Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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mercredi 6 mars 2013
Haïti: l'ex-président Préval témoin dans le meurtre d'un célèbre journaliste
Par LEXPRESS.fr, publié le 04/03/2013 à 23:49, mis à jour à 23:49
L'ancien président haïtien René Préval a été convoqué comme témoin par un juge d'instruction dans le cadre d'une enquête sur l'assassinat en avril 2000 du journaliste Jean Dominique. Farouche opposant au régime des Duvalier, le directeur de Radio-Haïti Inter avait été tué par balles par des inconnus dans la cour de la station de radio qu'il dirigeait.
Nouveau rebondissement dans l'affaire Jean Dominique en Haïti. L'ancien président René Préval a été convoqué comme témoin par un juge d'instruction dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat en avril 2000 du célèbre journaliste. "M. Préval sera entendu à titre de témoin. C'est important qu'il se présente en personne car il était au pouvoir quand le meurtre a été perpétré, il pourrait détenir des informations importantes", a précisé le juge d'instruction Ivikel Dabrésil.
L'ex-président a confirmé lundi au média Haïti Press Network qu'il se présenterait "le 7 mars, au tribunal, accompagné de ses avocats". René Préval a dirigé Haïti à deux reprises, de 1995 à 2001 après avoir servi comme Premier ministre du président Jean-Bertrand Aristide, puis de 2006 à 2011 avant de transmettre le pouvoir à l'actuel chef de l'Etat Michel Martelly. Le journaliste Jean Dominique, farouche opposant au régime des Duvalier, exilé pendant la dictature de 1980 à 1986, a été tué par balles le 3 avril 2000 par des inconnus dans la cour de la station Radio Haïti-Inter qu'il dirigeait. Le gardien de la station de radio a également été assassiné.
Une "démarche non-politisée", selon le juge
"C'est un travail complexe par rapport à la politique, mais ma démarche n'est pas politisée", s'est défendu le juge d'instruction face aux critiques des proches des anciens chefs d'Etat Préval et Aristide, qui assimilent la convocation de René Préval à de la "persécution politique". Le juge Dabrésil a rappelé qu'il avait hérité du dossier sous le gouvernement de René Préval en 2010, mais que les recherches s'étaient arrêtées à la suite du séisme du 12 janvier 2010 qui avait détruit les tribunaux d'Haïti. "Depuis que nous avons été chargés de cette affaire en 2010, nous avons entendu une quinzaine de personnes, dont la veuve de la victime Michèle Montas (ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ndlr) et un ex-chef de la police haïtienne", a indiqué le juge.
Un ancien ministre de l'Intérieur de Jean-Bertrand Aristide, qui pourrait lui aussi être entendu dans l'affaire, a été convoqué le 14 mars par la justice. Depuis 2000, pas moins de 12 juges se sont succédés dans l'instruction de cette affaire qui défraie la chronique en Haïti.
Depuis son retrait du pouvoir en 2011, René Préval a quant à lui rarement été vu en public. Il est retourné vivre dans sa province natale au nord d'Haïti, selon ses proches.
Avec
http://www.lexpress.fr/actualite/haiti-l-ex-president-preval-temoin-dans-le-meurtre-d-un-celebre-journaliste_1226933.html
jeudi 7 février 2013
Haïti-Justice/Presse : De nouvelles auditions dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du journaliste Jean Dominique
P-au-P, 6 fév. 2013 [AlterPresse] --- L’ancienne sénatrice lavalas Mirlande Libérus est attendue à la chambre d’Instruction Criminelle de la Cour d’Appel de Port-au-Prince pour audition dans le cadre de l’enquête conduite par le Juge Yvickel D. Dabresil sur le double assassinat du journaliste Jean Léopold Dominique et du gardien de radio Haïti Inter, Jean Claude Louissaint.
Depuis le renversement de Jean Bertrand Aristide le 29 février 2004, Mirlande Libérus s’est établie aux Etats-Unis d’Amérique.
Selon la lettre d’invitation, elle est conviée à se « présenter à la chambre d’instruction criminelle sise au Palais de justice de cette ville [Port-au-Prince], Bicentennaire, Blvd [Boulevard] Harry Truman, le vendredi que l’on comptera 6 février 2013 [sic] à 10 hrs du matin pour être entendue dans le cadre de ce dossier ».
Petit accroc dans cette lettre, 6 février 2013 est un mercredi. Me Mario Joseph, avocat de Libérus, rassure que sa cliente ne compte pas fuir la justice mais attend une date précise et la rectification de la confusion qu’il y a dans la lettre d’invitation.
L’assassinat a été perpétré le 3 avril 2000. Depuis, l’enquête piétine. Pas moins de 4 juges ont travaillé sur le dossier. Plusieurs se sont déportés pour des raisons liées à leur sécurité personnelle y compris des menaces de mort.
Selon un communiqué de Amnesty International à l’occasion du 12 ème anniversaire de l’assassinat le 3 avril 2012, « l’enquête sur l’assassinat de Jean Dominique et Jean-Claude Louissaint a été marquée par la violence, l’inertie, les menaces contre les juges instructeurs, les retards, et la perte des preuves et autres dossiers afférents à l’affaire lors du tremblement de terre de janvier 2010 ».
Le juge Yvickel Dabrésil est en charge du dossier depuis le 3 avril 2005, après que la Cour d’appel de Port-au-Prince eut jugé, en août 2003, qu’une commission d’enquête devrait compléter l’investigation en permettant d’identifier tous les assassins directs ainsi que les auteurs intellectuels.
« La famille de Jean Dominique a fait appel de la décision du juge [Bernard] St-Vil en avril 2003. Particulièrement, le rapport du juge ne faisait pas mention d’un certain nombre de suspects, y compris un influent sénateur haïtien qui avait fait l’objet d’un acte d’accusation par le juge Claudy Gassant en 2001 » souligne le communiqué de Amnesty.
En tout cas, le dossier semble prendre une tournure sérieuse en 2013. Des sources proches de la Cour d’appel mentionnent les noms des anciens présidents Jean-Bertrand Aristide et René Préval comme des citoyens qui seraient susceptibles d’être auditionnés dans le cadre de cette affaire. [efd kft gp apr 6/02/2013 11 :55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article14059
mercredi 29 août 2007
Premier état des lieux... Commission indépendant d'Appui aux enquêtes relatives aux assassinats de Journalistes haïtiens (CIAPEAJ)
Quelques jours après leur installation, les membres de la Commission indépendante d'Appui aux enquêtes relatives aux assassinats des journalistes haïtiens (CIAPEAJ) ont présenté lundi au local de SOS Journalistes, le premier bilan de leur travail. Quatre dossiers d'assassinat ont été remis sur le tapis : Jean Dominique, Brignol Lindor, Ricardo Ortega et Jacques Roche.
"Actuellement, aucun des inculpés dans l'assassinat du journaliste Jean Dominique ne se trouve en prison". Cette information quelque peu surprenante a été communiquée le lundi 27 juin par le président de la CIAPEAJ, Guyler C. Delva au cours d'une première conférence-bilan. Les membres de la Commission qui ont mené une enquête auprès des autorités de l'institution pénitentiaire disent apprendre avec stupéfaction que les inculpés Markington Philipe, Dymsley Milien et Jeudi Jean Daniel, accusés dans l'affaire du PDG de la radio Haiti-Inter et de Jean-Claude Louissaint, seraient en cavale.Cette dernière information recueillie par les membres de la Commission n'est, jusqu'à ce jour, pas parvenue au juge d'instruction près le tribunal de la première instance de Port-au-Prince, Me Fritzner Fils-Aimé.
« Le juge Fritzner Fils-Aimé, chargé du dossier de Jean Dominique, avait, en effet, envoyé depuis le 13 avril 2007 une correspondance aux responsables de l'Administration Pénitentiaire leur demandant de vérifier si les inculpés dans l'affaire de Jean Dominique sont toujours en prison. Mais, il n'a eu aucun résultat. La commission a donc pris les initiatives, a questionné les responsables et a pu être informée qu'aucun d'entre eux n'est en prison », a expliqué M. Delva, qui dit déplorer, tout comme ses confrères, ce fait inacceptable.Le président de la CIAPEAJ se dit toutefois satisfait du fait que le dossier soit remis sur le tapis. « La bonne nouvelle, le dossier est relancé et le juge Fritzner Fils-Aimé dispose aujourd'hui des moyens nécessaires pour mener à bien cette enquête», se réjouit-il.Qu'en est-il de Brignol Lindor ?Le dossier du journaliste Petit-goâvien Brignol Lindor a également été analysé par la CIAPEAJ, toutefois, apprend-on de la Commission, ce dossier est retourné au tribunal de première instance de Petit-Goâve, suite à un arrêt de la Cour de cassation, rendu le 17 mars 2005 le déclarant irrecevable pour défaut de qualité.
« Le dossier a été déposé à la Cour de cassation le 29 avril 2003, explique Jean Wilner Morin, responsable des relations publiques et porte-parole de la Commission. Il a été entendu deux ans après, soit le 10 février 2005 mais a été finalement refusé vu certaines faiblesses.» Motivés pour défendre la cause des journalistes victimes, des membres de la Commission entendent se rendre dans les prochains jours à Petit-Goâve pour suivre l'évolution de l'enquête. Cela, malgré les maigres moyens dont dispose la Commission. A ce sujet, le trésorier de la CIAPEAJ, Dieudonne Saincy a présenté les états financiers de la Commission qui, d'après lui, ne sont pas très reluisants.
« La Commission n'a jusqu'ici aucun moyen de fonctionnement. Mais, on va faire de notre mieux, comme on commence déjà à le faire, pour trouver les moyens auprès des organismes locaux et internationaux afin d'obtenir de bons résultats dans le cadre de notre mission », a déclaré, d"un air déterminé, le trésorier de la Commission, Dieudonne Saincy, journaliste à radio Métropole. Le dossier du journaliste espagnol, Ricardo Ortega, assassiné le 7 mars 2004, traîne jusqu'à présent. Un rapport de police sur cet assassinat, émanant du Bureau de Renseignement judiciaire (BRJ), dirigé à l'époque par le commissaire Jean Hubert Honoré, a été soumis au Parquet du tribunal de Port-au-Prince le 11 mars 2004. Mais, sans aucune signature.Ce qui empêche l'avancement du dossier. Ce rapport, révèle pourtant des informations pertinentes relatives à l'assassinat du journaliste espagnol, selon le président de la CIAPEAJ. « Dans ce rapport, des détails sur l'endroit où le crime a été planifié, sur les auteurs du crime, sont fournis », souligne M. Delva qui appelle le juge instructeur Bernard St-Vil à faire comparaitre devant lui l'inspecteur divisionnaire Jean Hubert Honoré."Nous ne concevons pas que le juge d'instruction puisse conclure son enquête sans avoir entendu l'inspecteur divisionnaire Jean Hubert Honoré qui serait détenteur d'informations tellement importantes pour la manifestation de la vérité sur l'assassinat du confrère Ricardo Ortega", estime le président de la CIAPEAJ.
Quant au dossier de Jacques Roche, un seul prévenu est jusqu'à présent en prison. Il est accusé d'avoir participé dans la séquestration de Jacques Roche. Selon des informations dont dispose la Commission, le prévenu aurait avoué lui-même avoir séquestré le journaliste. Cependant les auteurs du meurtre de Jacques Roche n'ont pas été encore arrêtés.La Commission avait affirmé son engagement à veiller à l'avancement des enquêtes sur les assassinats de journalistes et renouvelle à toutes les instances susceptibles de faciliter l'accomplissement de sa mission de lui offrir sa collaboration.Dans le cadre de son travail, les membres de la CIAPEAJ ont rencontré pas mal de personnalités du système judiciaire qui lui ont fourni des informations sur l'évolution des différents dossiers relatifs aux assassinats de journalistes.La commission s'est entretenue avec des juges et commissaires du gouvernement à la Cour de cassation, des juges et commissaires à la Cour d'appel, le doyen du Tribunal de première instance de Port-au-Prince, les juges d'instruction chargés des enquêtes sur les assassinats de Jacques Roche et de Ricardo Ortega et des responsables de l'Administration pénitentiaire.''La Commission a eu également, à l'invitation de l'ambassade d'Espagne, une rencontre avec les responsables de cette mission diplomatique qui voulait attirer l'attention de la Commission sur le cas du journaliste espagnol", informe le président de la CIAPEAJ, Guyler Delva.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=47802&PubDate=2007-08-28
mercredi 4 avril 2007
ASSASSINAT DE JEAN DOMINIQUE APRES SEPT ANS... LE CHEF DE L'ETAT A DIT:
« Les obstacles politiques sont levés, la police et la justice peuvent maintenant faire le jour sur ce double meutre », déclare le Chef de l’Etat
Posté: 2007 Avr 03 - 20:02• Le président René Préval a levé le doute concernant les raisons qui expliqueraient la lenteur observée dans l'enquête sur le double meurtre de Jean Dominique, le directeur de radio Haïti Inter et de son gardien Jean Claude Louissaint le 3 Avril 2000.Le chef de l'Etat qui intervenait ce matin dans la presse à l'occasion du septième anniversaire de ce double assassinat a indiqué que les obstacles politiques qui empêchaient de faire le jour sur ce drame n'existent plus aujourd'hui et que la police et la justice n'auront aucune excuse pour faire aboutir cette enquête qui a déjà trop duré. Le chef de l'Etat a par ailleurs donné la garantie que toutes les dispositions seront prises pour favoriser le travail du juge instructeur de sorte que toute la vérité puisse être connue dans cette affaire. Le commissaire du gouvernement, Me Claudy Gassant qui était le premier juge d'Instruction en charge de cette enquête a déclaré ce matin que l'appareil judiciaire se doit d'activer le dossier pour que les coupables puissent enfin être punis. "Cela peut arriver à n'importe qui; ce pourrait bien être moi demain", a déclaré Me Gassant qui promet toute son assistance pour faire aboutir l'enquête. Les associations de presse, Reporters sans frontière, l'Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) ont critiqué la lenteur de la justice à faire la lumière sur ce double assassinat de même que ceux de Brignol Lindor et de Jacques Roche.
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=2329
Posté: 2007 Avr 03 - 20:02• Le président René Préval a levé le doute concernant les raisons qui expliqueraient la lenteur observée dans l'enquête sur le double meurtre de Jean Dominique, le directeur de radio Haïti Inter et de son gardien Jean Claude Louissaint le 3 Avril 2000.Le chef de l'Etat qui intervenait ce matin dans la presse à l'occasion du septième anniversaire de ce double assassinat a indiqué que les obstacles politiques qui empêchaient de faire le jour sur ce drame n'existent plus aujourd'hui et que la police et la justice n'auront aucune excuse pour faire aboutir cette enquête qui a déjà trop duré. Le chef de l'Etat a par ailleurs donné la garantie que toutes les dispositions seront prises pour favoriser le travail du juge instructeur de sorte que toute la vérité puisse être connue dans cette affaire. Le commissaire du gouvernement, Me Claudy Gassant qui était le premier juge d'Instruction en charge de cette enquête a déclaré ce matin que l'appareil judiciaire se doit d'activer le dossier pour que les coupables puissent enfin être punis. "Cela peut arriver à n'importe qui; ce pourrait bien être moi demain", a déclaré Me Gassant qui promet toute son assistance pour faire aboutir l'enquête. Les associations de presse, Reporters sans frontière, l'Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) ont critiqué la lenteur de la justice à faire la lumière sur ce double assassinat de même que ceux de Brignol Lindor et de Jacques Roche.
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=2329
JEAN DOMINIQUE....SEPT ANS DEJA.....
Haiti : Quelle importance Jean Dominique ?
mardi 3 avril 2007
Par Michèle Montas-Dominique et Jan J. Dominique
Soumis à AlterPresse le 3 avril 2007
Ce texte a été publié le 3 avril 2006. A part quelques changements de dates, les exigences de justice de la famille du journaliste assassiné sont restées vaines. De lettre ouverte en lettre ouverte, rien n’a changé pour la famille de Jean Dominique. Les inculpés d’hier circulent librement, certains évadés de prison dirigent des gangs armés et la chape d’impunité sur ce dossier, devenue emblématique à travers le monde, continue de s’alourdir.
Il y a maintenant sept ans, le 3 avril 2000, le journaliste Jean Léopold Dominique était assassiné dans la cour de sa station, Radio Haïti. Cela fait sept ans que nous continuons en vain d’exiger justice pour ce militant de la parole libre. Aujourd’hui, ses assassins, ceux de Jean Claude Louissaint et ceux de Maxime Seide, assassiné deux ans plus tard pour faire taire nos revendications de justice, circulent librement. Une fois écartée la voix combien gênante de Radio Haïti, le dossier judiciaire des assassinats du 3 avril est bloqué depuis quatre ans, dans une conspiration du silence, et de l’impunité.
L’instruction, reprise par quatre juges différents, a duré 2 ans et 10 mois. Elle a été houleuse et sanglante. Des suspects sont morts en prison dans des circonstances non élucidées. Des témoins ont été sommairement exécutés. Un juge d’instruction, menacé, a dû s’exiler. Presque toutes les institutions de l’Etat ont fait obstacle à cette enquête : mandats d’arrêt non exécutés par la police, opposition du Sénat à la levée de l’immunité parlementaire d’un sénateur, menaces publiques contre un juge d’instruction par des policiers, refus temporaire en 2002 du chef de l’état de renouveler le mandat du juge d’instruction en charge du dossier.
Après une intervention à peine déguisée du Ministre de la justice d’alors, l’enquête judiciaire s’est théoriquement conclue le 21 mars 2003, exactement un mois après que Radio Haïti ait été forcée d’éteindre ses émetteurs suite à une tentative d’assassinat sur la compagne de Jean Dominique, rédactrice en chef de Radio Haïti, Michèle Montas, suite à un meurtre, celui de Maxime Seide, un jeune agent de sécurité de Radio Haïti et suite à de nombreuses menaces sur nos journalistes. Bien que l’instruction, de mai 2000 à janvier 2002 a été marquée par l’audition de dizaines de témoins et une vingtaine d’inculpations, le juge d’instruction Bernard St Vil publiait, avec son ordonnance de renvoi, la liste de six personnes inculpées pour la mort du journaliste. Aucun commanditaire n’était désigné.
Le 3 avril 2003, la famille du journaliste fait appel des conclusions de l’enquête. Le 4 août 2003, la cour d’appel de Port-au-Prince demande le lancement d’une nouvelle instruction et la libération de trois des six inculpés. Les trois autres présentent un recours devant la Cour de cassation, suspendant de fait la poursuite du dossier. Entre temps, ces accusés qui s’étaient adressé à la Cour, Jeudy Jean Daniel, Dimsey Milien et Markenton Philippe, se sont évadés de prison.
Le 14 mars 2004, la police exécutait deux des mandats émis d’ailleurs par le juge St Vil, en arrêtant un ancien maire adjoint de Port au Prince, Harold Sévère inculpé le 28 janvier 2003, et Roustide Pétion, alias Douze, pour leur implication présumée dans les assassinats du 3 avril.
La Cour de Cassation rejette le 29 juin 2004, le « pourvoi des sieurs Dymsley Millien dit Tilou, Jean Daniel Jeudi dit Guimy et Markington Phillipe contre l’arrêt ordonnance de la Cour d’Appel de Port-au-Prince ». La Cour de cassation confirme ainsi le verdict de la Cour d’appel qu’un nouveau juge d’instruction soit désigné pour trouver les commanditaires du crime.
le 3 avril 2005, soit cinq ans jour pour jour après les assassinats du 3 avril, le cas est remis à un nouveau juge d’instruction. Aujourd’hui, deux ans plus tard, l’instruction est encore en suspens.
Sept ans après les assassinat du 3 avril, quelle importance Jean Dominique ?
Anesthésiés par la succession de victimes, dans un climat d’impunité tenace et de banalisation du crime, certains nous demanderont pourquoi s’obstiner alors que tant de forces semblent vouloir diriger ce cas embarrassant, parce que le plus médiatisé de notre histoire récente, vers les oubliettes de “l’enquête se poursuit”. L’heure n’est elle pas à la réconciliation, au partenariat économique ? Quelle importance la justice ? Après tout, ne tenons nous pas, depuis plusieurs années, les états généraux de la corruption, de la violence et de l’impunité dans une société qui a fait de l’oubli, un instrument de survie.
En dépit d’une agitation politique périodique sur des dossiers de corruption, après Duvalier, après le coup d’état ou après Aristide, la nation finalement ne demande jamais de compte. Les kidnappeurs sont libérés aussi rapidement qu’ils sont arrêtés. Les assassins aussi. Lorsqu’un dossier judiciaire comme celui de Raboteau, étayés par une recherche de preuves sans précédent dans les annales de notre justice, est renversé pour vice de forme, sans protestations de notre société dite civile, on peut compter, sur les doigts d’une main, les punitions légales qui ne sont pas effacées par l’éternelle justice des vainqueurs.
Cette impunité colle à notre quotidien, à la diffamation qui a libre cours sur nos medias, ou aux immondices jetés sur la chaussée. Un ami nous relate le cas d’une marchande à qui un automobiliste demande de bouger son étalage installé en pleine Rue du Centre et qui se voit répondre « pouki m’ta fè sa, pa gen leta ». Aucun contrevenant à la loi n’étant puni, qu’il s’agisse d’infractions mineures, de kidnappings ou de meurtres, l’impunité tenace nous mène à cette anarchie au quotidien, mais nous fermons les yeux, complices ou coupables.
Quelle importance Jean Dominique ?
Une fois pris le choix délibéré de l’impunité dans les dossiers des assassinats des « quatre Jean », Jean Marie Vincent, Jean Pierre Louis, Jean Lamy et Jean Dominique, ne devions nous pas nous attendre au meurtre orchestré de Brignol Lindor, ou à l’assassinat commandité du député Marc André Dirogène ou aux tortures infligées à notre poète journaliste Jacques Roche ? Pouvions nous nous étonner de cette dangereuse spirale d’agressions brutales qui a endeuillé et meurtri chacun d’entre nous ? En écartant l’exigence de justice comme dérangeante, ne sommes nous pas collectivement coupables de meurtre et de corruption ? Ne sommes nous pas dangereusement complices par notre silence éhonté ?
Quelle importance Jean Dominique ?
On nous dira sans doute qu’exiger aujourd’hui justice pour Jean Dominique ou pour d’autres, n’est pas politiquement correct, car cela risque de secouer cet équilibre fragile et factice, sur lequel certains mettent périodiquement l’étiquette de réconciliation.
Pourquoi aujourd’hui insister pour que justice soit rendue à Jean Dominique ?
La réponse nous vient de ceux qui sont victimes au quotidien des abus de pouvoir de petits chefs, de l’exclusion, de la marginalisation et des dénis de justice. La réponse nous vient de ceux qui en masse ont célébré un certain 7 février la chute d’une dictature et voté un autre 7 février pour la fin de l’insécurité, sachant parfaitement que ce monstre a été nourri à la mamelle de l’impunité et de l’injustice. La réponse nous vient de ceux qui se battent depuis 30 ans contre l’état prévaricateur et corrupteur, ceux qui veulent mettre fin aux jeux destructeurs de pouvoir et d’argent, ceux qui tentent encore de « changer la vie ».
Les autres, qui n’ont ni le courage, ni la lucidité de comprendre que l’impunité ne peut plus faire les frais de tergiversations, de jeux de pouvoir et d’argent, d’expédients politiques et judiciaires, de “kase fèy kouvri sa” seront les prochaines victimes, comme le seront l’état de droit et la démocratie que nous prétendons instaurer. New York, Montreal, le 3 avril 2007.
mardi 3 avril 2007
Par Michèle Montas-Dominique et Jan J. Dominique
Soumis à AlterPresse le 3 avril 2007
Ce texte a été publié le 3 avril 2006. A part quelques changements de dates, les exigences de justice de la famille du journaliste assassiné sont restées vaines. De lettre ouverte en lettre ouverte, rien n’a changé pour la famille de Jean Dominique. Les inculpés d’hier circulent librement, certains évadés de prison dirigent des gangs armés et la chape d’impunité sur ce dossier, devenue emblématique à travers le monde, continue de s’alourdir.
Il y a maintenant sept ans, le 3 avril 2000, le journaliste Jean Léopold Dominique était assassiné dans la cour de sa station, Radio Haïti. Cela fait sept ans que nous continuons en vain d’exiger justice pour ce militant de la parole libre. Aujourd’hui, ses assassins, ceux de Jean Claude Louissaint et ceux de Maxime Seide, assassiné deux ans plus tard pour faire taire nos revendications de justice, circulent librement. Une fois écartée la voix combien gênante de Radio Haïti, le dossier judiciaire des assassinats du 3 avril est bloqué depuis quatre ans, dans une conspiration du silence, et de l’impunité.
L’instruction, reprise par quatre juges différents, a duré 2 ans et 10 mois. Elle a été houleuse et sanglante. Des suspects sont morts en prison dans des circonstances non élucidées. Des témoins ont été sommairement exécutés. Un juge d’instruction, menacé, a dû s’exiler. Presque toutes les institutions de l’Etat ont fait obstacle à cette enquête : mandats d’arrêt non exécutés par la police, opposition du Sénat à la levée de l’immunité parlementaire d’un sénateur, menaces publiques contre un juge d’instruction par des policiers, refus temporaire en 2002 du chef de l’état de renouveler le mandat du juge d’instruction en charge du dossier.
Après une intervention à peine déguisée du Ministre de la justice d’alors, l’enquête judiciaire s’est théoriquement conclue le 21 mars 2003, exactement un mois après que Radio Haïti ait été forcée d’éteindre ses émetteurs suite à une tentative d’assassinat sur la compagne de Jean Dominique, rédactrice en chef de Radio Haïti, Michèle Montas, suite à un meurtre, celui de Maxime Seide, un jeune agent de sécurité de Radio Haïti et suite à de nombreuses menaces sur nos journalistes. Bien que l’instruction, de mai 2000 à janvier 2002 a été marquée par l’audition de dizaines de témoins et une vingtaine d’inculpations, le juge d’instruction Bernard St Vil publiait, avec son ordonnance de renvoi, la liste de six personnes inculpées pour la mort du journaliste. Aucun commanditaire n’était désigné.
Le 3 avril 2003, la famille du journaliste fait appel des conclusions de l’enquête. Le 4 août 2003, la cour d’appel de Port-au-Prince demande le lancement d’une nouvelle instruction et la libération de trois des six inculpés. Les trois autres présentent un recours devant la Cour de cassation, suspendant de fait la poursuite du dossier. Entre temps, ces accusés qui s’étaient adressé à la Cour, Jeudy Jean Daniel, Dimsey Milien et Markenton Philippe, se sont évadés de prison.
Le 14 mars 2004, la police exécutait deux des mandats émis d’ailleurs par le juge St Vil, en arrêtant un ancien maire adjoint de Port au Prince, Harold Sévère inculpé le 28 janvier 2003, et Roustide Pétion, alias Douze, pour leur implication présumée dans les assassinats du 3 avril.
La Cour de Cassation rejette le 29 juin 2004, le « pourvoi des sieurs Dymsley Millien dit Tilou, Jean Daniel Jeudi dit Guimy et Markington Phillipe contre l’arrêt ordonnance de la Cour d’Appel de Port-au-Prince ». La Cour de cassation confirme ainsi le verdict de la Cour d’appel qu’un nouveau juge d’instruction soit désigné pour trouver les commanditaires du crime.
le 3 avril 2005, soit cinq ans jour pour jour après les assassinats du 3 avril, le cas est remis à un nouveau juge d’instruction. Aujourd’hui, deux ans plus tard, l’instruction est encore en suspens.
Sept ans après les assassinat du 3 avril, quelle importance Jean Dominique ?
Anesthésiés par la succession de victimes, dans un climat d’impunité tenace et de banalisation du crime, certains nous demanderont pourquoi s’obstiner alors que tant de forces semblent vouloir diriger ce cas embarrassant, parce que le plus médiatisé de notre histoire récente, vers les oubliettes de “l’enquête se poursuit”. L’heure n’est elle pas à la réconciliation, au partenariat économique ? Quelle importance la justice ? Après tout, ne tenons nous pas, depuis plusieurs années, les états généraux de la corruption, de la violence et de l’impunité dans une société qui a fait de l’oubli, un instrument de survie.
En dépit d’une agitation politique périodique sur des dossiers de corruption, après Duvalier, après le coup d’état ou après Aristide, la nation finalement ne demande jamais de compte. Les kidnappeurs sont libérés aussi rapidement qu’ils sont arrêtés. Les assassins aussi. Lorsqu’un dossier judiciaire comme celui de Raboteau, étayés par une recherche de preuves sans précédent dans les annales de notre justice, est renversé pour vice de forme, sans protestations de notre société dite civile, on peut compter, sur les doigts d’une main, les punitions légales qui ne sont pas effacées par l’éternelle justice des vainqueurs.
Cette impunité colle à notre quotidien, à la diffamation qui a libre cours sur nos medias, ou aux immondices jetés sur la chaussée. Un ami nous relate le cas d’une marchande à qui un automobiliste demande de bouger son étalage installé en pleine Rue du Centre et qui se voit répondre « pouki m’ta fè sa, pa gen leta ». Aucun contrevenant à la loi n’étant puni, qu’il s’agisse d’infractions mineures, de kidnappings ou de meurtres, l’impunité tenace nous mène à cette anarchie au quotidien, mais nous fermons les yeux, complices ou coupables.
Quelle importance Jean Dominique ?
Une fois pris le choix délibéré de l’impunité dans les dossiers des assassinats des « quatre Jean », Jean Marie Vincent, Jean Pierre Louis, Jean Lamy et Jean Dominique, ne devions nous pas nous attendre au meurtre orchestré de Brignol Lindor, ou à l’assassinat commandité du député Marc André Dirogène ou aux tortures infligées à notre poète journaliste Jacques Roche ? Pouvions nous nous étonner de cette dangereuse spirale d’agressions brutales qui a endeuillé et meurtri chacun d’entre nous ? En écartant l’exigence de justice comme dérangeante, ne sommes nous pas collectivement coupables de meurtre et de corruption ? Ne sommes nous pas dangereusement complices par notre silence éhonté ?
Quelle importance Jean Dominique ?
On nous dira sans doute qu’exiger aujourd’hui justice pour Jean Dominique ou pour d’autres, n’est pas politiquement correct, car cela risque de secouer cet équilibre fragile et factice, sur lequel certains mettent périodiquement l’étiquette de réconciliation.
Pourquoi aujourd’hui insister pour que justice soit rendue à Jean Dominique ?
La réponse nous vient de ceux qui sont victimes au quotidien des abus de pouvoir de petits chefs, de l’exclusion, de la marginalisation et des dénis de justice. La réponse nous vient de ceux qui en masse ont célébré un certain 7 février la chute d’une dictature et voté un autre 7 février pour la fin de l’insécurité, sachant parfaitement que ce monstre a été nourri à la mamelle de l’impunité et de l’injustice. La réponse nous vient de ceux qui se battent depuis 30 ans contre l’état prévaricateur et corrupteur, ceux qui veulent mettre fin aux jeux destructeurs de pouvoir et d’argent, ceux qui tentent encore de « changer la vie ».
Les autres, qui n’ont ni le courage, ni la lucidité de comprendre que l’impunité ne peut plus faire les frais de tergiversations, de jeux de pouvoir et d’argent, d’expédients politiques et judiciaires, de “kase fèy kouvri sa” seront les prochaines victimes, comme le seront l’état de droit et la démocratie que nous prétendons instaurer. New York, Montreal, le 3 avril 2007.
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