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lundi 29 mars 2021

Des manifestants par milliers dans les rues pour exiger le respect de la constitution de 1987

Publié le 2021-03-28 | Le Nouvelliste 


Ce dimanche, ils étaient plusieurs milliers de manifestants à défiler dans les rues de Port-au-Prince. Les manifestants, à l’appel de plusieurs organisations de la société civile et du secteur protestant, ont exigé le respect de la Constitution du 29 mars 1987 qui fête le 34ème anniversaire de sa première version, ce lundi. 
Les manifestants ont dénoncé le projet du président Jovenel Moïse qui a convoqué un référendum pour changer de tout en tout la Constitution. 
Des affiches qui invitent la population à prendre part à cette consultation populaire ont été arrachées et incendiées par certains manifestants. « Nous n’avons pas un problème de constitution dans le pays. Ce référendum est une stratégie utilisée par le PHTK pour se renouveler et se maintenir au pouvoir. 
C’est une perte de temps. Le peuple s’opposera et doit s’opposer à ce projet macabre. Nous avons d’autres problèmes qui sont plus urgents tels que le chômage, l’insécurité, la vie chère. On doit savoir choisir les priorités », s’insurge Wilhem, un jeune trentenaire rencontré au carrefour de l’aéroport. 

Hormis le respect de la Constitution, la marche du dimanche a été l’occasion pour les participants de dénoncer les velléités dictatoriales de Jovenel Moïse. Le pasteur Gérald Bataille, l’un des initiateurs, s’est dit alarmé de la situation du pays. « La patrie est en danger. Nous sommes sous le joug de la dictature, des persécutions et de l’insécurité. Nous sommes dirigés par un gouvernement illégal. Le mandat de ce président est arrivé à terme depuis le 7 février. C’est pour cela que nous sommes dans les rues. Pour crier notre détresse et notre colère », a fait savoir le révérend. 
Gérald Bataille a aussi demandé à la communauté internationale de laisser une chance aux Haïtiens pour qu’ils puissent diriger leur pays. Pour ce berger, aucun des problèmes que confronte le pays ne peut être résolu avec Jovenel Moïse au pouvoir.
 « Le dialogue est le point de départ de toutes les solutions. Mais aucun dialogue n’est possible avec ce monsieur (Jovenel Moïse) », estime-t-il. 

Viviane Fleurimé, une quadragénaire rencontrée sur la route principale de Delmas, n’a pas caché son exaspération devant la situation que vit le pays. Elle a dénoncé la gestion « calamiteuse » de l’administration Moïse. « La situation s’est dégradée avec Jovenel Moïse au pouvoir. Les écoles ne peuvent plus fonctionner comme avant. Nous ne sommes plus libres de circuler librement. Mes fils sont obligés de retourner en province à cause de l’insécurité. Moi je ne peux plus mener mes activités au marché de la Croix-des-Bossales à cause des balles », s’est-elle plaint. 
Bible entre-ouverte, Viviane Fleurimé a souligné qu’elle profitait pour lire des psaumes tout en participant à la manifestation. « Je lis des psaumes de combat. Je suis en train de lire le psaumes 91. Jovenel Moïse n’est pas au dessus de Dieu. La voix du peuple c’est la voix de Dieu. Si le peuple lui demande de partir, il ne doit pas faire la sourde oreille », estime-t-elle. 

Des leaders et représentants de partis politiques ont été également remarqués sur le parcours. L’ancien candidat à la présidence Jean Charles Moïse a demandé aux Haïtiens de défendre la Constitution de 1987. « Cette constitution a 34 ans. On ne peut pas permettre à un dictateur de la changer. Nous sommes contre ce référendum. Nous demandons par conséquent au peuple de se mobiliser contre ce projet dictatorial, contre ce dictateur et contre les étrangers qui tiennent le pays en otage », a-t-il appelé.

De son côté, Schultz Simpssie Cazir, secrétaire général du parti MTV, s’est insurgé de la situation du pays. « Ma présence dans les rues aujourd'hui est pour dénoncer et protester énergiquement contre l'insécurité, la persécution et l'intimidation politique, la corruption, l'impunité et contre les multiples cas de violation de la constitution par un pouvoir illégitime qui agit en toute illégalité. 
Marcher pacifiquement aujourd'hui pour moi exprime mon rejet du plan dictatorial de Jovenel Moise de nous imposer une constitution à travers un référendum inconstitutionnel, sans un large consensus avec les forces vives du pays », a-t-il fait savoir. 
Pour Cazir, Haïti peut profiter de cette crise pour prendre désormais un nouveau départ. « C'est une épreuve pour nos élites qui sont appelées à se montrer à la hauteur de cette tranche d'histoire et faire preuve d'éthique de responsabilité. 
A cette phase, Jovenel Moïse doit comprendre qu'il ne pourra réussir à organiser ni le référendum ni les élections. L'opposition a déjà aussi fait montre de ses faiblesses. Pour le bien du pays, les deux antagonistes doivent trouver une issue à la crise. Cette solution ne peut venir que d'une négociation entre le pouvoir et l'opposition qui permettra de définir le mécanisme d'implémentation de l'article 134.2 et la mise en place d'un gouvernement inclusif après le départ de Jovenel Moïse », estime le secrétaire général du MTV. 

Comme d’habitude, les manifestants se sont rassemblés au Champ de Mars et au Carrefour de l’aéroport. 
Ensuite, ils ont convergé vers la route principale de Delmas. Ils ont rejoint Bourdon en bifurquant par Delmas 60. Certains manifestants ont dénoncé l’influence des États-Unis sur l’échiquier politique en Haïti et ont clamé leur amour pour la Russie et la Chine. 
D’autres ont imprimé des photos de parlementaires américains comme Andy Levin, Gregory Meek, Stacy Abrams, Alexandria Ocasio-Cortez, et les ont remerciés pour leur engagement en faveur de la cause d’Haïti. 
La manifestation s’est terminée au Champ-de-Mars sans grands incidents, sinon des heurts entre certains manifestants et des agents de l’ordre. Des barricades de pneus enflammés ont été remarquées dans les secteurs arpentés par les manifestants. 
Auteur : Jean Daniel Sénat 
https://lenouvelliste.com/article/227789/des-manifestants-par-milliers-dans-les-rues-pour-exiger-le-respect-de-la-constitution-de-1987

Des milliers de personnes dans les rues de Port-au-Prince contre le pouvoir en place

Publié le 2021-03-28 | 
Le Nouvelliste Des milliers d'Haïtiens ont manifesté dimanche dans la capitale pour dénoncer le projet de référendum constitutionnel porté par le président et pour critiquer la communauté internationale qui soutient le pouvoir en place, accusé d'imposer une nouvelle "dictature". 
"Ce référendum est une plaisanterie car le fond du problème haïtien n’est pas un problème de constitution : depuis que les gens ont une velléité totalitaire, ils font ce qu'ils veulent", a dénoncé Michel Péan en début de parcours. "Dans un pays sans pouvoir judiciaire, sans pouvoir législatif, ou tout est réduit à un président qui gouverne par décret : cela suffit pour dire que nous sommes en situation de dictature", a ajouté le septuagénaire aveugle, ancien secrétaire d’État aux personnes handicapées. 

Le pouvoir exécutif souhaite l'adoption d'une nouvelle constitution par un vote qui serait organisé le 27 juin. 
Un tel projet attise les critiques jusque dans le camp du président Jovenel Moïse car la procédure choisie ne semble pas respecter les dispositions de l'actuelle constitution. 
Rédigé en 1987, après la chute de la dictature des Duvalier, le texte actuellement en vigueur déclare que "toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite". 
"Dans un pays où ce sont les gangs qui dirigent, où nous sommes dépourvus de tout, santé, logement, éducation... Comment un président peut oser dire qu'il veut faire un référendum", interroge Marie Sheila Martinet, brandissant sa pancarte "Jovenel must go" à l'arrière d'une moto. 
Équipés de longues tiges en métal, deux hommes se sont attelés, le long du parcours, à détruire toutes les pancartes fraîchement installées par le gouvernement pour promouvoir la participation au référendum.
 "On veut montrer à Jovenel et à l'ambassade américaine qu'ils ne pourront jamais nous imposer un référendum", s'insurge Jean Dany Duval. 
"On va arracher toutes leurs pancartes : nous sommes les Haïtiens et le voilà leur référendum, aujourd'hui dans la rue", ajoute le manifestant. 
Un très large nombre de personnes ont défilé drapeau haïtien en main mais une poignée a aussi arboré le tricolore russe.
 "Vive Poutine, à bas les Américains", a scandé un groupe de jeunes militants dont l'un agitait une pancarte où figurait en créole "Biden, démocratie ne veut pas dire ingérence". 
Constitué majoritairement de jeunes mais avec une présence remarquée de personnes âgées, le cortège a sillonné sans violence les grands axes de la capitale dimanche. 
Avec AFP 
https://lenouvelliste.com/article/227787/des-milliers-de-personnes-dans-les-rues-de-port-au-prince-contre-le-pouvoir-en-place

Haïti : des milliers de manifestants dans la rue contre le projet de référendum constitutionnel

RFI © AFP - VALERIE BAERISWYL 
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince dimanche 28 mars 2021 pour exprimer leur opposition à ce qu’ils considèrent une volonté de réinstaurer la dictature. 
La crise politique perdure en Haïti. 
Son mandat contesté depuis le 7 février, le président Jovenel Moïse fait également face à une contestation citoyenne contre son projet de référendum constitutionnel. Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans la capitale ce dimanche 28 mars pour exprimer leur opposition à ce qu’ils considèrent une volonté de réinstaurer la dictature. 
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron Ils ont été des milliers à Port-au-Prince à répondre dimanche à l’appel lancé par des églises protestantes et des organisations de la société civile. Face à la crise sécuritaire et dans le difficile contexte socio-économique que subissent les Haïtiens, Marie Sheila Martinet refuser d’entendre parler de changement de Constitution: « Dans un pays où Jovenel a perdu toute sa légitimité, où ce sont les gangs qui dirigent, où nous sommes dépourvus de tout : la santé, l’éducation, le logement. Est-ce qu’un président peut oser dire qu’il va faire un référendum ? »
 Septuagénaire aveugle, Michel Péan tenait aussi à participer à cette manifestation. L’ancien secrétaire d’État aux personnes handicapées ne mâche pas ses mots contre le projet de référendum : « Je trouve que c’est une plaisanterie parce que le fond du problème haïtien n'est pas un problème de Constitution : depuis que les gens ont une velléité totalitaire, dictatoriale, ils font ce qu'ils veulent, qu’il y ait une Constitution ou pas. 
Donc cette affaire de référendum, c’est une plaisanterie. » « Dans un pays sans pouvoir judiciaire, sans pouvoir législatif, où tout est réduit à un président qui gouverne par décret : cela suffit pour dire que nous sommes en situation de dictature », a ajouté l’ancien secrétaire d'État aux personnes handicapées.
 Le non-respect des dispositions de la Constitution 
Le pouvoir exécutif souhaite l'adoption d'une nouvelle Constitution par un vote qui serait organisé le 27 juin. Un tel projet attise les critiques jusque dans le camp du président Jovenel Moïse, car la procédure choisie ne semble pas respecter les dispositions de l'actuelle Constitution. Rédigé en 1987, après la chute de la dictature des Duvalier, le texte actuellement en vigueur déclare que « toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite ». 

La communauté internationale pointée du doigt Contre Jovenel Moïse, le défilé s’est aussi voulu contre la communauté internationale, contre ce que les manifestants considèrent comme une ingérence des États-Unis et de l’ONU. Un très large nombre de personnes ont défilé drapeau haïtien en main, mais une poignée a aussi arboré le tricolore russe et appelle même Vladimir Poutine à l’aide. « Vive Poutine, à bas les Américains », a scandé un groupe de jeunes militants dont l'un agitait une pancarte où figurait en créole « Biden, démocratie ne veut pas dire ingérence ». 
Constitué majoritairement de jeunes, mais avec une présence remarquée de personnes âgées, le cortège a sillonné sans violence les grands axes de la capitale dimanche. 
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/ha-c3-afti-des-milliers-de-manifestants-dans-la-rue-contre-le-projet-de-r-c3-a9f-c3-a9rendum-constitutionnel/ar-BB1f3LSm?ocid=uxbndlbing

Manifestation contre le projet de référendum

Le pouvoir exécutif souhaite l’adoption d’une nouvelle constitution par un vote qui serait organisé le 27 juin. Mais la population haïtienne ne l’entend pas ainsi.
 Le projet de référendum attise les critiques jusque dans le camp du président Jovenel Moïse. Photo d’archives/Reuters 
Des milliers d’Haïtiens ont manifesté dimanche dans la capitale pour dénoncer le projet de référendum constitutionnel porté par le président et pour critiquer la communauté internationale qui soutient le pouvoir en place, accusé d’imposer une nouvelle «dictature».
 «Ce référendum est une plaisanterie, car le fond du problème haïtien n’est pas un problème de constitution: depuis que les gens ont une velléité totalitaire, ils font ce qu’ils veulent», a dénoncé Michel Péan en début de parcours.
 «Dans un pays sans pouvoir judiciaire, sans pouvoir législatif, ou tout est réduit à un président qui gouverne par décret: cela suffit pour dire que nous sommes en situation de dictature», a ajouté le septuagénaire aveugle, ancien secrétaire d’État aux personnes handicapées.
 «Nous sommes dépourvus de tout» 
Le pouvoir exécutif souhaite l’adoption d’une nouvelle constitution par un vote qui serait organisé le 27 juin. Un tel projet attise les critiques jusque dans le camp du président Jovenel Moïse, car la procédure choisie ne semble pas respecter les dispositions de l’actuelle constitution. Rédigé en 1987, après la chute de la dictature des Duvalier, le texte actuellement en vigueur déclare que «toute consultation populaire tenant à modifier la Constitution par voie de référendum est formellement interdite». 

«Dans un pays où ce sont les gangs qui dirigent, où nous sommes dépourvus de tout, santé, logement, éducation… Comment un président peut oser dire qu’il veut faire un référendum», interroge Marie Sheila Martinet, brandissant sa pancarte «Jovenel must go» à l’arrière d’une moto. «Vive Poutine, à bas les Américains» 

Équipés de longues tiges en métal, deux hommes se sont attelés, le long du parcours, à détruire toutes les pancartes fraîchement installées par le gouvernement pour promouvoir à la participation au référendum. 
«On veut montrer à Jovenel et à l’ambassade américaine qu’ils ne pourront jamais nous imposer un référendum», s’insurge Jean Dany Duval. 
«On va arracher toutes leurs pancartes : nous sommes les Haïtiens et le voilà leur référendum, aujourd’hui dans la rue», ajoute le manifestant. 
Un très large nombre de personnes ont défilé drapeau haïtien en main, mais une poignée a aussi arboré le tricolore russe. «Vive Poutine, à bas les Américains», a scandé un groupe de jeunes militants dont l’un agitait une pancarte où figurait en créole «Biden, démocratie ne veut pas dire ingérence». 
Constitué majoritairement de jeunes, mais avec une présence remarquée de personnes âgées, le cortège a sillonné sans violence les grands axes de la capitale, dimanche. https://www.20min.ch/fr/story/manifestation-contre-le-projet-de-referendum-494798720407

jeudi 4 mars 2021

Registran 53% partos de haitianas en maternidad La Altagracia

Las parturientas haitianas acuden en masa hacia los hospitales de maternidad a fin de aprovechar las condiciones de gratuidad que ofrece el sistema de salud dominicano.
Registran 53% partos de haitianas en maternidad La Altagracia
La mayoría de las haitianas parturientas que llegan suelen presentar anemia u otros cuadros médicos que no han sido tratados previamente.
Registran 53% partos de haitianas en maternidad La Altagracia
Nairobi Núñez
Santo Domingo, RD
Los partos de madres hai­tianas superan en cifras a los de dominicanas, según datos obtenidos en el de­partamento de estadísti­cas del Hospital Universi­tario Maternidad Nuestra Señora de La Altagracia.
En ese centro se han registrado en lo que va de año 2,283 nacimien­tos, de los cuales 1,050 son de madres domi­nicanas, para un 47%, mientras que 1,196 naci­mientos son de madres hai­tianas, equivalente al 53%.
Salas de espera abarro­tadas por embarazadas, quienes en su gran mayo­ría no dominan el idioma español y a veces ni com­prenden qué les dicen, pero aun así se les brinda un servicio médico gra­tiuto, según pudo obser­var un equipo LISTÍN DIA­RIO, tanto adentro como afuera del centro de sa­lud durante un recorrido.
La maternidad La Al­tagracia y el Centro Ma­terno Infantil San Lorenzo de Los Mina son los hos­pitales públicos donde se registran la mayor canti­dad de partos en el país.Varias de las mujeres em­barazadas haitianas vie­nen a dar luz en este país por las facilidades económi­cas que se les dan, ya que es sin costo alguno.
Eso las impulsa a dejar su país de origen y venir a República Dominicana a concebir a sus criaturas. En un reportaje publica­do en este diario bajo la fir­ma del periodista Ricar­do Santana el pasado mes de febrero, se expone có­mo las embarazadas haitia­nas y sus esposos cruzan co­mo si nada por la frontera de la provincia de Dajabón.
En dicho reporte se dio a conocer cómo haitia­nas embarazadas fueron apresadas junto a otros de sus compatriotas por miembros del Cuerpo Es­pecializado en Seguridad Fronteriza Terrestre (Ces­front) cuando cruzaron de manera clandestina la frontera por la comuni­dad La Vigía, en Dajabón.
Las haitianas dijeron que su intención era dar a luz en hospitales de San­tiago, Mao, Monte Cris­ti y la capital dominicana. Mientras el presidente del Instituto Duartiano, Wilson Gómez Ramírez, propuso el pasado 28 de febrero al gobierno que se establez­can tarifas de cobros por los partos de extranjeros en los establecimientos hos­pitalarios dominicanos. Explicó que su propues­ta está orientada en detener la gran cantidad de alum­bramientos de haitianas en República Dominicana.
Aseguró, además, que es­to desincentivará la masi­va presencia de estas par­turientas en territorio nacional y aliviará la carga económica que representa para el presupuesto de sa­lud.
Hospitales saturados En un reporte de la agencia EFE, fechado el 1° de febre­ro, su corresponsal Manuel Pérez Bella reseñaba que las haitianas ya superan en nú­mero a las dominicanas en la sala de espera de las ma­ternidades del noroeste do­minicano, una región de acogida de inmigrantes y también destino de mujeres que cruzan la frontera para parir en unos hospitales ca­da vez más desbordados.
En el hospital público de Guayubín, un pueble­cito rodeado de bananos y de fincas de arroz situa­do a 42 kilómetros al este del río Masacre, frontera natural entre ambos paí­ses, nueve de cada diez parturientas son haitia­nas, la mayor proporción en toda República Domi­nicana.
Esa situación ha sido una constante durante los últimos meses a media que Haití se encuentra su­mergida en una crisis po­lítico que recrudece aún más el estado de pobreza del vecino país.
IMPACTO Complicaciones. “De 90 a 95 % de las complicaciones son en pacientes extranjeras”, asegura el doctor Juan de la Cruz Rodríguez Pé­rez, director del hospi­tal Materno Infantil José Francisco Peña Gómez de Mao, al ser consulta­do por Efe.
Triplicado.
En el reportaje de la agencia Efe, se destaca que el número de partu­rientas haitianas se ha triplicado en diez años, llegando a 30,322 naci­mientos en 2020, lo que representa el 27% de los nacimientos en el con­junto del país, y supo­ne que entre el 10% y el 14% de todo el presu­puesto hospitalario del país se dedique a las ex­tranjeras, según cálculos del Sservicio Nacional de Ssalud (SNS).
https://listindiario.com/la-republica/2021/03/04/659690/registran-53-partos-de-haitianas-en-maternidad-la-altagracia

Haïti : La place de la France est aux côtés du peuple haïtien, et non de ses tyrans

Dimanche 28 février, des milliers d'Haïtiennes et Haïtiens sont redescendus dans la rue pour exiger le départ du dictateur en devenir, Jovenel Moïse, et pour dénoncer les enlèvements et disparitions forcées, la corruption des autorités qui composent le climat de violence quotidienne instauré par le chef de l’État haïtien.
Les arrestations sommaires et détentions sans jugement – de véritables kidnappings – se multiplient chaque jour. Pour assurer le règne de l'injustice et son pouvoir absolu sur l'existence de toute opposition, Jovenel Moïse a fait suspendre, déplacer, arrêter chez eux en pleine nuit et emprisonner sans procès, un nombre toujours plus important de militants des droits humains et de juristes, magistrats et fonctionnaires de justice qu'il considère comme récalcitrants. Des assassinats comme celui du bâtonnier du barreau de Port-au-Prince, Maître Monferrier Dorval, à l'automne et le massacre de Bel-Air, un quartier populaire du centre de Port-au-Prince, témoignent de la violence et de l'impunité du régime.
La police haïtienne aux ordres de J. Moïse a donc renoué avec les sales méthodes des sinistres Tontons Macoutes allant jusqu'à tirer à vue sur les manifestant-e-s et à s'en prendre violemment aux journalistes afin de les empêcher de rendre compte de la répression policière sur la population.
Malgré cette situation, l'Administration Biden maintient contre vents et marées le franc soutien des États-Unis à Jovenel Moïse, et a même procédé à la déportation de réfugiés et migrants haïtiens mi-février. »
Les grandes capitales occidentales, dans le sillon étasunien, restent bien discrètes. Il est grand temps de mettre un terme à ce silence ainsi que l'ont solennellement demandé à maintes reprises 82 organisations (syndicats, ONG, associations, mouvements paysans, féministes, citoyens) haïtiennes, françaises, belges, canadiennes, espagnoles, allemandes et béninoises. Dans leur appel du 22 février à l'Union européenne, elles rappellent que « le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire a déclaré constater la fin du mandat constitutionnel de Jovenel Moïse. (Et que), malgré cela, contre l’avis de juristes, de la Fédération des barreaux d’Haïti, de la conférence épiscopale catholique, de diverses organisations du secteur protestant, de médias, de syndicats, de mouvements féministes, des petrochallengers, de l’opposition politique et d’une grande partie de la société civile haïtienne, Jovenel Moïse s’accroche fermement au pouvoir et enfreint éhontément les règles du jeu démocratique. » L’État de droit n'est plus en Haïti. Se taire encore, c'est se rendre complice, c'est garantir l'impunité au régime dictatorial que Jovenel Moïse entend imposer en Haïti.
Le Parti communiste français (PCF) salue la dignité de la lutte du mouvement populaire haïtien et tient à réaffirmer son soutien au peuple haïtien et à la mobilisation en cours pour les droits, la liberté, la démocratie et la justice sociale.
Le PCF appelle instamment le gouvernement français à sortir de son mutisme et à dénoncer la répression en Haïti, à condamner le comportement de Jovenel Moïse.
Haïti est depuis des décennies la proie d'affameurs, d'accapareurs et de profiteurs. La souveraineté du peuple haïtien est entravée par les ingérences étasuniennes et les tenants du pouvoir au service des quelques privilégiés qui exploitent les richesses et ressources du pays à leur seul profit. En pleine pandémie de Covid19 et crise sanitaire, alors que les dégâts des derniers cyclones qui ont ravagé l'île ne sont toujours pas réparés, le peuple haïtien affronte ensemble la violence politique, l'autoritarisme, des inégalités sociales et économiques parmi les plus fortes au monde.
La place de la France est aux côtés du peuple haïtien, et non de ses tyrans.
Parti communiste français
Paris, le 2 mars 2021
Source: https://www.pcf.fr/haiti_la_place_de_la_france_est_aux_cotes_du_peuple_haitien_et_non_de_ses_tyrans?utm_campaign=communistes_849&utm_medium=email&utm_source=pcf
CRISE POLITIQUE ET SOCIALE
Haïti. Manifestations contre le régime corrompu, et l’ingérence des États-Unis et du FMI Depuis le début de l’année, la crise politique et les mobilisations contre le gouvernement de Jovenel Moïse se sont intensifiées en Haïti. Ce dimanche les manifestants sont encore descendus dans les rues dénonçant la répression, le régime autoritaire et l'ingérence impérialiste.
Pepe Balanyà -
mercredi 3 mars
Les journées les plus combatives ont eu lieu le 1er et 2 février, lorsque les syndicats, diverses organisations militantes et l’opposition politique haïtienne ont appelé à une grève générale largement suivie dans les grandes villes. Le gouvernement a rapidement réagi en militarisant les rues de la capitale Port-au-Prince et d’autres villes de la nation caribéenne. La répression lors de ces journées de grève a fait au moins trois morts.
Il est à noter que les manifestations contre le gouvernement de Jovenel Moïse remontent à novembre 2018, un an après son investiture en 2017. Fragile depuis son investiture, le président issu d’un parti d’extrême droite accusé de détournement de fonds publics et de séquestrations, est arrivé au pouvoir après avoir été élu en 2015 lors d’un scrutin annulé pour fraudes. Lui-même ancien PDG d’une entreprise d’exportation, a été (et il est encore) le candidat préféré pour défendre les intérêts des États-Unis et d’autres puissances impérialistes comme la France dans les Caraïbes.
Ces aspects couplés à une situation sociale très difficile et aggravé par la dette qui étouffe le pays, ont fait émerger les premières protestations en 2018. L’intensité de celles-ci a forcé la démission de plusieurs ministres, parmi lesquels le premier ministre Jack Guy Lafontant chargé d’appliquer les plans du FMI à l’époque. Après une impasse, les protestations ont repris en septembre 2019 contre les pénuries de carburant qui ont provoqué des coupures de courant, des problèmes avec les transports publics, des augmentations de prix des produits et services de base. À cette époque, les manifestations ont été brutalement réprimées, faisant plus de 40 morts et des centaines de blessés.
Dans ce contexte de contestation sociale et de méfiance, la mise en place des plans du FMI et des mesures d’austérité n’ont pu être menés à bien que par une montée toujours plus violente de ses méthodes de gouvernance et par une concentration croissante du pouvoir exécutif. En effet sous prétexte des manifestations, le gouvernement de Moïse a reporté sans date les élections législatives prévues pour 2019. En janvier 2020, dans la continuité de cette mesure le président a décidé aussi de fermer le Parlement. Depuis, Jovenel Moïse gouverne par décret. Dans ce même ses, le gouvernement a voulu afficher de la détermination avec une déclaration signée par le commandant en chef, Jodel Lessage, où l’armée montrait son soutien au président.
Ces décisions, bien qu’elles aient pu renforcer ponctuellement le pouvoir présidentielle, l’ont aussi conduit à un isolement politique qui se mélange depuis à la grande insatisfaction d’une population minée par la pauvreté et la violence de bandes criminelles, dont beaucoup sont liées au gouvernement lui-même. Cet approfondissement de la crise politique explique la reprise vigoureuse des mobilisations et l’étendue de la grève générale des premiers jours de février. La situation s’est encore aggravée quand le président a décidé de ne pas quitter le gouvernement après la date du 7 février, date à laquelle, selon un article de la Constitution elle-même, son mandat expire. Depuis, certains secteurs comme les écoles sont fermées et les journées de mobilisations se succèdent presque chaque jour, et cela malgré la répression meurtrière.
De son côté, l’opposition politique a proclamé Joseph Mécène Jean-Louis comme président provisoire mais cela sans consulter absolument personne, et encore moins les gens qui sont dans la rue. En effet les partis d’opposition appartiennent également à des franges de l’establishment politique et défendent une issue négocié avec le gouvernement. Ils tentent d’influencer une partie de la mobilisation de masse pour maintenir leur rythme de pression tout en essayant que la situation ne dégénère pas et que la mobilisation elle-même ne passe au-dessus d’eux. En effet, des nombreux chefs d’opposition sont eux aussi liés à des cas de corruption et eux-mêmes peinent à attirer la sympathie des manifestants. Comme le témoignait un manifestant : « Je ne vais pas dire que l’opposition représente un changement. Parce que beaucoup des politiques qui sont dans l’opposition ont aussi des accusations de corruption contre eux. Ils ont déjà été au pouvoir et n’ont pas fait mieux que Jovenel Moise ».
Si pendant ce temps Jovenel Moise a pu surmonter les difficultés c’est d’un côté parce que l’opposition lui a redonnée du souffle par le biais de multiples négociations, et parce que d’autres acteurs lui ont apporté leur soutien. C’est le cas des États-Unis mais aussi d’autres pays impérialistes comme la France, qui ont réitéré, à l’instar de Joe Biden, leur soutien à une année supplémentaire de mandat pour Jovenel Moïse.
Cette position de la communauté internationale dans la crise haïtienne a été sévèrement critiquée par les manifestants, qui ont rejeté toute ingérence dans les affaires intérieures du pays et remis en question le bilan des forces de l’ONU, considérées comme une occupation étrangère d’un territoire. Comme le dénonçait un manifestant : « Malgré toutes les séquestrations, les massacres dans les quartiers populaires, les Etats-Unis continuent de le soutenir. L’argent du fonds Petrocaribe a été dilapidé, on n’a pas de bons hôpitaux, et les Etats-Unis continuent à soutenir ce gouvernement corrompu »
Tel qu’on l’a vu ces derniers jours, de par la profondeur de la crise politique et sociale, il est très probable que les mobilisations contre Jovenel Moïse se poursuivent mais aussi que l’opposition politique essaye de canaliser la colère pour récupérer ses positions et ne rien changer en profondeur. Pour en finir avec la subordination historique du pays aux États-Unis et aux intérêts du FMI mais aussi de l’ensemble des pays impérialistes, il convient de construire une véritable voie indépendante à la bourgeoisie haïtienne et qui réponde aux intérêts des travailleurs et de la population, pour en finir avec la dette et le pillage du pays, la pauvreté extrême et la misère.
Source:https://www.revolutionpermanente.fr/Haiti-Manifestations-contre-le-regime-corrompu-et-l-ingerence-des-Etats-Unis-et-du-FMI

La Lime contre Haïti ou le déshonneur des Nations unies

Publié le 2021-03-03 | Le Nouvelliste
La présence des Nations unies en Haïti a été caractérisée par deux choses : le gaspillage et l’épidémie de choléra. Des missions à n’en plus finir. Des millions de dollars gaspillés dans des programmes inefficaces, allant du renforcement des institutions (il n’y en a pratiquement plus une seule qui fonctionne) au désarmement (on n’aura jamais autant vu d’armes illégales dans ce pays). Avec, comme si le ridicule ne suffisait pas, la mort jetée dans la rivière. Le bilan : compter les morts et les dollars perdus.
Mais l’affaire La Lime contre Haïti témoigne de quelque chose de plus grave. Dans son superbe ouvrage « The rhetoric of empire » (1993, Duke University Press), David Spurr pointe la négation comme constitutive du discours colonial et de ses avatars. Elle va plus loin qu’un simple procédé. Elle est essentielle à la légitimation de son porteur, à sa paix intérieure, à son assurance. Rarement aura-t-on vu chez un haut fonctionnaire des Nations unies une telle attitude intellectuelle. De son point de vue, c’est déjà une concession que madame La Lime nous fait en réduisant des dizaines de milliers de personnes à trois mille. Pour une « administratrice coloniale », l’autre n’existe que dans les termes fixés par l’administrateur.
On peut chercher dans sa philosophie politique personnelle (des rumeurs à vérifier sur ses amitiés avec la pensée suprémaciste) et dans ses intérêts personnels et affectifs (d’autres rumeurs d’un autre type qu’il serait sordide d’aller vérifier), mais au-delà du détail des incidences biographiques, ce que madame La Lime représente et révèle, c’est la persistance d’un système de pensée que l’on n’avait pas l’optimisme de croire mort, mais qu’on pensait un peu sous la paille, la gêne, sinon la honte affectant ses porteurs.
La négation de l’autre dans la rhétorique coloniale fait abstraction de sa condition objective aussi bien que de sa capacité de produire du discours sur cette condition. Et si nous nous fâchons, elle nous récitera peut-être les vers du poème de Kipling, « le fardeau de l’homme blanc » : « Prenez le fardeau de l'Homme Blanc /Et récoltez sa vieille récompense/ La critique de ceux qu'on dépasse, La haine de ceux qu'on surveille/ Les cris des hôtes que vous guidez/ (Ah, lentement !) vers la lumière. »
« Dépasse », « surveille », « guide »… On imagine qu’elle utilise ce vocabulaire dans son intimité. Madame La Lime, c’est l’homme blanc typique du XIXe siècle.
Le déshonneur des Nations unies, c’est d’avoir envoyé en Haïti, terre de la négation la plus radicale de la pensée et de la geste coloniales, une rescapée de cette pensée. L’actualité haïtienne est passée sous silence et nombreux sont les peuples, les journalistes, les chercheurs qui regardent ailleurs. Mais il viendra vite le temps où l’évolution de la situation haïtienne forcera à s’intéresser au destin de ce peuple et à analyser, pour l’histoire, ce que la représentante des Nations unies a fait ici, ce qu’elle a vraiment représenté. Le souvenir des « plaisirs de Saint-Domingue » et la négation de l’autre. Quand arrivera ce temps, les Nations unies auront à expliquer pourquoi ce déshonneur que fut madame La Lime.
Antoine Lyonel Trouillot
https://lenouvelliste.com/article/226899/la-lime-contre-haiti-ou-le-deshonneur-des-nations-unies

Fusillade, kidnapping, colère...

Publié le 2021-03-03 | Le Nouvelliste
En plein jour, à la place des Artistes, au Champ de Mars, deux individus à moto ont ouvert le feu et tué deux jeunes hommes présentés comme des laveurs de voitures, mercredi 3 mars 2021, a appris le journal Le Nouvelliste.
Pour le moment, le mobile de ce double homicide est inconnu. Des images partagées sur les réseaux sociaux montrent une femme ensenglantée, touchée à l’abdomen.
Elle a été évacuée de la place des Artistes, un lieu de rencontres, de restauration situé à un jet de crachat du commissariat de Port-au-Prince, de l’ambassade de France et une centaine de pas du Palais national.
La veille, à Pernier, une infirmière, Édline Mentor, a été tuée par balle en sortant de la banque. Kidnappings et coup de gueule
Mardi, les kidnappeurs ont écumé les rues. Au moins cinq enlèvements ont été recensés à Pacot et ses environs.
Ce mercredi, en réaction à l’enlèvement de Jean Marc Condestin ce week-end, des habitants de Mariani, à l’entrée sud de Port-au-Prince ont obstrué la voie publique avec des véhicules de fort tonnage. 275 stations d'essence de l’ANAPROSS sont restées fermées pour exiger la libération de M Condestin, propriétaire d’une station-service.
Á Delmas 33, zone Gérald Bataille, des protestations ont été signalées pour exiger la libération de Venel Ilée, un conducteur.
Des médecins de l'hôpital La Paix ont marché à Delmas pour dénoncer l'assassinat de Dr Ernst Pady.
Le directeur général a.i de la PNH, Léon Charles, a annoncé le lancement ce vendredi, du 122, un numéro de téléphone pour contacter a PNH en cas d'enlèvement.
Il a souligné que le kidnapping n'est pas uniquement le problème de la PNH. C'est un problème de société, a-t-il confié au moment d'annoncer des fouilles de véhicules.
Sur la route de Ganthier, ce mercredi, un autobus qui se rendait en République dominicaine a été carnardé par des bandits de 400 Mawozo, ont rapporté des témoins. Il y a plusieurs blessés dont deux gravement touchés.
Dans l'Artibonite, une ambulance de la CAN immatriculée SE-05014 a essuyé des tirs dans la localité dénommée Doda, à Verrettes. L'ambulance transportait un malade au moment des faits, a appris le journal.
Port-au-Prince et ses environs continuent de glisser dans la peur. Ces temps-ci, des gestes simples du quotidien sont pratiqués avec la boule au ventre.
Roberson Alphonse
Source: https://lenouvelliste.com/article/226938/fusillade-kidnapping-colere

lundi 1 février 2021

L’opposition propose une Commission nationale de 15 membres pour l’après Jovenel Moïse

7 février 2021/Proposition de sortie de crise
Publié le 2021-01-31 | Le Nouvelliste
Après plusieurs mois de discussions et de tergiversations, les principales organisations politiques de l’opposition se sont finalement entendues sur une proposition commune de sortie de crise. Dans le document, il est d’abord question de la création d’une Commission nationale pour la mise en place de la transition (CNT). Cette structure de 15 membres choisira le prochain président qui devrait remplacer le président Jovenel Moïse. La CNT participera aussi dans le choix du Premier ministre, la formation du gouvernement, la mise en place de l’organe de contrôle de la transition. La durée de la transition est de deux ans.
L’opposition politique n’est toujours pas parvenue à présenter au pays une alternative au président de la République qui, selon elle en évoquant l’article 134-2 de la Constitution, doit laisser le pouvoir le 7 février 2021. Après plusieurs mois de négociations, les principales organisations politiques de l’opposition ne sont arrivées qu’à la signature d’un document qui prévoit comment remplacer Jovenel Moïse à jour J-7 du 7 février 2021.
Tout va d’abord passer par la création d’une « Commission Nationale pour la mise en place de la Transition (CNT) composée de 15 membres ainsi répartis : sept membres de la société civile dont un membre du Comité de suivi de la Déclaration du 21 aout 2020 et huit membres des partis, groupements et regroupements politiques de l’opposition. »
La CNT a pour mission de choisir selon les modalités décrites dans le document : le président/la présidente de transition, le/la premier.ère ministre, les membres de son gouvernement et les membres de l’organe de suivi et de contrôle de l’action gouvernementale. Les membres de la CNT ne peuvent pas faire partie du gouvernement de transition, précise le document.
« Avant le 7 février 2021, la Commission Nationale pour la mise en place de la Transition (CNT) désignera comme Président ou Présidente un juge de la Cour de Cassation, régulièrement nommé, réputé honnête, jugé apte à respecter la feuille de route, et contre lequel aucune accusation d’action contraire à l’Etat de droit n’a été portée. Si la Commission ne parvient pas à désigner le président ou la présidente selon la procédure fixée, elle choisira au sein de l’un des pouvoirs que la Commission aura jugés régulièrement établis ou toute autre solution institutionnelle concertée », lit-on dans le document de l’opposition.
Le choix du président sera adopté et appliqué par la Commission par consensus ou par vote de la majorité des 2/3. Le mandat du président ou de la présidente de la transition prend fin à la prestation de serment du nouveau président élu.
S’agissant du choix du Premier ministre, « Les partis, groupements et regroupements politiques signataires dudit Accord après concertation d’une part et les organisations de la société civile signataires d’autre part présentent chacun une liste à la CNT. Le secteur politique présente une liste de quatre candidats et la société civile une liste de trois candidats. La commission choisit par vote le premier ministre ou la première ministre le soumet au président ou à la présidente pour nomination », selon l’accord de l’opposition. Selon l’accord signé entre les membres de l’opposition, le Premier ministre, chef de gouvernement, en accord avec le président et la CNT, forme le gouvernement. Le cabinet ministériel sera formé d’un maximum de 14 membres. « Les membres du gouvernement de transition ne peuvent pas se porter candidats aux élections générales que le gouvernement de transition organisera. Après délibération au conseil des ministres, le/la président/e nomme les agents exécutifs intérimaires. Ces derniers ne peuvent se porter candidats aux prochaines élections », indique le document.
Par ailleurs, la CNT a aussi pour mission de choisir les membres de l’Organe de contrôle de la transition (OCT). « Cet organe aura pour mission de veiller au respect des lois et de l’éthique dans la gestion de la chose publique. Il devra aussi s’assurer de la prise en compte des revendications populaires par le pouvoir politique. Il ne s’agit pas d’un organe jouissant des privilèges et prérogatives d’un parlement, mais d’une instance de consultation et de surveillance. La fonction de membre de l’OCT est bénévole et non rémunérée.
Cependant, à chaque session, les membres auront droit à des frais leur permettant de couvrir les frais de déplacement et de séjour à la capitale. L’OCT disposera d’un secrétariat chargé de collecter et de distribuer à tous les membres les informations émanant du gouvernement pour leur permettre d’exercer leur mission de contrôle en connaissance de cause. Il se réunira une fois par mois pour des sessions ordinaires de huit (8) jours ouvrables. En cas d’urgence, l’OCT peut décider de la tenue de sessions extraordinaires », explique le document.
Aucun membre de l’OCT ne peut se porter candidat aux prochaines élections. Un arrêté portant organisation et fonctionnement de l’OCT et nommant les vingt-trois (23) membres est publié dans le journal officiel. L’Organe de contrôle de la transition (OCT) sera dissout à l’installation de la 51ème législature.
Le Président/La Présidente convoque la Conférence nationale souveraine quinze jours après son entrée en fonction. Le nouveau chef de l’Etat désigne de concert avec la CNT une commission chargée de planifier et de réaliser la conférence. Tous les secteurs de la vie nationale seront représentés : politique, syndical, secteur populaire, secteur privé des affaires, secteur paysan, secteur des droits humains, secteur des droits des femmes, secteur universitaire, secteur des handicapés, associations professionnelles, secteur religieux et la diaspora, lit-on dans le document.
« La Conférence nationale souveraine se prononcera sur les grands problèmes de la société pour proposer de nouvelles orientations. Son organisation, ses mécanismes de fonctionnement et les limites de ses prérogatives seront fixés par les termes de référence adoptés conjointement par l’exécutif de transition et l’OCT », indique l’accord entre les partis de l’opposition.
Aussitôt la formation de l’OCT, le président constate la dissolution de la Commission nationale pour la mise en place de la transition.
Quelques points dans la feuille du gouvernement de transition
Le gouvernement de transition aura pour missions principales de travailler à: restaurer l’autorité de l’état ; créer un climat sécuritaire en vue de ramener la paix et la confiance de la population, en menant des actions efficaces contre les gangs armés et les trafiquants en tous genres ; convoquer une conférence nationale souveraine en vue d’organiser le dialogue national en vue d’aboutir à un pacte de gouvernabilité autour d’un projet national commun de rupture pour la transformation de notre pays.
Le gouvernement de transition doit aussi créer les conditions pour « la réalisation d’un procès Pétrocaribe équitable dans un délai raisonnable, de telle sorte que soient rendus des jugements justes, équitables et que les sommes détournées soient récupérées ; créer les conditions pour la tenue d’élections libres, honnêtes et démocratiques, dans un délai raisonnable, en mettant en place un système électoral limitant au maximum les possibilités de fraudes et en incitant les citoyennes et les citoyens à participer en grand nombre dans le choix des dirigeants au niveau national et au niveau local… »
L’opposition a mis plusieurs mois pour arriver à la signature de ce document. Combien de temps mettra-t-elle pour se mettre d’accord sur le choix des 15 membres de la Commission nationale de transition, du président, du premier, des membres du gouvernement, des membres de l’OCT… ? Pourra-t-elle y arriver avant le 7 février 2021 soit dans 7 jours ?
Parmi les signataires du document final, on peut citer les membres de l’Accord du 21 août, le parti politique Pitit Desalin, la Direction politique de l’opposition démocratique, ‘’Operasyon tèt ansanm’’.
Robenson Geffrard
Source : https://lenouvelliste.com/article/225873/lopposition-propose-une-commission-nationale-de-15-membres-pour-lapres-jovenel-moise

Joseph Lambert lance son dialogue pour tenter de trouver une solution à la crise

Publié le 2021-01-31 | Le Nouvelliste
Le sénateur Joseph Lambert, président du dernier tiers du Sénat, lance un « grand dialogue national ». Ce, pour tenter de trouver une issue à la crise que traverse le pays, mais aussi pour revendiquer l’existence d’un contre-pouvoir à Jovenel Moïse alors que le Parlement est devenu caduc avec le départ de la Chambre des députés et des 2 tiers du Sénat.
« Après deux semaines de rencontres préparatoires avec les différents secteurs vitaux de la vie nationale et certains partenaires internationaux, le Président du Sénat de la République, Joseph Lambert, lance officiellement « Le grand dialogue national », peut-on lire dans une note de presse du Sénat
Selon la note, ce dialogue va se réaliser sous les auspices du Sénat de la République et se tiendront les 3 et 4 février 2021 Tara's La Sapinière. Toujours selon le document, la discussion va se réaliser entre les protagonistes de la crise politique actuelle. « À l'issue des échanges, un accord global sera signé pour juguler le chaos imminent et stabiliser le pays », précise la note.
Plus loin, poursuit la note, après les judicieuses observations de la société civile, le pouvoir et l'opposition exprimeront tour à tour leur position sur l'état de la constitution, la nécessité du retour à l'ordre constitutionnel par des élections et les mécanismes à mettre en œuvre pour une meilleure gouvernance dans un climat politique apaisé. « Convaincu de la capacité des acteurs de la vie nationale à trouver un accord sur leurs désaccords pour le bien des générations présentes et futures, le Sénat de la République invite toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens à un dépassement de soi pour sauver Haïti, le seul bien commun que nos aïeux nous ont légué », conclut la note.
Le nouveau président du Sénat a publié sa note dans un contexte politique tendu. En effet, l’opposition appelle au départ de Jovenel Moïse d’ici le 7 février, estimant que le mandat du président arrive à terme à cette date. Pour sa part, le président Jovenel Moïse s’accroche à son quinquennat, arguant que son mandat de 5 ans arrivera à terme le 7 février 2022.
Entre-temps, des centaines de manifestants ont foulé le macadam la semaine écoulée et ce dimanche 31 janvier pour exiger le départ du président Jovenel Moïse.
Source : https://lenouvelliste.com/article/225878/joseph-lambert-lance-son-dialogue-pour-tenter-de-trouver-une-solution-a-la-crise
Auteur : Jean Daniel Sénat

lundi 26 octobre 2020

J'ECRIRAI...

J'écrirai...
Quand le souffle agité
Des vents d'ailleurs
Croisé aux brises révoltantes
Des temps tournés
Vers les lendemains
Emportera loin
Très loin
Trop loin
Ces grains de sable
Cultivés dans le dessein
De forger des pierres
Puis ériger des murs
Des remparts menaçants
Des frontières vidées
De toute essence humaine
Objectif silence
J'écrirai...
Quand ma plume
De son encre
Couleur ocre
Odeur rouge sanguine
Rendra poreux les silences
Pour dévoiler les non dits
Dans des écrins
Qui feront détourner
Yeux et regards
Rivés sur les fausses vérités
Vers les reflets
Et reverbères
De la vraie lumière
J'écrirai

lundi 31 août 2020

C'est un été rouge sang en Haïti : les gangs sont les maîtres, et l'ONU crie à l'anarchie

Par Joël Chatreau • Dernière MAJ: 14/08/2020
Un été brûlant, c'est fréquent en Haïti, mais celui qui se déroule en ce moment est carrément rouge sang. Et une bonne partie des autorités politiques, gangrenée par la corruption, est accusée de s'en laver les mains. Les gangs les plus violents - pas deux ou trois mais des dizaines - sont devenus les maîtres depuis des mois, particulièrement à Port-au-Prince, la capitale. Malheur aux habitants qui se trouvent sur leur route au mauvais moment, ou qui voudraient s'interposer, ils sont assassinés sans pitié, y compris les enfants. La situation sécuritaire est tellement critique et incontrôlée dans l'île caribéenne des Grandes Antilles que l'ONU décide de s'en mêler. Le Bureau des Nations unies en Haïti déplore la mort de "nombreuses victimes innocentes" : il a répertorié déjà 159 civils tués et 92 blessés en seulement six mois, entre janvier et juin derniers. La représentation de l'ONU incite vivement les dirigeants haïtiens à bouger pour stopper les bandes criminelles responsables des tueries. « La population des quartiers contrôlés par des bandes armées endure un niveau de violence intolérable » - Bureau des Nations unies en Haïti Les jours sombres de Cité Soleil
Plus les gangs sont armés et puissants, plus ils veulent régner sur des quartiers entiers et se font évidemment la guerre. Cet été notamment, Cité Soleil s'enflamme de nouveau. Le vaste bidonville qui s'enroule autour de Port-au-Prince, comme les favelas brésiliennes à Rio de Janeiro, en a pourtant connu, des pics de violence ! Mais cette fois, l'intolérable a été atteint.
A la mi-juillet, un nourrisson de huit mois a été tué par balles au cours d'un affrontement entre bandes au cœur du bidonville, puis au début du mois d'août, un autre bébé de quatre mois y est mort dans les mêmes circonstances. Leurs familles éplorées ont reçu un grand soutien de la population locale, choquée, profondément émue, révoltée. Mais pas un mot, pas un geste des forces dites de sécurité et de la classe politique.
L'impunité préservée des gangs
Le Bureau des Nations unies en Haïti gronde bien sûr...
Les autorités haïtiennes doivent poursuivre les auteurs présumés de crimes, d'abus ou de violations des droits de l'Homme (...) exécuter le mandat d'amener émis à l'encontre de plusieurs chefs de gangs
Bureau des Nations unies en Haïti ... mais le son de sa voix semble se perdre dans l'air brûlant des Caraïbes.
"Barbecue", toujours tout feu tout flamme
Jimmy Cherizier, par exemple (en tenue rouge ci-dessous), est l'un des plus sanguinaires de ces patrons de bandes criminelles, et néanmoins, il continue tranquillement de mener ses "affaires". Sinistrement surnommé "barbecue" depuis qu'il a terrorisé les habitants de quartiers pauvres fin 2017 en faisant incendier des maisons et des bâtiments, cet ex-policier a finalement fait l'objet d'un avis de recherche en février 2019.
Pas de quoi affoler "barbecue", loin de là, puisqu'en avril dernier, le gangster s'est montré en pleine lumière en train de participer à une distribution de kits alimentaires à Port-au-Prince. Et vous allez rire... jaune ! C'est la police qui avait organisé cette sympathique manifestation.
Source : https://fr.euronews.com/2020/08/13/c-est-un-ete-rouge-sang-en-haiti-les-gangs-sont-les-maitres-et-l-onu-crie-a-l-anarchie

dimanche 23 août 2020

Aceite de vetiver haitiano mercado Tendencias actuales del y principales beneficios hasta 2029 | MarketResearch.Biz

13 AGOSTO 2020 RICARDO
Al exponer la investigación de mercado para el período 2020 y 2029, MarketResearch.Biz ha actualizado su base de datos de informes de conocimiento del mercado al incluir Aceite de vetiver haitiano mercado, que recuerda el concentrado detallado para las posibilidades futuras que se evalúan para cambiar el mercado mundial por completo en los próximos años. El informe también cubre las oportunidades de desarrollo y el interés en general para el (producto), las tendencias del mercado, los principales actores gigantes en el negocio y las estrategias utilizadas por ellos para permanecer frente a sus competidores.
Principales aspectos tratados en el informe
Descripción general del mercado Aceite de vetiver haitiano incluyendo creación, utilización, estado y estimación y desarrollo del mercado
Información histórica 2013-2020 y previsión de mercado 2021-2029
Investigación geográfica que incluye naciones significativas
Descripción general del mercado de tipo de artículo, incluido el avance
Descripción general del mercado del cliente final, incluida la mejora
Impacto del Coronavirus en la industria
Fabricación dominante superior de Aceite de vetiver haitiano mercado industria :
«Albert Vieille SAS, Unicode S.A., Vigon International, Texarome Inc, Ananda, LLC, Berje Inc, Jedwards International Inc, Haiti Essential Co Ltd, Givaudan SA, Fleurchem Inc» Obtenga una copia de muestra en PDF de este informe para comprender la estructura del informe completo: (Incluyendo TOC completo, Lista de tablas y figuras, Gráfico) https://marketresearch.biz/report/haitian-vetiver-oil-market/request-sample
COVID-19 Gestión de crisis en Aceite de vetiver haitiano mercado
La pandemia de COVID-19 ha traído factores rápidos e imprevistos, algunos de los cuales no se establecieron planes de emergencia y grupos existentes para abordar. Numerosas organizaciones crearon efectivamente episodio de los ejecutivos planea explícita a esta emergencia, y actualmente están mirando hacia adelante.
Pero antes que nada, tenemos que comprobar el efecto de COVID-19 en Aceite de vetiver haitiano mercado, vamos a echar un vistazo
Aceite de vetiver haitiano Market
El informe examina el mercado mundial Aceite de vetiver haitiano, el tamaño del mercado y el desarrollo, al igual que los miembros importantes del mercado.
El examen incorpora el tamaño del mercado, las circunstancias ascendentes, la división del mercado, el precio y el costo y la condición de la industria. Asimismo, el informe traza los elementos que impulsan el desarrollo de la industria y la representación de los canales del mercado.El informe comienza a partir de la revisión de la estructura de la cadena moderna, y representa la aguas arriba. Además, el informe investiga el tamaño del mercado y la conjetura en diversas geologías, el tipo y el fragmento de uso final, lo que es más, el informe presenta la revisión de la rivalidad del mercado entre las organizaciones significativas y los perfiles de las organizaciones, además, el costo del mercado y los aspectos más destacados directos están envueltos en el informe.
Enfoques clave cubiertos en este informe:
• La información verificable y actual se da en el informe dependiendo de la cual se realicen las proyecciones futuras y se realice la investigación comercial.
• Las sutilezas de importación y tarifa junto con el valor de utilización y la capacidad de creación de cada área se hace referencia en el informe.
• El examen de cinco poderes de Porter, la investigación de la cadena de estima, la investigación FODA son algunos límites adicionales significativos utilizados para la investigación del desarrollo del mercado.
• El informe proporciona a los clientes los números brutos sobre el mercado basados en la evaluación del negocio a través de sistemas de examen esenciales y auxiliares.
Realice una consulta para obtener más detalles o personalización del informe: https://marketresearch.biz/report/haitian-vetiver-oil-market/#inquiry
Hay 15 capítulos para mostrar el Global Aceite de vetiver haitiano Market.
Capítulo 1, para describir la definición, especificaciones y clasificación de Aceite de vetiver haitiano, aplicaciones de Aceite de vetiver haitiano, segmento de mercado por regiones;
Capítulo 2, para investigar la estructura de costos de fabricación, la materia prima y los proveedores, el proceso de fabricación, la estructura de la cadena de la industria;
Capítulo 3, para mostrar los datos técnicos y el análisis de plantas de fabricación de Aceite de vetiver haitiano, capacidad y fecha de producción comercial, distribución de plantas de fabricación, estado de I + D y fuente de tecnología, análisis de fuentes de materias primas;
Capítulo 4, para mostrar el análisis general del mercado, análisis de capacidad (segmento de empresa), análisis de ventas (segmento de empresa), análisis de precios de venta
Capítulo 5 y 6, para mostrar el Análisis de Mercado Regional que incorpora América del Norte, Europa, Asia-Pacífico y así sucesivamente., Aceite de vetiver haitiano Análisis de mercado de segmentos Material de nylon, material de poliéster, material de nylon, material de tela, material de algodón y otros materiales;
Capítulo 7 y 8, para investigar el Aceite de vetiver haitiano Análisis de mercado de segmentos (por aplicación) Análisis de los principales fabricantes de Aceite de vetiver haitiano;
Capítulo 9, Análisis de tendencia del mercado, tendencia del mercado regional, tendencia del mercado por tipo de producto y otros materiales, tendencia del mercado por aplicaciones;
Capítulo 10, Análisis de tipo de marketing regional, Análisis de tipo de comercio internacional, Análisis de cadena de suministro;
Capítulo 11, para investigar el Análisis de Consumidores de Aceite de vetiver haitiano;
Capítulo 12, para representar Aceite de vetiver haitiano Resultados de la investigación y conclusión, apéndice, técnica y fuente de información;
Capítulo 13, 14 y 15, para retratar Aceite de vetiver haitiano canal de ofertas, mayoristas, comerciantes, vendedores, Resultados de la investigación y conclusión, sección de referencia y fuente de información.
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samedi 22 août 2020

Fifa extends ban for Haiti's Jean-Bart and widens sexual abuse investigation


President suspended for a further 90 days by Ethics Committee
Technical director Wilner Etienne and Nela Joseph also banned
Ed Aarons Romain Molina and Alex Cizmic
@ed_aarons Thu 20 Aug 2020 12.50 BSTLast modified on Fri 21 Aug 2020 04.37 BST Shares 25 Yves Jean-Bart Yves Jean-Bart has been accused of sexually abusing girls at the Centre Technique National in Croix-des-Bouquets. Photograph: Jean Marc Herve Abelard/EPA
Fifa has extended the suspension of the Haitian football federation president, Yves Jean-Bart, while it investigates allegations of sexual abuse and has also provisionally banned two other FHF officials including the technical director, Wilner Etienne.
Jean-Bart, known as Dadou, was initially suspended from all football-related activity for 90 days in May after an investigation was opened following allegations first made in the Guardian that he coerced several players at the Centre Technique National in Croix-des-Bouquets into having sex. The allegations have been strongly denied by Jean-Bart.
The 72-year-old’s suspension was due to expire on Sunday but Fifa confirmed in a statement on Thursday that it has now been extended for another 90 days after “a request by the chairwoman of the investigatory chamber”.
“This sanction has been imposed in connection with ongoing investigations into Mr Jean-Bart, as well as other officials within the FHF, who were identified as having allegedly been involved (as principals, accomplices or instigators) in acts of systematic sexual abuse against female football players,” said the statement.
“In this respect, the investigatory chamber has expanded the scope of the aforementioned investigations by opening formal proceedings against Nela Joseph (girls’ supervisor at the Centre Technique National in Croix-des-Bouquets) and Wilner Etienne (Technical Director of the FHF). The chairwoman of the investigatory chamber has also provisionally banned the two officials from taking part in any football activity (administrative, sports or any other) at national and international level for a period of 90 days, in accordance with articles 84 and 85 of the FCE.”
The former technical director Antoine Doret alleged in the Guardian this month that Joseph helped facilitate abuse by Jean-Bart at the centre, but she has not responded to repeated requests for comment.
Fifa’s statement added: “Furthermore, preliminary investigation proceedings are currently being carried out that include the analysis of potential offences committed by other FHF/Haitian officials. The decisions taken by the chairpersons of the adjudicatory and investigatory chambers of the Ethics Committee have been duly notified to Mr Jean-Bart, Ms Joseph and Mr Etienne.”

jeudi 2 juillet 2020


Par Frédéric Thomas, docteur en Sciences politiques, chargé d'étude au CETRI-Centre tricontinental — 2 juillet 2020
Un nouveau massacre a été commis en Haïti le 19 juin. Il intervient deux ans après l’insurrection populaire du mois de juillet 2018, qui a initié un climat de corruption et d'insécurité sans susciter de réaction en Europe ou aux Etats-Unis.
Tribune. Le 19 juin, devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le tableau que dressa la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en Haïti, Helen Meagher La Lime, contrastait avec les analyses des organisations haïtiennes. L’auto-satisfecit qu’elle s’accordait allait de pair avec le soutien apporté aux manœuvres du gouvernement haïtien pour réformer la Constitution et fixer le calendrier électoral. L’absence de référence à la corruption, les paroles aussi creuses que vaines autour de «la bonne gouvernance» et de «la lutte contre l’impunité» opéraient comme un déni de la situation, à l’origine de l’insurrection populaire deux ans plus tôt.
Le 6 juillet 2018, à l’annonce d’une forte augmentation du prix des carburants, exigée par le Fonds monétaire international (FMI), les rues de la capitale, Port-au-Prince, s’embrasaient. Quelques semaines plus tard, un tweet du cinéaste haïtien Gilbert Mirambeau JR, demandant où étaient les milliards de l’accord Petrocaribe, devînt viral. Le mouvement des Petrochallengers était né. Les deux explosions – contre la vie chère et contre la corruption ; contre la vie volée en somme – convergèrent en une mobilisation d’une ampleur inédite, qui secoua le pays deux ans durant. Mais le président haïtien, Jovenel Moïse, directement mis en cause dans les affaires de corruption, ne céda pas. Son pouvoir ne tenant plus qu’à l’oligarchie nationale et au soutien, embarrassé ou engagé, de l’international, il eut recours à une guerre d’usure, et à la guerre tout court.
Terreur, complicité, déni Le 13 novembre 2018, des groupes armés, liés aux autorités publiques, perpètrent un massacre à La Saline, un quartier populaire de Port-au-Prince, tuant 59 personnes. Les rapports de l’ONU et des organisations locales de défense des droits de l’homme pointèrent du doigt la responsabilité du pouvoir. Mais, l’instruction est à l’arrêt, et la violence s’est amplifiée et banalisée. Qui plus est, le principal organisateur, l’ancien policier Jimmy Cherizier, alias «Barbecue», est au centre d’un nouveau massacre.
Entre le 23 et le 27 mai, à Pont rouge, un quartier voisin de La Saline, le G9, l’alliance formée par des gangs armés, a tué 34 personnes. Encore s’agit-il d’une approximation, en raison de la difficulté d’accès à cette zone et de la nouvelle tactique des gangs de brûler ou de faire disparaître les corps. La responsabilité de l’Etat est à nouveau mise en cause. Les gangs se seraient déplacés à bord des blindés de la police. La recrudescence de la violence vise à contrôler des territoires et des votes en vue des prochaines élections. Combien de massacres faudra-t-il pour lever le masque d’indifférence et de cynisme, pour reconnaître dans les décapitations et les corps brûlés le miroir de la diplomatie internationale ? Pour que la presse en parle, pour que l’opinion publique s’en émeuve, pour que les politiques changent ? L’international est l’un des maillons les plus forts de l’impunité en Haïti. Et on ne se débarrassera pas de cette responsabilité avec un nouveau lot de Casques bleus et d’aide humanitaire. La violence actuelle est nourrie et instrumentalisée par un gouvernement, qui, sans l’appui de la «communauté» internationale, serait déjà tombé sous la pression de la rue.
La stabilité de la gouvernance macroéconomique
Certes, les Etats-Unis portent une lourde responsabilité. Mais l’Union européenne et l’ensemble des institutions internationales s’en sont fait les complices, en s’alignant sur la position de Washington. Que les «nègres» se massacrent entre eux, soit. Pourvu que les boat-people n’envahissent pas les côtes américaines, que la stabilité – celle de la gouvernance macroéconomique s’entend – règne, et qu’un Etat (aussi fantoche soit-il) contrôle la populace.
La probabilité de prochains massacres est grande. Jovenel Moïse a fait la démonstration de son obstination à s’accrocher au pouvoir. Son impopularité, déjà abyssale, augmente au fur et à mesure de la dégradation de la situation. Et celle-ci va encore s’aggraver. A défaut de convaincre, il cherche à vaincre. Les Haïtiens auront-ils la force de reprendre les rues et de récidiver le soulèvement de 2018-2019 pour faire dérailler le pouvoir ? L’international poursuivra-t-il sa politique absurde de la «stabilité» ?
Moins d’un mois après le massacre de Pont rouge, Helen La Lime Meagher évoquait «les gains durement acquis en matière de sécurité et de développement au cours des quinze dernières années». Cette dénégation de l’augmentation de la pauvreté (plus de 59% de la population), de l’insécurité, de la corruption et de la vie chère sonnait comme une gifle aux Haïtiennes et Haïtiens. Sans un nouveau soulèvement en Haïti, rien ne changera. Mais si l’onde de choc de celui-ci n’est pas répercutée et amplifiée par la pression des acteurs aux Etats-Unis et en Europe contre leurs gouvernements, le déni et la complicité risquent de se perpétuer. Avec les conséquences qu’il serait hypocrite d’oublier. Nous resterait alors en bouche le goût amer de la fin du Procès de Kafka : «C’était comme si la honte devait lui survivre.» Et le devoir de changer cette honte en révolte.
Frédéric Thomas docteur en Sciences politiques, chargé d'étude au CETRI-Centre tricontinental

mercredi 1 juillet 2020

HAITI...LES POURQUOI DU COMMENT

Pratiques coloniales et banditisme légal en Haïti
28 JUIN 2020 PAR LAËNNEC HURBON
 BLOG : LE BLOG DE LAËNNEC HURBON
 Les pratiques coloniales sont un véritable « habitus » de « la communauté internationale » en Haïti depuis au moins l’année de l’occupation américaine en 1915. Evanescence de l’Etat ? Ou sa transformation en Etat de bandits, au point qu’aucun Haïtien ne se reconnait vivre en sécurité ni chez lui, ni dans les rues, ni sur les routes. Rien de tout cela ne concerne le Président haïtien ? Les pratiques coloniales sont un véritable « habitus » ( au sens de la sociologie de Bourdieu) de « la communauté internationale » en Haïti depuis au moins l’année de l’occupation américaine en 1915.
Comme si donc la souveraineté acquise sur la base des sacrifices héroïques de la guerre de l’indépendance ( 1791-1804) s’est effritée peu à peu au point d’être réduite aujourd’hui à une peau de chagrin. La précarité de cette souveraineté a été expérimentée fort tôt avec la reprise du modèle colonial alors même que la révolution haïtienne se fondait sur une perspective antiraciste et anticoloniale. D’un autre coté depuis 1825 le pays travaillait pendant plus d’un siècle pour payer la scandaleuse indemnité aux anciens propriétaires d’esclaves. Si on ne remonte pas à cet arrière-fond d’histoire, il me parait impossible sinon difficile de comprendre l’actualité politique d’Haïti et les inégalités sociales criantes qui suscitent l’étonnement de tout observateur étranger. Apres la longue dictature de trente ans des Duvalier, on a cru en la possibilité d’une « universalisation de la démocratie ! » grâce au slogan lancé sous l’inspiration de la théologie de la libération : « tout moun se moun-tout être humain est un être humain », ce fut tout simplement un pur mirage.
 De 1986 à nos jours, on aura du mal à compter les diverses tentatives d’intrusion dans la politique interne du pays ou plus clairement de contrôle de cette politique à travers l’armée ou par le biais d’un secteur privé qui vit d’habitude aux crochets de l’Etat. L’armée est détruite en 1994 (avec le retour d’exil du président Aristide) mais elle est remplacée par la Minustah (Mission internationale des Nations unies pour la stabilisation en Haïti). C’est justement depuis cette mission qu’on assiste à une pratique de type ouvertement colonial qui consiste à intervenir dans les élections présidentielles sans avoir à se justifier. Nous nous proposons ici d’un coté de rappeler comment cette intrusion dans les élections s’est réalisée en 2010 avec succès, de l‘autre de nous demander pourquoi la communauté internationale a porté son choix sur quelqu’un qui se présente lui-même sous le label d’un « bandit légal. » L’intrusion dans les élections présidentielles Nous sommes en décembre 2010, le pays est encore groggy, à peine sorti de la catastrophe du 12 janvier 2010 : le palais national, tous les ministères sont tombés sous la puissance du séisme de l’échelle 7,2 ; plus de 200.000 morts et plusieurs camps établis dans la capitale…. Mais la Minustah a hâte de réaliser des élections au plus vite.

A la barre, Edmond Mulet représentant du secrétaire général de l’ONU auprès de la Minustah (Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti) présente en Haïti depuis 2004 à la chute du président Aristide. A côté de lui, Bill Clinton est coordonnateur de la CIRH (commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti ), assisté du premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive pour la reconstruction d’Haïti après le tremblement de terre du 12 janvier 2010). Il se trouve que le 12 juillet 2010 le président Préval (considéré comme un allié pour le gouvernement américain) commet « la trahison » de produire un arrêté sur la reconstruction de la capitale sans même mentionner la CIRH ( Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti). Il était déjà fort suspect d’avoir pris ses distances avec le pouvoir américain et d’avoir eu des accords de coopération avec Le Venezuela de Chavez et avec Cuba. C’était l’occasion pour le gouvernement américain de reprendre en main ce qui représentait un désordre et une dérive, c’est-à-dire la sortie sans permission hors du contrôle américain des affaires d’Haïti.

 Le scrutin de 2010 donne en tête quatre candidats : Mirlande Manigat, Jude Célestin (dauphin du président Préval),Michel Martelly et Jean-Henry Céant. Un hold up électoral va alors se produire et mettre en relief la nette volonté américaine d’intervenir comme un grand électeur dans le système électoral haïtien. Trois ouvrages extrêmement documentés (Ricardo Seitenfus, L’échec de l’aide internationale à Haïti. Dilemmes et égarements, ed.de l’Université d’Etat d’Haïti, 2015 ; Ginette Cherubin Le ventre pourri de la bête, Ed. de l’Université d’Etat d’Haïti, 2014 ; Sauveur Pierre Etienne, : Haïti La drôle de guerre électorale 1987-2017, l’Harmattan, Paris 2019) présentent les témoignages irrécusables de l’intervention américaine pour le choix du bon candidat qui peut accéder à la fonction présidentielle. Dans l’impossibilité de revenir sur les péripéties de cette intervention spectaculaire dans les affaires internes du pays, nous soulignons seulement deux phases importantes significatives de cette intervention : d’abord la pression sur le CEP (Conseil électoral provisoire) qui représente les plus hautes autorités de l’Etat en matière électorale. Ensuite pression sur le Président Préval lui-même.

 Dans le premier cas, qu’il nous suffise de citer le témoignage de Ginette Cherubin, Conseillère électorale, qui a pris soin de raconter dans le menu les affres des membres du conseil électoral face à la déclaration –pour eux- inimaginable- tellement elle était musclée et sans fard : 3 décembre 2010, Edmond Mulet, représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies s’adresse ainsi au directeur général du CEP, Mr Pierre-Louis Opont : « Je ne vais pas parler en mon nom personnel. Mais au nom de la communauté internationale….. Comme vous le savez, nous sommes très préoccupés par les résultats des élections… Nous voulons dire que nous n’accepterons pas que Jude Célestin soit présent au deuxième tour du scrutin, voire qu’il soit gagnant au premier tour. » Pierre-Louis Opont, directeur général du CEP est stupéfait : -- « Mais nous n’avons même pas fini de recevoir les procès-verbaux des différentes régions ! » (Ginette Cherubin, p.259-260) Deuxième forme de pression, assortie du débarquement impromptu en Haïti de Hilary Clinton, secrétaire d’Etat aux affaires étrangères des Etats-Unis le 30 janvier 2011, en vue de donner son aval au Core group, à l’OEA et à la communauté internationale pour retirer Jude Célestin du 2e tour et le remplacer par Martelly qui était pourtant en 3e position d’après le CEP. Apres avoir reçu de Mr Edmond Mulet la menace d’une destitution immédiate, donc d’un coup d’Etat, le président Préval apprendra que le gouvernement américain se déclare prêt à supprimer les visa américains des personnalités politiques de son parti et de son gouvernement, au cas il n’accepte pas les décisions de la communauté internationale.

 Le choix d’un « bandit légal » pour Haïti
 Qu’est ce qui explique donc pour la fonction présidentielle en Haïti ce choix par les Etats-Unis de Michel Martelly, un chanteur qui aime se nommer lui-même : « bandit légal » ? « Bandit légal » sonne comme un oxymore, il se dit de quelqu’un qui ne reconnait aucune retenue, aucune limite dans son action, et donc qui fonctionne en l’absence de toute règle, de toute loi et qui finit par s’identifier à la loi elle-même. Est-il un bouffon ? Un histrion ? Dans tous les cas il se donne le droit de tout passer en dérision. Ce qui est somme toute possible l’espace d’une soirée de spectacle ou de quelques heures de carnaval. Mais dès qu’on passe du carnaval au politique, on découvre que la politique elle-même se fait carnaval. D’abord, Michel Martelly, qui se reconnait dans la mouvance du duvaliérisme (doctrine de la dictature rétrograde de trente ans des Duvalier)- crée un parti qu’il appelle « Têt kalé » ou « crâne rasé », comme il se plait à se présenter lui-même). Comme s’il exprimait la volonté de passer en dérision le recours à des partis politiques. Son mentor, la diplomatie américaine, ne semblait guère s’en offusquer.
On se souvient qu’elle avait choisi naguère comme président d’Haïti le fils du dictateur, alors âgé de 19 ans. On imagine aisément que ce sera toujours contraint que le gouvernement américain peut accepter de vraies élections en Haïti. La pratique coloniale est plutôt généralement à l’œuvre dans l’absence de tout scrupule. Si l’on interroge à fond les années du mandat de Martelly, on découvre qu’elles se signalent, essentiellement par la fameuse dilapidation du fond petrocaraibe obtenu du Venezuela de Chavez. On dirait qu’elle hante et occupe la mémoire du peuple haïtien, mais en même temps il y aurait l’oubli de l’apport de ces cinq années de mandat : ce sont les carnavals comme la vraie réalisation de son gouvernement. Deux carnavals par an dans la capitale et dans les provinces. Entre temps, l’Etat est devenu un haut lieu de business (le mot d’ordre du gouvernement : Haïti : open for business : d’où le dépeçage du territoire national en zones offertes à des centres de financiers internationaux). Jovenel Moise, le dauphin de Martelly, hérite de ce type d’Etat, s’y installe et en fait un bien privé (à partager avec Martelly et son parti) qu’il protège grâce à la multiplication de gangs armés, et au soutien bruyant de la diplomatie américaine et du BINUH (le bureau intégré des nations Unies en Haïti). Loin de nous d’attribuer une mauvaise foi à la communauté internationale et de nous engager dans l’argument paresseux qui consiste à la diaboliser l comme si les Haïtiens, eux, constituaient une entité compacte, indivise ayant tous toujours les mêmes bons comportements en politique. On observe seulement que la communauté internationale favorise l’entrée d’un clan de prédateurs haïtiens dans les arcanes de l’Etat ( voir l’ouvrage de l’économiste Fritz Alphonse Jean, ancien gouverneur de la banque centrale : Haiti, L’économie de la violence, 2019), comme si l’habitus colonial est si fort, si irrésistible qu’elle ne peut ressentir le besoin d’interroger sa position. Mais pour les Haïtiens, cet habitus n’est intériorisé que par les prédateurs eux-mêmes. Pourquoi est-ce ce clan qui fournit les alliés principaux de la communauté internationale ? Justement nous assistons encore aux mêmes schèmes d’action dans la rhétorique du BINUH (Bureau intégré des nations Unies en Haïti) mis en place après le départ de la Minustah.

 Dans son rapport ( le 19 juin 2020) auprès de l’ONU, la Représentante du secrétaire du BINUH ( Bureau intégré des Nations Unies en Haïti) décrivant la situation politique en Haïti, souligne fort bien les problèmes graves que connait le pays : insécurité, impunité, pauvreté, dysfonctionnements de l’Etat, inégalités grandissantes… Mais sans une seule fois pointer la responsabilité du Président qui dirige seul le pays, elle ne voit pas que l’aide internationale reçue à cause de la pandémie est utilisée par l’exécutif hors de tout contrôle de la Cour supérieure des comptes, elle ne voit pas non plus que la multiplication des gangs armés est à la base de l’impunité et qu’elle provoque des kidnappings, des assassinats en série de personnalités connues comme de simple citoyens pauvres dans les bidonvilles. Est-ce que ce sont là des « gains acquis en matière de développement et de sécurité au cours des quinze dernières années ? » Or un rapport récent de ce 23 juin de l’association des droits humains (RNDDH) documente 34 tués dans les quartiers populaires dont des femmes et des enfants entre le 23 et le 27 mai 2020.
De surcroit on assiste à l’appauvrissement des plus pauvres : la monnaie locale –la gourde-est dépréciée chaque jour davantage passant de 40 gourdes pour 1$ en 2010 à 115 gourdes pour 1 dollar$ aujourd’hui en 2020, et à l’accession au pouvoir de Jovenel Moise (2016), elle était à 65 gourdes pour 1$. On a l’impression que le pays ne fait que subir des malheurs : malheurs de la pandémie ( 1 médecin par 10.000 habitants et plus de 30% des habitants qui ne fréquentent pas de centres de santé, puis un désintérêt de l’Etat pour la prévention alors que depuis mars le virus est attendu), dilapidation avérée des biens publics depuis la présidence de Martelly ( 2011-2015), l’existence des gangs du nord au sud du pays, des armes et des munitions qui semblent tomber du ciel comme la pluie et le beau temps, appel à des mercenaires (arrêtés par hasard dans une voiture bourrée d’armes de guerre, et détenus le 17 février 2019, ils sont libérés par le palais national et remis à l’ambassade américaine sans aucune forme de procès, voir l’article Miami Herald,29 février 2019). Le dernier rapport ( 23 juin 2020) de l’association des droits humains, la Fondation Jékléré, est titré : « Terreur dans les quartiers populaires » à la suite de la coalition de 9 gangs armés sous l’œil protecteur de la police ( mais on a dénombré pas moins de 150) pour dominer un axe important de plusieurs grands bidonvilles avec des ramifications dans le centre et dans le nord du pays : le président Jovenel Moise veut ainsi réduire les capacités de l’opposition de mobiliser ces zones, et assurer la continuité du pouvoir de son parti le PHTK ( parti haïtien Tèt kalé).

 Evanescence de l’Etat ? Ou sa transformation en Etat de bandits, au point qu’aucun Haïtien ne se reconnait vivre en sécurité ni chez lui, ni dans les rues, ni sur les routes. Rien de tout cela ne concerne le Président haïtien ? En tout cas encore moins
Mme Helen La Lime, la Représentante du Secrétaire général de l’ONU. Une seule solution est prédite comme panacée par le BINUH : refaire la Constitution, aller aux élections et tout ira bien. La Constitution seule cause de tous les maux d’Haïti ? ( voir la déclaration du BINUH : la réforme constitutionnelle, une opportunité pour relancer le pays, dans le quotidien Le Nouvelliste, 15 et 16juin 2020). A aucun moment le BINUH ne se doute que l’ONU ne peut que difficilement se donner un blanc-seing en Haïti après 11 ans de MINUSTAH qui n’a pas su ramener la stabilité ni la sécurité, et qui a passé du temps à nier sa responsabilité dans le cholera introduit dans le pays avec ses 10 .000 morts. Le rapport du BINUH est une défense systématique d’un Président haïtien décrié dans tous les secteurs où il intervient ( sécurité, justice, Covid 19, sens du dialogue, développement, reformes, police etc…). On peut finalement se demander si ce rapport ne fait pas qu’approfondir et aggraver la crise politique créée par la volonté de sauver à tout prix ce Président sur la seule base, qu’il est un allié du Président américain, Donald Trump. Laënnec Hurbon, sociologue, directeur de recherche au CNRS et professeur à L’université d’Etat d’Haïti. Dernier ouvrage : Esclavage, religion et politique en Haïti, Editions de l’Université d’Etat d’Haiti,2018 ( en réédition aux Presses universitaires de Lyon)

lundi 27 avril 2020

Haïti autosuffisant en maïs

#DIZONPAM
Je publie très souvent des articles que l’on pourrait qualifier de décevants ou tristes. Ceci jamais dans le souci de ne partager que de mauvaises nouvelles. Je ne fais en fait que répercuter ce qui intéresse les médias.
Aujourd’hui, en feuilletant la page culturelle du Nouvelliste, j’ai vu ce titre sur une photo de la version sur papier. Je suis donc retourné sur la version disponible en ligne pour tomber sur cette excellente nouvelle.
Haïti autosuffisant en maïs.
Je passe sur le fait qu’un journaliste courageux eut à pécher cette information à partir de publications américaines. J’ai envie de dire heureusement certes ! Mais pourquoi n’y a-t-il pas une étude haïtienne et une valorisation de ce fait : une autosuffisance dans une denrée alimentaire ; alors que les ONGs mettent tout le temps des articles pour annoncer une insécurité alimentaire ?
L’article détaille les modalités de consommation du maïs. Moi j’en mange régulièrement. J’en achète dans les supermarchés asiatiques. Le produit s’appelle bien « Maïs Haïti ». Mais « fabriqué » en Angleterre. Aux USA, j’ai eu à croiser la fameuse variété « mayi senmak ». Mais là encore Haïti n’a rien à voir dans son exploitation.
J’avais beaucoup critiqué une émission radiodiffusée qui parlait d’une entrepreneure à succès dont le travail, dont l’exploit a consisté à faire rentrer du « corn flakes » en gros puis à les détailler, pour rendre ce type de céréales accessibles à tout le monde. J’ai eu l’impression de marcher sur la tête. Et ma réflexion s’est conceptualisée dans le sens d’une interrogation sur pourquoi importer et « populariser » le corn flakes, dans un pays ou existe le maïs.
J’ai croisé aussi des Haïtiens qui vous disent qu’ils ne mangent pas de maïs moulu (en forme de semoule !)
Il y a beaucoup à faire sur cette filière. Il faudrait une politique de « valorisation » du produit et une prise en main pas le secteur de la transformation.
Comment en pas penser à cette bouteille d’AK100, vendu dans le petit bar desservant le Centre d’Etudes Secondaires ? Pour l’anecdote de l’ AK100 une fois en compagnie de mon grand ami Monsieur Herbert Joseph à New York , j’y reviendrai une autre fois ! Moi en attendant je ne rate pas pour me faire une belle assiette de may moulen ak fèy zepiina, maymoulen, ak djondjon, maymoulen ak kalalou ; maymoulen ak afliba … Je réfléchis au « tyaka »
Publié le 2020-04-24
Un rapport publié récemment par le Département d’Agriculture des États-Unis (USDA, en anglais) est entièrement consacré aux grains cultivés et consommés en Haïti et permet d’avoir une vue globale, via des statistiques et des prévisions actualisées sur la production, la commercialisation et la capacité de stockage de chacun de ces produits alimentaires. Aussi, ce rapport rendu public en date du 15 avril 2020 nous fait-il savoir que le maïs, contrairement à son cousin le riz, demeure à ce jour le grain le plus cultivé en Haïti, et par conséquent l'un des produits agricoles en lequels le pays est encore autosuffisant.
À ce titre, la production de maïs en Haïti, au cours de la campagne 2020/21, devrait atteindre 320 000 tonnes métriques (TM) contre des importations de l’ordre de 20 000 TM. Il s’agit-là d’une véritable prouesse compte tenu de l’incurie de l’État, des contraintes d’ordre structurel ainsi que de la carence de financements et d’investissements alloués à ce secteur de production durant ces dernières décennies.
Le maïs est cultivé non seulement dans tous les départements pendant trois saisons (au printemps, la principale saison de croissance, en automne et en l'hiver), mais également les reliefs, y compris les plaines humides et irriguées, les montagnes humides et les plateaux jusqu'à 2 500 pieds d'altitude.
Grâce à un retour à la production des zones touchées par la sécheresse au cours de la campagne 2018/19, la superficie récoltée pour l’actuelle campagne devrait augmenter de 1% pour atteindre 390 000 hectares (ha) contre 385 000 ha en 2018/19. Pour la campagne 2020/21, l’USDA prévoit une superficie récoltée stable de 390 000 ha.
« La production de maïs dépend fortement des précipitations, car les terres irriguées d'Haïti sont estimées à 80 000 hectares. De plus, d'autres cultures, dont le riz, le plantain et les légumes, concurrencent largement le maïs pour le système d'irrigation existant », rappelle le rapport qui établit à 320 000 TM, tout compte fait, la production de maïs pour l'actuelle campagne 2019/20.
Cette production représente une augmentation de 2% et est due au retour à des conditions climatiques normales, notamment la fin en août 2019 du phénomène «El Niño» ayant affecté les précipitations et provoqué la sécheresse dans plusieurs départements d'Haïti. L’USDA dit s'attendre à la poursuite des conditions climatiques normales durant la campagne 2020/21 et, par conséquent, à une production de maïs stable pour ladite campagne.
S’agissant du rendement pour la campagne 2019/20, il devrait rester stable autour de 0,82 TM par hectare. « Le rendement du maïs en Haïti est difficile à augmenter en raison de plusieurs paramètres, notamment la gestion de l'eau, le manque de variétés adaptées à la situation des agriculteurs et le manque d'outils et d'équipements adéquats [...] La dépendance de la production de maïs d'Haïti vis-à-vis des précipitations crée une incertitude quant à la disponibilité de l'eau pour le développement du maïs […] De plus, la fertilisation est fortement négligée dans la production de maïs en Haïti. Il est appliqué dans quelques zones irriguées, mais dans les autres zones, la fertilisation est presque inexistante […] En Haïti, le rendement dépend du potentiel du sol, des résidus des cultures précédentes (pour l'engrais) et des précipitations », révèle longuement le rapport.
Malgré une production quasi autosuffisante, les stocks de maïs en Haïti restent limités et le gouvernement, indique le rapport, ne fixe aucun niveau de stock. Cependant, quelques agriculteurs haïtiens parviennent à stocker une petite quantité de maïs pour servir de semences pour la prochaine campagne. « Les agriculteurs disposant d'installations de stockage peuvent stocker plus de 20% de la récolte sous forme de semences pour la prochaine campagne agricole. »
Pour la campagne 2019/20, les importations de maïs devraient atteindre 20 000 tonnes, contre 35 000 tonnes lors de la campagne 2018/19. Fait rare pour être souligné quand il s’agit d’agriculture en Haïti, cette baisse de 43% des importations est due, selon l’USDA, à l'augmentation de la production locale. Avec des conditions climatiques favorables à la production locale 2020/21, il est donc prévu une stabilisation des importations à 20 000 TM. « Haïti importe du maïs principalement des États-Unis et d'Argentine, mais il est signalé que de petites quantités de farine de maïs et de semoule traversent également la frontière dominicaine, de manière officieuse. »
Si l’USDA se garde de fournir des statistiques précises sur le niveau de consommation du maïs en Haïti, l’instance nous renseigne en revanche que cet aliment de base du régime haïtien est généralement consommé sous quatre formes : semoule de maïs (le moyen le plus populaire), maïs sucré (mayi boukannen), farine de maïs et akasan (une boisson haïtienne populaire). Si la semoule de maïs - en particulier de taille fine et moyenne - est consommée quotidiennement comme substitut du riz ou du blé de boulgour, le maïs sucré boukannen est vendu à presque tous les coins de rue.
Le maïs est également utilisé pour l'alimentation animale. « Tout d'abord, la tige du maïs est utilisée comme fourrage vert pour nourrir les animaux après la récolte. Deuxièmement, les grains de maïs sont utilisés pour nourrir la volaille. Cette catégorie comprend deux sous-catégories : les producteurs d'aliments pour animaux et les agriculteurs de basse-cour. Les producteurs d'aliments moulent le fruit entier (les grains et l'épi de maïs) pour produire des aliments pour animaux. Les fermiers nourrissent leurs volailles avec les grains. »
Source : https://lenouvelliste.com/article/215300/haiti-autosuffisant-en-mais Auteur : Patrick Saint-Prè

mercredi 15 avril 2020

Je ne suis pas de votre classe moyenne…

Réflexion d’une journaliste haïtienne.
Nous sommes arrivés au point où nous arborons avec ostentation des termes philosophiques et sociologiques pour tourner en dérision quelques formes d’institutions religieuses dites populaires ou incultes et les personnes croyantes qui, en grande partie, estimons-nous, sont les causes du laisser-aller du peuple haïtien. Soit. Mais comment reprocher à ces gens qui vivent, pour la plupart, au bas de l’échelle sociale de s’inventer un Dieu et toute sa lignée pour s’assurer un mieux-être psychologique, si tel est le cas, dans les conditions pareilles que nous vivons ? À notre tour, comment pouvons-nous croire en quelque chose qui n’existe pas, comme une certaine classe moyenne en Haïti ? Quand est-ce que nous aurons à nous retourner la balle ? Evidemment, il y a des limites à cette tentative que nous propose le schéma de ces lignes dans un contexte pareil.

Mais puisqu’il est aussi de plus en plus difficile sociologiquement de parler de la notion de classe moyenne dans les sociétés humaines d’aujourd’hui, comment faisons-nous pour dresser une telle utopie en Haïti ? « On m’a demandé d’aller l’école, j’y étais. On m’a demandé de faire des études supérieures, je les ai faites. Ou plutôt je les fais. » La formulation de ces phrases est peut-être de moi mais l’idée directrice concerne quasiment, pour ne pas dire totalement, toute une certaine classe moyenne en Haïti. À l’école nous avons appris que la classe moyenne est un concept des Trente Glorieuses en France qui représentait une sorte de transition ou une étape entre la classe aisée ou supérieure et la classe pauvre appelée la classe ouvrière ou la masse. L’émergence entre ces classes a donné naissance à une partie de la population qui n’est ni pauvre ni riche. Quand on tient compte, par exemple, de la réalité contemporaine de la ville et les espaces du vivre ensemble qui interrogent graduellement l’apparition des phénomènes sociaux permettant de saisir les raisons qui poussent les individus à se scinder dans les lieux individuels ou d’appartenance au même groupe social que les siens, cette notion de classe moyenne devient floue. Voilà pourquoi le concept de groupe est important dans cette même idée de classe moyenne.

Le concept de groupe fait appel à la solidarité et à ce qu’on pourrait nommer la théorie de l’identité sociale qui intervient au niveau de trois processus fondamentaux, d’après Henri Tajfel, un théoricien de l’identité sociale : la catégorisation sociale ; l’auto-évaluation à travers l’identité sociale ; la comparaison sociale inter-groupe. Devenue dominante dans l’approche des relations intergroupes, la théorie de l’identité sociale est utilisée comme cadre de référence pour comprendre et expliquer les phénomènes collectifs tels que les soulèvements, les émeutes ou la solidarité sociale. Nous autres en Haïti avec nos classes moyennes (si elles existent), nous élevons des remparts physiques et sociaux contre toutes formes de proximité et d’accointance, car ce que nous avons gagné ne tient qu’à un fil et peut s’écrouler du jour au lendemain. Elles (les classes moyennes) sont dans une dynamique de mobilité individuelle et n’entrevoient pas un pôle d’interaction intergroupe car les individus sont déterminés par leurs relations interpersonnelles et leurs caractéristiques personnelles[1].

Pour une universitaire et professionnelle salariée dont le père, assez connu dans sa ville, a eu une longue carrière dans l’enseignement et la mère qui avait bossé dans des ONGs, ayant partagé sa vie parfois entre le commerce et des activités d’archiviste, me paraît-il, il fallait clamer haut et fort : je suis dans de la classe moyenne. Comme l’a chanté Orelsan : « J’viens d’la classe moyenne, moyennement classe où tout le monde cherche une place (…)[2] En tout cas, je connais bien des gens qui disent et qui savent à quel point je me sens vexée quand ils me parlent en des termes : « une fille de province de la classe moyenne. » Peut-être que mes parents ne seront pas si déçus de m’entendre dire ça pour la simple et bonne raison je ne suis pas capable de suivre le troupeau sans m’interroger et interroger cette société. Parce qu’au moins je peux questionner ce qu’on m’a appris à l’école. Ce mode de fonctionnement discursif ne devrait-il être pas l’une des fonctions élémentaires de l’école ou de la formation supérieure ?

Ou peut-être que mes parents, je pense surtout à mon père, seront mécontents parce qu’ils se sont usés pour donner à leurs trois enfants une bonne éducation. Dans tous les cas, je ne m’excuse pas de ne pas avoir un sentiment d’appartenance à aucune classe sociale en Haïti. Ce n’est pas un déni. Je ne peux vraiment pas m’identifier à « une petite élite dont je n’ai cure, ni pour cette entité platonique adulée qu’on surnomme la Masse. Je ne crois pas à ces deux abstractions, chères au démagogue… »[3], comme l’a écrit Jorge Borges pour parler lui, de l’écriture.

Confinée à Marseille depuis plus d’un mois maintenant, mes inquiétudes me ramènent toujours à Haïti et me poussent à me replonger dans le fameux « pays lock » qu’à connu en septembre 2019, le pays. Situation qui a paralysé toutes les sphères et couches sociales du pays pendant trois (3) mois.
Il ne s’agissait pas d’un virus qui allait impacter à ce point le fonctionnement social, on le sait. Mais aujourd’hui, avec les deux cas recensés en Haïti, on s’interroge en se demandant doit-on s’attendre au pire puisque la plus fondamentale des mesures de prévention qu’il nous fallait était d’empêcher qu’on en arrive à ce point. Remarquons qu’ en France, les autorités peuvent soustraire l’ensemble de la population à leurs tâches sociales pour un bon temps ( Disons jusqu’en mai).
Sans rester dans les détails, chez nous en Haïti où la situation est très complexe, les stratégies standard de prévention des autres pays seront-elles valables ? La question me semble plus pertinente que toute tentative de réponse dans ce texte ou ma préoccupation essentielle aborde la problématique des classes moyennes.
Plusieurs définitions par catégories socioprofessionnelles ou intervalles de revenus existent par ce concept de classe moyenne. L’une des façons fondamentales pour approcher la réalité de cette classe, c’est le salaire. Ce n’est pas l’unique puisqu’il existe d’autres variables qu’il faudrait penser à prendre en compte. Mais nous, qui cherchons à user cette notion, sommes de préférence ce qu’on appelle une certaine « élite intellectuelle ».
Et voilà l’une des raisons primordiales qui me poussent à me soustraire de toute illusion de la classe moyenne. Evidemment vous me diriez peut-être que ce n’est pas un corps homogène et qu’il existe des classes moyennes. Soit. Cependant, en fonction de quoi estimez-vous que vous en fassiez partie ? Je me demande pourquoi on se précipite sur les concepts en faisant fi des bornes qui les définissent. Je laisse le soin à ceux et celles qui travaillent sur la langue et les rapports des humains en société cette tâche tout en sachant le risque que la classe moyenne encourt tous les jours pour ne pas se voir basculer dans la pauvreté alors qu’ils se fabriquent une vie incroyable…peut-être sur les réseaux sociaux.
Ce que je souhaitais exprimer ne tient qu’à un fil : mon ras-le-bol.
Ras le bol de devoir côtoyer en Haïti des classes moyennes toujours sur le qui-vive.
Ras le bol de devoir côtoyer une classe moyenne qui simule. Ras le bol de la situation actuelle causant la désolation de tout un peuple.
En Haïti nous avons une certaine classe moyenne qui se satisfait de trop peu et paradoxalement qui fait tout pour ressembler à des bourgeois ou des petits bourgeois, dans tout le sens du terme. L’expression petite bourgeoise me fascine pour mille raisons que je m’étalerai pas ici. Mais là, ma préoccupation me pousse à poser la question pendante : quand est-ce qu’on est petit.e bourgeois.e ? A l’école on nous a appris que les individus de la classe moyenne qui font des études supérieures peuvent devenir l’élite intellectuelle. Et cette dernière en remettant en question des pratiques de sa société et en devenant un.e employé.e capable de faire des économies sur son gain après avoir comblé les besoins fondamentaux est appelé.e petit.e bourgeois.e. Sans tomber dans les courants et paradigmes, c’est l’une des explications simples que l’on peut tenter d’apporter.

Tout de même, quand on s’y réfère à l’histoire de l’Humanité présentée dans un texte d’Alan Woods[4], Marx et Engels expliquaient dans le Manifeste du Parti communiste le développement social comme facteur central à travers la lutte des classes. Avec l’arrivée du capitalisme, la société a été polarisée en deux grandes classes antagonistes : la bourgeoisie et la classe ouvrière (le salariat).

 L’expansion du capitalisme, comme le prédisait Marx, a mené à «la concentration du capital. »[5]
Pendant des décennies, les économistes et les sociologues bourgeois, qui affirmaient que la société devenait toujours plus égalitaire, que tout un chacun devenait membre de la classe moyenne ont rejeté l’idée d’un capitalisme qui se scinde, d’une part à une immense accumulation de richesses au sommet de la société et d’autre part à une accumulation de pauvreté, de misère et d’exploitation à sa base.[6]
Toutes ces illusions sont désormais balayées, écrit Alan Woods. « L’argument, tellement apprécié des sociologues bourgeois, selon lequel la classe ouvrière a cessé d’exister, a été complètement démoli. Dans la dernière période, d’importantes couches des travailleurs qui se considéraient comme appartenant à la classe moyenne ont été prolétarisées. Des enseignant.e.s, des fonctionnaires, des employé.e.s de banque, etc., ont été précipités dans les rangs de la classe ouvrière et du mouvement ouvrier, où ils constituent quelques-unes de ses sections les plus militantes. »[7]

Lorsque je pense au fameux roman d’Oscar Wilde « Le portrait de Dorian Gray », je me dis effectivement qu’il faut que je continue surtout à faire la plupart des choses qu’on me reproche. Comme lire des romans. La classe moyenne comme disait Lord Henry dans ce roman, n’a rien de moderne. Il faut voir dans cette modernité non seulement la notion du temps dans la lutte des classes – la classe moyenne n’est pas une réthorique récente -,mais aussi, pour approfondir, les sens technique et pratique de la modernité. C’est à dire dans le sens de non classe. Idéal désormais sans idéal, la classe moyenne avance, techniquement et pratiquement, vers sa propre destruction.
Voyez par vous-même, il y a très peu de cadre de référence de la sociologie et même du droit dans ce texte.
Mais puisqu’on parle de droit, qu’en est-il pour le peuple haïtien qui fonctionne avec des lois qui tombent en désuétude ?
Comment aborder les violences faites sur les droits fondamentaux des personnes les plus vulnérables tenant compte de la violence systémique et de la violence institutionnelle flagrante dans la société ? Quels sont par exemple, les lois en vigueur ou proposition de lois sur le coût des normes et de mixité dans les programmes immobiliers neufs ?
Sans mettre la charrue avent les bœufs dans le contexte haïtien,, rappelons que dès le début de ce texte, nous avons fait mention des remparts physiques et sociaux que les classes moyennes dressent contre toutes formes de proximité et d’accointance, car ce qu’elles ont gagné ne tient qu’à un fil et peut s’écrouler du jour au lendemain.

Ce que nous feignons d’ignorer, c’est le pouvoir latent d’une certaine forme de discrimination qui ronge notre société. Cette classe moyenne s’étouffe sous le poids des discours et des idées biscornues qui ne servent qu’à rapetisser l’impasse dans laquelle elle se trouve. Et un jour si nous ne renversons pas l’ordre des choses, nous n’aurons plus de constitution ni de lois valables pour protéger même la liberté de penser, oui la liberté de penser, et de s’exprimer dans ce pays.

Je ne suis pas de votre classe moyenne. Et ceci pour deux raisons fondamentales : je ne suis pas dans la prétention ni dans une fausse modestie. Tout comme je ne suis pas dans les limites non plus. Parler de limites en ces termes est nettement différent du sens de la mesure. Il faut considérer ici la réalité qui n’arrête pas de violer des rêves. Partout, les inégalités se côtoient, « des richesses obscènes côtoient la misère, la souffrance humaine est omniprésente. » Comme le souligne le texte d’Alan Woods, « L’aspect le plus frappant de la situation actuelle est le chaos et l’agitation qui ont saisi la planète entière. Il y a instabilité à tous les niveaux : économique, social, politique, diplomatique et militaire. Le monde semble être devenu fou. »[8]

J’affirme que je n’appartiens à aucune classe en Haïti, c’est pour moi une façon de lutter contre le laxisme d’État et c’est une façon aussi de lutter contre les illusions d’une certaine classe moyenne existante. J’accuse la classe moyenne d’Haïti, hommes et femmes qui se laissent embobiner par une élite économique sans sentiment d’appartenance renforcé, consolidé, affermi et « développé »pour ce pays. Enfin, j’accuse les soit- disant classes moyennes de créer des conditions miroitières de réussite dans un pays en proie aux crises politiques et sociales.
Eunice T Eliazar
eunice18271@gmail.com
[1] Schéma récapitulatif des grandes théories de l’identité sociale, Henri Tajfel
[2] Musique : Orelsan et Stromae, La pluie
[3] J.L.Borges, Le Livre de sable (1978)
[4] Publié pour la première fois en anglais en juin 2013, ce texte a été publié par la suite sous forme de livre en vente : Les idées de Karl Marx.
[5] https://www.marxiste.org/theorie/philosophie/928-les-idees-de-karl-marx
[6] ibid
[7] ibid
[8] ibid