Le 22 juin 2007, le salon de Las Americas de l'OEA a accueilli la cérémonie de graduation de la 46e promotion du CID. Cette cérémonie a été présidée par le Secrétaire général de l'OEA, M. Miguel Insulza, accompagné du Président du Conseil Interaméricain de la Défense, le Général de Division Jorge Armando de Almeida du Brésil, et du Directeur du CID, le Major-Général Keith M. Huber des Etats-Unis. Cette 46e promotion comptait 53 étudiants originaires de 16 pays du Continent américain (Argentine, Brésil, Canada, Colombie, Chili, Equateur, El Salvador, Etats-Unis d'Amérique, Guatemala, Guyana, Haïti, Honduras, Mexique, Nicaragua, Pérou et République dominicaine).
A cette occasion, notre pays était à l'honneur. Au cours d'une grandiose cérémonie à laquelle ont assisté plus de 400 personnes dont des Ambassadeurs de tout le Continent, des dignitaires et des académiciens de divers horizons, une Haïtienne a été proclamée lauréate de cette 46e promotion. Il s'agit de Suze Percy Filippini, Ministre Conseillère de la Mission Permanente d'Haïti auprès de l'OEA.
Dans un programme conjoint CID-Universidad El Salvador de l'Argentine, elle a réalisé une thèse de Maîtrise dont le sujet est le suivant : « Impact des catastrophes naturelles sur les Etats Insulaires de la Caraïbe : Mesures de Prévention et de Mitigation » et a été la seule à recevoir une médaille d'Or pour son travail.
C'est une grande première dans l'histoire de ce Collège ! Malgré la rigueur et l'intensité de son programme académique, elle a pu boucler durant la même période une seconde maîtrise avec Mention d'Honneur à la American University de Washington D.C. en Service International (International Service).C'est un honneur pour Haïti, une fierté pour les femmes du Continent Américain et un modèle pour les jeunes !Qu'est-ce que c'est le Collège interaméricain de la Défense ?
Le Collège interaméricain de la Défense (CID) est un institut d'éducation international qui offre un programme de Hautes Études en Défense et Sécurité Hémisphérique. Le CID dépend de l'OEA et du Conseil Interaméricain de la Défense, une entité qui regroupe la plupart des pays du Continent américain.Ce Collège offre un cours de formation politico- stratégique, multidisciplinaire de très haut niveau. Ce programme académique fournit aux hauts gradés des forces armées et aux fonctionnaires civils une vaste connaissance dans les domaines tels que les Relations Internationales, le Système Interaméricain, les Instruments Internationaux et le leadership Institutionnel, les Relations civico- Militaires, les rapports entre les Médias et les Forces Armées, l'Évaluation de la Situation Mondiale et Hémisphérique, les Opérations de Paix, les Catastrophes naturelles et les Urgences Complexes, l'Art de la Négociation, la Gestion de Crise et la Résolution des Conflits, les Transformations dans le Secteur de la Défense, les Politiques de Défense et de Sécurité publique, les Techniques de Recherche Scientifique, l'Information Stratégique, le caractère multidimensionnel des Menaces, des Préoccupations et Défis liés à la Sécurité de l'Hémisphère, pour ne citer que ceux-là.
Pour la mise en oeuvre de ce programme d'excellence, le Collège Interaméricain de la Défense utilise la compétence de nombreux centres de recherche et d'académiciens de Washington D.C. et de l'Amérique du Nord en général qu'il complète avec divers voyages académiques tant en Amérique du Nord qu'en Amérique Latine et aux Caraïbes. Les participants effectuent, de manière obligatoire, des travaux de recherches (monographies, thèses) qui sont par la suite publiés.
Le CID compte à nos jours 2.174 gradués de 23 pays de l'Hémisphère. Plus de 40 pour cent de ces gradués ont été promus au Grade de Général ou d'Amiral et les fonctionnaires civils briguent d'importants postes de direction dans le continent américain. A part les nombreux ministres de la Défense ou de l'Intérieur, certains ont même été élus aux postes de la Magistrature suprême comme c'est le cas au Chili avec Madame Michelle Bachelet qui a, elle aussi, fréquenté le CID.
Haïti, membre fondateur de l'OEA, est aussi membre du Conseil Interaméricain de la Défense à sa création. Après plus de vingt années d'absence, elle a retrouvé sa place en 2006 tant au sein du Conseil qu'au Collège interaméricain de la Défense.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45743&PubDate=2007-07-06
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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vendredi 6 juillet 2007
Le Sanatorium, tenu à bout de bras (Vos aides seraient les bienvenues!)
Institution pionnière dans la prise en charge des tuberculeux en Haïti, le Sanatorium, perché sur les hauteurs de Carrefour-Feuilles, crie sa misère, soixante ans après sa fondation. Avec ses quelque 500 tuberculeux à traiter, loger... et nourrir annuellement, le fardeau est lourd pour l'administration.
Toits éventrés couverts de moississure, parquet troué, baies vitrées privées de quelques lames, lits branlants, maigre budget ... le Sanatorium de Carrefour-Feuilles, en dépit de son dénuement, symbolise la lutte contre la tuberculose en Haïti. Annuellement, cet hôpital de référence admet pour être traités et nourris quelque 500 tuberculeux. A cela s'ajoutent des centaines d'autres soignés en clinique externe tous les mois. Un lourd fardeau pour la directrice, le Dr Jocelyne Dorlette, qui ne désarme pas. Depuis son minuscule bureau, la pneumologue de carrière s'échine à tenir à bout de bras l'institution pionnière dans la prise en charge des cas de tuberculose dans une capitale haïtienne où la majorité de ses 2 millions d'habitants vivent dans la promiscuité. Ce qui est favorable au développement de cette maladie contagieuse.« Si vous voyez dans les salles d'hospitalisation que les draps sont propres, c'est grâce à la donation d'un particulier de l'étranger », a murmuré, reconnaissante, Jocelyne Dorlette qui -pour avoir été pendant huit longues années directrice adjointe- connaît bien la boîte.
Le maigre budget de l'institution ne permet pas d'investir ni dans l'achat de matériel ni dans l'entretien du bâtiment. Il sert seulement à payer les employés et les contractuels. Une réalité qui a poussé la nouvelle administration à réclamer une cotisation de 50 gourdes pour une consultation et 300 gourdes pour toute la durée d'hospitalisation d'un patient. Cette cotisation permet au moins à l'institution de se procurer les antiseptiques nécessaires pour combattre les mauvaises odeurs.
« Autrefois, quand la nourriture fournie par le CRS (Catholic Relief Service) arrivait à notre entrepôt, il n'y avait pas de gaz pour la faire cuire, se rappelle la directrice. Mais, depuis près d'un an, nous bénéficions hebdomadairement d'une bonbonne de gaz de Monique César Ministère pour faire la cuisine aux patients.
Ici, quand l'aide n'arrive pas de façon irrégulière ou incohérente, elle est par contre mal canalisée. Certains groupes de religieux arrivent parfois avec des sacs de nourriture ou de détergent et les distribuent directement aux patients, constate impuissante l'administration de l'hôpital aux 111 lits fonctionnels. « Le malade ne faisant ni la lessive de ses draps ni la cuisine à l'hôpital, il n'a qu'à faire parvenir cette aide à sa famille », commente la directrice qui n'entend pas parler de lourd fardeau. Bien qu'en situation difficile, ce centre est souvent épargné des grèves en cascade que connaissent les hôpitaux publics. « Le fardeau serait lourd si je tentais de le porter toute seule », philosophe la pneumologue formée à l'Université d'État d'Haïti, en Algérie et en France. La détermination de ses 172 collaborateurs (médecins, infirmières, radiologues, laborantins, cuisiniers, personnel de soutien...) a entretenu sa passion jusqu'à considérer le Sanatorium comme un second foyer. L'espoir renaîtDe 200 lits, la capacité du Sanatorium est passée à 150 depuis qu'un chantier a été ouvert par l'Etat pour reconstruire une aile de cet hôpital spécialisé dans le traitement des maladies pulmonaires. « Le chantier doit être relancé incessamment», a annoncé, l'air joyeux, la directrice qui a récemment demandé qu'on vienne en aide à l'institution fondée il y a de cela soixante ans par le Dr Louis Roy. Depuis l'intervention publique de l'actuelle directrice à une session organisée par Panos Caraïbes, la situation de l'hôpital s'est améliorée.« Les malades reçoivent des soins, on a connu des jours meilleurs », admet la directrice qui a tenu à saluer le dévouement du ministère de la Santé publique qui a aidé à l'assainissement des toilettes. Le ministère de tutelle est également intervenu au niveau de l'électricité, indispensable à l'hôpital qui savait utiliser des bougies en période de rationnement drastique du courant électrique.
Si l'espoir renaît pour la plus vieille institution qui traite des patients référés par le Pénitencier national, l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti, les centres ambulatoires... l'environnement se dégrade davantage. « Les gens ont construit tout autour de l'hôpital. Certains voisins ont même déversé des détritus dans la cour du Sanatorium.» Un autre combat dans la quête de la bonne santé au Sanatorium!
Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
(Panos Caraïbes)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45755&PubDate=2007-07-06
Toits éventrés couverts de moississure, parquet troué, baies vitrées privées de quelques lames, lits branlants, maigre budget ... le Sanatorium de Carrefour-Feuilles, en dépit de son dénuement, symbolise la lutte contre la tuberculose en Haïti. Annuellement, cet hôpital de référence admet pour être traités et nourris quelque 500 tuberculeux. A cela s'ajoutent des centaines d'autres soignés en clinique externe tous les mois. Un lourd fardeau pour la directrice, le Dr Jocelyne Dorlette, qui ne désarme pas. Depuis son minuscule bureau, la pneumologue de carrière s'échine à tenir à bout de bras l'institution pionnière dans la prise en charge des cas de tuberculose dans une capitale haïtienne où la majorité de ses 2 millions d'habitants vivent dans la promiscuité. Ce qui est favorable au développement de cette maladie contagieuse.« Si vous voyez dans les salles d'hospitalisation que les draps sont propres, c'est grâce à la donation d'un particulier de l'étranger », a murmuré, reconnaissante, Jocelyne Dorlette qui -pour avoir été pendant huit longues années directrice adjointe- connaît bien la boîte.
Le maigre budget de l'institution ne permet pas d'investir ni dans l'achat de matériel ni dans l'entretien du bâtiment. Il sert seulement à payer les employés et les contractuels. Une réalité qui a poussé la nouvelle administration à réclamer une cotisation de 50 gourdes pour une consultation et 300 gourdes pour toute la durée d'hospitalisation d'un patient. Cette cotisation permet au moins à l'institution de se procurer les antiseptiques nécessaires pour combattre les mauvaises odeurs.
« Autrefois, quand la nourriture fournie par le CRS (Catholic Relief Service) arrivait à notre entrepôt, il n'y avait pas de gaz pour la faire cuire, se rappelle la directrice. Mais, depuis près d'un an, nous bénéficions hebdomadairement d'une bonbonne de gaz de Monique César Ministère pour faire la cuisine aux patients.
Ici, quand l'aide n'arrive pas de façon irrégulière ou incohérente, elle est par contre mal canalisée. Certains groupes de religieux arrivent parfois avec des sacs de nourriture ou de détergent et les distribuent directement aux patients, constate impuissante l'administration de l'hôpital aux 111 lits fonctionnels. « Le malade ne faisant ni la lessive de ses draps ni la cuisine à l'hôpital, il n'a qu'à faire parvenir cette aide à sa famille », commente la directrice qui n'entend pas parler de lourd fardeau. Bien qu'en situation difficile, ce centre est souvent épargné des grèves en cascade que connaissent les hôpitaux publics. « Le fardeau serait lourd si je tentais de le porter toute seule », philosophe la pneumologue formée à l'Université d'État d'Haïti, en Algérie et en France. La détermination de ses 172 collaborateurs (médecins, infirmières, radiologues, laborantins, cuisiniers, personnel de soutien...) a entretenu sa passion jusqu'à considérer le Sanatorium comme un second foyer. L'espoir renaîtDe 200 lits, la capacité du Sanatorium est passée à 150 depuis qu'un chantier a été ouvert par l'Etat pour reconstruire une aile de cet hôpital spécialisé dans le traitement des maladies pulmonaires. « Le chantier doit être relancé incessamment», a annoncé, l'air joyeux, la directrice qui a récemment demandé qu'on vienne en aide à l'institution fondée il y a de cela soixante ans par le Dr Louis Roy. Depuis l'intervention publique de l'actuelle directrice à une session organisée par Panos Caraïbes, la situation de l'hôpital s'est améliorée.« Les malades reçoivent des soins, on a connu des jours meilleurs », admet la directrice qui a tenu à saluer le dévouement du ministère de la Santé publique qui a aidé à l'assainissement des toilettes. Le ministère de tutelle est également intervenu au niveau de l'électricité, indispensable à l'hôpital qui savait utiliser des bougies en période de rationnement drastique du courant électrique.
Si l'espoir renaît pour la plus vieille institution qui traite des patients référés par le Pénitencier national, l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti, les centres ambulatoires... l'environnement se dégrade davantage. « Les gens ont construit tout autour de l'hôpital. Certains voisins ont même déversé des détritus dans la cour du Sanatorium.» Un autre combat dans la quête de la bonne santé au Sanatorium!
Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
(Panos Caraïbes)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45755&PubDate=2007-07-06
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