ont une déviation cervicale exagérée. Preuve de l'impact de ce métier sur cette catégorie socio-professionnelle. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Ritho Planteau, étudiant finissant à l'Ecole des Sciences infirmières (ESI) de l'Université Notre-Dame d'Haïti
«Sur (100) marchands choisis, 28 sont des vendeurs de pain, 20 d'entre eux sont des marchands de charbon, 32 sont des vendeurs de légumes et 20 sont des vendeurs de riz», indique l'étude qui fait état de ces marchands avec leur panier reconstitué élargi, surchargé à l'excès. Et circulant dans les rues de la capitale où ils enregistrent, sans s'en rendre compte, des conséquences cliniques néfastes sur leur colonne cervicale.

Ritho Planteau qui reconnaît que tout travail de recherche impose des exigences, du temps, de l'adaptation et par-delà diverses contraintes, une persévérance dans l'action entreprise, avoue avoir fait face à de nombreuses difficultés au cours de l'élaboration de ce travail. «Nos observations nous prouvent que la déviation de la région cervicale liée à la pratique de portefaix cause un problème de handicap lent et progressif au sein de la population», fait-il remarquer en attirant l'attention sur le fait que ce métier est pratiqué aussi bien par des femmes que par des hommes.

D'autant que les objectifs poursuivis dans ce travail de recherche étaient d'identifier les risques de la déviation cervicale pour pouvoir informer les marchands concernés, les éduquer et soulever les problèmes liés au métier de portefaix.«28% de ces marchands n'ont aucun niveau d'éducation et 77% sont de niveau primaire et secondaire», note l'étudiant qui estime inférieur à ceux des lettrés le taux d'analphabètes. De plus, la majorité des marchands résident dans les bidonvilles, soit 85% de l'échantillon; tandis que 15% résident en ville, ce qui justifie la variable économie sociale.

Cadre théorique
Tout travail de recherche scientifique doit avoir une base théorique pour le valider. Aussi, Ritho Planteau dit avoir choisi parmi les grandes théories socio-anthropologiques. Il s'agit d'une approche fonctionnaliste (toutes les activités sociales remplissent une fonction correspondant à un besoin dans le système social), d'une approche structuraliste (en termes de modèle conceptuel) et d'une approche systémique (qui tient compte des interrelations et de l'interdépendance).

Cette dernière, estime M. Planteau, rend l'action plus efficace d'englober un système dans sa totalité, sa complexité et sa dynamique. Elle a été utilisée parce qu'elle permet de décrire la structure sociale dont relève la catégorie socioprofessionnelle considérée, aussi bien que d'analyser son fonctionnement à partir de ses interrelations avec d'autres composantes de la société haïtienne.

Cadre humain
Ritho Planteau explique, à partir de ces références, avoir recherché les facteurs qui influencent ou contribuent à l'émergence de cette pratique. Les soins ne sont pas accessibles à tous, ce qui implique qu'économiquement les marchands ne peuvent répondre à toutes les exigences médicales et paramédicales. «A cause de la distance des lieux d'établissement, d'absence de spécialité, leurs besoins primaires ne peuvent être comblés de façon aussi bien quantitative que qualitative. Faute d'argent», analyse M. Planteau qui croit que ce fait prend une allure politico-économique, socio-sanitaire et culturelle.

Prenant en compte l'aspect socio-sanitaire du problème, Ritho Planteau note que l'une des caractéristiques de la société haïtienne est le type d'entretien de facteurs marginaux dans son organisation et son fonctionnement. «Dans cette société, ceux qui pratiquent le métier de portefaix sont des êtres humains. Ils ne fréquentent pas souvent un centre de santé sur le plan social et sanitaire, pas plus qu'ils ne jouissent d'une grande considération», écrit-il.

Ils sont vulnérables à la maladie à cause du peu de soins qu'ils se procurent, de la diminution des mécanismes de défense de leur organisme et de leur réserve physiologique.

«La majorité des marchands de plus de 35 ans souffrent au moins d'une maladie, comme en témoigne un qui dit souffrir de la thyroïde. Une autre marchande avoue être atteinte d'ulcère gastrique.»

La problématiqueLa façon dont les gens pratiquent le métier de portefaix n'est pas sans conséquences sur leur état de santé. On relève notamment une déformation et un tassement des vertèbres, un raidissement de la zone cervicale, un oedème veineux de la zone (gonflement de la carotide).

Tous ces phénomènes mettent en exergue un problème où tout un groupe de professionnels, d'humains, de femmes, d'hommes, de jeunes et de handicapés au fil du temps se trouveront en plein chômage n'ayant d'autre profession que celle de portefaix. Sans prise en charge au niveau sanitaire. Charbon, ciment, paniers de pain, blocs en céramique on en ciment, paniers de fruits, sacs de riz dans les rues constituent les éléments de surcharge.Recommandation
Ritho Planteau a donc posé des diagnostics infirmiers pertinents: eu égard au manque de connaissance sur les risques du métier. Il adresse en conséquence des recommandations aux responsables du ministère de la Santé publique pour qu'ils prennent en charge les marchands, c'est-à-dire prévoir dans les centres de santé le dépistage de ce mal. Il propose un encadrement pour formaliser cette pratique et une campagne de sensibilisation sur les dangers de cette pratique. Il suggère l'utilisation des brouettes, mobilettes, chariots, etc par les marchands exerçant le métier de portefaix à Port-au-Prince comme dans les villes de province.
Robenson Bernard

La gestion de l'eau en Haïti, une catastrophe

A Port-au-Prince, comme dans les différents départements du pays, la population est exposée à la consommation de l'eau non traitée. Cette problématique a été au coeur des discussions suite à un documentaire projeté récemment, à la Fondation Konesans ak Libète (Fokal), sur la mauvaise gestion de l'eau dans l'aire métropolitaine.
« En dépit des activités organisées en Haïti par des institutions nationales et internationales pour sensibiliser la population sur la gestion de l'eau et son importance dans la vie quotidienne, aucune solution n'a été apportée à ce phénomène qui constitue aujourd'hui l'un des problèmes majeurs de notre société », a expliqué Anne-Marie Auguste, responsable de l'Association pour la Promotion de la Santé Intégrale de la Famille (APROSIFA). Mme Auguste s'exprimait ainsi suite à la projection d'un documentaire autour du thème : « La mauvaise gestion et la mauvaise exploitation de l'eau à Port-au-Prince ».

Cette projection-débat s'inscrivait dans le cadre d'une campagne lancée en août 2006, à Carrefour-Feuilles, visant, entre autres, à réduire le taux de violence dans ce quartier lors des périodes de bouleversement politique. Le documentaire, réalisé par plus d'une vingtaine de jeunes, montre clairement la volonté de ces derniers de s'engager dans la lutte pour la préservation de l'eau, de l'environnement, a fait remarquer la responsable de l'APROSIFA.

Participant à cette activité, le maire-adjoint de Port-au-Prince, Nadège Augustin a informé que la mairie travaille d'arrache-pied en vue d'apporter des solutions à ce problème auquel fait face la population haïtienne, celle de Port-au-Prince en particulier.
Dans un exposé émouvant, un membre de la protection civile de Port-au-Prince a révélé que les quartiers de la Grand'rue, du Bicentenaire, de la ruelle Alerte sont alimentés par deux conduits hydrauliques défectueux et percés qui traversent le cimetière de Port-au-Prince. « Sous le gouvernement de transition, nous avons contacté les responsables de la CAMEP, photos à l'appui, au sujet de ses deux conduits. Ces derniers feignaient de les ignorer », a-t-il déploré tout en estimant que le gouvernement doit adopter des mesures concrètes en vue de résoudre ce problème qui constitue une menace grave pour la santé de la population de ces zones.
La mauvaise distribution et le gaspillage de cette ressource rare, la mauvaise gestion des bassins versants, des nappes phréatiques, la coupe anarchique des arbres sont, entre autres, des problèmes soulevés par les intervenants et les jeunes de l'APROSIFA au cours de ce débat.
L'accès à l'eau potable, a ajouté Mme Auguste, constitue une préoccupation constante pour les femmes haïtiennes qui, souvent, sont contraintes de parcourir des kilomètres pour s'en approvisionner. Elle invite tous les secteurs de la vie nationale y compris la diaspora à travailler activement en vue de trouver une solution définitive à ce problème.
De son côté, Roberson Octave, qui a contribué à la réalisation du documentaire, a, au nom de ses collègues, remercié les différentes institutions qui ont contribué à la réussite de ce projet à Carrefour-Feuilles. « L'espoir d'une nation repose sur une jeunesse éduquée », a-t-il indiqué à l'assistance composée de représentants d'institutions nationales et internationales dont la mission médicale cubaine, l'OXFAM, l'OEA, le Réseau des femmes candidates pour gagner, Enfofanm, etc.

Amos Cincir

cincir2005@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48313&PubDate=2007-09-21

mercredi 19 septembre 2007

Alerte au déluge ... Port-au-Prince... Haïti

L'eau peut causer d'irréparables dégâts dans la capitale, faute de mesures urgentes. A la rue Capois, à l'angle de la rue Nicolas, le Bureau de la Poste n'est pas protégé à cause d' une mare qui s'installe confortablement au carrefour. « Venez vite prendre votre colis, A cette époque de pluie, l'eau peut tout emporter», dit un facteur de la Poste. L'eau et le papier, c'est comme le citron et le lait. Et qu'est-ce qu'il en est des hommes, des édifices et de la ville ?...
A Port-au-Prince, à la moindre goutte de pluie, on a peur que les mornes qui l'entourent ne s'effondrent sur les hommes, les immeubles et les véhicules. L'averse du dimanche 16 septembre vient confirmer la fragilité d'une ville livrée aux forces de la nature. Tout a débuté par une petite pluie fine, sans trop grande prétention. Pourtant, quand l'orage commence à tonner dans le ciel nuageux, on se communique, de voisins en voisines, un message inquiétant. On se croirait aux temps prophétiques.
Celui-là a été à la messe du dimanche dans une église protestante et est revenu avec l'idée obsédante de l'apocalypse proche. « Les ténèbres couvriront la terre », répète-t-il d'après le sermon du pasteur. Si on a un peu de culot pour répondre: « On est déjà dans la catastrophe, pourquoi annonce-t-on, avec tant de désinvolture, la fin du monde ? » La riposte tombe, nette et drue : « Le Seigneur ne ment pas ! » Bien sûr ! Mais il faut savoir lire. Pour changer.
Sur ce fond de croyances religieuses et de pessimisme à couper au couteau, se présente une réalité qui n'épargne aucun quartier de la capitale. Au Canapé-Vert comme au Bois-Verna, à Pacot comme à Carrefour-Feuilles, au Boulevard Jean-Jacques Dessalines et au Bicentenaire, il suffit de vingt minutes de pluie pour qu'on assiste au spectacle de nos avenues et ruelles transformées en rivière en crue.
L'averse de dimanche a fait monter les eaux à un niveau inattendu. Les automobilistes ont eu une de ces peurs ! L'eau est rentrée dans les cours des résidences en raison des canalisations non entretenues, obstruées par des objets ménagers de toutes sortes, depuis la petite bouteille de plastique jusqu'au matelas d'un mariage si tourmenté que le couple a jugé bon de jeter, « la mauvaise chance du foyer dans l'eau sale du mois de septembre ». Tout ce bataclan abandonné dans le ravin le plus proche est emporté par des trombes d'eau qui cherchent, dans le tumulte diluvien, leurs voies de sortie.
L'averse de dimanche a fait peur aux résidents de divers quartiers de Port-au-Prince. On les a vus munis d'un balai ou d'une serpillière dérisoire, le visage inquiet, les traits tirés, poussant l'eau qui arrive jusqu'à leur galerie. D'autres, moins fortunés, en profitent pour jeter leurs immondices le long des trottoirs. On voit passer ces choses sales, humides, noircies et s'étalant sur la chaussée tels de tristes bouquets d'une époque décadente.
A la rue Capois, à l'angle de la rue Nicolas, le bureau de la Poste n'est pas protégé par une mare qui s'installe confortablement dans une poche... aménagée par nos apprentis urbanistes. « Venez vite prendre votre colis. A cette époque de pluie, l'eau peut faire beaucoup de dégâts», dit un facteur de la Poste. Des précautions précaires ont été prises pour endiguer l'eau par la construction de faibles barrages de ciment servant aussi d'inconfortables escaliers.
« Le problème est en dessous, dans les égouts non curés et ne répondant plus au volume de déchets d'une population chaque jour plus nombreuse », affirme un résident de la rue Capois. « Imaginez notre poste envahi par les eaux ! C'est fini pour nos documents importants ! » continue-t-il. Tout le monde sait que l'eau et le papier, c'est comme le lait et le citron. Mais, qu'est-ce qu'il en est pour les hommes, les résidences et toute la ville ?
LES NOYES DE LA RAVINE ZONYON
L'averse de dimanche a réveillé une vieille angoisse collective que les pluies sporadiques du cyclône Dean n'avaient pas provoquée. Tout le monde est resté vigilant. «Quand le malheur frappe à la porte, on ne peut pas se permettre de dormir», avance une fidèle de l'église wesleyenne. « Heureusement, qu'un travail a été fait dans l'infrastructure de l'avenue, sinon on verrait les maisons partir comme des barques de boat-people», argumente-t-elle.
D'où vient toute cette eau ? Du Morne L'Hôpital ? Des experts en hydrographie précisent que les eaux viennent de la Rivière Blanche, de la Rivière Redoute, de la Rivière Grise dans les hauteurs de Kenscoff. Nous sommes allés voir au Morne L'Hôpital, le lendemain. Le spectacle est effroyable. Les ravins offrent une image d'absolu délabrement de la terre, des hommes et de leurs maisonnettes. Ces dernières sont construites au flanc de ces dangereuses failles.
La ravine Zonyon, par exemple, est une béance géologique. Des constructions de fortune en bloc aux sous-sols rongés fatalement par les eaux semblent sortir de la terre, rudes et brutes, à côté de plus solides maisons qui ne sont pourtant pas à l'abri du danger de brusques destructions.
A Ravine Zonyon, cabris, enfants, poules, cochons, adultes, femmes faisant pipi en soulevant leur jupe et hommes cherchant un coin pour se soulager, c'est la misère dans son état primal. Un jeune homme nous informe qu'il a « déjà vu passer en deux occasions un noyé dans l'eau sale ». Il y a dans son regard ironique une banalité face aux morts de la pluie. « Ils sont un peu pâles, comme lessivés. On ne sait pas où ils vont s'arrêter. »
La ravine Zonyon est une parmi d'autres de ces terribles conduites d'eau qui frappent la capitale de plein fouet. Il y en a d'autres au Morne L'Hôpital. Les eaux de la ravine Zonyon se déversent, à travers les dédales d'égouts du siècle passé, sur les avenues de la capitale. Après avoir remercié « les saints et les anges d'avoir pu arrêter la pluie », ceux qui vont en ville, le lendemain de ces déluges non espérés, découvrent une ville à genoux dans la boue et la poussière.
UNE FORCE DE SECURITE DU TERRITOIRE
A la rue Pavée, au Boulevard Jean-Jacques Dessalines, à la rue des Miracles, c'est pire que la désolation. Des écolières en uniforme attendent un tap-tap disponible près de piles de détritus. Les gens sont hagards, accablés par l'insalubrité. Les tréteaux du commerce informel de pièces mécaniques, de produits cosmétiques, de vêtements, de chaises en plastique, d'«arlequin», ajoutent leur part de chaos au désastre général.Du côté du Cimetière métropolitain, les immondices s'amoncèlent et rappellent aux hommes la maxime « souviens-toi que tu es poussière ». Une partie du tronc d'un arbre a été arrachée au cours de l'averse de dimanche. Il y a quelques années, le royaume des défunts a connu son déluge : tombes, cercueils, couronnes de fleurs, cadavres et autres photographies de décédés avaient été déplacés. Expression de nos haines historiques, l'eau peut envahir nos résidences et tenter de tout noyer si des mesures urgentes ne sont pas collectivement adoptées.
Après cette dernière averse, il y a un dépôt de poussière sur tout. Les camionnettes brinquebalantes roulent leur «chimie de bogota» au milieu de rues encombrées. Les immeubles qui n'ont pas été repeints depuis des décades offrent l'image d'une capitale en état de siège. Les propriétaires de magasins ne savent plus où donner de la tête. Le commerce informel étend ses tentacules. La circulation automobile, malgré les installations au panneau solaire de la compagnie Axxium des feux de signalisation, est un douloureux chemin de croix. Les Port-au-Princiens craignent surtout les maladies que peut causer la poussière soulevée après la pluie. Des vers naissent dans divers coins des détritus accumulés. « Il semble que les Travaux publics ne peuvent trouver des lieux de décharge et laissent les immondices sur les trottoirs », souligne un pharmacien.


Dans une ville en grande partie traumatisée, l'eau peut ajouter le coup de grâce du déluge. A l'heure des grandes alertes des temps cycloniques, la police nationale, ne pouvant être à la fois au four et au moulin, devrait être secondée par une force publique de sécurité du territoire. Nous n'oublions pas, pourtant, que les Forces armées démantelées ont aussi provoqué des déluges irréparables dans la vie des citoyens.