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Affichage des articles dont le libellé est LA PRESSE CANADIENNE ET LE TREMBLEMENT DE TERRE D'HAITI. Afficher tous les articles
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vendredi 10 septembre 2010

De la BD humanitaire aux couleurs d'Haïti

Publié le 10 septembre 2010
Quand il appris que Sois un Héros cherchait un bédéiste pour effectuer un séjour d'une semaine à Haïti, Julien Paré-Sorel a aussitôt communiqué avec cet organisme québécois qui assure la promotion et le soutien de projets humanitaires au sein de la francophonie internationale.
«La proposition m'intéressait parce qu'elle réunissait trois de mes passions - la BD, le voyage et l'aide humanitaire, explique le jeune homme qui était de passage à Gatineau cette semaine dans le cadre de la Kermesse BD du Festival Outaouais Émergent. Mais nous étions en juillet et le départ était prévu pour août alors ç'a été une décision très rapide.»
Un mois plus tard, Julien Paré-Sorel était à Port-au-Prince en compagnie de Gilles Morais, le directeur de Sois un Héros, d'une journaliste, d'un vidéaste et de trois professeurs. «Je ne savais pas à quoi m'attendre, avoue-t-il. J'étais là comme observateur mais j'ai fini par beaucoup m'impliquer sur le plan émotif et psychologique.»
Il faut dire que le spectacle de la capitale haïtienne peinant à se relever du terrible séisme de janvier dernier est saisissant. «Le palais présidentiel effondré, c'est assez fort comme symbole», affirme le jeune homme avant d'évoquer les conditions difficiles des camps de réfugiés qui abritent un million de personnes depuis le tremblement de terre. «La chaleur et le soleil font fondre la toile des tentes et c'est une question de temps avant que ça ne déchire, souligne-t-il. Mais les gens aiment mieux ne pas penser à ce qu'ils feront quand ça se produira.»
Le bédéiste a aussi visité d'autres régions durant son périple dans l'ancienne Perle des Antilles, dont celle de Foison, dans le nord-ouest de l'île. «Nous sommes allés dans des coins reculés où les habitants n'avaient jamais vu de blancs de leur vie, révèle-t-il. À certains endroits, ils vivaient dans des huttes et n'avaient presque rien. Ça faisait très 'Vision mondiale' si je peux me permettre l'expression.» Si le décor changeait, l'extrême dénuement du peuple haïtien demeurait cependant le même. «Il y a autant de pauvreté dans les villages que dans les villes, note le jeune homme Mais en campagne, il y a plus d'espace et moins de pollution.»
C'est évidemment la tête pleine d'images que Julien Paré-Sorel est revenu au Québec. «J'ai beaucoup dessiné quand j'étais là-bas, raconte-t-il. J'ai aussi pris énormément de photos et de notes.» Tous ces souvenirs et ce matériel lui serviront à remplir son mandat auprès de Sois un Héros, corollaire de son voyage à Haïti. «Je me suis engagé à fournir des illustrations, des BD, des caricatures et des dessins pendant un an afin d'aider l'organisme à sensibiliser et à éduquer le public d'ici sur la réalité haïtienne, précise-t-il. Mon travail sera entre autres mis en ligne sur le site de Sois un Héros et dans son journal.» Le bédéiste compte également tirer de son périple une bande dessinée dans le genre des Chroniques birmanes de Guy Delisle.
Cette première expérience d'aide humanitaire a donné la piqûre à Julien Paré-Sorel, qui aimerait bien récidiver au Congo dans deux ans, toujours avec Sois un Héros. «Haïti n'est qu'un cas parmi beaucoup d'autres, soutient-il avant de mentionner que 33 000 enfants mouraient chaque jour de faim sur notre planète. Je n'ai pas la prétention de changer le monde. Mais si je peux faire ma part, je vais la faire.»
En attendant de repartir, le diplômé en bande dessinée de l'Université du Québec en Outaouais et membre du Studio coopératif Premières Lignes continue à enseigner le Neuvième art dans différents cégeps, tout en travaillant sur ses nombreux projets.
Achainey@ledroit.com
http://www.cyberpresse.ca/le-droit/arts/201009/10/01-4314422-de-la-bd-humanitaire-aux-couleurs-dhaiti.php

samedi 4 septembre 2010

10 000 personnes à la soirée pour Haïti

Publié le 03 septembre 2010
L'OSM a amorcé sa 77e saison en donnant un concert
 sur un vaste terrain faisant face aux échafaudages éclairés
 de sa future salle.PHOTO: ROBERT SKINNER, LA PRESSE
Claude Gingras, La Presse
On évalue à 10 000 personnes l'auditoire qui assistait hier soir à l'événement en plein air organisé par l'Orchestre Symphonique de Montréal au profit d'Haïti et à 60 000 $ le montant recueilli à cette fin. Cette somme provenait de la vente de 10 000 petits bracelets violets, à 5 $ pièce. Divers dons s'y sont ajoutés.
Ce que l'OSM considère comme le début de sa 77e saison avait lieu non pas à la salle Wilfrid-Pelletier - où le calendrier s'ouvre mardi soir sous la direction de Jacques Lacombe - mais de l'autre côté de la rue Saint-Urbain, sur un vaste terrain faisant face aux échafaudages éclairés de la future salle de concert.
L'orchestre était placé sous une immense conque blanche. Tout à côté, un grand écran nous montrait Kent Nagano, l'orchestre ou des groupes de musiciens. Une section du terrain était réservée à 400 personnes assises (membres du gouvernement, invités, médias), cependant que la foule, de l'autre côté de la longue clôture, était sur des chaises pliantes ou par terre.
Ignorant l'humidité accablante, Kent Nagano avait gardé la queue-de-pie des grands soirs, alors que ses musiciens étaient en chemise.
La soirée, dont la durée prévue était de deux heures, a commencé à 19 h 15, avec un quart d'heure de retard, et s'est déroulée sans entracte pour se terminer un peu avant 21 h. La pluie est venue par deux fois troubler la fête - à 19 h 45 et à 20 h 25 - mais les organisateurs avaient tout prévu et, le temps de le dire, des douzaines de capes blanches portant l'emblème Air Canada furent distribuées parmi la foule, transformant le vaste terrain en quelque campement du Ku Klux Klan.
C'est Lucien Bouchard, le président du conseil d'administration de l'OSM, qui a ouvert la soirée en annonçant le renouvellement du contrat de Kent Nagano pour trois ans à compter de septembre 2011, date où l'orchestre doit entrer dans la nouvelle salle. La foule a chaleureusement applaudi la nouvelle, mais sans l'enthousiasme débordant auquel on se serait attendu.
Le programme musical s'ouvrait avec Don Juan de Strauss et une suite de L'Oiseau de feu de Stravinsky. L'amplification, sans être carrément mauvaise, n'était absolument pas en accord avec la somptueuse sonorité de l'OSM. Il est donc à peu près impossible d'aborder le sujet de l'interprétation. Par contre, les danseurs-acrobates du Cirque Éloize ont étonné l'auditoire, et principalement les deux qui volaient au-dessus de la foule ou de l'orchestre.
Le reste du programme était plus populaire et trois personnalités haïtiennes du milieu culturel montréalais y participaient. Marie-Josée Lord a chanté Summertime avec toute sa voix et toute son âme et Dany Laferrière a lu avec émotion un récit inspiré du séisme de janvier dernier dont il fut témoin.
Luck Mervil animait la soirée. On prononce «Luck» comme «chance» en anglais, puisque lui-même annonce «Rit-churd» Strauss. De toute façon, le beau garçon de Haïti est un piètre animateur - «une très, très, très belle soirée», promet-il - et son talent de chanteur-compositeur ne mérite même pas qu'on s'y arrête.
Finissons en beauté : Nagano et l'OSM ouvrent ce soir même, à 19 h 30, la Fête de la musique de Tremblant qu'organise Angèle Dubeau.
http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/musique-classique/201009/03/01-4312258-10-000-personnes-a-la-soiree-pour-haiti.php

jeudi 2 septembre 2010

Des photos poignantes sur le drame haïtien

Publié le 02 septembre 2010
Ce cliché d'Ivanoh Demers, pris quelques heures après
le tremblement de terre, a fait le tour du monde.
PHOTO: IVANOH DEMERS, LA PRESSE
Éric Clément, La Presse
Pour une cinquième année consécutive, l'exposition du World Press Photo (WPP) présente du 3 septembre au 3 octobre, les meilleures photos de presse de l'année 2009 à Montréal mais cette année, l'événement est marqué par Haïti à vif, une sélection d'une centaine de photos saisissantes prises à la suite du tremblement de terre survenu en Haïti le 12 janvier dernier.


Scène de vie croquée par Martin
Chamberland, photographe
de La Presse, peu après le séisme.
PHOTO: MARTIN CHAMBERLAND,
 LA PRESSE
Compte tenu des impératifs de date du WPP, ces photos d'Haïti ne pouvaient faire partie du concours. Le délai pour être sélectionné est survenu... la veille du drame haïtien. Mais le photographe indépendant Normand Blouin, qui connaît bien Haïti (il a adopté un petit Haïtien il y a cinq ans) et s'y est rendu à la suite du séisme, a fait en sorte que l'organisme tienne compte du travail réalisé par des photographes du Québec sur ce qui restera sans doute comme l'événement médiatique de l'année 2010.
«J'ai été marqué par ce que j'ai vu, dit-il. C'est une exposition qui vient du coeur, grâce aussi à l'appui moral et financier de la Ville de Montréal, du CECI, du ministère de la Culture, de la FTQ et de la Gazette. Haïti à vif va voyager, être présentée partout pour récolter des sous pour Haïti et combattre l'oubli.»
Agrandir

Emmanuel Gallant, le commissaire de l'exposition, a créé une installation sobre et efficace, avec des toiles blanches rappelant les tentes des infortunés Haïtiens. Les photos d'Ivanoh Demers, de La presse, qui a vécu le tremblement de terre, montrent la désolation et l'ampleur du désastre, tout comme celles du photojournaliste Roger Lemoyne. Allen McInnis, de la Gazette, présente de superbes plans d'ensemble des rues dévastées et des camps.
Martin Chamberland, de La Presse, expose des photos prises en janvier et en juillet, montrant le peu de réparations effectués sur place en six  mois. Mais Martin Bouffard, de RueFrontenac.com, qui était en Haïti il y a deux semaines à peine, présente, tout comme Normand Blouin, des photos qui redonnent espoir.
Port-au-Prince, 17 janvier 2010. Un membre d'une équipe de sauveteurs américains est exténué après plus de quatre jours de recherches pour sauver des survivants pris à l'intérieur du Marché Carribbean.
«Il y a plus d'ONG sur le terrain qu'avant, moins de tensions et plus de joie de vivre, dit-il. On voit beaucoup de gens avec des t-shirts de fondations qui ont lancé des programmes de reconstruction ou d'aide humanitaire. On sent les choses avancer. Les gens sont impatients en dehors d'Haïti mais ça avance. J'ai vu les changements par rapport à janvier.»
Certaines photos de Patrick Sansfaçon, de La Presse, de Phil Carpenter (The Gazette) ou de Natasha Fillion (pigiste) sont très dures: cadavres dans les rues, corps dépassant d'un plafond effondré, pillages, jeune homme manchot ou enfant brûlé dans les bras de sa mère. Mais bien des clichés montrent l'effort sur place des Haïtiens (photos de Benoît Aquin) ou l'ampleur des secours (photos de François Pesant et Renaud Philippe ou de David Boily, de La Presse)
Mise à part l'exposition Haïti à vif, les visiteurs pourront voir les 50 pages de couverture les plus marquantes du magazine Châtelaine, qui fête ses 50 ans cette année, ainsi que The Best of The Gazette, l'oeuvre de huit photographes de nos collègues du quotidien anglophone.
Et bien sûr, on peut voir les 21 meilleures photos de presse de l'année 2009 dans le monde selon le WPP. La photo arrivée en première position est l'oeuvre du photographe italien Pietro Masturzo, qui a pris un cliché de femmes iraniennes criant leur colère sur le toit d'une maison, à la suite de la réélection, le 24 juin 2009, du président Mahmoud Ahmadinejad.
Deux photographes canadiens se sont classés dans ce concours sélect : la Montréalaise de 23 ans Kitra Cahana a remporté le 1er prix dans la catégorie Reportage arts et spectacles avec une photo publiée dans le magazine Colors qu'elle avait prise lors du rassemblement Rainbow Gathering, à Santa Fe, au Nouveau-Mexique.
Le photographe naturaliste Paul Nicklen, qui a grandi au Nunavut, a gagné le 1er prix dans la catégorie Reportage nature, avec une photographie d'un albatros fuligineux prise en Antarctique.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/la-presse-en-haiti/201009/02/01-4311911-des-photos-poignantes-sur-le-drame-haitien.php

lundi 30 août 2010

LE SOLEIL EN HAITI....«Mon ami Fidel»

Yves Therrien
Les abris dans la ville de Port-au-Prince.
Journaliste au Soleil depuis 1981, Yves Therrien raconte comment l’aide des organisations québécoises permet aux Haïtiens de reprendre leur vie en main.
Le Lundi 30 août 2010
Pendant les longues heures en attente dans les aéroports et pendant les trois vols qui me ramenaient à Québec en fin de semaine, j’ai eu le temps réfléchir à toutes les discussions sur la politique, l’État haïtien et l’état des Haïtiens de Port-au-Prince et des campagnes.
Une chanson me revenait toujours à l’esprit : Mon ami Fidel de Robert Charlebois. Étrange? Pas du tout. En revoyant les images des routes défoncées, des écoles en décrépitude, je pensais à l’avenir d’Haïti et à ce que Fidel a fait de Cuba.
En me remémorant les visages tristes et les yeux remplis de désespoir des gens vivotant sous des tentes dans les camps de réfugiés, là où il y avait des parcs, je m’inquiétais. J’avais le coeur gros.
Voir plus loin que le tas de débis.
En revenant sur les échanges avec des intellectuels, des paysans, des chauffeurs de taxi, des employés dans des magasins, les restaurants ou dans les hôtels, je sentais tout le cynisme et l’absence totale de confiance envers la classe politique locale. La plupart des Haïtiens, selon ce qu’ils nous racontent, n’ont pas confiance, ou si peu, aux élus et à tous ceux qui veulent devenir président au point de se demander ce qui pourrait remettre le pays sur les rails.
Et la chanson de Charlebois continue de me hanter. C’est la planète de “tous ensemble” ou “crève”. Des frères comme toi ça nous en prendra mille. Si nous voulons danser sur l’an deux mille! Mon ami, mon ami Fidel…»

Les seuls capables de ramener Haïti à la vie se sont les paysans. Certainement pas l’aide internationale, ni les touristes humanitaires de n’importe quelle organisation religieuse avec leur T-shirt orange fluo qui clament comme une mauvaise pub télé : Nous venons sauver Haïti, lui apporter le support, la nourriture et la rédemption. Sortez tous ces sectaires du pays avant qu’ils contaminent le sol à tous jamais par leur faux espoir et leurs faux témoignages.
Il y aurait plus de 5000 supposées ONG dans Haïti depuis le séisme et elles font probablement plus de tort que de bien. Mais il y a pire. Port-au-Prince est sans âme, sans État, sans chef d’État capable de dire : voici la voie à suivre. Le pays est quasi abandonné, sans chef charismatique, sans un homme ou une femme de poigne pour dire : Je suis avec vous et on va s’en sortir.
Le repas est servi.
Il y en a des meneurs, quelques-uns du moins, des les villages aux alentours de la capitale comme Alfred Étienne qui rêve tout haut, qui veut faire de la commune de Labrousse un village moderne pour Haïti. Et ses concitoyens le suivent. Ils croient en lui. Ou encore, David Nicolas qui veut relever le village de Baptiste par une série de mesures agricoles qui rendront les gens autonomes.
Et Elvie Maximeau qui apprend aux enfants à devenir des citoyens responsables en s’occupant d’une chèvre. Et Marc-Arthur Fils-Aimé qui se bat pour élever les consciences pour que chaque homme et chaque femme fassent valoir ses droits fondamentaux. Ou des Lydie, Anne-Vierge et Palvesoir qui passent leur vie à prendre soin des plus démunis. Et des Father Henry et des soeurs Molines qui ouvrent leurs portes toutes grandes et leur coeur aux abandonnés.
Il y a encore de l’espoir en Haïti pour quiconque sait lever les yeux un peu plus haut que les tas de débris. Il faut surtout éviter que les Blancs bien intentionnés soufflent trop fort sur la chandelle qui menace de s’éteindre en supposant que la flamme n’est pas assez forte pour éclairer tout le village.
Non, un peu d’ombre, c’est comme le silence, ça fait du bien quand on a besoin de pleurer. Demandez aux Haïtiens ce qu’ils veulent. N’imposez plus une démocratie qui ne leur ressemble pas ou une vie qui ne leur convient pas, des promesses qui les empoisonnent et les asservissent.
Faudrait-il évacuer l’île de tous ses habitants pendant 50 ans pour que la nature reprenne ses droits? Possible, mais irréaliste.
Faudrait-il un chef d’État fort, un dictateur éclairé qui aura à coeur le bien commun avant le sien? Bien des Haïtiens le pensent. Et c’est sensé. Et c’est possible.
Un des secteurs les plus amochés.
Et la chanson de Charlebois me hante toujours. Mon ami, mon ami Fidel, Pour amener le peuple au ciel, Sur les ondes d’une radio Rebelle; Il faut une samba, éternelle! Qui unit la gauche et la droite (…)Parce qu’un président, ça date, Mais un révolutionnaire: C’est fidèle (Fidel)!

Car ce ne sont pas les Sweet Micky et Wyclef Jean de ce monde qui donneront du pain à ceux qui n’en ont pas ou de l’eau à ceux qui ont soif en baissant la glace de leur limousine. Ce ne sont ni les Aristide ou les Duvalier qui marqueront l’histoire à tout jamais. Non. Ce sont les paysans qui ouvrent la porte de leur logis en disant : C’est ta maison, tu es ici chez toi. Mangeons ensemble, mon ami, le repas est déjà sur la table.
Chaque paysan, à sa manière, est un révolutionnaire: C’est fidèle (Fidel)! Et ça, j’y crois. Je l’ai vu.
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.
http://blogues.cyberpresse.ca/ong/2010/08/30/%C2%ABmon-ami-fidel%C2%BB/

vendredi 27 août 2010

Une île, deux mondes

Le Jeudi 26 août 2010

Il y a tellement de débris dans les rues de Port-au-Prince
qu'il faut un véhicule tout-terrain pour circuler.
Même les portions libres de déchets ont été
si mal entretenues qu'elles sont défoncées en partie.
Yves Therrien, Le Soleil

Il n’y a que 300 km entre Port-au-Prince et Santo Domingo en République dominicaine. Pourtant, la distance pourrait s’évaluer en années-lumière tellement les contrastes sont grands et frappants.
Simplement du côté de l’accueil, il y a deux mondes. Non pas que les Haïtiens ne sont pas gentils et aimables, mais le service à la clientèle souffre de nombreuses lacunes.
Mardi, je demande une bouteille d’eau à la cafétéria de l’hôtel. Il n’y en a plus. La serveuse me lance avec une grande lenteur «D’accord», mais elle ne bouge pas. Elle ira en chercher plus tard, car c’est l’heure des téléromans, les telenovellas traduites en français. J’ai dû attendre une heure. Les Haïtiens ne sont pas tous comme cela, mais à Port-au-Prince, ça semble être la marque de commerce pour plusieurs. Aucun entrain… En campagne, c’est tout le contraire.
En débarquant à l’aéroport de Santo Domingo, même les douaniers sont souriants, mais il faut payer 10 $ pour la carte de touriste donnant le droit de mettre les pieds au pays. Quelques pas plus loin, on nous offre un verre de rhum. Bien que ce soit une opération commerciale pour vanter la marque locale, il n’en reste pas moins que c’est plus agréable que le hangar surchauffé qui sert d’entrer sur la terre de la Perle des Antilles.
Je vais quand même m’ennuyer de la chaleur de plusieurs Haïtiens comme Maxo, Alfred et ses enfants, David Nicolas, soeur Moline et plusieurs autres. Par contre, je ne souffre pas d’avoir quitté le chaos bordélique de Port-au-Prince.
La Perle des Antilles a besoin d’un sérieux polissage pour reprendre son titre.
1.Yazmin Cuevas représente
 Plan Nagua en République
dominicaine.

En République dominicaine, il y a la langue. Mes oreilles bourdonnent pendant les discussions en espagnol entre Yazmin Cuevas, la représentante de Plan Nagua en République dominicaine et Sébastien, le polyglotte qui a planifié tous les rendez-vous et les déplacements de main de maître. Il parle cinq langues et il se débrouille en créole!
Les entrevues avec traduction, c’est un peu plus long. Mes notions de latin reviennent à la surface et je réussis à comprendre les principaux mots pour me donner une idée du contexte.
Sébastien traduit le tout pour que je puisse combler les vides et mettre les nuances. Ça m’éclaire.
Parlant de lumière, hier, en marchand dans le secteur historique de la capitale, Yazmin nous raconte que l’accouchement se dit Dar a la luce ou donner à la lumière en traduction littérale. Ce que nous avons vu en après-midi avec le micro-crédit pour les groupes de femme ressemble étrangement à cela. Avec leur micro entreprise, elle donne la lumière à leur famille en développant des commerces qui accroissent les revenus au point de pouvoir payer des études universitaires aux enfants ou de changer de maison.
Si l’organisation du Centre dominicain de développement pour le micro-crédit travaille essentiellement avec des femmes, c’est que la femme a une influence directe sur la famille avec son travail générateur de revenus. Avec les hommes, ce n’est pas du tout le même comportement.
2.Voici Scarlet, la volubile!

Et il y a des femmes volubiles comme Maritsa et Scarlet du CDD. Sur le parcours qui nous menait vers les visites de projets, elles étaient vraiment hyper volubiles. Je ne pouvais pas placer un mot. À un certain moment, nous sommes amusés à taquiner Scarlet, jeune célibataire à la recherche d’un copain pour une relation stable. Nous lui avons pratiquement fait une petite annonce pour les sites de rencontres.
Je vous mets sa photo au cas où un jeune Canadien célibataire, sérieux, qui aime parler, adore les enfants et le magasinage, qui aime sortir et surtout qui sait faire la cuisine se présentait à elle. Il deviendrait son gros lot
Au fait, en République dominicaine, il y a des routes asphaltées partout, même en montagne. Les seules bosses sont des dos d’âne pour ralentir la circulation dans les secteurs névralgiques. Et il n’y a pas de concert de klaxon. Ça repose les oreilles
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.
http://blogues.cyberpresse.ca/ong/2010/08/26/une-ile-deux-mondes/
Commentaires:
Le revoilà, le journaliste qui décrit avec un certain mépris la misère haïtienne. C'est assez marrant de lire au pied de chaque article uennote disant que : Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine. J'ai cherché un peu au-delà des descriptions des routes quelque chose plus substancielle qui pourrait justifier que la Coopération lui paie ses déplacements. J'ai été assez bien servi car j'ai lu ceci: Yves Therrien: Journaliste au Soleil depuis 1981, Yves Therrien raconte comment l’aide des organisations québécoises permet aux Haïtiens de reprendre leur vie en main.
J'ai trouvé ça encore plus marrant. Ce n'est pas en décrivant la situation de misère et de pauvreté  avec une pointe de dédain que Monsieur Thérien raconte comment les haïtiens se démerdent pour survivre. Dans ce cas, les sous que dépensent monsieur Thérien pour ses déplacements pourraient bien servir à faire des choses beaucoup plus sérieuses en Haïti.
A moisn que Monsieur THERIEN ne possède une autre tribune ou il parle de l'aide et de l'impact de l'aide sur le déroulement de la vie des haïtiens.
Là il s'est lancé à comparer deux pays. Donc cela veut dire que c'est sans doute son premier voyage touristique en République Dominicaine.
On comprend un peu comment les ONG gèrent leurs fonds et les dons des généreux!

mercredi 25 août 2010

Un peu d’organisation dans l’anarchie

Presque quatre jours, c’est presque l’éternité pour moi qui reste collé à l’ordi ou au iPad 20 heures sur 24. Ici, il faut faire avec l’électricité qui coupe souvent, à Internet qui n’est pas fiable et il faut surtout être patient dans les bouchons de circulation.
Heureusement, pour aller à Cap-Haïtien nous avons pris Torturg Air, une compagnie nationale de vols intérieurs. Des coucous à hélices pas mal plus vieux que ceux des compagnies aériennes de Québec.
Mais ça vaut le coup de faire 25 minutes de vol dans un appareil de 25 places, au lieu de se faire brasser la cage pendant six ou huit heures sur des routes qui ressemble à ces clos de pacage. C’est comme prendre le bus.
La circulation automobile, même sur la route nationale, a un petit quelque chose de pas trop rassurant. Pourtant, il se donne de cours de conduite à Port-au-Prince comme Cap-Haïtien où les auto-écoles pratiquaient les virages en U juste sous ma fenêtre en face de la mer.

Oui, il y a des cours de conduite automobile en Haïti.

Au fait ça sert à quoi un cours de conduite? Oubliez ce que vous avez appris au Québec. Ici, un élève qui suit le code de la sécurité routière sera vraisemblablement mis en retenue : «Vous écrirez mille fois : Je ne ferai plus d’arrêt au panneau STOP»
J’imagine que la première heure de cours sert essentiellement à pratiquer les différentes tonalités du klaxon. Un long coup suivi de petits coups secs avertit le piéton qu’il est une nuisance : tasse-toi où je t’écrase… grouille… grouille!
Deux courts, un long, deux courts, c’est pour dire bonjour. Un très long suivi d’une série de petits signifie : tasse-toi j’arrive juste après la courbe. Un long strident veut dire j’existe, je suis plus gros que toi et je vais passer. Et il y a une dizaine d’autres variantes.
Le trottoir ne sert pas toujours aux piétons.
Puis ce sera deux heures pour le stationnement sur le trottoir ou encore en double file. Deux autres heures encore pour pratiquer les dépassements par la gauche et par la droite en pleine heure de pointe sans écraser les motos ou les piétons. Mais les motos, c’est comme les mouches, on peut les tasser du revers de la main. Une erreur et on reprend le cours klaxon 101.3. J’ironise, mais la réalité est cent fois pire. Je vous le jure. La règle de base trouvez un bon chauffeur haïtien. Puis, s’asseoir derrière, bouclez sa ceinture même si personne ne le fait, s’accrocher à la poignée au-dessus de la portière et fermez les yeux si vous voulez éviter un choc post-traumatique.
Vue sur la mer de l'Auberge Brise de Mer à Cap-Haïtien.
À part ça, ça va! Il faut comprendre qu’il y juste un peu d’organisation dans l’anarchie, juste un peu d’ordre dans le chaos. Le cerveau du Nord-Américain moyen n’a pas tous les neurones de l’indiscipline, juste un ou deux qui lui font attraper quelques billets d’infractions.
Ici, je n’ai jamais vu un policier contrôler la circulation, faire une opération radar encore moins donner un billet. Les policiers sont comme l’ombre. Ils bougent toute la journée dans la direction opposée au soleil. Si l’on en voit un, il est bien assis dans son truck à tapoter du klaxon en dépassant la file par le trottoir, sinon dans la voie inverse.
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine
http://blogues.cyberpresse.ca/ong/2010/08/24/un-peu-d%E2%80%99organisation-dans-l%E2%80%99anarchie/
Commenatires:
Le but ultime de notre blog reste avant tout de noter la pertinence de l'actualité haïtienne dans les médias. Vous me direz que bon c'est un blog qui ne sert à rien certes. Vous aurez parfaitement raison. Cependant de temps en temps il nosu permet de sortir de la contemplation muette à un monologue de sourd-muet. Souvent nous avons envie de dire des choses et de commenter.
Les forums de discussion choisissent généralement leurs sujets. Et les sujets sont jugés intéressant ou pas en fonction des susceptibilité. En Haïti si vous dites : "Guibert est un magouilleur" sur un forum vous allez recevoir des commentaires couvrant tous les gouvernements haïtiens de 1804 à nos jours. Mais si vous voulez parler de quelque chose d'utile ou de constructif, vpous risquez d'être boudé  grave.
Pour cette raison, nous avons abandonné les forums de discussion nous avons ouvert "notre petite boutique à part".
Ceci nous permet d'être assez eclectique dans le choix des sujets.
Par exemple nous publions pour la deuxième ou troisième fois des articles publiés par ce invité de la Coopération Internationale Quebec.  Cet article nous laisse une drôle d'impression. Nous imaginons que ce journaliste écrit et publie ce type de document comme un passe-temsp et que la Copopération qui paie ses frais ne l'a pas invité juste por ce que nous voyons dans ce genre de papier.
Si les frais de voyage de ce Monsieur rentre dans la comptabilité de l'aide du Quebec à Haïti, il ferait bien d'écourter au maximum car ces textes de ce genres ne crachent rien d'édifiant.

dimanche 22 août 2010

Stéphanie côtoie la misère...(En Haïti)

Publié le 22 août 2010
Patricia Rainville, Le Quotidien
(Haïti) La jeune Chicoutimienne Stéphanie Maltais n'a pas peur des défis. Depuis le 1er juin dernier, elle est en mission en Haïti. Elle y agit à titre de thérapeute en réadaptation physique (TRP).
Stéphanie Maltais aura passé tout l'été à aider les gens victimes du séisme qui a secoué le pays en janvier dernier. «Je suis en Haïti depuis trois mois comme TRP pour l'Organisation non gouvernementale Handicap international. Je fais partie des 80 expatriés qui travaillent pour l'organisation à la réadaptation des victimes du séisme», explique Stéphanie Maltais, qui étudie en sciences politiques à l'Université du Québec à Chicoutimi.
Jusqu'à présent, la jeune thérapeute a travaillé à l'Hôpital de l'Université d'État d'Haïti et à l'Hôpital de Médecins sans frontières à Port-au-Prince.
«J'ai aussi travaillé au centre d'appareillage d'Handicap International avec les personnes amputées. De plus, j'ai eu la chance d'aller en communauté à Port-au-Prince visiter quelques blessés médullaires avec l'équipe mobile d'Handicap International. Je fais des soins directs à la population et de la formation au personnel local», souligne la jeune femme de 23 ans.
Son expérience lui a fait comprendre comment la vie ne tient qu'à un fil. «Six mois après le tremblement de terre, la reconstruction se fait tardive. Personnellement, je veux sensibiliser les gens sur le fait que je côtoie des coopérants qui travaillent corps et âme à aider les Haïtiens. La population haïtienne est toujours en mode survie, mais certains disent «commencer à s'habituer». Ils reprennent leurs activités. Malgré le dévouement de la communauté internationale et l'argent amassé, il reste toutefois beaucoup de travail à faire», estime Stéphanie Maltais.
Les proches de la jeune coopérante lui demandent souvent ce qui lui donne la force de continuer malgré toute la misère dont elle est témoin et toutes les difficultés qu'elle rencontre chaque jour. «Je réponds tout simplement que la reconnaissance et le sourire des gens que je soigne m'encouragent à poursuivre mes actions», souligne-t-elle.
Stéphanie Maltais qualifie son expérience de très enrichissante. «Je ne peux toutefois cacher que c'est très dur physiquement et psychologiquement. Je vois de la misère chaque jour, je soigne des gens qui auraient besoin de manger avant d'être soignés. De plus, il fait très chaud et c'est la saison des cyclones, alors on ne sait jamais quand ça peut frapper», explique la thérapeute.
À son arrivée ce sont les milliers de tentes érigées dans la ville de Port-au-Prince qui ont frappé la jeune femme. «En me promenant dans la ville, j'ai été touchée de voir tous les bâtiments démolis, les débris et les gens habitant là où ils le peuvent. Ils sont entassés les uns sur les autres. En plus, c'est la saison des pluies alors chaque fois qu'il y a un orage, je ne peux m'empêcher de penser à ces gens qui habitent dans le bas de la ville et qui vivent dans des tentes qui baignent dans l'eau», mentionne Stéphanie Maltais.

Soutien
Stéphanie Maltais pose ici avec un jeune bénéficiaire.
COURTOISIE
Même si son expérience est très difficile sur le plan psychologique, Stéphanie Maltais peut compter sur le soutien de ses collègues. «Une chance que nous sommes plusieurs et que nous sommes unis. On peut compter les uns sur les autres pour se remonter le moral. Handicap International met aussi les outils à notre disposition pour qu'on soit à l'aise d'exercer nos professions, comme des psychologues et quelques jours de vacances en dehors du pays à la moitié de notre mission», souligne-t-elle.
Avenir
Stéphanie Maltais revient à la fin du mois d'août pour reprendre sa session d'étude à l'UQAC. «Je vais profiter de l'automne pour me reposer et avoir un peu de stabilité, car j'en aurai grandement besoin. Mais j'aimerais continuer à travailler pour aider les gens», souligne la jeune femme.
D'ailleurs, elle aimerait organiser des projets de coopération pour des organisations ou des institutions scolaires. «Je pourrais ainsi partager mes expériences vécues jusqu'à maintenant et aider les autres à se préparer à partir à l'étranger», souligne la jeune femme.
http://www.cyberpresse.ca/le-quotidien/201008/20/01-4308369-stephanie-cotoie-la-misere.php

lundi 16 août 2010

L'OSM ouvrira sa saison avec un concert gratuit

La Presse Canadienne, Montréal
L'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) amorcera sa saison 2010-2011 avec un concert extérieur gratuit en hommage au courage du peuple haïtien, le 2 septembre. Denis Bouchard assurera la mise en scène du spectacle, qui sera animé par Luck Mervil.
Le programme se partagera entre musiques du grand répertoire symphonique et oeuvres contemporaines d'inspiration plus populaire. Don Juan de Richard Strauss et L'oiseau de feu de Stravinski côtoieront ainsi une pièce de Gershwin, Summertime, chantée par Marie-Josée Lord, ainsi que Lollapalooza de John Adams et Mézanmi de Luck Mervil.
L'Adagio de Barber est aussi au programme, avec une lecture d'un texte rédigé par Dany Laferrière. Le Cirque Éloize ajoutera pour sa part une dimension visuelle à l'interprétation de L'oiseau de feu.
Le maestro Kent Nagano a précisé, par communiqué, que le concert rendra hommage «au courage et à la détermination du peuple haïtien, qui traverse une tragédie qui l'a profondément bouleversé».
Le spectacle sera présenté à 19 h, au Parterre du Quartier des spectacles, devant le site de la future salle de l'OSM.
Durant le concert, le public pourra se procurer des bracelets souvenirs, dont le profit de la vente sera versé à Vilaj Vilaj des villages pour le monde, un organisme qui oeuvre en Haïti.

Festival de l'Assomption: virage réussi

Plusieurs pèlerins d'origine haïtienne ont assisté
à la messe en créole qui a été célébrée, hier,
dans le cadre du Festival de l'Assomption.

Photo: Ève Guillemette
Publié le 16 août 2010 à 07h25
Mathieu Lamothe, Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) Le premier Festival de l'Assomption, qui a remplacé cette année la neuvaine de l'Assomption, a été un franc succès selon les organisateurs, et ce, malgré le changement d'orientation de l'événement.
Même s'il était un peu fatigué après avoir travaillé sans relâche pendant les neuf jours de l'événement, le vice-recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, le père Yoland Ouellet, était tout de même tout sourire lorsque Le Nouvelliste l'a rencontré hier après-midi.
Il a notamment mentionné que la réponse ainsi que les nombreux commentaires positifs des pèlerins l'ont convaincu que la direction du Sanctuaire devait effectuer ce virage festif afin d'attirer une nouvelle clientèle.
Parmi les moments forts de la neuvaine, il cite les messes en créole qui ont été célébrées au cours du week-end ainsi que les célébrations présidées par l'abbé François Doucet, un jeune prêtre dynamique bien connu de la communauté trifluvienne.
La messe en créole d'hier a notamment été très populaire et revêtait un caractère spécial en raison du violent séisme qui a frappé Haïti au début de l'année. Un grand nombre de pèlerins d'origine haïtienne étaient présents.
Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs dû aller chercher des chaises qui se trouvaient à l'extérieur pour pouvoir s'asseoir dans la basilique.
«Il faut dire que nous avions de bons prédicateurs. Ça a notamment paru le mardi, avec François Doucet, une personnalité connue qui attire les foules. Il y avait 1450 personnes, ce que l'on n'avait jamais vu en après-midi un mardi. Ce fut la même chose vendredi soir. C'était de toute beauté. La procession aux flambeaux de samedi était également avec le style créole et c'était fantastique. J'ai fait venir un animateur de Montréal très charismatique pour la messe en créole de samedi. Il partait les chants et les pèlerins présents continuaient. C'était la fête. C'était également vraiment beau devant la basilique car on a beaucoup joué avec les effets de couleurs», a raconté le père Ouellet.
Malgré le sentiment de satisfaction qui l'habite présentement, le père Ouellet a confié qu'il aimerait bien apporter quelques changements à la programmation l'an prochain.
«Nous avons expérimenté cette année. J'aimerais que les célébrations extérieures soient plus longues l'an prochain. Je voudrais qu'on fasse venir plus de groupes, notamment des groupes gospels.
Il y en a qui nous ont dit qu'ils ne pouvaient pas cette année mais qu'ils pourraient l'an prochain.
Mais ça pourrait prendre un plus grand investissement du Sanctuaire. Chaque soirée était unique cette année, et c'est ce que l'on veut refaire», a-t-il indiqué.

Abandon du concept de la neuvaine?
Bien qu'il ne veuille pas trop en parler pour l'instant, le vicerecteur du Sanctuaire a laissé entendre que les organisateurs allaient se pencher sur la possibilité que le Festival se déroule
sur une période moins longue que neuf jours au cours des prochaines années. Il a cependant tenu de préciser qu'il ne s'agissait que d'une possibilité.
«C'est fatiguant pour le personnel et les bénévoles. J'ai trouvé que les pères oblats étaient fatigués et avaient de la misère à suivre l'horaire. C'est exigeant leur ministère. Ce que l'on veut fêter, c'est l'Assomption. On peut le faire trois ou quatre jours avant et faire une grosse fête le 15 août», a-t-il laissé tomber.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/actualites/201008/16/01-4306796-festival-de-lassomption-virage-reussi.php

Rouge et Or: Pascal Lochard épaulé depuis l'au-delà

Après une brillante carrière dans les rangs collégiaux
à Montréal Pascal Lochard (4) a choisi le Rouge
 et Or pour s'aligner avec la meilleure équipe universitaire.

LE SOLEIL, MARTIN MARTEL
Publié le 16 août 2010 à 05h00

Olivier Bossé, Le Soleil
(Québec) Sur le terrain, Pascal Lochard compte sur ses coéquipiers pour l'épauler dans ses courses effrénées. Mais à l'extérieur des lignes blanches, le nouveau porteur de ballon du Rouge et Or n'a pas besoin de 11 athlètes d'élite pour veiller sur lui. Il a sa grand-mère.
À sa sortie du bain de glace, Lochard impressionne par sa carrure. L'assemblage muscles, moustache et tatouages lui donne en plus des airs de mauvais garçon. Mais quand on y regarde de plus près, avec son consentement, les perceptions se transforment. Sur son biceps gauche, un personnage féminin aux allures d'ange accompagne le mot Ismeda. «C'est le nom de ma grand-mère, elle est morte dans le tremblement de terre [du 12 janvier], en Haïti», laisse-t-il tomber, en suivant délicatement du bout du doigt les six lettres, de haut en bas.
Le haut de son bras droit, lui, est couvert d'une fine écriture. «C'est le psaume 23 de la Bible, ma grand-mère me le lisait souvent. Je ne suis pas vraiment religieux, je trouve que les églises, les évêques, c'est de l'abus. Mais je crois en quelque chose de supérieur et il y a des passages de la Bible qui sont très beaux», explique Lochard, récitant le verset de mémoire - «Même quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi.»
Né au Québec, Lochard a ensuite passé neuf ans en Haïti, où son père habite toujours, avant de revenir s'établir à Montréal avec sa mère. C'est là qu'il est devenu, une décennie plus tard, un des meilleurs demis offensifs du circuit collégial AAA, membre de l'équipe d'étoiles et champion en titre du Bol d'Or avec les Spartiates du Vieux-Montréal. Le choix de s'enrôler chez le Rouge et Or, à Québec, pour sa carrière universitaire peut donc paraître étonnant.

Avec les meilleurs
«Mon premier objectif n'est pas tant de jouer le plus vite possible que de m'améliorer le plus vite possible. Pour moi, la meilleure façon d'y parvenir était de m'aligner avec la meilleure équipe. C'est sûr que j'aurais pu aller à Sherbrooke, alors que Pascal Fils est parti» et donc le poste de principal porteur de ballon est ouvert, «mais j'ai préféré venir ici, où on va être six!» lance le sportif de 6' 1'' et 215 lb, en riant. Les vétérans de troisième année Sébastien Lévesque et Maxime Béland auront beaucoup de compétition avec l'arrivée des Lochard, Guillaume Bourassa et Francis Claude.
L'attrait du Championnat canadien disputé à la maison, peut-être? «Je ne savais même pas que [le match de] la Coupe Vanier se tenait ici deux années de suite», avoue-t-il candidement. «De toute façon, c'est encore loin et il y a encore beaucoup de matchs d'ici là. Et je suis tellement préoccupé avec mon cahier de jeux que je me concentre sur une journée à la fois.»
Cette semaine, Lochard et ses coéquipiers ont droit à trois heures d'entraînement chaque matin, de 8h30 à 11h30, en plus des après-midi de mardi, mercredi et vendredi, de 15h à 17h30.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/sports/football/201008/15/01-4306755-rouge-et-or-pascal-lochard-epaule-depuis-lau-dela.php

dimanche 15 août 2010

LE SOLEIL EN HAITI...OUF!

Le Dimanche 15 août 2010

Ouf!
 On voit des édifices détruits un peu partout.
Du haut des airs, j’ai vu les abris de fortune, mais de l’avion, il est bien difficile de constater tous les dégâts. Le trajet entre l’aéroport et notre auberge à Pétion-Ville a révélé la profondeur des cicatrices aperçues du haut des airs.
Dans le champ, juste en face de l’aéroport, il y a des centaines de tentes, des milliers un peut partout en ville, et des milliers de réfugiés. Sur la route Delmas, j’ai vu des tas de débris, des édifices écrasés, fissurés et de nombreux graffitis à saveur politique, mais aucun ne mentionnait Wycleff Jean.

Ouf! C’est triste à voir. Pourtant, j’ai vu des gens le sourire aux lèvres sur la rue au travers d’autres gens qui mendiaient ou tentaient de vendre de petits riens. Plus loin, on traverse un marché sur les trottoirs juste avant d’arriver à l’hôtel. C’était la cohue dans le bric-à-brac!
J’ai été étonné par l’arrivée dans une salle climatisée à l’aéroport. Mais j’ai vite déchanté lorsque l’autobus nous a débarqués dans une espèce de hangar de la douane par lequel tous les passagers doivent passer et où il faisait plus de 35 degrés. Un four comme celui que j’ai connu à Ouagadougou l’an dernier. Ici c’est moins un peu moins désorganisé.
C’était pire il y a quelques semaines, raconte Valérie, une Québécoise croisée sur le vol Miami Port-au-Prince et que Sébastien connaît. Elle travaille pour Oxfam Grande-Bretagne. Elle est en Haïti jusqu’en décembre et nous devrions la revoir durant la semaine.

Un marché bondé sur les trottoirs près de Pétion-Ville.
Une fois les bagages ramassés, nous avons rencontré Maxo Giordani, Haïtien pure laine malgré son nom à consonance italienne. Tout un personnage! Il sera notre chauffeur attitré pour les prochains et il nous prodigue des conseils judicieux pendant qu’il fait du slalom dans les rues pour éviter les trous. C’est pire que les rues de Québec ou de Montréal au printemps. Mon épaule déjà amochée en ressent les effets encore ce soir.
Et Maxo connaît Québec pour être passé par les bureaux de Plan Nagua. Et il a participé à des congrès de la centrale syndicale FTQ. Secrétaire général de l’Association des chauffeurs indépendants pour le développement du tourisme(ACIDT), il est aussi impliqué dans la Confédération des Travailleurs Haïtiens. Il a établi des partenariats avec Plan Nagua dont nous aurons certainement l’occasion de parler pendant les déplacements au travers des embouteillages et des nids d’autruches que sont les rues de la capitale haïtienne.
 En plus des tentes dans les camps des réfugiés
 du séisme ou dans des cours de maison,
il y a des abris de fortune au travers des débris.
Debout à 4 h, trois vols plus tard et autant d’inspection des bagages dans les longues files d’attente au contrôle de sécurité, j’ai beau être assez fatigué, je peux difficilement me plaindre quand je vois des gens sourire dans une ville aussi amochée par le goudou-goudou.
Dans l’auberge Au Doux Séjour, les employés sont aimables quoiqu’un peu étonnés par le débordement de paroles des deux blancs qui viennent de débarquer. Sébastien est presque aussi verbomoteur que moi! Je vous laisse deviner!
Demain, départ pour découvrir ce que fabrique l’Institut Culturel Karl Lévêque.
NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.
http://blogues.cyberpresse.ca/ong/2010/08/15/ouf/

La pression de l'impression

Publié le 15 août 2010 à 05h00
Jean-Simon Gagné, Le Soleil
(Québec) Parfois, la première impression est la bonne. Surtout lorsqu'elle est mauvaise.
Par exemple, si vous avez l'impression que les gens parlent beaucoup de la pluie et du beau temps, vous n'avez peut-être pas tort.
Selon un sondage effectué récemment en Grande-Bretagne, les Britanniques passeraient 49 heures par année à discuter de météo. Au cours d'une vie, cela représente six mois complets!
Les deux tiers des Britanniques feraient connaissance de cette manière. Et c'est seulement après qu'ils passeraient aux questions sérieuses. Du genre : pourquoi Tarzan n'a jamais de barbe? ou pourquoi il n'existe pas de nourriture pour chats à saveur de souris?
Je blague, évidemment. Après avoir discuté de la météo, tout le monde sait que les gens corrects écoutent les discours songés du député de Beauce, Maxime Bernier, sur la nécessité de se méfier des beaux parleurs, des démagogues et des gens qui échafaudent des théories économiques sur tout et sur n'importe quoi. Bref, sur la nécessité de se méfier des gens comme lui, finalement.
«En théorie, il n'y a pas de différence entre la théorie et la pratique, disait Yogi Berra. Mais en pratique, il y en a.»
Parfois, la première impression est la mauvaise. Surtout lorsqu'elle est bonne.
Par exemple, si on nous propose d'écouter l'histoire d'un toboggan ou celle d'un python, il paraît que nous serons plus nombreux à choisir celle du python. Les experts en publicité ont échafaudé plusieurs théories étranges sur le sujet. C'est pour ça qu'il y aurait autant de pubs télé avec des lézards ou des hippopotames qui ont l'air plus humains que n'importe lequel d'entre nous.
Mais ne dévions pas du sujet. Nous choisissons donc l'histoire du python, et nous avons tort. Une anecdote, sans plus. Ça se passait à Rome, mercredi. En effectuant une perquisition, la police italienne est tombée sur un python albinos de trois mètres, qui gardait un paquet de cocaïne. Les policiers ont amadoué l'animal en lui offrant un poulet entier. Fin de l'histoire.
En revanche, l'affaire du toboggan apparaît plus inquiétante. Le personnage central s'appelle Steven Slater. Un agent de bord. Ou plutôt, un ancien agent de bord. Car lundi, au terme d'un vol entre Pittsburgh et New York, Slater en a eu assez de répéter aux passagers qu'il faut rester assis tant que l'avion ne s'est pas immobilisé.
Quand une valise lui est tombée sur la tête, gracieuseté d'un passager ayant mal refermé son compartiment à bagages, Slater a craqué. Il a bondi sur le téléphone de bord pour invectiver les passagers. Puis il a actionné le système de toboggans qui permet de sortir d'urgence d'un avion.
Steven Slater a pris deux bières au passage - pour la route, comme on dit - et il est sorti en glissant sur un toboggan.
Le colérique Slater a été renvoyé. Il risque sept ans de prison, «pour avoir mis la vie d'autrui en danger».
Mais en attendant, il est devenu un héros. Des dizaines de milliers de personnes lui ont écrit pour assurer qu'elles l'imiteraient, si seulement elles trouvaient le courage.
Pour reprendre une expression célèbre, il ne s'agit peut-être que de la pointe de l'asperge. En tout cas, si j'étais grand patron, je commencerais à m'inquiéter des sondages qui révèlent que plus de la moitié des gens sont malheureux au travail...
On a beaucoup parlé de la première impression. Mais parfois, c'est pire : il n'y a pas d'impression du tout.
Prenez les inondations qui ravagent actuellement le Pakistan. Le quart du pays a été touché. On dénombre 14 millions de sinistrés. Plus de 260 000 bâtiments auraient été endommagés.
Pourtant, on ne sent pas le moindre élan de solidarité, de ce côté-ci du monde. Rien à voir avec le tremblement de terre de janvier, en HAITI.
Il est vrai que le Pakistan n'a pas très bonne réputation. Le plus souvent, le pays est décrit comme une base arrière des talibans et d'Al-Qaïda.
Trop loin. Trop compliqué. Alors Céline Galipeau n'ira pas animer le Téléjournal sur les lieux. Et il n'y aura pas de gentils artistes québécois qui vont organiser un téléthon.
Le rap d'Islamabad, qui voudrait brailler là-dessus?
Sans jouer sur les mots, cela pourrait créer une mauvaise impression.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/chroniqueurs/201008/14/01-4306608-la-pression-de-limpression.php

jeudi 12 août 2010

Les scientifiques se sont trompés

Les scientifiques se sont trompés. Ce n'est pas la Faille Enriquillo qui est responsable du séisme du 12 janvier, mais plutôt une faille jusqu'ici inconnue dénommée officieusement « Faille de Léogâne », longue d'une trentaine de kilomètres. Pour le moment, les scientifiques ne sont pas en mesure de déterminer si elle représente ou non une menace importante.Haïti: Contrairement à ce qu'avaient avancé des scientifiques, ce n'est pas la rupture d'un segment de la « Faille Enriquillo » qui a provoqué le tremblement de terre du 12 janvier 2010 de magnitude 7.3 sur l'échelle de Richter. « La faille responsable de ce tremblement de terre n'était pas celle d'Enriquillo, mais plutôt d'une faille jusqu'ici inconnue, a confié le géologue Français Eric Calais dans un article publié par le site Livescience.com le mardi 10 août 2010. C'est une grande surprise et je crois que tous nos calculs étaient erronés », a-t-il ajouté lors d'une conférence de l'Association américaine des géophysiciens qui s'est tenue au Brésil. La nouvelle faille d'une trentaine de kilomètres de long n'a pas encore été officiellement identifiée. Mais de manière informelle, les scientifiques l'appellent « la faille de Léogâne ». Les rapports préliminaires révélaient que le tremblement de terre qui a dévasté Haïti s'est produit suite au mouvement de la plaque Enriquillo qui traverse Haïti et se situe entre les plaques tectoniques de la Caraïbe et de l'Amérique du Nord.
Une équipe de chercheurs a cependant trouvé que les failles dans cette région s'étaient déplacées dans des directions inattendues. La faille Enriquillo est connue comme une faille verticale mais les nouvelles données suggèrent que le tremblement de terre ne s'était pas produit à partir d'une faille verticale, a expliqué le professeur Calais de l'Université américaine de Purdue.
La Faille Enriquillo n'avait pas provoqué de tremblement de terre important au cours des dernières décennies. Les derniers séismes de grandes magnitudes survenus en Haïti remontent à 1751,1770 et 1860. Mais aucune recherche n'a permis jusqu'ici de lier ces séismes à la Faille Enriquillo.
Pour le moment, les scientifiques ne sont pas en mesure de déterminer le niveau de menace que représente la « Faille de Léogâne ».Il se peut que cette faille fasse partie d'un réseau (système) de failles inconnues jusqu'ici. C'est crucial d'avoir plus d'information, a indiqué Eric Calais.
Le tremblement de terre du 12 janvier avait causé la mort de plus de 230.000 personnes. Depuis, des équipes de scientifiques de plusieurs pays se sont empressées d'installer des sismomètres afin de répertorier et d'analyser les données recueillies.
Jean Pharès Jérôme et
Roberson Alphonse

dimanche 23 mai 2010

Haïti: après la pluie, les épidémies?


 Malorie Beauchemin, envoyée spéciale
La Presse
(Port-au-Prince) Dans le camp improvisé de la place Saint-Pierre, à Pétionville, une femme âgée lave un chaudron dans une eau brune et nauséabonde. Les mouches bourdonnent autour des fruits et des légumes, et les pluies torrentielles des dernières soirées ont laissé quelques coulées de boue.
Quatre mois après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, le 12 janvier dernier, les conditions de vie dans les quelque 850 camps de déplacés de la capitale, Port-au-Prince, rendent l'environnement propice à la propagation de maladies.
Les déchets qu'on trouve partout, l'eau stagnante, les latrines de fortune et le fait que la nappe phréatique est très haute dans certains quartiers rendent la situation particulièrement risquée.
«Toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait des épidémies», explique le Dr Marc Forget, médecin québécois qui a atterri le 20 février au centre hospitalier Sainte-Catherine-Labouré (CHOSCAL), à Cité-Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti, où Médecins sans frontières a ouvert une clinique au lendemain du séisme.
«Mais la situation n'est pas aussi désastreuse que ce à quoi on aurait pu s'attendre, s'étonne le Dr Forget. À Cité-Soleil, les gens vivent dans des conditions épouvantables, mais on n'a pas vu de grandes épidémies jusqu'à maintenant, même quatre mois après le séisme.»
À l'aube de la saison des pluies, les médecins voient de plus en plus de patients atteints de malaria et de diarrhée, mais c'est le cas chaque année.
Boire de l'eau traitée
«Il est clair que les gens vivent dans des conditions plus précaires qu'avant le tremblement de terre. La promiscuité est plus grande, donc le risque d'augmentation des maladies liées aux conditions sanitaires - gastroentérite, infection respiratoire, diarrhée - est beaucoup plus élevé», explique Stefano Zannini, chef de mission pour la division belge de Médecins sans frontières.
L'organisme a noté, dans la première moitié du mois d'avril, une recrudescence notable des cas de fièvre typhoïde, infection habituellement liée à l'eau contaminée. Les cas ont été traités et la situation est revenue à la normale.
Au début du mois de mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé la mort d'un adolescent de 15 ans atteint de diphtérie. Alors qu'on parlait d'un cas isolé, les autorités de la santé haïtiennes ont fait état, cette semaine, d'un deuxième cas: un enfant de 7 ans est mort de la même maladie. L'OMS a appelé à la prudence, mais sans pour autant juger la situation critique.
Le Dr Forget s'explique difficilement le fait qu'il n'y ait pas encore eu d'épidémie. «Peut-être parce que les gens ne boivent pas l'eau souillée. Ici, il y a toujours une solution de rechange pour trouver de l'eau. Les gens peuvent en acheter, il y a des points de distribution. Ils se lavent dans des endroits complètement insalubres, mais ils boivent toujours de l'eau traitée.»
La situation pourrait toutefois basculer rapidement.
«Tant que les populations ne sont pas logées de façon correcte, tant qu'elles sont dans des camps où il n'y a pas le minimum d'hygiène, d'eau potable, on peut toujours craindre les épidémies», soutient Jean Soro, coordonnateur médical au CHOSCAL, transformé en hôpital général après la première phase de soins d'urgence.
Essentielles évacuations
La saison des pluies, qui devrait s'intensifier en juin et juillet, ne fera que fragiliser la situation et augmenter les risques d'épidémie.
«Il y aura des inondations. Il y a beaucoup de canaux bouchés, notamment dans Cité-Soleil. Il y a des déchets, des latrines à ciel ouvert, prévient Stefano Zannini, de MSF. Le risque direct est l'augmentation des cas de fièvre, de malaria, la contamination de l'eau, donc la fièvre typhoïde, un air plus humide, donc des infections respiratoires. Ce sont les enfants qui sont le plus exposés.»
En prévision de la recrudescence des pluies, les zones les plus à risque de deux camps ont été évacuées. On a relogé entre 7000 et 9000 personnes dans des camps plus salubres, en bordure de la ville. Mais là encore, le temps presse.
«Il a fallu quatre mois pour arriver à reloger 9000 personnes. Combien de temps faudra-t-il pour en replacer 1 million?» s'interroge le chef de mission de Médecins sans frontières.
Mais dans un pays où les soins médicaux sont difficilement accessibles pour la majorité de la population, ce sont surtout les perspectives à long terme qui font sourciller les médecins étrangers sur le terrain.
«Le problème, c'est que, aujourd'hui, plusieurs ONG répondent de manière ponctuelle à plusieurs problèmes, explique M. Zannini. Au fur et à mesure que ces acteurs vont se retirer, est-ce que tous ces services - vidange de latrines, offre d'eau potable, douches... - seront assurés par quelqu'un?»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/la-presse-en-haiti/201005/22/01-4282993-haiti-apres-la-pluie-les-epidemies.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS2

Alerte aux pluies abondantes en Haïti

Publié le 21 mai 2010
Les autorités haïtiennes ont émis vendredi une alerte de pluies abondantes pouvant causer des inondations et des glissements de terrain dans les régions touchées par le séisme du 12 janvier dernier.
L'alerte «orange» a été décrétée par les responsables de la prévention des catastrophes. Elle doit rester en vigueur pour les cinq prochains jours en raison d'un important système dépressionnaire qui se forme présentement près de Cuba. L'alerte «orange» est la deuxième plus élevée.
Les villes à risque sont Port-au-Prince, Jacmel, Léogâne et d'autres régions qui ont été en bonne partie détruites par le séisme de janvier dernier. On estime que ce tremblement de terre a fait 1,5 million de réfugiés.
Il n'existe pas de plan d'évacuation pour les centaines de milliers de personnes qui habitent toujours dans les camps de réfugiés, particulièrement vulnérables aux inondations, aux glissements de terrain et aux épidémies.
Les autorités haïtiennes demandent aux gens de se tenir loin des rivières, qui pourraient déborder.

vendredi 30 avril 2010

Les orphelins du séisme pris en charge par les gangs


Clément Sabourin
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Ils ont abandonné les bancs de l'école et appris à manier des pistolets. Hold-up, cambriolages, vente de drogue: les orphelins du séisme tentent comme ils peuvent de gagner de quoi manger. Et à défaut de parents, c'est auprès des gangs du bidonville Cité Soleil que ces petits Haïtiens cherchent protection.
Suivi d'une nuée de gamins et de membres de son groupe, «Toutou Soleil 19» slalome entre les ruines du 12 janvier, les cases de fortune et les cordes à linge qui jalonnent les allées crasseuses du plus grand bidonville d'Haïti.
Ce chef de gang, qui a officiellement déposé les fusils en 2006 mais avoue posséder encore «des armes blanches», traverse un égout et désigne une cabane de tôles sise sur des tas d'immondices, en bord de mer.
«Ici, huit à neuf orphelins dorment depuis le séisme», déclare-t-il à l'AFP, ravi de présenter la misère de son territoire que «personne n'est venu aider».
Devant la porte de l'abri, des enfants sont regroupés autour de la radio que tient Jef, 14 ans. Regard angélique et chemise à carreaux, l'adolescent reçoit de «Toutou» une conserve de lait concentré qu'il déguste avec ses amis.
«Il y en a beaucoup comme eux, ils sont éparpillés dans Cité Soleil», dit le caïd de 31 ans, un chapeau de laine sur le crâne.
En l'absence d'ONG ou d'autorités locales, les gangs constituent la seule autorité dans le quartier d'au moins 300.000 personnes. C'est donc vers eux que se sont tournés les orphelins après la catastrophe.
«Ils viennent nous voir parce qu'ils n'ont personne. On essaie de les aider, mais on n'a rien», raconte Toutou.
Les parents de Jef sont décédés durant le séisme qui a tué entre 250.000 et 300.000 personnes. Sans famille, il commet des «hold-up» et «des cambriolages» de maisons la nuit. «On fait ça avec les autres enfants», raconte le garçon. Depuis le drame, il ne va plus à l'école. «Je voudrais y aller mais je n'ai pas d'économies», dit-il en baissant le regard.
«De toutes façons, toutes les écoles se sont effondrées», note Jimis, 25 ans, rappeur et également membre d'un gang.
Sur les murs de la cabane des orphelins, des affiches d'une marque de rhum et des photos porno côtoient des publicités de fusils automatiques. Sur le sol en gravats, quelques morceaux de carton font offices de lits.
Tout au long du tour de quartier de Toutou, de nombreux d'enfants, impliqués depuis la mort de leurs parents dans différents délits, viennent saluer le jeune «parrain».
«Certains vendent de la drogue. Beaucoup ont des pistolets que les gangs leurs donnent», affirme un travailleur social engagé depuis plusieurs années dans le bidonville.
Les Nations unies enquêtent depuis peu sur le cas de ces orphelins. «À ce niveau, on n'a pas d'information», avoue sous couvert de l'anonymat un employé de l'ONU chargé du dossier.
«Il faut aider les enfants à ne pas devenir comme nous, à ne pas devenir des dangers pour la société», plaide «Ea», qui s'est évadé de la prison de Port-au-Prince lors du séisme, comme quelque 4.500 prisonniers.
Bastion de gangs violents, Cité Soleil était quasiment en état de guerre entre 2004 et 2007. L'intervention des troupes de l'ONU et la mise en place d'un programme de désarmement a calmé le quartier. Mais le feu couve toujours.
À l'hôpital de MSF, une augmentation des blessés par balle a été constatée dernièrement. «Mais pas de quoi parler d'une tendance», souligne Karel Janssens, responsable de l'établissement.
Et les chefs de gangs menacent: «Si l'aide n'arrive pas, on va préparer une révolte», déclare Patrick, chef d'un autre groupe. «On va lutter jusqu'au bout si on ne reçoit pas d'argent, s'il n'y a pas de justice», dit Toutou. «On est en prison ici».

dimanche 18 avril 2010

Passer à autre chose

Vincent Marissal,  La Presse
À la réception de la distillerie Barbancourt, le vieux tableau présentant tous les prix internationaux gagnés par le fameux rhum haïtien depuis 148 ans est encore un peu de travers, signe des terribles secousses du 12 janvier dernier.
Il y a d'autres signes encore plus spectaculaires autour, comme les camps de fortune misérables installés entre les champs de canne à sucre, le terrain de soccer de l'entreprise envahi par 300 familles sinistrées et, surtout, le gazon calciné par l'alcool sur le terrain même de la distillerie.
C'est que le tremblement de terre a fait basculer des barriques de rhum, qui ont éclaté en tombant, déversant environ un million de litres du précieux liquide autour des vieux immeubles.
L'odeur est enivrante, mais les dégâts sont faramineux. Il faudra racheter les barriques de chêne français, reconstruire certaines parties des entrepôts de vieillissement, réaménager le terrain et, surtout, négocier avec l'assureur pour récupérer les pertes (stocks, matériel et manque à gagner) évaluées entre quatre et cinq millions de dollars par l'entreprise.
Il a aussi fallu reconstruire un kilomètre de mur en pierre écroulé et réparer tant bien que mal les vieilles machines.
«Encore une chance que personne ne s'est approché de la distillerie avec une cigarette dans les heures suivant le séisme, cela aurait provoqué toute une explosion!» explique le président de Barbancourt, Thierry Gardère, en entrevue à La Presse.
«Seulement» 2 des 250 employés sont morts dans le tremblement de terre, mais 40% d'entre eux ont perdu leur maison. Cela cause évidemment des problèmes d'absentéisme, de ponctualité et de productivité.
De plus, cinq des six secrétaires de l'entreprise sont parties à l'étranger avec leurs enfants, afin de sauver l'année scolaire.
La production a repris difficilement 15 jours après la catastrophe, mais environ 30% des stocks, les vieux rhums en particulier, la fierté de la distillerie, ont été perdus.
L'embouteillage reprendra dans deux semaines; les ventes, dans un mois. Il faudra toutefois quatre ans à Barbancourt pour retrouver son rythme de production et ses stocks d'avant le 12 janvier.
Heureusement, l'entreprise était assurée, y compris contre les tremblements de terre, même si son propriétaire avoue avoir toujours craint plutôt les inondations et les incendies.
Thierry Gardère a aussi perdu sa maison, située près de l'hôtel Montana, dans l'un des coins les plus durement frappés de Port-au-Prince.
La seule «bonne» nouvelle, c'est que le tremblement de terre a permis à Barbancourt de se faire connaître sur la planète, un bénéfice inattendu du battage médiatique qui a suivi le séisme.
Mais M. Gardère est las de parler de tremblement de terre, de destruction, de morts, de ruines, de destruction...
«Je suis un peu fatigué de parler de tout ça, nous avons hâte de passer à autre chose, dit-il. Tous les jours, on passe dans les décombres, on ne voit que ça. Tous les jours, des messages de sympathies à la radio. Je dis: assez, arrêtez!»
La production est en train de retrouver un rythme à peu près normal. Dans la grande cour, à côté des installations de la distillerie, des dizaines de remorques pleines de canne à sucre sont livrées chaque jour par les paysans du coin. Un grand tracteur avec une pelle-mâchoire ramasse les longues tiges et les dépose dans le broyeur qui extraie le jus, qui coule vers une immense cuve de chauffage.
Fondée en 1812, Barbancourt ne l'a pas toujours eu facile. Les soubresauts politiques, les coups d'État, les crises, les incendies, les catastrophes naturelles. Les embargos, surtout.
Au début des années 90, lorsqu'un embargo commercial a durement frappé le petit pays, Barbancourt a énormément souffert, mais l'entreprise s'est relevée.
«Les deux pays qui ont appliqué l'embargo tout de suite ont été les États-Unis et le Canada, nos deux plus grands clients», explique M. Gardère.
La maison Barbancourt est à l'image d'Haïti: résistante et fière. Même s'il ne veut plus parler du tremblement de terre, Thierry Gardère espère que les secousses permettront aussi à son pays de changer et de s'en sortir vraiment, cette fois.
«Haïti, je veux y croire, sinon, nous ne serions plus là», lance-t-il en riant.
D'importants changements sociaux et politiques s'imposent, toutefois, ajoute-t-il. Haïti doit abandonner sa mentalité individualiste et les petites combines.
«Les 10 milliards (de la communauté internationale) doivent servir à reconstruire Haïti. Il est temps que nous ayons en Haïti une fonction publique et un gouvernement au service des Haïtiens. Il est temps de nommer les gens en fonction de leurs compétences, et non pas en fonction de qui ils connaissent», plaide M. Gardère.
Un peu plus de trois mois après le séisme, il dit commencer à voir «un peu de mouvement du gouvernement». «Mais pour le logement social, notamment, c'est flou pour le moment. Il faudrait reloger les gens sur des terrains de l'État et leur donner des titres de propriété.»
Pas facile, cependant, de faire bouger le gouvernement haïtien, se désole M. Gardère.

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/vincent-marissal/201004/17/01-4271542-passer-a-autre-chose.php

jeudi 15 avril 2010

La tutelle... sans le nom

Auteur: Vincent Marissal, La Presse (Port-au-Prince)
On le savait, on l'a bien constaté dans les jours suivant le tremblement de terre et c'est encore plus vrai aujourd'hui, trois mois plus tard: c'est Washington qui dirige et dirigera Haïti.
On entend beaucoup de mensonges et de demi-vérités à propos d'Haïti dans les cercles de la communauté internationale, mais la plus grande supercherie est de continuer de parler de la souveraineté d'Haïti et de son gouvernement.
La présence américaine est moins spectaculaire trois mois après le séisme, la plupart des Marines ont quitté Port-au-Prince, mais en coulisse, le département d'État (dirigé par Hillary Clinton, femme de l'émissaire de l'ONU pour Haïti, Bill) s'active pour avoir les coudées franches.
Un plan de reconstruction de plus de 10 milliards de dollars sur 15 ans, cela représente de belles occasions d'affaires pour les entreprises américaines. En plus, les Américains veulent construire une success-story en Haïti.

Mais il faut d'abord un cadre légal et politique.
Le cadre légal, il a passé la dernière étape, hier au Sénat, avec l'adoption d'un projet de loi prolongeant de 18 mois l'état d'urgence. Cette loi donne au gouvernement haïtien (avec les membres de la communauté internationale nommés au sein d'une commission intérimaire) des pouvoirs extraordinaires, comme passer des contrats sans appel d'offres, fermer des camps et expulser ses habitants, réquisitionner des immeubles ou des terrains.
L'adoption de ce projet de loi a été fortement encouragée par Washington. Il donne les moyens d'aller vite, sans avoir trop de comptes à rendre.
Déjà, l'expulsion de sinistrés bat son plein depuis trois jours à Port-au-Prince, faisant monter de plusieurs crans la tension en ville.
L'administration américaine insiste par ailleurs pour que le gouvernement haïtien adopte une loi interdisant aux fournisseurs d'augmenter leurs prix de façon déraisonnable.
L'administration américaine planche par ailleurs sur un plan énergétique majeur, incluant la construction de lignes de transmission, la rénovation de barrages et la distribution de propane (pour remplacer le charbon).
L'énergie, c'est le pouvoir, de nos jours. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, s'est fait bien des amis en Amérique du Sud en distribuant son pétrole en vertu de généreuses ententes, notamment ici. Justement, une grève au Venezuela a provoqué ces derniers jours une pénurie d'essence à Port-au-Prince.
L'administration américaine, à couteaux tirés avec Hugo Chavez, ne tolérera pas une telle situation.
«Gardez les yeux ouverts», suggérait en entrevue le premier ministre Jean-Max Bellerive aux Canadiens qui craignent la corruption et le fiasco financier de l'aide internationale en Haïti.
En effet, nous aurions tout intérêt à garder les yeux grands ouverts. Doublement intérêt, même.
D'abord pour nous assurer que nos millions (centaines de millions) serviront les Haïtiens, et non pas le régime et ses amis.
En ce sens, les partis de l'opposition à Ottawa feraient œuvre utile en réclamant du gouvernement Harper la création d'une commission non partisane chargée, pour les prochaines années, de suivre l'argent à la trace. Et de faire rapport périodiquement des progrès (ou des dérapages) en Haïti. Rien n'empêche de créer une telle commission, avec ou sans le gouvernement, d'ailleurs.
La vigilance est d'autant plus de mise qu'Haïti entre dans une période électorale instable. À cause du tremblement de terre, les élections législatives de février ont été remises. Elles pourraient être tenues en même temps que la présidentielle, prévue en novembre (mais qui pourrait être repoussée de quelques semaines).
De plus, le Parlement sera dissous en mai, ce qui fait que le président Préval, loi d'urgence en poche, pourra gouverner par décret.
La moindre des choses, puisque nous donnerons des centaines de millions à Haïti, c'est de nous assurer que nous ne cautionnons pas un gouvernement antidémocratique, même si celui-ci opère avec la bénédiction de Washington et la complicité tacite de la communauté internationale.
Ce gouvernement, tout le monde le sait, n'est pas au-dessus de tout soupçon. L'an dernier, lors des élections sénatoriales, l'opposition a dénoncé des fraudes dans une quarantaine de bureaux de vote. L'affaire a finalement été étouffée par la Commission électorale provisoire, la même qui est toujours en place aujourd'hui et qui doit décider de la date des prochaines élections.
Le président Préval ne peut se représenter, mais avec les milliards de l'aide internationale et une opposition complètement désorganisée, comment garantir qu'il ne retournera pas la situation au profit de son successeur?
Notre deuxième intérêt, c'est de veiller à ce que nous ne ramassions pas que les miettes laissées par les États-Unis dans un pays où nous devrions avoir une longueur d'avance naturelle.
Pour le moment, on ne sent pas un grand empressement de la part d'Ottawa.
La ministre responsable de l'ACDI, Bev Oda, était à Port-au-Prince la semaine dernière, mais elle a surtout annoncé un projet d'hôpital qui était prévu avant le tremblement de terre.
Le projet de siège temporaire du gouvernement (12 millions de dollars) annoncé en grande pompe lors de la visite de Stephen Harper, en février, s'est quelque peu dégonflé depuis.
Le Canada devait payer pour des installations temporaires à Croix-des-Bouquets (environ 25 km à l'est de Port-au-Prince), mais les ministres haïtiens, apparemment, ne voulaient pas aller si loin de la capitale.
Plan B, donc: le Canada construira plutôt des sièges temporaires pour les ministères de l'Agriculture et de la Santé.
Des cabanes pour deux ministères, c'est bien modeste à côté des projets pharaoniques développés à Washington.
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/vincent-marissal/201004/14/01-4270195-la-tutelle-sans-le-nom.php


Commentaires : Loin de déclencher en moi la réincarnation de l’esprit de Jean Jacques Dessalines, loin de me sentir léviter de rage, propulsé par les ressorts de mon haitiannisme national et inébranlable, l’article de ce journaliste me rassure.


Il faut reconnaître que l’auteur de cet article fait preuve d’une objectivité à toute épreuve dans l’approche et la vision de la problématique haïtienne.


Je trouve très rassurant que la reconstruction d’Haïti ne sera pas laissée de façon exclusive à la compétence et au bon vouloir de nos compatriotes. Le fait de critiquer la pseudo main mise américaine ne devrait pas servir de base à ceux-là qui, pour des raisons anti-hégémoniques prônent la participation haïtienne dans toute sa splendeur quand au fond d’eux-mêmes ils reconnaissent d’un côté les tares et les déficiences d’Haïti à tout point de vue et dans tous les domaines et de l’autre côté la situation calamiteuse du pays, l’engouement international, mondial et purement humanitaire déclenché par cette porte ouverte à la misère défoncée par le tremblement de terre du 12 janvier, qui pourraient servir de base pour relancer ce pays.


Aujourd’hui, si on pose la question aux haïtiens qui abandonnent leur logement pour grossir le volume des camps de sinistrés, parce que en dépit des apparences, ils trouvent des solutions à leurs problèmes basiques et quotidiens, de savoir qui doit reconstruire le pays, il sera très édifiant de constater qu’une grande partie de la population ne se retrouve pas du tout au sein des réflexions portées par les élites bourgeoises et intellectuelles et la pseudo élite politique.


Si les américains s’engagent à faire d’Haïti un « success story » je vote pour les américains !