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Affichage des articles dont le libellé est LE PALAIS NATIONAL D'HAITI ET LE TREMBLEMENT DE TERRE DE JANVIER. Afficher tous les articles
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mercredi 13 avril 2011

Le palais national en voie de restauration

Des techniciens du Centre national des Equipements (CNE) sont à pied d'oeuvre au palais national dans des travaux de démolition des parties jugées « irrécupérables » de l'immeuble le plus emblématique de Port-au-Prince fortement endommagé par le séisme. « Le palais ne sera pas démoli mais restauré ». Selon Daniel Elie, directeur de l'ISPAN, il s'agit de préserver l'image et le lieu avec toute la charge historique, culturelle et symbolique qu'il charrie.
Haïti: Les travaux de démolition entrepris lundi au palais national ont attiré les curieux. Ces derniers en profitent pour discuter des photos des 19 anciens candidats à la présidence des élections du 28 novembre dernier et des projets de logement du gouvernement sortant accrochés au grillage bordant la pelouse du Palais national.
Tout au cours de la journée, sont également agrippés aux grilles du palais des passants qui observent les techniciens du CNE à pied d'oeuvre dans des travaux de démolition de cet édifice qui a été construit entre 1914 et 1921 par l'architecte haïtien Georges Baussan, endommagé par le séisme du 12 janvier 2010. « My palace is collapse !», disait le chef de l'Etat sortant René Préval, lors de la tragédie.
Selon l'Institut de sauvegarde et du patrimoine national (ISPAN), il ne s'agit pas de la démolition totale de ce patrimoine national historique, mais ce sont les parties de l'édifice jugées irrécupérables ou dangereux qui sont en train d'être démolies. Ce sont là des mesures conservatoires qui ont débuté en avril 2010, phase constituant les préliminaires classiques à tous travaux de restauration.
« Il ne s'agit pas de la démolition du palais. Loin de là. Mais plutôt, comme je l'ai dit avant, d'une phase préparatoire aux travaux de restauration, a précisé M. Daniel Elie. A ce sujet, je rappelle que de multiples consultations ont été faites par l'ISPAN au sujet de cet ambitieux projet de restaurer le Palais national d'Haïti », a ajouté Daniel Elie.
A en croire le responsable de l'ISPAN, l'année dernière, un groupe d'éminents architectes, d'urbanistes, de sociologues et d'historiens haïtiens avaient publié un avis avec de sérieux arguments en faveur de la restauration intégrale du palais national. « Cet avis a reconnu que le Palais national est sans conteste, l'expression la plus achevée d'une grande période de l'Architecture en Haïti et constitue probablement un des plus beaux exemples d'architecture néo-classique transplantée en Amérique, a souligné le patron de l'ISPAN.
Cet avis, poursuit l'ancien ministre de la Culture, signale également que l'édifice possède les trois valeurs définissant un monument historique : une haute signification culturelle, une importante valeur documentaire et historique et une valeur architecturale exceptionnelle. « Pour toutes ces raisons, le palais national mériterait, selon cet avis, largement de rester en place dans la mémoire collective du peuple haïtien. Fort de ces arguments, le groupe a recommandé que le Palais national, une fois restauré, soit maintenu comme siège du Gouvernement de la République », a indiqué Daniel Elie.
Actuellement, le CNE, a précisé le directeur de l'ISPAN, est en train d'effectuer la mise en place de ses engins lourds en vue de procéder à la démolition pure et simple de l'annexe 1, l'ancien mess des officiers de l'Armée d'Haïti construite dans les années 70, et de l'annexe 2, tous deux irrémédiablement endommagés par le séisme du 12 janvier 2010 et ne présentant aucune valeur historique ou symbolique. Le CNE, souligne-t-il, procédera également au cours de cette phase à la démolition des dômes latéraux du Palais également irrécupérables.

Durée de ces travaux ?
L'ISPAN n'est pas encore en mesure de préciser la durée de ces travaux de restauration du Palais qui coûteront quelque 20 millions de gourdes. Des travaux qui ont effectivement débuté le 20 juin dernier. « Les points clés à cette question (durée des travaux) restent les expertises structurelles qui nous manquent encore et, selon leurs résultats, les solutions que nous pouvons apporter. Mais dans le cas spécifique du palais national, il s'agit également et surtout de préserver une image et un lieu. Une image et un lieu symboliques, utiles certes, avec toute la charge historique, culturelle et symbolique qu'il charrie », a répondu Daniel Elie qui convie toute la population à ce grand défi que constitue la restauration du Palais, chef d'oeuvre de l'Architecture haïtienne et monument historique, emblème de la souveraineté de la nation.
Par ailleurs, la reconstruction - restauration pour l'ISPAN - du palais national n'était une priorité ni pour Mirlande Manigat, perdante du second tour de la présidentielle, ni pour le président élu, Michel Martelly. « Présidente de la République, je ferai en sorte qu'on reconstruise le Palais, même si, dans une certaine mesure, ce n'est pas la priorité. Si j'ai à choisir entre donner des maisons aux gens qui vivent sous les tentes et reconstruire le palais, je choisirai de donner des maisons aux gens », avait déclaré l'ex-première dame lors du première anniversaire de commémoration du séisme, le 12 janvier dernier.
« Oui, il faut reconstruire. Mais la priorité est la construction de logis pour les sinistrés qui vivent sous les tentes », avait indiqué, pour sa part, le président élu qui entrera en fonction le 14 mai prochain. Il siègera dans des abris temporaires installés dans la cour de palais national.
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com
Commentaires:
On a envie de dire ouf!.. enfin!
Il drôle et amer en même temps de constater comment on peut ne pas avoir ni le souci ni l'objectivité de l'essentiel. Parmi toutes les images qui ont circulé autour du tremblement de terre, celle du Palais National effondré à demie reflétait réellement et intégralement la situation d'un pays, d'un état, d'une nation à genou.
S'il fallait choisir entre les images montrant des centaines de cadavres étalés à perte de vue et le palais national courbé en attitude de soumission et résignation comme l'image la plus frappante du 12 janvier, je pense que je choisirais sans broncher celle qui met en vedette le siège du gouvernement.
Une chose c'est de pleurer les morts et de déplorer les pertes en vie humaine, autre chose c'est de se dire sur quoi s'appuyer pour rebondir. Un palais National debout aurait voulu dire nous plions mais nous ne rompons point.
Malgré les déconvenues de ceux qui ont occupé la plus haute magistrature de l'Etat, le Palais National représente sans nul doute le symbolisme le plus net et le plus profond de notre fierté haïtienne.
René Préval a eu définitivement tort de ne l'avoir pas compris et de n'avoir pas cherché les fonds et les appuis nécessaires pour ouvrir un chantier autour du palais national.
Donc à la bonne heure ! Et tant pis pour le président élu s'il ne comprend pas qu'il serait un tout autre président s'il devait recuperer ses bureau du PALAIS NATIONAL!

jeudi 23 décembre 2010

L’État s’est effondré, le peuple haïtien reste debout

Rétrospective. Mon année 2010

Par Jean-Marie Théodat, directeur du Bureau Haïtien de l’Agence universitaire de la Francophonie.
L’année 2010 restera dans les annales comme l’une des plus éprouvantes de la longue crise qui caractérise l’histoire d’Haïti. Par l’ampleur des dégâts entraînés par le séisme du 12 janvier, par la virulence de l’épidémie de choléra qui continue de se propager dans le pays, et enfin par la difficulté à organiser des élections présidentielle et législatives libres et transparentes, c’est la nation entière qui semble aujourd’hui en danger.
Faut-il en conclure que 2010 signe l’irrémédiable échec d’un État haïtien libre et souverain ? Ce serait mal juger de la vitalité de la société haïtienne. C’est dans cette perspective de nécessaire reviviscence qu’il faut interpréter la contestation des résultats des élections du 28 novembre 2010.
Le cas d’Haïti est emblématique des paradoxes et des contradictions de l’aide humanitaire et des lois d’airain des relations internationales. La communauté internationale est censée renforcer la reconstruction de l’État, mais à plusieurs égards, elle ne fait que la démolir plus avant, par un travail tacite de substitution à l’autorité publique. En effet, la Minustah, avec plus de 9 000 policiers et soldats chargés de renforcer la police nationale d’Haïti dans les tâches de maintien de l’ordre, est désormais perçue par la population comme une force d’occupation. Et la CIRH, composée des principaux bailleurs de l’aide à Haïti, des autorités haïtiennes et des institutions internationales, dont la quatrième rencontre tenue en République dominicaine les 14 et 15 décembre 2010, à distance de la scène haïtienne où la mobilisation sociale contre le régime sortant bat son plein, ne donne pas l’exemple d’un engagement à toute épreuve. Quant aux ONG, elles ont reçu l’essentiel de l’argent décaissé dans le cadre de l’aide à la reconstruction ou de la lutte contre le choléra. Mais de toute la somme promise (9 milliards d’euros), à peine 10 % ont été réellement donnés. Onze mois après le tremblement de terre, tout reste encore à faire, plus d’un million et demi de personnes vivent sous des abris provisoires et des tentes. Pendant ce temps, le choléra progresse à travers le pays : plus de 2 300 morts en un mois et demi. On estime que 400 000 personnes seront touchées dans les six prochains mois, par la maladie.
L’actualité du choléra a pesé lourdement sur la campagne électorale, empêchant la mise en place d’un véritable débat sur la nécessaire reconstruction de la capitale et le renforcement de l’État. Paradoxalement, la mobilisation sociale en faveur d’élections libres et transparentes est le signe d’un ancrage réussi des institutions et des habitudes démocratiques dans l’esprit de l’électorat. La contestation provoquée par les fraudes massives constatées dans le déroulement des élections est en soi une bonne nouvelle. Signe que le calcul sur l’indifférence de la population pour la politique était faux. Le peuple dont on a sous-estimé l’impatience et le ras-le-bol silencieux a attendu calmement le moment de s’exprimer dans les urnes. Et la joyeuse pagaille qui a suivi la publication des résultats donnant Mirlande Manigat en tête avec 31 % des voix, Jude Célestin deuxième avec environ 21 % des votes et Michel Martelly avec 20,8 %, n’a rien à voir avec les scènes de déchoukaj ou de chaos qui ont suivi la chute des Duvalier : c’est une levée spontanée, civique et massive. Par ailleurs, la crise n’a pas dégénéré en bain de sang, mais en bras de fer entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et les candidats contestataires. Au final tout le débat que nous n’avons pas eu durant la campagne électorale peut enfin avoir lieu. Il ne s’agit pas (encore ?) d’un conflit armé, mais d’un coup de poker qui n’a pas réussi. Quoi que l’on puisse penser de l’opportunité des revendications des partisans de Martelly, leur mobilisation est avant tout l’expression d’une indignation fondée sur une éthique collective blessée par une fraude manifeste. Les murs sont par terre, l’État s’est effondré, mais le peuple reste debout ! C’est la seule bonne nouvelle à tirer de cette annus horribilis.
Jean-Marie Théodat
http://www.humanite.fr/21_12_2010-l%E2%80%99%C3%A9tat-s%E2%80%99est-effondr%C3%A9-le-peuple-ha%C3%AFtien-reste-debout-460629

lundi 19 avril 2010

Haiti-ISPAN: Recommandations pour l'avenir du Palais National


Le groupe constitué par l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), après consultations de divers secteurs de la société, après des consultations techniques sur l'état de conservation du Palais National, formule ses recommandations. 
1. Nécessité de prendre en compte les valeurs exceptionnelles du Palais National, en tant que monument historique à part entière : 
• Le Palais national construit entre 1913 et 1922 selon les plans de l'architecte haïtien Georges Baussan est, sans conteste, l'expression la plus achevée d'une grande période de l'Architecture en Haïti et est probablement un des plus beaux  exemples d'architecture néo-classique transplantée en Amérique. 
• Les qualités plastiques, architecturales et architectoniques du Palais National en ont fait un des bâtiments les plus importants de l'histoire de l'architecture en Haïti. La réussite architecturale du Palais National tient à la combinaison des deux composantes principales : d'une part, la spontanéité de son assentiment à l'architecture néoclassique, associée à une générosité dans la distribution et le positionnement des espaces, un constant souci de la commodité, une quête permanente de la lumière, une rare précision dans le dessin, et d'autre part, une réelle adaptation aux conditions climatiques. 
• Réalisé en béton armé, cet édifice constitue, de plus, une avancée remarquable dans la technologie de la construction en Haïti. 
• Siège de la présidence de la république depuis près d'un siècle, le Palais National est le témoin privilégié d'événements importants de l'histoire politique et sociale de la nation. 
• Cet édifice possède les trois valeurs définissant un monument historique : une signification, une valeur documentaire et une valeur architecturale. Pour toutes ces raisons, le palais national mériterait largement de rester en place dans la mémoire collective. 
2. Nécessité de maintenir le lieu comme siège du Gouvernement 
3. Nécessité de privilégier une approche urbaine dans tout projet de restauration du Palais National et de prendre en compte son environnement immédiat. La notion de préservation du patrimoine devrait dépasser celui du monument isolé et s'étendre au quartier (Champ- de-Mars), au centre historique de Port-au-Prince et à la ville. 
4. Nécessité de considérer que les exigences de la bureautique moderne s'accommodent mal au fonctionnement du Palais National. Sa restauration ne devrait envisager que les fonctions d'apparat et les activités officielles de la Présidence (réception officielle, réunion du Conseil des Ministres, etc.). a visite du monument historique devrait également être pris en compte. Les fonctions administratives et autres seraient aménagées dans de nouveaux espaces appropriés et construits à cet effet. 
5. Nécessité d'élargir la réflexion et d'engager un véritable débat autour de l'avenir du Pa- lais National pour la recherche d'un consensus national sur la question de la restauration du bâtiment endommagé ou la construction d'un nouvel édifice. 

ISPAN / N/ Radio Métropole Haïti