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lundi 12 janvier 2009

Que se passe-t-il à Baie d'Orange ?

En octobre 2008, environ deux mois après le passage du dernier des cyclones ayant ravagé le pays cette année-là, une petite localité obscure du département du Sud-Est défrayait la chronique. La situation dramatique dans laquelle vivaient ses habitants a, en dépit des multiples désastres enregistrés un peu partout dans le pays, retenu l'attention des médias, des autorités gouvernementales, des ONG et de la population. Des enfants mourraient de malnutrition. Ainsi que le disait Haitian Press Network, « Une soixantaine d'enfants de Baie d'orange souffrant de malnutrition aiguë sont actuellement pris en charge par "Médecins du monde Canada". Dans cette petite localité du Sud-Est, 26 enfants sont déjà morts de faim ». Que s'est-il donc passé ?
Le 21 décembre 2008, pour donner suite à une invitation faite au quotidien Le Nouvelliste par l'organisation caritative Save The Children, je me suis rendu à Baie d'orange, une localité du Sud-Est, dépendant de la commune de Belle-Anse, qui se trouve seulement à quelques kilomètres de Seguin et du parc La Visite. Ce que j'y ai découvert ne correspond pas du tout à l'image de désolation à laquelle on pourrait s'attendre après toute la médiatisation faite autour d'une catastrophe humanitaire dans cette communauté.
Quand on a écouté les reportages radiodiffusés et qu'on a lu les articles écrits sur la situation désespérée de la population affamée de Baie d'Orange, il est normal d'avoir des idées préconçues sur l'environnement dans lequel vivent les victimes. Cliché ou pas, l'idée de famine ramène, on ne sait trop pourquoi, presque irrémédiablement à une vision de désert, d'arbres morts, d'animaux chétifs ou moribonds. Or, à baie d'orange, on est loin de cette vision infernale. Bien au contraire, on a l'impression d'entrer dans un véritable paradis qui, quoiqu'un peu déplumé, que dis-je? déboisé, n'en est pas moins agréable et accueillant en dépit d'une température qui a de quoi décourager les plus frileux.
On a beau chercher, on ne voit rien, en dehors de la misère, qui pourrait justifier la famine dans un endroit pareil. Or la misère, dans notre beau pays, elle est partout. Pourquoi, alors, ce qui se passe à Baie d'orange n'arrive pas ailleurs ? Et pourquoi les enfants meurent-ils de malnutrition en si grand nombre ici et pas ailleurs ?
Arrivé sur les lieux en plein rassemblement (la population se préparait à participer à une fête organisée par Save The Chidren à l'occasion de la Noël), j'ai pu me faire une idée de l'état physique de la majorité des enfants présents. Il n'est pas besoin d'être médecin pour réaliser que nombre d'entre eux souffraient de malnutrition à des niveaux différents. La situation avait, semble-t-il, évolué depuis que les autorités gouvernementales étaient intervenues dans la zone avec l'aide du PAM (Programme Alimentaire Mondial) et des organisations partenaires de la MINUSTAH et de "Médecins du monde Canada". De plus, de nombreux enfants, les plus malades, avaient été évacués vers des centres hospitaliers pour y recevoir les soins que réclamait leur état de santé.L'amélioration de la situation n'empêche pas de se poser des questions, lesquelles ne sont pas forcément pertinentes. Y a-t-il vraiment eu famine à Baie d'Orange ? Et pourquoi ? D'un autre côté, les cas de malnutrition, souvent sévères, enregistrés et incontestables découlent-ils de la famine? car il convient de faire la différence entre malnutrition et famine.
Si la famine est caractérisée par la privation ou un manque, en termes de quantité, de nourriture dans un espace donné pour une période assez longue, la malnutrition est plutôt liée à la qualité de la nourriture consommée, à son apport nutritionnel. Une nourriture qui ne fournit pas l'ensemble des éléments nécessaires à la santé (protéines, lipides, sucres, acides gras, fibres, vitamines, minéraux traces, etc.), consommée sur une longue période de temps provoque cet état pathologique que l'on appelle la malnutrition.
Notons, en passant, qu'un apport excessif de certains nutriments, comme les graisses, les protéines et les sucres ainsi qu'un régime déséquilibré peuvent également provoquer la malnutrition. Ce qui implique que cette maladie n'est pas liée à la famine.
L'infirmière nutritionniste, affectée dans le département du Sud-Est par Save The Children, a mis l'accent sur le régime déséquilibré des enfants de Baie d'Orange tout en ne réfutant pas la réalité du manque de nourriture. Par ailleurs, elle a souligné le fait que les habitudes alimentaires régionales peuvent avoir des effets extrêmement négatifs sur la santé des habitants, en particulier sur celle des enfants qui sont plus fragiles. Ce que nous a confirmé le docteur Daniel Charles de Profamil. Pour preuve, dit-il, il est difficile d'imaginer le taux élevé de personnes atteintes de malnutrition dans le département de la Grand'Anse, une zone pourtant considérée comme l'un des greniers du pays. Cette situation découlerait du mode d'alimentation des Grand'Anselais basé sur la consommation d'aliments énergétiques (sucres), les fruits de l'arbre véritable en particulier et les produits vivriers occupant une place prépondérante dans leur régime alimentaire.
Dans ce cas bien précis, la malnutrition serait donc le résultat d'un manque d'information et/ou de formation; l'individu, ne sachant comment bien se nourrir, confond alimentation suffisante et alimentation équilibrée. Malheureusement pour lui, la quantité n'est pas la qualité. Voilà qui justifierait grandement un programme d'éducation alimentaire, et pour ceux qui souffrent de malnutrition, et pour les soi-disant « bien portants ».
A Baie d'Orange, où la famine n'aurait jamais dû exister, la terre, apparemment riche, est, pour une raison ou pour une autre, abandonnée, les caféiers sont infectés par un parasite qui fait des ravages et les cultivateurs ne bénéficient pas, selon leurs dires, de l'assistance du ministère de l'Agriculture. Ce n'est que récemment qu'un agronome a été affecté à la zone par Save The Children. De nombreux agriculteurs désertent la région pour aller travailler en République dominicaine, ce qui affaiblit la force de travail. L'intervention du ministère de l'Agriculture serait des plus nécessaires et urgentes pour une exploitation rationnelle des ressources de la localité au moment où l'on parle de relance de l'agriculture et d'autosuffisance alimentaire. Baie d'Orange n'est pas un cas isolé, il y en a d'autres. Sa situation n'est que le résultat de son isolement, conséquence prévisible d'une politique de centralisation à outrance. Il n'est que d'espérer que la décentralisation tant attendue devienne un jour une réalité afin que le « pays en dehors » puisse aspirer à un certain développement et sortir enfin de la misère.
Patrice-Manuel Lerebours
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=66003

samedi 29 novembre 2008

14 écoles seront bientôt réhabilitées par l'Agerca et le PADF

Un accord de 300 000 dollars américains a été signé hier entre les responsables de l'Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activité (Agerca) et la Pan American Development Foundation (PADF) afin de réaliser des travaux de réhabilitation et d'accompagnement de 14 écoles. 3 500 enfants de 4 départements du pays sont les principaux bénéficiaires du projet.
Le représentant de la PADF, Michelet Fontaine, informe que des kits de nettoyage et de cuisine seront distribués aux élèves de ces régions vulnérables. Les fonds ont été collectés lors du marathon organisé par les entreprises et les institutions de la société civile en faveur des victimes des ouragans, Fay, Gustav et Ike.Le PADF apporte une contribution supplémentaire de 150 000 dollars pour réhabiliter des infrastructures scolaires dans le sud-est, l'Ouest et le sud notamment.
L'un des membres du comité organisateur du marathon, Reginald Boulos a révélé que 20 300 donateurs ont participé au marathon. Il soutient que les dons en nature ont été distribué avec la collaboration de la Direction de la Protection Civile.
Reginald Boulos soutient que le gouvernement et la société civile doivent adopter des dispositions pour prévenir d'autres catastrophes naturelles, se prononçant en faveur de la mise en application d'un plan pré désastre. Il croit que les problèmes structurels actuels sont dus à 50 années de destruction de l'environnement. " Il faut curer les canaux dans les villes les plus vulnérables et prépositionner des articles pour venir en aide aux sinistrés après les cyclones ", ajoute t-il.
Dans le même temps, le vice président de la Chambre de Commerce et d'Industrie d'Haïti, Gregory Mews, indique que les dégâts causés par les récents cyclones sont estimés à plus de 900 millions de dollars.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14414

samedi 2 août 2008

Le grenier pourrait bien nourrir...mais !

Si les agriculteurs avaient les moyens pour faire l'irrigation et mettre en valeur les terres cultivables, Port-à-Piment pourrait nourrir davantage ses milliers d'habitants et même ses voisins Il n'y aurait pas une période de vache maigre en termes de production agricole à Port-a-Piment. Selon la saison, les habitants s'adonnent à la culture des céréales, des agrumes, des vivres et des tubercules. « Nous cultivons un peu de tout à Port- à -Piment : maïs, haricot, manioc, cocotier, banane, raisin », énumère avec précision Nerette Victor, Port-à-Pimentois d'origine et ancien cultivateur. « J'ai commencé à cultiver la terre depuis mon plus jeune âge. C'était mon gagne-pain et celui de ma famille », explique le sexagénaire. Âgé aujourd'hui de soixante-quatre ans, Victor, greffier au tribunal civil de Coteaux, ne pratique presque plus l'agriculture.
Son travail de greffier prend le plus claire de son temps. Mais c'est surtout les extrêmes difficultés rencontrées dans la production et le transport des produits agricoles qui, dit-il, l'ont porté à négliger les champs.
« Autre fois, l'agriculture permettait facilement aux Port-à-Pimentois d'éduquer leurs enfants, de prendre soin de leur famille. Plus maintenant », crache-t-il, jetant les regards sur un vieux jardin situé à quelques mètres de sa maison.
Le niveau de production a considérablement diminué à cause de l'absence d'un système d'irrigation pour l'arrosage des terres cultivables, par manque de moyens économiques facilitant la mise en valeur des champs et par manque de moyens de transport pour écouler les produits vers les villes avoisinantes. Il en résulte que bon nombre d'agriculteurs ont abandonné les champs pour migrer vers d'autres villes, notamment Port-au-Prince.
Ceux qui y sont restés pratiquent une agriculture d'auto-subsistance alors que la culture de la terre reste la première et la plus importante activité économique des Port-à-Pimentois.
« C'est, en quelque sorte, la première occupation des habitants.
Il n'existe pratiquement pas d'autres alternatives en termes d'activités économiques et commerciales à Port-à-Piment », souligne le maire de cette commune, Fritz Gattereau.
Revenu des Etats-Unis il y a quelques années, Fritz Gattreau n'est pas le seul à se plaindre de ce qui faisait autre fois la force de la cité.
De jeunes Port-à-Pimentois, qui ont vécu leur enfance dans la commune, disent avoir la nostalgie du temps où Port-à-Piment servait de grenier pour ses habitants et aussi pour des milliers de citoyens venant des localités avoisinantes.
« Il fût un temps où des gens de Côteaux, de Port-Salut et d'autres zones venaient s'approvisionner chez nous », s'est rappelée Marie France Mérilan, une jeune Port-à-Pimentoise vivant à Port-au-Prince.
La jeune femme dit espérer une amélioration des moyens de transport, véritable handicap pour écouler les produits vers les marchés locaux.
Avec les travaux de réparation de la route nationale numéro 2 jusqu'à Tiburon initiés par le gouvernement haïtien avec le support du gouvernement taiwanais, certains citoyens nourrissent déjà l'espoir de voir Port-à-Piment reprendre ses droits séculaires.
« Nous avons encore la possibilité de relever le niveau de production », croit dur comme fer M. Gattereau.
D'autant plus que les agriculteurs portapimentois semblent préférer les engrais naturels aux engrais chimiques. Ce qui leur procure des récoltes probantes et de meilleure qualité. « Les cultivateurs misent beaucoup plus sur les engrais organiques », explique Fritz Gattereau.
A Port-à-Piment, certains produits agricoles, notamment les oranges, les avocats et les régimes de banane, paraissent visiblement plus volumineux que ceux qu'on retrouve dans d'autres villes du pays.
Jean Max St Fleur
jmsaintfleur@lenouvelliste.com http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=60649&PubDate=2008-08-02

Limonade, mwen tale nan fèt chanpèt

25 juillet 2008. Ils sont des milliers à avoir investi les rues de Limonade. En pèlerinage, catholiques et vodouisants se côtoient dans une ambiance harmonieuse et festive.
Vêtues de leurs robes bleu et blanc ou encore bleu, blanc, rouge en l'honneur de grann sent Ann, des centaines de dévotes ont envahi le parvis de l'église qui, pour l'occasion, a perdu de son air solennel pour ne plus ressembler qu'à un vaste marché, une place de foire où se joue un spectacle qui se répète depuis bien longtemps déjà. Les barques de friture et les glacières remplies de gazeuses ont trouvé de la place au milieu de « laye » de rubans, de bougies, d'images saintes et d'amulettes de toutes sortes.

Les affaires marchent bien. Grisés par l'ambiance, les pèlerins et les fêtards ne se privent de rien et commettent tous les excès. Même la viande qui, depuis plus de 24 heures, est frite et refrite à outrance, trouve preneur. On prie, on boit, on se prostitue, on s'insulte, on s'embrasse comme si l'avenir du monde en dépendait. Les pieds blanchis par la poussière des rues en terre battue, le visage ruisselant de sueur sous le chaud soleil de l'été, tout ce beau monde boit autant qu'il peut et, lentement mais sûrement, les rues disparaissent sous un amoncellement de sachets et bouteilles en plastique. La pollution est aussi de la fête, le sida aussi. On en parle, on en discute, des organisations de divers horizons distribuent des préservatifs par-ci, par-là. Et, parallèlement, des couples se forment et se défont au rythme de l'ambiance. La moralité n'est pas au rendez-vous. C'est la fête avant la fête pour une population qui gémit sous le poids de la misère et du sous-développement. « Grann Sent Ann, maman, tu connais ma douleur, tu connais mes souffrances et mes inquiétudes. Aide-moi à les supporter, car tu es la plus forte, la plus solide, notre mère à tous... » Elle doit en avoir plein le dos, la pauvre Sainte Anne, car la misère est grande et les souffrances visibles.
Ils sont partout, ces pèlerins, qui continuent à croire qu'un miracle est encore possible, qui les sortira des profondes ornières de leur désespérance quotidienne. Syncrétisme oblige, on salue Sainte Anne, on fait des génuflexions devant la croix du Christ puis, tout simplement, on va danser un ''yanvalou'' ou un je ne sais quoi pour appeler les ''lwas''. On ne prend pas de risque. Comme on ne sait qui répondra, on appelle tout le monde, lwas, saints, prophètes, avec l'espoir qu'une porte s'ouvrira.

Le soleil tape fort, certains ne s'en soucient pas et l'alcool coule à flots, et, à l'ombre des grands arbres, on s'amuse à jouer aux dominos ou à se raconter des blagues. Pour d'autres, plus sensibles à la canicule, c'est la quête d'un abri. On s'installe dans les bus qui ont servi à amener les pèlerins, et ceux qui ne trouvent pas de place s'allongent sur une natte ou un « atè miyo » qu'ils ont pris le soin d'installer sous un camion en stationnement.

La place, elle aussi, transformée en marché, grouille d'activités. Des tonnelles ont envahi l'espace et les «pèpè » et autres bimbeloteries sont les sujets d'âpres négociations entre vendeurs et acheteurs. Les gargotes des marchandes de « manje kwit», de « chen janbe » ne désemplissent pas.
Il est difficile, au milieu de cette foule, d'imaginer que la plupart des Limodadiens se reposent et n'ont pas encore investi les rues et que la plupart des visiteurs n'arriveront que dans la soirée pour le festival qui se déroulera sur la place publique ou leur traditionnel bal « champêtre » avec les incontournables orchestres Septentrional et Tropicana. La ville doit probablement avoir des propriétés élastiques pour pouvoir accueillir tout ce monde-là ! Plus tard, comme d'habitude, il y aura des cérémonies vaudoues dans plusieurs «lakou», et pendant que retentiront les première notes des grands orchestres, certains, faute de moyens, iront danser une « bidyonèl » alors que d'autres, encore moins fortunés, se contenteront d'une gazeuse ou de deux coups de clairin devant la porte d'entrée de l'espace réservé au bal, savourant à distance les mélodies de leur groupe préféré.
Demain, la fête prendra fin, et rares sont ceux qui iront à la messe célébré en l'honneur de la sainte patronne de la ville. Comme on le dit si souvent : « Apre bal, tanbou lou. »

Patrice-Manuel Lerebours

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=60586
Commentaires :
Dans un pays normal, un petit pays en territoire comme Haïti, ce genre de manifestations devraient drainer une populace monstre vers ses lieux magnifiques avec beaucoup de choses à voir et à visiter. Les élus locaux qui s’évertuent a récupérer de l’argent pour faire des simulacres de carnaval devraient accepter le principe de la centralisation des festivités carnavalesques et que des fonds leur soient alloués pour la réalisation de fêtes patronales.

jeudi 10 juillet 2008

Quand Haïti vend ses enfants « esclaves »

Quand un pays en arrive à vendre ses enfants, faute de pouvoir s'en occuper, il est temps de renoncer à son indépendance au nom de la protection de ces enfants. Je sais que cela choquera bien de ces « nationalistes sans nation » et je m'attends à leur critique. Je les invite, toutefois, à voir le reportage de la chaîne américaine ABC du 8 juillet : Child Slavery in Haïti. Images à l'appui, le journaliste démontre sous nos yeux qu'il peut acheter un enfant haïtien en moins de 10 heures en prenant un vol à partir de New York. Toutefois, je refuse de faire passer sous silence la responsabilité de certains acteurs internationaux dans le pays qui, fort de leurs moyens financiers, trompent la vigilance de pauvres parents rendus vulnérables par la misère. Cette forme moderne d'abuser des plus faibles peut conduire dans certains cas jusqu'au commerce des organes. On ne serait donc pas loin des temps modernes des négriers.

Je refuse non plus de ne jouer que la carte de la victime en laissant de côté la faillite nationale. En effet, les scènes journalières d'enfants en larmes dans nos aéroports n'attirent l'attention de personne, encore moins des policiers ou d'autres autorités. Quand la première « République noire indépendante », qui s'est libérée du joug de l'esclavage et a libéré d'autres pays également, met ses enfants en esclavage pour les vendre, on ne peut y voir que la malédiction de l'histoire. Un pays qui vend ses enfants ne mérite pas d'être indépendant. Il est vrai, cela fait quelque temps déjà, qu'il l'a perdu et à ce rythme, cette histoire glorieuse ne sera qu'une chimère confinée aux bouquins d'histoire.

Certes, on savait que cela se faisait un peu, voire clandestinement, en trompant la vigilance des pouvoirs publics et des parents. Mais on était loin de se douter qu'il existait un trafic aussi bien organisé et qu'il y avait des enfants « entraînés » à être vendus. Il me vient à l'idée ces braves compatriotes qui ne manquent aucun rendez-vous national et international pour marquer leur indignation quant au traitement des Haïtiens en terre étrangère. Je crois qu'ils ont du boulot à la maison quand des Haïtiens eux-mêmes, à grande échelle, vendent des enfants volés ou les leurs au premier acheteur.

Bien sûr, personne n'est responsable. Que ce soit le père qui abandonne la famille et qui continue allègrement de procréer, ou bien l'Etat trop occupé à chercher un gouvernement, et quand il le trouve, trop occupé à gérer la prochaine élection. Bref, les adultes sont trop occupés à gérer des choses sérieuses pour perdre du temps à s'occuper des enfants et empêcher les trafiquants de faire fortune. Mais aujourd'hui, s'il faut trouver des coupables, je nommerai ceux qui se taisent et n'agissent pas, qu'ils soient décideurs publics ou simples citoyens, bref, la société. Le trafic des enfants à si grande échelle et si impunément mené est aujourd'hui une honte nationale. Voir ce reportage sur une grande chaîne câblée américaine est une disgrâce pour le pays et ses leaders, tant du secteur public que du secteur privé. Cette irresponsabilité nationale est aussi une forme de préjugé, car il traduit un mépris pour certains groupes sociaux bien particuliers. Ayons le courage de le reconnaître si on veut réellement agir. Il est tellement facile de prendre outrage du racisme des autres qu'on en arrive, peut-être inconsciemment, à cacher nos propres travers.

Faut-il conclure que sur la colère ou le désespoir ? Non. Je crois qu'il s'agit là d'un « autre ultime » appel. Un ultime appel pour ces gouvernements irresponsables qui laissent des milliers d'enfants encore exposés parce qu'ils ne sont pas en salle de classe; un ultime appel à ce secteur privé non solidaire qui n'a jamais construit des espaces publics pour que ces enfants puissent jouer et grandir sainement sans se sentir exclus; un ultime appel pour ces pères irresponsables qu'il convient d'éduquer autrement et/ou de sanctionner; un ultime appel pour certains qui rafistolent de petits projets sans lendemain pour les enfants défavorisés, question d'avoir des financements ou un capital politique; bref, un ultime appel pour ceux qui se taisent et n'agissent pas. Je terminerai tout de même en souhaitant du courage à certains de mes compatriotes qui s'en occupent sérieusement, le plus souvent sans moyen, car il en existe heureusement, ceux qui passent pour d'éternels naïfs et rêveurs.
Nesmy Manigat

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=59631&PubDate=2008-07-10

samedi 7 juin 2008

La nudité de la Forêt des pins, bientôt couverteReforestation

Pour enfin stopper la déforestation de la Forêt des pins, le ministère de l'Environnement vient d'embaucher 33 agents de surveillance qui y seront déployés sous peu.
Ces agents auront la responsabilité d'empêcher la coupe anarchique et systématique des arbres au niveau de la forêt et en même temps procéder à la saisie des bois en question transportés par des camions.

A l'occasion de la journée mondiale de l'Environnement, le 5 juin, le ministère de l'Environnement (MDE) a annoncé l'adoption de plusieurs mesures visant à protéger les sites naturels, les parcs et les forêts du pays, lors d'une cérémonie déroulée à la Forêt des pins située dans la commune de Fonds-Verrettes.
Il s'agit, entre autres, d'activités de reboisement et de mesures de surveillance de cette forêt qui est passée de 32.000 hectares à environ 8.000 aujourd'hui, a souligné le directeur départemental de l'Ouest du MDE, l'ing. Ludner remarais.

En ce qui concerne le reboisement, 22 mille plantules sont déjà disponibles sur un total de 1. 000. 000 promises par la République Dominicaine, a indiqué monsieur Remarais. Les dirigeants ciblent dans cette perspective les localités Gros Cheval et Morne Vincent, responsables, selon eux, en grande partie des dégâts environnementaux enregistrés à Fonds-Verrettes lors des inondations de 2004.
Le ministère de l'Environnement, la Mairie de Fonds-Verrettes, la députation, la justice locale et les organisations militant au sein de la Forêt des pins s'unissent désormais pour faire échec à tous ceux qui, d'une façon ou d'une autre, se plaisent à détruire cette forêt, a soutenu le cadre du MDE.
Pour sa part, le député de la circonscription Ganthier / Fonds-Verrettes, Pierre Jude Destiné, a insisté sur la portée mondiale du problème de l'environnement. Rappelant que les arbres constituent la vie, il a invité les habitants de la région à prendre conscience du danger que représente la déforestation de la Forêt des pins pour le pays en général et pour eux en particulier.

Le maire de la commune de Fonds-Verrettes, Junel Jean, s'est engagé à préserver ce qu'il appelle « le reste de la Forêt des pins » au bénéfice des générations montantes. En termes de mesures adoptées au niveau local, il a fait mention de la présence de certains brigadiers chargés de surveiller la forêt.

Le président de l'Organisation des Jeunes pour le Développement de la Forêt des pins (OJDF), Phito Lafleur, estime que la déforestation de la forêt est liée à la négligence des autorités étatiques et à la pauvreté.
En ce sens, il invite les autorités gouvernementales à offrir à la population une autre alternative ce qui, selon lui, pourrait contribuer à la baisse considérable de l'abattage des arbres.

Phito Lafleur a également souligné l'importance de la Forêt des pins en matière d'alimentation en eau de certaines parties du pays, prévenant que la poursuite de la coupe anarchique des bois pourrait conduire à une pénurie d'eau.
Un enfant vivant dans la zone a déclamé à la fin de la cérémonie un poème interpellant la conscience de tout un chacun quant à la nécessité de protéger la Forêt des pins : »Forè a se sous lavi nou, nou dwe pwoteje li chak jou ; chak pye bwa se manm kò nou, si yo disparèt, nap fin viv tou... nan tèt kole ann byen jere l', ti moun ap genyen yon bon avni, konsa lamizè ap fini ».

Lucmane Vieux
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=58424&PubDate=2008-06-07
Commentaires :
La protection enfin de ce qui reste comme couverture végétale (aujourd’hui estimée à moins de 2%) serait ailleurs, dans un autre contexte, dans l’enceinte d’une autre mentalité, digne des plus ferventes louanges. L’intention voire toute tentative s’alignant dans ce sens pourrait être motif de satisfaction.
Cependant la raison nous rappelle que là encore une fois il est question d’Haïti . Pays à part. Plus pathétique et unique du genre. Un endroit ou l’imaginaire débordent les limites de l’imaginable.
Nous avions souvent entendu des voix s’élever pour dénoncer la battue indiscriminée des arbres de Forêt des pins. Qui pis est il a existé même un commerce appuyé et supporté par des secteurs économiquement puissants qui continuent à considérer Haïti comme « un cas perdu », une situation les habilitant à enfoncer encore le clou entre les yeux de ce serpent qui pour survivre se bouffe outrageusement la queue.
Ceux qui ont étudié les perceptions de la corruption dans un environnement caractérisé par une déliquescence institutionnelle, savent très bien que les bonnes intentions ne suffiront pas.
Les tentacules de cette bête, tueuse de nation, sont si puissantes et nombreuses qu’elles n’auront pas de difficultés à investir et déflorer les mailles de ce rideau débile qui ne saura être à la hauteur de l’impétuosité des prédateurs.
Ainsi osons nous espérer que ces gardes forestiers n’ont pas été investis dans le but de réduire le chômage, ni dans le cadre de la réinsertion de bandits ou de donner du travail à des militants.
Les députés devraient, en marge de la constitution de leur parti politique (CCP-2011 !), légiférer en faveur de la protection de ce qui reste de la forêt des pins.
Sinon comme pour les besoins de protéger leur famille, les haïtiens vont devoir s’allier et s’armer pour protéger de leur sang et de leur chair tout ce qui à la longue peut détruire ce qui reste du pays.
Ainsi tout individu s’adonnant à la coupe, la vente ou le transport d’arbres abattus doit être considéré et traité comme criminel apatride.

Déplacement de la population : une nécessité

Les habitants de la zone de Thor 10, sur la route de Carrefour par les rails, sont contraints de laisser leurs maisons pour faciliter la construction et le fonctionnement d'une centrale électrique financée par le Venezuela. Les démolitions commencent et les habitants se plaignent..
La construction de la centrale électrique à Carrefour se trouve à un niveau très avancé.

Afin d'assurer la sécurité de la population vivant dans la zone et le bon fonctionnement de cette centrale thermique, des dizaines de familles doivent abandonner leurs maisons.
Malgré le dédommagement promit par l'Etat haïtien, les habitants tardent à laisser la zone où certains d'entre eux y habitent depuis plus d'une dizaine d'années, ce qui n'est pas sans conséquence sur l'avancement des travaux de construction.
Les maisons à démolir se trouvent entre l'ancienne centrale de l'Electricité d'Etat d'Haïti (ED'H) qui fonctionne toujours et celle construite par le Venezuela.

Comme presque un peut partout dans la commune, les constructions ne respectent aucune normes, les élus actuels et antérieurs de la mairie n'ont jamais eu de contrôle sur ces gens. Selon le témoignage d'un riverain, les responsables veulent connecter les deux centrales thermiques. Pour ce faire, il leur faut tout l'espace. Il critique les autorités de la commune qui n'ont jamais manifesté leur volonté de réglementer la construction dans cette zone.

Une fois en marche, la nouvelle centrale aurait pu avoir des effets négatifs sur la vie des gens qui occupent l'espace à récupérer. « Une fois mis en marche, les habitants ne pourront pas supporter les vibrations de ces moteurs », nous a confié un ingénieur qui travaille dans la construction de la centrale.
Se trouvant au beau milieu de l'ancienne centrale thermique de l'ED'H et la nouvelle, les habitants de la zone de Thor 10 sur la route des rails doivent quitter leurs maisons.

Pour certains d'entre eux, le dédommagement ne servira pas à grande chose, car, ils devront payer à la Direction générale des impôts (DGI) des dettes qui remontent à des années.

Grognent, mécontentement, désespoir...
Les démolitions ont déjà commencé et certains d'entre eux ne savent pas où aller. « J'habite la zone depuis plus de 20 ans, je n'avais pas l'habitude de payer à l'Etat des taxes ou des impôts, puisque personne ne m'a rien demandé depuis que j'y suis venue habiter », se plaint une dame cinquantenaire.

On lui aurait demandé de payer des taxes recouvrant toutes ces années. Comme elle, des dizaines d'autres familles doivent non seulement laisser leurs habitats, mais aussi payer des impôts à la DGI avant de percevoir le dédommagement promis par les autorités étatiques.
Avec ses 20 moteurs qui seront alimentés par le diesel et le mazout, la construction de cette nouvelle centrale électrique va fournir plus de 30 mégawatts à l'ED'H. Des dizaines d'employés haïtiens et techniciens cubains mettent les bouchés doubles pour la finition des travaux.

Robenson Geffrard

mardi 22 avril 2008

Haïti/Naufrage : Environ 20 Haïtiens périssent au large des côtes des Bahamas

lundi 21 avril 2008
P-au-P, 21 avr. 08 [AlterPresse] --- Les corps sans vie de 20 personnes, ressemblant à des migrants haïtiens qui se trouvaient dans une embarcation de fortune, ont été découverts le 20 avril au large des côtes des Bahamas, rapportent des médias internationaux.
Parmi les occupants de ce petit bateau qui a chaviré, seulement trois survivants ont été retrouvés en mer, à quelque 24 kilomètres de Nassau, la capitale des Bahamas.
Les trois rescapés ont confirmé que 24 personnes se trouvaient à bord de ce bateau.
Ces Haïtiens tentaient de fuir la situation de misère abjecte qui sévit en Haïti et qui a déjà provoqué de violentes manifestations de rue.
Dans les eaux des Bahamas, une opération de recherche a été menée le dimanche 20 avril 2008 par des pêcheurs à la rescousse des gens qui criaient au secours, apprend AlterPresse.
A la suite des informations recueillies auprès de ces pêcheurs, les Etats-Unis ainsi que les Bahamas ont lancé une vaste opération de recherche en mobilisant un avion, un hélicoptère et trois bateaux. [do gp apr 21/04/2008 14 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7172

lundi 21 avril 2008

Des progrès sont enregistrés dans la production du biodiesel en Haïti

Les experts, Reginald Noël du Groupe Carburant d’Haïti et Gaël Pressoir de Chibas, font état de progrès enregistrés depuis deux ans dans la production du Biodiesel en Haïti.
M. Noël révèle que le biodiesel produit en Haïti est utilisé convenablement dans les véhicules et les génératrices. " Nous produisons 500 galons de biodiesel par mois", déclare M. Noël expliquant que le biodiesel produit en Haïti est certifié par Volkswagen du Brésil. Selon le responsable du Groupe carburant d’Haïti, le biodiesel mélangé au kérosène fait fonctionner normalement les lampes et réchauds. Reginald Noël et Gaël Pressoir se prononcent pour un renforcement de la production nationale dans le domaine du biodiesel, et réclament l’élaboration d’une législation dans le domaine.Selon les experts, les moteurs des véhicules peuvent fonctionner uniquement au biodiesel, ce qui n’est pas le cas pour l’éthanol qui doit être associé à une quantité de gazoline.Le Groupe carburant d’Haïti dispose d’une usine pouvant produire 400 000 galons de biodiesel insiste M. Noël, qui révèle l’existence de 7 fermes expérimentales à travers le pays.
De son coté, Gaël Pressoir soutient que le groupe Chibas entend apporter un appui technique aux associations de paysans pour la culture du Jatropha.
Connu en Haïti sous le nom de " Gros Medsiyin ", le Jatropha, qui pousse dans des terres arides permet de produire l’huile nécessaire à la production du biodiesel.
M. Pressoir souligne que les sables ne pouvant pas produire des denrées, peuvent permettre de cultiver le jatropha. Tout en expliquant qu’il s’agit d’une énorme opportunité économique pour le pays, M. Pressoir révèle que le Jatropha a une durée de vie commerciale de 20 ans.
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dimanche 20 avril 2008

Petite tasse d'espoir pour le café d'Haïti

COOPCAB obtient US$4.00 pour la livre de café produit par la coopérative appelée CMIA située à Mare Blanche, commune de Thiotte. C'est une première qui permet d'espérer...
Pour la première fois dans l'histoire de la commercialisation du café haïtien dans le monde, la livre de café atteint la barre de 4 dollars américains. Il s'agit là d'une grande première qui vient confirmer la qualité supérieure du café de Mare Blanche, commune de Thiotte, réputée pour son café gourmet. Il est tout aussi important de mettre en exergue la capacité de négociation avec les acheteurs internationaux pour obtenir un prix plus équitable qui tient compte de la qualité de café offert. En effet, ce niveau de prix est généralement pratiqué dans les ventes aux enchères des concours nationaux et internationaux dénommés « Tasse d'Excellence » pour des cafés gourmets de la région latino-américaine et caribéenne. Cet exploit hors du circuit des concours internationaux, vient rappeler à juste titre la nécessité de considérer le café haïtien comme une ressource naturelle prometteuse de richesses, pour autant que l'on y consacre les ressources et les énergies nécessaires à sa valorisation.
En effet, il est impérieux que :- L'Etat haïtien apporte tout le support nécessaire aux producteurs de café, en termes de régulation, de promotion, d'assistance technique et de financement ;- Les bailleurs de fonds internationaux aident au financement du secteur;- La contrebande de café à la frontière haitiano-dominicaine cesse;- Les exportateurs recherchent pour le café haut de gamme, un prix équitable et qui profite aux producteurs de café eux-mêmes ;- Les petits planteurs de café soient informés des cours du café sur le marché mondial, et puissent mieux négocier le prix de vente de leur café ; - Le café haïtien puisse occuper sur le marché international la place qui lui revient.
Suite à la disparition des exportateurs traditionnels en 1997, des associations et des coopératives de planteurs ont heureusement pris la relève et commencé à exporter les produits de leurs membres vers l'extérieur. Elles sont : FACN , RECOCARNO , COOPCAB , APCAB , UCOOPCAB , etc. Ce sont toutes des organisations relativement jeunes et qui ont grands besoins d'assistance technique, administrative et financière. Il est crucial pour la survie et l'essor de cette filière que l'Etat haïtien et les bailleurs de fonds soutiennent ces institutions associatives pour qu'elles arrivent à surmonter les problèmes inhérents aux petites et moyennes entreprises émergeantes.
Il est important de souligner qu'il y a eu une baisse de plus de 58% de la production totale en café en Haïti qui serait passée de 600,000 sacs (36,000 TM) en 1950 à moins de 400,000 sacs (24,000 TM) dans les années 2000 (CIRAD 1999), pour atteindre aujourd'hui 250,000 sacs (estimation). Pourquoi cette diminution sensible ? Comment expliquer cette chute vertigineuse ?
I).- Au fil des années, l'histoire de la commercialisation du café en Haïti s'est caractérisée par un système reposant sur la spéculation commerciale outrancière. Toute une série d'intermédiaires, du spéculateur au voltigeur, de l'exportateur traditionnel au sous-marin, en passant par les taxes que prélevait l'Etat haïtien, accaparaient la plus grande part du prix de vente du produit. Les planteurs eux-mêmes ne recevaient qu'une misérable et insignifiante part de la vente. « Le café est une mine d'or pour tous, sauf pour son producteur » pour citer un ministre haïtien de l'agriculture. Jusqu'en 1996, la structure de la filière pouvait se schématiser ainsi avec les nombres estimés d'acteurs suivants : Schéma 1 : Structure de distribution du café en Haïti en 1996Source : APROMA 1996Paradoxalement ceux qui ont fait fortune dans le café n'ont jamais réinvesti un sou dans la filière. Sur ce constat, beaucoup de planteurs ont fait le choix de remplacer les caféiers par d'autres cultures plus rentables.
II.- En 2000 toutes les régions caféières du pays ont été envahies par des scolytes qui ont ravagé les plantations. L'inaction de l'Etat et des exportateurs de café ajoutée à l'impuissance des planteurs sont autant de facteurs qui expliquent la baisse considérable de la production caféière.III).- L'embargo de 1992 a livré les planteurs haïtiens mains liées aux acheteurs dominicains. Ces derniers importaient et importent encore « illégalement » le café haïtien pour leur consommation propre et sa réexportation sous le label « produit dominicain ». « Sòt ki bay, enbesil ki pa pran ».

Aujourd'hui plus de la moitié de la production haïtienne de café traverse la frontière hors du circuit légal de commerce, donc sans connaissement, sans facture commerciale, sans aucune trace de vente. Des dominicains se sont établis dans toutes les régions de production de café d'Haïti, remplaçant les spéculateurs d'antan avec des pratiques encore plus préjudiciables pour les planteurs et le Pays. Toute une série de Madame Sarah, d'acheteurs, de voltigeurs, de sous-marins travaillent dans les régions les plus reculées du pays, à la solde de ces spéculateurs dominicains. Voici comment le schéma se présentait en 2004:Schéma 2 :Structure de distribution du café en Haïti en 2004
Source : AGRICORP 2004

Source : AGRICORP 2005
Le président de la plus grande compagnie dominicaine finançant l'opération, eut à déclarer avec arrogance et fierté : « Je décide du prix de vente du café en Haïti ! ».
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La COOPCAB, Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle Anse, qui regroupe 2,663 planteurs dont 788 femmes, s'occupe de la commercialisation du café de ses membres vers le Japon, l'Italie, la France, les Etats-Unis et le Canada. Le prix de US$ 4.00 a été obtenu dans le cadre de négociation régulière entre la COOPCAB et un acheteur avisé de café gourmet du monde.

Tous les membres de la COOPCAB se réjouissent de cette nouvelle extraordinaire et profitent pour remercier tous ceux qui y ont contribué, plus particulièrement :
- la Banque de Crédit Agricole (BCA) qui a octroyé un prêt à la COOPCAB pour la campagne 2007-2008 ;
- les ONG internationales : la Fédération Luthérienne Mondiale et ActionAid et l'ONG nationale CROSE qui ont financé la campagne de marketing de l'année ;
- L'Ambassade du Japon en Haïti qui a financé le matériel et équipement du centre de traitement final de la COOPCAB - Monsieur Marcel Duret, Ex Ambassadeur d'Haïti à Tokyo, pour sa contribution personnelle et désintéressée.
1- Fédération des Associations Caféières Natives

2 - Réseau des Coopératives Caféières de la Région Nord
3 - Coopérative des Planteurs de l'Arrondissement de Belle-Anse
4 - Association des Planteurs de Café de Belle Anse
5 - Union des Coopératives Caféières de Baptiste

lundi 14 avril 2008

Laennec Hurbon attire l’attention sur la crise de l’état

Le sociologue Laennec Hurbon tout en soulignant que le problème de la vie chère est mondiale, soutient que les pays les plus fragiles subissent sévèrement les conséquences de cette situation.
Chaque pays doit mettre en place un système pour assurer la sécurité alimentaire de sa population avance t-il estimant que la vie chère est la plus marquée en Haïti. " Des familles de la classe moyenne en Haïti sont frappées de plein fouet par la cherté de la vie", dit-il attirant l’attention sur le recours à la violence encouragée par des " mains cachées"." Ce qui se passe est désastreux parce que les pillages des entreprises prouvent qu’il y a des forces qui agissent dans l’ombre", argue t-il.
Pour Laennec Hurbon, chercheur au Centre National de la recherche Scientifique (CNRS, France) les manifestations prouvent que la population est dans l’angoisse et n’est pas sur la même longueur d’onde avec les autorités.
Réagissant au discours du chef de l’état, M. Hurbon a admis que la production nationale est la solution durable au problème de la vie chère. Tout en faisant remarquer qu’il y a en milieu rural une demande d’intervention de l’état dans la production, Laennec Hurbon estime qu’il faut une intervention immédiate de l’état face au problème. " La foule n’a pas l’impression que l’état est en train de répondre à sa demande", lance M. Hurbon.
De plus, il soutient que l’état donne des signes de crise dans les secteurs de l’environnement, de l’agriculture, de l’infrastructure et de l’éducation. " Ce n’est pas bien de chercher des boucs émissaires ni d’avoir recours aux pratiques caritatives dans les quartiers populeux", déclare M. Hurbon pour qui la création de conditions sécuritaires favorisera la reprise des investissements et la création d’emplois.
Dans ce contexte il dénonce les lenteurs dans la lutte contre le kidnapping, faisant valoir que presque tous les citoyens ont été victimes de cette violence. " Il y a une crise de l’état et de ses fonctions régaliennes et il y a nécessité de répondre de manière urgentes aux problèmes", ajoute t-il.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13665

mardi 18 mars 2008

Haïti détient-elle une richesse atomique naturelle?

Si les considérations du docteur Mathurin laissent de l'espace à de plus larges considérations linguistiques sur l'origine judaïque des populations carïbéennes, ses approches au sujet de la Révolution haïtienne ont soulevé des interrogations nationalistes tandis que ses approches au sujet de Christophe Colomb, qui connaissait où il venait (l'Ile de Bensalem) en cherchant la pierre philosophale, énergie naturelle et supraconductrice, ont trouvé l'approbation enthousiaste de l'assistance.

Madame Michèle Villedrouin s'inquiétait la veille. Pourtant, le dimanche 16 mars, très tôt, l'hôtel Le Montcel commençait à recevoir des personnalités venues en voitures privées ou laissant leurs véhicules à l'angle de la route de Kenscoff et de Belot pour arriver au site de l'événement par des bus mis à la disposition des participants.Le thème de la journée de réflexion et les travaux des conférenciers sont pour beaucoup dans l'intérêt des uns et des autres. Mais il a fallu compter sur le savoir-faire en relation publique de Michèle et Stéphanie Villedrouin qui se sont dépensées à fond pour la réussite du premier événement du Club Rencontre et Découverte.
« Patrimoine géologique d'Haïti, les richesses de son sous-sol et de ses eaux territoriales » était présenté devant une assistance évaluée à près de 150 personnes par le docteur Daniel Mathurin et l'ingénieur Ginette Pérodin Mathurin. Dans des interviews données à la presse locale, les conférenciers avaient amplement parlé du sujet, de son importance et du réveil national qu'il peut susciter chez les citoyens haïtiens.
C'est dans un site paradisiaque, entre brume et soleil, qu'un parfait protocole a été mis sur pied pour recevoir les hôtes. Du petit buffet, thé, café, chocolat, pomme et raisin, au dîner à l'haïtienne où le poisson blanc gros sel rivalisait avec le griot servi sur plat d'argent accompagné de vin rouge, le patrimoine de la gastronomie locale a été comme une découverte du « palais interne » avant celle des richesses physiques de notre environnement. La conférence a commencé à midi.Les mots de bienvenue ont été prononcés par Michèle Villedrouin.


L'initiatrice du Club Rencontre et Découverte a brièvement parlé du but poursuivi : mettre ensemble diverses personnalités de notre société et partir à la découverte du pays et de soi. « L'objectif du Club, lit-on dans un feuillet distribué en la circonstance, est de créer un espace rassembleur, ouvert au dialogue, à l'échange et au partage afin de bâtir et construire la solidarité entre les citoyens du monde à travers des rencontres enrichissantes de personnalités, de cultures, de sites naturels et d'expériences. »
Dans ses propos d'introduction, le modérateur du jour a affirmé : « maintenant que nous entrons dans l'ère de la technologie, il est urgent pour les élites intellectuelles et économiques du pays de dépasser les vielles valeurs et de s'engager résolument dans l'époque de l'illustration et de la défense du patrimoine haïtien.»Le docteur Daniel Mathurin est médecin interniste. Il a fait ses études médicales à l'Université d'Etat d'Haïti. Il s'est beaucoup intéressé à l'Energie. S'étant rendu au Canada pour se perfectionner dans le domaine de la fusion nucléaire, il aurait été conseillé par un éminent physicien que c'est en Haïti qu'il pourra parfaire, dans la bibliothèque naturelle de l'île, ses connaissances dans les divers aspects de la culture haïtienne.
L'ingénieur Ginette Pérodin Mathurin a étudié le génie civil à l'Université d'Etat d'Haïti. Elle s'est spécialisée dans le domaine hydraulique et de l'eau potable dans le milieu rural. En 1994. Daniel et Ginette Mathurin ont publié le livre : « Le rêve d'Albert Einstein et la super symétrie ».
La conférence était divisée en deux partie : «Le contexte climatologique et l'évolution des populations précolombiennes», puis :«Le sous-sol d'Haïti, son importance exceptionnelle du point de vue scientifique, retombées et perspectives».Une histoire inédite, avec projections d'images, a été faite de la population de l'île d'Haïti de même que des considérations géologiques avancées au sujet des roches volcaniques de la zone et de leur champ magnétique. Selon le docteur Mathurin, les populations de la zone connaissaient déjà le symbole mathématique PI, le rapport constant de la circonférence du cercle à son diamètre.
Si les considérations du docteur Mathurin laissent de l'espace à de plus larges considérations linguistiques sur l'origine judaïque des langues de la région qui n'auraient aucun rapport à voir avec le continent africain, ses approches au sujet de Christophe Colomb qui connaissait d'où il venait, l'Ile de Bensalem, dans sa quête de la pierre philosophale ont trouvé l'approbation enthousiaste de l'assistance.
Le concept d'Haïti comme « laboratoire naturel » a été avancé. Le docteur Mathurin a soutenu l'idée qu'il faut une autre « compréhension scientifique et une nouvelle philosophie humaniste » pour maîtriser les immenses richesses d'Haïti. Les richesses dues à l'esclavage cacheraient-elles d'autres moins denses et plus élaborées ? Le docteur Mathurin affirme qu'après avoir « appauvri le peuple il ne faut pas qu'on appauvrisse les élites. »
A la suite des données avancées par le docteur Mathurin sur la vraie signification de la pierre philosophale, une pile atomique très résistante à des impacts d'astéroïdes qui détruiraient la planète, des précisions ont été articulées sur les sites géologiques haïtiens contenant les richesses du sol qui peuvent produire un appareil supraconducteur pouvant protéger la planète des dangereuses collisions annoncées.

A une question au sujet de savoir si l'homme peut réunir aussi le potentiel atomique d'un supraconducteur physique, le docteur Mathurin a avancé des données anatomiques et culturelles pour prouver que le corps humain détient aussi, dans des conditions idéales, les possibilités de télécommunication, de transportation et de défense atomique.
La Primature et autres ministères ont envoyé leurs représentants à la conférence. Le long exposé des Mathurin n'a pas laissé le temps nécessaire à des spécialistes de se prononcer sur les données avancées. Maître Osner Févry a posé une importante question sur la fuite de nos cerveaux vers des centres de recherches étrangers. Le Dr Mathurin a répondu par un détour historique selon lequel un mensonge n'est pas encore mis en lumière sur ceux qui ont fait la Révolution haïtienne...
Le romancier Frankétienne a été invité par le modérateur à se prononcer comme travailleur de l'imaginaire du chaos. Il a affirmé avoir été « abasourdi par les informations données par les spécialistes. » Il souligne que les précisions des chercheurs « confirment ses travaux personnels de romancier et qu'il n'y a pas de rupture entre les recherches scientifiques et la vision poétique du monde. A sujet du chaos, l'écrivain précise qu'il y a « une peur du noir et des ténèbres qui sont pourtant la matrice de la lumière ». Le romancier pense qu'il faut sortir du syndrome de l'échec et de l'hégémonie du prédateur. Il souligne que la dernière utopie qui s'offre à nous est celui du réveil contre l'accumulation du malheur et du calvaire.
Une plaque d'honneur a été remise aux Mathurin pour leurs travaux scientifiques en Haïti. Michèle Villedrouin, visiblement satisfaite de la journée, a été très émue en la circonstance.

mercredi 12 mars 2008

Meilleures conditions sanitaires pour les marchandes

Les commerçants du Marché Salomon, les femmes en particulier, disposent désormais d'un bloc sanitaire propre et bien aménagé grâce au concours du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF).
Neuf toilettes et treize douches fraîchement rénovées. C'est un cadeau du ciel pour les centaines de commerçants du Marché Salomon, en particulier les femmes qui, depuis des années, vivaient dans des conditions sanitaires abjectes.
Hier lundi, elles ont exprimé haut et fort leur gratitude à l'endroit des responsables du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) qui leur ont prêté main-forte pour sortir du bourbier. « On se donnait pas mal de difficultés pour utiliser les toilettes.
Souvent, il fallait même rester debout pour uriner ou déféquer afin d'éviter de se salir les pieds », explique Mona Denis, une marchande de provisions alimentaires.
« Nous apprécions vivement le travail de la ministre Lassègue. Il était temps de réparer ces toilettes », poursuit une autre, le visage souriant. Prochaine étape, les dortoirsLa réparation du bloc sanitaire du Marché Salomon n'est pas l'unique préoccupation des responsables du MCFDF, selon la Ministre Marie Laurence Jocelyn Lassègue.
Avec l'aide d'autres instances étatiques, notamment le conseil municipal de Port-au-Prince, elle promet aux marchandes un plus large accompagnement. « Nous avons débuté avec la construction et rénovation des toilettes et des douches mais nous allons bientôt investir dans les dortoirs », a-t-elle promis aux milliers de marchandes qui utilisent leur entrepôt en guise de dortoir.
La maire adjointe de Port-au-Prince, Nadège Joachim Augustin a, elle aussi, rassuré les marchands d'un ensemble d'actions visant l'amélioration du mode de fonctionnement du Marché Salomon tant sur le plan sanitaire, environnemental que sécuritaire. « Je comprends votre impatience mais nous vous rassurons du soutien de la Mairie pour un meilleur environnement », dit-elle.
Trois mois sans payer les taxesDans le souci de régulariser les contributions fiscales des marchands, la maire adjointe de Port-au-Prince ajoute : « Durant les trois prochains mois, aucun commerçant dans les marchés publics n'aura à payer de taxes. Cela nous donnera le temps de mieux organiser la question fiscale et surveiller les raquetteurs fraudeurs qui vous rançonnent »Les travaux de construction et de réparation des toilettes et douches du Marché Salomon ont été évalués à 4 000 gourdes.
Ils s'inscrivent dans le cadre des activités du MCFDF, en partenariat avec les Mairies et les autres Ministères, à soutenir les femmes marchandes en leur offrant un environnement sain pour vendre leurs produits.

Jean Max St Fleur

tmaxner@yahoo.fr

3000 pondeuses pour des femmes éleveurs

Les responsables du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), en partenariat avec la Faculté d'Agronomie et de Médecine vétérinaire (FAMV), ont procédé, lundi, à la distribution symbolique de 3000 pondeuses à des femmes venues de plusieurs régions du pays.
Ce projet pilote estimé à 4 millions de gourdes vise l'amélioration de la qualité de vie des femmes haïtiennes, selon la ministre Marie-Laurence Jocelyn Lassègue.
36 oeufs par jour est la capacité de production des poules offertes aux bénéficiaires du projet d'unités d'élevage de pondeuses du MCFDF en partenariat avec la Faculté d'Agronomie et de Médecine vétérinaire.

Cette capacité de ponte dure 18 mois et peut rapporter en 16 mois aux femmes éleveurs environ 17 120 oeufs.
Les avantages vont encore plus loin.

Les pondeuses, selon Spencer Jean-Pierre, docteur en médecine vétérinaire, consomment moins que les poulets de chair, elles s'adaptent à la température tropicale et offrent de meilleurs profits. « Les oeufs rapportent plus de 3 500 gourdes par mois aux éleveurs », avance-t-il. Cependant, il faut bien maîtriser les techniques de montage, de gestion et d'entretien des micro-fermes. Pour ce faire, les organisateurs ont également distribué de la nourriture et des cages aux femmes éleveurs. Chaque cage renferme 40 poules, un abreuvoir, un mangeoire et un pondoir qu'il faut bien entretenir. « L'eau doit être toujours disponible dans les abreuvoirs. Il faut leur donner à manger, il faut les surveiller régulièrement », a expliqué M. Jean-Pierre aux bénéficiaires, tout en insistant sur les multiples avantages des pondeuses.

La ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, voit d'un bon oeil cet apport économique. C'est un moyen efficace d'améliorer la vie socio-économique des femmes à travers le pays. « La priorité du ministère, c'est de réduire voire déféminiser la pauvreté et le chômage dans le pays », a-t-elle avancé.

La titulaire du MCFDF s'est dit particulièrement déterminée à encourager les femmes dans la création de leur propre entreprise. Ce projet pilote, lancé depuis juin 2007, s'inscrit dans le cadre du programme de création d'emplois et de relance de la production nationale du gouvernement pour l'année 2008.
Il s'étend actuellement sur quatre départements du pays, notamment le Nord-Ouest, l'Artibonite, l'Ouest et le Sud et regroupe soixante-quinze associations de femmes. Le projet évalué à 4 millions de gourdes devra s'étendre bientôt sur les six autres départements du pays.

Jean Max St Fleur

tmaxner@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55347

Commentaires:
L'histoire des oeufs et du poulet a pris de l'ampleur avec la découverte de la grippe aviaire en République Dominicaine. Grâce aux nouvelles véhiculées par les médias on a pu comprendre l'importance de ce secteur. Ce fut le moment tombé du ciel pour nous faire comprendre cette situation incongrue de dépendre du voisin pour un minable oeuf ou une cuisse de poulet.
Pendant que le gouvernement parle de production nationale nous pensons que la solution apportée spécifiquement par le ministère de la condition féminine n'est qu'une option palliative en attendant une prise en charge réelle pour la production d'oeufs et de poulets. Nous savons qu'aujourd'hui il faut parer au plus presser et ces mésures populo-populaires ne vont amener nulle part si ce n'est que pour donner l'impression de vouloir faire quelque chose.