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jeudi 23 juillet 2009

Le président de l'AEH appelle à une réforme de la fiscalité pour définir la population imposable et prévenir les fausses déclarations

Port-au-Prince, le 22 juillet 2009 – (AHP)- Le président de l’Association des Economistes Haïtiens (AEH), Eddy Labossière, a déploré mercredi le fait que la plupart les entreprises du pays utilisent trois livres comptables, l'un différent de l'autre.Il a jugé anormal qu’il soit impossible de préciser la population imposable, pour l'impôt sur le revenu ou pour les entreprises qui doivent verser une partie de leurs recettes à l’Etat. L'’Etat haïtien a intérêt à lancer de grandes réformes dans ce domaine, notamment réforme de la fiscalité de la douane, a souligné l'économiste, estimant qu'une telle initiative peut contribuer grandement à mettre le pays sur les rails du développement.
Eddy Labossière a fait allusion à de récentes déclarations de députés dont Steven Benoit, selon lesquelles les livres comptables que des entreprises du secteur textile ont envoyés à la Direction Générale des Impôts (DGI) révéleraient plusieurs anomalies. Certaines d'entre elles ne paieraient qu’une pitance à l’Etat, alors que d'autres qui se disent en faillite depuis des années poursuivent quand même leurs activités, relèvent le président de l'AEH.
M. Labossière estime également que la plupart des propriétaires d’immeubles font de fausses déclarations. Il s’est référé notamment à l’affaire opposant l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) aux propriétaires de la maison qui logeait son siège social à l'Avenue Lamartinière.
L’OPL affirme qu'elle versait plus d'un millier de dollars américains le mois pour la location de la maison alors que la déclaration faite à la DGI par son propriétaire faisait état d'une pitance.
"Nous avons un budget supporté à 60% par l’internationale alors qu’une réforme de la fiscalité est à même de nous aider à trouver les ressources nécessaires pour faire face à tout un ensemble de besoins, a dit M. Labossière, ajoutant que la faiblesse de l’Etat dans ce domaine entraine un important manque à gagner pour l’économie haïtienne.

mardi 14 juillet 2009

Naufrage d'un voilier à Belle Anse ; 5 morts

5 morts et plusieurs dizaines de disparus, c'est le bilan du naufrage d'un voilier samedi à 1 heures AM à Aquin. Le voilier assurait la liaison Anse-a-Pitres – Marigot. Les causes de l'accident du voilier sont inconnus des autorités régionales qui poursuivent les recherches.

Le délégué départemental du sud-est, Zidor Fednel, a indiqué que 22 survivants ont été récupérés quelques heures après le naufrage. Des militaires uruguayens de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) participent aux recherches au large de Belle Anse.

Même si les chances de retrouver des survivants sont minces, M. Fednel annonce que les recherches se poursuivront au moins pendant 3 jours. Interrompu pendant quelques heures, les recherches avaient repris dimanche au cours de la journée.
Selon des témoins il y aurait 45 à 60 personnes à bord du voilier dénommé la " Volonté de Dieu". Une équipe de spécialistes dominicains, cantonnés à Pedernales (République Dominicaine), participera à partir de ce lundi aux recherches au large de Jacmel. " Nous n'avons pas d'expert en plongée sous marine, ces membres de la défense civile de Pedernales nous apporteront une contribution importante aux recherches", ajoute t-il.
Les voiliers assurant les liaisons côtières en Haïti sont souvent surchargés en raison du laxisme des représentants du Service National de Navigation Maritime (Semanah). Le délégué départemental révèle qu'aucun document faisant état du nombre de passagers à bord du navire n'était disponible.
Des spécialistes de la Semanah s'étaient rendus sur place hier et ont interdit provisoirement le trafic maritime dans la région.
LLM

http://metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15494

jeudi 21 mai 2009

Haïti: Des travaux qui défraient la chronique

Les dernières pluies qui se sont abattues sur la capitale mettent à nu le côté superficiel des travaux en cours au niveau de la 5e avenue Bolosse. La situation de la zone empire avec les eaux et les immondices qui s'y trouvent habituellement. La circulation piétonne devient quasiment impossible. Les chauffeurs peinent à trouver un endroit sec où stationner. Les canaux fraîchement réhabilités sont en passe de devenir des dépotoirs.

« Les ingénieurs qui ont réalisé ces travaux ne s'intéressent qu'à de l'argent, ils le font ainsi pour pouvoir honorer de nouveaux contrats », a déploré un menuisier travaillant dans la zone. Cet ébéniste qui fréquente quotidiennement la 4e avenue depuis 1978 plaide en faveur du curage des dalots. « La perforation et le curage des dalots au niveau de la rue Flambert et du boulevard Harry Truman s'avèrent nécessaires pour venir à bout de ces problèmes », a-t-il soutenu.

Pour certaines commerçantes du marché de la 5e avenue, ces travaux sont insignifiants et ne contribuent nullement à une éventuelle amélioration de la situation. «Ces travaux ne contribuent qu'à augmenter l'insalubrité de la zone », ont-elles indiqué. D'autres citoyens qui peinent à gagner leur pain quotidien dans les parages qualifient ces travaux de gaspillage d'argent. « A la moindre pluie, les eaux débordent dans les rues », ont-ils martelé tout en critiquant l'étroitesse des canaux.

L'un des ingénieurs responsables interrogé par Le Nouvelliste a dénoncé le fait que les canaux sont transformés en poubelles. « Une canalisation est érigée en vue de faciliter le déversement des eaux, mais non pas pour accueillir des ordures », a déploré l'ingénieur Louvens Dangervil. Un médecin propriétaire d'une pharmacie située aux alentours dit pourtant observer une certaine amélioration. « Ces travaux devraient améliorer les conditions lamentables de cette zone si l'Etat mettrait en place des poubelles et chercherait à déloger le marché », a- t-il avancé.

A noter que ce projet est financé par l'Agence américaine pour le développement (USAID) et exécuté par l'Organisation internationale pour la migration (OIM). Les informations concernant l'échéance, le montant et la fiche technique du projet demeurent toujours confidentielles.

Gérard Junior Jeanty
Jose Flécher
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=70352&PubDate=2009-05-20

Haïti Recto Verso commente :

Il y a 40 ans je sillonnais ces rues. Je jonglais déjà entre trous, flaques d’eau, tas d’immondices pour retrouver le chemin de l’école. De temps en temps on voyait des semblants de travaux qui finissaient en ruines avec les premières pluies avant même la remise de l’ouvrage aux autorités compétentes.

Ce fut ainsi sous la présidence de François Duvalier. Le même tableau se perpétua sous le régime de Jean-Claude. Les différents régimes issus des coups d’état ont eu d’autres préoccupations qui n’ont pas laissé de traces. La situation n’a pas changé sous le régime de Jean Bertrand Aristide champion du pèp. Preval I semble-t-il a eu à gérer d’autres urgences (Lesquelles ?) Et voilà Préval II qui s’empêtre, s’engouffre et s’emmerde dans une situation qu’il ne semble ni comprendre ni dominer. Quelle conclusion mérité cette histoire ? A vous de jouer !Cent commentaires en passant : A quoi pourrait servir une usine de recyclage de plastic et de bouteilles en verre en Haïti ?

lundi 9 mars 2009

Antony Demaret donne le coup d'envoi d'une mobilisation contre l'ordre de déportation

L'ancien maire de Spring Valley, Antony Joseph Demaret, appelle à la mobilisation des haïtiens de la diaspora et d'Haïti afin d'empêcher la déportation de plus de 30 000 illégaux haïtiens par les autorités américaines. M. Demaret indique qu'une pétition sera adressée au président américain, Barack Obama, afin de solliciter le statut de Protection Temporaire (TPS) pour les haïtiens en situation irrégulière.Il assure que son organisation, Fondation des haïtiens de la Diaspora (HADOF), est disposée à réaliser des partenariats avec d'autres organisations afin de faire pression sur l'administration américaine. Au cours d'une conférence de presse à Port-au-Prince, M. Demaret a attiré l'attention sur les conséquences néfastes de la déportation de plus de 30 000 sans papiers haïtiens. Outre la charge économique que représentera le groupe pour le pays, M. Demaret estime que les membres de la diaspora haïtienne devront par le biais de transfert de fonds assister ces compatriotes. Il prône également l'implication du gouvernement haïtien dans les efforts de sensibilisation de la communauté haïtienne aux Etats-Unis. " Les organisations haïtiennes pourraient réussir là où le gouvernement a échoué", lance M. Demaret faisant allusion à la requête du TPS par le président Préval. Le président de la Hadof informe qu'une requête sera adressée au congressman, Elliot L. Hengel, chairman des la commission western hémisphère. " Les membres de la commission parlementaire que nous avons contacté ont promis de nous aider", a précisé M. Demaret. Selon M. Demaret l'application de l'ordre de déportation aura des conséquences sociale et économique sur la stabilité du pays. " Nous sommes mobilisés et nous entendons utiliser toutes les ressources disponibles afin de stopper l'ordre de déportation", ajoute t-il. Outre les 600 compatriotes incarcérés par les services d'Immigration, M. Demaret révèle que 300 autres sont en résidence surveillée. " Les services d'immigrations suivent les déplacements de ces haïtiens qui ont été contraints de porter un bracelet électronique", explique t-il.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14870

Haïti Recto Verso (HRV) opine:
Haïtiens d’ici ou haïtiens d’ailleurs même mentalité. Haïtiens natif-natals haïtiens de la diaspora même combat. Si tel n’était pas le cas, Haïti ne se serait pas retrouvé dans cette sale situation d’aujourd’hui. Les haïtiens qui se mettent en croix contre tout projet de réforme constitutionnelle visant à reconnaître la double nationalité, ne sont pas bien imbus de ce que c’est l’essence même de la mentalité haïtienne. Les haïtiens de la diaspora ont beau avoir les compétences et l’expertise en plusieurs matières, ils ont aussi un mode de fonctionnement propre à l’extérieur et un mode propre au milieu haïtien. Ils ne contribuent pas tous à faire avancer les choses ni à modifier ce qui mérite d’être changé par leur comportement quand ils passent, l’espace de quelques jours par Haïti. Ils affichent souvent une tendance à vouloir se laisser griser par leur succès et leur aboutissement. Ils utilisent ces facteurs comme éléments de différenciation. Vaut mieux être chef d’un état inexistant qu’être tout bonnement citoyen d’une nation qui marche. Ceci explique les faiblesses réelles d’une diaspora qui revendique sans trop savoir des droits qui ne lui ont jamais été enlevés. Aucune institution jusqu’à aujourd’hui n’a su fédérer l’ensemble des haïtiens vivant à l’étranger dans l’optique de créer un groupe solide capable de pression énergique sur les autorités et l’administration de façon à se faire écouter et faire passer des revendications plus que légitimes. Ponctuellement on reçoit parmi ces courriers électroniques que nous ne lisons jamais, des manifestes sans lendemain de tentatives de regroupement de cette diaspora. Mais il n’y a jamais eu de suite. Aujourd’hui la cause que voudrait embrasser ce Monsieur reste une cause juste. Mais delà à lui demander de définir l’ancrage de « sa » fondation au sein de la diaspora est d’une autre teneur. Il doit y en avoir des dizaines, des centaines de fondations ou d’associations de ce genre. Mais des entités fantômes qui n’existent que dans l’univers mégalomane d’une poignée de pseudo illuminés. Ce n’est que la copie conforme d’une situation organisationnelle présente en Haïti ou il existe plus de partis politiques que d’adhérents à ces partis.
Les voix qui s’élèveront en principe en faveur des 30.000 haïtiens ne seront pas assez perçantes ni provoqueront l’écho suffisant pour pousser les murs rigides de l’administration américaine et les forcer à avoir pitié de nos concitoyens. Et, qui pis est, personne ne verra en cet échec, ni une conséquence directe de l’éparpillement de nos savoirs et de nos volontés, ni la nécessité de se rassembler une bonne fois pour toute.

lundi 2 mars 2009

Belladères est prise en tenaille par la pauvreté et le chômage

Belladères est prise en tenaille par la pauvreté et le chômage
Belladères, ville frontalière de 70 000 habitants est confrontée à d'énormes difficultés sociales et économiques en raison de l'insuffisance des infrastructures de base.
Elèves et enseignants ont fui le lycée se trouvant dans un état de délabrement avancé. Les murs de plusieurs salles de classe sont fissurés obligeant les autorités municipales à trouver un abri provisoire pour les élèves.
Sur le plan sanitaire, les résidents de Belladères ne sont pas mieux lotis. Le maire Emile Luckner avoue que ses mandants sont obligés de se rendre en République Dominicaine pour avoir accès à des soins de santé.
En réalité les résidents de Belladères ont les yeux rivés sur la république dominicaine.
La majorité des citoyens ont abandonné la culture et l'élevage afin de s'adonner au commerce. " Un commerce de vêtements usagés qui permet aux habitants de survivre ", indique le maire qui se réjouit de la cordialité dans les échanges entre haïtiens et dominicains.
Emile Luckner a récemment mis en place un comité binational avec les autorités municipales de la ville d'Elias Pinas afin de régler les différends entre haïtiens et dominicains.
Belladères, ville touristique lors de sa fondation en 1948, est aujourd'hui réduite à sa plus simple expression. Toutefois le maire est optimiste et espère avec l'aide du gouvernement redonner un nouveau souffle à cette ville frontalière.
Emile Luckner estime que la première priorité est la relance de la production locale.
Paradoxalement cette ville pauvre dispose de cours d'eau pour irriguer les terres cultivables. " Nous souhaitons que le gouvernement lance les travaux de réfection des canalisations", conclut –il.

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14833

mardi 30 décembre 2008

Gary Victor attire l'attention sur les anormalités de la société

L'écrivain Gary Victor invite les citoyens et dirigeants haïtiens à réfléchir sur des anomalies de la société haïtienne. Sa rubrique publiée dans le journal Le Nouvelliste est une série de questionnement autour de sujets importants pour les haïtiens et étrangers vivant en Haïti. " Est-il normal que des ONG arrivent à faire fonctionner des unités de soins d'urgence alors que les hôpitaux haïtiens ne peuvent pas. Est-il normal de vendre des médicaments dans les rues. Est-il normal d'assister à un commerce d'eau " potable" distribuée par camion sans contrôle de l'état….. Autant d'anomalies répertoriées par M. Victor.L'écrivain, qui a reçu la contribution de plusieurs citoyens, déplore que de nombreux politiciens aient fait montre de peu d'intérêt pour ces sujets sociaux. " Nous vivons dans l'anormalité et nous la considérons comme normale", juge M. Victor regrettant l'impuissance et l'inaction des autorités.Gary Victor ne craint pas de prêcher dans le désert mais espère provoquer une prise de conscience chez l'haïtien. " S'il on parvient à sensibiliser la population, les gens pourront forcer les responsables à agir", argue t-il. Interrogé sur les priorités, M. Victor estime que la question environnementale devrait être la première préoccupation des autorités haïtiennes. " Est-il normale qu'on continue à couper les arbres. Dans 15 ans il n'y aura plus aucune couverture forestier", dit-il faisant remarquer qu'il s'agit d'un problème de sécurité nationale. Intervenant à la rubrique " Invité du jour " de radio Métropole, Gary Victor a mis l'accent sur la nécessité de changer la mentalité de l'haïtien. " Si on ne modifie pas notre manière de penser on n'arrivera pas à agir sur ces choses", prévient-il soulignant qu'il faut lancer la campagne de sensibilisation avec les enfants.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14545

samedi 27 décembre 2008

L’UNICEF choisit une image dégradante d’Haïti comme « photo de l’année »

Une fillette perdue dans la solitude d’un bidonville entouré de détritus et de porcs se vautrant dans la boue et ... vendredi 26 décembre 2008, Radio Kiskeya

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) vient de désigner « meilleure photo de l’année 2008 » l’image répugnante d’une fillette d’Haïti déambulant dans une mare d’eau puante et au milieu d’immondices à proximité de deux porcs qui dévorent des déchets alimentaires.

Derrière la petite et sa robe blanche, s’étalent dans toute leur laideur l’insalubrité ambiante, la frénésie des pourceaux dans l’eau boueuse et merdeuse ainsi que le délabrement de plusieurs cahutes d’un quartier désespérant.

Cette photo on ne peut plus dégradante pour le pays, captée dans un bidonville non identifié de Port-au-Prince, a été couronnée cette semaine à Berlin dans le cadre d’un concours international.

Photo/Alice Smeets/Prix UNICEF 2008

Œuvre de l’artiste belge Alice Smeets, 21 ans, elle a obtenu le premier Prix sur 1.450 clichés qui étaient en compétition.

Selon Eva Luise Kholer, marraine de l’UNICEF en Allemagne, le jury a récompensé la photographe pour, nous citons, « le courage et l’énergie que transmettent les yeux de la petite, en dépit du fait qu’elle se frayait un chemin dans un océan de misère ».

Toutefois, cette quête avouée de l’héroïsme dans un univers résolument hostile à la dignité de l’être humain, semble résister très peu au voyeurisme du regard occidental et à la projection avilissante des conditions de l’enfance en Haïti qu’elle charrie. Choquant et révoltant quand ça vient de l’UNICEF et commence à faire le tour du monde, comme en témoigne un article du quotidien argentin La Razòn ! spp/Radio Kiskeya.

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5542

HRV commente:

ONU- UNICEF-MINUSTAH BRAVO ET MERCI !

Voici la photo de l’année de l’UNICEF ! …L’UNICEF vient de décerner le premier prix d’un concours de photos à une jeune Belge de 21 ans qui a mis en scène la misère d’une petite haïtienne d’un de nos bidonvilles. Nous ne faisons pas cette remarque pour nous plaindre du fait que notre misère et notre pauvreté soient encore mises au grand jour. Nous voulons tout simplement faire remarquer que le jury qui a primé cette photo pour : « le courage et l’énergie que transmettent les yeux de la petite, en dépit du fait qu’elle se frayait un chemin dans un océan de misère » ; a oublié que depuis 2004 l’Organisation des Nations Unies (donc le patron de l’UNICEF) est le grand maître à jouer en Haïti et que surtout plus de 500 millions de dollars sont dépensés annuellement pour maintenir la MINUSTAH (une mission de l’ONU) pour stabiliser Haïti. Si depuis 4 ans la situation des enfants comme celle qui figure sur la « PHOTO DE L’ANNEE », ne s’est améliorée, ni l’ONU, ni aucune autre de ses dépendances peuvent s’arroger le droit de se comporter en spectateurs contrits et indignés devant un état de faits dont elles sont au même titre que le gouvernement haïtien responsables. Ce « voyeurisme » pervers ne vous enlèvera pas le poids ni de votre responsabilité ni de votre complicité

mardi 23 décembre 2008

La tragédie anglaisienne

Les Anglais boit jusqu'à la lie la coupe de la tragédie environnementale provoquée par des scieurs de long et ceux qui font le commerce de charbon de bois dans les hauteurs du Parc Macaya. Désormais, à la moindre averse, les eaux des rivières laissent dans leur sillage des champs dévastés et des terres lessivées.
La rivière des Anglais a laissé dans son sillage quelque deux cent hectares dévastés, plantés en banane, pois, maïs, igname après les intempéries d'août et de septembre 2008, selon Jean Lamy, un planteur d'une soixantaine d'années. Caricatural, ce membre de l'Association des Irrigants Planteurs des Anglais (AIPA) soutient que « la plaine des Anglais, jadis un grenier, est en passe de devenir un galet». Sur un peu plus de six kilomètres, jusqu'à l'embouchure, le lit de la rivière, qui prend sa source dans les mornes dénudés du Parc Macaya, s'est considérablement étendu. Les troncs de mapou, de manguiers, de cocotiers... jonchant la rivière comme des cadavres à Waterloo, témoignent de ce que nous avons vécu, rappelle le sexagénaire qui appelle à l'endiguement de la rivière, à la régulation de l'exploitation des ressources du parc et à la réalisation d'une campagne de reboisement.

Sinon, il n'y aura plus d'avenir, prévient Jean Lamy, suppléant juge de paix au milieu des années quatre vingt quand, commente-t-il, l'autorité de l'Etat était établie et respectée. Père de dix enfants, M. Lamy laisse transpirer ses craintes, son angoisse comme pour les conjurer alors que son avenir et celui de quelque 30.000 Anglaisiens s'assombrissent. «Quand un planteur perd un hectare de terre, il fait un pas de plus vers la pauvreté. C'est arithmétique. Un hectare planté en pois donne 450 marmites. On effectue deux récoltes en une année. La marmite coûte 150 gourdes », raconte-il.

Tandis qu'il croise le chemin de Mme Rodila Civil, une vielle femme, au bord de la folie, qui revient contempler ce qui reste de sa maison, Jean Lamy rappelle que le 23 octobre 2005, l'AIPA avait écrit au Premier ministre Gérard Latortue, au président Boniface Alexandre afin d'attirer leur attention sur l'amenuisement de l'espace agricole à cause de la rivière. Rien n'a été fait. Et voilà.

Outre le risque de voir les 497 hectares de plaine irrigués à Les Anglais lessivés par des eaux en furie dévalant les hauteurs de Macaya, la ville risque d'être effacée et ses habitants jetés sur les routes de l'exode vers les Cayes ou Port-au-Prince, se lamente-t-il avec dans la voix une colère non diffuse au moment où un camion bondé de charbon de bois, de planches se fraie un passage au milieu de grosses pierres de la rivière pour trouver la nouvelle sortie de la ville.

La tragédie de Macaya. Des planteurs qui se lamentent, des scieurs de long, des commerçants de charbon et des autorités publiques qui s'en balancent des conséquences de ces actions, c'est, si besoin était, une image qui illustre la problématique, la tragédie du Parc Macaya, selon Bruno Mentor, directeur exécutif d'une fondation du même nom. « Les communautés des périphéries n'ont pas conscience de ce que représente le parc. Autrement, elles se seraient impliquées dans sa protection, déplore-t-il.
Chaque année, les dommages causés par le déboisement démesuré de la forêt sont estimés à plus de 19 millions de dollars américains», selon une étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Floride. Bruno Mentor, qui craint la destruction de villes comme les Anglais, Port-à-Piment et Chardonnières lors des saisons cyclonique à venir appelle à la mobilisation de la société civile, des communautés pour faire face à ce désastre environnemental. De 100% en 1956, la couverture végétale du parc est passée à 14,8 % en 1978 avant de tomber à 3,6 % en 1984. Une situation qui a entraîné la perte de biodiversité et d'habitat, l'érosion, l'élargissement des lits des rivières, sans compter l'inondation des zones côtières, l'ensablement de certains segments du littoral, la perte de la biodiversité marine, la destruction ou le déplacement de certaines espèces marines.
Situé dans le massif de La Hotte et s'étendant sur les mornes Formond et Macaya, le Parc Macaya est, par sa position géographique, l'un des plus importants parcs naturels du pays. Quelque sept rivières des départements du Sud et de la Grand'Anse - l'Acul, la Ravine du Sud, Les Anglais, Port-à-Piment communément appelée « Bras gauche et Bras droite », Roseaux et la Guinaudée - prennent leurs sources dans l'espace de Macaya.
Le parc, qui reçoit près de 3 000 millimètres cubes d'eau de pluie par an, alimente les deux plus importants systèmes d'irrigation de la Presqu'île du Sud : Avezac et Dubreuil. La faune et la flore du parc comprennent de nombreuses espèces rares ou endémiques, selon Bruno Mentor. Comme Jean Lamy, Bruno Mentor souhaite que le réseau des organisations impliquées dans la protection de l'environnement se renforce afin de donner le ton à la société et à l'Etat dans la campagne existentielle de réhabilitation de notre habitat. Originaire de Rendel, M. Mentor laisse apparaître ses pires craintes face au spectre d'anéantissement de nombreuses villes de la côte après avoir vu ce qui s'est passé à Les Anglais, une ville où il a encore des amis d'enfance. La tragédie...
Roberson Alphonse

Haïti Recto Verso commente
Il existe de ces déclarations de nos politiciens qui sont à disserter dans les latrines immondes tant leurs contenues sont nauséabondes et indigestes. Parmi ces réflexions se trouve justement celle sortie de la bouche de nos parlementaires autour de la question du déboisement et de l’abattage des arbres : On ne peut pas interdire aux haïtiens de couper les arbres ! Les citoyens de leur côté avancent, en connaissance de cause qu’il faudrait arrêter de couper les arbres mais ils n’ont pas d’autres ressources
Je l’ai entendue cette réflexion sortir de la bouche d’un sénateur très à la mode, faisant la une de l’actualité.
Cependant il existe une réflexion primaire à faire qui démontrerait le caractère exigu de la logique de ceux qui pensent de la sorte. En effet, ça fait des années que je lis que la couverture forestière d’Haïti était estimée à 2.5%. Les gens ont depuis continué à couper les arbres. Logiquement un arbre ne pousse pas du jour au lendemain. Cela veut dire que malgré les velléités des programmes de reboisement mal conçus, il arrivera un jour ou il n’y aura plus d’arbre… Et alors que feront ceux qui vivent du charbon de bois et donc de l’abattage des arbres.
En Haïti, un pays ou toute l’activité politique a été concentrée et définie comme la conquête absolue et surtout le maintien du pouvoir au détriment de tout projet social et républicain, se trouve prisonnier d’un nombre incalculable de cercles vicieux. La survie du pays dépend de la volonté des dirigeants de rompre ces cercles vicieux qui étendent un spectre létal à moyen terme sur ce qui reste de la nation.
Il faut des décisions impopulaires et antidémocratiques à souhait. La protection du morne l’hôpital en réclame ; la protection des habitants des bidonvilles en exige.
Il faut déclarer illégal l’abattage des arbres…point final… Et aussi trouver des solutions palliatives qui existent déjà ou qui doivent être inventées car nous n’avons plus de forêts inépuisables !

jeudi 27 novembre 2008

Préval entend appliquer les normes de l’urbanisme envers et contre tous

Le chef de l’Etat annonce l’arrêt et la démolition des constructions anarchiques, lors d’une cérémonie d’hommage aux victimes de La Promesse
mercredi 26 novembre 2008,
Radio Kiskeya
Le Président René Préval a réitéré mercredi sa volonté de stopper les constructions anarchiques et d’imposer les règles de l’urbanisme, lors d’un nouvel hommage aux victimes de la tragédie du collège évangélique La Promesse qui a atteint une grande charge émotionnelle.
Le chef de l’Etat a notamment annoncé trois journées de travail qu’il aura, à partir de la semaine prochaine, avec les représentants de tous les conseils communaux du pays autour de la problématique de l’urbanisation sauvage. Il a aussi rappelé que le gouvernement procédera très bientôt à l’arrêt des constructions anarchiques destinées à accueillir une forte concentration humaine comme les écoles, les églises ou encore les hôtels. M. Préval assure que la deuxième étape de cette offensive des pouvoirs publics consistera à démolir tous les bâtiments qui constituent une menace pour la sécurité de la population et aggravent la dégradation de l’environnement.
Ponctuée d’instants de grande émotion et de témoignages poignants de survivants, la cérémonie s’est déroulée au Palais National (siège de la Présidence) en présence de familles victimes de la catastrophe et d’un parterre d’officiels dont la Première ministre Michèle Pierre-Louis et plusieurs de ses ministres.
Un des rescapés, Gaetjens Thélusma, élève de philo de La Promesse, a fait le récit de sa récupération miraculeuse sous les décombres réalisée par des sauveteurs dévoués. Encore convalescent et venu en chaise roulante, le jeune collégien a éclaté en sanglots au moment d’évoquer le souvenir ineffaçable de sa sœur qu’il a vue mourir à ses côtés.
Ancien président du comité de sa classe décimée, Thélusma a remercié Dieu et les secouristes de lui avoir évité une fin tragique et prématurée qui l’aurait empêché de concrétiser ses rêves.
Intervenant également, un professeur de littérature, Junior Meilleur, a révélé qu’aucun de ses sept collègues présents n’ont survécu à l’accident. Constatant avec déception que les autorités ne se sont jamais intéressées à la situation du corps professoral de La Promesse, il a sollicité leur aide en faveur de jeunes professionnels en état de choc émotionnel, mais également livrés à eux-mêmes sur le pavé.
L’effondrement du bâtiment de cinq étages de cet établissement privé avait fait une centaine de morts et 162 blessés, le 7 novembre dernier à Nérette, un quartier de Pétion-Ville (banlieue est de Port-au-Prince). spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5452

mercredi 1 octobre 2008

Le Grand Sud démasqué

Se rendre dans les départements des Nippes, du Sud, de la Grand'Anse et dans quelques communes du Sud-Est reste toujours un grand exploit. Même les poids lourds n'osent plus s'aventurer dans les eaux de l'étang de Miragoâne qui ont débordé depuis le passage de plusieurs ouragans et cyclones en Haïti. « Le niveau des eaux augmente chaque jour, constate un notable de Miragoâne.
Aucun véhicule ne peut aujourd'hui le traverser. » Les efforts d'une équipe du CNE pour créer une route provisoire à partir de la 2e plaine (Petit-Goâve) n'ont pas encore abouti. En attendant, riche ou pauvre, petit ou grand, homme et femme, tous ceux qui veulent se rendre dans le Grand Sud par voie terrestre doivent consentir à faire la traversée dans des embarcations de fortune préposées à cet effet.
Ceux qui veulent avoir les pieds secs sont transportés à dos d'homme avant d'être installés dans ces petites embarcations. 25 à 40 gourdes, c'est la somme à payer pour la traversée. Le trafic, constate un correspondant de presse, se fait sous les yeux vigilants des policiers nationaux.
La montée des eaux de l'étang, provoquée par les catastrophes naturelles qui ont récemment frappé le pays, a des conséquences graves sur les départements des Nippes, du Sud et de la Grand'Anse.
« Les prix de certains produits de première nécessité grimpent, se plaint un confrère d'une station de radio des Cayes.
Les produits pétroliers ainsi que des articles de toilettes deviennent non seulement chers mais aussi rares. » Cette situation a déjà des impacts sur le transport en commun.
A cause du prix du carburant, a ajouté notre confrère, bon nombre de conducteurs immobilisent leurs véhicules ou leurs motocyclettes. Les institutions publiques ou privées fonctionnant à l'aide de l'électricité, notamment les médias et les hôpitaux, peinent à fonctionner.
« Comment demander à un étranger de venir investir dans un tel climat», s'interroge, perplexe, l'industriel Pierre Léger.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=62729&PubDate=2008-09-30
Les autorités haïtiennes continuent à appeler les forces vives de la nation pour participer à la reconstruction du pays. Cependant elles ne donnent aucun signe de vouloir mettre réellement les mains à la pâte. Comme le dit l’homme d’affaire qui se fait porter à dos d’homme pour traverser les eaux de l’étang de Miragoâne, personne ne va investir dans un pays dans cet état. Moins encore aujourd’hui ou les marchés financiers se cassant la gueule invite plutôt à la prudence et a l’expectation.
Le gouvernement doit définitivement commencer à donner des signes évidents de volonté de redresser la barre. Il faut maintenant tabler sur le contrôle de l’insécurité. Car il faut s’attendre à ce que les premiers investisseurs soient des natifs-natals. Des investissements peu importants mais des investissements quand même.
Après les haïtiens traineront dans leur sillage des curieux des aventuriers, pour relancer le tourisme …
ll faut finir en se rappelant que le débordement des eaux de l’étang de Miragoane ne s’est pas produit avec le passage des cyclones et des ouragans. Des articles du Nouvelliste sont disponibles avec de jolie photo des eaux côtoyant kolé-sére la route nationale. Nous ne sommes pas convaincus que les autorités avaient pris conscience de la gravité de la situation ni avait esquissé la moindre volonté d’y remédier…Asi van las cosas en nuestro pais !

lundi 29 septembre 2008

La route internationale endommagée par le débordement du la Azueï La zone frontalière est envahie par le lac Azueï qui a débordé de son lit suite aux récentes inondations. Trois kilomètres de route sont inondées confirme le directeur exécutif de la commission de développement frontalier (CDF), Max Antoine, qui a conduit une mission d’évaluation dans la région vendredi dernier. Les conducteurs de véhicules tout terrain doivent faire montre de dextérité pour utiliser cette route internationale. Une démarche qui pourrait s’avérer périlleuse pour ceux qui ne sont pas habitués. " Il y a de grosses pierres sous l’eau, ces pierres se trouvaient en bordure du lac", explique un conducteur de véhicule.
Les camions continuent à traverser la frontière avec leurs marchandises même si l’eau arrive à la hanche des riverains en certains endroits. De Fonds Parisien jusqu'à la ligne frontalière toute la zone est inondée depuis 15 jours. Le débordement du lac s’est accentué lors du passage des ouragans Gustav, Hanna et Ike. Toutefois le marché fonctionne, même si les acheteurs se font rares. Le long de la route inondée, des mines de sables servent de barrage à l’eau. En fait une seule de ces carrières, responsables en partie de la dégradation de l’environnement, continue à fonctionner en dépit de l’inondation. Selon des riverains, la rivière Soniete en République Dominicaine serait à l’origine du débordement du lac Azueï. Les membres de la délégation, composée de représentant des ministères de l’environnement et des finances et de la commission de développement frontalier, ont annoncé des dispositions en vue de réparer la route. L’ensablement du lac, les fortes averses et le déboisement des bassins versants sont les principales causes du débordement du lac Azueï.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14118
HRV commente :
Quand les voix se sont levées pour annoncer le débordement du Lac Azuei , personne n’a senti une vraie préoccupation officielle devant ce qui représentait une chronique d’une catastrophe annoncée. Les choses se passent ainsi en Haïti. Les « exécuteurs » de projets avant de s’intéresser doivent savoir d’abord et avant tout combien ils vont recevoir en pots de vin. Aujourd’hui ils s’appellent ministres, directeurs généraux, députés et sénateurs. Le bien-être collectif ne rentre jamais en ligne de compte.
Les journalistes du Nouvelliste ont crié haut et fort sans arriver à se faire entendre. Notre seule route internationale devenait de plus en plus impraticable. Aujourd’hui nous voilà devant le fait accompli. Bientôt il faudra faire une partie de la route en bateaux ou en chaloupe.
Cette sorte d’épée de Damoclès pend aussi sur la tête du « MORNE L’HOPITAL » quand des coulées de boue enseveliront la moitié de Port-au-Prince, le gouvernement sortira avec son « KWI » pour mendier alors que les sous du pays sont distribués aux parlementaires pour l’exécution de projets dans un pays ou il y a plein de ministres et de ministères couvrant tous les domaines.

samedi 30 août 2008

L'école nationale Carius Lhérisson, une source d'éternelle angoisse

Vieille de 54 ans, l'école nationale Carius Lhérisson est une menace pour ceux qui le fréquentent. En dépit des appels répétés des responsables de cet établissement qui réclament la réhabilitation de ce local, le ministère de l'Education nationale fait toujours la sourde oreille.
L'année dernière un mur de l'école nationale Carius Lhérisson s'est effondré sur deux écoliers de cet établissement vieux de 54 ans. Cet effondrement a coûté à chacun d'eux une fracture à la jambe. « Est-ce que l'Etat attendra que cette école en ruine enregistre d'autres victimes avant d'intervenir? », fulmine Jean-Yves Bateau, l'un des censeurs travaillant depuis tantôt 15 ans dans cette école publique.
« J'ai une grande inquiétude. Je me demande dans quel espace nous allons recevoir les élèves et le personnel, cette année ? Voyez-vous, le local est une menace pour ceux qui le fréquentent », fait remarquer un autre censeur, Mme Telascé Renette Pélagie. Au service de cette institution depuis 16 ans, elle ne cesse de s'inquiéter pour le toit vermoulu où s'accrochent des tôles noircies battues par les vents. « Depi lapli tonbe lekòl la lage », se désole-t-elle.
Construit en 1954, le bâtiment qui abrite l'école semble avoir été conçu pour une usine de fabrication. Avec ses cheminées qui pointent leur gueule noire dans l'air et des paquets de bois hachés, empilés sur la cour, des salles de classe mal aérées, le lieu n'est pas propice à l'enseignement.S'il n'y avait pas une petite enseigne indiquant une école à l'entrée de l'Impasse Durand de Fontamara 27, on pourrait douter que ce bâtiment est un espace où l'on enseigne.
Un espace non approprié pour enseignerLa façade de l'école, avec ses murs blanchis, ses barbelés rouillés et sa barrière roulante, présente l'aspect hideux d'un espace ouvert à tous les vents.Une partie du toit de l'établissement qui découpe la façade est formée de tôles noircies soutenues par des poutres fissurées. Ces poutres pliées, affaissées, cassées n'ont pas résisté aux intempéries.En dépit de ce local en ruine qui demeure pour les responsables de l'école une source d'éternelle angoisse, d'autres problèmes s'ajoutent à leur médiocre condition de travail.
« Les professeurs n'ont pas de bureau pour travailler. Ce sont leurs jambes qui les servent de bureau ! » dit le préfet de discipline qui ne ménage pas ses mots : « Nos professeurs retournent toujours chez eux avec leurs habits sales parce que cet espace n'est ni propre, ni approprié pour enseigner. »L'état pitoyable dans lequel se trouvent certaines écoles publiques de la zone métropolitaine fait souvent penser à un laxisme effréné dans le milieu éducationnel. La situation alarmante de l'école nationale Carius Lhérisson est un cas parmi les autres. Avant la rentrée des classes, une intervention urgente ne s'impose-t-elle pas?
Géralda Sainville

sainvilleg@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=61194&PubDate=2008-08-29

HRV Commente :
Pourtant il est si facile de voir ce qui ne va pas ; aisé de réaliser ce qu’il faut faire. Tous les jours quelqu’un rentre en rébellion contre la fatalité et nous met devant nos irresponsabilités.
On a souvent tendance à aller de plus en plus loin possible pour détecter depuis quand on a pris malgré nous, le bâton de l’incertitude et la bible de l’incrédulité dans les bagages, le chemin facile de la déchéance. Certains iront jusqu’au lendemain du premier janvier 1804.
Cependant peu importe le contexte géopolitique, peu importe l’idéologie à la mode on a du mal à comprendre pourquoi peu de démarches ont été entreprises pour conserver ce qui existait.
Pour ceux-là qui considèrent toujours le départ de Jean Claude Duvalier comme le point de départ des acquis de 1986 auront du mal à prouver exactement ce qui a changé depuis.
Oui on dira toujours que nous pouvons au moins faire nos premiers pas dans la démocratie. Mais à quoi sert cette démocratie dans la mentalité qui veut allier pouvoir et autorité si ce n’est que pour alimenter des conflits interminables ?

Pourquoi après 22 ans nous ne disposons pas davantage de routes de bonne qualité, plus d’écoles dignes de ce nom ?
L’école Nationale Carius Lhérisson, un exemple noir sur blanc de notre déchéance.
Nous qui sommes nés quelques années après l’arrivée de François Duvalier au pouvoir, nous qui déambulions en pantalons courts quand il s’est fait proclamer à Président à vie, nous qui habitions la région de Fontamara, nous savons ce qu’à été l’école nationale Carius Lhérisson.
A l’époque cette école était dirigée par une certaine Madame ROI. L’école catégoriquement portait son nom. On disait qu’on fréquentait l’école de Madame Roi que le Carius Lhérisson.
Si ma mémoire est bonne les filles portaient une jupe bleue marine et une chemise blanche, les garçons s’habillaient de kaki.
Il existait une vraie et saine rivalité entre le Carius Lhérisson et l’institution Mixte Cœur de Jésus dirigée par Monsieur Victor D J Barolette. Le langage colloquial ramenait l’institution Mixte Cœur de Jésus à Chez Barolette
Souvent les élèves des deux institutions protagonisaient des escarmouches sans grands incidents. Les uns agaçaient les autres en proférant de slogans bidons mais qui chez des adolescents étaient capable de faire monter la mayonnaise.
Un « barolette volor lèt » d’un côté contre un « Carius Lhérison volor kalmason » suffisaient pour ameuter le groupe de ceux qui ont les têtes les plus chaudes.
C’est écœurant de voir et de faire le constat de nos échecs et de nos rendez-vous manqués.
Nos écoles nationales assurant l’éducation du peuple a été méprisé par l’apôtre du peuple haïtien.
C’est dommage car les gens continuent à ne pas comprendre que le faciès de « papa bon cœur » que vendent les dirigeants politiques ne doivent pas les exonérer de leurs responsabilités.
Les porteurs de vraies convictions et de programmes viables sont aujourd’hui les messies que l’on voudrait voir arriver entre les étoiles du ciel haïtien

mardi 19 août 2008

Fort-Mercredi: mépris de l'histoire...

Seul le vestige d'un mur en brique enfoncé dans la terre permet de croire qu'il existait une ancienne bâtisse à Fort-Mercredi envahi par des gens comme tombés du ciel. Dans un sombre tableau peint de petites maisons construites anarchiquement dans un sol inapproprié, une catastrophe en cette saison pluvieuse ne serait pas étonnante. Les habitants, eux, croient au ''Bondye Bon'' pour leur sécurité.
Situé dans les hauteurs de Port-au-Prince, Fort-Mercredi permet d'avoir une vue d'ensemble sur la capitale. Le sol de ce quartier de la section communale de Martissant, résultat de la dégradation sévère de l'environnement, ne peut résister aux averses qui ont provoqué plusieurs éboulements et détruit des maisons.

La situation risque d'empirer pendant cette saison pluvieuse. « J'habite la zone depuis 1962, à l'époque il n'y avait que la maison de ma mère et celle d'un jardinier qui s'occupait du fort, fait remarquer Manmi Nicole, une vielle dame dans la soixantaine. Aujourd'hui, le quartier ressemble à un vaste dépôt où rien n'est à sa place, dit-elle avec mélancolie. »Manmi Nicole habite sur le flanc du morne où plusieurs maisons près de la sienne ont déjà subi la loi d'un environnement dépouillé de ses arbres. « J'ai vu ces maisons s'en aller avec le sol après une pluie », explique-t-elle. Avec ses quatre enfants, Manmi Nicole vit quotidiennement sous la menace d'un éboulement. Alors que toutes les conditions sont réunies pour une catastrophe, les autorités ne font rien ou font semblant de ne rien voir. Consciente de sa situation, la vielle dame dit compter sur la la providence en cette saison pluvieuse.

Comme Manmi Nicole, plusieurs autres familles sont sous la menace d'éboulements. Dans cette zone de la capitale se transforment en bidonville, rien n'est respecté en termes d'urbanisation. Dans les ravins, les habitants n'hésitent pas à construire leurs maisons et les autorités ne disent et ne font rien. Selon Manmi Nicole, cette dérive à commencer dans les années 80 quand des gens commençaient à occuper illégalement des terres et à déboiser le morne.Pour sa part, le responsable de l'Assemblée de la section communale (ASEC), Jean Louis Bodel, critique le comportement des responsables de l'Etat qui, selon lui, ne mettent à la disposition des autorités locales aucun moyen de fonctionnement. Il appelle les responsables à agir vite pour éviter le pire. M. Bodel fustige également le comportement de certaines Organisations non gouvernementales (ONG) qui exécutent des projets dans la zone sans consulter les élus locaux. « Ces ONG ne connaissent ni la réalité de la population ni ses besoins, elles se contentent de financer des projets qui ne répondent pas aux besoins réels de la population », s'insurge-t-il.


Fort-Mercredi transformé en terrain de football

Si la zone où était exigé jadis l'un des forts pour la défense de Port-au-Prince est transformée en un véritable bidonville, le fort, transformé en terrain de foot ball pour les jeunes en lui-même n'est que l'ombre d'une imagination lointaine. Selon Jean Louis Bodel, qui dit habiter la zone depuis 21 ans, trois pièces géantes de canon du fort sont sous les décombres. « A cause du laxisme des autorités, des gens ont vandalisé le Fort, ils ont tout emporté, même les briques », déplore M. Bodel. Outre le terrain de football, Fort-Mercredi est utilisé également pour élever les porcs et des cabris. Une situation qui ne fait pas honneur à la première République noire du monde... à l'histoire tout court.


Robenson Geffrardrgeffrard@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=61237&PubDate=2008-08-18
Commentaires :
Le fait de se déclarer un fan inconditionnel de notre FRANKETIENNE NATIF-NATAL et surtout d’adopter le concept de « l’esthétisme du chaos » qui définit sa « spirale » nous avons du mal a trouvé une beauté quelconque inspiré du bordel permanent qui s’affiche dans les différentes actions et surtout les activités de la vie nationale.
Le Nouvelliste et sa cohorte de journalistes engagés investis de la mission sacrée de prophète d’une catastrophe annoncée ne cessent de présenter la réalité sombre de ce qui reste de ce pays.

Ils insistent, ils persistent dans le but d’attirer l’attention des décideurs et surtout de leur rappeler leurs devoirs dans le cadre des engagements acceptés. Eux, ils tournent la tête, ferment les yeux et se bouchent les oreilles. Ils fuient à la recherche d’un endroit ou les choses se font carrément de façon différente à leur façon à eux d’agir.
Les journalistes du Nouvelliste ont beaucoup averti sur le danger qui plane sur la ville de Port-au-Prince en particulier du à la bidonvilisation du Morne l’hôpital. Les haïtiens pour survivre ont été obligés de croire aux miracles. Pour eux on peu défier toutes les lois qui existent dans la nature. Il ne nous arrivera rien. Car celui qui demeure sous l’abri du très haut, repose à l’ombre du Tout Puissant. Un camion fait pour transporter des marchandises, peut se convertir sans risque et sans étonnement à un véhicule de transport de passager. On peut s’entasser en surnombre dans un véhicule, il ne se passera rien.
Une voiture construite pour cinq personnes n’est qu’une spécificité dirigée à l’attention des étrangers. Pour Haïti cette même voiture peut transporter presque le double de sa capacité prévue. C’est en ses termes que se définit « l’exception culturelle haïtienne ».
Pendant ce temps le parlement haïtien, réputé moraliste et moralisant par excellence, perpétue un blocage au niveau du gouvernement dans la défense entêtée d’intérêts personnels dans une lutte qui met à l’écart les intérêts de la majorité des haïtiens. Au niveau du monde politique on défend becs et ongles des postes ministériels !!!

jeudi 14 août 2008

Regards contraires sur la rivière (ou Quand un Paradis languit)

En suivant le regard des gens qui parlent de la rivière de Cavaillon, plusieurs approches se croisent et s'opposent sur la manière de voir une même chose.

La quatrième édition du festival de la rivière de Cavaillon a servi de prétexte pour mettre en valeur le cours d'eau naturel qui arrose la petite ville de Cavaillon, dans le département du Sud d'Haïti. Pendant les trois jours de folle ambiance au bord de l'eau, les 8, 9 et 10 août, on a remarqué que les gens n'étaient pas trop enthousiastes à plonger dans la rivière.
Une certaine appréhension se lisait sur le visage des Cavaillonnais et de nombreux visiteurs. La rivière de Cavaillon ne montre pas cet aspect attrayant qu'offre sa carte de visite. A la porte de la ville, le marché de Cavaillon, élevé sur la rive, présente un tableau discordant à l'image écologique que les organisateurs du festival veulent vendre au public.Il faut signaler que cette rivière, qui prend sa source dans les chaînes de montagnes de Macaya, est aussi une aubaine pour les laveurs de voitures. « Se la nou fè ti kòb nou, se malere nou ye », déclare Dieufène, un laveur de voitures qui considère ce cours d'eau comme une station de lavage.Des enfants, des femmes et des hommes nagent tranquillement dans l'eau, sans se soucier des souillures et des microbes.

« Nous n'avons pas à avoir peur de nous baigner dans une eau courante. Dlo k ap kouri pa kenbe mikròb », déclare Marc, un paysan dont le jardin proche de la rivière dépérit au soleil.« L'eau de la rivière est bonne. On la boit sans problème », affirme Anna, une marchande qui profite du festival pour se donner du bon temps.

Autres regards
Accoudée au pont étroit en fer jeté sur la rivière, l'air pensif, Sheila, 24 ans, une native de Cavaillon, pose un regard qui contraste avec ceux des baigneurs qui s'amusent.
Songeuse, Sheila se rappelle ses moments de détente au bord de l'eau. « Quand j'étais enfant, je naviguais sur la rivière sur un tronc de bananier. En ce temps-là, la rivière était profonde. Du haut de ce pont, je sautais dans l'eau. Si on le fait aujourd'hui, on se rompra le cou », regrette-t-elle.
Sheila a fait son deuil de la rivière de Cavaillon. « A chaque fois que je me baigne dans cette rivière, j'attrape une infection », confie-t-elle. Comme des milliers de Cavaillonnais, Sheila a pris part au festival de la rivière pendant les trois jours. Elle a dansé et a apprécié les prestations des artistes du Sud et ceux qui sont venus de Port-au-Prince. Elle a béni les trois jours de rêve qui ont réveillé le potentiel culturel et touristique de sa ville natale. La jeune fille a incité beaucoup de gens à visiter l'habitation du général Borgela, les zones humides, comme Tête source, le lac de Flamand, la savane Bondieu et même les ruines de la Fabrique de Conserve de Légumes et de Fruits (FACOLEF) où plane depuis 1984, année où la fabrique a pris feu, un parfum de nostalgie qui hante la mémoire des anciens ouvriers et d'une jeunesse encroûtée dans le chômage.
Le coordonnateur général de l'Association des Etudiants et Universitaires de Cavaillon (AUECAH), Jean Yxon André, pense que cette tendance ''antiécologique'' va changer bientôt. Cette association qui travaille dans le domaine de développement communautaire à Cavaillon depuis 2004 « a créé un espace de sensibilisation et de promotion pour la protection des milieux naturels et des espèces aquatiques ».

La rivière de Cavaillon, pour l'AUECAH, est un patrimoine à sauvegarder et à exploiter, car ce cours d'eau naturel est un atout majeur pour la promotion de l'écotourisme et de la valorisation des potentiels culturel et historique de Cavaillon.

Au lieu de maudire la situation dans laquelle se débat la rivière de Cavaillon, André fait l'inverse et rêve à haute voix : « Restons positifs. Voyez-vous, sur les rives, on a planté des bambous. Ces plantes prolifiques vont donner généreusement leur ombrage à ce site. Dans les années à venir, je vois un paysage transformé avec des espaces attractifs, des dancings; le marché sera placé ailleurs et même le site où se déroule le festival de la rivière sera merveilleux. »

Claude Bernard Sérant

mercredi 13 août 2008

Les corps de 11 boat people haïtiens inhumés aux Bahamas

Les circonstances de cette nouvelle tragédie n’ont pu être établies, selon l’ambassadeur d’Haïti à Nassau, Louis Harold Joseph
Mardi 12 août 2008,
Radio Kiskeya
Les corps non réclamés par leurs familles de 11 boat people haïtiens ont été inhumés lundi au cimetière Cowpen Road dans le sud des Bahamas avec l’autorisation des responsables de la mission diplomatique haïtienne à Nassau, rapporte le quotidien local The Nassau Guardian.
L’ambassadeur d’Haïti dans l’archipel, Louis Harold Joseph, a indiqué que la police bahaméenne l’avait informé jeudi dernier que les cadavres de ces clandestins ayant péri noyés devaient être mis en terre immédiatement. Dans un entretien téléphonique au journal, le diplomate a affirmé avoir compris l’urgence de la situation, car les corps étaient état de décomposition.
Harold Joseph précise avoir pris part à la cérémonie funèbre aux côtés d’un officiel de l’ambassade, René Desronvil, d’un homme d’affaires haïtien vivant aux Bahamas, Obert Dieudonné. Un autre compatriote, le père Roland Vilfort, officiait en la circonstance.
Les onze hommes, dont l’identité n’a pu être établie, sont décédés la semaine dernière dans des conditions non élucidées. Leurs cadavres flottant sur les eaux avaient été retrouvés près de l’île de New Providence.
Remerciant le gouvernement des Bahamas, en particulier le ministère des affaires étrangères, pour sa contribution aux funérailles des haïtiens, l’ambassadeur Louis Harold Joseph a souligné que "chaque vie est importante et il est douloureux de voir des gens perdre leur vie dans un incident pareil". Il a estimé que le gouvernement de Port-au-Prince travaillait en vue de porter les haïtiens à ne plus s’expatrier massivement en créant des conditions politiques et économiques susceptibles d’améliorer leur situation.
Le 28 juillet, environ 300 boat people haïtiens, 231 hommes et 64 femmes, avaient été interceptés par les Forces de défense royale des Bahamas au moment où ils tentaient d’atteindre la terre ferme.
En avril dernier, des clandestins haïtiens avaient été victimes d’une grande tragédie. 14 corps avaient été repêchés dans les eaux du chapelet d’îles. Cependant, plusieurs témoignages laissaient croire que plus de 20 personnes avaient péri dans ce naufrage.
Faute de pouvoir entrer directement en Floride, les boat people haïtiens se rendent régulièrement aux Bahamas où vit une importante communauté haïtienne, mais sans aucune visibilité sociale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article5215

HRV commente :
Voilà le tableau du quotidien des haïtiens non-politiciens, non-parlementaires tandis que nos LEGISLATEURS profitent des largesses de notre démocratie prête à porter et s’arrogent le droit de bloquer catégoriquement le pays.Nous applaudissons le silence des médias et la mansuétude des citoyens qui se laissent mener par leurs élus. Peut-être, quelqu’un devrait rappeler à ces élus que leur mandat n’était pas un chèque en blanc.

mercredi 30 juillet 2008

Faites place aux trottoirs!

Il faut désormais respecter les deux mètres de distance qui séparent les constructions des rues. Les autorités prennent les grands moyens pour faire respecter la loi. Faites place aux trottoirs, disent-ils dans un élan jugé tardif par certains pour réaménager une capitale qui regorge de constructions anarchiques et de marchés de rue.
Poussière, murs abattus, façades de maisons détruites, camions de remblais et de sable et hommes au travail traduisent, en partie, la difficulté pour tout usager de la route de fréquenter, jeudi matin, l'avenue Magloire Ambroise. « On doit remettre cette voie, comme indiqué par la loi, d'ici le début du mois prochain », a précisé un des contrôleurs du Ministère des Travaux publics, des Transports et Communication (MTPTC), rencontré sur place. Pour pour pouvoir achever ce travail dans le délai imparti, les ouvriers, supportés par les riverains, travaillent en deux groupes, matin et soir. « Toutes les dispositions sont prises pour achever, à temps, ces travaux», a-t-il indiqué.

Collaboration franche de la population
Selon lui, sans la collaboration de la population, rien n'eût été possible. Avertis trois mois à l'avance, certains propriétaires de maison, a-t-il dit, ont entrepris de leur propre gré, de démolir la façade de ces maisons. « D'autres nous demandent de le faire pour eux », a-t-il souligné précisant que, pour toute maison construite avant la promulgation de ces dispositions légales, l'équipe du MTPTC se charge de reconstruire la façade.
Sans vouloir polémiquer, un des propriétaires, contrarié par la démolition d'une partie de sa maison, a indiqué que « si on ne la démolit pas avant l'échéance, les hommes du MTPTC vont le faire à notre place, et là, on risque de perdre toute la maison ».
La force, a-t-il lâché désespérément, est à l'Etat. « Si on était au courant de ces lois, aurait laissé au moment de la construction les 2 mètres requis pour les trottoirs », a-t-il, malgré lui, affirmé.
Les priorités...
Les zones d'intenses activités scolaires, et par conséquent très fréquentées, sont, pour le moment, prioritaires. « On s'empresse de terminer avec elles avant la rentrée scolaire », a déclaré le contrôleur arguant que les prochaines destinations seront, entre autres, la rue Capois, l'avenue N...
Vêtu d'un maillot jaune, à l'instar de ses confrères, portant le sigle TPTC, il a indiqué que les propriétaires de ces maisons ont déjà été avertis. Le projet, a-t-il assuré, s'étendra sur toutes les zones de la région métropolitaine. Une question d'esthétique
Les différentes artères rénovées permettent déjà de voir le nouveau visage de la ville de Port-au-Prince. Les trottoirs de Babiole, de la 1re ruelle Jérémie, de l'avenue Jean-Paul II..., par exemple, sont assez grands et abritent des plantules placées à près de dix mètres de distance l'une de l'autre. Ce qui contibue à verdir quelque peu la zone. Cette mesure, qui vise, entre autres, à réaménager les caniveaux, à laisser plus d'espace aux piétons et à faciliter la circulation automobiles, est, selon l'assistant directeur des Travaux publics, Joiséus Nader, un aspect d'un vaste « programme de rénovation urbaine » prévu par le Ministère des Travaux publics, des Transports et Communications (MTPTC).
« Ces travaux de réfection des trottoirs ne sont qu'un début. Ils rentrent dans le cadre d'un programme plus large qui a pour ambition de libérer le littoral des constructions anarchiques », a-t-il déclaré sans pouvoir en préciser quand le démarrage. Cherchant à enlever le doute sur l'utilisation des trottoirs, l'assistant directeur des Travaux publics a assuré la population que des réunions ont eu lieu entre le MTPTC, la mairie et la Police nationale d'Haïti (PNH) pour éviter que ces trottoirs ne se transforment en marché de rue.

Jean Gardy Gauthier

mardi 29 juillet 2008

Accident de la route, le service de la circulation des véhicules a les mains liées

Le drame du 26juillet à Saint Louis du sud attire l’attention sur les nombreuses irrégularités devenues monnaies courantes sur les routes haïtiennes. Excès de vitesse, mauvais état des véhicules, mauvais comportement des conducteurs et état de délabrement des routes sont parmi les principales causes des accidents affirme le chef du service de la circulation des véhicules, le commissaire Castro Prévil.

Ce commissaire de police continue de réclamer de ses supérieurs hiérarchiques plus de moyens en vue de fournir un travail efficace. S’il vante l’action de ses policiers, le commissaire Castro admet que nombre d’équipements et de matériels font défaut à son service.

Les policiers haïtiens ne peuvent pas faire des tests d’alcoolémie de manière scientifique, mais le commissaire Castro espère que des appareils arriveront bientôt.

De plus,le service ne peut réaliser l’inspection technique des véhicules. " Nous faisons une inspection visuelle parce que nous n’avons pas à notre disposition les matériels techniques pour contrôler les systèmes de freinage, d’éclairage et de suspension des véhicules", concède t-il.

Outre l’absence d’inspection, le service ne dispose pas d’un bureau chargé de réaliser des enquêtes sur les causes des accidents. Toutefois grâce à la coopération de la Minustah, des agents ont bénéficié récemment d’une formation et des matériels de travail seront bientôt disponibles.

Le commissaire Castro signale que l’insécurité routière est plus meurtrière que les autres formes d’insécurité. Selon lui, l’état de délabrement des routes est une autre cause des accidents en Haïti. Il révèle que des alluvions se trouvaient sur la route au moment de l’accident ayant causé le décès de 29 personnes samedi dernier à Saint Louis du sud.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13944

La capacité hôtelière à Saut-d'Eau

Le manque d'infrastructures hôtelières à Saut-d'Eau est patent. Beaucoup de pèlerins et de visiteurs vont même se loger dans des hôtels à Mirebalais dans le Plateau central. Saut-d'Eau, cette ville aussi renommée qui accueille depuis l'année 1848 des milliers de gens étonne, déconcerte!

Singulier Ville-Bonheur!
Arrosée par sept rivières, Saut-d'Eau, commune de vertes collines, de chute d'eau encadrée de verdure, de sites de prières où s'exaltent la foi, a un manque criant d'infrastructures hôtelières pour accueillir de potentiels visiteurs qui souhaiteraient prendre leur aise et délier les cordons de la bourse.
Seulement deux hôtels de faible capacité d'accueil sont disponibles dans cette commune qui attire tous les ans des milliers de pèlerins.

Depuis 1848, année au cours de laquelle un témoin a rapporté l'apparition d'une Vierge couronnée de lumière dans la localité de Palmes, pèlerins, visiteurs, curieux foulent cette terre bénite. Hôtel Villa Marie Robenson & Georges Notre Dame du Mont-Carmel (18 chambres à coucher) et Pèlerin hôtel situé à la même rue (20 chambres à coucher) figurent sur la carte de visite de cette « ville » qui a une superficie de 178 kilomètres carré 63.

Pendant la fête patronale, une chambre se louait entre $80 et $100 us. Après la fête, le prix a littéralement chuté. A l'hôtel Villa Robenson, on négociait une chambre à $18 us ; tandis qu'à Pèlerin, le prix était passé rapidement à $30 us.
Peu importait le nouveau prix qu'ils affichaient, personne ne voulait rester un jour de plus à l'hôtel. A Saut-d'Eau, après la fête, on s'ennuie mortellement. Pas une salle de danse, pas une salle de cinéma, ni un restaurant, ni un supermarché, nulle place publique, aucune rue asphaltée pour une ville vouée au tourisme. Pour le reste de l'année, les hôtels fonctionnent à vide. Sandra Domilkar, une employée de Pèlerin hôtel, laisse entendre que le propriétaire de cet hôtel, originaire de Jacmél, l'a construit sous la dictée de Mont-Carmel.
Pendant la Mont-Carmel, plusieurs hôtels à Mirebalais, commune proche de Saut-d'Eau dans le Plateau central, ont affiché complet. Des touristes locaux préfèrent leur confort à ceux de la ville d'eaux.
Manque criant d'infrastructures
Pour suppléer à son manque d'infrastructures d'accueil, les Saudelais propriétaires de maisons et de maisonnettes ont loué des chambres à des groupes de personnes où à des familles. Certains membres de la diaspora en pèlerinage font leur réservation, pendant une ou deux semaines à l'avance. On loue pour deux semaines une maison à $500 us. Les petites bourses s'octroient une chambrette à $87 us pour une semaine. Cependant, ces pèlerins arrivent en colonie. Ils s'entassent à 15 ou 20 personnes dans un réduit n'ayant ni lit, ni eau, ni électricité.
Assise parmi un groupe de jeunes sous une galerie, Béatrice est sur le point de rentrer à Port-au-Prince. Elle avoue avoir passé une semaine de rêve à Saut-d'Eau en compagnie de ses amis. « Nous avons monté à cheval pour nous rendre à la cascade, nous avons dansé Azor et avons fait des demandes à la Vierge. »
La colonie au nombre desquels s'inscrit Béatrice a loué deux chambrettes. « Nous étions 12 répartis dans cette maisonnette privée de tout. Nous avons du mettre sur le sol des nattes pour dormir », confie-t-elle.


Une autre catégorie de pèlerins, à cause des difficultés économiques, dorment à la belle étoile, sur des nattes. C'est le cas de Margareth, une jeune fille de dix-huit ans qui accompagne sa mère tous les ans à Saut-d'Eau. Comme d'autres pèlerins, Margareth, sa mère et son fiancé, sont à la merci du vent, du soleil et de la pluie. C'est leur manière à eux de faire pénitence et d'être proche de la Vierge.
Margareth attend sa mère qui fait ses derniers adieux à Mont-Carmel avant de faire route vers Mirebalais.
Des camions rentrent chargés de pèlerins qui regagnent leurs pénates. Les fumets des griots, le relent des grosses chaudières de bouillon et de thé qui s'entre-déchiraient dans l'air ont disparu.
Les bandes de rara, Azor, les chants, les prières des neuvaines se sont évanouies sous le ciel de Saut-d'Eau. La commune semble triste et morne après cette liesse.
Claude Bernard Sérant

Commentaires :
Les autorités municipales de la ville de Paris ont inauguré en grandes pompes leur projet-phare de l’été : Paris Plage !
Rassurez-vous. La mer est très loin de Paris situé plutôt au centre de la France. La municipalité de Paris a aménagé les rives de la Seine en « Plage » moyennant l’utilisation de plusieurs dizaines de tonne de sable. Un sable spécial qui semble-t-il ne se laisse pas balayer et soulever par le vent. Les vrais parisiens et ceux qui s’y trouvent comme visiteurs l’espace d’un été profitent bien de la diversité des divertissements proposés alliant des visites du Louvre ou du dôme des invalides et un après midi de plage sur les berges de la seine.
On crée des plages là ou il n’y a pas de mer !
Nous autres nous les utilisons comme pour entreposer nos déchets domestiques et humains !
Cela n’étonne pas qu’un endroit pouvant offrir l’attrait d’une une chute comme celle de seau d’eau puisse être traité à l’haïtienne.
S’il est évident que le point culminant de la visite de Ville bonheur resterait toujours la célébration des fêtes religieuses rien n’empêche que seau d’eau soit utilisé comme attraction touristique en dehors de toute contemplation religieuse.
Au cours d’un voyage au Mexique j’ai eu le plaisir de visiter la chute de « EYIPANTLA » en Catemaco, Veracruz.
Les dimensions entre les deux cascades ne se comparent guère, mais il fallait voir tous les aménagements mis en œuvre et en valeur pour exploiter de façon bénéfique une mine naturelle en beauté et possibilité économique.
Il est à se demander pourquoi la bourgeoisie n’a jamais voulu prendre des risques dans des entreprises ou des investissements qui pourraient faire de très grandes différences dans la situation de certaines localités du pays.
Cette bourgeoisie étiquetée de « répugnante » une fois par un diplomate étranger mérite souvent ce qualificatif. Elle le vaut bien.
Cette bourgeoisie préfère importer des containers de pieds et de cous de poules destinés aux poubelles étrangères que d’investir dans l’élevage de poules et poulets. Elle fait ramasser ces parties à jeter de l’animal, récupère les containers sans payer d’impôts et les fait distribuer à une population d’affamés incapables de réfléchir et surtout de demander pourquoi ils doivent se ruer sur ce que les autres vont jeter.
Ce serait sans doute antinational et voire antipatriotique que de demander qu’un consortium à capital étranger investisse à Seau d’eau et doter la localité d’infrastructures modernes capables permettre l’exploitation du site et surtout désenclaver les régions avoisinantes.