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jeudi 9 septembre 2010

Les cas de profanation du Coran depuis 2005

Publié le 08 septembre 2010 à 10h42

En 2005, la publication de 12 caricatures de Mahomet
dans un journal danois avait déclenché des manifestations
violentes dans une partie du monde musulman. PHOTO: AP
Mis à jour le 08 septembre 2010 à 10h45

Agence France-Presse

Le projet d'un groupe évangélique américain de brûler des exemplaires du Coran à l'occasion de l'anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 rappelle des profanations, ou des accusations de profanation, passées du livre saint de l'Islam qui ont attisé les tensions et provoqué des manifestations parfois violentes. Voici un rappel des précédentes affaires depuis 2005:

Janvier 2010
Afghanistan: Sept personnes sont tuées lors d'une manifestation de villageois qui accusent les forces de l'OTAN d'avoir brûlé et lacéré un exemplaire du Coran lors d'une opération dans la province du Helmand (sud).

Août 2009
Pakistan: Un groupe de musulmans en colère tue sept chrétiens, dont un enfant, en les brûlant vifs, les accusant d'avoir profané le Coran. Ils incendient 40 maisons et une église, dans un village de l'ouest de Lahore.

Mai 2008
Afghanistan-Irak: Des milliers de personnes manifestent en Afghanistan pour protester contre la profanation du Coran par un soldat américain en Irak qui avait tiré sur un exemplaire lors d'une séance de tir dans la périphérie ouest de Bagdad. Le militaire est renvoyé de l'armée américaine et le président américain d'alors, George W. Bush, s'excuse auprès du premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Février 2006
Nigéria: Des affrontements entre musulmans et chrétiens à Bauchi, dans le nord du Nigeria, font 10 morts et au moins 40 blessés. Ces heurts éclatent alors que des élèves prétendent avoir vu leur professeur profaner le Coran. La rumeur de l'incident se répand en ville provoquant la colère de jeunes musulmans qui s'en prennent aux chrétiens.

Février 2006
Pakistan: Une manifestation après la profanation d'un exemplaire du Coran retrouvé dans un caniveau du quartier pauvre des faubourgs de Lahore se transforme en émeutes.
Juin 2005
Israël: Des détenus palestiniens à la prison de Meggido, dans le nord d'Israël, accusent des policiers israéliens d'avoir délibérément piétiné et déchiré des exemplaires du Coran ce qui provoque des manifestations de colère dans les territoires palestiniens occupés.
Mai 2005
Guantanamo: L'hebdomadaire Newsweek rapporte que des enquêteurs militaires ont trouvé la preuve dans un rapport interne que des gardiens de Guantanamo ont jeté un Coran dans les toilettes afin de faire pression sur les détenus. Des manifestations éclatent à Gaza, en Cisjordanie, au Pakistan et en Afghanistan où plus de 14 personnes sont tuées. Devant l'ampleur des protestations du monde musulman, une enquête du Pentagone est ordonnée. Newsweek se désavoue, s'excuse et admet que son article est erroné.
Par ailleurs, en septembre 2005 la publication de douze caricatures du prophète Mahomet dans des journaux danois suscite une controverse mondiale et provoque une vague de colère et de violence meurtrière dans le monde musulman. En janvier et février 2006, des émeutes font notamment une trentaine de morts en Libye et au Pakistan et 11 morts en Afghanistan.

Alerte mondiale face au projet de destruction du Coran

Publié le 09 septembre 2010
Juan Castro

Agence France-Presse, Gainesville
L'administration Obama envisageait jeudi de prendre contact directement avec le groupuscule américain qui prévoit de brûler le Coran dans l'espoir qu'il renonce à un projet dénoncé dans le monde entier comme une incitation à la violence.
«C'est un geste destructeur», a averti le président américain Barack Obama, au sujet de l'initiative de la petite église de Floride dirigée par le pasteur Terry Jones.
Le pasteur Terry Jones pose à côté de pancartes  -associant
l'islam au diable- plantées devant le Dove World Outreach Center.
PHOTO: CHIP LITHERLAND, THE NEW YORK TIMES
«C'est une aubaine pour le recrutement d'Al-Qaïda. Il pourrait y avoir de graves violences au Pakistan ou en Afghanistan. Cela pourrait intensifier le recrutement d'individus qui sont prêts à se faire exploser dans des villes américaines ou européennes», a-t-il ajouté.
L'administration Obama envisage de téléphoner au pasteur pour tenter de lui faire changer d'avis. Mais la marge de manoeuvre du gouvernement reste limitée et il ne dispose d'aucun moyen juridique d'empêcher l'autodafé, le droit américain étant fondé sur la liberté d'expression.
Toutefois, alors qu'il semblait décidé à mener son projet à terme coûte que coûte, le pasteur a reconnu jeudi dans le quotidien USA Today qu'il ne «pourrait pas ignorer» un éventuel appel des autorités américaines à annuler la manifestation.
À la tête du «Dove World Outreach Center» («Centre colombe pour aider le monde»), le pasteur compte brûler 200 exemplaires du Coran samedi, jour anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, vers 18h, à Gainesville.
L'initiative de ce groupuscule d'une cinquantaine de membres est censée glorifier le souvenir des victimes des attentats. Elle survient à un moment particulièrement sensible: les musulmans célèbrent autour du 10 septembre la fin du ramadan et les autorités aux États-Unis craignaient déjà avant cette polémique une montée du sentiment anti-musulman.
L'organisation de coopération policière Interpol a lancé une alerte à ses 188 pays membres, mettant en garde contre des «attaques violentes visant des innocents» si le projet est mené à terme.
Signe que la tension monte, en Afghanistan, des milliers de personnes se sont rassemblées dans une petite ville pour crier des slogans anti-américains et anti-chrétiens.
Le département d'État a invité les ambassades américaines à évaluer la menace et appelé les Américains dans le monde entier à «être attentifs aux réactions locales à la situation».
L'Université de Floride s'est aussi placée en état d'alerte, demandant à son personnel et ses étudiants de signaler toute «personne ou paquet suspect».
Le maire de Gainesville, Craig Lowe, a indiqué qu'il avait un «plan» pour gérer la situation, sans en préciser les modalités, et appelé la population à se tenir à l'écart du site où doit se dérouler l'autodafé.
Dans le monde, la liste des mises en garde s'allongeait d'heure en heure.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a jugé l'initiative «inacceptable». Le président pakistanais Asif Ali Zardari a parlé d'un projet qui risque «d'enflammer les sentiments des musulmans».
La France a condamné ce projet qui constitue «une insulte» aux morts des attentats du 11 septembre 2001, victimes eux-mêmes du «dévoiement de la religion». L'Inde a appelé les médias du pays «à ne pas diffuser d'images de cet acte déplorable».
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a jugé que de telles démarches «minent la tolérance religieuse et la paix». Pour Londres, il s'agit d'une «insulte» faite aux musulmans.
Des responsables religieux ont cependant cherché à désamorcer la colère.
Pour les oulémas (théologiens officiels) du Maroc, le projet d'autodafé relève «d'une initiative isolée, étrangère aux valeurs de la religion chrétienne».
L'une des principales organisations musulmane américaine, le Council on American Islamic Relations (CAIR), a appelé jeudi ses coreligionnaires au calme, soulignant que «la meilleure façon de défendre le Coran» restait d'«avoir un haut niveau de tolérance face aux personnes ignorantes».
http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/201009/09/01-4314055-alerte-mondiale-face-au-projet-de-destruction-du-coran.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B4_manchettes_231_accueil_POS1