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mercredi 18 septembre 2013

ONU... Pas d'excuses publiques ni d'indemnisation pour les victimes du choléra

Le Nouvelliste | Publié le 17 septembre 2013
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
Le Premier ministre Laurent Lamothe a évoqué une responsabilité morale concernant l'introduction de l'épidémie du choléra en Haïti imputée par plusieurs études à un contingent militaire de la MINUSTAH. Une responsabilité que l'Onu continue de décliner à l'instar de son secrétaire général qui écarte même une excuse publique lors d'une intervention sur le plateau de France 24.
Le Premier ministre Laurent Lamothe et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon étaient reçus la semaine écoulée à l'émission Entretien diffusée sur France 24. Les deux hommes étaient interrogés sur divers sujets concernant Haïti, dont le dossier de l'épidémie de choléra. Si le secrétaire général continue de nier toute responsabilité de l'organisation mondiale dans l'introduction de la maladie dans le pays, Monsieur Lamothe a parlé de responsabilité morale tout en refusant l'appel à une excuse publique.
Le secrétaire général interviewé au siège des Nations unies à New York a été invité à s'expliquer sur la raison pour laquelle l'organisation qu'il dirige nie catégoriquement sa responsabilité dans l'introduction de l'épidémie qui a fait plus de 8 000 morts en Haïti. « Nous sommes très attristés par tout ce qui s'est passé. Juridiquement nous avons répondu que cette affaire n'est pas recevable, mais les Nations unies ne sont pas restées inactives. Les Nations unies et moi-même, nous nous sommes engagés, nous avons apportés de l'aide », a soutenu le secrétaire général Ban Ki-moon.
En dépit de la tentative d'explication du secrétaire général, le journaliste a attiré son attention sur le fait que les Nations unies refuse même d'exprimer des regrets de manière publique sur ce dossier. M. Ban Ki-moon de répondre « Ce qui est important aujourd'hui, plutôt de nous en tenir aux aspects juridiques, il n'est pas scientifiquement clair ou établi. C'est la raison pour laquelle nous mobilisons les ressources nécessaires pour aider ces personnes.
Avec le Premier ministre Lamothe, l'accent a été mis sur le silence du gouvernement haïtien alors que des organisations nationales et internationales exigent de l'Onu des excuses publiques et l'indemnisation des victimes. Laurent Lamothe fidèle à la position du gouvernement a déclaré que « le gouvernement travaille avec l'Onu sur le dossier. J'ai travaillé avec le secrétaire général et ensemble, nous étudions des pistes afin de voir comment venir en aide aux parents des victimes ».
Le journaliste a insisté de manière précise, en demandant à M. Lamothe s'il exige des excuses de l'Onu ? Le Premier ministre fuyant la question du journaliste a indiqué « Nous travaillons tous les jours avec l'Onu pour arriver à une solution. Il y a quand même une responsabilité morale dans tout ça. Nous travaillons avec eux sur l'identification de meilleurs moyens afin de résoudre ce problème de manière pérenne. Ceci va passer par différentes étapes et différents processus ».
Durant son intervention, le Premier ministre Lamothe a abordé d'autres points comme l'organisation des prochaines élections, la reconstruction, et la sécurité en Haïti. Il en a profité pour inviter les touristes du monde entier à venir la visiter. Laurent Lamothe a été reçu à l'émission Entretien à l'occasion de sa visite à Paris la semaine écoulée.
Louis-Joseph Olivier ljosepholivier@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=121431

mardi 7 février 2012

Haïti: l’ONU va-t-elle indemniser les victimes de l’épidémie de choléra ?

Entretien avec Françoise Bouchet-Saulnier, directrice juridique de MSF De retour d’Haïti, Françoise Bouchet-Saulnier, directrice du département juridique de MSF revient sur les demandes d’indemnisations formulées par les victimes de l’épidémie de choléra à l’encontre des casques bleus déployés dans le cadre de la Minustah. Entretien réalisé par Fabrice Weissman.
Depuis le mois d’octobre 2011, MSF a reçu plus de 3 000 demandes de certificats médicaux de la part de patients haïtiens ayant été traités pour le choléra dans ses centres de soins. Pourquoi cette demande soudaine?
Les demandes de certificats ont commencé à se multiplier après la diffusion en mai 2011 du rapport d’experts indépendants de l’ONU sur l’origine de l’épidémie de choléra. Ce rapport reconnaît que l’épidémie a démarré à proximité d’un camp de casques bleus népalais de la Minustah. Il souligne que la souche du vibrion cholérique est identique à celle que l’on trouve au Népal. Il conforte ainsi la thèse, défendue notamment par des épidémiologistes, qui attribue l’origine de l’épidémie à la contamination accidentelle de la rivière Artibonite par les latrines du camp militaire de la Minustah situé près de Mirebalais. En revanche, le rapport impute l’ampleur et la virulence de l’épidémie aux conditions sanitaires déplorables dans le pays dont les Nations unies ne peuvent bien entendu être tenues responsables. Le 3 octobre 2011, des avocats haïtiens qui depuis le mois de mai critiquaient le peu d’empressement des pouvoirs politiques haïtiens à demander des comptes à l’ONU, ont lancé une procédure d’indemnisation. C’est alors que les demandes de certificats médicaux adressés par d’anciens patients à MSF (et à d’autres organisations médicales) ont commencé à affluer pour atteindre près de 500 par jour en décembre.

Devant quelle juridiction les avocats haïtiens ont-ils déposé plainte ?
La Minustah est protégée, comme le système des Nations unies, par les accords sur les immunités diplomatiques. Cela signifie qu’il n’est pas possible de porter plainte devant les tribunaux nationaux. Cependant l’immunité n’est pas synonyme d’impunité. L’accord signé entre le gouvernement haïtien et l’ONU (SOFA pour « Statute of Force Agreement ») prévoit que les demandes d’indemnisations supérieures à une somme précise seront réglées par une commission permanente de réclamation composée de trois personnes: deux nommées respectivement par le secrétaire général de l’ONU et le gouvernement haïtien et un président nommé conjointement par le secrétaire général et le gouvernement. A ce jour, cette commission n’a toujours pas été créée. Seul fonctionne le comité d’indemnisation administratif qui gère les petits dommages directement au siège de la Minustah sur le terrain.
C’est dans cette brèche qu’un cabinet d’avocats haïtien (le Bureau des avocats internationaux) soutenu par l’ONG américaine Institute For justice and Democracy in Haïti s’est engagé. Le 3 octobre 2011, il a adressé une demande d’indemnisation au Secrétariat général au nom de 5 000 victimes. La date du 3 octobre correspond au délai de 6 mois moins un jour après la publication du rapport d’expert qui pourrait être invoqué par les Nations Unies comme échéance pour un dépôt de plainte.

En quoi la responsabilité civile et pénale de la Minustah est-elle potentiellement engagée ?
La plainte ne parle pas de contamination volontaire. Nous ne sommes donc pas dans le cadre d’un acte criminel mais de la responsabilité civile du fait d’autrui. Bien entendu, la plainte ne vise pas les individus qui au sein du contingent népalais auraient importé le vibrion cholérique.
Elle vise l’ONU en tant qu’institution responsable du recrutement des casques bleus, de leur santé, de l’organisation de leurs campements, de la sécurité de leurs installations sanitaires, etc. Les avocats reprochent à la Minustah de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour s’assurer que ses soldats n’étaient pas porteurs du choléra et pour éviter la contamination des eaux de surface par les latrines des camps militaires. Ils accusent également l’ONU d’avoir dissimulé l’origine de l’épidémie et ainsi retardé l’adoption de mesures appropriées pour enrayer sa propagation.

Y a-t-il eu des précédents?
A ma connaissance, c’est la première fois qu’une demande d’indemnisation est formulée pour contamination épidémique. Jusqu’à aujourd’hui, les épidémies étaient plutôt considérées comme des catastrophes naturelles et non comme des événements induits par l’homme. Si la plainte aboutit, cela créera un précédent aux conséquences financières, juridiques et politiques incalculables. C’est pourquoi les Nations unies sont extrêmement inquiètes, tout comme les Etats et les organisations internationales.

La plainte a-t-elle des chances d’aboutir?
Il faut d’abord que la Commission de réclamation soit mise en place. Si tel n’est pas le cas, les plaignants pourraient choisir de porter plainte devant des tribunaux américains, haïtiens ou devant la cour interaméricaine des droits de l’homme pour déni de justice et abus d’immunité. Mais il s’agit d’une procédure longue qui prendrait plusieurs années. Si l’ONU et de nombreux intervenants ont intérêt à faire traîner l’affaire, tel n’est pas le cas d’autres acteurs de la scène politique haïtienne. Il est évident que les enjeux financiers aiguisent ces rapports de force à un moment ou la communauté internationale se désengage financièrement d’Haïti.

Peut-on imaginer que MSF ou une ONG soit un jour visée par une plainte similaire ?
Oui, à condition que soit prouvé un lien de causalité entre son intervention et un préjudice. Mais nous aurions alors affaire à des tribunaux nationaux car nous ne disposons pas du privilège d’immunité de l’ONU qui réserve la gestion de ses contentieux à des commissions d’arbitrage ad hoc.
Cette plainte ouvre le débat sur l’indemnisation civile des dégâts involontaires causés par l’activité d’organismes longtemps placés au dessus des lois et du droit commun. Les ONG doivent intégrer ce devoir de précaution dans leurs activités.
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2012/02/haiti-lonu-va-t-elle-indemniser-les-victimes-de-lepidemie-de-cholra-.html

mercredi 25 janvier 2012

L’origine du choléra en Haïti : on a trouvé l’irresponsable !

•Par Claire Magone, membre du Crash
Deux études scientifiques parues l’été dernier ont confirmé l’origine de l’épidémie de choléra qui a frappé Haïti en octobre 2010 : celle-ci a bien été provoquée par la présence d’une quantité massive de la bactérie Vibrio cholerae dans le delta de la rivière de l’Artibonite, en provenance des égouts du campement des soldats de la Minustah. Avant d’être déployé en Haïti, ce contingent avait lui-même été exposé au Népal à une épidémie de choléra de souche similaire en septembre 2010.
Soutenu par des avocats exigeant des compensations, un groupe de victimes s’est constitué et impute aujourd’hui la responsabilité de l’épidémie de choléra « à la négligence flagrante et l'indifférence délibérée des Nations unies pour la santé et la vie des citoyens haïtiens ». Dans le même temps, une ONG qui travaille en Haïti a mis la main sur l’irresponsable parfait. Dans un article paru dans une revue scientifique (1), Partners in health affirme en effet que le premier cas de choléra (ou en tous cas un « des premiers cas importants ») est celui d’un homme de 28 ans habitant Mirabelais, ville abritant le campement des Nations unies d’où s’est propagée l’épidémie. D’après l’ONG, cet homme était atteint d’une « maladie psychiatrique sévère non pris en charge ». Bien « qu’ayant accès à l’eau potable dans sa maison, [il] vagabondait nu à travers la ville durant le jour et se baignait et buvait l’eau de la rivière ». L’homme serait mort 24 heures après l’apparition des premiers symptômes, contaminant les personnes s’étant occupées de sa dépouille.
Pour les auteurs de l’article, cette découverte est riche d’enseignements pour l’amélioration de la santé publique globale, dans la mesure où la déficience mentale de cette personne l’aurait amenée à boire l’eau de la rivière. Ainsi pour éviter qu’une épidémie de ce type ne se reproduise, l’enjeu serait donc de repérer et de prendre en charge les comportements déviants, comme celui de ce malheureux malade mental irresponsable qui, sans le savoir, aurait causé la mort de plus de 7000 personnes.
L’utilisation de l’eau de la rivière comme eau de boisson et de lavage n’est pourtant pas un phénomène marginal en Haïti, mais une pratique courante de l’ensemble de la population. L’importation de l’épidémie de choléra par la Minustah est sans doute riche d’enseignements pour la santé publique globale. Mais elle questionne avant tout les procédures de contrôle des infrastructures et du personnel des organismes d’aide étrangers, comme les possibilités de réparation des dommages que ces organismes peuvent provoquer. En insistant sur l’irresponsabilité d’un individu au comportement déviant, Partners in health, dont le co-fondateur, Paul Farmer, n’est autre que l’envoyé spécial adjoint des Nations unies pour Haïti depuis 2009, chercherait-il à faire diversion autour d’un fait divers ?
(1) publié ce mois-ci dans le American journal of tropical medicine and hygiene, revue à comité de lecture, non disponible en ligne.
Photo © Reuters
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2012/01/par-claire-magone-membre-du-crash-deux-%C3%A9tudes-scientifiques-parues-l%C3%A9t%C3%A9-dernier-ont-confirm%C3%A9-lorigine-de-l.html

vendredi 26 août 2011

Choléra en Haïti : l'épidémie est bien venue des casques bleus népalais

 publiée le 26 août 2011
La preuve définitive de l’origine de l’épidémie de choléra qui a touché Haïti après le séisme est fournie par la génétique. La bactérie a été apportée par des casques bleus népalais, rapporte SciencesetAvenir.

Les conclusions des chercheurs américains et danois au sujet de l’origine du choléra en Haiti sont tombées : ce sont bien les casques bleus népalais envoyés par l'ONU qui ont propagé la maladie dans le pays. Le 12 janvier 2010, Haïti était en effet victime d'un violent séisme de magnitude 7 tuant plus de 200.000 personnes et causant des dégâts considérables. Quelques mois plus tard en octobre, alors que le pays se remettait à peine du séisme, une épidémie de choléra éclatait au milieu des décombres.
Immédiatement, les casques bleus envoyés par l'ONU ont été soupçonnés d'être à l'origine de l'épidémie, alors que les premiers cas de diarrhées sont justement apparus dans leur campement. De plus, ceux-ci étaient originaires du Népal, un pays où la maladie est très répandue, sans oublier que le déclenchement de l'épidémie correspondait exactement à l'arrivée des soldats.
Dès lors, une enquête a donc été conduite. Et les premières études biologiques ont révélé une origine asiatique de la souche de choléra qui sévit en Haïti et qui a provoqué à ce jour plus de 400.000 cas de diarrhées et tué près de 6.000 personnes, selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé. Toutefois, ces résultats n'avaient pas encore été confirmés avec certitude.

Des souches identiques
Pour apporter la preuve irréfutable de l’origine de la souche bactérienne, effectuer la comparaison avec les bactéries présentes au Népal était donc nécessaire. Ainsi, des chercheurs népalais ont bien voulu transmettre des souches collectées entre juillet et novembre 2010 au Népal à l’équipe de Frank Aarestrup, de l’Université technique du Danemark, qui dirige également des laboratoires de référence sur la résistance des microbes pour l’Union européenne et l’OMS, précise Sciencetavenir.
Puis, les chercheurs danois et leurs collègues américains du Translational Genomics Research Institute en Arizona ont procédé à des méthodes rapides de séquençage génétique afin de comparer l’ADN des différentes souches de Vibrio cholerae. Le verdict a été sans appel : les souches népalaises et haïtiennes sont extrêmement similaires, et même identiques dans certains cas, fournissant la preuve définitive de l’origine de l’épidémie en Haïti. Au vu de ces conclusions, reste maintenant à l'ONU de tirer les leçons de ce désastre.
Sur ce thème : épidémie, haïti, onu
http://www.maxisciences.com/chol%E9ra/cholera-en-haiti-l-039-epidemie-est-bien-venue-des-casques-bleus-nepalais_art16530.html

jeudi 11 août 2011

Haiti : Des matières fécales déversées par la Minustah près d’une rivière à Hinche

mardi 9 août 2011 Correspondance - Ronel Odatte
La population de la région du Plateau Central (est) réprouve les actes de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui a déversé en fin de semaine dernière des matières fécales prés de la rivière Guayamouc. Les autorités locales dénoncent ces pratiques, qualifiées de « vagabondage », moins d’un an après le déclenchement dans cette région de l’épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 5000 morts à travers le pays.
Hinche, 9 août 2011 [AlterPresse] --- Les habitants du quartier de Sully à Hinche (est) sont en colère après que plusieurs camions de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) ont déversé, le 6 août 2011, des matières fécales dans des trous creusés à quelques mètres de la rivière Guayamouc.
Les riverains ont été alarmés, mais n’ont pas pu stopper l’opération, selon des témoignages recueillis sur place par AlterPresse.
Pour l’heure, c’est l’inquiétude qui règne, et personne ne veut emprunter la route menant vers cette partie du quartier de Sully, où les matières fécales dégagent une odeur nauséabonde.
Le maire de la ville, André Renard, qui s’est rendu sur les lieux en compagnie de plusieurs journalistes, n’a pas caché son indignation devant ce qu’il appelle « une atteinte à la dignité humaine ».
« Je réclame, une fois de plus, le départ du contingent népalais. Ce sont des porteurs de la bactérie Vibrio cholerae, ils viennent nous exterminer, il est temps qu’ils partent », ajoute-t-il.
André Renard exhorte la population a s’organiser en brigade de vigilance en vue d’empêcher toute action visant à utiliser leurs quartiers comme dépotoirs de matières fécales.
De son côté, le premier sénateur du Plateau Central, Franscisco Delacruz (Alternative), qualifie le déversement de matières fécales près de la rivière Guayamuc d’acte de « vagabondage ».
L’élu du centre se propose de s’entretenir avec les autorités compétentes de de l’organisation des Nations Unies (Onu) en vue de corriger cette situation.
Par ailleurs, des jeunes qui habitent le village Kiskeya (Hinche) demandent à lÉtat haïtien de prendre des dispositions pour débarrasser le sol national des forces étrangères. Ils menacent de créer des troubles, si leur voix n’est pas entendue.
Des membres de diverses organisations sociales, interrogés par AlterPresse, expriment leur réprobation des actes posés par la Minustah.
Pour eux, les forces onusiennes n’accordent pas d’importance à la vie des Haïtiens. Ils critiquent aussi l’attitude, apparemment insouciante, des responsables de l’État.
Jusqu’à dimanche dernier (7 août 2011), aucun responsable local de la Minustah ne s’était prononcé sur les actions reprochées à la force onusienne.
La thèse, selon laquelle les casques bleus népalais basés à Mirebalais (toujours dans le Plateau Central) ont importé en Haïti la souche de choléra, a été confirmée par des scientifiques, entre autres le Francais Renaud Piarroux.
L’argumentation - accusant la force onusienne dans la propagation du choléra en Haïti - est développée dans le numéro de juillet 2011 de la revue “Emerging infectious diseases”, une publication des centres nord-américains de contrôle et de prévention des maladies (Cdc).
Les scientifiques ont présenté des “preuves solides”, “suggérant fortement” l’implication d’un contingent de militaires onusiens, originaires du Népal, ayant contaminé une rivière haïtienne à cause des mesures sanitaires inappropriées sur leur base.
Mais cette thèse a été réfutée par la Minustah.
Dès octobre 2010, les riverains de la rivière de Mirebalais avaient pointé du doigt les militaires népalais dans l’introduction de l’épidémie du choléra, à partir de matières fécales jetées dans le fleuve de l’Artibonite qui traverse les départements géographiques du Centre et du Nord d’Haïti.
Il s’en était suivi plusieurs manifestations de protestations contre la force onusienne déployée en Haïti depuis juin 2011. [ro apr 09/08/2011 17:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11380

vendredi 3 juin 2011

Les autorités sanitaires veulent freiner l'épidémie de choléra

Les autorités sanitaires haïtiennes annoncent que de nouvelles dispositions ont été adoptées face à une nouvelle poussée de l'épidémie de choléra dans plusieurs régions. Carrefour, ville située au sud de la capitale, a payé le plus lourd tribut lors de cette résurgence de la bactérie. Une centaine de personnes auraient été tués la semaine dernière selon les autorités locales. Toutefois le directeur général du Ministère de la santé, Gabriel Timothée a annoncé des enquêtes scientifiques pour vérifier ces statistiques. Il estime à une dizaine le nombre de décès recensés par les structures sanitaires.
Selon M. Timothée plus d'un millier de personnes ont été contaminées par la bactérie notamment dans les quartiers de Bois Dioute et Taille fer. Ces quartier enclavés sont difficilement accessibles ce qui complique d'avantage la tache des autorités sanitaires.
Les récentes averses sont identifiées comme le déclencheur de la résurgence de l'épidémie par les spécialistes. La quasi-totalité des résidences dans ces quartiers populeux sont dépourvues de latrine ce qui facilite la propagation du vibrio cholerae.
Pour contrer l'épidémie les autorités sanitaires ont remis en place des infrastructures fermées depuis deux mois. Une dizaine de CTC fonctionnent dans la région métropolitaine, précise docteur Timothée qui envisage de mettre en place d'autres CTC. Il estime urgent qu'un grand Centre de Traitement de Cholera (CTC) soit ouvert dans le centre ville de Carrefour en vue d'accueillir les malades de la région et des sections rurales.
Dans le même temps le centre d'information et de secours aux malades * 300 est à nouveau opérationnel. Des campagnes d'information sur le respect des règles d'hygiène débuteront dans les prochains jours.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19183

vendredi 6 mai 2011

UN to set up taskforce in wake of report into source of Haitian cholera outbreak

4 May 2011 – An independent panel set up by the United Nations to investigate the source of the cholera outbreak that has claimed more than 4,500 lives in Haiti since it emerged last October has found that a “confluence of circumstances,” and not the fault of any group or individual, was responsible for the fast-moving outbreak. The report of the four-member panel of experts, released today, includes a series of recommendations for the UN and the Haitian Government so they can help prevent the future introduction and spread of cholera within the impoverished Caribbean country.
Secretary-General Ban Ki-moon announced that he plans to convene a task force to study the report’s findings “to ensure prompt and appropriate follow-up.”
Nearly 300,000 Haitians have been sickened since the outbreak started and fresh infections and deaths continue to occur.
The experts’ report states that the evidence “overwhelmingly supports” the conclusion that the source was human activity contaminating a tributary of the Artibonite River with a pathogenic strain of cholera.
Scientific analysis indicate that the bacteria did not originate from the native environment of Haiti, but from a strain “very similar but not identical” to South Asian strains currently circulating within Asia.
The outbreak was able to spread so quickly and widely through the Artibonite River delta and eventually all of Haiti because of a series of factors, including:

•Tens of thousands of Haitians use the river system for washing, bathing, drinking and recreation;
•Thousands of agriculture workers are regularly exposed to the river waters, especially those working in rice paddy fields;
•The local population lacked immunity to cholera;
•The country suffers from poor water and sanitation conditions;
•Infected individuals fled to their home communities after the initial outbreak, thus dispersing the outbreak.
“The introduction of this cholera strain as a result of environmental contamination with faeces could not have been the source of such an outbreak without simultaneous water and sanitation and health-care system deficiencies,” the report concludes.

“These deficiencies, coupled with conducive environmental and epidemiological conditions, allowed the spread of the Vibrio cholerae organism in the environment, from which a large number of people became infected.
“The Independent Panel concludes that the Haiti cholera outbreak was caused by the confluence of circumstances as described above, and was not the fault or, or deliberate action of, a group or individual.”
Mr. Ban set up the panel in early January amid reports that Nepalese peacekeepers serving with the UN force in Haiti (MINUSTAH) may have been the source.
The panel members note that the outbreak highlights the risk of cholera being transmitted in the wake of a major emergency, such as occurred last year in Haiti when a catastrophic earthquake killed more than 200,000 people.
The report recommends that UN personnel and other emergency responders travelling from cholera-endemic areas should either receive a prophylactic dose of appropriate antibiotics before departure or be screened to confirm the absence of the relevant cholera strains.
UN peacekeeping missions operating in areas with cholera outbreaks should ensure that staff be immunized with oral vaccines, receive prophylactic antibiotics, or both, according to the report.
It also calls on UN installations around the world to treat faecal waste using on-site systems that inactivate pathogens before disposal, with the systems operated or supervised by qualified and trained UN staff.
In addition, the report recommends that the Haitian Government and the UN prioritize investing in piped, treated drinking water supplies and better sanitation throughout the country.
Until that can be put in place, the panellists urge the expansion of programmes to treat water at the household or community level with chlorine or other effective method; hand washing with soap; and the safe disposal of faecal waste.
In a statement issued by his spokesperson, Mr. Ban said he would carefully consider the report’s findings and recommendations and stressed that the UN would continue to support the Government and people of Haiti as they battle the cholera epidemic.
“The cholera outbreak has caused significant loss of life and widespread infection throughout the country,” he said. “On behalf of the UN family, the Secretary-General reiterates his deepest sympathies to the victims of the epidemic and their loved ones.”
The panel was chaired by Alejandro Cravioto of Mexico, from the International Center for Diarrhoeal Disease Research in Bangladesh. The other three members were Claudio Lanata of the Instituto de Investigacion Nutritional in Peru, Daniele Lantagne of Harvard University in the United States, and Balakrish Nair of the National Institute of Cholera and Enteric Diseases in India.
http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=38277&Cr=haiti&Cr1=

Haiti: UN warns rainy season poses challenge to ongoing anti-cholera efforts

5 May 2011 – The United Nations peacekeeping mission in Haiti will continue supporting all efforts to combat the spread of cholera in the Caribbean country, cautioning today that the forthcoming rainy season could pose fresh challenges because of the risk of contamination of water sources. “The rainy season is coming and this is a great source of concern for us because the more water you have, the more the risk of new propagation of the epidemic,” said Sylvie van den Wildenberg, spokesperson for the UN Stabilization Mission in Haiti (MINUSTAH).
“MINUSTAH is committed to keep supporting all the humanitarian partners – those in the UN family and indeed the Government of Haiti – in order to respond in the most efficient manner to this new challenge,” she told a news conference in the Haitian capital, Port-au-Prince.
Ms. van den Wildenberg spoke a day after the release of a report by an independent panel set up by the UN to investigate the source of the cholera outbreak that has claimed more than 4,500 lives in Haiti since last October. The report concluded that a “confluence of circumstances,” and not the fault of any group or individual, was responsible for the fast-moving outbreak.
The four-member panel of experts included a series of recommendations for the UN and the Haitian Government so they can help prevent the future introduction and spread of cholera.
Secretary-General Ban Ki-moon has announced that he plans to convene a task force to study the report’s findings “to ensure prompt and appropriate follow-up.”
Nearly 300,000 Haitians have been sickened since the outbreak started and fresh infections and deaths continue to occur.
Ms. van den Wildenberg said tremendous efforts have been made and good results achieved in the fight against cholera, but the country still remains vulnerability to the disease owing to its poor sanitation.
An appeal for $175 million launched by humanitarian agencies last year to respond to the epidemic has received only 48 per cent of the requested funding, and she urged donors who made pledges to make the resources available for continuing efforts to fight the disease.
The spokesperson also noted that the Secretary-General’s Special Representative for Haiti, Edmond Mulet, had offered the UN’s deepest sympathies to those affected by the cholera epidemic and the families of those who had died.
http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=38291&Cr=haiti&Cr1=

Haiti cholera similar to South Asian strain, says UN

Before this epidemic, cholera had not been present in Haiti for nearly a 100 years, the UN report says Continue reading the main story
The cholera strain that has claimed more than 4,500 lives in Haiti closely resembles strains currently circulating in South Asia, a UN report has found.
The investigation followed accusations that UN peacekeepers from Nepal had introduced the disease into Haiti, prompting violent anti-UN riots.
The accusations had been denied by UN and Nepalese officials.
The UN said the report did "not present any conclusive scientific evidence" of a link to the peacekeepers.
The panel said a "confluence of circumstances" were involved in the outbreak.
The epidemic, which started 10 months after Haiti's devastating earthquake in January 2010, has sickened almost 300,000 people, the report says.
Antibiotics call
UN investigators say the epidemic was caused by bacteria introduced to Haiti as a result of "human activity", pointing specifically to the contamination of the Meye tributary system, near the Mirebalais camp housing Nepalese peacekeepers.
The UN had previously described reports that human faecal waste from the camp had caused the outbreak by leaking into river systems as "rumours", saying sanitary conditions for Nepalese peacekeepers were adequate.
The panel now finds that sanitary conditions at the base, "were not sufficient to prevent contamination" of the river system.
However, Michel Bonnardeaux, a spokesman for the UN peacekeeping department, told Reuters news agency the report "does not present any conclusive scientific evidence linking the outbreak to the Minustah peacekeepers or the Mirebalais camp".
He added: "Anyone carrying the relevant strain of the disease in the area could have introduced the bacteria into the river."
The panel experts called for UN peacekeepers travelling from cholera-endemic countries to be screened for the disease and to receive prophylactic antibiotics before their departure.
The investigators also recommended UN installations worldwide treat faecal waste using on-site systems to "inactivate pathogens before disposal".
The panel concludes the epidemic "was not the fault of, or deliberate action of, a group or individual".
They say the Artibonite river's canal system and delta "provide optimal environmental conditions for the rapid proliferation" of cholera.
Experts point to deficiencies in the healthcare, water and sanitation systems in Haiti, saying without these factors "environmental contamination with faeces could not have been the source of such an outbreak".
Further, Haitians lack immunity to the disease which has been absent from the country for nearly a century, they say.
The results come as medical aid groups in the country raise concerns of a new surge of the disease as the spring rainy season begins.
http://www.bbc.co.uk/news/world-latin-america-13297424

Haiti caught cholera from UN peacekeepers

12:30 6 May 2011
HealthScience In Society
Debora MacKenzie, consultant
Where did Haiti's cholera come from? Most Haitians believe the bacteria that have so far sickened 286,000 of them - and killed 4870 - were brought in by United Nations peacekeeping troops from Nepal. And this certainly seemed likely, given where and when the disease broke out, and the fact that regions of Nepal were experiencing cholera outbreaks around the same time that the Nepalese left for Haiti.
Yet the UN mission in the country has consistently denied the allegation. It said natural cholera could have invaded Haiti from the sea, and refused to test its troops.
Now it turns out the Haitians were right. A blue-ribbon panel of scientists nominated by the UN to settle the matter has now reported that "the evidence overwhelmingly supports the conclusion" that someone contaminated Haiti's Meye river with south Asian cholera.
Other scientists, and New Scientist, had already figured as much. But the new report places the issue beyond reasonable doubt. The team combined data on water flow with hospital records to show an "explosive" outbreak started on the Meye 150 metres downstream from the Nepalese base, on 17 October last year and spread through the Artibonite river system in three days - exactly matching the natural flow of water downstream. Nothing suggested it came in from the sea.
The report concludes that sanitation at the Nepalese base was "not sufficient to prevent contamination", to put it mildly. As the UN has insisted, the Nepalese who arrived in Haiti just before the cholera began were indeed given a clean bill of health before they left Nepal. But, the panel now adds, after the health checks and before the troops flew to Haiti they were given 10 days' leave. There was cholera in Kathmandu at the time. Ah.
Then there's the smoking gun. Previously all we knew was that the cholera in Haiti genetically matched strains from south Asia. But the International Vaccine Institute in Seoul, South Korea, sent the panel cholera samples from Nepal. The Haitian strain is a "perfect match" for one from 2009.
The scientists say the outbreak was not the "fault of, or deliberate action of, a group or individual". But no one serious thinks this was deliberate. It's arguably more worrying than that: this risk was entirely foreseeable, happened anyway - and the official response was denial.
In future, the panel says UN people from cholera-endemic countries should be screened and given antibiotics or vaccine before deploying, and all UN installations should treat their own faeces. Good idea. And of course, Haiti needs treated drinking water and sanitation, but we knew that.
The fight now, they conclude, is to stop cholera from becoming endemic in Haiti. Signs are not good. The rainy season has just started there. And at last report, cholera cases are starting to rise.
http://www.newscientist.com/blogs/shortsharpscience/2011/05/debora-mackenzie-brussels-corr.html

jeudi 16 décembre 2010

Haïti : le choléra s'étend au sud et dans les zones rurales du nord

Deux mois après le début de l'épidémie de choléra en Haïti, l'activité de MSF ne faiblit pas. Près de 2 000 patients se présentent chaque jour dans les structures de traitement du choléra gérées ou soutenues par MSF. Si le nombre de cas se stabilise dans l'Artibonite, première région touchée par la maladie, et à Port-au-Prince, l'épidémie continue pourtant de s'étendre dans le nord et atteint de nouvelles régions plus au sud. Dans un centre du traitement du choléra à Port-au-Prince, le 23 novembre 2010.
Urgence choléra en chiffres
Depuis le 22 octobre 2010, MSF a :
- soigné 62 000 personnes présentant des symptômes du choléra en Haïti, soit 10 000 de plus que la semaine passée
- installé 47 structures de traitement du cholera à travers le pays, soit 7 de plus que la semaine passée
- importé 770 tonnes de matériel médical et logistique
- mobilisé 4 000 personnels haïtiens et 315 personnels expatriés
L'épidémie continue sa progression dans les villes et les zones rurales du nord. La semaine passée, MSF a pris en charge plus de 5 000 patients dans les départements du Nord et du Nord-Ouest. Le défi est avant tout logistique, car les régions touchées sont extrêmement difficiles d'accès. Les équipes MSF mettent en place de multiples points de réhydratation et de nouvelles structures de traitement du choléra ont été mises en place à Pignon, St Raphaël, Ranquitte et Gaspard.
Les équipes constatent une nette progression de l'épidémie dans le sud: 439 patients ont été pris en charge par MSF dans le département du sud la semaine passée. A Jacmel, l'unité de traitement du choléra de MSF, d'une capacité de 50 lits, reçoit aujourd'hui une centaine de patients par jour. « Nous avons dû placer jusqu'à quatre patients par lit, essayé de sauver un maximum de patients avant que les renforts n'arrivent. Aujourd'hui, nous avons ouvert un nouveau centre de traitement d'une capacité de 100 lits, nous permettant de gérer la situation » explique le Dr Loreto Barcelo, coordinatrice de MSF à Jacmel.
Le nombre de patients admis dans les structures MSF à Port-au-Prince et dans la région centrale de l'Artibonite se stabilise. Depuis le début de l'épidémie, MSF a soigné plus de 15 000 personnes présentant les symptômes du cholera dans la capitale et 23 000 dans le département de l'Artibonite, foyer de l'épidémie.
Les organisations locales et internationales doivent intensifier la distribution d'eau chlorée dans les zones touchées par l'épidémie. « La priorité c'est de traiter les patients, de permettre l'accès a de l'eau chlorée et d'améliorer les mesures d'hygiène pour éviter que d'autres personnes ne tombent malades » , affirme Kate Alberti, épidémiologiste MSF.
Violences post-électorales : les chiffres MSF
Lors des violences qui ont frappé Port-au-Prince et plusieurs villes du pays entre le 7 et le 12 décembre, MSF a pris en charge 96 blessés, dont 38 présentant des plaies par balle. Quatre personnes sont décédées des suites de leurs blessures. MSF dispose de matériel chirurgical et d'équipes médicales au sein de six structures à Port-au-Prince et deux en région. Les équipes restent prêtes à soigner d'éventuels blessés. Malgré l'insécurité, les équipes MSF sont parvenues à assurer la continuité des activités médicales, y compris la réponse à l'épidémie de choléra et la prise en charge des personnes blessées dans les violences.

Haïti - Épidémie : Les églises partent en croisade contre le choléra

15/12/2010 10:21:41 La coalition Religion pour la Paix, qui regroupe des représentants de plusieurs confessions religieuses en Haïti, s’est engagée hier mardi, dans la lutte contre le choléra, en lançant une vaste campagne de sensibilisation (soutenu par l’UNICEF) au niveau des églises. Durant les services religieux, des messages de sensibilisation seront diffusés pour appeler les fidèles à suivre des mesures d’hygiène et respecter les mesures de prévention.
Mgr Pierre André Dumas, coordonnateur de « Religion pour la Paix », a déclaré que la lutte contre le choléra « ne doit pas être uniquement l'affaire des autorités sanitaires, mais celle de tous les citoyens [...] Toute la Nation doit y faire face [...] nous voulons donner un rôle positif et constructif à la religion ».
Françoise Gruloos-Ackermans, la représentante de l'Unicef en Haïti, affirme qu’il faut un effort considérable de vulgarisation, mais également un effort pour traiter les personnes infectées « Tout le monde doit avoir de bonnes informations sur la maladie, savoir comment la prévenir et comment préparer des sels de réhydratation orale » rappelant que le choléra fait entre 20 et 30 victimes chaque jour en Haïti.
L’OPS/OMS et le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) apportent leur appui à cette campagne. Le docteur Jocelyne Pierre Louis, directrice de la promotion familiale au Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), a indiqué que les autorités sanitaires continuent de déployer leurs efforts en vue de lutter efficacement contre la maladie.
Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 104,918 personnes ont été infectées et traitées, 52,033 personnes ont dû être hospitalisées et 2,359 personnes sont décédées (selon le dernier bilan du MSPP, daté du 10 décembre 2010). Des chiffres importants, mais largement sous-estimés par le gouvernement d’après les experts de la santé de l’ONU, qui estiment que ces chiffres pourraient être le double de ceux publié.
PI/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1921-haiti-epidemie-les-eglises-partent-en-croisade-contre-le-cholera.html

Le Pr Piarroux a "pisté" le choléra en Haïti

 Publié le mercredi 15 décembre 2010 à 16H29
Le rapport d'un spécialiste marseillais de la Timone établit que les soldats népalais de l'Onu sont en cause
Dans son rapport, l'expert Renaud Piarroux (ici au centre, en bleu, lors d'une mission en RD du Congo) évoque en conclusion la possibilité d'une "enquête judiciaire" sur l'origine du choléra en Haïti.
La mission d'investigation a révélé le caractère sévère et inhabituel de cette épidémie, dont l'origine importée ne fait aucun doute. Elle a démarré aux abords du camp de la Minustah (Ndlr: la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) et a été propagée de manière explosive du fait de la contamination massive de l'eau de l'Artibonite et d'un de ses affluents par des matières fécales de patients atteints de choléra": les conclusions du professeur marseillais Renaud Piarroux, expert mondialement reconnu accablent l'Onu. Selon l'enquête de terrain de ce spécialiste qui a traqué les épidémies de choléra dans le monde, la bactérie qui a tué quelque 2000 personnes en Haïti provient bien du camp de soldats népalais de la Minustah, situé à Mirebalais.
Cela confirme les rumeurs qui courent dans le pays et qui ont conduit à des incidents entre la population et les soldats de l'Onu. Elle embarrasse l'institution onusienne qui évoque aujourd'hui une épidémie plus large mais aussi les commanditaires du rapport, l'Ambassade de France et le gouvernement haïtien. Il évoque son enquête pour La Provence.
Comment avez-vous procédé ?
Renaud Piarroux : Une épidémie de choléra n'est pas une fatalité après une catastrophe naturelle, comme certains veulent le laisser croire. Chacune d'elle a son origine et son mode de propagation. En enquêtant, du 7 au 27 novembre en Haïti -comme je l'avais fait sur les bords du lac Tanganyika, à Kalémie, jusqu'en 2009-, nous avons, avec mon assistant Benoît Faucher, cartographié les cas signalisés de choléra, avec l'aide de tous les intervenants en matière de santé. Le premier cas, confirmé le 14 octobre près du village de Mirebalais, est un homme de 20 ans. À partir de ce jour, dans cette commune située le long de la rivière la Meye, puis dans les communes en aval, il y a eu une explosion des cas de choléra en quelques jours pour en arriver à un millier de cas le 21 octobre. Une telle épidémie est unique -Haïti représente la moitié des victimes déclarées de choléra sur le globe en 2010- et ne peut être causée par une transmission de personne à personne. C'est bien dû à une contamination massive de l'eau, en quelques heures.
Mais comment prouvez-vous que le camp des soldats népalais de l'Onu est en cause ?
R.P. : Tout d'abord parce qu'il y a une "signature" du bacille vibrio cholerae qui cause la maladie et qui, dans ce cas, est asiatique. Le choléra sévissait dans la région de Katmandou, la capitale du Népal, d'où venaient les soldats de la Minustah. Comme l'attestent plusieurs témoignages, des tuyaux déversaient le contenu des latrines du camp de l'Onu dans la Meye. Au niveau de Mirebalais où les habitants s'approvisionnaient. Puis il y a eu un déversement en une seule fois d'excréments infectés par des milliards de vibrio cholerae dans l'Artibonite, le fleuve dans lequel les patients puisaient l'eau de boisson. Des photos montrent une citerne de l'Onu déversant les matières fécales dans le fleuve. Mon rapport ne voit pas d'autre cause possible.
Mais le choléra s'est propagé à travers tout le pays...
R.P. : Lorsque l'épidémie a explosé à Mirebalais et 40 km en aval, les gens ont fui dans le pays. On en arrive à une contamination classique, de personne à personne.
Pourquoi votre rapport gêne-t-il ?
R.P. : Je fais mon travail de médecin, d'épidémiologiste. Quand une bombe explose, il faut retrouver la minuterie. Le choléra n'est pas survenu en Haïti par génération spontanée. Il est utile de connaître les causes et l'origine pour lutter contre la maladie. Et mettre en place des procédures de surveillance médicales des troupes de l'Onu et de leurs installations sanitaires.
Recueilli par Philippe LARUE (plarue@laprovence-presse.fr )
http://www.laprovence.com/article/sante/le-pr-piarroux-a-piste-le-cholera-en-haiti

mercredi 15 décembre 2010

Haïti: l'Espagne et la BID offrent 20 millions pour lutter contre le choléra

WASHINGTON - La Banque interaméricaine de développement (BID) a annoncé mercredi qu'elle allait, avec l'Espagne, offrir 20 millions de dollars à Haïti pour lutter contre l'épidémie de choléra, qui a déjà tué plus de 2.400 personnes depuis la mi-octobre. Cette somme doit permettre de créer un réseau de 2.000 postes mobiles de réhydratation, 190 unités de traitement et 10 centres spécialisés dans le traitement des malades dans les zones les plus touchées de Port-au-Prince, indique la BID dans un communiqué.
Ces équipements seront gérés par le Ministère haïtien de la Santé publique, ajoute l'institution.
La BID contribuera à hauteur de 15 millions de dollars et un fonds espagnol apportera les cinq millions de dollars restants, continue le communiqué.
Selon le dernier bilan fourni par les autorités haïtiennes, plus de 2.400 personnes ont succombé au choléra depuis le début de l'épidémie.
http://www.romandie.com/ats/news/101215223452.g1af2o7x.asp

Haïti - République Dominicaine : Lutte contre le choléra ou chasse aux haïtiens ?

15/12/2010 15:57:27 Le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) nous rapporte que des sources dignes de foi font état de chasse aux Haïtiens à Puerto Plata, Sosua et d’autres aires touristiques au Nord de la République Dominicaine. Deux camions circulent à longueur de journée à Puerto Plata à l’entrée comme à la sortie de la ville et se rendent dans les fortes communautés d’Haïtiens. Des agents de la migration dominicaine accompagnés de militaires stoppent des ressortissants haïtiens et leur intiment l’ordre de monter à bord sans même s’attarder à vérifier leur document.
Depuis le début de ces arrestations arbitraires, des responsables d’hôtel ont conseillé à leurs employés haïtiens même détenteurs d’un permis légal de résidence de demeurer à l’hôtel pour quelque temps au lieu de rentrer chez eux pour éviter d’être déportés à l’improviste, a indiqué une source proche des milieux touristiques. En outre, des Dominicains à la peau noire ont confié à des Haïtiens qu’ils se sentent aussi menacés par ces rafles et ne circulent plus sans leur cédula. Il faut rappeler que des cas de déportation de ressortissants dominicains pris pour des Haïtiens ont déjà été enregistrés en maintes occasions à la frontière, dans le passé.
Le 9 décembre 2010, le quotidien EL Nacional avait rapporté l’arrestation suivie de déportation de dizaines de commerçants haitiens à Banica, Pedro Santana, Hondo Valle, Sabana Cruz et dans d'autres endroits d’ELIAS PIÑA afin, disent les autorités, pour combattre la propagation du choléra en République Dominicaine.
Ces opérations avaient été menées conjointement par des Représentants du Ministère de la Santé Publique, de la Direction Générale de la Migration, du Ministère Public, des Forces Armées et du Corps Spécialisé de Sécurité Frontalière (CESFRONT). « Les autorités dominicaines ont délogé des commerçants haitiens durant des opérations réalisées dans des hôtels, des dortoirs, des résidences où ils passaient la nuit et dans leurs entrepôts de marchandises, en prévention du choléra », avait indiqué El Nacional.
Dans une récente note transmise à la presse, le GARR avait exhorté les responsables haïtiens à sortir de leur silence et se prononcer publiquement sur les abus et la discrimination croissante dont sont victimes des ressortissants haïtiens en territoire dominicain.
HL/ GAAR
http://www.haitilibre.com/article-1924-haiti-republique-dominicaine-lutte-contre-le-cholera-ou-chasse-aux-haitiens.html

Haïti : l'épidémie de choléra proviendrait bien d'Asie

L’épidémie de choléra qui sévit en Haïti serait bien originaire d’Asie, d’après les données issues du séquençage du génome de la souche bactérienne impliquée. Ces résultats redonnent du crédit aux rumeurs qui supposaient l’import du vibrion cholérique par des soldats népalais.
Le vibrion à l’origine de l’épidémie de choléra qui frappe Haïti depuis maintenant plusieurs semaines, aurait été importé d’Asie du Sud-Est. Des chercheurs de plusieurs universités américaines l’affirment dans le New England Journal of Medicine. Ils ont pour cela de solides preuves scientifiques.
« Nos données montrent clairement que l’épidémie de choléra qui a débuté en Haïti est due à un vibrion cholérique importé d’Asie du Sud-Est et lié à des activités humaines, précise Matthew Waldor du Howard Hugues Medical Institute, dans le Maryland. Il est donc très peu probable que la situation sanitaire du pays après le tremblement de terre de janvier dernier, soit à l’origine de cette flambée épidémique. Nos résultats contredisent en tout cas cette hypothèse. »
Déjà plus de 2.000 morts
Pour Matthew Waldor, cette découverte de l’origine du vibrion est une bonne nouvelle. « Des mesures de contrôle de l’épidémie, associées à la vaccination, pourraient permettre d’en limiter l’ampleur ». Cette découverte accrédite également l’hypothèse de Renaud Piarroux. Cet épidémiologiste français estime en effet que l’épidémie de choléra aurait débuté dans un camp de soldats népalais, membres de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Ce camp est situé à Mirebalais, dans la région centre d’Haïti.
Au 6 décembre, l’Organisation panaméricaine de la santé – Bureau régional de l’OMS pour les Amériques – avait recensé 91.770 cas dont 2.071 mortels.
Le choléra, toxi-infection intestinale due au vibrion cholérique, se transmet par la consommation d'eau ou d’aliments contaminés. Et plus rarement, par contact direct avec un malade. La maladie se manifeste par des diarrhées intenses. En l’absence de prise en charge adéquate, celles-ci peuvent provoquer la déshydratation du patient. Le traitement consiste essentiellement à compenser les pertes hydriques et électrolytiques – en eau et en minéraux, donc. Il repose sur l’administration de sels de réhydratation orale (SRO), ainsi que sur une antibiothérapie destinée à éliminer le vibrion. S'ils sont pris en
http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/haiti-lepidemie-de-cholera-proviendrait-bien-dasie_26614/

Haïti : la lutte contre le choléra marque des points

mercredi 15 décembre 2010 Maintenant étendue à l'ensemble du pays, l'épidémie continue de tuer 300 personnes par semaine.Mais elle ne progresse plus. à Port-au-Prince, elle est sous contrôle.

Port-au-Prince.De notre envoyé spécial
Le pire n'a pas eu lieu. En ce début de semaine, le choléra a tué 191 personnes à Port-au-Prince. Une hécatombe, mais très loin des dizaines de milliers de victimes que redoutaient les épidémiologistes.
À l'arrivée de la maladie dans la capitale haïtienne, début novembre, un scénario catastrophe semblait commencer à s'écrire. On sait maintenant qu'elle a été importée dans le pays par des Casques bleus népalais. Et qu'elle a été transmise à la population par l'eau d'une rivière dans laquelle les soldats vidaient leurs latrines.
C'est à Mirebalais, dans le centre du pays, que les premiers cas ont été détectés, le 19 novembre. « Le début a été très brutal, avec des dizaines de personnes touchées dès le premier jour. À la fin du mois, on dénombrait déjà 750 décès en aval de Mirebalais et dans le delta de l'Artibonite », précise le Dr Pierre Gazin, médecin de la Croix-Rouge française à Port-au-Prince.
Fuite vers Port-au-Prince
Dans ces régions peu médicalisées, où le choléra était totalement inconnu, la population n'a pas su comment réagir. Or, sans traitement approprié, on meurt en une journée ou deux, quelquefois en quelques heures seulement.
« Les gens ont paniqué. Ils ont fui vers le Nord, Cap Haïtien, ou vers Port-au-Prince, raconte le Dr Gazin. Une fois dans la capitale, la bactérie a pris d'autres voies. On est passé d'une transmission directe, en buvant de l'eau contaminée, à une transmission interhumaine, par les contacts physiques, souvent une simple poignée de mains. »
Si l'épidémie semble maintenant sous contrôle à Port-au-Prince, c'est d'abord parce que la population a bien réagi. Désormais, on ne se serre plus la main, on se choque le poing. Les habitants font attention à l'eau qu'ils boivent, lavent systématiquement les fruits.
L'offre de soins, aussi, a été à la hauteur du péril. Action contre la Faim, par exemple, fait un travail admirable en distribuant de l'eau légèrement chlorée. Ce samedi matin, une équipe se trouve place du Champ-de-Mars, près du camp de déplacés. On fait la queue, dans une odeur d'eau de Javel, devant les robinets alimentés par une énorme poche qu'un camion vient de déposer. L'eau, c'est essentiel pour lutter contre la maladie. « Nous mettons en oeuvre, tous les jours, 180 points de distribution dans la ville, alimentés par 70 camions. Mais cela nous coûte cher : 300 000 euros », dit Lucile Grosjean, la porte-parole.
Lynchages à Jérémie
Des unités de réhydratation ont été ouvertes dans les camps de déplacés. Huit centres anti-choléra ont été créés de toutes pièces, dans les quartiers, pour accueillir et soigner les malades.
En dehors de la capitale, malheureusement, l'épidémie continue de flamber. Tous les départements sont maintenant atteints. Lundi 6 décembre, le total des victimes était de 2 193 morts pour l'ensemble du pays. On recense 9 000 nouveaux cas par semaine et environ 300 morts, essentiellement dus au manque de centres de soins dans les provinces ou à leur éloignement.
Des villes comme Fond-des-Nègres ou Les Baradères, dans le département des Nippes, comptent leurs premiers morts. À Jérémie, dans l'Ouest, onze personnes ont été lynchées. Elles étaient accusées d'avoir amené la maladie.
Pourtant, malgré sa généralisation, l'épidémie paraît marquer le pas. Elle ne progresse plus, semble même diminuer. « Le choléra est une bactérie fragile. En Haïti, elle ne bénéficie pas d'un milieu favorable : trop de pente, pas assez de lagunes. Dans six mois, elle pourrait avoir disparu », pronostique le Dr Gazin. Mais d'ici là, combien de morts ?
Marc MAHUZIER.
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Haiti-la-lutte-contre-le-cholera-marque-des-points-_3637-1623671_actu.Htm

mardi 14 décembre 2010

Haïti ou la géopolitique du choléra

Jérôme Larché 14/12/2010
Pour le médecin Jérôme Larché, les enjeux géopolitiques liés à la propagation du choléra en Haïti sont tout aussi importants que les risques sanitaires encourus par la population.

A l’heure où l’on décompte aujourd’hui en Haïti plus de 2.100 morts et près de 140.000 personnes atteintes par le choléra, les conclusions du Pr. Piarroux, corroborées par une étude américaine récente parue dans le New England Journal of Medicine, mettent en évidence l’origine asiatique de la souche de choléra responsable de cette épidémie.
Officiellement débutée dans le département de l’Aribonite, elle atteint aujourd’hui l’ensemble du pays et l’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’elle devrait provoquer au moins 400.000 cas dans les trois prochains mois. Au-delà des difficultés logistiques et organisationnelles de cette prise en charge par les autorités sanitaires haïtiennes et les ONG médicales présentes en Haïti, ce nouvel éclairage vient pointer la responsabilité potentielle, bien qu’accidentelle, des soldats de la MINUSTAH, et notamment ceux d’origine népalaise.

Epidémie de choléra à Katmandou
En effet, le séquençage génétique des souches de vibrion cholérique de patients haïtiens montrent des relations étroites avec les souches de type El Tor O1, isolées au Bangladesh lors des épidémies de 2002 et 2008. De plus, comme l’indique Renaud Piarroux dans son rapport, une épidémie de choléra sévissait à Katmandou (Népal) à l'époque où sont arrivés les contingents népalais du bataillon de la MINUSTAH.
Si le gouvernement français ne veut, pour l’instant, pas se prononcer sur les conclusions de celui qu’elle avait mandaté pour faire la lumière sur l’origine de cette grave épidémie, c’est parce qu’il a saisi les évidentes implications géopolitiques qui allaient en découler. Celles-ci risquent en effet de se montrer aussi dévastatrices que l’épidémie elle-même, pas pour les haïtiens mais pour les Nations Unies et la communauté internationale.
Des promesses, toujours pas concrétisées
Dans un contexte politique électoral tendu, associé à une situation humanitaire critique pour de nombreuses personnes, les promesses de dons des principales puissances économiques restent, pour l’instant… des promesses. En effet, malgré l’appel de 174 millions de dollars lancé par le secrétaire Général des Nations Unies le mois dernier pour mettre en place une réponse effective de lutte contre l’épidémie de choléra, seuls 20% ont été à ce jour financés. Le travail de prise en charge médicale et de sensibilisation, notamment auprès des populations déplacées, mené par les ONG - comme Médecins du Monde ou Médecins sans frontières - et les mouvements de la Croix-Rouge ne saurait suffire à contenir le phénomène dont le risque à moyen terme est l’évolution vers l’installation durable d’une endémie de choléra dans un pays qui est déjà l’un des plus pauvres au monde.
La responsabilité de l’origine épidémique pointant vers les pays d’Asie du Sud, combinée à la passivité d’une communauté internationale, notamment occidentale, peut se révéler un détonateur social et politique extrêmement préoccupant. Comme pour le tremblement de terre qui a fait près de 200.000 morts, cette épidémie de choléra se déroule sur un terrain de grande précarité socio-sanitaire, dans un pays où 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour et où le taux de mortalité infantile, de 60/1000 naissances, est un des plus élevé au monde. Comme l’a très justement souligné le chercheur allemand, Harald Welzer, "les catastrophes sociales mettent à nu les coulisses de la société et en révèlent les fonctionnements et dysfonctionnements cachés ; elles ouvrent des fenêtres sur la vie souterraine des sociétés […]. Elles font ressortir, en matière d’espérance de vie et de survie, les inégalités normalement amorties par les institutions […]".
Aubaine pour les sociétés militaires privées?
Plus que jamais, Haïti semble désormais incarner le double discours des grandes puissances face aux situations catastrophiques, qu’elles ont parfois provoqué ou tout au moins laissé perdurer. Le discours politique d’affichage, vocal et ambitieux, et celui de l’action, en retrait et sous-financé. Cela, les populations le comprennent et le tolèrent de moins en moins. Il est donc à prévoir que la perception par les Haïtiens de ces puissances économiques, comme des organisations gouvernementales ou non gouvernementales qui y sont associées, devienne de plus en plus négative et que cela engendre des enjeux de sécurité ayant pour conséquence ultime un accès de plus en plus difficile à ces populations aux besoins humanitaires, économiques et sociaux majeurs.
Dans un monde d’interdépendance, globalisé et où l’information se transmet de façon instantanée, il est fort à parier que cet "accident" onusien en Haïti soit le prétexte d’un refus de certains pays au déploiement de casques bleus, voire d’ONG humanitaires, arguant que même le principe de primum non nocere n’est plus respecté.
Il va constituer également un "effet d’aubaine" pour les lobbys de sociétés militaires privés qui, depuis des années, assènent qu’elles seraient en mesure de remplacer plus efficacement les forces de maintien de la paix des Nations Unies sur les terrains de conflits et de post-conflits. La communauté internationale doit donc arrêter la politique de l’autruche en Haïti, assumer ses responsabilités et ses erreurs, impliquer et financer bien plus fortement qu’elle ne le fait aujourd’hui les ONG locales haïtiennes, afin de ne pas laisser le champ libre à une perception négative irréversible qui, à terme, serait au détriment de la population haïtienne et qui ternirait de façon conséquente l’image des Nations Unies, en Haïti mais aussi sur bien d’autres terrains.
Au-delà de ses conséquences sanitaires majeures, cette épidémie de choléra risque donc d’être le déclencheur d’un nouveau séisme d’ordre géopolitique, dont on connait aujourd’hui l’épicentre mais dont, ni l’intensité ni les répliques, ne sont prévisibles.

http://www.youphil.com/fr/article/03249-haiti-ou-la-geopolitique-du-cholera?ypcli=ano

lundi 13 décembre 2010

Haïti: 10 millions d'euros disponibles pour lutter contre le choléra

BRUXELLES - La Commission européenne a annoncé lundi qu'elle était prête à débloquer 10 millions d'euros supplémentaires pour venir en aide aux victimes de l'épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis la mi-octobre. "Cet argent, qui va s'ajouter aux 12 millions d'euros déjà dégagés par la Commission européenne, sera disponible dès que les ONG partenaires sur le terrain seront prêtes à absorber cette somme", a dit la commissaire chargée de l'aide humanitaire d'urgence, Kristalina Georgieva.
Les violences qui ont suivi les résultats contestés du premier tour de la présidentielle ont entravé le bon fonctionnement de l'aide sur le terrain, a déploré Mme Georgieva.
"Pour vaincre le choléra, les travailleurs humanitaires et les victimes ont besoin de paix", a-t-elle dit. "Si la violence persiste, l'épidémie de choléra pourrait échapper à tout contrôle", a-t-elle mis en garde.
Selon le dernier bilan disponible, le choléra a touché 93.222 personnes en Haïti et fait 2.120 morts dans le pays déjà dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier (plus de 250.000 morts, 1,3 million de sinistrés).
Les dix départements du pays et la capitale Port-au-Prince ont fait état de cas confirmés de choléra et la maladie très contagieuse continue de se répandre rapidement.
Selon l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il pourrait y avoir jusqu'à 400.000 cas de choléra au cours des douze prochains mois, dont la moitié au cours des seuls trois prochains mois.
http://www.romandie.com/ats/news/101213114852.2p62ccu5.asp
Commentaires:
S.O.S pour l'Ile à Vache dans le Sud d'Haïti. Nous avons reçu des informations qui décrivent une situation désespérante dans cette localité du Sud du pays. Les autorités et les ONG devraient y aller faire un tour pour donner un coup de main à Soeur Flora Blanchet

samedi 11 décembre 2010

Des Américains s'inquiètent de l'introduction du variant sud-asiatique du choléra en Amérique

pour Le Monde.fr 11.12.10
Depuis plus d'un siècle, Haïti n'avait pas connu le choléra. Ce pays, l'un des plus pauvres du monde, a été frappé brutalement en octobre et là où ne l'attendait pas.
Révélées par Le Monde le 5 décembre, les conclusions de l'enquête épidémiologique conduite sur place en novembre par le professeur Renaud Piarroux, spécialiste du choléra (CHU de Marseille) envoyé par le gouvernement français, ont pointé une origine à l'épidémie : le camp du bataillon népalais de la Minustah, les Casques bleus en Haïti. Une épidémie, importée du Népal, a touché les soldats de ce contingent. Leurs excréments, auraient été déversés "en quantités phénoménales" par un sous-traitant haïtien dans le fleuve Artibonite, contaminant l'eau utilisée par la population des localités environnantes et répandant la maladie à une vitesse foudroyante.
Ce scénario a été rejeté par les responsables du bataillon népalais et le rapport du professeur Piarroux a été mis sous le boisseau afin de ne pas perturber le processus électoral en Haïti.
Il est pourtant conforté à présent par une publication scientifique analysant l'origine de la souche en cause dans l'épidémie haïtienne. Une équipe regroupant des scientifiques haïtiens et américains, notamment de la faculté de médecine de Harvard (Boston, Mass.), confirme en effet, dans un article publié jeudi 9 décembre par le New England Journal of Medicine, l'origine asiatique et importée de la souche de vibrion cholérique, la bactérie qui provoque la choléra, à l'origine de l'épidémie touchant Haïti depuis la mi-octobre.
"L'épidémie d'Haïti résulte probablement de l'introduction par l'homme d'une souche de vibrion cholérique provenant d'une source géographique éloignée", écrivent Chen-Shan Chin et ses collègues américains.
Une pandémie de choléra sévit actuellement au niveau mondial – la septième connue dans l'histoire – est responsable annuellement, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), de 3 millions à 5 millions de cas, qui provoquent de 100 000 à 300 000 décès.
Cette pandémie est due à un type de vibrion cholérique baptisé "El Tor o1", apparu pour la première fois en 1961 en Indonésie. Les souches "El Tor o1" qui sévissent de manière permanente en Amérique du Sud et centrale n'avaient jusqu'ici jamais entraîné de choléra sur l'île d'Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, rappellent les auteurs de l'étude américaine.
De ce fait, les experts ont cherché à déterminer l'origine géographique responsable de l'épidémie qui a déjà fait plus de 2 000 morts en Haïti. Pour cela, ils ont procédé au séquençage du génome des vibrions cholériques retrouvés dans les selles de deux malades haïtiens, de celui d'une souche de "El Tor 01" isolée en 1991 au Pérou lors de son apparition en Amérique latine et de ceux de deux autres souches identifiées en 2002 et en 2008 au Bangladesh (Asie du Sud).
Ils ont également comparé les séquences génétiques obtenues à celles de 23 autres souches. Leur conclusion est claire : "Il existe une étroite relation entre les souches isolées en Haïti et les souches 'El Tor o1' isolées au Bangladesh en 2002 et 2008. Par contraste, l'analyse des variations du génome des prélèvements haïtiens révèle une relation plus distante avec les souches circulant en Amérique latine." De même, ils diffèrent de souches retrouvées en Afrique de l'Est.
Autre point important, les analyses montrent que l'épidémie a bien été provoquée par une souche unique. Les auteurs indiquent que leurs données ne vont pas dans le sens de l'hypothèse selon laquelle la souche haïtienne serait issue de l'environnement aquatique. "De ce fait, il est peu vraisemblable que des événements climatiques soient à l'origine de l'épidémie en Haïti", écrivent-ils, estimant que la détermination exacte de la manière dont la souche sud-asiatique du vibrion cholérique a été introduite en Haïti requiert une enquête épidémiologique.
Ce travail de l'équipe américano-haïtienne complète donc et conforte l'enquête épidémiologique conduite par le professeur Piarroux, en écartant la piste d'une origine locale ou régionale de l'épidémie et en pointant l'Asie du Sud. Dans son rapport, le professeur Piarroux rappelle qu'à l'époque où des soldats du bataillon de la Minustah ont quitté Katmandou (Népal), une épidémie de choléra y sévissait.
Dans leur article du New England Journal of Medicine, Chen-Shan Chin et ses collègues s'inquiètent des conséquences que pourrait avoir, au-delà même des frontières d'Haïti, l'"introduction accidentelle du variant sud-asiatique du vibrion El Tor" dans la région. Plus adaptée à se répandre et plus résistante aux antibiotiques que d'autres, cette souche semble donner des formes plus sévères de choléra. Des caractéristiques qui pourraient, selon les chercheurs, lui faire supplanter le vibrion cholérique "El Tor o1" actuellement installé en Amérique latine.
Paul Benkimoun
http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/12/11/cholera-en-haiti-les-revelations-francaises-confirmees-par-les-americains_1452032_3244.html