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jeudi 12 avril 2007

Une délégation officielle bolivienne vient enquêter en Haïti sur des cas présumés de corruption au sein de la MINUSTAH

Le ministre de la défense, Walker San Miguel, le commandant de l’armée et un parlementaire chargés d’exprimer les préoccupations de La Paz
jeudi 12 avril 2007,
Radio Kiskeya
Le ministre bolivien de la défense, Walker San Miguel, est arrivé mercredi à Port-au-Prince à la tête d’une délégation pour une visite d’information en relation avec des accusations de corruption dont fait l’objet la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), rapporte l’Associated Press.
L’objectif de ce voyage est de "mener des investigations sur la situation du contingent bolivien", précise un communiqué du ministère bolivien de la défense rendu public à La Paz. Une évaluation sur place de la situation des casques bleus s’est avérée nécessaire en raison de dénonciations à répétition enregistrées dans la capitale bolivienne concernant de supposés détournements de fonds destinés à la force internationale de paix.
Le ministre San Miguel est accompagné du commandant des Forces Armées Boliviennes, le général Freddy Bersatti et du président de la commission de défense du Congrès (Parlement), Félix Garcìa. La délégation devait s’entretenir notamment avec le commandant des troupes onusiennes, le général brésilien Carlos Alberto Dos Santos Cruz et les autorités haïtiennes.
Une commission de la Chambre des Députés de la Bolivie a récemment ouvert une enquête sur l’implication présumée de plusieurs chefs militaires dans l’utilisation à des fins personnelles des ressources mises à la disposition de la MINUSTAH par les Nations Unies.
De graves accusations pas tout à fait démenties ont été portées ces derniers mois contre la MINUSTAH en rapport notamment avec la gestion douteuse du budget consacré à l’achat de carburant et la participation présumée de soldats de la paix à des abus sexuels sur mineurs.
Pour sa part, le gouvernement du Président Evo Morales avait envisagé le mois dernier le retrait immédiat des soldats boliviens déployés en Haïti parce qu’il ne comprenait pas trop l’utilité de cet engagement militaire de l’Etat sud-américain.
215 casques bleus boliviens font partie de la MINUSTAH qui compte environ 8.000 militaires et policiers internationaux dont des bataillons issus d’une dizaine de pays latinoaméricains. spp/RK

Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com

Les jeunes "maîtres" haïtiens portés en triomphe dans les rues de Port-au-Prince

Une victoire historique dédiée au monument du football national Manno Sanon qui lutte contre un cancer
mercredi 11 avril 2007,
Radio Kiskeya
La sélection nationale U-17 a regagné Port-au-Prince triomphalement mardi 48 heures après son sacre dimanche au Honduras qui lui a permis d’enlever son billet pour le Mondial 2007 de la FIFA et de remporter le quadrangulaire final de la zone CONCACAF (Confédération d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes de Football Association).
Accueillis par des officiels et des inconditionnels qui entonnaient l’hymne national puis un chant évangélique à leur arrivée à l’aéroport international Toussaint Louverture en provenance du Honduras -via le Panama et la République Dominicaine- les jeunes champions haïtiens ont joyeusement défilé dans les rues de la capitale, déclenchant le déchaînement de centaines de fans enthousiastes sur le parcours du cortège.
Intervenant au nom de la délégation lors d’une conférence de presse improvisée au salon diplomatique de l’aéroport, le président de la fédération haïtienne de football (FHF), Yves Jean-Bart, a dédié la victoire historique des bleu et rouge à "l’athlète haïtien du XXe siècle", Emmanuel "Manno" Sanon, ancienne gloire de la sélection des mondialistes de 1974 en Allemagne, aujourd’hui atteint d’un cancer.
Le Dr Jean-Bart a, par ailleurs, promis au peuple haïtien d’autres rendez-vous avec la gloire si, dit-il, "l’unité actuelle initiée par le Président René Préval est maintenue et les joueurs bénéficient d’un soutien conséquent". Après avoir fortement souligné la sollicitude du chef de l’Etat vis-à-vis de la jeune équipe nationale, le dirigeant de la FHF a notamment invité le ministre de la jeunesse et des sports, Fritz Bélizaire, présent à ses côtés, à penser à l’amélioration immédiate des conditions d’existence des valeureux ambassadeurs d’Haïti. "Même s’ils ne seront pas riches, je n’aimerais pas les voir continuer à dormir dans le black-out. Je n’aimerais plus les voir avec des chaussures déchirées et il faut également faciliter leur formation scolaire", a souhaité Jean-Bart qui s’est posé en bon père de famille.
Pour sa part, le ministre des sports a souligné "l’appui indéfectible du Président de la république" à la sélection U-17 sans lequel la qualification pour le Mondial serait impossible. Fritz Bélizaire s’est aussi déclaré fier du travail exceptionnel accompli par les joueurs, l’entraîneur Jean-Yves Philogène Labaze et les autres membres de l’encadrement technique ainsi que les dirigeants de la fédération.
Le triomphe modeste, le technicien de Léogâne, principal artisan de l’exploit haïtien, a insisté sur la cohésion et les efforts de l’ensemble du groupe comme facteurs déterminants. Il envisage désormais l’avenir avec optimisme. Labaze et ses collaborateurs devraient pouvoir enfin bénéficier d’un salaire régulier après des années de bénévolat.
Des parlementaires, dont le vice-président de la Chambre des Députés, Jean-Marcel Lumérant, présents également à l’aéroport se sont engagés une fois de plus à réserver une enveloppe spéciale au football dans le prochain budget rectificatif.
Dans un rôle d’harangueur de foule, l’ex-international et entraîneur du onze national, Ernst "Nono" Jean-Baptiste, a déclaré haut et fort qu’Haïti pourrait revenir de la Corée avec le "trophée mondial".
Les nouveaux champions devraient être reçus par le Président René Préval avant de se rendre la semaine prochaine au Palais Législatif (Parlement).
Autre retombée du sacre de Tegucigalpa, le Conseil national des télécommunications (CONATEL) va doter le centre technique de la Croix-des-Bouquets (nord-est de Port-au-Prince) d’un laboratoire d’informatique.
Auteure de deux nuls (1-1 et 0-0), respectivement contre le Honduras et le Mexique et d’une victoire sans appel (3-0) face Salvador, Haïti s’est qualifiée pour la première fois de son histoire pour un Mondial des moins de 17 ans.
Après Toup Pou Yo, il y a 33 ans en 1978, le slogan à succès pour Corée 2007 est Kore m ma Kore w, un jeu de mots basé sur l’homophonie et qui, dans la philosophie de la langue créole, cherche une coïncidence heureuse entre l’idéal de solidarité des haïtiens et le nom du pays-hôte de la Coupe du monde, la Corée du Sud.
L’événement réunira la plupart des meilleures équipes de la planète du 18 août au 9 septembre prochains. spp/RK

Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com

Haïti au 27ème Salon du Livre de Paris

Jeudi 12 avril 2007
Par Emmelie Prophète, responsable de la Direction nationale du livre (DNL) au ministère de la culture
Soumis à AlterPresse le 11 avril 2007
Après Cuba, le Caravansérail du livre haïtien a débarqué ses valises au Salon du Livre de Paris tenu cette année du 23 au 27 mars, Parc des expositions, Porte de Versailles. Pour la première fois dans l’histoire de ce Salon, le plus grand du monde francophone, la République d’Haïti était représentée à travers trois Institutions rattachées au Ministère de la Culture et de la Communication : les Presses Nationales d’Haïti, la Bibliothèque Nationale d’Haïti et la Direction Nationale du Livre.
En droite ligne du mandat de promotion de la culture nationale confié au Ministère de la Culture incluant la publication de livres, la préservation et la conservation du patrimoine littéraire et la promotion du livre haïtien à travers les Editions les Presses Nationales d’Haïti et la Bibliothèque Nationale d’Haïti, et conformément à l’article 3 du décret portant sur la création de la Direction Nationale du Livre, institution devant, entre autres, assurer la promotion du livre haïtien sur les marchés internationaux ainsi que le développement de la coopération avec d’autres pays dans le domaine du livre, une centaine de titres haïtiens étaient présentés sur le stand « i200, Haïti Ministère de la Culture » au Salon du livre de Paris.
Pour une fois, Haïti s’est présenté par d’autres voix, par d’autres points de vue. Autant de perceptions, différentes de celles de la salle de nouvelles du journal de vingt heures. Au même titre que le pays hôte du Salon et des autres pays invités, la République d’Haïti parlait juste, haut et fort à travers Jacques Roumain, René Bélance, Lyonel Trouillot, Yanick Lahens, Gary Victor, Georges Castera, etc.
Les Salons et Foires du livres, surtout ceux de l’envergure de Paris, qui a accueilli cette année 180,200 visiteurs (hausse de 3.5%) dont 15% d’étudiants et 2.3% d’enfants hors cadre scolaire, constituent presqu’un problème pour les amateurs de livres. Comment tout regarder, comment parcourir en quelques heures ces centaines de mètres carrés de livres, visiter tous ces éditeurs, et, le plus difficile, choisir un livre ? Comment jeter son dévolu sur un auteur entre trois ou quatre signant à la même table ? C’est donc acquis ! Pour la plupart des exposants, ce ne sera principalement que de la représentation. C’est ce que nous croyions aussi…
Nous avons été étonnés de voir comment nos livres étaient demandés et presque soulagés le dernier jour du salon puisque ne disposant plus de certains titres, comme Gouverneur de la Rosée de Jacques Roumain ou Etincelles suivi de Gerbes de Sang de René Depestre, Léa Kokoye de Mauricie Sixto.
Ce fut pour certains une halte pour se remémorer une visite, un séjour en Haïti, pour s’étonner que nous ayons tous ces titres, pour questionner sur l’ambiance dans notre pays. Pour d’autres, les compatriotes vivant en France, les Antillais, les Africains, c’était une façon de mettre les pieds dans un territoire connu ou rêvé.
Les occupants des stands voisins, la Tunisie, le Maroc et le Japon, ont regardé avec sympathie et peut-être envié cette joie et ces effusions à chaque fois qu’on accueillait des visiteurs. Nos voisins n’ont peut-être pas compris que certains ne voulaient pas partir et restaient de longues heures à roder autour du stand, alors qu’ils avaient fini de voir, de poser des questions ou d’acheter leurs livres.
De ceux qui restaient avec nous plusieurs heures, il n’y avait pas que des Haïtiens, des Antillais ou des Africains, c’étaient le plus souvent des Français, des Slaves, des Maghrébins. A croire que chez soi souvent c’est là où il y a une parole, des regards humains et de la sympathie. Hier encore nous recevions des photos de nous et de notre stand prises par M. Mahamed Bencharif, nom sur lequel nous n’avons pas encore pu mettre un visage précis.
L’écrivain sénégalaise Ken Bugul est certaine qu’un jour elle viendra vivre chez elle, en Haïti. L’écrivain français d’origine polonaise Sébastien Doubinsky porte dans sa chair des tatouages d’Agwe, de Legba et d’Ogou. Il n’a jamais mis les pieds en Haïti. Mais il le souhaite. Il nous a fait déjà parvenir son texte Paket Kongo qui n’est pas écrit créole, malgré le titre, mais revendique une fraternité haïtienne.
L’écrivain congolais Alain Mabanckou, lauréat du dernier Renaudot avec Mémoire de Porc Epic, Abdourahman Waberi, originaire de Djibouti, auteur du fameux Aux Etats-Unis d’Afrique se réjouissent de séjourner le mois prochain en Haïti. Pour eux, quelque chose de beau, d’enivrant est à vivre dans ce pays. Dans notre pays.
Porte parole et témoin du voyage dans l’imaginaire haïtien, les livres du terroir on séduit le public parisien. Une passion entraîne une autre. Avec les livres, tous les chemins s’ouvrent, tous les rêves sont autorisés, toutes les revendications sont permises.
Bien sur, la prochaine fois il faudra faire mieux, emmener des écrivains en signature et plus de titres. Il est déjà heureux de savoir que nous occuperons encore plus de place afin de faire miroiter la grande diversité de l’édition haïtienne, que nous permettrons à encore plus de gens de découvrir la littérature haïtienne et les livres haïtiens.
La participation haitienne au 27ème Salon du Livre de Paris a été en partie supportée par la Banque de la République d’Haïti.

Source Alter Presse sur http://www.alterpress.org

Raison d'Etat face aux revendications populaires

Une entente provisoire a été trouvée entre la population du Trou-du-Nord et le ministère des Travaux publics, Transports et Communications pour faire débloquer la route Cap/Dajabon. Retour sur les événements et les raisons qui ont occasionné ce bras de fer.

La déviation de la route Cap/Dajabon de Ti Koulin à Carrefour Jésus, au niveau de la ville de Trou-du-Nord, a fait couler beaucoup d'encre pendant une douzaine de jours (du 10 au 21 mars 2007). Les Truvanordais (habitants de Trou-du-Nord) qui ont récemment dressé des barricades enflammées pour faire valoir leurs revendications sont encore profondément convaincus que l'avenir de leur ville dépend de la réhabilitation du tronçon de cette voie internationale qui traverse la ville.La décision de faire passer la route en dehors de la ville a été dictée par une étude. Cette dernière est venue compléter une autre peu approfondie.La revendication des Truviens est simple pour répéter leur propre mot : « la route Cap/Dajabon peut suivre le tracé voulu par les autorités, mais la nôtre doit être réhabilitée avant tout ». Des membres de la population qui se réclament du mouvement qui ont érigé des barricades enflammées sur la RN6 promettent de revenir à la charge si les responsables ne tiennent pas compte de leurs protestations.Qu'il s'agisse du maire de la ville ou du député rencontré sur les lieux, c'est toujours le même son de cloche. A Trou-du-Nord pour cette cause qui revêt une importance toute particulière, autorités civiles et simples citoyens parlent le même langage et constituent un bloc homogène.Nous n'avons pas pu trouver les responsables de la compagnie italienne Ghella en charge du contrat de réhabilitation de la route Cap/Dajabon. A l'approche de la semaine sainte, les cadres de la compagnie étaient absents sur le terrain. Suite à la rencontre du 21 mars 2007 où le ministère des Travaux publics, Transports et Communications s'était fait représenter par l'Ing. Raymond Délinois, la firme Ghella par l'Ing Elio Risso et la population de Trou-du-Nord par son député, Donal Dorsainvil, et le Président du conseil communal de Trou-du-Nord, Elie Pierre-Louis, dans un document dont copie a été obtenue par Le Nouvelliste, il a été dégagé que les trois parties sont d'avis que le tracé initial soit respecté, à savoir Trou-du-Nord comme passage obligé quelles que soient les difficultés techniques prétextées, après viennent les autres.
Le député de Trou-du-Nord/Caracol, Donal Dorsainvil, et le président du Conseil communal de cette ville, Elie Pierre-Louis, à l'instar de leurs mandants, croient dur comme fer que le tracé de la route à l'extérieur de la ville isolera Trou-du-Nord qui représente la porte d'entrée du Nord-Est en venant du département du Nord. M. Dorsainvil rappelle que la communication, dans ce début du XXIe siècle, est un outil indispensable auquel les autorités du ministère des TPTC devraient accorder une grande priorité. « Le retard enregistré durant les 12 jours de blocage de la route Cap/Dajabon au niveau de Trou-du-Nord sera pénalisé conformément aux clauses du contrat liant l'Etat haïtien à la firme Ghella. 360 000 euros, à raison de 30 000 euros par jour, est la somme que le pays aura à verser à la firme », a indiqué l'ingénieur Raymond Délinois.Selon le directeur des Transports au ministère des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC), l'ingénieur Raymond Délinois, le rapport de l'étude précédemment citée montre que les risques d'inondation sont plus qu'évidents, suite à une ouverture d'environ 70 mètres pratiquée dans la berge de la Rivière du Trou-du-Nord pour des raisons d'irrigation.

Entre les solutions recommandées par l'étude, il fallait choisir entre le tracé à l'intérieur du Trou-du-Nord qui exposerait l'ouvrage à des risques d'inondation ou une déviation à l'extérieur de la ville qui représente la solution optimale. C'est à cette dernière qu'on a accordé la priorité.L'ingénieur Délinois indique que certaines dispositions sont déjà prises pour donner satisfaction à la population de Trou-du-Nord. Optimiste et très calme dans sa prise de parole, le responsable des Transports fait remarquer que les démarches pour la construction de la bretelle en asphalte sont actuellement sur la bonne voie. Entre la justesse des revendications des Truviens qui ne disposent quasiment pas d'infrastructures routières et les obligations techniques (ou scientifiques) qui exigent qu'une route à circulation rapide (plus de 60 km/h) doive passer hors d'une grande agglomération, les intérêts nationaux ne doivent-ils pas primer ?
Dieudonné Joachimdjoachim@lenouvelliste.com

Source Journal Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com

Haïti/Cuba, une liaison d'amour

Trait d'union entre Port-au-Prince, Santiago et La Havane, depuis onze ans, s'appelle Aerocaribbean, une compagnie aérienne cubaine représentée en Haïti par SirepTours. Le temps du week-end de Pâques, ce tour opérateur d'Haïti a célébré cet anniversaire à Santiago, ville la mythique d'où partait la révolution cubaine.
Dans le silence d'une nuit qui s'ouvre sur le dimanche de Pâques, une centaine de jeunes acteurs cubains chantaient et dansaient en honneur de la Caraïbes. Spectacle féérique au cabaret Tropicana de Santiago où l'histoire des Indiens, des conquistadores, des esclaves noirs arrivés du continent africain, des pirates et corsaires et des différentes influences régionales sur la culture du sud de Cuba, notamment l'apport des français de St Domingue, des Haïtiens et des Jamaïcains ont été contés dans des chorégraphies et des tours de chants exécutés avec autant d'élégance que d'allégresse. Ce cabaret, petit frère de 10 ans du légendaire Tropicana de La Havane, a prêté son nom à l'orchestre Tropicana d'Haïti, est le point d'orgue d'un voyage organisé par SirepTours pour marquer les onze années des vols réguliers entre Haïti et l'île castriste. Les multiples changements de costumes et de décors témoignent de la capacité d'organisation des jeunes créateurs cubains plus que sympathiques à l'endroit de la soixantaine de voyageurs haïtiens, y compris le ministre du Tourisme, Patrick Delatour. « Nous constatons à Santiago comment les Haïtiens et leur culture sont appréciés, note Pierre Chauvet, principal responsable du tour opérateur. Depuis la révolution des esclaves à Saint-Domingue en 1793, il existe une relation historique entre l'île d'Haïti et le sud de Cuba. Il y a eu plusieurs mouvements d'échanges de population à travers toute sorte de migration. Ceci a donc donné à Santiago de Cuba sa couleur caribéenne particulière. » C'est ainsi que la « contre-danse » pratiquée jusqu'à tout récemment dans les fêtes populaires haïtiennes a été mise en valeur au cours de cette soirée hommage aux vols réguliers Santiago/Port-au-Prince. Après quelques 60 minutes de vol a bord de l'appareil ATR-72 de construction Franco-Italienne opère par Aerocaribbean, le programme a démarré, jeudi soir, par la visite de l'Hôtel « Casa Granda » et ensuite permettre aux 61 participants de danser au rythme du « Son » cubain qui résonnait à la « Casa de las trovas » (Maison des troubadours) près de la Place de la Cathédrale a la « calle Heredia ». « Panama m tombe », une chanson fétiche haïtienne a été exécutée pour le bonheur des fins danseurs de la trempe d'Harry Policard et du ministre Delatour.
Surnommée « terre chaude », pour la chaleur humaine qui s'y dégage, Santiago de Cuba est une des principales destinations de SirepTours. Et pourquoi ? « Cuba est une île mystérieuse qui a fait du tourisme l'une des plus importantes industries pour son développement, répond Pierre Chauvet. Les Haïtiens n'ont pas de problème pour avoir un visa volant et visiter Cuba. » Ce tour opérateur avait conçu et organisé en 2003 deux tournées avec « Haïti Twoubadou », en République dominicaine. « Les Dominicains, s'est réjoui M. Chauvet, commençaient à avoir une autre image d'Haïti que celle qu'ils connaissaient. Nous devrions continuer cette même stratégie en visitant d'autres îles de la Caraïbe avec des orchestres haïtiens. Malheureusement, les événements de 2004 (Ndlr : Manifestations et contre-manifestations violentes) nous ont forcés d'arrêter cette initiative. » Pour les vols réguliers entre Port-au-Prince et Santiago, tout a commencé en 1996. « Après des années de tests du marché depuis 1990 avec des vols ponctuels, a expliqué le responsable de SirepTours, nous avions constaté qu'il existe une clientèle pour pouvoir supporter deux vols réguliers hebdomadaires. » Cuba, à ce moment pratiquait le concept du tourisme multidestinations. C'était également l'époque de la reprise des relations diplomatiques avec Haïti. Des touristes européens en voyage dans l'île voisine ont ainsi pu séjourner en Haïti et apprécier ses attractions touristiques. Malheureusement, les soubresauts politiques en Haiti, vers 2001, de même que les conseils aux voyageurs décourageant les visites en Haïti ont forcé la réduction du service aérien à un seul vol par semaine.La plupart des pays du Nord, en effet, avaient lors, publie sur les sites officiels de leurs ministères des Affaires étrangères respectifs, des notes pour déconseiller à leurs ressortissants de visiter Haïti. Une interdiction que le dirigeant de SirepTours espère sera bientôt lévée au fur et à mesure que les conditions de sécurité seraient améliorées. Neanmoins, avec l'accroissement du nombre d'Haïtiens qui étudient à Cuba et le besoin de la clientèle en Haïti de « déconnecter » de temps en temps, le deuxième vol sera repris régulièrement à partir du jeudi 17 mai prochain. Cette initiative permettra ainsi aux Haïtiens et aux étrangers qui séjournent dans le pays de se rendre à Santiago ou à La Havane du jeudi au dimanche ou du dimanche au jeudi, en plus des séjours d'une semaine ou plus actuels, a fait valoir le dirigeant de SirepTours. Des hôtels de ville ou de plage de différentes catégories seront disponibles selon le goût et les possibilités économiques de tout un chacun.
Claude Gillesgonaibo73@yahoo.fr

Source Journal Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com

Démasquer le Palais Sans-Souci !

Sans-Souci est masqué par au moins six nouvelles bâtisses. Les autorités annoncent qu'elles seront rasées à cause de la vocation touristique du site. Certains, à l'instar de St Thomas, veulent voir avant de croire.
Milot est en effervescence le jeudi 5 avril 2007. Ses rues grouillent de monde. Les marchands de friture, de boissons, de souvenirs... sont aux aguets tandis que des autobus n'en finissent pas de débarquer de nouveaux visiteurs. Comme des fourmis, ils convergent, munis de sacs de couchage, d'eau et de nourriture, vers une rue « adoquinée » du centre-ville qui aboutit aux ruines du Palais Sans-Souci. Certains se rendent à la Citadelle, d'autres à un festival baptisé du même nom où Bélo, Don Kato... et des « groupes racines » dont Boukman Eksperyans sont à l'affiche. Ceux qui visitent pour la première fois cette ville sont renversés par la beauté de son paysage verdoyant. Pourtant, en longeant une cuvette débouchant sur la dernière ligne droite censée offrir une vue imprenable de ce palais, c'est la déception. Le palais, porteur de l'esthétique architecturale de la révolution française avec une combinaison sublime des tendances grecques et égyptiennes, est littéralement masqué par une demi-douzaine de nouveaux édifices à étages érigés en moins d'un an. Une nuisance grave à la vocation touristique du site. Sans-Souci, qui a abrité, entre autres, un hôpital, une école de médecine, une imprimerie, une orfèvrerie, une caserne..., devrait être l'objet d'intervention urgente afin de le protéger. Selon M. Patrick Delatour, ministre du Tourisme, l'Etat doit délimiter une zone de protection périphérique du site tout en établissant des critères de construction de manière à lui garder son intégrité visuelle et panoramique. Il faut planifier le développement urbain de Milot en accord avec les intérêts du Parc national historique qui comporte également la Citadelle et le Palais de Ramiers, souligne-t-il.Rencontré au Cap-Haïtien, l'architecte Harold Gaspard, directeur de la branche nord du programme de révision du plan directeur national du Tourisme, confie que 4 millions de gourdes sont disponibles afin de clôturer Sans-Souci. Sur au moins deux blocs, à partir de l'église, toutes les constructions seront rasées, déclare-t-il.

Dans le cadre de la délimitation prochaine de cette zone tampon, des consultations sont en cours avec la municipalité, informe-t-il.Conscient que cette mesure drastique et nécessaire occasionnera des heurts, M. Gaspard indique que les déplacés seront dédommagés et relocalisés. « On ne peut pas développer le tourisme sans développer les autres secteurs », souligne-t-il tout en rappelant la nécessité de revoir le schéma d'aménagement de Milot. Une ville dont le développement urbain se réalise de manière anarchique et dans le mauvais sens. Pillé après la mort de Henri Christophe le 8 octobre 1820, détruit en grande partie par le tremblement de terre du 7 mai 1842, Sans-Souci, raconte à travers ses murs une histoire exaltante, empreinte de tragédie. Mais aussi et surtout la vision moderne, progressiste du roi bâtisseur qui avait fait de ce lieu le siège administratif, politique et économique de son royaume. Avec la ville de Washington, Sans-Souci transpirait l'architecture post-révolution française où les obélisques, les colonnes doriques et les pyramides consacraient un retour à la Grèce et à l'Egypte. Abandonné, dépossédé, Sans-Souci, sous le président Sténio Vincent en 1940, avait été l'objet d'attention d'architectes qui y avaient réalisé les premiers relevés des conditions existantes.Au cours de cette même année, la chapelle de Milot a été restaurée. Et, entre 1950 et 1956, il y a eu sous le gouvernement de Paul E. Magloire un essai de stabilisation des monuments du site.A la fin des années 70, l'Etat haïtien avait décidé de poursuivre la « re-connaissance » du site de Sans-Souci par un programme de fouilles archéologiques et de recherches historiques à travers le monde et la poursuite du relevé des conditions existantes. Sans-Souci, l'un des trois monuments du Parc national historique, a des atouts sérieux susceptibles d'attirer des touristes haïtiens et étrangers.Comme certains spécialistes, des visiteurs amoureux de l'histoire, de leur patrimoine appellent à l'implémentation des mesures si souvent annoncées pour protéger le site dans la perspective de son exploitation muséographique. Mais,ils sont comme Saint Thomas.
Roberson Alphonse

robersonalphonse@yahoo.fr
Source Journal Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com