Chantal Guy, La Presse
Festifs, les Haïtiens? Vous n'avez pas idée. Surtout pendant le carnaval, plus grande fête du pays, qui fait passer le Festival de jazz de Montréal pour une réunion paroissiale en comparaison. Impressions d'une virée au coeur de la foule.
Une semaine avant le carnaval national - qui s'est tenu cette année pour la première fois aux Cayes, même si on le fête partout -, il y a toujours le fameux carnaval de Jacmel, le plus «touristique», qui attire les gens de partout dans le pays. Cette ville plutôt calme voit sa population tripler pendant l'événement. Tous les hôtels sont pleins. Et Jacmel, ville d'artistes, est particulièrement fier de «son» carnaval, un peu comme la ville de Québec est fière du sien.
On se prépare des mois à l'avance pour l'occasion. Le Grand Jour, on se maquille, on se déguise, peu importe la chaleur, et c'est le défilé, où se déploie une quantité phénoménale de fabuleux personnages en papier mâché qui se déversent dans les rues. Pendant des heures, c'est la procession carnavalesque, merveilleuse et inquiétante à la fois, où se mêlent le comique et le macabre, l'humain et l'animal, une succession de monstres qui éblouissent et terrifient les enfants comme les adultes. Le tout puigé dans le riche répertoire vaudou. On rend hommage aux Lwa (les esprits), et vous croisez plusieurs Baron Samedi avec le distinctif chapeau haut-de-forme, des danseurs traditionnels, des musiciens; les jeunes comme les vieux participent. Au détour de n'importe quelle rue surgissent des «bandes à pied», petites troupes de musique, tambours et trompettes, rapidement entourées de spectateurs qui suivent le rythme. Et pas qu'à peu près. La société haïtienne est plutôt prude, il est par exemple très mal vu de s'embrasser en public. En revanche, quand il est question de danse, on peut pratiquement mimer la copulation devant tout le monde! Ezili, divinité de l'amour, est forcément à l'oeuvre... Le Barbancourt et la Prestige, qui coulent à flots, doivent aider un peu. Mais ça empire les problèmes de salubrité aussi. Disons que ça sent l'humain qui fête fort et qu'il n'y a pas de toilettes publiques. Quand on est habitué à des festivals entourés de clôtures, avec des policiers qui fouillent vos sacs à l'entrée, on ne peut qu'être ahuri devant l'absence de toute contrainte. C'est un vrai défouloir collectif.
La nuit
Dès que le soleil se couche, ces créatures fantastiques cèdent la place aux énormes chars musicaux coiffés des meilleurs groupes kompa, qui font carrément la largeur de la rue, alourdis par d'énormes haut-parleurs hurlant à nous défriser les oreilles. La frénésie monte. Les passions se déchaînent. Quelques rares ambulances sont postées pour conduire à l'hôpital d'éventuels blessés. L'heure n'est plus aux agoraphobes, qui peuvent se réfugier, moyennant quelques gourdes, sur les estrades édifiées pour l'occasion. Les plus audacieux choisissent le bain de foule. Pas un centimètre carré de libre - parfois on ne touche même pas le sol: on danse, on se bouscule, et les mains baladeuses des voleurs à la tire nous tâtent (mieux vaut avoir les poches vides). On se dit qu'un mouvement de panique et c'est l'hécatombe, mais ici, on danse avec la mort. Sans l'aide de mon ami haïtien Géraldo, je n'aurais pas réussi à m'extirper de cette marée humaine. Il faut avoir le sens de la foule. Au moment où la crise de panique se pointait, le président Martelly et sa cour sont passés juste devant nous, comme pour faire diversion. Il faut savoir que les fans de Martelly l'ont désigné président Kompa avant de le confirmer à son poste politique. Ce n'est pas pour rien qu'il était et à Jacmel et aux Cayes.
Enfin, les touristes fatigués ne peuvent compter sur la quiétude de leur chambre d'hôtel. La musique et les gens sont partout, ça durera toute la nuit. Ça durera plusieurs jours. Jusqu'à ce que les Haïtiens, et les Lwa, soient repus.
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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jeudi 8 mars 2012
lundi 20 février 2012
Haïti/Festivités carnavalesques : Des dispositions ont été prises pour le bon déroulement du carnaval 2012
vendredi 17 février 2012 à 17:22 Carnaval
Le Ministère de la santé publique et de la population de concert avec l’OFATMA a adopté tout un ensemble de dispositions à l’occasion du déroulement du Carnaval 2012, les 19, 20 et 21 février.
Des zones spécifiques ont été identifiés sur la route nationale numéro 2 jusqu’à la Ville des Cayes, hôte de cette manifestation culturelle cette année.
Des ambulances bien équipées, des médecins, des infirmières et des matériels nécessaires ont été déployées de Cressier à Port-salut, afin de faire face à des cas d’accidents.
Sur tout les parcours des postes médicaux ont été placés alors que les différents hôpitaux ont formé un réseau pour gérer les urgences pendant le déroulement des festivités carnavalesques, a annoncé le directeur général du MSPP.
Dans le cadre de son plan de sécurité pour le Carnaval 2012, la police nationale d’Haïti a mené plusieurs opérations dans le département du Sud. 53.5 kilogrammes de cocaïne ont été saisies, deux armes à feu, deux chargeurs de 15 et de 7 cartouches et cinq livrets d’épargne ont été également confisqués alors que deux individus ont été appréhendés, à Saint-Louis du Sud, Sud du pays.
Le porte-parole adjoint de la PNH a annoncé de nouvelles dispositions ajoutées aux mesures additionnelles en vue d’assurer pleinement la sécurité des carnavaliers durant les trois jours gras.
La Direction de la circulation et de la police routière a adopté des mesures particulières pour le Carnaval. Durant les trois jours gras, les conducteurs ne pourront pas rouler à une vitesse supérieure à 90 kilomètres/heures, a annoncé le commissaire Will Dimanche. Le DCPR précise que des patrouilles seront déployés toute la route nationale numéro 2 afin de contrôler la circulation et réduire les risques d’accident.
Par la même occasion, l’institution policière dit également entendre appliquer les instructions du Ministre de l’intérieur et de la défense nationale et contraindre les anciens militaires à remettre leurs armes et quitter les bases qu’ils ont regagnées. C’est du moins c’est qu’a laissé entendre le porte-parole adjoint de la PNH. Garry Desrosiers soutient que la police n’a pas besoin d’attendre des ordres pour désarmer des individus qui détiennent des armes illégales.
http://radiovision2000haiti.net/home/?p=12574
Le Ministère de la santé publique et de la population de concert avec l’OFATMA a adopté tout un ensemble de dispositions à l’occasion du déroulement du Carnaval 2012, les 19, 20 et 21 février.
Des zones spécifiques ont été identifiés sur la route nationale numéro 2 jusqu’à la Ville des Cayes, hôte de cette manifestation culturelle cette année.
Des ambulances bien équipées, des médecins, des infirmières et des matériels nécessaires ont été déployées de Cressier à Port-salut, afin de faire face à des cas d’accidents.
Sur tout les parcours des postes médicaux ont été placés alors que les différents hôpitaux ont formé un réseau pour gérer les urgences pendant le déroulement des festivités carnavalesques, a annoncé le directeur général du MSPP.
Dans le cadre de son plan de sécurité pour le Carnaval 2012, la police nationale d’Haïti a mené plusieurs opérations dans le département du Sud. 53.5 kilogrammes de cocaïne ont été saisies, deux armes à feu, deux chargeurs de 15 et de 7 cartouches et cinq livrets d’épargne ont été également confisqués alors que deux individus ont été appréhendés, à Saint-Louis du Sud, Sud du pays.
Le porte-parole adjoint de la PNH a annoncé de nouvelles dispositions ajoutées aux mesures additionnelles en vue d’assurer pleinement la sécurité des carnavaliers durant les trois jours gras.
La Direction de la circulation et de la police routière a adopté des mesures particulières pour le Carnaval. Durant les trois jours gras, les conducteurs ne pourront pas rouler à une vitesse supérieure à 90 kilomètres/heures, a annoncé le commissaire Will Dimanche. Le DCPR précise que des patrouilles seront déployés toute la route nationale numéro 2 afin de contrôler la circulation et réduire les risques d’accident.
Par la même occasion, l’institution policière dit également entendre appliquer les instructions du Ministre de l’intérieur et de la défense nationale et contraindre les anciens militaires à remettre leurs armes et quitter les bases qu’ils ont regagnées. C’est du moins c’est qu’a laissé entendre le porte-parole adjoint de la PNH. Garry Desrosiers soutient que la police n’a pas besoin d’attendre des ordres pour désarmer des individus qui détiennent des armes illégales.
http://radiovision2000haiti.net/home/?p=12574
« Ayiti dekole » : le Carnaval de Haïti s’envole
Une thématique "positive" pour une fête effrénée...
Ce dimanche 19 février 2012 marque le début du grand Carnaval en Haïti. Toute la ville des Cayes dans le département du Sud est remplie d’activités carnavalesques… Vue la situation critique du Champ de Mars de Port-au-Prince, devenu un camp de réfugiés depuis le tremblement de terre, le gouvernement haïtien a jugé nécessaire cette année d’organiser le grand défilé du Carnaval aux Cayes, 3ème ville du pays, située à 200 km au Sud de la capitale.
Comme chaque année, l’organisation du Carnaval est l’occasion de réaliser des costumes splendides, des déguisements étonnants, dont beaucoup évoquent des personnalités de la scène politique haïtienne. Le caractère « politique » du Carnaval est d’ailleurs accentué par le thème choisi pour la manifestation : le décollage d’Haïti…
« Ayiti dekole »
Le slogan « Ayiti dekole » est tiré de la chanson « dekole » ayant annoncé l’album « One life to live » (une vie à vivre) de l’artiste J-Perry, sorti en fin d’année 2011.
Cette chanson, à laquelle participent Hervé Antoine dit Shabba et Réginald Tout-Puissant alias Izolan, « défend » l’image du pays, et fait l’éloge de ses richesses, pour attirer investisseurs et touristes, sans oublier de fustiger les détracteurs d’Haïti. « Ole Ole, decoller ! j’aimerais que mon pays prenne son envol », chantent-ils.
Une tradition profondément ancrée
La tradition du carnaval haïtien remonte au XVIème siècle et à l’arrivée des Français à Saint-Domingue… Cette tradition est bien vivante aujourd’hui : Carnaval est un temps fort pour la société haïtienne : réunions familiales et amicales, défilés, chansons, danses, fêtes… Tous les comportements sont admis, sous le prétexte de l’outrance et de la licence carnavalesque… Il sera toujours temps de faire pénitence ensuite… La libération totale du Carnaval est une jubilation et un vrai élan de vie.
Certains psychologues et sociologues y voient une sorte de récupération, délai nécessaire pour rattraper les interdictions et les règles contraignantes que la société et l’Eglise maintiennent pendant tout le reste de l’année, pour toutes les classes sociales et tous les statuts sociaux…
Le Carnaval constitue donc un moment important de la vie haïtienne, et il couvre une longue période de l’année, par sa préparation d’abord, longue élaboration et fabrication des costumes et des défilés, des danses et des chants, puis par son déchaînement, pendant les 3 jours de réjouissances qui viennent de commencer , culminant dans les défilés ponctués de « merengues » et de chants de toutes sortes…
Michel Martelly : du Carnaval à la Présidence...
Même s’il a perdu de sa vigueur, et certains de ses aspects les plus traditionnels, le Carnaval reste un moment d’exaltation et les bandes musicales surenchérissent dans leurs joyeux refrains, souvent aux franges de la morale et avec beaucoup de liberté vis-à-vis des pouvoirs politiques. L’actuel président d’Haïti, Michel Martelly, a lui-même souvent utilisé la liberté du Carnaval pour faire entre une voix libre, devenue ainsi très populaire… Au point de le conduire à l’élection.
C’est sans doute pourquoi il a lui-même souhaité que l’orientation du Carnaval soit plus mobilisatrice que critique et appelle « au décollage » d’Haïti… L’idée étant que, pour une fois, plutôt que de compenser frustrations et impatiences, la joie de Carnaval puisse fédérer les énergies au service du relèvement du pays…
Reste que cette année encore, la vitalité du Carnaval est une preuve de la bonne santé du peuple haïtien, qui continue de croire en sa bonne étoile et se relève malgré toutes les catastrophes qui surviennent, pour faire triompher la vie, la générosité, le partage, le jeu et la bonne humeur. Les valeurs mêmes du Carnaval…http://www.afrik.com/article24870.html
Ce dimanche 19 février 2012 marque le début du grand Carnaval en Haïti. Toute la ville des Cayes dans le département du Sud est remplie d’activités carnavalesques… Vue la situation critique du Champ de Mars de Port-au-Prince, devenu un camp de réfugiés depuis le tremblement de terre, le gouvernement haïtien a jugé nécessaire cette année d’organiser le grand défilé du Carnaval aux Cayes, 3ème ville du pays, située à 200 km au Sud de la capitale.
Comme chaque année, l’organisation du Carnaval est l’occasion de réaliser des costumes splendides, des déguisements étonnants, dont beaucoup évoquent des personnalités de la scène politique haïtienne. Le caractère « politique » du Carnaval est d’ailleurs accentué par le thème choisi pour la manifestation : le décollage d’Haïti…
« Ayiti dekole »
Le slogan « Ayiti dekole » est tiré de la chanson « dekole » ayant annoncé l’album « One life to live » (une vie à vivre) de l’artiste J-Perry, sorti en fin d’année 2011.
Cette chanson, à laquelle participent Hervé Antoine dit Shabba et Réginald Tout-Puissant alias Izolan, « défend » l’image du pays, et fait l’éloge de ses richesses, pour attirer investisseurs et touristes, sans oublier de fustiger les détracteurs d’Haïti. « Ole Ole, decoller ! j’aimerais que mon pays prenne son envol », chantent-ils.
Une tradition profondément ancrée
La tradition du carnaval haïtien remonte au XVIème siècle et à l’arrivée des Français à Saint-Domingue… Cette tradition est bien vivante aujourd’hui : Carnaval est un temps fort pour la société haïtienne : réunions familiales et amicales, défilés, chansons, danses, fêtes… Tous les comportements sont admis, sous le prétexte de l’outrance et de la licence carnavalesque… Il sera toujours temps de faire pénitence ensuite… La libération totale du Carnaval est une jubilation et un vrai élan de vie.
Certains psychologues et sociologues y voient une sorte de récupération, délai nécessaire pour rattraper les interdictions et les règles contraignantes que la société et l’Eglise maintiennent pendant tout le reste de l’année, pour toutes les classes sociales et tous les statuts sociaux…
Le Carnaval constitue donc un moment important de la vie haïtienne, et il couvre une longue période de l’année, par sa préparation d’abord, longue élaboration et fabrication des costumes et des défilés, des danses et des chants, puis par son déchaînement, pendant les 3 jours de réjouissances qui viennent de commencer , culminant dans les défilés ponctués de « merengues » et de chants de toutes sortes…
Michel Martelly : du Carnaval à la Présidence...
Même s’il a perdu de sa vigueur, et certains de ses aspects les plus traditionnels, le Carnaval reste un moment d’exaltation et les bandes musicales surenchérissent dans leurs joyeux refrains, souvent aux franges de la morale et avec beaucoup de liberté vis-à-vis des pouvoirs politiques. L’actuel président d’Haïti, Michel Martelly, a lui-même souvent utilisé la liberté du Carnaval pour faire entre une voix libre, devenue ainsi très populaire… Au point de le conduire à l’élection.
C’est sans doute pourquoi il a lui-même souhaité que l’orientation du Carnaval soit plus mobilisatrice que critique et appelle « au décollage » d’Haïti… L’idée étant que, pour une fois, plutôt que de compenser frustrations et impatiences, la joie de Carnaval puisse fédérer les énergies au service du relèvement du pays…
Reste que cette année encore, la vitalité du Carnaval est une preuve de la bonne santé du peuple haïtien, qui continue de croire en sa bonne étoile et se relève malgré toutes les catastrophes qui surviennent, pour faire triompher la vie, la générosité, le partage, le jeu et la bonne humeur. Les valeurs mêmes du Carnaval…http://www.afrik.com/article24870.html
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