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dimanche 18 mars 2012

Double nationalité ! Encore et encore. Décidément, ce dossier ne veut pas mourir. À chaque accalmie, une goutte d’huile de plus vient attiser la flamme. Suite à la mise en scène du jeudi 8 mars, d’aucuns annonçaient la fin du scénario. Le Président croyait peut-être s’en tirer à bon compte. Ce fut trop tôt. Trop beau. La commission a été certes édentée, elle conserve toutefois sa capacité d’action et, plus encore, sa capacité de nuisance.

La réaction du Sénat dans son ensemble était attendue. Puisqu’il fut la risée de tous après cette exhibition émotive de passeports. En tout premier lieu, le remaniement de la commission d’enquête paraissait inéluctable. Selon le président du Grand Corps, Simon Dieuseul Desras, cette décision appartient à l’assemblée des sénateurs. Une assemblée qui bout. Les contradictions sont profondes. Certains jouent au ponce Pilate alors que d’autres jouent les victimes innocentes. Moïse Jean Charles et Steven Benoit ont menacé d’abandonner la commission alors qu’elle navigue en eau trouble. Les critiques offusquent les élus du peuple. La restructuration de cet organe d’enquête devra donc attendre. .
L’ambiance est devenue plutôt électrique au Sénat. Tout dérange. Les regards moqueurs et les sourires figés sur les visages de certains énervent d’autres qui disent travailler pour le bien de la population. Lambert et Latortue ont, paraît-il, eu leur revanche. Ils dégustent. Fièrement, M. Latortue a rejeté devant la presse les rumeurs qui annonçaient son éventuel retour au sein de la commission.
De la nationalité, la commission se déroute vers l’identité du chef de l’État. Une identité double. Triple même. Connexité entre les affaires. Errements pour d’autres. N’empêche que les deux actes sont graves et constituent des violations de la loi. .
Les renforts escomptés ne viennent pas. « Ceux qui peuvent mener les enquêtes laissent la place à ceux qui ne peuvent le faire », Anick François Joseph, maître de ces mots, se rétracte. Il aidera de l’assemblée étant. Bizarre ! Pourtant, il a paru avoir des informations de première main et des pistes intéressantes. Les menaces de morts proférées contre sa personne l’ont probablement dissuadé.
Les expertises manquent terriblement à la commission. Il faut les chercher. Partout. William Jeanty demande d’engager des experts comme cela se fait généralement pour les grands dossiers qui concernent la Chambre haute. .

Qui délivre les passeports en Haïti ?
 La décision de M. Martelly de soumettre ses passeports, via Religions pour la paix, a été considérée comme un triomphe de la vérité par ses partisans. Les accusateurs paraissaient en mauvaise posture. Le silence pour certains fut une échappatoire viable. Mais, comme souvent, le dossier rebondit. Les passeports soumis ne seraient pas régulièrement émis. En tout cas, c’est ce qu’ont tenté de faire croire les membres de la Commission. .
Plusieurs irrégularités auraient été relevées sur ces documents qui devaient aider à dissiper les doutes sur la multiple nationalité de M. Martelly. Alors que les enquêteurs avaient rapporté avoir trouvé la trace de seulement quatre passeports émis au nom du président de la République, celui-ci a présenté huit livrets qui correspondent à huit passeports différents. Le premier présenté par la Commission a été délivré pour une durée de deux ans. Soit du 13 novembre 1986 au 7 décembre 1988. Une durée de deux ans. Son numéro est le 81124649. .
Le deuxième passeport, inscrit au numéro 81124649, a été délivré le 27 juin 1981 et a expiré le 30 Août 1993. La durée est donc de douze ans. Une histoire abracadabrante. De nombreuses hypothèses furent émises sur ce cas précis. La plus courante : « M. Martelly avait peut-être bénéficié d’une dérogation vu que depuis cette date la validité d’un passeport haïtien est toujours de cinq ans. »Aucun spécialiste n’est venu étayer cette thèse. Les organismes qui ont émis ces documents n’étaient peut-être pas au courant des lois haïtiennes traitant de l’émission des passeports. .
Les regards sont donc tournés vers le service de l’Immigration et de l’Émigration qui délivrent ces documents. Le troisième passeport numéroté 81124649, délivré le 5 avril 1994, a expiré le 9 septembre 1999. Le quatrième, FL 97 E 373, émis le 23 avril 1997 a, quant à lui, expiré le 22 avril 2002. Le cinquième, FL 97 E 373, émis le 14 mai 1998 a expiré le 22 avril 2002. Le sixième, FL 00 A 650, émis le 27 janvier 2000 et a expiré le 26 janvier 2005. Ces quatre ne souffriraient pas de contestation. Le huitième, FL 15 73103, émis le 17 janvier 2007, a expiré le 18 janvier 2012. .
L’attention a été attirée sur le septième passeport qui, bizarrement comporte 33 pages au lieu de 32. Son numéro est le FL 30 093. Ce passeport comporte deux numéros. L’autre qui est troué est le R 04 61 802. De nombreuses ratures ont également été trouvées sur ce passeport qui entretient à lui tout seul les suspicions sur la multiple nationalité du chef de l’État. Par ailleurs, avance-t-on, le Président a effectué des voyages aux États-Unis sans qu’aucun passeport ne les mentionne. .
Un seul État dans un seul pays. Des mots pleins de sens pour les nationalistes d’antan. Cependant, au regard des passeports présentés par le président de la République, il y aurait lieu de s’inquiéter. L’administration publique est elle une ? Y a-t-il d’autres organes compétents pour prendre des décisions qui concernent la souveraineté nationale ? Au Sénat de donner la réponse.
Lionel Edouard
doulion29@yahoo.fr
Source: Le Matin

http://www.radiotelevisioncaraibes.com/nouvelles/haiti/haiti_et_ses_passeports_qui_causent_des_degats.html

Embassy Row: Haiti President, an American?

By James Morrison The Washington Times

The U.S. ambassador to Haiti has been drawn into a controversy over whether President Michel Martelly, a former pop singer in Miami, is a U.S. citizen and ineligible to hold the office he won last year.
Ambassador Kenneth H. Merten insists that Mr. Martelly is not an American citizen and does not have a U.S. passport.
But the Haitian legislature is not satisfied with that explanation.
Mr. Merten, a career diplomat, appeared last week with Mr. Martelly at a news conference where the president released his current Haitian passport and seven expired ones.
“President Martelly is not American. He is Haitian,” Mr. Merten said.
The ambassador also has explained that Mr. Martelly turned in his U.S. residency card to the U.S. Embassy in the Haitian capital, Port-au-Prince, before his inauguration in May.
His assurances failed to impress members of a special commission of the Haitian Senate investigating politicians who hold dual citizenship with another country. Three members of Mr. Martelly's government have resigned because they are foreign citizens.
The Haitian constitution prohibits the president from holding dual citizenship and from renouncing his Haitian citizenship, according to news reports from Port-au-Prince.
Sen. Jean-Charles Moise, the commission chairman, called Mr. Martelly’s news conference a “masquerade.”
Sen. Nenel Cassy called on the ambassador to issue a formal statement to the commission on Mr. Martelly’s U.S. immigration status.
A third senator, Anick Francois Joseph, told reporters that he noticed that Mr. Martelly held a U.S. passport when they flew together on an American Airlines flight to Miami from Haiti in November 2007.
The airlines later identified a “Michael Martelly” on the passenger list but no “Michel Martelly.” Haitian news reports said Mr. Martelly often uses “Michael” instead of “Michel” when he travels to the United States.
Before he won the presidency last March, Mr. Martelly was a popular musician in Haiti and Miami. He also owns a house in Palm Beach, Fla.
Source: Washington Times
Embassy Row: Haiti President, an American?
http://www.radiotelevisioncaraibes.com/nouvelles/internationale/haiti_president_an_american.html

Quand l’international se fait complice !

L’immixtion intempestive de la communauté internationale dans toutes les affaires de la République traduit bien l’inconséquence des dirigeants haïtiens. La comédie jouée au Palais national le jeudi 8 mars 2012 et à laquelle s’est prêtée une partie de la communauté internationale témoigne combien les institutions républicaines sont bafouées, méprisées et foulées aux pieds. Elle montre aussi que cette communauté internationale a choisi son camp.

Lors de la cérémonie d’exposition de passeports au Palais national le jeudi 8 mars 2012, la présence de la communauté internationale a été très remarquée. Tous les ténors étaient là. Il s’agissait pourtant d’une affaire interne qui devrait être traitée, selon beaucoup de citoyens, par les institutions républicaines compétentes en la matière. Tel malheureusement n’a pas été le cas. Le président Martelly, pour dissiper les doutes qui planent sur sa nationalité, a choisi de remettre ses documents de voyage à une plateforme de religieux, avec la caution de quelques diplomates étrangers.
D’après le politologue Sauveur Pierre Etienne, « la mise en scène du Palais national », sous les regards complices de l’international, a confirmé le bras de fer qui existe entre les pouvoirs exécutif et législatif. Il s’agit, à son avis, d’une crise institutionnelle qui est en train de se transformer en une crise politique aigüe. Pour Sauveur Pierre Etienne, cette situation traduit non seulement l’incapacité des élites haïtiennes à prendre en charge l’avenir politique de la nation, mais aussi et surtout leur impuissance face à l’effondrement de l’État. Ce qui, de son point de vue, a permis à l’international de s’immiscer librement dans les affaires de la République.
En ce sens, le coordonnateur général de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) croit qu’Haïti n’est pas un État souverain. Pour lui, le pays est sous occupation internationale déguisée. Sauf que l’international n’est pas près d’assumer son rôle d’occupant, compte tenu des obligations économiques et politiques que cela entraîne. Voilà pourquoi, estime Sauveur Pierre Etienne, les grands barons de l’international « préfèrent se mettre à couvert », tout en conservant la latitude de tirer les ficelles.

Washington : le maître de la question
« Le Département d’État est impliqué jusqu’au cou dans la mise en scène du Palais national », affirme Sauveur Pierre Etienne. La main de Washington est visible dans cette affaire, s’exclame-t-il, rappelant que la République étoilée a toujours besoin d’un point d’ancrage pour asseoir sa politique. Ainsi, se fondant sur le rôle joué par le Département d’État lors des élections ayant conduit Joseph Michel Martelly au pouvoir, M. Pierre Etienne croit que la communauté internationale est très préoccupée par la situation qui prévaut actuellement en Haïti. Il assimile la démarche de l’international, notamment de Washington, à une échappatoire pour déboucher sur un accord entre les parties en présence dans le but de prévenir le pire.
D’aucuns pensent en effet que la cérémonie de présentation de passeports aurait été concoctée par les autorités américaines. Vingt-quatre heures avant la présentation du chef de l’État, un tête-à-tête aurait eu lieu entre le président Martelly et l’ancien président américain, Bill Clinton. Celui-ci se serait également entretenu avec les présidents des deux chambres du Parlement. En ce sens, nombreux sont ceux qui croient que la déclaration de l’ambassadeur américain en Haïti, M. Kenneth H. Merten, était planifiée. Jean-Robert Simonise, ancien ministre haïtien des Affaires étrangères, intervenant sur les ondes d’une radio de la capitale, croit que Monsieur Merten ne pourrait pas s’arroger le droit de faire une telle déclaration sans le consentement des plus hautes autorités du Département d’État. En fait, si pour certains l’attitude de l’ambassadeur Merten s’apparente à une sorte d’ingérence, pour d’autres, il s’agit d’un scénario élaboré par le président de la République de concert avec Washington. Un scénario qui, de l’avis de sauveur P. Etienne, est émaillé de maladresses et de confusions.
C’est en effet une situation fragile. Délicate. À en croire Sauveur Pierre Etienne, Washington n’acceptera pas de perdre la face. Or, ce dossier est soulevé dans un contexte particulier et les enjeux qui l’entourent sont de taille. C’est d’ailleurs une année électorale aux États-Unis. En ce sens, le leader de l’OPL pense que l’administration Obama doit jouer intelligemment. De ce fait, le Département d’État chercherait à classer ce dossier le plus rapidement possible. Car, selon M. Pierre Etienne, l’affaire pourrait rebondir au cours de la campagne électorale américaine comme un enjeu majeur entre les républicains et les démocrates. Dans ce même ordre d’idée, le politologue a fait référence à un tas d’autres dossiers qui passionnent la presse américaine, notamment la question de la Téléco.
Entre-temps, les palabres continuent un peu partout sur cette affaire. Le dossier évolue de façon sinusoïdale. Il s’agit d’un feuilleton à plusieurs épisodes, sur le dénouement duquel beaucoup s’interrogent. En tout cas, pour prévenir le pire, sauveur Pierre Etienne appelle toutes les forces vives de la nation à « placer les intérêts de la République au-dessus de toute mesquinerie ». Il préconise en outre la mise en place d’un gouvernement d’union national, affranchi de toute complicité de l’international.
Noclès Débréus
nonohaiti2007@yahoo.fr
Source: Le Matin

Commentaire:
Pas besoin d'être politologue ni coordonnateur de parti politique haitien pour comprendre ce qui se joue en Haïti. Ce qui n'est pas dit c'est que le monde traverse une crise économique et financière d'une telle envergure que personne ne dispose de l'argent à jeter par la fenêtre dans des élections avec des candidats qui se valent surtout par leur nullité.
Ce qui reste assez paradoxale chez nous c'est que certains journalistes ou politiciens ou penseurs ne voient l'immixtion de la Communauté Internationale quand ça les arrange. Pourtant une question simple que j'aimerais poser à ceux qui n'hésitent pas à condamner cette immixtion même quand elle est intempestive, serait de leur demander quel pourcentage du budget national est apporté par l'aide de cette communauté internationale? Qui fiance nos élections?

En Haïti même la construction de latrine en 2012 est financée par l'aide extérieure. Alors à quoi sert cette hypocrisie?
DL

mercredi 29 février 2012

Les passeports de Martelly sont haïtiens, mais l'enquête se poursuit

Haïti: Le président Michel Martelly n'a utilisé qu'un passeport haïtien pour entrer et pour sortir du pays depuis 1999, date au-delà de laquelle les archives informatisées du service d'Immigration et d'Émigration n'existent pas, a confié au Nouvelliste un influent sénateur, membre de la commission d'enquête sur la nationalité du président de la République et des ministres démissionnaires du gouvernement Conille. "Selon les recherches que la commission a effectué au service d'Immigration nous avons pu retracer quatre passeports utilisés par Michel Martelly depuis 1999. Nous avons aussi pu vérifier son acte de naissance, sa carte de résidence aux États-Unis et le manifeste de certaines lignes aériennes. Tout confirme que Michel Joseph Martelly a toujours voyagé avec son passeport haïtien pour la période", a précisé pour le journal le sénateur qui veut garder l'anonymat en attendant que la commission dévoile ses conclusions. "Il n'y a aucune trace d'un quelconque passeport américain qui aurait pu appartenir à Michel Joseph Martelly dans les archives que nous avons pu analyser", insiste-t-il ajoutant que les pièces sont aujourd'hui aux mains des sénateurs Youri Latortue et Steven Benoît.
Questionné sur la carte de résidence américaine du président alors que la Constitution fait obligation de résider en Haïti cinq ans avant les élections, le sénateur ne pense pas que cela causera un problème. "Il y a depuis des années des élus, sénateurs, députés et présidents qui ont ou avaient une carte de résidence. Cela fait débat, mais ne les a jamais empêché d'être élu ou réélu."
Ne se voulant pas en mesure de décider de l'orientation de la commission d'enquête, le sénateur insiste que l'enquête se poursuit. "Nous continuons à chercher", dit-il. Ces déclarations sont corroborées par un autre élu du Grand corps qui a confié au Nouvelliste, lui aussi sous le couvert de l'anonymat : « Michel Martelly utilise toujours son passeport haïtien à l'aéroport international Toussaint Louverture, selon les données recueillies dans les archives de la direction de l'Immigration et de l'Émigration. La commission d'enquête n'arrive pas à retracer s'il utilise un passeport américain ou italien dans les aéroports étrangers ».
La nouvelle qui fait l'objet de fuites depuis cet après-midi explique peut-être l'atmosphère du point de presse de ce mardi. Souvent en conflit ouvert depuis l'enquête diligentée sur la nationalité réelle du président Michel Martelly, les sénateurs Moïse Jean-Charles et Joseph Lambert jouent aujourd'hui à l'unité parfaite. Ils lâchent les ministres démissionnaires, dédouanent le directeur de l'Immigration et prennent le chef de l'Etat comme seule cible de l'affaire dite de la nationalité.
Des chuchotements à l'oreille, de petites tapes sans agression sur la tête et un point de presse conjoint...les sénateurs Moïse Jean-Charles et Joseph Lambert filent le parfait amour. Premier acte d'une harmonisation des ex-querelleurs liés par la plateforme INITE coprésidents désormais de la commission d'enquête spéciale. « Le gouvernement étant démissionnaire, l'enquête sur leur nationalité paraissait pas trop nécessaire, a lâché le sénateur Joseph Lambert sous les regards approbateurs de son collègue Moïse Jean-Charles. Mais, nous menons jusqu'au bout notre mission ». Les passeports d'un ensemble de ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement démissionnaire de Garry Conille, poursuit le parlementaire, sont en possession des membres de la commission d'enquête qui continuent de les analyser minutieusement.
Le président Michel Martelly, a enchaîné le sénateur Jean-Charles, est toujours en fonction. « Nous attendons ses documents de voyage. Nous ne pouvons pas l'attendre définitivement. Dès ce mercredi, nous allons demander au président du Sénat d'écrire au chef de l'Etat qui ne peut pas servir d'obstacle à la commission sénatoriale », a martelé le sénateur du Nord lors du point de presse conjoint auquel prendrait part son collègue Nènèl Cassy, nouveau cosecrétaire-rapporteur de ladite commission.
Une convocation du ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Thierry Mayard-Paul, qui devrait être accompagné du directeur général de l'Immigration et de l'Émigration, Roland Chavannes, au Sénat, a été de fait annulée en raison de la démission du gouvernement de Garry Conille. Sept des neuf membres de la commission ad hoc allaient fouiller dans le système informatique de l'Immigration. « Nous avons mis l'emphase sur le président Michel Martelly. Ses documents ont été répertoriés », a précisé le sénateur Cassy. La commission a recueilli, dit-il, toutes les informations nécessaires et nous avançons très bien avec l'enquête.
Les membres de la commission se sont gardés de répondre aux questions des journalistes lors du point de presse. Pour produire son rapport dans quinze à vingt et un jours, la commission s'adressera à d'autres instances pour tenter de faire toute la lumière sur la nationalité réelle du 56e président d'Haïti. « Nous allons adresser des correspondances à des instances qui peuvent nous fournir des preuves », a fait savoir le sénateur Nènèl Cassy.

Chavannes dédouané
Le directeur général de l'Immigration et de l'Émigration, Roland Chavannes, en attendant le rapport de la commission d'enquête, est libéré de tout fardeau sur les suspicions de sabotage ou de destruction de preuves par rapport à l'enquête. Nous disons compliments à Roland Chavannes et aux techniciens du Service de l'Immigration, a lancé Joseph Lambert, sans crainte d'un démenti de Moïse Jean-Charles qui exigeait récemment la tête de l'ancien général des Forces armées d'Haïti, en charge de l'institution logée à l'avenue John Brown. La réalité, a expliqué le sénateur Lambert, « c'est que les documents détruits sont constitués d'un lot de passeports diplomatiques et de substitut liés qui étaient inutilisables ».

Quelque 70 000 livrets de passeports achetés avant des modifications dans le système de production de la direction de l'Immigration et de l'Émigration et des extraits d'archives qui encombraient le bâtiment, selon des chiffres cités par le coprésident de la commission d'enquête spéciale, ont été brûlés. L'opération, a précisé le parlementaire, a été menée en présence d'un juge de paix et est immortalisée par une vidéo.
Des institutions internationales oeuvrant dans le domaine de l'immigration, a avancé le sénateur Lambert, ont fixé un délai de trois ans pour éliminer les manifestes des compagnies de voyage. Le coprésident de la commission d'enquête ne tarie pas d'éloges pour le système informatique mis en place sous la direction de Roland Chavannes au Service de l'Immigration et de l'Émigration. « C'est l'un des réseaux les plus performants de toute la Caraïbe », a félicité le sénateur Lambert. Sauf, a-t-il précisé, les données disponibles remontent à 1999.
Le ministre des Haïtiens vivant à l'étranger, Daniel Supplice, a jugé inapproprié, la semaine dernière, que des documents de voyage aient été brûlés au Service de l'Immigration. Le moment, a encore jugé le ministre qui répondait aux questions de la commission d'enquête, est mal choisi pour brûler des documents, car l'enquête est actuellement en cours sur la nationalité des membres du gouvernement et du président de la République. Ces documents, selon Supplice, auraient dû être acheminés aux bureaux des Archives nationales.

Commission modifiée
« Des avancées importantes au niveau de la structure interne de la commission d'enquête sur la nationalité des membres du gouvernement du chef de l'Etat ont été effectuées la semaine dernière », a annoncé le sénateur Joseph Lambert. Nous nous mettons d'accord, dit-il, pour restructurer la commission avec désormais deux coprésidents en la personne de moi-même et du sénateur Moïse Jean-Charles et de deux corapporteurs, à savoir les sénateurs Youri Latortue et Nènèl Cassy.
Le rapport final de la commission composée de neuf membres, selon les modifications, doit être approuvé par la majorité de ses membres. Ces changements ont été apportés suite à des contestations de Moïse Jean-Charles qui considérait que ses collègues Joseph Lambert et Youri Latortue étaient trop proches du président Michel Martelly dont la seule nationalité haïtienne est mise en doute.
Claude Gilles et Frantz Duval
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=102912&PubDate=2012-02-28