Une Haïtienne de 37 ans affirme être un des trois mystérieux gagnants de la cagnotte record de 656 millions de dollars aux Etats-Unis: elle assure avoir "perdu" son ticket.
Mirlande Wilson, mère de sept enfants et cheffe d'équipe d'un restaurant McDonald's, avait suscité une frénésie médiatique en début de semaine en affirmant figurer parmi les gagnants. Jeudi, le McDonald's en question avait reçu la protection de policiers tentant de tenir les caméras à l'écart.
"Je l'ai perdu", a déclaré jeudi soir à propos du ticket Mme Wilson, avec un sourire embarrassé, sur une chaîne locale, NBC 4. "Je n'ai pas inventé cette histoire pour attirer l'attention", a assuré cette habitante de Baltimore (Maryland, est), alors que le fait que personne n'ait vu son ticket avait suscité des soupçons.
Elle a rejeté les informations affirmant qu'elle avait caché le fameux ticket sur son lieu de travail. "Comment aurais-je pu avoir eu le ticket, et l'avoir caché derrière une machine à faire des McFlurry (glaces, ndlr)?", a-t-elle dit.
Mystérieux gagnant
Mirlande Wilson a également affirmé que le ticket était seulement le sien et qu'il n'était pas celui acheté en commun avec ses collègues de travail, comme ces derniers l'affirment.
"Personne ne nous a montré le ticket gagnant", a affirmé jeudi devant la presse Stephen Martino, directeur de la loterie du Maryland, prêt à payer les 105'106'389,24 dollars après impôts dus à celui qui a validé vendredi dernier dans cet Etat la combinaison gagnante.
Personne ne s'est d'ailleurs manifesté dans les deux autres Etats où des vainqueurs ont été signalés, l'Illinois (nord) et le Kansas (centre).
La super-cagnotte avait proposé le montant le plus élevé jamais mis sur la table dans une loterie, suscitant une folie du jeu aux quatre coins du pays.
http://www.arcinfo.ch/fr/monde/super-cagnotte-aux-usa-une-haitienne-assure-avoir-perdu-le-ticket-gagnant-577-424717
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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samedi 7 avril 2012
mercredi 15 septembre 2010
Quid de la Fondation du Prince Charles
Haïti: Aucun contrat n'a encore été signé entre l'Etat haïtien et la Fondation du Prince Charles, a appris Le Nouvelliste auprès de membres du Comité de Facilitation de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince mardi. Alors que le président René Préval a cité cette entité lors de son interview avec la presse internationale et l'a présentée comme la pierre angulaire du projet de refondation de la ville de Port-au-Prince, rien n'est encore coulé dans le béton pour engager la Fondation, selon les informations disponibles.
« Les responsables de la Fondation du Prince Charles devraient entrer cette semaine pour venir finaliser les documents. D'ici la semaine prochaine au plus tard, le contrat sera signé », a indiqué un membre du comité contacté par le journal.
« Il y a eu des retards à cause de l'obligation soulevée par le comité pour que le contrat soit dans les langues des deux parties contractantes, l'anglais et le français. Tout le retard vient de cette obligation juridico-légale », a déclaré au Nouvelliste un autre membre du comité nommé depuis le mois de juillet dernier par arrêté présidentiel.
Une réunion du comité prévue pour ce mardi a été renvoyée à une date ultérieure. Le secteur privé des affaires est représenté au comité par deux membres désignés par la Chambre de Commerce et d'Industrie, avons-nous aussi appris.
Le Comité de Facilitation de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince est actuellement à la recherche d'un directeur exécutif alors que les travaux de déblaiement du centre-ville ont pris une vitesse appréciable.
La confirmation que les études n'ont pas encore débuté et l'information qu'aucun contrat n'est encore signé avec la Fondation du Prince Charles interviennent alors que des secteurs expriment des doutes sur ladite fondation, sur ses capacités à refonder une capitale comme la nôtre et sur ses antécédents dans des cas similaires de catastrophes urbaines de grande ampleur.
Par ailleurs, sur le site de la Fondation du Prince Charles, rien n'indique qu'elle a des compétences dans ces domaines, et, nulle part, il n'est fait mention d'action en Haïti, a constaté Le Nouvelliste.
F.D
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83595&PubDate=2010-09-14
Commentaires:
Nous avions appris de la bouche du ministre des fiances il y a quelques jours que cette Fondation aurait pris en charge le projet de reconstruction de Port-au-Prince. Nous avions tout de suite fait de recherches pour savoir un peu plus sur cette FONDATION a qui l'état haïtien et la Commission Intérimaire auraient confié un projet aussi important.
Nous sommes donc allés sur le site internet de la dite fondation dans l'espoir de trouver des maquettes des images et des plans de la future capitale haïtienne et aussi , pourquoi pas, d'autres projets similaires témoins de leurs grande expertise en la matière.
Là notre désillusion a été monstrueuse puisque nous n'avons même pas retrouvé un lien banal qui parlerait d'Haïti.
Nous avions envoyé des courriers demandant des explications sur ce projet. Et jusqu'à présent nous n'avions non plus reçu aucune correspondance.
Ceci est justement l'attitude qui me fait penser que tous ceux qui rêvent d'un pays RE-construit après ce terrible tremblement de terre, se réveilleront frustrés car il n'en sera rien.
Le gouvernement n'a pas été capable et foutu de créer un comité avec les compétences sur place pour évaluer et dessiner les contours de cette reconstruction. Les grands défis de toute société n'ont pas été évoqués ni analysés en quête de solution. Le gouvernement a confondu l'extrême urgence du fonctionnement normal d'une future nation.
Haïti est un gigantesque babel ou des gens disent ce qu'ils veulent et feront aussi ce qu'ils veulent au détriment de la fondation de cette nation.
pour ce faire il suffit de présenter ses accréditations comme membres d'ONG!
« Les responsables de la Fondation du Prince Charles devraient entrer cette semaine pour venir finaliser les documents. D'ici la semaine prochaine au plus tard, le contrat sera signé », a indiqué un membre du comité contacté par le journal.
« Il y a eu des retards à cause de l'obligation soulevée par le comité pour que le contrat soit dans les langues des deux parties contractantes, l'anglais et le français. Tout le retard vient de cette obligation juridico-légale », a déclaré au Nouvelliste un autre membre du comité nommé depuis le mois de juillet dernier par arrêté présidentiel.
Une réunion du comité prévue pour ce mardi a été renvoyée à une date ultérieure. Le secteur privé des affaires est représenté au comité par deux membres désignés par la Chambre de Commerce et d'Industrie, avons-nous aussi appris.
Le Comité de Facilitation de la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince est actuellement à la recherche d'un directeur exécutif alors que les travaux de déblaiement du centre-ville ont pris une vitesse appréciable.
La confirmation que les études n'ont pas encore débuté et l'information qu'aucun contrat n'est encore signé avec la Fondation du Prince Charles interviennent alors que des secteurs expriment des doutes sur ladite fondation, sur ses capacités à refonder une capitale comme la nôtre et sur ses antécédents dans des cas similaires de catastrophes urbaines de grande ampleur.
Par ailleurs, sur le site de la Fondation du Prince Charles, rien n'indique qu'elle a des compétences dans ces domaines, et, nulle part, il n'est fait mention d'action en Haïti, a constaté Le Nouvelliste.
F.D
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83595&PubDate=2010-09-14
Commentaires:
Nous avions appris de la bouche du ministre des fiances il y a quelques jours que cette Fondation aurait pris en charge le projet de reconstruction de Port-au-Prince. Nous avions tout de suite fait de recherches pour savoir un peu plus sur cette FONDATION a qui l'état haïtien et la Commission Intérimaire auraient confié un projet aussi important.
Nous sommes donc allés sur le site internet de la dite fondation dans l'espoir de trouver des maquettes des images et des plans de la future capitale haïtienne et aussi , pourquoi pas, d'autres projets similaires témoins de leurs grande expertise en la matière.
Là notre désillusion a été monstrueuse puisque nous n'avons même pas retrouvé un lien banal qui parlerait d'Haïti.
Nous avions envoyé des courriers demandant des explications sur ce projet. Et jusqu'à présent nous n'avions non plus reçu aucune correspondance.
Ceci est justement l'attitude qui me fait penser que tous ceux qui rêvent d'un pays RE-construit après ce terrible tremblement de terre, se réveilleront frustrés car il n'en sera rien.
Le gouvernement n'a pas été capable et foutu de créer un comité avec les compétences sur place pour évaluer et dessiner les contours de cette reconstruction. Les grands défis de toute société n'ont pas été évoqués ni analysés en quête de solution. Le gouvernement a confondu l'extrême urgence du fonctionnement normal d'une future nation.
Haïti est un gigantesque babel ou des gens disent ce qu'ils veulent et feront aussi ce qu'ils veulent au détriment de la fondation de cette nation.
pour ce faire il suffit de présenter ses accréditations comme membres d'ONG!
Le beau gaspillage de Onaville
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| L'une des clôtures de ce vaste domaine où poussent, à travers un fouillis de pierres, des herbes folles. (Photo: Francis Concite) |
Alors que plus d'un million de portauprinciens sont sans abri, seulement sept familles vivent à Onaville qui n'est pas une ville, mais un village de 92 maisons en béton uniformes, monochromes, alignées au flanc du Morne à Cabris, dans la commune de Thomazeau. Ces logements sociaux désespérément vides ne présentent aucun signe de vie ni d'atteintes causés par le séisme. Beau gaspillage de l'Office national d'assurance vieillesse (ONA) !
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| Onaville avec ses logements sociaux monochromes, uniformes, peints en jaune tranche sur le vert des collines trappues de Zorangers. (Photo: Francis Concite) |
« Hé o ! hé o ! Personne ! Il y a quelqu'un ! Pa gen moun ! » Accompagné d'un photographe, nous frappons avec un caillou à toutes les barrières cadenassées donnant accès au village entouré d'une clôture en grillage métallique, sur laquelle se répandent des plantes grimpantes. Seul l'écho de nos voix nous parvient. Pas une âme qui vive dans ces bâtisses perdues dans ces immensités de plaines où les montagnes au loin paraissent bleutées.
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| La route bordée de pylônes électrique qui mène vers Onaville (Photo: Francis Concite) |
Nous contournons Onaville jusqu'au flanc d'une colline passablement érodée, découvrant des allées caillouteuses qui longent les maisons. Soudain, une tête émerge à travers une fenêtre. Une jeune fille nous conseille de voir les agents de sécurité pour entrer dans le périmètre.
Encore une fois, nous reprenons la grande route cahoteuse ; aucun agent de sécurité n'est visible. Au moins, il y a une âme qui habite dans ces structures de béton. Pendant longtemps, nous avons contourné la propriété, nous n'avons pas vu d'autres âmes. La jeune fille qui nous a parlé, ne serait-elle pas un fantôme ?
Résignés, on se décide à reprendre le chemin du retour. En face d'Onaville, à l'autre bord de la grand-route, s'étend un site d'hébergement, le seul espace où la vie est animée. Des enfants sautent à la corde, des rires de sans-abri sous leur tente, une fumée monte dans l'air. La vie trace ses frontières à la lisière d'un village mort.
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| Au pied du village de l'Ona pousse des tentes de sans-abris où la vie s'anime (Photo: Francis Concite) |
Au moment où nous quittons Onaville, une jeep arrive. Elle se dirige vers une barrière du village fantôme, nous l'abordons. « Nous habitons Onaville. Nous sommes les premiers habitants de ce village », dit la femme. Etes-vous les seuls habitants de ce village ? les yeux fixés sur sa main, elle compte comme un enfant qui apprend à faire un exercice de calcul. « Cinq, six, nous sommes sept familles à demeurer dans ce village qui compte quatre-vingt douze maisons », précise la femme, plus communicative que son mari.
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| La route en terre battue à deux voies (Photo: Francis Concite) |
Comme tous les habitants d'Onaville, ce couple rentre dans le village pour dormir. « Tout ce que nous avons à faire, nous le faisons en ville. C'est ainsi », se résigne ce couple de professionnel établi depuis l'année 2003, à l'époque où le président Aristide avait inauguré ces logements.
« Nous sommes des assurés de l'Ona. Nous avons vingt ans pour payer notre logement », confie l'homme au volant de sa jeep.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
http://lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83585&PubDate=2010-09-14
samedi 24 novembre 2007
Une éducation au rabais pour les pauvres
Vous pensiez avoir tout vu et tout entendu quant à l'état déplorable des écoles publiques haïtiennes ? Malheureusement, il y a pire que les écoles de l'État. Dans les huit écoles communales sous la responsabilité de la mairie de Port-au-Prince, élèves et professeurs en sont rendus à la dernière extrémité. Les perdants ? Les enfants des quartiers populaires.78 bambins -assis et debout- entassés dans une petite salle de classe de jardin d'enfants à l'école municipale les Lauriers de Saint Martin. (Photo: Jeansoir)
L'école municipale « Les Hibiscus », en fait un pauvre jardin d'enfants où jouent quelque 200 bambins dans six petites salles tristes, se cache derrière l'immeuble crasseux - et squatté par des hordes d'indigents - de l'ex-hôtel Simbi Continental à Fontamara. N'était l'affiche qui accueille le visiteur, bien malin qui pourrait dire qu'il vient de pénétrer dans une école communale : des lavandières lessivent leur linge à même la cour pendant que des enfants tendent des seaux sous l'unique jet d'eau potable. « Ici tout manque : pas d'électricité, pas de balançoires, pas de pansements, raconte Myrtha Constant, l'une des institutrices. Les toilettes sont utilisées par des particuliers de la zone et sont dans un état lamentable.»
Les lieux d'aisance ne sont pas mieux tenus à l'école municipale Saint-Martin, au Bel-Air, où sont logés le kindergaten « Le flamboyant » et une école privée implantée illégalement par Ulrick Sanon, à cette différence qu'elles sont contiguës aux salles de classe. Il est presque impossible de s'en approcher tant l'odeur qui s'en dégage est infecte. « Ils sont remplis, confirme le professeur Rony Valmond, d'un air gêné. Après utilisation, l'élève porte l'odeur dans son uniforme, à moins qu'il ne s'asperge de parfum. » Ce n'est pas le seul problème auquel fait face l'institution du Bel Air. Le plafond de certaines salles de classe est crevassé et laisse passer les eaux de pluie. « Quand il pleut, nous sommes contraints de mettre prématurément fin aux cours », dit M. Valmond. Dans plusieurs salles de classe du rez-de-chaussée, les élèves peuvent à peine lire les notes au tableau tant il fait sombre. Ici aussi, l'école n'a pas l'électricité. Même chose - du moins officiellement - à l'école municipale Dumarsais Estimé, toujours au Bel-Air. « C'est grâce à une connexion clandestine d'un voisin que nous arrivons à faire fonctionner nos deux vacations, avoue le directeur pédagogique, Jean-Panel Joseph. Ce n'est un secret pour personne qu'obtenir l'électricité dans un quartier populaire relève du miracle en Haïti. »Pas étonnant que des directions d'école aient ainsi recours aux voisins. Souvent, ces derniers vivent carrément dans l'école.
À l'école communale Carl Brouard, rue Lysius Salomon près du marché Salomon, le gardien et sa famille logent dans l'arrière-cour, grande comme la main. Ustensiles de cuisine, réchaud et vaisselle sont étalés à la vue de tous. « L'arrière-cour et les salles de classe au rez-de-chaussée sont habitées par de nombreuses familles », disait déjà un état des lieux rédigé à l'intention de la direction des affaires sociales de la mairie de Port-au-Prince en 2004.

Dans d'autres écoles sans cour ou si exiguë que les élèves peuvent à peine s'y récréer, il n'existe pratiquement pas de frontière entre les bâtiments publics et les maisons avoisinantes. À Dumarsais Estimé par exemple, en pleine réhabilitation grâce à la section des Affaires civiles de la MINUSTAH, c'est le couloir menant aux salles de classe qui sert de passage aux particuliers dont le logement est attenant à l'école...
Une vue de la toiture délabrée d'une classe à l'école municipale Saint-Martin au Bel-Air(Photo: Jeansoir)
Les problèmes sont légion dans toutes les écoles communales visitées à Fort-Mercredi, au Bel-Air, à Fontamara, au Portail Léogâne, au Marché Salomon et à Delmas 2. En quantité nettement insuffisante, les bancs sont, dans la plupart des cas, en mauvais état. Le manque - pour de pas dire l'absence - de matériels didactiques est criant. « Les élèves n'ont pas de livres, ni même de cahiers, et rien n'est fait du côté de la mairie », regrette plus d'un responsable d'école. Nulle part on ne voit de bibliothèque ou de cafétéria. « Tenaillés par la faim, les élèves assimilent difficilement les notions qui leur sont inculquées par les professeurs, dit Jean-Panel Joseph de l'école Dumarsais Estimé. Cette situation d'insécurité alimentaire engendre des absences répétées du côté des élèves. Et, vous le savez, vente affamée n'a point d'oreilles...». Même les enseignants peuvent en dire autant. Professeurs et directeurs ne cessent d'évoquer la question salariale pour expliquer leur ras-le-bol. « Nous avons un salaire de 2 700 gourdes par mois.
Comment peut-on faire vivre un foyer avec une somme aussi insignifiante ? fulmine Annette Volmy, enseignante à Les Hibiscus. Sur 12 mois de travail fournis lors de l'année académique écoulée, les professeurs n'ont été payés que pour 5 mois. »Dans une pétition affichée sur les murs de toutes les écoles communales de Port-au-Prince, les professeurs font mention de plus de 20 mois d'arriérés de salaire, allant de l'administration d'Evans Paul à celle de Jean-Yves Jason, l'actuel maire. « C'est signe que les instituteurs de ces écoles n'ont aucune importance aux yeux des autorités municipales, tonne pour sa part la directrice de Carl Brouard, Eunide Joseph. Nous sommes traités comme des bêtes !»
Le problème de salaire a de sérieuses répercussions sur la pédagogie. « Certains de nos professeurs s'absentent régulièrement. D'autres fournissent un travail en dessous de leurs capacités », constate, impuissant, Dauphin Jean-Wanel, directeur pédagogique de Carl Brouard. Il dit regretter que bon nombre de ses collègues soient obligés d'abandonner leur poste afin de rechercher de meilleures conditions de travail. « Certains d'entre eux ne sont jamais remplacés, dit-il. Dans le meilleur des cas, ils sont remplacés par des médiocres et aucun séminaire de recyclage n'est jamais organisé. » Les parents d'élèves s'en rendent bien compte, mais ils n'ont pas le choix : « Mes deux enfants fréquentent l'école Carl Brouard pour une seule raison, dit Monique Milien, rencontrée alors qu'elle attendait la sortie des classes. Pour une simple question d'argent.»
Le problème de salaire a de sérieuses répercussions sur la pédagogie. « Certains de nos professeurs s'absentent régulièrement. D'autres fournissent un travail en dessous de leurs capacités », constate, impuissant, Dauphin Jean-Wanel, directeur pédagogique de Carl Brouard. Il dit regretter que bon nombre de ses collègues soient obligés d'abandonner leur poste afin de rechercher de meilleures conditions de travail. « Certains d'entre eux ne sont jamais remplacés, dit-il. Dans le meilleur des cas, ils sont remplacés par des médiocres et aucun séminaire de recyclage n'est jamais organisé. » Les parents d'élèves s'en rendent bien compte, mais ils n'ont pas le choix : « Mes deux enfants fréquentent l'école Carl Brouard pour une seule raison, dit Monique Milien, rencontrée alors qu'elle attendait la sortie des classes. Pour une simple question d'argent.»

Le désespoir se lit sur les visages des enfants de l'école municipale « Le flamboyant » (Photo: Jeansoir)
Dans plusieurs de ces institutions scolaires, les élèves animent les salles de classe à grand renfort de blagues, tandis que d'autres, moins bavards, pianotent sur les bancs, attendant désespérément l'arrivée des professeurs. « Comment l'école haïtienne peut-elle accepter une telle dérive ? », se demande un directeur qui requiert l'anonymat, ajoutant avoir soutiré à maintes reprises de l'argent de son portefeuille pour offrir sacs d'école, uniformes ou même souliers à des élèves venus quémander à son bureau. « La situation est alarmante, dit-il, et ce n'est pas un hasard si la société haïtienne est plongée aujourd'hui dans une telle dégénérescence. »Des parents expriment également leur mécontentement face au laisser-aller qui caractérise le fonctionnement des écoles municipales. « Mon enfant souffre d'un manque évident d'attention, crache avec dédain une jeune dame venant chercher son fils au jardin d'enfants les Lauriers de Saint-Martin au Bel-Air. Ici, il n'y a pas de jeux éducatifs pouvant lui faciliter l'apprentissage, ni d'encadrement. Après la classe, il est abandonné à lui-même dans la cour. Comme il n'y a pas de carte d'identification, n'importe qui peut s'emparer d'un enfant sans problème. Ce n'est pas normal. » On peut comprendre son inquiétude quand on sait que, après le départ des institutrices, les dizaines d'enfants qui restent sont confiés à la seule garde du gardien de l'immeuble négligé, que partage une école privée.
Dans plusieurs de ces institutions scolaires, les élèves animent les salles de classe à grand renfort de blagues, tandis que d'autres, moins bavards, pianotent sur les bancs, attendant désespérément l'arrivée des professeurs. « Comment l'école haïtienne peut-elle accepter une telle dérive ? », se demande un directeur qui requiert l'anonymat, ajoutant avoir soutiré à maintes reprises de l'argent de son portefeuille pour offrir sacs d'école, uniformes ou même souliers à des élèves venus quémander à son bureau. « La situation est alarmante, dit-il, et ce n'est pas un hasard si la société haïtienne est plongée aujourd'hui dans une telle dégénérescence. »Des parents expriment également leur mécontentement face au laisser-aller qui caractérise le fonctionnement des écoles municipales. « Mon enfant souffre d'un manque évident d'attention, crache avec dédain une jeune dame venant chercher son fils au jardin d'enfants les Lauriers de Saint-Martin au Bel-Air. Ici, il n'y a pas de jeux éducatifs pouvant lui faciliter l'apprentissage, ni d'encadrement. Après la classe, il est abandonné à lui-même dans la cour. Comme il n'y a pas de carte d'identification, n'importe qui peut s'emparer d'un enfant sans problème. Ce n'est pas normal. » On peut comprendre son inquiétude quand on sait que, après le départ des institutrices, les dizaines d'enfants qui restent sont confiés à la seule garde du gardien de l'immeuble négligé, que partage une école privée.

Les toilettes de l'école municipale Saint-Martin utilisées par des particuliers (Photo: Jeansoir)
Même son de cloche du côté des élèves. « Je rêve de laisser cette école, dit un élève de troisième année à Carl Brouard. Il n'y a rien ici qui puisse intéresser un enfant. Même pas une cour normale où nous pouvons jouer au football. » Un autre ajoute : « En plus, nous sommes punis et fouettés à la moindre occasion, sans raison.»Des organisations de la société civile se sont intéressées à la situation déplorable des écoles communales de la capitale. Dans une étude réalisée en 2004 dont le résultat a été soumis à la mairie de Port-au-Prince et au ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), le Groupe d'Appui à l'école fondamentale en Haïti (GAEFH ) avait vertement dénoncé les conditions infrahumaines dans lesquelles doivent évoluer ces élèves des quartiers populaires de Port-au-Prince. « Rien n'a été fait pour améliorer le sort de ces élèves », se désole Nora W. Dupuy, la Salvadorienne présidente du GAEFH. Selon elle, le MENFP a failli à sa mission qui consiste à superviser les écoles publiques et privées, prenant l'exemple d'une dame dont l'école fonctionne depuis 40 ans sans jamais avoir fait l'objet de la moindre visite d'inspecteurs. « Aucune condition n'est réunie pour un bon apprentissage dans ces écoles, constate-t-elle. Les professeurs - d'une rare incompétence - qui s'efforcent de parler français aux élèves ne parlent aucune langue humaine connue en fin de compte. C'est du jamais vu ! »
Nora W. Dupuy dit déplorer qu'aucun séminaire de recyclage n'ait été organisé et dit comprendre pourquoi 94% des professeurs ont échoué lors des examens réalisés par son organisme en 2004. « Comment sortir le pays de ce bourbier dans lequel il est plongé sans penser à élever le niveau de l'éducation ? Comment peut-on admettre que n'importe qui soit libre d'ouvrir une école privée ? », s'interroge la présidente du GAEFH, une organisation qui se penche sur la problématique du système éducatif haïtien, particulièrement sur l'exploration des pistes de solutions durables pour la réorganisation de l'école fondamentale.Les démarches du journal Le Nouvelliste visant à recueillir les réactions des officiels responsable des huit écoles communales de Port-au-Prince sont demeurées lettre morte. Responsable de ces écoles publiques, le directeur des Affaires sociales de la mairie de Port-au-Prince, Max Mussignac, que nous avons été rencontrer à la direction des Communications à l'annexe Canapé-Vert, s'est dérobé, promettant de nous fournir le jour même les données officielles. Son appel se fait toujours attendre...
Nélio Joseph
Nora W. Dupuy dit déplorer qu'aucun séminaire de recyclage n'ait été organisé et dit comprendre pourquoi 94% des professeurs ont échoué lors des examens réalisés par son organisme en 2004. « Comment sortir le pays de ce bourbier dans lequel il est plongé sans penser à élever le niveau de l'éducation ? Comment peut-on admettre que n'importe qui soit libre d'ouvrir une école privée ? », s'interroge la présidente du GAEFH, une organisation qui se penche sur la problématique du système éducatif haïtien, particulièrement sur l'exploration des pistes de solutions durables pour la réorganisation de l'école fondamentale.Les démarches du journal Le Nouvelliste visant à recueillir les réactions des officiels responsable des huit écoles communales de Port-au-Prince sont demeurées lettre morte. Responsable de ces écoles publiques, le directeur des Affaires sociales de la mairie de Port-au-Prince, Max Mussignac, que nous avons été rencontrer à la direction des Communications à l'annexe Canapé-Vert, s'est dérobé, promettant de nous fournir le jour même les données officielles. Son appel se fait toujours attendre...
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