Par Marc-Kenson Joseph
jmarckenson@lematinhaiti.com
Pour les 12 000 habitants qui vivent à « Shada », bidonville du Cap-Haïtien, environ cinq latrines sont disponibles. À l’initiative du projet EAuCap, exécuté par le consortium Oxfam GB, Protos et Groupe d’intermédiaire technologie d’Haïti (GTIH), et les autorités étatiques, des latrines écologiques seront construites prochainement.
Dans quelques couloirs, des adolescents jouent à la marelle.
Dans d’autres, des cordonniers réparent des chaussures de troisième main pour les liquider au marché public de la capitale du Nord, à vil prix. Arpentant les couloirs effrayants de « Shada », on découvre une vie communautaire agitée. Des femmes, accroupies dans une intersection, commentent les disputes d’hier soir d’un couple voisin. Dès qu’un inconnu s’approche, on change de sujet.
À quelques mètres, dans un autre couloir, des enfants, nus comme Adam et Eve dans leur innocence, se forcent à sourire. Alors que d’autres adolescents suivent, en grimaçant, un des leurs, tout en blanc et en transes, chantent et lancent des slogans humoristiques, comme au carnaval.
Mais au bout de quelques minutes de marche, un autre spectacle, sordide, s’offre au reporter du Matin. À la queue leu leu, des jeunes s’accroupissent sans gêne aucune pour évacuer leurs intestins, dans des latrines (la mer) à ciel ouvert.
En mal de santé publiquePromiscuité, insalubrité et avec ses latrines publiques en plein air, « Shada » est en mal de santé publique. Bâti en labyrinthe, ce bidonville, situé à la sortie ouest du Cap-Haïtien à proximité du littoral, donne du fil à retordre aux autorités.
Comme à Fort Saint-Michel, la Cité Soleil du Cap, « Shada » peut être considéré comme un autre site de décharge. Les habitants y vivent repliés sur eux-mêmes, chacun pour soi. Construire des latrines publiques dans cet espace de misère dégradante est, dit-on, dans l’ordre des choses irréalisables.
Pourtant, dans le cadre de l’exécution du projet EAuCap, les autorités étatiques et le consortium d’Oxfam GB, Protos et Groupe d’intermédiaire technologie d’Haïti (GTIH), trois Orga -nisations non gouvernementales (ONG), font croire le contraire. Dans un premier temps, elles ont procédé au regroupement de l’ensemble des associations de « Shada ». S’en est suivie une campagne de promotion des règles d’hygiène. Après plusieurs séances de formation pour les associations, la construction de latrines pilotes a été retenue comme la priorité des priorités pour les habitants.
Du « marketing social »Financé par l’Union européenne (UE) à hauteur de 3 millions de dollars américains, EAuCap considère « Shada » comme un défi. Selon le coordonnateur dudit projet, «depuis trois mois, l’équipe est encore en phase de discussion ».
L'Ivorien Kone Amara précise, toutefois, que les ingénieurs ont procédé à l’analyse technique des modèles de latrines adaptées au contexte, discuté des coûts. Reste et demeure l’approbation des riverains de « Shada » car, insiste-t-il, on ne souhaite pas construire pour construire. L’idée est de réaliser des œuvres durables pouvant servir d’exemple à d’autres bailleurs dans d’autres zones.
« De plus, ajoute le coordonnateur adjoint du projet EAuCap, l’initiative de construire ces latrines relève du marketing social. Cela nécessite un faible coût et une gestion facile ». En effet, eu égard aux modèles présentés, les matières fécales seront soit séchées et utilisées à la fabrication de compost, soit curées après au moins une année.
« Shada », informe Samuel Mondestin, est le premier quartier que les autorités projettent de déplacer. Les besoins sont urgents. Dans ce bidonville, les policiers nationaux ne s’aventurent pas, quel que soit l’incident ou le délit signalés : crime, émeute, bagarre, viols ou vols. Pourtant, bravant tous les dangers, l’équipe d’ingénierie-sociale (animation) du projet EAuCap se rend sur les lieux quasiment chaque jour. Pour elle, il est temps qu’un autre cadre de vie soit offert à la population de « Shada ».
mardi 29 janvier 2008
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10949
Dizon pa-m:
"Construire des latrines publiques irrélisables": kwele kwe wke! nan lane 2008 pou blan pa mete lajan deyor pou konstwi latrri-n nan dezyèm vil peyi ya? Apa nou resi rivé kote nou ta prale -a!
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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mardi 29 janvier 2008
ENVIRONNEMENT ET FESTIVITÉS CARNAVALESQUES / Un « carnaval vert » au détriment des arbres du Champ de Mars
Par Ladenson Fleurivalladenson@lematinhaiti.com
Le thème du carnaval 2008 « Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda », que prolonge celui de Port-au-Prince : « Rale mennen vini pou yon Ayiti vèt », fait déjà l’objet de vives controverses au sein de la société. À l’origine de ces controverses, la mesure de la mairie de Port-au-Prince d’abattre des arbres à la rue Saint-Honoré, à proximité du Champ de Mars, site officiel des festivités.
Quatre arbres coupés à même le sol, trois autres amputés de plusieurs branches. C’est le constat à la rue Saint-Honoré à l’approche de la plus grande manifestation culturelle et populaire du pays, le carnaval, placé sous le signe de la protection de l’environnement, à travers un double thème, national et municipal, respectivement, « Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda », « Rale mennen vini pou yon Ayiti vèt ». Cette action a soulevé la grogne de plus d’un. « Ils hypothèquent l’environnement contre trois jours d’ambiance. Et pourtant ils parlent de protection de l’environnement. Pour qui nous prennent-ils ? », s’interroge, furieux, un homme rencontré au Champ de Mars. Et un autre de ridiculiser : « Nèg yo te bezwen bwa yo pou yal vann ! ».Philippe Adrien, chargé d’abattre les arbres, ne veut pas trop parler du sujet. L’air un peu contrarié, il avoue que la responsabilité revient à la mairie. « Moi, je faisais un job pour lequel je n’ai même pas encore perçu un sou, 48 heures après ».
Selon les explications de Philippe Adrien, la décision initiale des autorités municipales était de couper les huit grands arbres, communément appelés « nîmes », plantés aux abords de la rue Saint-Honoré, mais la Police (bravo) a permis d’éviter ce « crime ».
Dans le souci de sensibiliser la population sur les dommages causés par le passage du cyclone Noël en novembre 2007 dans le pays, le thème «Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda [Une Haïti verte est une République florissante], a été retenu comme thème du carnaval 2008 « pour encourager la population à méditer sur les actions à entreprendre en vue de veiller à la protection et à la promotion de l’environnement », avait indiqué, le 15 janvier dernier, le ministre de la Culture et de la Communication (MCC), Eddy Lubin, lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’Environnement, Jean-Marie Claude Germain, présent à la conférence avait alors affirmé : « Nous assistons à un phénomène de déplacés environnementaux, conséquence des problèmes de déboisement en différents points du territoire national. Nous devons agir en misant sur le capital vert du pays ». Selon le ministre Germain, le carnaval serait le plus grand médium à utiliser pour une large campagne de sensibilisation sur l’environnement haïtien.
Les responsables impliqués dans l’organisation de cette grande fête populaire ont indiqué vouloir développer une culture de protection de l’environnement, éduquer, encourager, inciter les festivaliers, tout le long des 3,8 kilomètres du parcours, à faire leur la question environnementale. Toujours est-il que des appréhensions naissent, après « la bévue » du Champ de Mars, sur la volonté réelle des autorités à mener à bon port le combat pour la protection de l’environnement. Appelé plusieurs fois au téléphone, le maire Jean Yves Jason est resté injoignable.
mardi 29 janvier 2008
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10948
Dizon pa-m:
Zafè-k gade moun ki ap pran pawol ayisyen poulajan kontan. Se you sèl mo dod ki rete nan peyi sa-a: si-w jwenn kote pou foure men-w pran, pran nèt al kole. Zafè slogan, kanpay elatriye se lakay moun nou tande pale de bagay sa yo. Men prezidan an konnen ke lè yap pale de mod de bagay sa yo se pawol tafya, sé jèjè moun ap jèjè.
Nèg sa yo se pa koupe yo ta koupe pye bwa yo selman menm rasi-n yo yo ta koupe si yo jwenn moun pou achte moso rasi-n yo nan men yo!
Par Ladenson Fleurivalladenson@lematinhaiti.com
Le thème du carnaval 2008 « Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda », que prolonge celui de Port-au-Prince : « Rale mennen vini pou yon Ayiti vèt », fait déjà l’objet de vives controverses au sein de la société. À l’origine de ces controverses, la mesure de la mairie de Port-au-Prince d’abattre des arbres à la rue Saint-Honoré, à proximité du Champ de Mars, site officiel des festivités.
Quatre arbres coupés à même le sol, trois autres amputés de plusieurs branches. C’est le constat à la rue Saint-Honoré à l’approche de la plus grande manifestation culturelle et populaire du pays, le carnaval, placé sous le signe de la protection de l’environnement, à travers un double thème, national et municipal, respectivement, « Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda », « Rale mennen vini pou yon Ayiti vèt ». Cette action a soulevé la grogne de plus d’un. « Ils hypothèquent l’environnement contre trois jours d’ambiance. Et pourtant ils parlent de protection de l’environnement. Pour qui nous prennent-ils ? », s’interroge, furieux, un homme rencontré au Champ de Mars. Et un autre de ridiculiser : « Nèg yo te bezwen bwa yo pou yal vann ! ».Philippe Adrien, chargé d’abattre les arbres, ne veut pas trop parler du sujet. L’air un peu contrarié, il avoue que la responsabilité revient à la mairie. « Moi, je faisais un job pour lequel je n’ai même pas encore perçu un sou, 48 heures après ».
Selon les explications de Philippe Adrien, la décision initiale des autorités municipales était de couper les huit grands arbres, communément appelés « nîmes », plantés aux abords de la rue Saint-Honoré, mais la Police (bravo) a permis d’éviter ce « crime ».
Dans le souci de sensibiliser la population sur les dommages causés par le passage du cyclone Noël en novembre 2007 dans le pays, le thème «Yon Ayiti vèt se yon Ayiti banda [Une Haïti verte est une République florissante], a été retenu comme thème du carnaval 2008 « pour encourager la population à méditer sur les actions à entreprendre en vue de veiller à la protection et à la promotion de l’environnement », avait indiqué, le 15 janvier dernier, le ministre de la Culture et de la Communication (MCC), Eddy Lubin, lors d’une conférence de presse. Le ministre de l’Environnement, Jean-Marie Claude Germain, présent à la conférence avait alors affirmé : « Nous assistons à un phénomène de déplacés environnementaux, conséquence des problèmes de déboisement en différents points du territoire national. Nous devons agir en misant sur le capital vert du pays ». Selon le ministre Germain, le carnaval serait le plus grand médium à utiliser pour une large campagne de sensibilisation sur l’environnement haïtien.
Les responsables impliqués dans l’organisation de cette grande fête populaire ont indiqué vouloir développer une culture de protection de l’environnement, éduquer, encourager, inciter les festivaliers, tout le long des 3,8 kilomètres du parcours, à faire leur la question environnementale. Toujours est-il que des appréhensions naissent, après « la bévue » du Champ de Mars, sur la volonté réelle des autorités à mener à bon port le combat pour la protection de l’environnement. Appelé plusieurs fois au téléphone, le maire Jean Yves Jason est resté injoignable.
mardi 29 janvier 2008
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=10948
Dizon pa-m:
Zafè-k gade moun ki ap pran pawol ayisyen poulajan kontan. Se you sèl mo dod ki rete nan peyi sa-a: si-w jwenn kote pou foure men-w pran, pran nèt al kole. Zafè slogan, kanpay elatriye se lakay moun nou tande pale de bagay sa yo. Men prezidan an konnen ke lè yap pale de mod de bagay sa yo se pawol tafya, sé jèjè moun ap jèjè.
Nèg sa yo se pa koupe yo ta koupe pye bwa yo selman menm rasi-n yo yo ta koupe si yo jwenn moun pou achte moso rasi-n yo nan men yo!
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