L'idéal dessalinien a été au centre des débats entre des centaines d'élèves de 5e et de 6e année fondamentale réunis mercredi à l'Ecole nationale de Galette Chambon, à Ganthier. Venus de divers établissements scolaires de la commune, ces jeunes de 10 à 15 ans ont pu faire connaissance avec les idées de l'Empereur Jean-Jacques Dessalines en les comparant avec les réalités d'aujourd'hui. Une façon pour le Cercle des Ganthiérois, un espace de discussion sur les problèmes de la commune de Ganthier, de commémorer les 201 ans de l'assassinat du fondateur de la nation. « Je sais que Dessalines voulait un pays indépendant et autonome. Je ne crois pas qu'il serait content de voir les Blancs continuer de fouler le sol haïtien dont nous devrions être les seuls maîtres», s'est indignée une écolière de 15 ans, qui dit avoir écouté attentivement le maire Ralph Lapointe et les enseignants Nickenson Prospère et Jean Germane Joseph au cours de la conférence-débat organisée sur le thème « L'idéal dessalinien, est-ce un modèle pour la jeunesse d'aujourd'hui ? ».
Un autre écolier a réagi de la manière suivante : « Nous venons de dialoguer avec l'un des plus grands héros de l'Indépendance à travers ses idées. Nous savons que Dessalines parlait d'unité nationale, de souveraineté nationale, de justice sociale, etc., a-t-il fait remarquer, fouillant dans son cahier de notes pour ne pas commettre d'erreurs. Dessalines voulait améliorer la vie des pauvres. Aujourd'hui encore, les pauvres sont nombreux dans le pays. Les idées de Dessalines n'ont-elles pas été bafouées ? »« Le problème de la communauté ne va pas se résoudre grâce à un miracle. Les responsables à eux seuls ne peuvent pas tout changer. Pour cela, chaque individu doit mettre la main à la pâte», a fait savoir le maire et professeur Lapointe, comme pour demander aux écoliers de s'impliquer dans toute action qui vise le changement. Selon lui, cette Haïti que nous avons aujourd'hui n'est pas celle que voulait Dessalines, il y a plus de deux cents ans. « Il n'est pas normal qu'une zone s'accapare de tout alors qu'une autre n'a rien, a-t-il dénoncé, en présence du député Pierre Jude Destiné. Si les rêves de Dessalines étaient réalisés, le pays ne serait pas ainsi. »Ne pouvant pas se mêler des affaires politiques, l'un des écoliers a demandé d'apporter cet éclaircissement : « Pourquoi Dessalines est considéré comme le premier chef d'Etat d'Haïti et non pas comme le premier président ? »Qualifiant d'intelligente la question de cet enfant, Nickenson Prospère a répondu en ces termes : « On attribue un titre à la personne qui dirige un pays en fonction du régime politique sous lequel il est dirigeant. Ainsi, Dessalines n'était pas le premier président du pays parce qu'il ne s'agissait pas d'une République. » Participant lui aussi aux débats, le député Destiné a applaudi des deux mains cette initiative des jeunes de Galette Chambon visant à aider les jeunes Ganthiérois à mieux comprendre l'histoire de leur peuple. Il promet d'ailleurs d'accompagner le Cercle des Ganthiérois dans son projet d'implanter une bibliothèque communautaire. « Je suis prêt à appuyer toute activité favorisant le progrès de la circonscription Ganthier/Fonds-Verrettes », a-t-il promis.« Il est temps pour que les responsables passent de la parole aux actes », a déclaré, de son côté, l'enseignant Jean Germane Joseph, qui dit espérer que le pays prendra effectivement les rails du développement.
Victor Jean Junior
djune14@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49917&PubDate=2007-10-22
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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lundi 22 octobre 2007
vendredi 19 octobre 2007
Jean Jacques Dessalines, fondateur de la nation haïtienne
Jean-Jacques Dessalines naquit semble-t-il à Cormiers, près de la Grande-Rivière-du-Nord, non loin du Cap, sur la plantation « Vye Kay », ou peut-être dans l'Artibonite, dans la paroisse de Verrettes, sur la plantation Marchand. Il vécut ensuite chez un colon blanc, Henri Duclos, propriétaire d'une caféière, jusqu'au moment où il fut acheté, tout jeune encore, par Dessalines, un noir libre, qui lui donnera son nom et lui apprit le métier de charpentier.
Dessalines vécut une jeunesse particulièrement difficile. Ce fut un esclave rebelle, souvent marron ; son corps, dit-on, était couvert des cicatrices laissées par les verges de fer. Après s'être joint aux esclaves insurgés contre l'autorité française de Saint-Domingue ( 1791 ), aux côtés de Boukman et de Biassou, il parvint au grade d'officier supérieur dans les bandes soudoyées par l'Espagne.
En 1794, après l'abolition de l'esclavage, il passa au service de la France et se signala dans la guerre contre les Anglais. Général sous les ordres de Toussaint Louverture , il se fit remarquer par son énergie et sa bravoure, mais aussi par une cruauté implacable.
En 1801, il écrasa la tentative d'insurrection du général noir Moïse, dans la région du Cap. En 1802, à l'arrivée des Français commandés par le général Leclerc, il commandait les départements du Sud et de l'Ouest.
Le 26 février 1802, au moment où les Français, maîtres de Port-au-Prince, marchaient sous les ordres du général Boudet sur la ville de Saint-Marc, Dessalines, qui la commandait, ordonna de l'incendier et mit lui-même le feu à sa maison, dont l'ameublement et la construction lui avaient coûté beaucoup d'argent.
Il se dirigea ensuite vers le Mirebalais, et après la défaite de la « Crête-à-Pierrot » se soumit au général Leclerc. Passé sous le pavillon français, il conserva son grade et son commandement.
Dessalines intrigua alors auprès de Leclerc contre Toussaint Louverture et pourchassa les insurgés avec la même férocité qu'il avait montrée quelques mois auparavant envers les Blancs ( il avait ordonné le massacre d'environ 1.200 colons ).
Après l'annonce par Napoléon du rétablissement de l'esclavage, il rejoignit les révoltés ( octobre 1802 ). Au congrès de l'Arcahaye ( 15-18 mai 1803 ), Dessalines réalisa à son profit l'unité de commandement. Le 19 novembre, à la tête de l'armée des indigènes, il imposa à Rochambeau la capitulation du Cap.
En 1803, après le départ des Français, Dessalines provoqua aussitôt le massacre de la population blanche (2) ; à l'exception des prêtres, médecins, techniciens et de quelques négrophiles.
Il redonna à Saint-Domingue son nom indien d'Haïti ( Ayiti ) et, en 1804, avec l'appui de l'Angleterre, proclama l'indépendance de la nouvelle République.
Sources: Thomas MADIOU, Histoire d'Haïti, ; Roger CARATINI, Dictionnaire des personnages de la Révolution, ; Ch. DEZOBRY & Th. BACHELET, Dictionnaire général de biographie et d'Histoire (..), Robert CORNEVIN, Haïti, Paris, 1982; R.-A. SAINT-LOUIS, La Présociologie haïtienne ou Haïti et sa vocation nationale, Québec, 1970 ; Ertha PASCAL TROUILLOT, Encyclopédie biographique d’Haïti, éd. Semis.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13133
Dessalines vécut une jeunesse particulièrement difficile. Ce fut un esclave rebelle, souvent marron ; son corps, dit-on, était couvert des cicatrices laissées par les verges de fer. Après s'être joint aux esclaves insurgés contre l'autorité française de Saint-Domingue ( 1791 ), aux côtés de Boukman et de Biassou, il parvint au grade d'officier supérieur dans les bandes soudoyées par l'Espagne.
En 1794, après l'abolition de l'esclavage, il passa au service de la France et se signala dans la guerre contre les Anglais. Général sous les ordres de Toussaint Louverture , il se fit remarquer par son énergie et sa bravoure, mais aussi par une cruauté implacable.
En 1801, il écrasa la tentative d'insurrection du général noir Moïse, dans la région du Cap. En 1802, à l'arrivée des Français commandés par le général Leclerc, il commandait les départements du Sud et de l'Ouest.
Le 26 février 1802, au moment où les Français, maîtres de Port-au-Prince, marchaient sous les ordres du général Boudet sur la ville de Saint-Marc, Dessalines, qui la commandait, ordonna de l'incendier et mit lui-même le feu à sa maison, dont l'ameublement et la construction lui avaient coûté beaucoup d'argent.
Il se dirigea ensuite vers le Mirebalais, et après la défaite de la « Crête-à-Pierrot » se soumit au général Leclerc. Passé sous le pavillon français, il conserva son grade et son commandement.
Dessalines intrigua alors auprès de Leclerc contre Toussaint Louverture et pourchassa les insurgés avec la même férocité qu'il avait montrée quelques mois auparavant envers les Blancs ( il avait ordonné le massacre d'environ 1.200 colons ).
Après l'annonce par Napoléon du rétablissement de l'esclavage, il rejoignit les révoltés ( octobre 1802 ). Au congrès de l'Arcahaye ( 15-18 mai 1803 ), Dessalines réalisa à son profit l'unité de commandement. Le 19 novembre, à la tête de l'armée des indigènes, il imposa à Rochambeau la capitulation du Cap.
En 1803, après le départ des Français, Dessalines provoqua aussitôt le massacre de la population blanche (2) ; à l'exception des prêtres, médecins, techniciens et de quelques négrophiles.
Il redonna à Saint-Domingue son nom indien d'Haïti ( Ayiti ) et, en 1804, avec l'appui de l'Angleterre, proclama l'indépendance de la nouvelle République.
Sources: Thomas MADIOU, Histoire d'Haïti, ; Roger CARATINI, Dictionnaire des personnages de la Révolution, ; Ch. DEZOBRY & Th. BACHELET, Dictionnaire général de biographie et d'Histoire (..), Robert CORNEVIN, Haïti, Paris, 1982; R.-A. SAINT-LOUIS, La Présociologie haïtienne ou Haïti et sa vocation nationale, Québec, 1970 ; Ertha PASCAL TROUILLOT, Encyclopédie biographique d’Haïti, éd. Semis.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13133
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