Trenton Daniel, Associated Press, Port-au-Prince
Le président haïtien Michel Martelly s'est éloigné vendredi de sa proposition, énoncée la veille lors d'une entrevue, qu'il serait ouvert à l'idée de pardonner l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier. Il a précisé avoir simplement dit vouloir mettre fin au conflit interne qui a longtemps frappé son pays.
M. Martelly, qui s'exprimait dans le cadre d'une entrevue accordée à une station de radio dublinoise, dit n'avoir «jamais proposé de pardonner» au dictateur connu sous le nom de «Bébé Doc», qui est sous le coup d'une enquête judiciaire pour les crimes commis pendant son règne brutal de 15 ans, au cours des années 1970 et 1980. Le juge doit décider prochainement si Duvalier sera poursuivi pour corruption et crimes reliés aux droits de la personne.
Un jour plus tôt, l'Associated Press avait reçu le président Martelly en entrevue en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, et l'avait questionné à propos de l'ex-dictateur et la décision à venir. Le président avait suggéré qu'il tenait peu à un procès, disant que la réconciliation pour sa nation était plus importante que le fait de punir Duvalier.
M. Martelly avait également déclaré que toute décision concernant un possible pardon ne surviendrait qu'en vertu «d'un consensus parmi tous les leaders, tous les partis politiques».
Dans l'entrevue de vendredi avec la station irlandaise Newstalk FM, M. Martelly s'est fait demander pourquoi il pardonnerait Duvalier, et le président a dit avoir été mal compris par l'Associated Press. Il affirme maintenant que la réconciliation ne concernait pas Duvalier, ajoutant que seul le système judiciaire haïtien peut trancher.
Selon le président haïtien, des années de luttes souvent violentes entre les diverses factions de la société haïtienne ont laissé le pays en lambeaux et ce conflit doit prendre fin pour que des progrès aient lieu en Haïti.
Duvalier a posé un problème pour Haïti depuis son retour surprise en 2011 après 25 ans d'exil.
Le pays possède un système judiciaire faible, avec un historique peu glorieux en termes de traitement des crimes mêmes mineurs, et le gouvernement est préoccupé par la reconstruction à la suite du terrible séisme de janvier 2010. Une majorité d'Haïtiens sont désormais trop jeunes pour avoir vécu sous Duvalier, mais plusieurs se souviennent des prisons gouvernementales cauchemardesques et des milices spéciales violentes, connues sous le nom de Tonton Macoute, qui ont tué et torturé les opposants politiques avec impunité.
Les groupes de défense des droits de la personne ont reproché au gouvernement haïtien d'avoir semblé reporter une décision dans l'affaire Duvalier. Plusieurs Haïtiens et opposants de M. Martelly plus âgés se sont montrés alarmés par le fait que son gouvernement embauche des gens qui avaient travaillé au sein de l'administration de l'ancien dictateur.
Les avocats de Duvalier ont argué qu'il y a prescription en ce qui concerne les crimes allégués contre l'ancien politicien, et que leur client ne peut être accusé de crimes supposément commis alors qu'il était au pouvoir.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201201/27/01-4490218-pas-de-pardon-pour-duvalier-affirme-le-president-haitien.php
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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lundi 30 janvier 2012
mardi 20 décembre 2011
Haïti-Duvalier : Le CARLI indigné de voir le dictateur pris comme modèle par des étudiants en droit
P-au-P, 19 déc. 2011 [AlterPresse] --- Le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) s’indigne et dénonce le « comportement scandaleux » du décanat de la faculté de droit des Gonaïves (nord) et des étudiants finissants qui ont fait choix du dictateur Jean-Claude Duvalier comme « parrain de promotion », d’après une note transmise à AlterPresse, ce 19 décembre 2011.
Cet acte vise « à réhabiliter l’ancien dictateur » et « constitue, à bien des égards, un affront et un avilissement pour les milliers de compatriotes qui ont connu les atrocités du régime des Duvalier », selon la note du CARLI.
Le dictateur a été choisi comme « parrain » de la promotion sortante Robert Blanc de la faculté de droit des Gonaïves. La cérémonie de graduation a eu lieu le vendredi 16 décembre 2011 dans la ville des Gonaïves.
Dans son allocution de circonstance, Jean-Claude Duvalier, en exprimant sa reconnaissance envers les étudiants, a qualifié son choix de « parrain de promotion » de « geste courageux et réfléchi. »
Joseph Mécène Jean-Louis est le doyen de l’école de droit et des sciences économiques des Gonaïves depuis la mort de l’avocat Hugues Saint-Pierre en 2007.
« Comment des étudiants en droit, des responsables de faculté de droit peuvent-ils ignorer les principes élémentaires en matière de droits humains et vouloir du même coup institutionnaliser l’impunité à l’instar de nos dirigeants politiques ? » se questionne l’avocat Renand Hédouville, secrétaire général du CARLI.
Lors de son discours, Duvalier ne s’est pas gêné pour saluer la mémoire de jeunes assassinés par son régime.
« En effet, je pense à Jean-Robert Cius, Michelson Michel et Daniel Israel tombés presqu’au seuil de l’adolescence. Souffrez un instant que je vous demande d’observer avec moi une minute de recueillement en leur mémoire », a déclaré le dictateur dans un élan lyrique.
Pour Renand Hédouville, secrétaire général du CARLI, cet acte « est insultant et provocateur ».
« Comment peut-il se recueillir à la mémoire des victimes alors que les auteurs de ce triple assassinat travaillaient à la solde de son régime et en conséquence il était responsable pénalement ? », s’interroge le CARLI.
L’assassinat, en novembre 1985, de ces trois élèves par les hommes de Duvalier aux Gonaives a donné le coup d’envoi d’une série de manifestations qui ont abouti au renversement de « Baby doc » et son départ pour l’exil le 7 février 1986.
Depuis son retour en Haïti, le 16 janvier 2011, plusieurs voix nationales et internationales se sont élevées pour réclamer le jugement de l’ancien président auto-proclamé à vie pour détournements et vols de fonds publics ainsi que crimes contre l’humanité.
« Les crimes contre l’humanité caractérisés par des cas de disparitions, de tortures, de viols, d’exécutions sommaires constituent des crimes internationaux et sont imprescriptibles », rappelle le CARLI.
Depuis le 24 mars 2011, le dictateur Jean Claude Duvalier avait été assigné à résidence. Cette décision de justice prise par le juge Carvès Jean limitait les déplacements de « Baby doc » à la capitale et ce dernier ne pouvait recevoir chez lui qu’à des heures précises.
Cent cinquante-cinq kilomètres séparent la ville des Gonaïves de Port-au-Prince. http://www.alterpresse.org/spip.php?article12096
Cet acte vise « à réhabiliter l’ancien dictateur » et « constitue, à bien des égards, un affront et un avilissement pour les milliers de compatriotes qui ont connu les atrocités du régime des Duvalier », selon la note du CARLI.
Le dictateur a été choisi comme « parrain » de la promotion sortante Robert Blanc de la faculté de droit des Gonaïves. La cérémonie de graduation a eu lieu le vendredi 16 décembre 2011 dans la ville des Gonaïves.
Dans son allocution de circonstance, Jean-Claude Duvalier, en exprimant sa reconnaissance envers les étudiants, a qualifié son choix de « parrain de promotion » de « geste courageux et réfléchi. »
Joseph Mécène Jean-Louis est le doyen de l’école de droit et des sciences économiques des Gonaïves depuis la mort de l’avocat Hugues Saint-Pierre en 2007.
« Comment des étudiants en droit, des responsables de faculté de droit peuvent-ils ignorer les principes élémentaires en matière de droits humains et vouloir du même coup institutionnaliser l’impunité à l’instar de nos dirigeants politiques ? » se questionne l’avocat Renand Hédouville, secrétaire général du CARLI.
Lors de son discours, Duvalier ne s’est pas gêné pour saluer la mémoire de jeunes assassinés par son régime.
« En effet, je pense à Jean-Robert Cius, Michelson Michel et Daniel Israel tombés presqu’au seuil de l’adolescence. Souffrez un instant que je vous demande d’observer avec moi une minute de recueillement en leur mémoire », a déclaré le dictateur dans un élan lyrique.
Pour Renand Hédouville, secrétaire général du CARLI, cet acte « est insultant et provocateur ».
« Comment peut-il se recueillir à la mémoire des victimes alors que les auteurs de ce triple assassinat travaillaient à la solde de son régime et en conséquence il était responsable pénalement ? », s’interroge le CARLI.
L’assassinat, en novembre 1985, de ces trois élèves par les hommes de Duvalier aux Gonaives a donné le coup d’envoi d’une série de manifestations qui ont abouti au renversement de « Baby doc » et son départ pour l’exil le 7 février 1986.
Depuis son retour en Haïti, le 16 janvier 2011, plusieurs voix nationales et internationales se sont élevées pour réclamer le jugement de l’ancien président auto-proclamé à vie pour détournements et vols de fonds publics ainsi que crimes contre l’humanité.
« Les crimes contre l’humanité caractérisés par des cas de disparitions, de tortures, de viols, d’exécutions sommaires constituent des crimes internationaux et sont imprescriptibles », rappelle le CARLI.
Depuis le 24 mars 2011, le dictateur Jean Claude Duvalier avait été assigné à résidence. Cette décision de justice prise par le juge Carvès Jean limitait les déplacements de « Baby doc » à la capitale et ce dernier ne pouvait recevoir chez lui qu’à des heures précises.
Cent cinquante-cinq kilomètres séparent la ville des Gonaïves de Port-au-Prince. http://www.alterpresse.org/spip.php?article12096
mardi 8 février 2011
Haïti: Duvalier rêve de "réconciliation"
AFP 08/02/2011
L'ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir il y a 25 ans jour pour jour, a dit lundi à la radio rêver d'une "réconciliation nationale" initiée par "tous les anciens chefs d'Etat", au moment où Jean-Bertrand Aristide tente de revenir en Haïti.
"J'entrevois cette possibilité où tous les anciens chefs d'Etat pourraient former un grand conseil dans le but de promouvoir la réconciliation nationale et le relèvement d'Haïti", a-t-il dit dans une interview à la radio Signal FM.
M. Duvalier, chassé le 7 février 1986 après quinze ans de pouvoir dictatorial par un soulèvement populaire, est revenu en Haïti le 16 janvier après un exil de 25 ans en France.
Dans les jours qui ont suivi son retour, Jean-Claude Duvalier a été inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs et plusieurs plaintes ont été déposées contre lui pour crimes contre l'humanité.
Le retour de "Baby doc" avait néanmoins été approuvé par Michel Martelly, l'un des deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle.
"Mon rêve c'est de voir tous ces anciens dirigeants tellement populaires réunis en un seul lieu pour la réconciliation nationale", avait lancé M. Martelly après le retour de M. Duvalier. "Arrivé au pouvoir, j'aimerais que tous les anciens présidents deviennent mes conseillers afin de pouvoir profiter de leur expérience", avait-il ajouté.
Depuis le retour de M. Duvalier, un autre ancien président haïtien, Jean-Bertrand Aristide, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis 2004, a également émis le souhait de revenir à Port-au-Prince.
Un responsable haïtien a indiqué lundi que le gouvernement avait émis dans la journée un passeport diplomatique pour l'ancien président, offrant à ce dernier la possibilité de rentrer dans le pays dont il a été chassé par une insurrection armée.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/08/97001-20110208FILWWW00341-haiti-duvalier-reve-de-reconciliation.php
Commentaires:
Les anciens chefs d'état haïtiens semblent vouloir jouer avec les mots. Réconciliation n'est pas synonyme d'impunité. Quand on a causé du tort à la société on paie sa dette devant la justice. Après avoir payé on peut parler d'intégration, de pardon et de réconciliation.
Jugement d'abord réconciliation ensuite!!!
L'ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier, chassé du pouvoir il y a 25 ans jour pour jour, a dit lundi à la radio rêver d'une "réconciliation nationale" initiée par "tous les anciens chefs d'Etat", au moment où Jean-Bertrand Aristide tente de revenir en Haïti.
"J'entrevois cette possibilité où tous les anciens chefs d'Etat pourraient former un grand conseil dans le but de promouvoir la réconciliation nationale et le relèvement d'Haïti", a-t-il dit dans une interview à la radio Signal FM.
M. Duvalier, chassé le 7 février 1986 après quinze ans de pouvoir dictatorial par un soulèvement populaire, est revenu en Haïti le 16 janvier après un exil de 25 ans en France.
Dans les jours qui ont suivi son retour, Jean-Claude Duvalier a été inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs et plusieurs plaintes ont été déposées contre lui pour crimes contre l'humanité.
Le retour de "Baby doc" avait néanmoins été approuvé par Michel Martelly, l'un des deux candidats en lice pour le second tour de la présidentielle.
"Mon rêve c'est de voir tous ces anciens dirigeants tellement populaires réunis en un seul lieu pour la réconciliation nationale", avait lancé M. Martelly après le retour de M. Duvalier. "Arrivé au pouvoir, j'aimerais que tous les anciens présidents deviennent mes conseillers afin de pouvoir profiter de leur expérience", avait-il ajouté.
Depuis le retour de M. Duvalier, un autre ancien président haïtien, Jean-Bertrand Aristide, qui vit en exil en Afrique du Sud depuis 2004, a également émis le souhait de revenir à Port-au-Prince.
Un responsable haïtien a indiqué lundi que le gouvernement avait émis dans la journée un passeport diplomatique pour l'ancien président, offrant à ce dernier la possibilité de rentrer dans le pays dont il a été chassé par une insurrection armée.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/02/08/97001-20110208FILWWW00341-haiti-duvalier-reve-de-reconciliation.php
Commentaires:
Les anciens chefs d'état haïtiens semblent vouloir jouer avec les mots. Réconciliation n'est pas synonyme d'impunité. Quand on a causé du tort à la société on paie sa dette devant la justice. Après avoir payé on peut parler d'intégration, de pardon et de réconciliation.
Jugement d'abord réconciliation ensuite!!!
mercredi 26 janvier 2011
Le dictateur : l’enigme du retour
L’affront est d’une portée titanesque. La provocation participe à la fois du mépris, de la belligérance hautaine et de l’insolence la plus aveugle. Car, quel que soit l’angle sous lequel l’entendement humain puisse envisager la décision de J-C Duvalier de s’inviter en sol haïtien à cette heure critique de la vie nationale, impossible d’inscrire son geste autrement que sous le registre de l’indécence la plus scandaleuse, voir de l’odieux le plus manifeste. L’audace outrancier de Baby Doc, fort avisé de la précarité abyssale où sont plongées les institutions du pays, après la triple dévastation causée par le tremblement de terre, la choléra et l’imbroglio électoral, n’est rien de moins qu’une ignoble gifle, magistralement administrée à l’endroit de toute la classe politique nationale.
Gifle amère et froide car l’accueil ,sinon enthousiaste, du moins étonnamment sympathique, fait à sa personne par des secteurs non négligeables de la rue , traduise paradoxalement le sentiment éminemment tragique et combien désolant d’une collectivité qui n’en finit de constater l’inertie systématique et le misérabilisme généralisé de la société haïtienne vingt-cinq ans après la défection des Duvalier : vie politique comateuse ,effondrement progressif de toutes les ressources économiques, paupérisation de la classe moyenne, dépendance de plus en plus accrue de l’aide étrangère, insécurité permanente dans les grandes villes, fuite massive des cerveaux vers l’étranger, désagrégation de plus en sauvage du tissu social : il est vrai que la classe politique Haïtienne n’a pas à s’enorgueillir de ses réalisations post-duvaliériennes. Sentiment d’autant plus douloureux que le souvenir de l’espoir et de l’euphorie qui enthousiasmaient toutes les couches de la population de ce pays, lors de la défection de Baby Doc en février 86 n’est pas encore totalement disparu.
Gifle amère et froide que ce Jean-Claude Duvalier, franchissant, presque sans broncher, les lignes des douanes haïtiennes et déambulant, avec un port presque héroïque, dans les rues de la capitale, comme s’il était un libérateur, car il pourrait s’agir là de l’illustration la plus convaincante et la plus macabre de l’absolue disqualification de l’élite politique nationale, réfléchissant pour cette dernière, par un dédoublement atroce et cruel, l’image lugubre et assassine de son propre marasme des derniers vingt-cinq ans.
Au point qu’il n’est pas encore exclu de penser, tant le scandale de l’inopiné retour de Baby Doc demeure entier, que l’ultime responsable de toute cette vacherie ne soit finalement la médiocrité des acteurs de l’élite, l’obscurantisme de ses pratiques arriérées et le délabrement permanent de ses institutions majeures.
Gifle amère et froide car elle contraint la classe politique actuelle à prendre toute la mesure de son aliénation endémique par rapport aux classes populaires, puisque celle-là ne pourra plus nier qu’elle aura ainsi contribué à faire admettre par la porte arrière la bête immonde et sanguinaire que celles-ci avaient cru avoir terrassé, au prix de sacrifices ultimes , quelque trente ans plus tôt.
Gifle amère et froide car on ne peut s’y tromper : le vrai nom de ce camouflet impudique , la signature profonde de ce sentiment mégalomane de grossière impunité, il trouve la clé de son intelligence dans la scabreuse dérive de toutes les forces vives de la nation, lesquelles ont été, vingt-cinq ans durant, livrées, par leurs gouvernants à la merci des appétits voraces des classes possédantes ; Tous coupables, de Lesly F Manigat, aveuglé par son obsession à gouverner seul, jusqu’au gouvernement Préval dont le seul programme connu semble être son engagement pour l’inertie et sa foi aveugle dans le laisser aller, en passant par l’administration lavalas qui, deux fois plutôt qu’une, consomma la grande œuvre de perversion de toutes les valeurs démocratiques amorcées depuis le 7 février 86, et qui, à grands coups de populisme niais et infantile, n’hésita point à élever les allégeances partisanes au rang de modus operandi pour toute l’administration du pays, alors que la paranoïa de perdre le pouvoir distillait subtilement de sombres pathologies qui ne reculaient même pas devant le culte idolâtre du chef.
Gifle amère et froide également, parce qu’on sent déjà qu’un vent de panique vient balayer avec ce retour de Jean-Claude tous les pans du gratin politique de Port-au-Prince. D’ailleurs, saisissant au vol l’occasion, depuis son exil sud-africain où le démange encore la morsure du pouvoir, l’ex-président J-B Aristide ,qui a toujours habitué ses interlocuteurs, au moins dans la rhétorique convenue de sa vulgate démagogique, à une volonté, parfois excessive, d’éloignement tant de la personne que des idéologies des Duvalier, semble aujourd’hui prêt á faire tomber les masques…l’exil est pénible, l’hiver ne convient guère à ses yeux malades…alors, lui, non plus, il n’a pu résister à faire parvenir aux autorités haïtiennes l’impérieuse nécessité qui était la sienne de bénéficier d’un nouveau passeport (celui qu’il détient présentement étant expiré) afin de regagner sa terre natale, s’inscrivant ainsi volontairement dans la même filiation de nuisance outrecuidante, de cynisme abusif et d’aveuglement partisan le plus grossier que ce Duvalier, qui, hier encore, était la destination universelle de toutes ses récriminations et l’objet tout désigné de toute son indignation.
Gifle amère et froide car les proches de Duvalier semblent déterminés à faire front sur toutes les institutions et à n’épargner aucun moyen pour justifier le droit de ce dernier à rentrer chez lui. Ils en appellent à la constitution, qui, ne prévoyant pas le bannissement, ne saurait l’empêcher, disent-ils, comme tout autre citoyen, d’entrer dans son pays. Ils allèguent du caractère ordinaire et pacifique de ce séjour, alors que quarante-huit heures seulement à l’intérieur des frontières haïtiennes auront suffi pour que soient déclenchés, de gré ou de force, des manifestations populaires, des protestations émanant de représentants de la presse, des appels lancés sur les ondes radiophoniques de la part d’anciens dissidents et exilés et finalement rien de moins qu’une inculpation au parquet où au cours d’un interrogatoire de plus de trois heures, le contenu d’allégations de détournements de fonds, de corruption et d’association de malfaiteurs lui aurait déjà été communiqué. Si ces ouailles avaient des doutes quant à ses chances de pouvoir, un jour, jouir d’un traitement ordinaire dans ce pays que son père et lui ont dilapidé et dévalisé pendant trente ans, leurs doutes devraient être dissipés totalement après la succession de ces rebondissements si peu de temps après son arrivée.
Gifle amère et froide finalement car l’histoire s’écrit souvent dans une sourde opacité des transcendances du passé projetant victimes et bourreaux dans des jeux de rôle parfois multiples et nombreux et se moquant amèrement des verdicts définitifs. Car sans une volonté étatique organisée doublée d’une pédagogie unifiée de la probité morale et de la droiture civique , les milliers de voix et de plumes, qui se sont mis debout pour la majorité silencieuse sous les bottes des Duvalier, risquent d’éprouver le sentiment d’une seconde trahison, tant est réelle et imminente l’éventualité, que leur résistance héroïque d’alors, ne soit devenue soudain matière à révision, ou même se trouve frappée de la négation la plus absolue. A quoi servait réellement Fort-Dimanche ? Qui étaient finalement ces nombreux détenus qui peuplaient les cachots de Duvalier ? Quel est le sens que la génération actuelle doit retenir de la résistance verticale et courageuse De Jean-Dominique et de ses collègues de Radio Haïti ? La grande majorité des Haïtiens reconnaissent-ils précisément la dette qui est la leur envers les milliers de saints qui ont fait don de leur vie et de leurs biens pour rendre possible la liberté de parole et d’association dont ils usent et abusent aujourd’hui ? La bataille du sens est maintenant ouverte. La course à la conquête de la mémoire haïtienne a commencé.
parpatrick morisseau
mercredi 26 janvier 2011
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-dictateur-l-enigme-du-retour-87775
Gifle amère et froide car l’accueil ,sinon enthousiaste, du moins étonnamment sympathique, fait à sa personne par des secteurs non négligeables de la rue , traduise paradoxalement le sentiment éminemment tragique et combien désolant d’une collectivité qui n’en finit de constater l’inertie systématique et le misérabilisme généralisé de la société haïtienne vingt-cinq ans après la défection des Duvalier : vie politique comateuse ,effondrement progressif de toutes les ressources économiques, paupérisation de la classe moyenne, dépendance de plus en plus accrue de l’aide étrangère, insécurité permanente dans les grandes villes, fuite massive des cerveaux vers l’étranger, désagrégation de plus en sauvage du tissu social : il est vrai que la classe politique Haïtienne n’a pas à s’enorgueillir de ses réalisations post-duvaliériennes. Sentiment d’autant plus douloureux que le souvenir de l’espoir et de l’euphorie qui enthousiasmaient toutes les couches de la population de ce pays, lors de la défection de Baby Doc en février 86 n’est pas encore totalement disparu.
Gifle amère et froide que ce Jean-Claude Duvalier, franchissant, presque sans broncher, les lignes des douanes haïtiennes et déambulant, avec un port presque héroïque, dans les rues de la capitale, comme s’il était un libérateur, car il pourrait s’agir là de l’illustration la plus convaincante et la plus macabre de l’absolue disqualification de l’élite politique nationale, réfléchissant pour cette dernière, par un dédoublement atroce et cruel, l’image lugubre et assassine de son propre marasme des derniers vingt-cinq ans.
Au point qu’il n’est pas encore exclu de penser, tant le scandale de l’inopiné retour de Baby Doc demeure entier, que l’ultime responsable de toute cette vacherie ne soit finalement la médiocrité des acteurs de l’élite, l’obscurantisme de ses pratiques arriérées et le délabrement permanent de ses institutions majeures.
Gifle amère et froide car elle contraint la classe politique actuelle à prendre toute la mesure de son aliénation endémique par rapport aux classes populaires, puisque celle-là ne pourra plus nier qu’elle aura ainsi contribué à faire admettre par la porte arrière la bête immonde et sanguinaire que celles-ci avaient cru avoir terrassé, au prix de sacrifices ultimes , quelque trente ans plus tôt.
Gifle amère et froide car on ne peut s’y tromper : le vrai nom de ce camouflet impudique , la signature profonde de ce sentiment mégalomane de grossière impunité, il trouve la clé de son intelligence dans la scabreuse dérive de toutes les forces vives de la nation, lesquelles ont été, vingt-cinq ans durant, livrées, par leurs gouvernants à la merci des appétits voraces des classes possédantes ; Tous coupables, de Lesly F Manigat, aveuglé par son obsession à gouverner seul, jusqu’au gouvernement Préval dont le seul programme connu semble être son engagement pour l’inertie et sa foi aveugle dans le laisser aller, en passant par l’administration lavalas qui, deux fois plutôt qu’une, consomma la grande œuvre de perversion de toutes les valeurs démocratiques amorcées depuis le 7 février 86, et qui, à grands coups de populisme niais et infantile, n’hésita point à élever les allégeances partisanes au rang de modus operandi pour toute l’administration du pays, alors que la paranoïa de perdre le pouvoir distillait subtilement de sombres pathologies qui ne reculaient même pas devant le culte idolâtre du chef.
Gifle amère et froide également, parce qu’on sent déjà qu’un vent de panique vient balayer avec ce retour de Jean-Claude tous les pans du gratin politique de Port-au-Prince. D’ailleurs, saisissant au vol l’occasion, depuis son exil sud-africain où le démange encore la morsure du pouvoir, l’ex-président J-B Aristide ,qui a toujours habitué ses interlocuteurs, au moins dans la rhétorique convenue de sa vulgate démagogique, à une volonté, parfois excessive, d’éloignement tant de la personne que des idéologies des Duvalier, semble aujourd’hui prêt á faire tomber les masques…l’exil est pénible, l’hiver ne convient guère à ses yeux malades…alors, lui, non plus, il n’a pu résister à faire parvenir aux autorités haïtiennes l’impérieuse nécessité qui était la sienne de bénéficier d’un nouveau passeport (celui qu’il détient présentement étant expiré) afin de regagner sa terre natale, s’inscrivant ainsi volontairement dans la même filiation de nuisance outrecuidante, de cynisme abusif et d’aveuglement partisan le plus grossier que ce Duvalier, qui, hier encore, était la destination universelle de toutes ses récriminations et l’objet tout désigné de toute son indignation.
Gifle amère et froide car les proches de Duvalier semblent déterminés à faire front sur toutes les institutions et à n’épargner aucun moyen pour justifier le droit de ce dernier à rentrer chez lui. Ils en appellent à la constitution, qui, ne prévoyant pas le bannissement, ne saurait l’empêcher, disent-ils, comme tout autre citoyen, d’entrer dans son pays. Ils allèguent du caractère ordinaire et pacifique de ce séjour, alors que quarante-huit heures seulement à l’intérieur des frontières haïtiennes auront suffi pour que soient déclenchés, de gré ou de force, des manifestations populaires, des protestations émanant de représentants de la presse, des appels lancés sur les ondes radiophoniques de la part d’anciens dissidents et exilés et finalement rien de moins qu’une inculpation au parquet où au cours d’un interrogatoire de plus de trois heures, le contenu d’allégations de détournements de fonds, de corruption et d’association de malfaiteurs lui aurait déjà été communiqué. Si ces ouailles avaient des doutes quant à ses chances de pouvoir, un jour, jouir d’un traitement ordinaire dans ce pays que son père et lui ont dilapidé et dévalisé pendant trente ans, leurs doutes devraient être dissipés totalement après la succession de ces rebondissements si peu de temps après son arrivée.
Gifle amère et froide finalement car l’histoire s’écrit souvent dans une sourde opacité des transcendances du passé projetant victimes et bourreaux dans des jeux de rôle parfois multiples et nombreux et se moquant amèrement des verdicts définitifs. Car sans une volonté étatique organisée doublée d’une pédagogie unifiée de la probité morale et de la droiture civique , les milliers de voix et de plumes, qui se sont mis debout pour la majorité silencieuse sous les bottes des Duvalier, risquent d’éprouver le sentiment d’une seconde trahison, tant est réelle et imminente l’éventualité, que leur résistance héroïque d’alors, ne soit devenue soudain matière à révision, ou même se trouve frappée de la négation la plus absolue. A quoi servait réellement Fort-Dimanche ? Qui étaient finalement ces nombreux détenus qui peuplaient les cachots de Duvalier ? Quel est le sens que la génération actuelle doit retenir de la résistance verticale et courageuse De Jean-Dominique et de ses collègues de Radio Haïti ? La grande majorité des Haïtiens reconnaissent-ils précisément la dette qui est la leur envers les milliers de saints qui ont fait don de leur vie et de leurs biens pour rendre possible la liberté de parole et d’association dont ils usent et abusent aujourd’hui ? La bataille du sens est maintenant ouverte. La course à la conquête de la mémoire haïtienne a commencé.
parpatrick morisseau
mercredi 26 janvier 2011
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-dictateur-l-enigme-du-retour-87775
dimanche 15 avril 2007
Construire sur le sang et l'obscurantisme: François Duvalier
Quelques uns des illustres prisonniers décédés dans les geôles des Duvalier
Militants, professionnels, écrivains, journalistes, militaires, macoutes, ils devinrent tous des loques humaines ou furent exécutés
samedi 14 avril 2007,
Radio Kiskeya
Nous rappelons, dans le cadre d’une série, quelques unes des atrocités du régime des Duvalier à l’occasion du centième anniversaire samedi (14 avril 2007) de la naissance du plus dévastateur des dictateurs haïtiens : François Duvalier.
Militants, professionnels, écrivains, journalistes, militaires, macoutes, ils devinrent tous des loques humaines ou furent exécutés
samedi 14 avril 2007,
Radio Kiskeya
Nous rappelons, dans le cadre d’une série, quelques unes des atrocités du régime des Duvalier à l’occasion du centième anniversaire samedi (14 avril 2007) de la naissance du plus dévastateur des dictateurs haïtiens : François Duvalier.
- Jacques-Stephen Alexis, écrivain de renommée internationale et secrétaire général du Parti de l’Entente Populaire (PEP, marxiste-léniniste), exécuté au Fort Dimanche en 1961 dans des conditions jamais élucidées. Lui et ses trois compagnons d’infortune, Guy Béliard, Max Monroe et Hubert Dupinouillé ont été capturés, torturés et mis à mort à la suite d’une tentative d’invasion..
- Auguste Thénor : Cellule 1, Plaine du Cul-de-Sac (nord de Port-au-Prince). Poète, journaliste, membre du groupe Haïti Littéraire avec René Philoctète, Anthony Phelps et Roland Morisseau. Arrêté en 1971 et libéré en décembre 1972, il est de nouveau appréhendé en janvier 1973 avant de mourir en 1975 de diarrhée.
- Ezéchiel Abellard : Cellule 6, meurt en août 1976 de tuberculose et de malnutrition. Journaliste, originaire de la communauté rurale de l’Arcahaie (40 km au nord de la capitale)..
- Fred Baptiste : Cellule 1, Jacmel, meurt le 16 juin 1974 de tuberculose et de maladie mentale, à l’âge de 41 ans. Son corps, ceux de son frère Rénel et de leurs sept compagnons sont jetés en pâture aux chiens.
- Fred Baptiste fut un militant politique et le leader des Forces Armées Révolutionnaires d’Haïti (FARH), un mouvement de guérilla lancé en 1964 dans le Sud-Est d’Haïti avec le soutien de nombreux paysans. A Mapou, Belle-Anse, Bodary et Thiotte, plusieurs centaines de paysans furent arrêtés et exécutés. André Simon, ami personnel de Duvalier, était à la tête du détachement militaro-macoute chargé de mâter la rébellion armée..
- Justin BERTRAND, cellule 5, Port-au-Prince. Ancien redoutable chef macoute de Carrefour-Feuilles (sud-est de la capitale), il meurt le 26 août 1975 de tuberculose, de diarrhée et de démence. Avant de s’éteindre, il se barbouilla le visage et le corps de matières fécales.
- Rameau Estimé : Cellule 1, meurt le 13 mai 1976 de diarrhée et de malnutrition. Député "j’approuve" et duvaliériste de la première heure, il fut jeté en prison après être tombé en disgrâce.
- Kesner BLAIN, cellule 3, Port-au-Prince. Ancien colonel des Forces Armées d’Haïti (FAd’H), il meurt le 1er février 1976.
- Marie-Thérèse Féval : Exécutée en mars 1976. Elle fit partie de l’équipe dirigeante du Parti Unifié des Communistes Haïtiens (PUCH).
- Hubert Legros : Cellule 6, Port-au-Prince. Meurt le 19 décembre 1975 à 5h AM de diarrhée et de tuberculose. Il était un avocat bien connu.
- Salma Pierre-Paul : Cellule 3, St-Marc, meurt de tuberculose. Il fut professeur et avocat.
- Annouce Rebecca : Cellule 3, Cavaillon. Meurt le 10 octobre 1972 de tuberculose. Il fut un ancien membre des Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN).
- Richard Brisson et ses quatre compagnons d’infortune furent torturés et fusillés en 1982 aux Casernes Dessalines. Brillant journaliste culturel, diseur et homme de théâtre, Brisson se trouvait en compagnie des rebelles qui avaient débarqué avec des armes à bord d’un hydravion sur l’île de La Tortue (nord-ouest) en provenance de Miami.
Ils étaient arrivés vers le 17 avril 1961 au Môle St-Nicolas (nord-ouest) en provenance de Cuba.
P.S En 1978, la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) avait envoyé au gouvernement de Jean-Claude Duvalier une liste de 151 prisonniers qui avaient été exécutés à cette époque. spp/RK
Sources : Les Cachots des Duvalier de Marc Romulus et Le Prix du sang de Bernard Diederich
Comment françois Duvalier a tué Les libertés: La Loi anticommuniste de 1969
L’un des instruments juridiques ayant permis à Duvalier d’instaurer un régime fasciste en Haïti
samedi 14 avril 2007,
Radio Kiskeya
Pour l’histoire, nous reproduisons l’un des textes législatifs les plus liberticides qui aient été conçus et proclamés en Haïti. La loi anticommuniste du 28 avril 1969, approuvée à l’unanimité par la Chambre des Députés et promulguée par le gouvernement de François Duvalier.
Cette légitimation d’un système de pensée unique et d’un Etat consacrant l’abolition du pluralisme idéologique en pleine guerre froide vint dans le sillage d’une vaste campagne meurtrière lancée contre la gauche haïtienne à Port-au-Prince, à l’Arcahaie, au Cap-Haïtien et dans de nombreuses autres régions du pays.
TEXTE DE LA LOI ANTICOMMUNISTE DU 28 AVRIL 1969
Article 1.- Sont déclarés crimes contre la sûreté de l’Etat, les activités communistes sous quelque forme que ce soit : Toute propagande des doctrines communistes ou anarchistes, par conférences, discours, causeries, lectures, réunions publiques ou privées ; par tracts, placards, périodiques, revues, journaux, brochures, livres, images, toutes correspondances écrites ou verbales avec des associations, soit locales, soit étrangères, ou avec des personnes qui s’adonnent à la diffusion des idées communistes ou anarchistes, de même que le fait de recevoir, de recueillir ou de fournir des fonds destinés directement ou indirectement à la propagation desdites idées.
Article 2.- Seront déclarés coupables des mêmes crimes tous ceux qui, à un titre quelconque : Libraires, propriétaires ou gérants d’imprimerie, propriétaires, gérants ou locataires de salles de spectacle publiques ou privées ; propriétaires, locateurs ou locataires de maisons d’habitation ; ministres du culte, ministres prédicateurs, professeurs, instituteurs, etc., auront suggéré ou facilité leur exécution ; hébergé ou prêté assistance à leurs auteurs.
Article 3.- Les individus poursuivis conformément aux articles 1 et 2 de la loi présente seront jugés par une cour martiale ou militaire permanente.
Article 4.- Tout individu surpris en flagrant délit d’activités anarchistes ou terroristes est déclaré hors-la-loi
Article 5.- La présente Loi abroge toutes lois ou dispositions de lois, tous décrets, tous décrets-lois ou dispositions de décrets-lois qui lui sont contraires et sera exécutée à la diligence des Secrétaires d’Etat de l’Intérieur et de la Défense Nationale et de la Justice, chacun en ce qui le concerne. FIN
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
samedi 14 avril 2007,
Radio Kiskeya
Pour l’histoire, nous reproduisons l’un des textes législatifs les plus liberticides qui aient été conçus et proclamés en Haïti. La loi anticommuniste du 28 avril 1969, approuvée à l’unanimité par la Chambre des Députés et promulguée par le gouvernement de François Duvalier.
Cette légitimation d’un système de pensée unique et d’un Etat consacrant l’abolition du pluralisme idéologique en pleine guerre froide vint dans le sillage d’une vaste campagne meurtrière lancée contre la gauche haïtienne à Port-au-Prince, à l’Arcahaie, au Cap-Haïtien et dans de nombreuses autres régions du pays.
TEXTE DE LA LOI ANTICOMMUNISTE DU 28 AVRIL 1969
Article 1.- Sont déclarés crimes contre la sûreté de l’Etat, les activités communistes sous quelque forme que ce soit : Toute propagande des doctrines communistes ou anarchistes, par conférences, discours, causeries, lectures, réunions publiques ou privées ; par tracts, placards, périodiques, revues, journaux, brochures, livres, images, toutes correspondances écrites ou verbales avec des associations, soit locales, soit étrangères, ou avec des personnes qui s’adonnent à la diffusion des idées communistes ou anarchistes, de même que le fait de recevoir, de recueillir ou de fournir des fonds destinés directement ou indirectement à la propagation desdites idées.
Article 2.- Seront déclarés coupables des mêmes crimes tous ceux qui, à un titre quelconque : Libraires, propriétaires ou gérants d’imprimerie, propriétaires, gérants ou locataires de salles de spectacle publiques ou privées ; propriétaires, locateurs ou locataires de maisons d’habitation ; ministres du culte, ministres prédicateurs, professeurs, instituteurs, etc., auront suggéré ou facilité leur exécution ; hébergé ou prêté assistance à leurs auteurs.
Article 3.- Les individus poursuivis conformément aux articles 1 et 2 de la loi présente seront jugés par une cour martiale ou militaire permanente.
Article 4.- Tout individu surpris en flagrant délit d’activités anarchistes ou terroristes est déclaré hors-la-loi
Article 5.- La présente Loi abroge toutes lois ou dispositions de lois, tous décrets, tous décrets-lois ou dispositions de décrets-lois qui lui sont contraires et sera exécutée à la diligence des Secrétaires d’Etat de l’Intérieur et de la Défense Nationale et de la Justice, chacun en ce qui le concerne. FIN
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
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