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mercredi 21 août 2013

Le Parquet de Port-au-Prince broie un nouveau commissaire et accueille un dirigeant conspué dans le Nord-Ouest, qui annonce dejà la couleur

Le nouveau commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Francisco René, a prêté serment ce mardi en remplacement de Me Lucmane Delille qui n'a pas eté informé officiellement de son renvoi du Parquet.
De fait, c'est dans la presse que j'ai appris la nouvelle, a-t-il dit.
 Des informations de toutes sortes circulent sur le net autour de la disgrâce de ce magistrat qui se voulait chasseur de " Zokiki, kidnappeurs et autres bandits".
 Me Delille serait surtout accusé d'avoir refusé de sévir contre des citoyens avec qui il avait collaborré de près dans le passé, notamment dans le cadre du mouvement GNB.
Quant au nouveau venu qui vient de créer sa propre association de magistrats, l'ASMAH, dont Me Lamarre Bélizaire, le juge qui a fait arrêter Henold Florestal, est le secretaire genéral, il est presenté comme un dur, un élément conflictuel, un homme capable de donner pleine et entière satisfaction au gouvernement.
 N'a-t-il pas été, avant Port-de-paix, conspué dans la juridiction de Miragoâne. Le barreau de Port-de-Paix s'est d'ailleurs déclaré soulagé du transfert de ce commissaire que les avocats de la ville considéraient comme persona non grata et contre qui ils s'étaient mobilisés.
Francisco René ne serait pas non plus, comme avocat, en odeur de sainteté dans la juridiction de Port-au-Prince où il est interdit de plaider, alors qu'une plainte a été déposée contre lui dans la juridiction de la Croix-des-Bouquets.
 Et le bâtonnier de Port-au-Prince, Me Carlos Hercules, de considérer sa nomination comme une provocation lancée à la face de l'Ordre qui s'apprêterait à demander des explications au Ministère de la Justice. Mais, ce ministère semble prendre tout le monde de court, en faisant installer le nouveau commissaire mardi après-midi, une façon de dire qu'aucune contestation ne sera prise en considération.
 Si le Ministre de la justice fait valoir, avec cette nomination, sa volonté d'apporter du sang neuf dans l'appareil judiciaire, dans l'oposition on redoute que l'arrivée de Me Francisco René vienne renforcer ce qu'ils appellent les persécutions contre les opposants au pouvoir, étant donné les liens qui unissent le nouveau commissaire à Me Lamarre Belizaire.
 De fait, Francisco René a averti, au moment de son installation par le directeur géneral du Ministère de la Justicde, Jean Roudy Aly, que la récréátion est finie et qu'il ne sera plus toléré qu'on dise n'importe quoi sur les autorités.
 Ces déclarations pourraient rendre encore plus tendues les relations entre le gouvernement et l'opposition, déjà marquées par l'arrestation du militant politique Enold Florestal-le citoyen qui avait endossé la plainte pour corruption contre des membres de la famille présidentielle-, par l'incertitude qui pèse sur l'organisation avant la fin de l'année, des élections sénatoriales et locales et aussi par les contestations provoquées par l'augmentation des coûts de certains services prévus dans le projet de budget 2013/2014.
 Ainsi, un passeport passerait de moins de 2000 gourdes à 10.000 gourdes. Et le paysan qui achète, vend ou tue un cabri devrait verser la somme de 500 gourdes. Et tous ces dévelopements interviennent alors que le président Michel Martelly s'est, sans annonce, absenté depuis 4 jours du pays, sans qu'on sache où il se trouve.
Tout ce qu'on sait, est qu'il devrait être reçu le 23 août au Surinam de Desi Bouterse pour participer à la 11ème édition de Carifiesta .
Source: AHP
http://www.radiotelevisioncaraibes.com/nouvelles/haiti/le_parquet_de_port-au-prince_broie_un_nouveau_commissaire_et_acc.html

Installation de Me René, sortie honorable de Me Délille

Au palais de justice/ Parquet de Port-au-Prince
Le directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Me Roudy Aly, a procédé mardi à l'installation de Me Francisco René, nouveau chef du parquet de Port-au-Prince.
Avant sa nomination à la capitale, il a occupé le même poste dans le Nord-Ouest. Après Miragoâne, Aquin, Port-de-Paix, Me René dirige son quatrième parquet. Il remplace à ce poste Me Lucmanne Délille qui y a passé environ dix mois.
Celui-ci a posé, ce mardi 20 août, un acte de grandeur d'âme. Il a salué tous ses anciens collaborateurs, le petit personnel du parquet avant de laisser le poste de commissaire du gouvernement pour celui de chargé de mission, responsable de la coordination des parquets de la République.
Dans sa conférence de presse le lendemain de son transfert, Me Délille a tenu à remercier le président de la République, le Premier ministre et le ministre de la Justice pour avoir jeté leur dévolu sur sa personne.
Il a remercié également tous ceux-là qui lui ont apporté leur collaboration, sans oublier le monde de la basoche, la Police nationale d'Haïti pour sa franche et bonne collaboration, la population civile qui a donné son support dans la lutte contre la criminalité organisée : vol à main armée, enlèvement suivi de séquestration contre rançon, incitation à la débauche, faux et usage de faux, insécurité foncière...
Me Lucmanne Délille dit avoir laissé le parquet de Port-au-Prince avec le sentiment d'avoir fait un travail inachevé. Mais l'expérience n'a pas été mauvaise, ajoute-t-il. Humble, très ponctuel, Me Délille est toujours à son bureau tous les matins, sauf aux heures de rendez-vous.
Il travaillait jour et nuit en vue de garantir la sécurité dans la ville et les quartiers environnants. Il allait partout dans sa juridiction pour rechercher les crimes, délits et contraventions.
Me Délille avait mis l'accent sur les nuisances sonores qui troublent le sommeil de paisibles citoyens. Il entretenait de bons rapports avec les tribunaux et même avec les avocats. Il a un peu marché sur les traces de son prédécesseur Me Jean Renel Sénatus, mais avec souplesse et fermeté, lorsque les circonstances l'exigaient.
Il voulait mettre de l'ordre dans la maison, mais on ne lui a pas laissé le temps de le faire.
Dans la lutte contre l'illégalité, Me Délille était parti en guerre contre les homosexuels en attirant leur attention sur le fait qu'il n'existe aucun texte de loi autorisant le mariage entre deux personnes de même sexe. Beaucoup de gens étaient d'avis que l'ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince avait raison de toucher la plaie du doigt en lançant une mise en garde aux homosexuels dans une société qui tend à perdre chaque jour ses repères.
Trop tard
Il avait ouvert une enquête sur les circonstances qui entourent la mort suspecte du juge instructeur Jean Serge Joseph. Beaucoup de personnes, même au niveau de la magistrature, lui ont reproché d'avoir attendu trop de temps pour ouvrir l'enquête.
Dans le cadre de ce dossier, il a auditionné bon nombre de gens. Il avait invité Me Samuel Madistin à son bureau. Celui-ci avait boudé l'invitation, motif pris : la loi ne fait aucune obligation au dénonciateur de se présenter au parquet pour signer sa dénonciation.
Et Me Délille s'était montré compréhensif et n'avait aucune objection du fait que Me Madistin avait choisi de ne pas se présenter à son bureau pour parler des confidences que le juge défunt lui avait faites.
Dans le même ordre d'idées, une invitation a été adressée à Mme Kettely Julien de l'Institut mobile d'éducation démocratique (IMED).
Elle avait affiché le même comportement que Me Madistin. Mme Julien avait déclaré qu'elle n'attendait que la convocation du juge instructeur qui sera désigné sur l'affaire.
De l'avis de plusieurs magistrats, Lucmanne Délille, pour n'avoir pas été formé à l'Ecole de la Magistrature, a tenu la dragée haute aux bandits.
Donc, il a en quelque sorte marqué son passage.
Au cours de son administration, et sur beaucoup d'autres sujets, le parquet n'a pas enregistré de scandale. Avant de partir, ce qui n'arrive pas souvent, Me Délille a eu le courage de saluer tout le monde, non pas par regret de la fonction, mais pour montrer qu'il a du respect pour ceux-là qui ont collaboré avec lui pendant des mois. Jean-Robert Fleury
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120279

jeudi 31 janvier 2013

Josué arrêta le soleil, Marie-Danielle les lentilles

Elle a un nom, une histoire très médiatisée, un visage… mais pas de photo. Marie Danielle Bernadin a littéralement caché son visage aux caméras pendant les deux mois qu’a duré son " feuilleton " juridico-sexuel. Mieux que Clifford Brandt, l’homme d’affaires qui serait à la tête du "plus grand réseau de crime organisé de toute la Caraïbe". Marie-Danielle Bernadin, présumée victime de viol de Me Josué Pierre-Louis, n’a pas mené son procès jusqu’au bout. Elle a cependant réussi l’exploit de ne pas se faire photographier pendant les deux mois de va-et-vient au cabinet d’instruction. La jeune femme, née en septembre 1985, a même apparu en conférence de presse en cachant littéralement son visage aux journalistes, dont les chasseurs d’images. La foi pour viatique Au lendemain de sa décision d’abandonner la procédure judicaire entamée contre son prétendu-agresseur, Mlle Bernadin a accepté de se présenter le visage découvert, pour la première fois, à la presse. Aucune lentille de caméras n’a été déclenchée. C’était l’exigence de la jeune femme en pantalon, chemise et sandales, pour expliquer sa surprenante décision de redonner à son ex-patron le sommeil tranquille. "J’ai décidé de désister à cause de ma foi chrétienne, a expliqué Marie-Danielle Bernadin. Mais, je tiens à réaffirmer qu’il m’avait effectivement violé." Personne ne m’a forcé à prendre cette décision, a juré la désormais ancienne-plaignante, qui a fait mieux que Clifford Brandt. Ce dernier, un homme d’affaires mêlé dans le kidnapping, restait lui aussi un mystère pour les photojournalistes. Sombres révélations Il faut avoir la foi de Marie-Danielle Bernardin pour échapper à ceux qui vivent de l’image des autres. Elle arrêta pendant deux mois les lentilles, comme "Josué arrêta le soleil lors de la bataille de Gabaon", comme révélé dans la Sainte Bible. Président du Conseil électoral permanent (CEP) controversé, Me Pierre-Louis tire justement son prénom d’un personnage biblique. Celui qui a demandé à Dieu d’arrêter le soleil. Le président de l’institution électorale n’a pas échappé aux révélations de Pierre Esperance, la "gueule de feu" du RNDDH. " J’ai vu des photos de femmes nues prises à la résidence de Me Josué Pierre-Louis. Figurent parmi ces images : des employées du palais présidentiel, de l’institution électorale et du secteur privé ", a révélé, sur les ondes de Magik 9, l’homme qui détient les archives des droits humains en Haïti. L’homosexualité de certaines de ces femmes, dit-il, est immortalisée sur le téléphone de Me Pierre-Louis, qui aurait été manipulé par son ancienne assistante. http://www.maximini.com/fr/news/haiti/justice/josue-arreta-le-soleil-marie-danielle-les-lentilles-20887.html

jeudi 17 janvier 2013

Haïti-Justice : L’accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, auditionnée pour espionnage

P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le mardi 15 janvier 2013, le magistrat instructeur Lamarre Bélizaire a auditionné Marie Danielle Bernadin, accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, dans le cadre d’une plainte déposée par le présumé violeur pour espionnage.
L’information a été confirmée à AlterPresse par Newton St Juste, l’un des avocats de la nouvellement accusée d’espionnage après son accusation de viol [sur sa personne par Josué Pierre-Louis].
L’audition s’est déroulée au tribunal civil de première instance de Port-au-Prince.
« Le vol d’information n’existe pas dans le droit pénal haïtien. De plus, pour parler d’espionnage, il faut qu’il y ait soustraction d’information d’un pays au profit d’un État ennemi. Il ne peut avoir d’espionnage entre deux nationaux », déclare St Juste qui qualifie la plainte de « prétendue » et de « non-crédible ».
Les avocats de Marie Danielle Bernadin semblent, tout de même, s’étonner de la plainte.
Ils confient avoir constaté, le 28 novembre 2012, avec un juge de paix, qu’aucune plainte de cette nature n’a été enregistrée au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince.
« Vu la carrure de l’accusateur [d’espionnage, Josué Pierre-Louis] et son contrôle du système [judiciaire haïtien], cela ne surprend pas que le cahier soit falsifié pour pouvoir rentrer cette plainte, dont même les avocats de Josué Pierre-Louis ne s’entendaient pas sur la date de déposition. Ses avocats indiquaient confusément 22 ou 23 novembre [2012] », croit St Juste.
Marie Danielle Bernadin a demandé qu’elle soit confrontée, le plus tôt possible, avec Josué Pierre-Louis, selon les déclarations de Me St Juste,
Pour parler d’espionnage, « il faudrait que le mobile principal consiste en la transmission de documents en faveur d’un pays étranger », précise, pour AlterPresse, un avocat réputé du barreau de Port-au-Prince, voulant garder l’anonymat.
Ne connaissant « ni le mobile, ni la finalité de la subtilisation de documents », cet homme de loi évite de qualifier l’action pour le moment et en « laisse le soin à la justice haïtienne ».
Les avocats de Bernadin (les mêmes dans le dossier d’accusation de viol contre Josué Pierre-Louis que dans celui d’accusée d’espionne par Pierre-Louis) se disent toutefois, « patients, vigilants et confiants. Pas confiants dans le système, mais dans le courage et la détermination de la victime [accusée d’autre part] ».
Rappelons que le dossier de viol est instruit par un nouveau juge, le magistrat Merlan Bellabe.
Me Joseph Jeudilien Fanfan, chargé initialement du dossier, s’est déporté, en raison de menaces dont il aurait été l’objet.
« Au cours de cette semaine, notre cliente répondra aux questions du magistrat instructeur Bellabe », annonce Me Newton St Juste.
Josué Pierre-Louis, proche du chef de l’État Joseph Michel Martelly, et Marie Danielle Bernadin, sa subordonnée, s’affrontent sur deux terrains judiciaires où les rôles s’inversent.
Marie Danielle Bernadin accuse Josué Pierre-Louis de viol sur sa personne. Josué Pierre-Louis accuse Marie Danielle Bernadin d’espionnage.
Qui des deux sera blanchi par la justice haïtienne ?
Marie Danielle Bernadin s’est déjà présentée au cabinet d’instruction dans le cadre du dossier de viol le 6 décembre 2012. [efd kft rc apr 16/01/2013 15:55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13954

vendredi 31 août 2012

Haïti – Institutions : Monsieur Justice en Haïti, Anel Alexis Joseph, alimente la polémique

P-au-P, le 31 août 2012 [AlterPresse] --- Anel Alexis Joseph, qui circulerait désormais dans un véhicule blindé, est sous le feu des projecteurs et des critiques depuis quelques semaines, relève l’agence en ligne AlterPresse. Tour d’horizon. Le double président, de la cour de cassation et du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), véritable Monsieur Justice en Haïti, se voit principalement reprocher son accointance avec la présidence de Joseph Michel Martelly, dont il est d’ailleurs le parrain. En qualité de président de la cour de cassation, Anel Alexis Joseph avait nommé, dans des conditions jugées irrégulières, les 3 membres appelés à siéger au conseil électoral permanent, en charge notamment de la surveillance des élections : Yves Benoit Jean-Marie, Patrick Métellus, Salnave Exantus. Suite à cette décision unilatérale, deux membres dudit conseil avaient présenté leur démission, provoquant un gel des institutions. Dans le bras de fer qui l’opposait avec le législatif, qui se refusait à nommer les trois membres manquants, Martelly a décidé de légaliser, au lieu de neuf, un Cep à six membres, dont l’un, Josué Pierre-Louis, a du démissionner comme ministre de la justice après l’arrestation arbitraire et illégale du député Arnel Belizaire en octobre 2011, avant d’avoir été recyclé au palais national. De facto, une fracture nouvelle apparaissait dans l’équilibre et la séparation des trois pouvoirs : justice et exécutif d’un côté, législatif de l’autre. A cela, s’ajoute la bataille engagée, ces derniers jours, par le sénateur du Nord, Jean Charles Moïse. Celui-ci entend entacher d’illégalité la nomination d’Anel Alexis Joseph à la présidence de la cour de cassation, se fondant sur l’article 51 de la loi de 2007 portant statut de la magistrature, qui fixe à 65 ans la limite d’âge pour qu’un juge voie son nom porter sur une liste pour fin de nomination. Anel Alexis Joseph est âgé aujourd’hui de 72 ans. L’issue de cette croisade pourrait provoquer une série de réactions en chaîne, qui fragiliserait à nouveau le régime. Si sa destitution était décidée, il est possible que les nominations, prises en qualité de président de la cour de cassation, soient également attaquées. Ceci renverrait ainsi le Cep à la case départ avec trois (3) membres, perçus comme trop proches de Martelly, et six (6) membres manquants, dans un contexte de forte suspicion des pouvoirs législatif et judiciaire. Un Cep inexistant. Le ton monte à l’encontre de Maître Anel Alexis Joseph et le pouvoir marche sur des œufs. Décidément, il existe toujours une attaque personnelle, dont la gravité, à écouter ceux qui la déclenchent, légitime le blocage des institutions. Le problème de fond, étant de pourvoir distinguer les guéguerres d’influences à la véritable passion pour la légalité démocratique. [jp kft rc apr 31/08/2012 0:35] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13294

mardi 14 août 2012

Les barreaux d’Haïti réclament la haute cour de justice pour le président du CSPJ

Dans une résolution adoptée à l’issue d’une assemblée extraordinaire portant sur la crise née du choix contesté des éventuels représentants du conseil supérieur du pouvoir judiciaire au potentiel conseil électoral permanent, les bâtonniers de la république réunis au sein de la FBH qualifient de forfaiture l’attitude de Me Anel Alexis Joseph et annoncent des sanctions contre les hommes de loi travaillant comme conseillers du pouvoir Publié le lundi 13 août 2012 La fédération des barreaux d’Haïti (FBH) a confirmé lundi le retrait de son représentant au sein du CSPJ et engagé des démarches visant à déclencher une procédure de mise en accusation au Parlement du président de l’organe de contrôle du pouvoir judiciaire, Me Anel Alexis Joseph, lors d’une assemblée générale extraordinaire consacrée à la crise au CSPJ qui réunissait les différents bâtonniers du pays. Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les membres des barreaux de la république ont décidé d’écrire à la Chambre des Députés pour lui demander de lancer pour forfaiture la procédure de mise en accusation de Me Joseph qui pourrait être jugée par la haute cour de justice. Egalement président de la Cour de cassation, le septuagénaire est au cœur d’une vive controverse ayant débouché sur la démission de deux membres du CSPJ depuis sa décision unilatérale de communiquer à l’Exécutif la liste de trois membres potentiels du CEP permanent, approuvée au cours d’un vote auquel avaient pris part quatre des neuf magistrats alors en fonction. Le secrétaire du barreau de Port-au-Prince et de la FBH, Me Stanley Gaston, a indiqué que la résolution prévoit également de ne plus inscrire au tableau de leur ordre respectif les noms des avocats partie prenante de la crise actuelle à cause de leur statut de conseiller du gouvernement Martelly/Lamothe. Pour sa part, le vice-président de la fédération des barreaux d’Haïti, Me Jacques Létang, s’est montré intraitable sur ce point en dégageant les significations profondes de la résolution adoptée. L’avocat croit que Me Anel Alexis Joseph, du haut de ses fonctions prestigieuses, n’a pas du tout compris le contenu de l’article 13 de la loi portant création du conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Egalement présent à cette assemblée, le représentant démissionnaire de la FBH au sein du CSPJ, Me Néhémie Joseph, a apporté un démenti catégorique aux rumeurs faisant état d’une reprise du vote dans des conditions régulières après le tollé qu’avait provoqué la manœuvre du président. Le bâtonnier de l’ordre des avocats des Gonaïves (Artibonite, nord) reste fidèle à sa position en réclamant l’aboutissement des investigations dont faisaient l’objet les douze présélectionnés du CSPJ et la tenue d’un nouveau scrutin destiné à désigner, en toute transparence, les trois candidats habilités à siéger au futur conseil électoral. La radicalisation de la position des barreaux de la république risque de compromettre l’avenir du CSPJ tel que constitué aujourd’hui et de son président déjà très décrié. Outre, Me Néhémie Joseph, la représentante du secteur des droits humains, Me Dilia Lemaire, a également jeté l’éponge en exprimant son dégoût devant la dépendance scandaleuse vis-à-vis de la Présidence de l’organisme ayant justement pour mission de donner naissance à une justice indépendante. spp/Radio Kiskeya http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9048

lundi 13 août 2012

Haïti – Justice : Le Cspj s’effrite et perd deux membres

P-au-P, 11 août 2012 [AlterPresse] --- La représentante des organisations de défense des droits humains au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), Me. Dilia Lemaire, annonce avoir envoyé sa lettre de démission aux organisations qui l’ont désignée, dans une interview à AlterPresse. « J’ai fait savoir ma position aux associations : la lettre leur a été acheminée. Je leur demande de désigner quelqu’un d’autre, parce que, moi, je ne veux plus siéger au conseil », précise Me. Lemaire. Le groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), l’une des organisations ayant choisi Dilia Lemaire, affirme comprendre la décision de celle-ci. Dans une telle situation, il paraissait impossible de continuer à fonctionner avec le Cspj, quand son président Anel Alexis Joseph décide sans prendre en compte la position des autres membres, considère le Garr. « C’est une décision de principe de la part de Dilia Lemaire », soutient Colette Lespinasse, la coordonnatrice du Garr. Les organisations des droits de la personne, qui ont participé au processus de désignation de Dilia Lemaire, devraient se rencontrer la semaine prochaine (entre les 12 et 18 août 2012) pour aborder la question. Me. Néhémie Joseph, du barreau des Gonaives (Artibonite / Nord), qui représente la fédération des barreaux (d’avocats) d’Haïti (Fbh), aurait déjà remis sa démission de son côté, suite à une demande de retrait du Cspj formulée par la Fbh, selon plusieurs médias de la capitale haïtienne. Le Cspj a commencé à chanceler après la désignation "unilatérale", par Me. Anel Alexis Joseph, de ses 3 représentants au probable conseil électoral permanent, que le gouvernement et plusieurs pays donateurs tiennent à voir en place pour organiser les prochaines élections sénatoriales et locales. Affirmant ne pas avoir pris part au vote de ces personnalités - qualifiées (dans les milieux politiques dans la capitale haïtienne) de proches de la présidence de Joseph Michel Martelly, plusieurs membres du Cspj jugent "autoritaire" l’attitude affichée par Anel Alexis Joseph, l’actuel président du Cspj, qui a été désigné président de la cour de cassation par Martelly. La configuration du Cspj laisse comprendre que « c’est mal parti », estime, pour sa part, le président de la chambre des députés Levaillant Louis Jeune. Avec les présidents du sénat et de la chambre des députés, respectivement Dieuseul Simon Desras et Levaillant Louis-Jeune, Anel Alexis Joseph a aussi cautionné la décision, le 19 juin 2012, de Martelly de « reproduire la version du texte amendé de la Constitution de 1987 » et ce « telle que votée par sénateurs et députés réunis en Assemblée Nationale le 9 Mai 2011, aux fins de publication au journal officiel Le Moniteur » (http://www.alterpresse.org/spip.php...). La question de l’amendement constitutionnel "controversé" est « à la base du problème », signale Colette Lespinasse, déplorant le fait que la publication de la Constitution amendée ne soit pas disponible. Martelly vient, à nouveau, de donner un délai de 8 jours (à partir du jeudi 9 août 2012) au parlement pour qu’il choisisse ses représentants au dit conseil électoral permanent. Avec l’appui du regroupement politique "Inite" (Unité), l’amendement controversé, déclaré "reproduit le 19 juin 2012, de la Constitution du 29 mars 1987, rejette la structure participative souhaitée par les Constituants de 1987 dans la composition de l’organisme électoral et remet l’exécutif dans le processus de désignation des membres. Ce qui ouvre la voie à la possibilité d’une institution électorale, tout-a-fait acquise aux vues des tenants du pouvoir politique, argumentent des voix avisées. Quoi qu’il en soit, 21 députés et 9 sénateurs ont paraphé une pétition, demandant l’instauration d’un conseil électoral provisoire, les conditions pour la mise en place d’un organisme permanent n’étant pas totalement réunies. Les 3 personnes, choisies par le Cspj, sont en connivence avec Martelly, dénoncent ces 30 parlementaires qui craignent l’éventualité politique d’un conseil électoral "présidentiel". [srh kft apr 11/08/2012 14:55] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13218

samedi 26 mai 2012

Haïti-Justice : Juger Duvalier ou l’occasion de reformer un système vieux et inégalitaire ?

Par Jean Elie Paul P-au-P, 25 mai 2012 [AlterPresse] --- Un procès contre Jean Claude Duvalier serait un baume pour la justice en Haïti, a fait savoir la sociologue et militante féministe Danièle Magloire ce 24 mai.
« La tenue d’un procès contre Duvalier serait salutaire pour la réforme de la justice, parce qu’il permettrait de mettre en lumière de manière beaucoup plus précise un ensemble de manquements et les injustices qui, sont inhérentes au système de justice et aux codes de loi en vigueur dans le pays », a réagi Magloire lors d’un atelier de formation, quatre mois après le terme de l’enquête judiciaire contre le dictateur.
Danièle Magloire intervenait à cet atelier organisé par le Cendre œcuménique des droits humains (Cedh) en marge de la visite d’une délégation de la Fédération internationale des droits de l’Homme (Fidh).
Le séminaire d’une journée a accueilli près d’une vingtaine de membres d’organisations impliquées dans la défense des droits humains et des acteurs du système judiciaire.
« Yeux ouverts sur la justice » est le thème central qui a favorisé les discussions liées à la question de la reforme de la justice, une reforme mise sur le tapis par les politiques depuis plusieurs années, mais encore à l’heure actuelle au stade de discours.
Danièle Magloire et l’histoirienne Suzy Castor qui se sont concentrées sur les thèmes « Mémoire et impunité » n’ont pas pu éviter le cas du dictateur Jean Claude Duvalier qui a réussi pour le moment à filer entre les doigts de la justice haïtienne, grâce à une ordonnance d’instruction que beaucoup qualifient de « honte ».
Pour Danièle Magloire, qui a souligné que les plaintes portées par les victimes du régime ont été outrageusement ignorées, « le cas de Jean Claude Duvalier est emblématique, parce que c’est un cas qui montre que le mode de fonctionnement de la justice est assimilable à un mode de fonctionnement contre la construction de l’Etat de droit ».

Justice du passé à dépasser
La sociologue a souligné en même temps, le fait que certaines lois en vigueur actuellement ont été élaborées durant la dictature. De plus, la justice haïtienne ne reconnait pas aux associations le droit de porter plaintes pour des victimes, ajoute t-elle.
Au-delà de l’obsolescence et de l’inadéquation des textes de loi, en dépit du fait qu’ils sont anciens et ce sont des lois duvaliériennes, l’idée de justice est très souvent absente de ces textes de loi, ainsi que les valeurs d’équité et d’égalité de personnes qui sont justiciables.
Par ailleurs, « la méconnaissance du droit pénal international, l’absence de désir de mieux connaitre ce cadre juridique, sont autant de facteurs qui empêchent le déroulement du jugement de cet ex-dictateur », a indiqué Danièle Magloire, ajoutant : « Ce n’est pas la question de rendre justice qui est primordiale mais de préférence la question de procédure ».

La politique...
Par ailleurs, Jean Claude Duvalier, à aucun moment depuis son retour en Haïti, ne s’est senti hors de son élément. Il bénéficie de pensions, et entretient surtout de bons rapports avec le président de la République Michel Martelly, étrangement prompt à balancer des discours sur la réconciliation. Michel Martelly prône aussi l’Etat de droit comme un axe fondamental de sa politique. Contradiction ?
Pour la sociologue Danièle Magloire, « le cas de Jean Claude Duvalier, était un cas où l’incarcération était possible, parce qu’un ensemble de risques existaient, mais les magistrats ne l’ont pas assumée alors que si c’étaient des petits voleurs de bananes cela aurait pu arriver beaucoup plus tôt ».
De plus, le retour de l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier n’a pas mobilisé une conscience citoyenne comme nous serions en droit de nous y attendre, a-t-elle relevé. Mais, le duvaliérisme a créé quelque chose qui a imprégné notre imaginaire, c’est la peur de la politique.

La mémoire, « quête élémentaire de justice »
« Une des caractéristiques des dictatures de longue durée est de travailler à effacer la mémoire d’un peuple, la longue étape duvaliériste nous a présenté l’exception comme la normalité, elle a masqué les évènements, ou a banalisé l’horreur dans sa répétition », a indiqué Suzy Castor, directrice du Cresfed.
La grande majorité des moins de soixante ans connaissent très peu de l’évolution de ce pays durant les soixante dernières annees, beaucoup ne savent pas ce qu’a été le duvaliérisme, soutient-elle, affirmant que la dictature a coupé la courroie intergénérationnelle.
« Jusqu’à présent le pays n’a aucun lieu de mémoire, aucun mémorial, aucune stèle avec le nom des disparus, pas de place publique, pas de rues pour nous apprendre et nous imprégner de cette époque. Même Fort dimanche ce haut lieu d’horreur a été rasé depuis 1994 », a déploré Castor.
La société haïtienne a été soumise à la désinformation, à l’incommunication et à la peur, ce sont des années de chape de plomb où la vie est en veilleuse, la population a été emprisonnée dans le silence, a décrit Suzy Castor parlant de la dictature des Duvalier.
« Le devoir de vérité et de mémoire constitue une pierre angulaire dans la construction des nations, et laisser dormir le passé permettrait donc de construire la démocratie sur des bases fragiles », a soulgné Suzy Castor.
29 ans de dictature et 25 ans de transition politique rendent fondamentale l’enquête sur le passé, afin d’analyser, dénoncer, relater sur divers angles les luttes qui doivent être poursuivies, pour apprendre et mieux comprendre notre identité, propose l’historienne. [jep kft gp apr 25/05/12 11 :15]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12898

lundi 16 avril 2012

Haïti-Justice : Arrêt de travail pour réclamer l’installation du Cspj



P-au-P, 16 avril 2012 [AlterPresse] --- L’association nationale des magistrats haïtiens (Anamah) a organisé un arrêt de travail, ce lundi 16 avril 2012 sur tout le territoire national, en guise d’avertissement pour forcer l’exécutif à installer les neuf (9) membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj), confirme à AlterPresse le porte-parole des magistrats, Durin Duret.
« L’arrêt de travail est respecté. Rien n’est fait au niveau du palais de justice et rien ne fonctionne, non plus, dans toutes les juridictions du pays » (18 au total dans le pays), souligne Duret.
Appuyés par la fédération des barreaux d’Haïti (Fbh) dans cette démarche, les magistrats (plus de 700 femmes et hommes sur le territoire haïtien) souhaitent que le « pouvoir judiciaire jouisse de son indépendance, confisquée du coté du parlement et de l’exécutif », explique Duret.
« Nous attendons que les juges [du Cspj] prêtent serment », ajoute t-il.
Tous les juges de la république recommenceront à travailler normalement à partir de mardi 17 avril 2012, toujours selon le porte parole de l’Anamah.
Cette grève est surtout « un avertissement », précise l’Anamah qui compte poursuivre graduellement le mouvement de revendications en vue de la mise en place effective du conseil supérieur du pouvoir judiciaire.
Une rencontre devrait avoir lieu, au cours de cette semaine (15 au 21 avril 2012), entre le chef de l’État Joseph Michel Martelly et l’association des magistrats, mais la date exacte n’est pas encore fixée.
La loi créant le Conseil supérieur de la justice date de 2007.

mardi 19 avril 2011

19 haïtiens expulsés par les Etats –Unis

Les autorités américaines ont expulsé en Haïti, samedi dernier, 19 haïtiens qui ont commis des délits graves sur le territoire américain. Une nouvelle rapportée par l'agence en ligne Associated Press. Aucune précision n'a été toutefois fournie sur la nature des actes qui étaient reprochés à ces citoyens haïtiens. Il s'agit du second groupe d'individus renvoyés de force, en Haïti, depuis le séisme du 12 janvier 2010, souligne l'Associated Press.
Rappelons que plus d'une semaine après le séisme, l'administration Obama avait expulsé 27 compatriotes. L'un d'entre' eux qu'on avait présenté comme une "menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis" avait été innocenté par la justice américaine. Par la suite, la commission interaméricaine des droits humains (CIDH) et plusieurs évêques catholiques américains avaient réclamé de Washington l'arrêt des déportations.
Ils avaient alors évoqué la crise et l'insécurité qui sévissent en Haïti et qualifié ces expulsions d'irresponsables et d'inhumaines.
Notons qu'au moins 50 mille haïtiens bénéficient actuellement du statut de réfugié temporaire aux Etats-Unis.
Ce statut, communément appelé TPS, a été conçu pour protéger des immigrés venant de pays en proie à des catastrophes naturelles ou à des troubles politiques. Il permet aux bénéficiaires de travailler sans problème aux Etats Unis et de jouir certains privilèges.
EJ/Radio Métropole Haiti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19018

mardi 8 mars 2011

CARCASSONNE D'Haïti à Narbonne, la justice en droite ligne

NARBONNE. Ce n'est pas de la cosmétique, du maquillage. Wando Saint-Villier ne joue pas. « Je suis né comme ça », insiste-t-il. « J'aime la rigueur, la rectitude. J'ai des convictions que je ne trahirai jamais. Les injustices me révoltent. Et lorsque j'en constate, je le dis haut et fort ». Cette flamme l'anime depuis toujours. Elle lui a donné la force de quitter son pays pour s'aguerrir en France et devenir magistrat. Son diplôme obtenu, il retournera en Haïti, « contribuer à la fortification de l'institution judiciaire ». Le voilà
son but ultime. Son rêve. « Sortir sa patrie de l'ornière, participer à l'élaboration du bien commun ».
Ce père de famille de 31 ans a posé ses bagages, en France, en septembre dernier pour intégrer l'école nationale de la magistrature à Bordeaux. En formation au Palais de Justice de Narbonne depuis le 2 février dernier, il n'en repartira que le 24 juin prochain. Le temps de goûter aux différentes activités de la magistrature.
Sa situation n'est pas des plus évidentes : « J'ai laissé mon épouse au pays, quand je suis parti notre enfant n'avait que neuf mois… ». Mais Wando Saint-Villier sait que cette expérience dans l'Aude peut s'avérer décisive. Elle pourrait bien l'amener à s'accomplir. « À mon retour, je veux contribuer à la distribution d'une saine, sereine et équitable justice en Haïti. Une justice qui ne broie pas les plus faibles. J'ai vu là-bas tant de choses qui me révoltent. C'est parce que j'éprouve un sentiment de révolte que j'ai souhaité intégrer la magistrature. Et aussi car je sais que le pays a besoin d'un groupe d'hommes et de femmes dotés d'une conscience citoyenne et attachés à sa patrie ».

« L'incompétence de la classe politique »
Ce souci de l'intérêt général, Wando Saint-Villier le cultive depuis l'enfance. « Je me suis toujours intéressé à la politique. Je pouvais passer toute une journée à faire des recherches à ce sujet ». Pas étonnant que les déboires d'Haïti suscitent chez lui « souffrance, amertume et tristesse ». Une affliction qu'il transforme en force. Issu de la classe moyenne - ses parents sont commerçants -, il s'est battu pour améliorer sa condition et celle des siens. « Car en Haïti, le meilleur moyen de réussir, c'est de suivre des études. Là-bas, on ne peut pas obtenir la reconnaissance en faisait des grimaces, du spectacle… Je le savais, alors j'ai agi en conséquence. J'ai travaillé ».
Ses années d'études seront marquées par les déceptions, les désillusions au niveau politique. Les bouleversements au plus haut niveau de l'État se succèdent. Les espérances du peuple sont déçues. Comme souvent depuis deux siècles. « Haïti est instable depuis l'indépendance en 1 804. Les coups d'états se multiplient. D'abord divisé entre noirs et métis, le pays est ensuite tombé aux mains de démagogues, de dictateurs… ». Wando Saint-Villier connaît l'histoire de son pays sur le bout des ongles. Les parcours des hommes qui ont marqué Haïti, de Jean-Jacques Dessalines à Jean-Bertrand Aristide et René Préval en passant par Henri Christophe, Alexandre Pétion, Jean-Pierre Boyer et François Duvalier, il les maîtrise parfaitement.
Capable de disséquer chaque période avec à-propos, il livre une analyse lucide de la situation. « Haïti, qui était une colonie française, est la première république indépendante de population majoritairement noire à avoir été proclamée. Mais l'idéal a été trahi par des hommes mus par leurs intérêts particuliers. Il y a eu une mauvaise gestion, une gabegie administrative, des déstabilisations souvent fomentées par l'extérieur. Surtout, la classe politique n'est pas au niveau. L'incompétence règne. Quant à la bourgeoisie, elle s'avère malheureusement parasitaire. Car elle ne produit rien et n'investit pas ». Sans concession, Wando Saint-Villier espère, maintenant, un réveil de la société dans son ensemble. Une prise de conscience qui lui semble essentielle.
Nicolas Boussu
http://www.lindependant.com/articles/2011-03-08/d-haiti-a-narbonne-la-justice-en-droite-ligne-346623.php

samedi 9 octobre 2010

Le gouvernement annonce la construction de centres pénitentiaires et d'annexes de tribunaux de paix

Les autorités haïtiennes entendent réaliser des investissements dans le secteur judicaire au cours de cette année fiscale afin d'améliorer l'accès à la justice. Le ministre de la justice Paul Denis veut oublier les moments difficiles de 2010 au cours desquels l'appareil judiciaire était dysfonctionnel. Le violent séisme du 12 janvier avait causé l'effondrement du Palais de justice qui abritait l'ensemble des cours et tribunaux de la juridiction de Port-au-Prince et la Cour de Cassation.
Au début de cette année judiciaire un nouveau palais de justice a été mis à la disposition des juges et fonctionnaires de l'appareil judiciaire. Le ministre de la justice se propose également de construire des centres pénitentiaires et un annexe du tribunal de paix dans chaque section communale.
Selon M. Denis le projet d'annexe des tribunaux de paix vise à rapprocher les citoyens de la justice. Il s'agit d'un effort visant à respecter les prescrits constitutionnels relatifs à la décentralisation des services publiques, insiste le garde des sceaux.
Ce projet semble être prioritaire pour le gouvernement puisque des matériels pour 15 annexes de tribunaux de paix sont déjà disponibles. Les annexes seront réalisés grâce à la coopération des communautés locales qui offrent un appui logistique aux autorités haïtiennes.
Si le premier projet d'annexe des tribunaux de paix sera réalisé avec des fonds du Trésor Public, celui des centres pénitentiaires nécessite un apport financier de la communauté internationale.
Le ministre Denis mise sur une assistance des bailleurs de fonds internationaux puisque la construction des centres pénitentiaires dans les différentes juridictions permettra de respecter les droits des détenus.
Des organismes haïtiens et internationaux de défense des droits humains ne cessent de dénoncer les conditions de vies dans les centres carcéraux surpeuplés.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18318

jeudi 7 octobre 2010

Le vice président de la cour de cassation préconise une réforme du système judiciaire

Le vice président de la Cour de Cassation, Georges Moise, dans son discours à l'occasion de la réouverture de l'année judicaire a souhaité que des réformes en profondeur soient réalisées au sein du système judicaire. Tenant compte du dysfonctionnement de l'appareil judiciaire en raison des dégâts du séisme du 12 janvier, le vice président de la cour de cassation a émis le vœu que la nouvelle année soit plus productive que la précédente. Au cours de son intervention, Georges Moise a préconisé l'abolition de la phase instruction des dossiers. Cette étape est la cause principale de l'enlisement des affaires pendant plusieurs mois ou années.
La tache d'instruction des affaires devrait être dédiée au Parquet. Dans cette perspective le Juge Moise recommande un renforcement et une modernisation des Parquets. Le vice président de la Cour de cassation prône également la réalisation des assises criminelles sans assistance de jury tout au cours de l'année. Cette stratégie devrait permettre aux autorités de lutter efficacement contre la surpopulation carcérale.
Dans le même temps, Georges Moise exhorte les autorités à envisager la construction d'un édifice spécial pour la Cour de cassation. Il n'est pas trop enthousiasme à l'idée de se rendre au nouveau palais de justice au bicentenaire. Le nouvel immeuble accueillera les tribunaux de première instance, la Cour d'appel, le tribunal des référés, et le Parquet.
Georges Moise invite les autorités haïtiennes à imiter l'exemple de nombreux pays de l'Afrique et de l'Amérique latine dont la république dominicaine, qui ont construit un immeuble pour abriter la Cour suprême. Le juriste attire l'attention sur l'importance de la cour de cassation qui remplit également des attributions de cour constitutionnel et de conseil d'Etat.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18306

vendredi 7 mai 2010

Claudy Gasant renforce la chaine pénale

Le secrétaire d'Etat chargé des affaires pénales, Claudy Gassant, a mis a exécution plusieurs dispositions visant le renforcement des Parquets. Hier mercredi, le juge Gassant avait effectué une tournée dans le sud, et a eu des séances de travail avec 6 commissaires du gouvernement dans les départements du Sud et de la Grand Anse. Les 18 commissaires du gouvernement à travers le pays disposent de nouveaux outils, dont un téléphone Black Berry, afin d'être disponible 24 heures par jour. M. Gassant assure que la permanence dans les Parquets permettra d'améliorer l'efficacité de la chaine pénale.
Avec le nouveau dispositif le juge Gassant supervise et coordonne les activités des 18 commissaires du gouvernement et du directeur central de la police judiciaire. Les téléphones des commissaires du gouvernement et du directeur central de la police judiciaire étant en réseau, ces membres de la chaine pénale pourront ainsi s'entraider dans le cadre de dossiers difficiles.
Ancien commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Claudy Gassant a réalisé ces dernières semaines plusieurs rencontres et séminaires de formation pour les membres de la chaine pénale.
Outre les commissaires du gouvernement et les directeurs centraux de la police, M. Gassant a intégré d'autres directeurs généraux dans la chaine pénale, dont ceux de la Douane et de l'Immigration. Les responsables de l'ULCC, Ucref et du service d'intelligence national sont également concernés par le renforcement de la chaine pénale.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17688

vendredi 16 avril 2010

4ème journée de grève des greffiers et huissiers

La grève des huissiers et greffiers perturbe la reprise progressive des activités judiciaires dans la région métropolitaine. Ces membres de l'appareil judiciaire haïtien se plaignent de leurs salaires précaires qui n'ont pas été revus à la hausse depuis plusieurs années.
L'association des magistrats (ANAMAH) avait été elle aussi contrainte d'observer un arrêt de travail il y a quelques mois afin d'obtenir l'application des nouvelles législations relatives aux salaires.
Les responsables de l'association nationale des greffiers assimilent la stagnation de leurs salaires à de mauvais traitements. André Billon, secrétaire général de cette association, fait remarquer que l'augmentation de salaire proposée pour tous les agents du système judicaire sous le gouvernement de transition n'a jamais été appliquée par le gouvernement Préval.
Les huissiers et greffiers se plaignent de leurs salaires précaires qui n'ont pas été revus à la hausse depuis plusieurs années. Rappelant que leurs démarches auprès des autorités judiciaire et gouvernementale ont été vaines, les responsables de l'association des greffiers ont conclu qu'il s'agit d'actes discriminatoires.
Un greffier, bras droit d'un juge de la Cour d'Appel, reçoit l'équivalent de 10 % du salaire du juge. Le président de la Cour d'Appel perçoit des émoluments de l'ordre de 90 000 gourdes ( sans les frais) alors qu'un greffier n'a droit qu'a 10 900 gourdes.
Outre les taches habituels les greffiers sont actuellement impliqués dans la classification des dossiers des cabinets d'instruction récupérés sous les décombres du Palais de Justice.
La doyenne du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Jocelyne Casimir, avait récemment attiré l'attention sur l'ampleur de la tache accomplie par les greffiers. Les dossiers doivent être triés et classés manuellement.
La grève des greffiers et huissiers nuit au bon fonctionnement du tribunal de première instance logé à l'ancien local de l'USAID au bicentenaire.
LLM / Radio Métropole Haïti

dimanche 19 juillet 2009

Le chef du Parquet de Port-au-Prince est limogé

Joseph Manès Louis, commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, a été démis de ses fonctions hier par le ministre de la justice. Le juriste qui dirigeait le Parquet depuis le limogeage de Claudy Gassant, est aujourd'hui affecté aux services centraux du ministère de la justice.Le ministre Jean Joseph Exumé n'a pas voulu préciser les raisons spécifiques du renvoi de Manès Louis a fait valoir que son licenciement s'inscrit dans le cadre d'un processus de restauration des Parquets. Le substitut du commissaire, Fortyle Mazard, a été désigné nouveau chef du Parquet en remplacement de Manès Louis. Il qui avait été le bras droit de Claudy Gassant avait placé son mandat dans la continuité des actions de son prédécesseur. Manès Louis avait été critiqué par de nombreux juristes lors de l'arrestation de l'avocat Osner Fevry. Ce dernier avait soutenu qu'un conflit personnel avec le chef du Parquet a été la principale cause de son arrestation. Tendues sous la direction de Claudy Gassant, les relations entre le Parquet et la Police s'étaient améliorées durant le mandat de Manès Louis.
LLM

vendredi 10 juillet 2009

La cour de cassation ordonne la libération de Franck Ciné

La cour de cassation a rendu hier mercredi un arrêt en faveur de Franck Ciné, 2 eme vice président de la Socabank et président directeur général de la Haitel.

Les juges de la cour de cassation ont estimé que M. Ciné n'a commis aucune infraction dans la faillite de la Société Caribéenne de Bank (Socabank). La décision de la Cour de cassation annule l'arrêt de la cour d'appel exigeant que M. Ciné soit jugé au correctionnel et au tribunal Criminel pour faux en écriture de banque.

Les principaux avocats de M. Ciné, Camille Leblanc, Samuel Madistin et Jean Joël Petit Homme avaient bénéficié de la contribution de l'éminent juriste Gérard Gourgues lors de l'exposé des motifs devant la Cour de cassation

Les avocats espèrent obtenir l'exequatur du parquet dans les 48 heures afin que M. Ciné puisse enfin sortir du Pénitencier National.

Incarcéré depuis 25 mois M. Ciné, ainsi que 4 autres membres du conseil d'administration de la Socabank, Claudel Gehi, Patrick Vieu, Patrick Poitevien et Joseph saint Louis avaient été tenu pour responsables de la faillite de la Socabank. L'arrêt de la cour de cassation innocente ces hauts cadres de la Socabank et ordonne l'arrestation de Charles Beaulieu, président directeur général de cette entreprise.

Les avocats sont préoccupés par l'état de santé de M. Ciné diabétique et hypertendu. Sous surveillance médicale, le pdg de la Haitel était maintenu en détention sur plainte de l'Etat haïtien par le biais de la DGI.

Maître Jean Joël Petit Homme soutient que M. Ciné a été gardé en prison pour des raisons politiques.

LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15478

lundi 8 juin 2009

Le Parquet s'apprête à entendre les manifestants interpellés la semaine dernière

L'audition de toutes les personnes arrêtées jeudi et vendredi derniers dans le cadre d'une série de manifestations déclenchées par des étudiants devrait se dérouler ce lundi au parquet de port au prince.

Ces individus dont une quinzaine d'étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) ont été interpellés sous l'accusation d'être des fauteurs de troubles, et doivent répondre de leurs actes par-devant le Parquet du Tribunal civil.
En effet , plusieurs véhicules publics et privés ont été la cible des pierres lancées par des manifestants en fin de semaine dernière, dans le cadre du mouvement de protestation visant à forcer le chef de l'état à promulguer la nouvelle loi portant à 200 gourdes le salaire minimum.
Les étudiants arrêtés ont passé le weekend en garde à vue au commissariat de Port au Prince en dépit des démarches du Rectorat de l'UEH en vue d'aboutir à leur libération.
La comparution en justice annoncée pour ce lundi devrait se dérouler dans une atmosphère surchauffée, de nouvelle manifestation sont encore prévue pour ce lundi.

RD

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15328

jeudi 4 juin 2009

Guy Philippe est officiellement recherché par la justice haïtienne

Le ministre de la justice, Jean Joseph Exumé, confirme que le chef de file du Front pour la Reconstruction Nationale (FRN), Guy Philippe, est recherché par la justice haïtienne. En marge d'une rencontre avec les membres de la commission sénatoriale de justice, le ministre Exumé a pour la première fois indiqué que les forces de l'ordre sont à la recherche de M. Philippe.


Ce dernier est donc en cavale même si le garde des sceaux n'a pas voulu préciser le type de mandat émis à l'encontre du leader du mouvement armé ayant provoqué le départ de Jean Bertrand Aristide en février 2004. Les autorités haïtiennes étaient jusqu'ici silencieux sur le dossier de Guy Philippe qui avait pris refuge dans son fief à Pestel.

Au cours des derniers mois M. Philippe avait fait état de trois tentatives infructueuses de commandos armés.

La semaine dernière le député de Pestel, Ronald Etienne, avait indiqué à radio Métropole que l'ancien candidat à la présidence s'était mis à couvert. Il assure que le chef de file du FRN bénéficie de la protection des résidents de sa ville natale.

La candidature de M. Philippe aux sénatoriales du 19 avril avait été rejetée par les autorités électorales.

Le député Ronald Etienne avait en vain sollicité ces derniers mois la constitution d'une commission parlementaire d'enquête sur les attaques des commandos armés à Pestel.

Le président de la commission sénatoriale de justice, Youri Latortue, n'a pas souhaité faire trop de commentaire sur les déclarations du ministre de la justice. Toutefois le parlementaire a soutenu qu'un citoyen doit se mettre à la disposition des autorités judiciaires de son pays.

LLM

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