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dimanche 18 mai 2008

Aujourd’hui en Haïti on célèbre la fête du drapeau et de l’université. La création du drapeau préfigure le symbolisme pur de la volonté identitaire qui présageait toute la détermination de créer un état basé sur l’abolition de l’esclavage et le rétablissement de l’égalité entre tous les hommes.
Quand j’étais jeune, la fête du drapeau se célébrait en grandes pompes. Des délégations d’écoliers et de lycéens défilaient devant les tribunes et le palais national. On entonnait l’hymne jeune et patriotique:



1.Nous te voulons chère patrie,
Puissante et forte, à tous les yeux,
Nous te voulons terre bénie,
Digne à jamais de nos aïeux
Libre et prospère ils t'ont léguée
A leurs enfants, nous qui t'aimons
Avec ardeur dans la mêlée,
Pour ton salut nous lutterons

Refrain (Chorus)
C'est nous jeunesse étudiante,
C'est nous les grands, nous les petits,
Demain la gloire d'Haïti
les coeurs joyeux, l'âme fervente,
Toujours en avant nous irons,
La tête altière et haut les fronts.


Le drapeau a suivi le parcours tumultueux de notre histoire, enveloppé par le flux des intérêts personnels. Comme Haïti le drapeau fait de la résistance. Avili, non respecté, non honoré il reste le premier symbole fort de notre haïtiannité. Ce point d’attache avec ce pays qui devra renaître lui aussi de ces cendres. Des haïtiens passeront d’autres resteront à jamais sur la liste de ceux qui ont marqué le monde et Haïti sera toujours Haïti.
Nous avons trouvé sur le net des lignes retraçant l’histoire de notre drapeau. Nous nous permettons de le retranscrire tout en invitant nos lecteurs à visiter le site Haïti Culture sur http://www.haiticulture.ch

Historique
Le drapeau d'Haïti est rouge et bleu organisé en deux bandes horizontales. Créé en 1803, il a été adopté dès 1820 et officialisé en 1843.
Il avait été remplacé par un drapeau rouge et noir sous la dictature des Duvalier de 1964 à 1986. Dix jour après le renversement de Jean-Claude Duvalier (février 1986), il a été réhabilité officiellement et confirmé par la constitution de 1987.
Les armoiries de la République sont : Le palmiste surmonté du bonnet de la liberté et, ombrageant de ses palmes, un trophée d'armes avec comme légende: « L'Union fait la Force ».
Au cours d'un combat qui eut lieu en Plaine du Cul-de-Sac, entre une troupe française et la treizième demi-brigade coloniale, celle-ci perdit son drapeau qui était le tricolore bleu, blanc et rouge de la France. Les Français après s'en être emparés firent ressortir dans un texte imprimé qu'il n'était pas vrai que les indigènes eussent l'idée de l'indépendance puisqu'ils avaient conservé l'emblème de la nation française.
Alexandre Pétion qui commandait cette troisième brigade fit aussitôt, de son côté, rapport de cette interprétation à son chef, le général Dessalines, et celui-ci saisit cette occasion pour donner à ses troupes un nouveau signe de ralliement.
On était en février 1803 et le général en chef des indigènes tenait son Quartier général à la Petite-Rivière-de-l'Artibonite. Le geste suivant promptement l'idée, il arrachait du tricolore français la couleur blanche et rapprocha le rouge du bleu: le bicolore (bleu et rouge) qui serait désormais le Drapeau des Indépendantistes était créé.(...) il réunit les principaux chefs des corps d'armée en un congrès qui eut lieu au Bourg de l'Arcahaie le 18 mai 1803. Tous les généraux ayant approuvé la décision du Général en Chef, ce dernier se rendit sur la Place d'Armes du bourg et présenta solennellement aux régiments formés en carré le nouvel emblème.
Le haut commandement français n'apprit cet événement que par l'Amiral Latouche Tréville qui, naviguant entre Port-au-Prince et l'Arcahaie, avait capturé, le lendemain 19 mai, une barge indigène portant un drapeau bleu et rouge. L'amiral français en fit immédiatement rapport en faisant remarquer qu sur le drapeau indigène étaient écrits les mots: «Liberté ou la Mort».
Après la mort de Dessalines, le 17 octobre 1806, le général Pétion, chef de l'Ouest et du Sud du Pays, modifia le drapeau en plaçant horizontalement le bleu et le rouge. Dans le même temps, le général Henry Christophe (1811-1820) qui gouvernait le Nord, le Nord-Ouest (en partie) et l'Artibonite adoptait le drapeau noir et rouge.
À la mort de Christophe, le général Jean-Pierre Boyer qui avait succédé en 1818 à Alexandre Pétion réunit, sous le signe du drapeau bleu et rouge, le Nord au reste du Pays. Quand aux armes de la République, bien qu'adoptées par le Président Pétion, elles ne commencèrent à figurer sur le drapeau haïtien qu'après le vote de la Constitution de 1843 qui prescrivit en son article 192: " Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge placés horizontalement. Les armes de la République sont le palmiste surmonté du bonnet de la liberté et orné d'un trophée d'armes avec la légende «L'Union Fait la Force » ".
Constitutionnalité
Les couleurs nationales sont: le bleu et le rouge. Constitutions 1987;Titre I, Chapitre 1
L'emblème de la Nation haïtienne est le Drapeau qui répond à la description suivante:
a) Deux (2) bandes d'étoffe d'égales dimensions: l'une bleue en haut, l'autre rouge en bas, placées horizontalement; b) Au centre, sur un carré d'étoffe blanche, sont disposées les Armes de la République;
c) Les Armes de la République sont: Le Palmier surmonté du Bonnet de la Liberté et, ombrageant des ses Palmes, un Trophée d'Armes avec la légende: L'Union fait la Force.
La devise nationale est: Liberté - Égalité - Fraternité.

Chronologie
Le drapeau français flotta sur la colonie française de Saint-Domingue durant plus d'un siècle jusqu'en février 1803. Le leader Noir, précurseur de l'indépendance, Toussaint Louverture, adopta en 1798 le tricolore français. En janvier 1801 il sera nommé gouverneur et dirigera l'île toute entière, puis par la constitution du 8 juillet 1801, devint Gouverneur à vie. En juin 1802, Toussaint Louverture fut fait prisonnier par Napoléon Bonaparte et déporté en France où il mourut.
En février 1803, à la Petite Rivière de l'Artibonite, Jean-Jacques Dessalines, le chef des insurgés Noirs et Alexandre Pétion, le leader des Mulâtres, décidèrent de ne plus combattre aux côtés des Français. Lors du Congrès de l'Arcahaie, le 18 mai 1803, Dessalines ôta la bande blanche de l'emblème colonial pour donner naissance au premier étendard haïtien symbolisant l'union des Mulâtres et des Noirs dans la lutte pour leur liberté. Il y fit inscrire la devise « Liberté ou la Mort ». Dessalines fut alors nommé Général en chef de l'armée de l'insurrection. Catherine Flon, belle-fille de l'épouse de Dessalines, fut chargée de recoudre les deux bandes, bleu et rouge.
Le 18 novembre 1803, la capitulation des troupes françaises à Vertières scella l'indépendance d'Haïti. Le 1er janvier 1804, les chefs de la Révolution décidèrent de changer le drapeau en disposant horizontalement les couleurs. Ce fut le premier drapeau officiel de la République libre et indépendante. La Constitution de 1843 confirmera ce drapeau bicolore horizontal (article 192).
Le 8 octobre 1804, Dessalines se proclama empereur sous le nom de Jacques 1er. Il adopta alors, le 20 mai 1805, un nouveau drapeau noir et rouge vertical. Ces couleurs symbolisèrent les mots: la "Liberté" (rouge) ou la "Mort" (noir).
Après les événements du 17 octobre 1806 au Pont Rouge, où fut assassiné Jean-Jacques Dessalines, le pays, durant 14 ans, se divisa en deux parties, d'une part le Nord et d'autre part, le Sud et l'Ouest, gouvernées respectivement par Alexandre Pétion et Henri Christophe. Alexandre Pétion redessina le drapeau en cette même année, reprenant le bleu et le rouge de 1804 en y ajoutant « L'Union fait la force » et un carré d'étoffe blanche au milieu duquel furent placées les armes de la République ornées du bonnet de la liberté (bonnet phrygien).
Ce drapeau flotta au dessus du Palais National durant 158 années jusqu'en 1964.

Le 27 décembre 1806, le Général Henri Christophe, fut nommé président et fut reconnu par le Nord, le Nord-Ouest et plus tard, en 1807, par l'Arbonite. Le 28 mars 1811, il s'est proclamé roi sous le nom de Henri Ier (1811-1820). L'Empereur conserva les couleurs de l'étendard impérial du Royaume du Nord (1805) mais en glissant la bande rouge du côté du mât avec au milieu, un écusson muni d'un phénix surmonté de cinq étoiles d'or sur fond bleu. Une couronne est disposée au dessus du phénix et dans le cercle, une inscription latine 'ex cinerebus nascitur' "des cendres, je renaîtrai". Le royaume de Henri Ier fut supprimé en 1818 suite à la conquête du Nord par Alexandre Pétion, proclamé président le 19 mars 1807, et qui imposa le drapeau bleu, rouge, horizontal. Jean-Pierre Boyer lui succéda le 8 octobre 1820 mais conserva le même drapeau.
Le 9 février 1822, Jean-Pierre Boyer annexa la partie espagnole de l'île (à présent République Dominicaine) laquelle, quelques mois auparavant, le 30 novembre 1821, proclama son indépendance de l'Espagne sous le nom de "Republica del Haiti espanol""République de Haïti Espagnol" et parallèlement, son union avec la Grande Colombie. Le drapeau de le République de Haiti Espagnol fut hissé dès les premières semaines de 1822 mais ce fut le drapeau de la Grande Colombie de l'époque. Une République que Boyer ne tarda pas à dissoudre.
Une tentative de réhabilitation du drapeau noir et rouge, entreprise en 1844, fut un échec. En 1847, Faustin Soulouque fut élu président et en 1849, se proclama empereur sous le nom de Faustin Ier (1849-1859). Dans sa Constitution de 1849, il adopta le drapeau bleu et rouge mais remplaça les armoiries par un écusson. L'Empire de Faustin 1er se termina le 15 Janvier 1859 et les armes de la République retrouvèrent leur place initiale, au centre du drapeau.

François Duvalier, Papa Doc, fut élu président en 1957 et en 1960, s'empara de tous les pouvoirs. En 1963 il créa le parti unique. Un nouvelle Constitution fut adoptée le 25 mai 1964, laquelle adopta le drapeau noir et rouge. Ce dernier fut officiellement confirmé le 21 juin 1964. Cependant, les armoiries de la République furent conservées. Duvalier mourut le 21 avril 1971 et fut remplacé par son fils, Jean Claude, proclamé président à vie. A la suite d'une révolte populaire, Jean Claude quitta le pouvoir en février 1986.
Le 17 février 1986, 10 jours après le départ de Jean-Claude Duvalier, la nation réadopta le bleu et rouge qui fut ratifié un an plus tard, le 29 Mars 1987, lors du plébiscite sur la Constitution de 1987.
Source :
http://www.haiticulture.ch/Drapeau_national.html

mercredi 19 septembre 2007

«Nous avons peur des répétitions de l'histoire»

"Soyez rassurés que malgré les images vues au Mupanah, nous n'avons en nos cœurs le moindre signe de haine. Par contre, nous avons été choqués. Les larmes versées par l'une d'entre nous sont l'expression de notre douleur face aux tribulations de nos anciens parents africains. "

A Messieurs les Ambassadeurs de la France et de l'EspagneLeurs Excellences Christian Conan et Paulino Gonzalez,

Nous sommes des enfants de 5 à 17 ans. La plupart d'entre nous ne connaîssent encore rien de l'histoire de notre pays. Nous habitons tous le même quartier. Nos parents nous racontent que la zone était très boisée. Ils nous disent que ce que nous voyons aujourd'hui est l'envers d'un espace résidentiel qui, avec le Bas-peu-de-Chose, constituait une réserve importante pour la capitale.Nous vivons dans de petites pièces sombres. Nos parents louent à prix très cher ces espaces clos souvent rivés au fond d'un corridor. Plusieurs d'entre nous n'ont pas d'eau potable. L'électricité est disponible au moins une trentaine de minutes par jour. Ce qui est un luxe par rapport à d'autres quartiers. Parmi nous, il y en a qui n'ont jamais vu s'allumer l'ampoule salie de leurs petites pièces. Les prises de courant sont dangereuses.

Il y a beaucoup de vacarme autour de nous. Si ce n'est une voisine qui discute bruyamment avec une autre, c'est le klaxon tonitruant d'un véhicule de passage qui nous assomme les tympans. Notre professeur de musique nous a dit qu'il y a un seuil de bruit que l'oreille ne peut pas entendre. On nous signale à la bibliothèque que le peintre Vincent Van Gogh s'était coupé l'oreille avec un couteau de cuisine à cause d'un bruit insupportable. Un pays qui ne prend pas des mesures contre tout vacarme public ne peut se régaler d'une autre Nicole St Victor.

Nos proches ont accueilli l'initiative du Camp d'été du soleil avec joie. Nous pouvons dire qu'ils ont fait pour nous un sacrifice économique en nous y inscrivant. Certains jours, nous arrivons au local du Camp d'été sans prendre un modeste petit déjeuner. Les responsables ont fait ce qu'ils ont pu pour nous donner certains jours de la nourriture.Nous sommes en grande partie des enfants pauvres. Ceux qui ont un peu de moyen ont généreusement partagé un morceau de bonbon avec nous. Nous nous sommes faits de bons amis, de juillet à août 2007. Nous nous sommes baignés dans la piscine de la bibliothèque. Nous avons appris de la musique, du dessin, des coloriages. Nous avons battu du tambour.L'événement qui nous a marqué durant le Camp d'été 2007 est notre visite au Musée du Panthéon national. C'est pour la première fois que nous visitons ce lieu. Il est très beau.

Cette journée du 1er août est mémorable parce qu'on nous a parlé de l'histoire traumatisante et douloureuse de nos pères.

Nous vous écrivons aujourd'hui, Messieurs les ambassadeurs, pour vous demander s'il est vrai que des africains ont été jetés au fond de la cale des bateaux. Le guide du Mupanah les appelle « les négriers ». Est-il vrai qu'ils ont été enchaînés l'un à l'autre. Est-il vrai qu'ils ont eu très peur ? Nous avons vu cela dans leurs yeux exorbités et la crispation de leurs traits. Est-il vrai qu'il y en a qui sont morts dans le voyage ? Ou qui se sont suicidés en se jetant dans l'océan ? Est-il vrai qu'ils ont été séparés de leur famille ? Pourquoi sont-ils si amaigris, affolés, empilés l'un sur l'autre ? Ont-ils été violemment battus par ceux qui les avaient achetés ?
Le guide du Mupanah nous a dit que les africains étaient venus remplacer les indiens massacrés. Pourquoi ces massacres ont-ils eu lieu ? Le guide nous a parlé des esclaves mis en terre avec toute leur tête barbouillée de sirop de canne attirant des fourmis qui ont mangé leurs chairs, jusqu'aux os. Est-ce la couleur des nègres qui portaient les commandeurs à effectuer sur le corps des esclaves toutes sortes de tortures ?



Nous avons demandé à nos parents : qu'est ce que la colonisation ? Nous n'avons pas eu de bonnes réponses. Nous cachent-ils une vérité ? Nous nous adressons à vous, Messieurs les ambassadeurs, pour être mieux informés de ce qui s'était réellement passé. Vous avez, assurément, des documents, des livres, des références que vous pouvez nous communiquer.
Soyez rassurés que, malgré la violence des images vues au Mupanah, nous n'avons pas en nos coeurs simples le moindre signe de haine. Par contre, personne ne peut nous empêcher d'être très choqués. Les larmes versées par Christie Selma Pierre sont l'expression d'une douleur face aux tribulations de nos anciens parents africains.
Peut-on dire que le fouet de la colonie a annoncé le « rigouaz » de punition dans les foyers et dans les institutions d'éducation ? On nous dit aussi que le fouet est un élément de la culture haïtienne. Est-ce vrai que quand on veut dominer quelqu'un on le fouette pour qu'il soit totalement soumis ? Cela ne provoque-t-il pas des troubles ? Que nous suggérez-vous de dire à nos parents quand, dans la pièce sombre et close, ils nous battent avec un ceinturon ? Est-il vrai que ces pièces closes sont la version actuelle de la cale du bateau négrier ?
Nous voulons être heureux dans notre pays. Cependant, nous avons peur des répétitions de l'histoire dans le temps présent.
Nous ne sommes pas des enfants de la révolte et de la violence. La meilleure façon d'éviter la révolte est le dialogue franc. Le guide du Mupanah nous a dit une vérité. Nous voulons entendre la vôtre. Nous n'exigeons aucun repentir. Mais, nous tenons à vous demander, Messieurs les ambassadeurs, pourquoi les choses se sont-elles passées de la sorte ? S'il y a des conséquences négatives, des troubles de comportement collectifs, des attitudes politiques désarticulées, des hommes en dérive, une nation écartelée et un pays écologiquement en danger, n'est-ce pas, en grande partie, en raison des effets de la colonisation ? Pourquoi la France et l'Espagne ont-elles choisi cette voie ?
Messieurs les ambassadeurs, soyez confortés que nous sommes sortis du Mupanah en joie. Une belle journée de vacances ne peut être assombrie par le passé.
La visite au Musée est inoubliable. Nous serons mieux instruits quand nous ajouterons aux propos du guide du Mupanah vos explications de la colonisation. Elles peuvent être succinctes. Mais, nous serons déçus d'un simple accusé de réception qui évite le dialogue avec nous. Le silence diplomatique peut fermer la porte du dialogue. Cette lettre, vous en convenez, Messieurs les Ambassadeurs, ne remue pas, comme on dit, le couteau dans la plaie.
Nous voulons réaliser d'autres éditions du Camp d'été du soleil, le mois d'août de chaque année. Cela deviendra une tradition pour nous de visiter un endroit important, une institution publique ou privée, un site touristique ou religieux, un quartier populaire et de poser des questions aux élites responsables du pays.Signalons à votre noble attention que nos lettres ouvertes seront publiées dans la presse locale avec une priorité au Doyen de la presse, Le Nouvelliste, qui a soutenu, par la manière médiatique, l'initiative du Camp d'été. Il n'y a pas là une façon de forcer la main à nos interlocuteurs. Il s'agit, plus simplement, de prendre l'opinion publique à témoin de nos utiles interrogations.
Le monde devient un village. Il est possible, dans une dizaine d'années, de rencontrer vos petits fils à Paris ou à Madrid, au Musé du Prado ou au Musée du Louvre face au « Guernica » de Picasso ou à « La liberté guidant le peuple » de Delacroix. Nous avons eu le privilège de voir des reproductions de ces oeuvres dans les livres d'art de la bibliothèque.Il est souhaitable qu'avec les nouvelles générations on fasse barrière aux douleurs du passé. Il est un devoir, aujourd'hui, de commencer le dialogue sincère qui écarte la culpabilité et efface la haine.
Dans l'espoir, Messieurs les Ambassadeurs, que les enfants du Camp d'été du Soleil contribuent au rapprochement des peuples, ils vous prient de comprendre que l'enfance saine non traumatisée par la fureur de l'histoire universelle est le meilleur chemin de la vérité.9 septembre 2007 Suivent trente et un noms des enfants du Camp d'été du Soleil
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48335&PubDate=2007-09-18

vendredi 25 mai 2007

Deux ouvrages incontournables aux Editions Coicou:


Les Editions Nationales A Coicou présente, cette année, deux ouvrages qui couvrent l'histoire d'Haïti. De la captivité et de la mort de Toussaint Louverture aux événements lourds de conséquences du 25 mai 1957, les férus d'histoire seront enchantés.
Le Nouvelliste: Parlez-nous des deux livres d'histoire que vous venez d'éditer à l'Imprimeur II.Robert A. Coicou : Le premier est "l'Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint Louverture" par le colonel Nemours.

Ce livre fait référence aux derniers jours du précurseur de l'Indépendance, depuis son arrestation par traîtrise effectuée par le général Brunet, (qui depuis cette date a été surnommé péjorativement par ses confrères, le gendarme), sur l'instigation du capitaine général Leclerc, chef de l'armée expéditionnaire. Il relate l'embarquement de Toussaint sur Le Héros, le voyage, le débarquement à Brest, la traversée de la France jusqu'à la frontière suisse où il fut incarcéré au Fort de Joux dans les hauteurs du Jura.

L'auteur nous fait une chronique quasi quotidienne de toutes les souffrances et humiliations endurées par Toussaint. Il rapporte la visite de Caffareli le tentateur. Toussaint Louverture n'a droit à d'autres égards qu'à ceux que confère l'humanité. Il ne doit pas sortir de sa cellule, l'interdiction de parler, l'interdiction d'écrire, de sorte que l'isolement, le froid, associés aux fouilles nocturnes, au manque d'aliments constitués de fromage, de viande salée et de biscuit, servis froid le matin pour toute la Journée ont fini par détériorer la santé de Toussaint Louverture.

L'auteur nous apprend comment ces vexations et ces privations ont été endurées par Toussaint Louverture stoïquement, de sorte que même malade avec le bras gauche en écharpe, atteint d'accès de fièvre et de toux sèche, il n'a jamais proféré aucun plainte et même son bourreau, le geolier Amiot, dut l'admettre : « Il ne m'a jamais demandé de médecin »- Enfin dans la matinée du 7 avril, à 11 heures du matin, on le retrouve assis, sans vie, la tête appuyée contre la cheminée du cachot.

Cet ouvrage est appelé à dissiper bien des doutes. Notamment sur les causes de la mort de Toussaint, car il publie la copie de l'autopsie de Toussaint Louverture.
L'ouvrage « L'Histoire de la captivité et de la mort de Toussaint » est sans nul doute un chef-oeuvre de l'Histoire d'Haïti tant par l'intérêt du sujet traité, la rigueur dans la recherche documentaire, l'auteur n'avance rien qu'il ne prouve, et la pureté du style. Le président Vincent disait que le général Nemours « est l'une des plus belles plumes de la République », et dans ce livre, l'auteur donne toute la mesure de son talent.
C'est vraiment un livre qui mérite de figurer dans toutes les bibliothèques.


Le deuxième livre d'histoire est intitulé « Les Forces du Bien contre les Forces du Mal ». Il relate les événements de la Journée du 25 mai, que je considère comme étant la date la plus déterminante de l'histoire politique des 50 dernières années, particulièrement celles allant du 22 mai 57 au 7 février 86.
Ce jour-là, un groupe de militaires conduits par le colonel Armand, à la solde d'un parti politique, décida d'attaquer à l'aide de l'artillerie, de l'aviation et des garde-côtes les casernes Dessalines. Ce fut la guerre civile durant une journée qui se solda par la mort de trois officiers artilleurs et d'un soldat parmi les assaillants et de nombreux civils, et le sac de plusieurs stations de radio, de journaux et de maisons privées.
Cette journée tire son importance du fait de ses conséquences immédiates et lointaines.Sur le plan politique, pour calmer les esprits et le peuple, en majorité fignoliste qui avait gagné les rues et brisait tout sur son passage, on décida d'accorder la présidence provisoire au professeur Daniel Fignolé qui fut installé le 26 mai 1957.
Pour accepter la présidence, Fignolé exigea qu'on lui donne le colonel Kébreau comme chef d'état-major, et dix neuf jours plus tard, celui-ci allait le renverser du pouvoir.

En 1957 il existait quatre candidats majeurs capables de remporter les élections : Clément Jumelle, Daniel Fignolé, Louis Déjoie et François Duvalier.
Jumelle avait été le dernier ministre des Finances du gouvernement de Paul Magloire. Il était compromis dans une affaire de gestion frauduleuse et eût des démêlés avec la justice. Donc, il était pratiquement éliminé de la campagne électorale.

Fignolé renversé le 14 juin et exilé par l'armée n'était pratiquement plus dans la course.
Déjoie en faveur de qui les événements du 25 mai avaient été réalisés, avait perdu la faveur d'une bonne partie de l'électorat et de la majorité des officiers, qui avaient juré de se faire justice, à la suite de cette journée.
Donc, en conclusion, à partir du 25 mai Duvalier devenait l'élément incontournable et pratiquement restait le seul en course dans la marche à la présidence.

Sur le plan institutionnel, le 25 mai a créé un précédent dans la nouvelle armée, celle d'après 1915. Même si l'armée était intervenue dans l'arène politique le 11 janvier 1946 et le 10 mai 1950, c'était toujours contre des civils. Ainsi, c'est la première fois (depuis 1915, je le souligne) qu'une faction de l'armée se tournait vers une autre faction de l'armée dans une guerre ouverte - malheureusement cet exemple sera suivi par la suite, mais c'est une autre histoire.
Les officiers dissidents, membres d'un secteur de la société, furent jugés et écartés de l'armée, ce qui changea notablement la composante et la physionomie de l'Institution.

Deux (2) éléments rescapés du 25 mai (parmi les plus actifs) le capitaine Alix Pasquet et le lieutenant Philippe Dominique aidés du capitaine Henry Perpignan et de mercenaires américains revinrent attaquer les casernes le 29 juillet 1958. Les duvaliéristes s'armèrent pour défendre leur pouvoir menacé, ce fut la création de la milice VSN - qui devait causer tant de ravage dans les 30 prochaines années.

Le 25 mai, tout en donnant une idée de l'organisation et de la richesse de l'armée d'Haïti, qui disposait à l'époque de l'aviation, de la marine, de l'infanterie, d'un service de santé, de l'artillerie, d'un corps de génie, d'une académie militaire et même d'une cavalerie, marque vraiment la date la plus déterminante de l'histoire des cinquante dernières années.
Nous pensons sincèrement que tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de ce pays doivent s'imprégner des événements du 25 mai et de leurs conséquences sur la vie politique des 50 dernières années.


L.N: Allez-vous signer ces deux livres d'histoire?
R.A.C: Etant donné qu'il s'agit d'un lancement promotionnel où ces livres seront vendus à prix réduit, et étant donné qu'il s'agit de la fête du livre, je vais les signer en qualité d'éditeur, car le premier est l'oeuvre du colonel Nemours, celui qui a étonné le monde et la Société des Nations (SND) et le second est un document historique, que je soumets à l'attention de la jeunesse intellectuelle et aux politiciens de ce pays.


L.N: Avez-vous des projets d'éditer d'autres ouvrages?
R.A.C: Notre voeu est de continuer à offrir des ouvrages rares et introuvables aux têtes pensantes. Nous sommes convaincus que c'est en revisitant notre passé que nous trouverons les réponses nous permettant de sortir ce beau pays de ce bourbier dans lequel il se trouve.


L.N: M. Robert A. Coicou, un dernier mot
Merci au journal Le Nouvelliste, et que la fête soit belle!
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Un avis
Nous sommes heureux de prolonger sur ce blog ces publications du Nouvelliste afin de permettre à ceux qui, pris dans le train-train agité des activités de tous les jours avaient négligé la lecture de ces documents. Le Nouvelliste nous rappelle la disponibilité sur le marché de deux œuvres brûlantes d’actualité. Un des livres traite des derniers instants de la vie du Précurseur justement au moment ou certains secteurs maintiennent une vive polémique autour d’un projet de réalisation d’un film autour de ce personnage universellement légendaire parrainé par des pointures de la taille de Danny Glover et Le Président de la République Bolivarienne du Vénézuela.
Le second ouvrage parle des évènements de l’année 1957, le point de départ des déboires des 50 dernières années. Au moment ou les nostalgiques Volontaires de la Sécurité Nationale « froubissent » leurs uniformes « cannies » par les affres de l’oubli dans une tentative de renaissance pour parader dans les principales rues du pays le 22 septembre prochain ; renaissance offerte par la suite dédaigneuse et irresponsable de la gestion du pouvoir d’après Duvalier, ceux qui ont moins de 50 ans scrutent depuis des années l’horizon littéraire historique en quête de cette lumière-vérité absolue et objective sur cette période.
Les écrits ou apologétiques destinés à redonner vie à un banni, les œuvres noires cherchant la pure et simple diabolisation des meneurs de cette période de l’histoire se rangent dans les mêmes rayons pour ceux qui sont mus par la recherche de la vérité.
Nous voulons espérer que ces ouvrages sauront assouvir notre saine curiosité.