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mercredi 21 novembre 2012

Haïti: près d'un mois après Sandy, le retour à la normale se fait attendre

PETIT-GOAVE (Haïti) (AFP) - "Ici, il n'y a pas de frontière entre les vivants et les morts": près d'un mois après le passage de l'ouragan Sandy, les habitants du quartier "Nan banann" de Petit-Goave, dans le sud-ouest d'Haïti, vivent toujours dans des conditions extrêmement précaires.
Le quartier, dont le nom créole signifie "Dans les bananes", est situé entre une rivière et le bord de mer: le passage de l'ouragan Sandy l'a dévasté. Ses habitants pleurent leurs morts, et se lamentent devant le spectacle de leurs petites maisons toujours ensevelies sous des couches de boue et des plantations de bananes ravagées par les inondations.
"C'est la rivière Caïman qui est la cause de nos malheurs. Quand elle quitte son lit, elle prend tout sur son passage", résume Elnée Prophète, une des sinistrées des dernières intempéries, en montrant ce qui reste de sa maison, enfouie jusqu'au toit dans une boue rougeâtre.
A "Nan banann", beaucoup de familles ont été évacuées dans un lycée d'un autre quartier, mais d'autres sont restées sur place. Des femmes couchent sur des bouts de tissus crasseux, comme Marie-Yolaine, 24 ans, qui a perdu son enfant emporté par les eaux. Elle refuse de parler: "A quoi ça sert?", murmure-t-elle en sanglots.
"Nan banann" est érigé à côté du cimetière de la ville: "Ici, il n'y a pas de frontière entre les vivants et les morts", médite Guy Mathieu, le propriétaire d'une station de radio.
Sandy a inondé plusieurs quartiers de Petit-Goave, comme l'Acul, "première capitale de la colonie de Saint-Domingue", rappelle avec une pointe d'amertume Guy Mathieu, soulignant que la ville historique s'apprête à marquer en 2013 les 350 ans de sa création.

"Nous dormons d'un oeil"
"Petit-Goave est comme une cuvette où viennent se déverser les eaux de plusieurs rivières", souligne-t-il. "Le problème c'est l'eau, savoir la gérer est la solution", renchérit Dordy Charles, un habitant de la ville qui préconise la construction de barrages en pierres pour contenir les rivières dans leurs lits.
Dans les quartiers vulnérables, chaque pluie est vécue comme une catastrophe: "Nous dormons d'un oeil", raconte un jeune garçon.
"Après les premiers secours d'urgence, plus personne n'est venu nous voir. Nous sommes jetés dans ce lycée où les adultes comme les enfants dorment à même le sol, nous n'avons reçu aucune assistance", raconte Paguy Labbard hébergé avec 300 autres personnes dans quelques pièces d'un lycée de Petit-Goave.
Immaculée Achille, une grand-mère déjà victime du terrible séisme de janvier 2010, se retrouve à nouveau dans un centre d'hébergement avec ses 8 petits-enfants, dont elle s'occupe depuis la mort de leurs parents.
"Nous ne pouvons pas rentrer à la maison, tout a disparu. Nous ne voulons pas demeurer ici", raconte-t-elle, appelant à une intervention de l'Etat. Elle se souvient avoir reçu, le premier jour après le passage de l'ouragan, un plat chaud, officiellement envoyé par le président Michel Martelly: "Depuis... rien".
"Il faudrait un Etat fort, un Etat qui est présent. Mais on ne voit personne, même pas les autorités locales", regrette lui aussi Dordy Charles.
Près d'un mois après le passage de l'ouragan, des sinistrés se sentent abandonnés à leur sort, la situation d'urgence nationale décrétée par le gouvernement n'a pas encore d'effets dans les régions les plus touchées par les intempéries.
"Je crois que le gouvernement a de la volonté, mais les actions tardent à venir", leur répond le député JosephBenoit Laguerre.
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121119.AFP5437/haiti-pres-d-un-mois-apres-sandy-le-retour-a-la-normale-se-fait-attendre.html

mardi 20 novembre 2012

APRES ISAAC ET SANDY LES AGRICULTEURS ONT TOUT PERDU


SALAGNAC (Haïti) (AFP) - Sur le plateau de Salagnac, dans le sud-ouest d'Haïti, les agriculteurs, déjà à la peine, affirment avoir "tout perdu" après les intempéries qui ont durement touché l'île cette année.
"Je suis ruiné. J'ai tout perdu. J'avais investi plus de 50.000 gourdes (près de 2.000 dollars)", raconte Dieunord Elismé, 27 ans, jeune planteur de carottes de Salagnac, qui a aussi perdu sa maison. "Maintenant, il faut tout recommencer".
Comme Dieunord, beaucoup de petits agriculteurs ont vu disparaître tout leur investissement.
"Nous avons été frappés à deux reprises", rappelle-t-il. La tempête Isaac en août avait ébranlé la production agricole. Et lors du passage de l'ouragan Sandy fin octobre, vents violents et inondations ont détruit les cultures maraîchères à la veille des récoltes.
Des animaux d'élevage, des plantations et des maisons ont été emportés, faisant fondre toutes les économies des agriculteurs. Le secteur a perdu au total 104 millions de dollars.
Haïti, qui produisait à peu près 50% de ses besoins alimentaires, va tomber sous la barre de 40% à cause des intempéries, avertissent en outre des experts agricoles.
"Agir vite"
Les tempêtes n'ont fait qu'aggraver la crise du secteur, qui pâtit d'une mécanisation très faible et d'exploitations trop petites, empêchant notamment la lutte contre l'érosion.
En outre, l'abaissement des tarifs douaniers au début des années 90 a ouvert la production haïtienne à une concurrence internationale rude.
L'annonce, en fin de semaine dernière, d'une aide de la France a été accueillie avec enthousiasme à Salagnac.
"Bonne nouvelle, la France a accepté de subventionner les semences et les engrais pour un millier de petits agriculteurs de notre communauté", se réjouit Clovis St-Gil, président de l'Association des boutiques d'engrais de la région. L'assistance applaudit à tout rompre.
L'aide de la France (300.000 euros) ira à 1.000 familles d'agriculteurs qui pourront acheter des semences et des engrais à moitié prix, explique sur place l'ambassadeur de France à Haïti, Didier Le Bret.
"Il faut agir vite, car les premiers signes de la rareté des produits alimentaires sont déjà là", souligne, à ses côtés, le ministre haïtien de l'Agriculture Jacques Thomas. "Les prix de certains aliments sont en nette hausse. La malnutrition pourrait commencer à se manifester bientôt".
Un agriculteur dans la salle réclame plus d'aide: "même avec le soutien de la France, nous risquons de ne pas pouvoir acheter les semences".
D'autres s'inquiètent de l'érosion des terres. "Nous devons travailler dans les mornes (monticules isolés dans des plaines d'érosion, ndlr), là où vient l'eau qui détruit nos plantations", insiste Gammel Rigueur.
La tempête Sandy a tué plus de 50 personnes en Haïti, et 350.000 personnes vivent encore dans des campements de toile depuis le tremblement de terre de 2010.
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121120.AFP5466/a-haiti-apres-isaac-et-sandy-les-agriculteurs-ont-tout-perdu.html

lundi 5 novembre 2012

Des donateurs apportent une aide aux victimes de Sandy


Certains donateurs dont les Etats-Unis, le Venezuela et l'Organisation des Etats Américains (OEA) ont déjà manifesté leur détermination à aider les autorités haïtiennes.
L'ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Pamela A. White, a soutenu que son gouvernement fait tout son possible pour aider les autorités haïtiennes dans leurs efforts héroïques pour aider le peuple haïtien. J'ai demandé des fonds additionnels à Washington, nous anticipons de fournir une assistance au profit de l'agriculture, le secteur le plus durement touché par Sandy, a expliqué Mme White.
A travers l'Agence Américaine pour le Développement International (USAID) des fournitures de secours ont été distribuées à des familles dans les régions les plus affectées par Sandy. L'USAID a distribué des bâches ainsi que des kits d'hygiène et des couvertures pour venir en aide à plus de 10 000 personnes.
Par ailleurs, le Secrétaire général de l'OEA, José Miguel Insulza, a annoncé qu'une réunion de la Commission interaméricaine pour la réduction des catastrophes naturelles sera convoquée pour discuter de l'aide qui pourrait être apportée aux pays les plus touchés par le cyclone Sandy.
Il a confirmé l'engagement de l'OEA à travailler avec le gouvernement d'Haïti et ses partenaires interaméricains et internationaux pour alléger les souffrances de la population haïtienne et atténuer les conséquences du cyclone qui a provoqué des inondations dans plusieurs régions du pays. " Dans cette période subséquente à une catastrophe qu'Haïti a vécu trop souvent au cours de ces récentes années, le président Martelly et la population d'Haïti peuvent compter sur la solidarité totale des États américains", a-t-il conclu.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_poli_fr.php?id=21557

Haiti Flails in Sandy's Wake



Richemond Gary, a 33-year-old mechanic in the farming
town of Marin-Foujy, on Saturday tossed a rock
at the site of his home, which was washed away
by the muddy torrent of Rivière Grise
during Hurricane Sandy
RIVIÈRE GRISE, Haiti—Three days of torrential downpours and strong winds brought by Hurricane Sandy destroyed much of Haiti's fragile agriculture and have put a million and a half Haitians at risk for hunger, the United Nations' humanitarian-aid coordination office said over the weekend.
Haiti, one of the world's poorest countries, last week declared a state of emergency to deal with the aftermath of the storm that hit on Oct. 24. It battered the country's south and dealt a major blow to Haiti's subsistence agriculture, destroying 70% of the country's crops. Floods and landslides killed at least 54 people and the toll is expected to rise, government officials said.
In neighboring Cuba, Sandy killed 11 people and savaged the country's coffee and sugar crops when it plowed through Santiago de Cuba, the country's second- largest city.
"One and one half million Haitians are now at serious risk of hunger," George Ngwa, spokesman for the U.N.'s humanitarian mission in Haiti, said in an interview. Even before the hurricane, it was a struggle for half of Haiti's roughly 10 million people to get enough food amid high prices and Haitians' meager incomes, he said.
Poor roads and communications have hindered damage assessments and relief efforts. Haitian government and international agencies say Sandy destroyed or damaged at least 21,000 houses, affected the livelihood of some 200,000 people, many of them subsistence farmers, and caused at least $104 million of damage.
The final toll is likely to be much higher once relief workers reach hard-hit areas cut off by flooded roads and rivers, relief organization officials say.
"We're beyond desperate," 42-year old Jean-Claude Pierre, a truck driver from the farming town of Marin-Foujy, said on Saturday, looking down at the flooded river bed of Rivière Grise, which runs through farmlands outside the capital of Port-au-Prince. "Where you see the muddy waters, there used to be dry land. Hundreds of homes were engulfed, many fields destroyed. Not one tree is left."
Further down the ravaged river bank, 83-year-old Oswald Jean-Baptiste sat in a rocking chair gazing at muddy water running through an area he said had been planted with plantains, beans, coconuts and mangos. "All my fields are gone, and so is the land," he said. "The river flows where there was land and food."
The hurricane damage is the latest in a series of hits to Haiti's agriculture this year. First, a drought in the north withered crops, and then tropical storm Isaac lashed the island in August. "Now Sandy has finished off most of the crops," Mr. Ngwa said. He estimates 90% of Haiti's crops have been destroyed by natural disasters this year.
The Haitian government is appealing to the international community for help, but donors and international aid agencies are stretched thin as they try to meet pledges for the country's reconstruction made after an earthquake leveled the capital of Port-au-Prince in 2010, killing some 300,000 people.
Potential food-price increases worry international and Haitian officials. Haiti imports most of its food, and prices have risen this year, recently fueling protests over the high cost of livingin the chronically unstable country, which had widespread food riots in 2008.
The government said last week it would compensate victims by sending about $25 to victims' cellphones, and provide an additional $2 million in aid to the West Department, where Rivière Grise is, to help some 95,000 families with their losses.
Residents said the help hadn't yet arrived. "We've not gotten one cent nor seen any official here," Mr. Jean-Baptiste said.
Government officials couldn't be reached for comment.
The government also said it would distribute food to the most at risk.Haitian television last week showed images of President Michel Martelly and Prime Minister Laurent Lamothe delivering supplies to rain-soaked communities. But large areas of the south are still unreachable by land. U.N. helicopters are flying in supplies.
The flooding has raised fears of a resurgence in cholera cases. Since a major outbreak in October 2010, 600,000 people have contracted the disease that has killed more than 7,500 Haitians.
While cases rise during heavy downpours, the epidemic is declining, Mr. Ngwa said. "There was an increase of about 200 to 300 cases during Sandy, especially in the south, but overall it's slowing down," he said. He said there were 8,228 cases of cholera in October, up from 7,500 in September.
A version of this article appeared November 5, 2012, on page A11 in the U.S. edition of The Wall Street Journal, with the headline: Haiti Flails in Sandy's Wake.
http://online.wsj.com/article/SB10001424052970204349404578099132692727720.html

mercredi 31 octobre 2012

Haïti, victime oubliée de Sandy


Haïti commence à prendre la mesure des dégâts provoqués par le passage de Sandy. Un grand nombre de victimes et de disparus sont à déplorer, emportés par des glissements de terrain, des torrents de boue causés par des inondations diluviennes. Selon les services de la protection civile de Port-au-Prince, la tempête a entraîné la mort de plus de cinquante personnes. Mais le bilan risque malheureusement de s’aggraver, en raison de la situation sanitaire qui règne dans le pays et des ravages provoqués sur les plantations.
Après plus de trois jours de pluie intense, de nombreuses voies de communication ont été emportées. Routes et ponts n’ont pas résisté ; l’accès à plusieurs villes a été coupé, ainsi qu’un axe de communication avec le pays voisin, la République dominicaine. Mais les dommages causés par Sandy aux récoltes dans le sud du pays, ainsi que le probable développement d’épidémies, comme le choléra, vont provoquer dans les jours et les semaines à venir d’autres victimes.
Le Premier ministre Laurent Lamothe a déclaré à l’agence de presse Reuters que la tempête aétédévastatrice. Selon lui, l’économie notamment « a été durement frappée ». Un appel à l’aide internationale a été lancé. « Toute les récoltes qui ont été épargnées par l’ouragan Isaac on été détruites par le passage de Sandy » a-t-il indiqué en ajoutant que la « sécurité alimentaire du pays est dorénavant problématique ».
Le pays a connu à de nombreuses reprises des crises dues à l’augmentation du prix des denrées alimentaires. Depuis avril 2008, l’instabilité politique fragilise un pays où les manifestations de la faim sont légions. Jean Debalio Jean-Jacques, du Ministère de l’Agriculture, ne craint que la perte massive des récoltes « n’aggrave la situation » d’autant que « tout ce que les paysans avaient en réserve, le maïs, les tubercules, tout a été détruit ».
De nombreuses personnes avaient déjà préparé leurs champs pour les cultures d’hiver, mais ceux-ci ont été également touchés. Dans la ville d’Abricots, à l’ouest du pays, la population se remet encore difficilement des effets du passage de l’ouragan Tomas en 2010 et d’une récente sécheresse. « Nous allons avoir une famine dans les prochains jours » a affirmé le maire de cette localité, Kechner Toussaint. « C’est un désastre agricole, poursuit Toussaint, Les plantations des productions locales – arbres à pain et bananes – ont été emportées par le vent et détruites par les fortes pluies ».

Dans la région de l’ouest de Grand Anse, un bateau, qui régulièrement acheminait des denrées depuis la capitale et emportait lors de son voyage retour les produits de la région pour les vendre à Port-au-Prince, n’a pu effectuer le moindre trajet depuis plus d’une semaine en raison de la tempête. Le prix des produits de base, tel que l’essence, ont d’ores et déjà augmenté. Dans la région montagneuse de Camp Perrin, au sud de la péninsule, où les premières victimes ont été dénombrées, les plantations de café ont été ravagées, alors même que la récolte devait intervenir dans les prochaines semaines.
« Le café, c’est notre compte en banque » a déclaré Maurice Jean-Louis, un cultivateur responsable d’une coopérative à Camp-Perrin. Un compte en banque sévèrement entamé par les inondations des aires de stockage. Les dégâts sont « incalculables » explique-t-il, les grains étant désormais impropres à l’export.
Dans la capitale, Port-au-Prince, Sandy a détruit des maisons de fortune et des tentes, où plus de 370 000 victimes du tremblement de terre de 2010 vivaient encore aujourd’hui. Selon les autorités du pays, plus de 18 000 familles sont sans abris après le passage de Sandy.
Une ONG a déjà noté une hausse des cas de choléra. Ainsi dans les camps des survivants du tremblement de terre, plus de 86 cas ont été comptabilisés, selon le docteur Juan Carlos Gustavo Alonso, membre de l’organisation panaméricaine de la santé. De nombreuses localités sont encore coupées du monde et ne sont accessibles que par hélicoptère. De ce fait, « Il est encore trop tôt » , selon lui, « pour se prononcer » sur le nombre de malades.
Depuis octobre 2010, plus de 600 000 personnes ont été touchées par le choléra. Cette épidémie a provoqué la mort de plus de 7 400 personnes dans le pays.
Les autorités du pays, épaulées par des organisations internationales, ont distribué nourriture, eau et denrées de première nécessité aux populations les plus touchées durant le weekend. Le Président haïtien Michel Martelly a personnellement participé à ces distributions.
Avec Reuters
http://fr.euronews.com/2012/10/30/haiti-victime-oubliee-de-sandy/

Haïti : Sandy fait 52 morts et dévaste les récoltes


À Haïti, l'ouragan Sandy, devenu depuis une tempête post-tropicale, a laissé derrière lui 52 morts. Lors de son passage dans la nuit du 24 octobre, il a déversé 50 centimètres de pluie, qui ont fait déborder les rivières dans la ville des Cayes et ses environs.
Par ailleurs, le ministère de l'Agriculture a annoncé que 70 % des récoltes dans le sud du pays ont été détruites et de lourdes pertes de bétail ont été signalées.
Toujours selon le ministère, plusieurs agriculteurs pauvres n'auront rien à manger en raison des dommages causés par Sandy.
À Cuba, où Sandy est passé jeudi, on a enregistré 11 morts. En ce qui concerne les dégâts, les autorités cubaines n'en ont pas encore estimé le montant.
Pour la seule province de Santiago de Cuba, dans le sud-est de l'île, quelque 150 000 logements ont été endommagés, dont 15 300 entièrement détruits, selon les autorités locales.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/10/30/003-bilan-sandy-haiti-cuba.shtml

Sandy frappe Haïti et New York : le deux poids deux mesures du traitement médiatique


Par Dom B.
Chroniqueuse société
LE PLUS. Les caméras du monde entier sont braquées sur New York. Depuis deux jours, les médias ne parlent que de ça : l'ouragan Sandy frappant la cote est des États-Unis. Quitte à en faire beaucoup trop ? Oui, selon notre contributrice Dom., qui déplore le traitement médiatique très inégal mis en place autour de cette catastrophe.
Depuis deux jours, c'est "le jour d'après" version images truquées et de préférence terrifiantes,webcams noyées de pluie, l'apocalypse en temps réel sur écrans géants. N'oublions pas que la fin du monde est dans un peu plus de deux mois, une piqûre de rappel est toujours utile.
Durant ces deux derniers jours, le monde était en apnée, dans l'attente de la catastrophe qui devait assurément souffler la "grosse pomme" jusqu'au trognon.
Au mardi 30 octobre au matin n'aurait dû rester que quelques pépins, si l'on en juge la couverture médiatique déployée depuis 48h sur New York et Washington, et les gros titres alarmistes et terriblement funestes. Tout cela pour un ouragan même pas classé en catégorie 2, du nom de "Sandy". On fait avec ce qu'on a sous le radar.

Avides de sensationnalisme
Comme ces spectateurs qui ralentissent sur l'autoroute à la vue d'un accident, le monde s'est arrêté de tourner, manifestant un intérêt presque morbide à attendre, pour ne pas dire espérer, de voir la ville symbole des États-Unis sombrer dans l'une de ses propres productions hollywoodiennes. Effets spéciaux, explosions, inondations, la fin du monde en direct au journal de 20h, en 3D, une sorte de mise en abyme ironique.
Autant dire que certains doivent être un peu déçus de ces quelques morts, de ces quelques arbres arrachés, de ces quelques parkings inondés, de ces quelques coupures de courant, on a vu bien pire en Vendée, ou dans le sud de la France. Finalement, les tempêtes bien de chez nous n'ont rien à envier aux super productions américaines.
New York, New York, New York, jusqu'à la nausée, jusqu'à l'overdose, en boucle, sur tous les écrans, dans tous les médias, des journalistes avec ou sans capuche, avec ou sans parapluie, bravant les vents et les pluies diluviennes pour rendre compte à nos yeux avides de sensationnalisme du cataclysme à venir, assurément.
Le monde a tourné autour de New York durant 48 heures, exclusivement. Le monde n'était plus que New York ou New York est devenu nombril du monde.

Sandy est le pire ouragan de l'histoire d'internet aux USA
30 Oct 12
sandiet@sandiet
Les caméras uniquement braqués sur NY
Et Haïti et ses 51 morts, 15 disparus et 19 blessés ? A-t-on vu ces pauvres gens dont les maisons se sont écroulées sur eux en les ensevelissant ? A-t-on déployé caméras et journalistes pour aller filmer les routes coupées et les ponts effondrés ? A-t-on filmé ces gens qui ont tout perdu, parce qu'ils possédaient déjà si peu ?
"L’ouragan Sandy a emporté mes deux bœufs, qui représentaient ma seule source de revenus. Je ne sais pas quoi faire à présent", regrettait ainsi un habitant.
Et au début du mois, quand la saison des pluies s'est montrée meurtrière en Afrique, a-t-on aussi mobilisé les studios mobiles, et les cameramen pour aller filmer les quartiers sous l'eau, les 587 écoles inondées au Sénégal, les rues impraticables de Dakar, ses plus de 40 morts et ses dizaines de sinistrés ?
Au même moment, a-t-on également bloqué les télévisions, et tous les médias pour les 148 morts et plus de 64.000 déplacés au Nigeria, et l'apparition du choléra ? C'est vrai que des pluies, même exceptionnellement fortes, c'est moins vendeur que des vents à 150 km/h et un gros tourbillon sur une carte de la NASA.
Plus tôt, en août, quand le Cameroun a connu des inondations exceptionnelles faisant plus de 30 morts et 25.000 sinistrés, en a-t-on entendu parler au journal de 20h ?
Sandy, un ouragan d'une force historique, terrifiant "Frankenstorm", ah cela, les superlatifs n'ont pas manqué depuis 48h pour décrire ce qui allait sûrement emporter la ville emblématique des USA.
Heureusement, la peur a été plus forte que le mal, et si New York a retenu son souffle et le reste du monde avec, ce mardi matin, le monde peut recommencer à respirer, Sandy n'aura eu d'historique que l'emballement médiatique qu'elle aura suscité. En attendant la prochaine tempête, le prochain ouragan qui devra donc s'appeler Tom ou Tony, selon toute logique, et qui, pour peu qu'il menace le géant américain, monopolisera à nouveau toutes les chaînes, les unes, et le reste du monde.
Pendant ce temps, Haïti, le Sénégal, le Cameroun, le Nigeria, ou ailleurs, n'importe lequel de ces pays de miséreux peut bien continuer à subir la colère de mère nature, leurs morts ne font pas recette.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/676358-sandy-frappe-haiti-et-new-york-le-deux-poids-deux-mesures-du-traitement-mediatique.html

L'ouragan Sandy précipite Haïti dans la détresse sanitaire et alimentaire

Le Monde.fr avec AFP et Reuters
Alors qu'Haïti se relève difficilement du séisme qui l'a durement frappée le 12 janvier 2010, les conséquences du passage de l'ouragan Sandy ce week-end pourraient s'avérer dévastatrices pour la population dans les jours et les semaines à venir. La petite nation caribéenne enregistre déjà le triste record du bilan le plus élevé des victimes de l'ouragan, avec au moins 52 morts, 15 disparus et 19 blessés.
Pendant trois jours, Haïti a été balayée par des intempéries qui ont causé inondations, glissements de terrain et destructions de maisons. La région la plus affectée est le département de l'Ouest, incluant Port-au-Prince, qui déplore une vingtaine de morts, dont des familles entières ensevelies dans leurs maisons effondrées. Dans la capitale, les campements de fortune, qui abritent encore 370 000 victimes du séisme de 2010, ont été durement touchés. Dans le sud d'Haïti, on dénombre 18 morts.
De nombreuses plantations ont été détruites et des routes ont été coupées, isolant des villes dans les départements du Sud et du Sud-Ouest, ont indiqué les autorités. Sandy a laissé 18 000 familles supplémentaires sans abri. Les équipes de la direction de la protection civile d'Haïti, assistées d'experts internationaux, ont tout juste entamé l'évaluation des dégâts causés par les 50 centimètres de pluie enregistrés dans certaines régions du pays. Plusieurs jours seront nécessaires pour compiler les données.

LE RISQUE D'ÉPIDÉMIE DE CHOLÉRA
Les Nations unies s'inquiètent des conséquences à long terme du passage de l'ouragan, et notamment des risques liés à l'aggravation des conditions sanitaires. Depuis octobre 2010, le choléra a ainsi touché 600 000 habitants dans le pays et fait plus de 7 400 morts.
Au cours des derniers jours, les organisations humanitaires ont observé une forte augmentation de cas de choléra présumés dans sept départements, dont 86 dans les camps de réfugiés de Port-au-Prince, selon l'Organisation panaméricaine de la santé. Ce qui reste encore difficile à confirmer, car plusieurs communautés demeurent isolées et uniquement accessibles par hélicoptère.

ALERTE SUR LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires présentes sur place s'inquiètent également d'une augmentation des prix des biens de première nécessité, du fait de la destruction des plantations et des cultures de subsistance dans le tiers sud du pays. "L'économie a subi un coup sévère", a indiqué le premier ministre, Laurent Lamothe, à Reuters. "La plupart des cultures épargnées par l'ouragan Isaac [qui a frappé l'île en avril] ont été détruites par Sandy", a-t-il déploré.
La destruction des denrées alimentaires pourrait aggraver une situation déjà tendue sur le plan politique, alors que le pays a été secoué au cours des derniers mois par de violentes manifestations contre la vie chère. Une crainte exprimée parJean Debalio Jean-Jacques, directeur du département du Sud au ministère de l'agriculture. "Tout ce que les paysans avaient – maïs, tubercules – a été dévasté. Certains avaient déjà préparé leurs champs pour les cultures d'hiver et ça a été dévasté", a-t-il déploré.
Dans la ville d'Abricots, dans le sud-ouest du pays, le maire Kechner Toussaint évoque "un désastre agricole" et prédit "une famine dans les prochains jours". Régimes de bananes et arbres à pain, bases de l'alimentation locale, ont été totalement détruits. Dans la région de Camp-Perrin, ce sont les cultures de café qui ont été dévastées à quelques semaines de la récolte. "Le café est l'épargne des paysans", a déploré Maurice Jean-Louis, un planteur à la tête de la coopérative des planteurs de café de Camp-Perrin.

APPEL À L'AIDE INTERNATIONALE
Pour faire face à la situation, le gouvernement a annoncé l'octroi de 350 millions de gourdes (6,3 millions d'euros) pour aider les régions affectées. L'Etat et les organisations humanitaires ont commencé à distribuer de la nourriture, de l'eau et d'autres biens de première nécessité aux victimes de l'ouragan. Vendredi, le président haïtien, Michel Martelly, et le premier ministre avaient distribué des rations alimentaires et des bouteilles d'eau dans les quartiers pauvres de la capitale. "Les stocks sont à un niveau dangereusement bas. Après la tempête tropicale Isaac en août, ces stocks n'ont pas été reconstitués", a averti George Ngwa, porte-parole de OCHA, qui coordonne l'aide humanitaire en Haïti.
Un appel à l'aide internationale d'urgence a été lancé, auquel le Venezuela a déjà répondu en envoyant un bateau et un avion cargo avec de l'eau et de la nourriture.L'Union européenne a indiqué qu'elle soutiendrait les efforts de reconstruction en Haïti, ainsi que dans le reste des Caraïbes touché par l'ouragan. "L'UE se tient prête à soutenir les efforts de reconstruction. Nous continuerons également àsoutenir les projets de prévention des catastrophes et de réduction des risques dans les pays vulnérables des Caraïbes et autres régions sujettes aux catastrophes", ont écrit dans un communiqué commun la haute représentante de l'UE, Catherine Ashton, et la commissaire chargée de la gestion des crises,Kristalina Georgieva.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/30/l-ouragan-sandy-precipite-haiti-dans-la-detresse-sanitaire-et-alimentaire_1783347_3244.html

jeudi 25 octobre 2012

Haïti-Météo-Sandy : Alerte rouge pour l’Ouest et le Sud - Déjà 1 mort

P-au-P, 24 oct. 2012 [AlterPresse] --- Une habitante de Camp Perrin (Sud d’Haïti), qui tentait de traverser une rivière en crue dans la zone, par suite des pluies provoquées par le passage de la tempête Sandy, a été emportée par les eaux, indique la direction (nationale de la protection civile (Dpc) qui confirme son décès.
Les départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes et de la Grande Anse (Sud-Ouest) et de l’Ouest, où se trouvent la capitale Port-au-Prince, sont mis en alerte rouge par les autorités météorologiques dans le cadre des mesures adoptées au passage de la tempête tropicale Sandy.
De fortes pluies, de forts vents, des glissements de terrains, des éboulements, des inondations, des crues de rivières et de grosses mers, sont prévus au passage de Sandy
Les autres cinq départements (Centre, Nord, Nord-Est, Artibonite et Nord-Ouest) sont maintenus sous vigilance orange.
La tempête Sandy pourra déverser 500 mm de pluies sur le pays, selon un bulletin du centre national de météorologie (Cnm).
Les habitantes et habitants des 10 départements géographiques sont appelés à rester vigilants en suivant les consignes de sécurité et en se tenant prêts pour toute éventuelle évacuation.
D’une forte capacité pluviométrique, Sandy pourrait déverser entre 150 à 300 mm de pluie sur les plaines et 500 mm sur les massifs montagneux, suivant les dernières prévisions.
Tout en poursuivant une trajectoire vers le Nord, la tempête tropicale Sandy tendrait à s’intensifier graduellement au voisinage des côtes Sud de la Jamaïque.
Le temps reste couvert, depuis mardi matin 23 octobre 2012, en différents points du territoire nationale d’Haïti, où les précipitations sont enregistrées quasiment partout jusqu’à ce mercredi 24 octobre 2012. [srh rc apr 24/10/2012 11:29]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article13594