La démocratie se définit en fonction des systèmes et des individus. C’est justement mon approche personnelle de ce concept puisque j’ai fait le choix délibéré se ne pas recourir aux définitions classiques des dictionnaires et des encyclopédies.
Je refuse aussi de faire usage d’une citation quelconque prêtée à ce sujet de peur de ne pas la plaquer sans tenir compte du contexte de sa genèse.
Partant de ce principe on peut admettre que les systèmes démocratiques présentent des variantes dont il faut tenir compte si on se jugeait apte à les jauger ou les qualifier.
J’ai toujours en tête cet épisode de l’histoire cachée d’Haïti révélée sournoisement dans la collection du bicentenaire de notre indépendance par le professeur Jean Julien en rapport avec l’élection de François Duvalier.
D'après le chercheur, François Duvalier aurait appelé aux comices pour renouveler le parlement haïtien. Chaque bulletin de vote portait en bas de page en guise de signature un « François Duvalier Président de la République ». Après le vote, lors de la diffusion des résultats de ces élections législatives, le pays a été surpris par la proclamation de François Duvalier plébiscité comme président de la République avec cent pour cent des votes.
A un journaliste français qui lui posa quelques temps après des questions sur cette façon erronée de se faire élire il eut à dire qu’il a été élu démocratiquement à l’haïtienne et qu’il ne fallait pas confondre cette démocratie avec la version occidentale.
Considérée de façon simple et sommaire la démocratie s’oppose à la dictature.
A un moment de la durée, alors que le communisme s’opposait au capitalisme, les américains assuraient la promotion de la démocratie comme le système capable de garantir les libertés. Et cette rhétorique se répandit en Amérique avec la prolifération de dictatures militaires chapeautées et choyées par les américains au nom de cette liberté. La formule paraissait simple : Passer par les dictatures (militaires) pour accéder à la démocratie ensuite. Nous vivions donc l’époque des coups d’état financés ou supportés ou acceptés si et seulement si la menace communiste pouvait être suggérée.
La configuration politique du monde suivait ce même courant avec l’émergence des blocs des pour des contre et des non-alignés.
Avec l’effondrement du bloc soviétique et de la chute du mur de Berlin comme étendard de victoire de la guerre froide ressentie comme celle du « Good over Evil », l’installation progressive de régimes civils en Amérique, la démocratie à l’américaine avait vaincu. Elle pouvait maintenant s’exporter vers l'Afrique ou vers l’orient où les européens font figures de petits bras.
Tout allait bien .Tout va bien. On est la seule grande et première puissance du monde.
Peu de gens s’accordent le temps de regarder ce qui se passe au sein même de la société américaine qui célèbre de grands noms et de grandes avancées. On ne se demande pas pourquoi quelqu’un qui naît Cassius Clay pense à se convertir et se faire appeler Mohamed Ali. Pourquoi on se convertit à l’islam pour retrouver une certaine identité et se retrouver ; pourquoi au lieu de John ou Johnson on se fait appeler Tupac Shakur …
Il a fallu les secousses du 11 septembre pour un semblant de réveil mais là encore l’Amérique est partie en guerre contre ses ennemis de l’extérieur en négligeant ses vieux démons, ses pires ennemis qui sont et qui ont toujours été de l’intérieur.
Leurs nouvelles croisades se sont soldées par l’élimination physique de ces individus étiquetés comme symboles du mal à l’américaine alors qu’ils demeurent aveuglés par leurs incapacités de reconnaître en cette pieuvre multi-céphale à tentacules profondes et nombreuses se reproduisant sous leurs nez.
La réalité de cette société malade mise à une à travers de multiples manifestations est encore faussement interprétée poussée par la volonté immuable du stablishment qui œuvre et qui ne jure que pour perpétuer le statut quo.
Quand il laisse transparaître un essai ressemblant à un « jeter du leste », ça correspond plutôt à faire pousser un ou deux arbres ayant la vertu et la mission de plutôt cacher la forêt.
Mais les griffes du système restent aussi acérées prêtes à reprendre le peu de privilège concédé.
Ainsi les batailles restent toujours d’actualité malgré les victoires sournoises et souvent surévaluées.
D’où la nécessité d’un « black lives matter » après Black Power, Malcom X, Martin Luther King et Rosa Parks. Ou la justification d’un « Blue lives matter » malgré un Obama.
Pendant ce temps sur le plan politique il y a de quoi perdre son latin. La plus grande nation du monde avec son bipartisme a récemment aligné des présidents de légende surtout issus dans le camp conservateur avec en tête de liste et le recul, Ronald Reagan ce piètre acteur devenu grand Président et un Bush fils se passant de présentation.
De mon poste d’observateur désintéressé, je ne voudrais pas me lancer dans une évaluation des présidences démocrates ou républicaines. Toujours est-il que les pays développés sont assimilables à un train en marche dans lequel un conducteur monte à bord pour rassurer les gens qui auraient peur de savoir que le contrôle est assuré par un système de pilotage automatique et que le chef d’état fait plutôt office de figurant.
Je ne suis pas sûr qu’un américain puisse établir les différences perçues dans sa vie pendant l’administration Obama et pendant celle de Bush fils.
Le pilotage systématique est représenté par ce stablishment dont l’état d’âme est assujetti à des intérêts très puissants.
A force de ne pas voir en intramuros, l’Amérique est entrain d’offrir au monde un spectacle hideux, et affolant pour certain dans ces élections mettant face à face deux candidats impopulaires issus de deux partis politiques qui ne répondent plus à la réalité du pays.
Le parti Républicain, une institution détentrice d’une certaine vision des USA, s’est fait démembré par un individu digne des shows de téléréalité dont le seul mérité est d’être considéré comme quelqu’un d’important là où l’importance se calcule en millions de dollars.
Les choses ne sont pas plus nettes dans l’autre camp qui a ouvert son show avec l’étalage de pratiques douteuses ayant porté préjudice à un candidat qui semblait vouloir se dresser contre le stablishment et le statu quo. Résultat des courses le choix se porte sur Clinton tandis que la fraction représentée par l’autre candidat à l’investiture du parti refuse de reverser les votes dans l’escarcelle de la fille cooptée par le système.
En fin de compte, les américains ont eu droit à deux semaines de shows grandioses du style NBA All-Star Game ou Super Ball pendant lesquels les deux camps se sont arrangés les uns par le franc parler conservateur les autres par la bonhommie caractéristique des beau parleurs pour laisser comme tache à l’opinion publique de déterminer lequel des deux candidats serait le moins pire.
Ce que je n’ai su que ce matin c’est qu’il existe un troisième candidat sérieux marginalisé comme une fatalité par la polarisation abusive de l’activité politique à qui un sondage aurait attribué 12% des intentions de vote.
Devant tout ça, au moment où le monde devient de moins en moins sécurisé avec la montée en puissance d’inadaptés et de non intégrés qui ont perdu même l’instinct de conservation, quand on considère que l’un des deux sera à la tête de la plus grande puissance de la terre, il est logique de perdre son optimisme et de se dire que la démocratie à l’américaine longtemps présentée comme l’objectif à atteindre s’est transformée en illusionnisme démocratique.
Et que le très haut ait pitié des terriens !
Jonas Jolivert
04/08/2016
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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jeudi 4 août 2016
mercredi 3 août 2016
PARTIS ET ORGANISATIONS POLITIQUES A LA SAUCE HAITIENNE
A force de faire les choses toujours de la même manière, on finit par s'attribuer une façon propre à soi de fonctionner. Dans un sens où dans l'autre, l'exercice dévient un élément identitaire.
Dernièrement, je suis heureusement tombé sur un article écrit par la blogueuse politique la plus suivie et la plus radicale des réseaux sociaux d’Haïti dans lequel, dans son style caractéristique, elle faisait un plaidoyer en faveur des partis politiques haïtiens tout en fustigeant une mesure du gouvernement provisoire qui suspendrait le financement des partis politiques.
Le financement des partis politiques en Haiti est devenu un sujet de réflexion que j'ai rangé avec bien d'autres dans le tiroir où l'on entrepose les choses qu'avec le temps, finissent par devenir secondaires avant d'être carrément oubliées dans une dynamique des priorités que nous contrôlons de moins en moins.
L'accès à ces informations officielles constitue souvent un élément dissuasif très puissant.
La lecture de cet article m'avait appris par exemple que Michel Martelly aurait modifié la loi régissant la création d'un parti en exigeant un nombre de membres égal à quarante plus un (40 +1).
On comprend donc mieux pourquoi il y a eu plus de 200 partis et regroupements politiques inscrits dans les archives du Conseil Électoral Provisoire (CEP). De la même manière et pour les mêmes raisons, on peut remercier Dieu que l'on n’ait eu à compter que 200.
Le grand public n'est pas informé sur les modalités du financement des partis politiques mais lors des dernières élections, quelques bribes de nouvelles ont circulé à ce sujet accompagnant des scandales et des discrépances musclées entre chefs de partis et candidats autour de l'utilisation des sous alloués pour financer leurs participations aux joutes électorales.
En cette occasion, j'ai su que les candidats à la présidence par exemple avaient reçu 20.000 (?) dollars américains pour financer leurs campagnes électorales. Ceci pouvant constituer la motivation de plusieurs des 56 candidats dont pour un nombre non négligeable, on ne voyait pas une seule affiche dans les rues.
Devant un tel constat et dans un contexte de ressources économiques diminuées, beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer cette pratique quelque peu pernicieuse, qui ne fait qu'entraver le processus électoral dans sa partie logistique sans apporter un plus à notre démocratie.
Ces voix ont suggéré d'autres modalités de financement calquées sur ce qui se fait ailleurs.
La blogueuse en question considère que c'est non seulement une erreur stratégique de l'exécutif que de ne plus financer les partis politiques et le fait d’assujettir ce financement au pourcentage de votes reçu lors des élections serait improductif dans la mesure ou cette option pourrait censurer un « bon parti politique » qui aurait malheureusement réalisé un score médiocre.
Le critère de « bon » ou « mauvais » parti politique reste un critère très subjectif en dehors de cet élément clé qui est le nombre de personnes se retrouvant dans les idées et la vision de société que promeut ce groupe. Un nombre restreint d'adhérents présuppose une mauvaise réception du message véhiculé si on n'admet qu'un parti politique est une institution se donnant pour tache transformer une société moyennant une vision nette et claire de cette société récipiendaire.
Si cette adhésion ne se structure pas c'est qu'il y a un travail à effectuer pour mieux présenter le projet. Le gouvernement ne devrait pas avoir à financer directement ce travail.
L'appréciation d'un mouvement politique par un individu dépend de la vision de cet individu. Le parti démocrate est un aussi bon parti pour un démocrate que le parti républicain l'est pour un républicain.
Les courants extrémistes sont bien vus par des conservateurs qui se sentent mieux représentés à travers ce courant d'idées.
Un autre argument soulevé par la blogueuse est le risque que l’activité des partis politiques soit contrôlée par les marchands de drogues en assurant leurs financements.
Cet argument tient très peu la route en Haiti.
En effet les sommes allouées aux partis politiques sont insignifiantes par rapport au coût d'une campagne électorale bien menée. Cela veut dire qu'il sera très difficile à un leader de parti de refuser cette manne financière indispensable pour attirer des sympathisants et des militants. Faut-il admettre et reconnaître que la volonté d'exercer un monitoring sérieux sur l’activité politique n'est pas à l'ordre du jour en Haiti.
Dans l'évaluation d'un parti ou regroupement politique, j'accorde une attention certaine à ce que je considère comme la dynamique interne du mouvement. Plus particulièrement au rapport entre les membres appelés à porter au plus haut niveau décisionnel la vision du parti et le parti per se comme institution.
L’hyper mobilité des leaders pour certains ou l'attitude caméléon des aspirants pour d'autres demeure un critère suffisant pour identifier le déséquilibre entre un chef qui se place avec ses intérêts, au dessus du parti et de son projet politique qui dans la pratique a la vocation de changer la société pour apporter des réponses aux grands défis que confrontent ses membres.
La facilité avec laquelle un cadre de parti épouse, poussé dans le sens de ses intérêts personnels, la cause et l'idéologie du camp adverse est une preuve de la faiblesse de l’institution politique exploitée par des mercenaires se vendant aux plus offrants.
Nos sphères décisionnelles regorgent d'exemples de ces individus qui, au lieu de contribuer à une élévation du débat politique et à l'atteinte des objectifs y attenant, participent comme des fossoyeurs aguerris à y jeter l'opprobre et le discrédit.
Comme illustration et afin de leur garder leur place entre les pages sombres et peu glorieuses de notre histoire nous citons le cas de Monsieur Hériveaux qui est passé de sénateur influent du courant lavalas à suppôt et supporteur inconditionnel du PHTK et idolâtre du Martellisme primaire.
Cet « illustrement » sombre personnage de la vie politique haïtienne ne détient certes pas le monopole de l'instabilité, ni à lui seul les clés de ce véhicule toujours prêt à se diriger kote dlo a koule pi fre.
Au niveau du parlement, endroit par excellence du marchandising politique, pullulent ces élus porteurs de vestes multicolores en prévision de cette pratique de changer de couleur au gré des jeux et des enjeux.
On passe sans état d'âme du mouvement Unité au parti PHTK que l'on abandonne pour rejoindre la plateforme Vérité que l'on délaisse ensuite pour rejoindre les listes de Lapeh.
Cette trajectoire symbolise le parcours d'un individu dont le seul intérêt est celui de rester en poste comme député ou sénateur pour jouir des prérogatives matérielles qui font de cette fonction le premier objectif individuel national.
Ce serait une injustice flagrante et délibérée que de voir le problème comme une monnaie à face unique. C'est-à-dire de jeter la pierre à ces politiciens hyperactifs dans leurs capacités de mobilité sans inclure dans l'approche du problème les partis qui les regardent partir ou ceux qui accueillent les déserteurs qui rejoignent les rangs pour déserter à la prochaine occasion.
En effet l'individu se sentant, pour des raisons très claires, supérieur - donc placé au-dessus du mouvement politique - joue sa carte en se faisant voir comme un atout gagnant et surtout une bonne affaire pour le parti politique.
Le politicien possède tout ce dont un candidat a besoin pour gagner des élections : des hommes de main pour intimider jusqu'à l'agression physique les adversaires, une certaine popularité dans la circonscription convoitée soit par sa profession, soit par un clientélisme soutenu à base de petits projets insignifiants, des ressources financières pour acheter des votes et sans doute pour rendre heureux les cadres du parti.
Ces atouts suffisent largement pour assurer la victoire aux joutes quand ils sont favorisés par le désintéressement endémique de la société à la chose politique en général et aux élections en particulier.
Un exemple pour corroborer cette attitude qui constitue un vrai fléau, un vrai acte antipatriotique délétère au développement national c'est de se dire que celui qui a été sacré Maire de la capitale haïtienne, une mégapole surpeuplée de plus de 2.000.000 d'habitants dont la moitié serait en âge de voter (?), n'a bénéficié que du vote d'un peu plus de 20.000 personnes.
Ces mouvements d'un élu d'un parti à l'autre provoque un déplacement massif comme par effet de chute de dominos vers d'autres partis disposés à accepter pour les mêmes raisons les militants aspirants déçus.
Aujourd'hui une chose est nette et claire comme le nez au milieu de la figure, les partis politiques ne servent à rien !
On peut toujours épiloguer comme ceux qui pensent trouver, à travers des discussions interminables et des arguments peu solides, la quadrature du cercle, pour déterminer si l'arrêt des financements systématiques de tous les partis politiques ne contribuera pas à les rendre encore plus inutiles.
Cependant il est clair que la conceptualisation du parti politique chez nous n'augure pas une participation au développement du pays même avec ce système de financement sans condition.
Les conjonctures mondiales financières et économiques invitent plutôt à l'austérité et la diminution des dépenses publiques. Et ce, au niveau des nations beaucoup mieux loties que nous.
Notre actualité particulière greffant de surcroît notre crise électorale mettant en lumière notre perte honteuse de souveraineté politique, exige des sacrifices à tous les patriotes pour autofinancer les élections. Puisqu'il faut réduire les coûts, l'arrêt jusqu'à nouvel ordre, du financement des partis politiques reste et demeure une mesure cohérente et logique.
Aux prochaines autorités de revoir le problème et surtout aux législateurs de chez nous qui s'adonnent à toute sorte de taches sauf à celle qui est inhérente et définit leurs fonctions c'est-à-dire de légiférer, de reconstituer un cadre légal conforme à nos moyens pour le financement des partis politiques.
Docteur Jonas Jolivert 03/08/2016
Dernièrement, je suis heureusement tombé sur un article écrit par la blogueuse politique la plus suivie et la plus radicale des réseaux sociaux d’Haïti dans lequel, dans son style caractéristique, elle faisait un plaidoyer en faveur des partis politiques haïtiens tout en fustigeant une mesure du gouvernement provisoire qui suspendrait le financement des partis politiques.
Le financement des partis politiques en Haiti est devenu un sujet de réflexion que j'ai rangé avec bien d'autres dans le tiroir où l'on entrepose les choses qu'avec le temps, finissent par devenir secondaires avant d'être carrément oubliées dans une dynamique des priorités que nous contrôlons de moins en moins.
L'accès à ces informations officielles constitue souvent un élément dissuasif très puissant.
La lecture de cet article m'avait appris par exemple que Michel Martelly aurait modifié la loi régissant la création d'un parti en exigeant un nombre de membres égal à quarante plus un (40 +1).
On comprend donc mieux pourquoi il y a eu plus de 200 partis et regroupements politiques inscrits dans les archives du Conseil Électoral Provisoire (CEP). De la même manière et pour les mêmes raisons, on peut remercier Dieu que l'on n’ait eu à compter que 200.
Le grand public n'est pas informé sur les modalités du financement des partis politiques mais lors des dernières élections, quelques bribes de nouvelles ont circulé à ce sujet accompagnant des scandales et des discrépances musclées entre chefs de partis et candidats autour de l'utilisation des sous alloués pour financer leurs participations aux joutes électorales.
En cette occasion, j'ai su que les candidats à la présidence par exemple avaient reçu 20.000 (?) dollars américains pour financer leurs campagnes électorales. Ceci pouvant constituer la motivation de plusieurs des 56 candidats dont pour un nombre non négligeable, on ne voyait pas une seule affiche dans les rues.
Devant un tel constat et dans un contexte de ressources économiques diminuées, beaucoup de voix se sont élevées pour dénoncer cette pratique quelque peu pernicieuse, qui ne fait qu'entraver le processus électoral dans sa partie logistique sans apporter un plus à notre démocratie.
Ces voix ont suggéré d'autres modalités de financement calquées sur ce qui se fait ailleurs.
La blogueuse en question considère que c'est non seulement une erreur stratégique de l'exécutif que de ne plus financer les partis politiques et le fait d’assujettir ce financement au pourcentage de votes reçu lors des élections serait improductif dans la mesure ou cette option pourrait censurer un « bon parti politique » qui aurait malheureusement réalisé un score médiocre.
Le critère de « bon » ou « mauvais » parti politique reste un critère très subjectif en dehors de cet élément clé qui est le nombre de personnes se retrouvant dans les idées et la vision de société que promeut ce groupe. Un nombre restreint d'adhérents présuppose une mauvaise réception du message véhiculé si on n'admet qu'un parti politique est une institution se donnant pour tache transformer une société moyennant une vision nette et claire de cette société récipiendaire.
Si cette adhésion ne se structure pas c'est qu'il y a un travail à effectuer pour mieux présenter le projet. Le gouvernement ne devrait pas avoir à financer directement ce travail.
L'appréciation d'un mouvement politique par un individu dépend de la vision de cet individu. Le parti démocrate est un aussi bon parti pour un démocrate que le parti républicain l'est pour un républicain.
Les courants extrémistes sont bien vus par des conservateurs qui se sentent mieux représentés à travers ce courant d'idées.
Un autre argument soulevé par la blogueuse est le risque que l’activité des partis politiques soit contrôlée par les marchands de drogues en assurant leurs financements.
Cet argument tient très peu la route en Haiti.
En effet les sommes allouées aux partis politiques sont insignifiantes par rapport au coût d'une campagne électorale bien menée. Cela veut dire qu'il sera très difficile à un leader de parti de refuser cette manne financière indispensable pour attirer des sympathisants et des militants. Faut-il admettre et reconnaître que la volonté d'exercer un monitoring sérieux sur l’activité politique n'est pas à l'ordre du jour en Haiti.
Dans l'évaluation d'un parti ou regroupement politique, j'accorde une attention certaine à ce que je considère comme la dynamique interne du mouvement. Plus particulièrement au rapport entre les membres appelés à porter au plus haut niveau décisionnel la vision du parti et le parti per se comme institution.
L’hyper mobilité des leaders pour certains ou l'attitude caméléon des aspirants pour d'autres demeure un critère suffisant pour identifier le déséquilibre entre un chef qui se place avec ses intérêts, au dessus du parti et de son projet politique qui dans la pratique a la vocation de changer la société pour apporter des réponses aux grands défis que confrontent ses membres.
La facilité avec laquelle un cadre de parti épouse, poussé dans le sens de ses intérêts personnels, la cause et l'idéologie du camp adverse est une preuve de la faiblesse de l’institution politique exploitée par des mercenaires se vendant aux plus offrants.
Nos sphères décisionnelles regorgent d'exemples de ces individus qui, au lieu de contribuer à une élévation du débat politique et à l'atteinte des objectifs y attenant, participent comme des fossoyeurs aguerris à y jeter l'opprobre et le discrédit.
Comme illustration et afin de leur garder leur place entre les pages sombres et peu glorieuses de notre histoire nous citons le cas de Monsieur Hériveaux qui est passé de sénateur influent du courant lavalas à suppôt et supporteur inconditionnel du PHTK et idolâtre du Martellisme primaire.
Cet « illustrement » sombre personnage de la vie politique haïtienne ne détient certes pas le monopole de l'instabilité, ni à lui seul les clés de ce véhicule toujours prêt à se diriger kote dlo a koule pi fre.
Au niveau du parlement, endroit par excellence du marchandising politique, pullulent ces élus porteurs de vestes multicolores en prévision de cette pratique de changer de couleur au gré des jeux et des enjeux.
On passe sans état d'âme du mouvement Unité au parti PHTK que l'on abandonne pour rejoindre la plateforme Vérité que l'on délaisse ensuite pour rejoindre les listes de Lapeh.
Cette trajectoire symbolise le parcours d'un individu dont le seul intérêt est celui de rester en poste comme député ou sénateur pour jouir des prérogatives matérielles qui font de cette fonction le premier objectif individuel national.
Ce serait une injustice flagrante et délibérée que de voir le problème comme une monnaie à face unique. C'est-à-dire de jeter la pierre à ces politiciens hyperactifs dans leurs capacités de mobilité sans inclure dans l'approche du problème les partis qui les regardent partir ou ceux qui accueillent les déserteurs qui rejoignent les rangs pour déserter à la prochaine occasion.
En effet l'individu se sentant, pour des raisons très claires, supérieur - donc placé au-dessus du mouvement politique - joue sa carte en se faisant voir comme un atout gagnant et surtout une bonne affaire pour le parti politique.
Le politicien possède tout ce dont un candidat a besoin pour gagner des élections : des hommes de main pour intimider jusqu'à l'agression physique les adversaires, une certaine popularité dans la circonscription convoitée soit par sa profession, soit par un clientélisme soutenu à base de petits projets insignifiants, des ressources financières pour acheter des votes et sans doute pour rendre heureux les cadres du parti.
Ces atouts suffisent largement pour assurer la victoire aux joutes quand ils sont favorisés par le désintéressement endémique de la société à la chose politique en général et aux élections en particulier.
Un exemple pour corroborer cette attitude qui constitue un vrai fléau, un vrai acte antipatriotique délétère au développement national c'est de se dire que celui qui a été sacré Maire de la capitale haïtienne, une mégapole surpeuplée de plus de 2.000.000 d'habitants dont la moitié serait en âge de voter (?), n'a bénéficié que du vote d'un peu plus de 20.000 personnes.
Ces mouvements d'un élu d'un parti à l'autre provoque un déplacement massif comme par effet de chute de dominos vers d'autres partis disposés à accepter pour les mêmes raisons les militants aspirants déçus.
Aujourd'hui une chose est nette et claire comme le nez au milieu de la figure, les partis politiques ne servent à rien !
On peut toujours épiloguer comme ceux qui pensent trouver, à travers des discussions interminables et des arguments peu solides, la quadrature du cercle, pour déterminer si l'arrêt des financements systématiques de tous les partis politiques ne contribuera pas à les rendre encore plus inutiles.
Cependant il est clair que la conceptualisation du parti politique chez nous n'augure pas une participation au développement du pays même avec ce système de financement sans condition.
Les conjonctures mondiales financières et économiques invitent plutôt à l'austérité et la diminution des dépenses publiques. Et ce, au niveau des nations beaucoup mieux loties que nous.
Notre actualité particulière greffant de surcroît notre crise électorale mettant en lumière notre perte honteuse de souveraineté politique, exige des sacrifices à tous les patriotes pour autofinancer les élections. Puisqu'il faut réduire les coûts, l'arrêt jusqu'à nouvel ordre, du financement des partis politiques reste et demeure une mesure cohérente et logique.
Aux prochaines autorités de revoir le problème et surtout aux législateurs de chez nous qui s'adonnent à toute sorte de taches sauf à celle qui est inhérente et définit leurs fonctions c'est-à-dire de légiférer, de reconstituer un cadre légal conforme à nos moyens pour le financement des partis politiques.
Docteur Jonas Jolivert 03/08/2016
mardi 2 août 2016
ENTRE REPOS DU GUERRIER ET DECEPTION
Le mois de juillet correspond depuis de nombreuses années à ma période de vacances. En effet c’est le temps que je mets de côté pour visiter ma famille qui réside dans l’ensemble aux États-Unis d’Amérique et pour respirer directement l’air d’Haïti.
Pour cette raison, ceux qui suivent mes activités comme Blogger à travers Haïti Recto Verso (http://www.haitirectoverso.blogspot.com), et plus récemment ceux qui visitent nos sites internet savent très bien que ses supports ne sont pas mis à jour pendant cette période.
Pourtant, généralement, cette période est souvent riche en événements intéressants sur le monde et sur Haïti qui se délite une crise après une autre.
Sur la crise haïtienne, j’avais pris la décision de ne pas me montrer très assidu dans mes écrits, dans la mesure où je ne dispose pas toujours d’éléments solides pour analyser et tirer des conclusions sur des phénomènes critiques qui se développent en dépit de tout bon sens et dans la plus incompréhensible des incohérences.
Je m’amusais avant, pendant mes vacances, à publier une colonne que j’avais intitulée « Choses vues et entendues aux États-Unis d’Amérique ». L’observation de ce que je pouvais considérer comme incongru ou hilarant m’avait inspiré dans ce sens.
En effet la presse américaine, comme toutes les presses en général semble fonctionner par scoops. A chaque voyage je suivais malgré moi, le cours de certaines actualités présentées comme des épisodes d’émissions de télé-réalité.
Je me rappelle ces images de la poursuite en direct et de l’arrestation de O J Simpson comme ces épisodes relatant le jugement de la femme qui avait amputé de sa bite, un certain Bobbit qui deviendra par la suite un acteur de pornographie.
Une année à Virginia Beach j’avais été émerveillé devant une boisson de couleur bleue ciel. En fait je trouvais amusant de demander au vendeur le nom du fruit qui était à l’origine de ce teint apaisant certes mais forcément peu agréable au palais malgré la notoriété et la popularité de la marque du produit.
Depuis quelques années, je trouve les faits d’actualité américaine moins marrants. Les scoops ont une texture plutôt macabre, une odeur désagréable de rétrocession et d’injustice sociales. Il est question de policiers blancs exécutant des citoyens noirs devenus des « african americans » et des individus traités comme suspects et dangereux juste sur la base de leur origine ethnique.
Souvent il est question d’émeutes et de protestations autour d’une décision de justice attendue et liée à un meurtre survenu dans le même contexte.
D’autres fois, l’actualité est dominée soit par un tireur embusqué semant la panique dans la population en ciblant des citoyens lambda quand celui-ci ne s’en prend pas à des policiers, a des élèves d’un établissement scolaire, a l’assistance d’une salle de cinéma ou des paroissiens d’une boîte ou d’une discothèque.
Comme citoyen haïtien résidant en dehors d’Haïti et des États-Unis, je m’efforce toujours à m’expliquer et me convaincre des raisons qui font que les haïtiens de la Diaspora américaine évoquent souvent l’insécurité en Haïti pour ne pas s’y rendre et contribuer à la vie du pays.
La force et la tournure des événements m’ont poussé dans les retranchements d’un repos du guerrier et mes vacances, je les fais rimer avec végétation !
Aujourd’hui encore grâce aux réseaux sociaux qui ont fait la fortune de leurs concepteurs, l’information vous tombe dessus avec la facilité et la fréquence d’un cheveu dans un bol de soupe. Et il faut beaucoup plus que la volonté de se couper du monde, pour prendre un vrai recul de cette actualité qui nous montre le niveau élevé de déshumanisation de ce monde dans lequel nous vivons.
J’ai vu comment ceux qui suivent la presse aux États-Unis ont été maintenus en alerte scoop après scoop. Ça a débuté par la présentation en boucle de deux policiers blancs tirant cinq fois sur un homme de race noire maîtrisé au sol pour passer très vite aux images très choquantes diffusées en direct sur Facebook d’un noir entrain d’agoniser au volant de sa voiture après avoir été abattu par un policier blanc qu’il lui avait demandé de s’arrêter pour un contrôle de routine.
Les chaînes diffusant les nouvelles sont passées sans transition à la diffusion des images d’un tireur qui fit des morts à Dallas . L’attentat de Nice prit le dessus avec des envoyés spéciaux pour laisser vite la place au coup d’état manqué de Turquie puis un autre tueur de policiers à Baton Rouge pour finir avec le buzz du discours de la femme de Donald Trump ayant plagié le discours de Michelle Obama lors de la convention des démocrates en 2008.
Pendant ce temps, les choses ne sont pas plus porteuses d’espérance en Haïti. La crise générée autour de Privert ne prend pas le chemin conduisant à la solution. L’assemblée Nationale constituée par les députés et les sénateurs a du mal à se constituer pour statuer sur le futur du président provisoire dont le mandat a pris fin depuis plus d’un mois.
Cela veut tout simplement dire que députés et sénateurs n’arrivent pas à constituer cette instance décisionnelle qui est l’assemblée nationale, la seule habilitée, par un accord raccordé à des préceptes constitutionnels, à décider du sort et du futur de l’exécutif.
Pendant ce temps au niveau de la gestion du pays il ne se passe rien.
Dans l’avion il n’y a toujours pas de pilote !
Ouf !
Après avoir été abasourdi par tout ça, on a le droit d’être déçu de l’espèce humaine sans que l’on soit diagnostiqué de dépressif chronique.
Dr Jonas Jolivert
Pour cette raison, ceux qui suivent mes activités comme Blogger à travers Haïti Recto Verso (http://www.haitirectoverso.blogspot.com), et plus récemment ceux qui visitent nos sites internet savent très bien que ses supports ne sont pas mis à jour pendant cette période.
Pourtant, généralement, cette période est souvent riche en événements intéressants sur le monde et sur Haïti qui se délite une crise après une autre.
Sur la crise haïtienne, j’avais pris la décision de ne pas me montrer très assidu dans mes écrits, dans la mesure où je ne dispose pas toujours d’éléments solides pour analyser et tirer des conclusions sur des phénomènes critiques qui se développent en dépit de tout bon sens et dans la plus incompréhensible des incohérences.
Je m’amusais avant, pendant mes vacances, à publier une colonne que j’avais intitulée « Choses vues et entendues aux États-Unis d’Amérique ». L’observation de ce que je pouvais considérer comme incongru ou hilarant m’avait inspiré dans ce sens.
En effet la presse américaine, comme toutes les presses en général semble fonctionner par scoops. A chaque voyage je suivais malgré moi, le cours de certaines actualités présentées comme des épisodes d’émissions de télé-réalité.
Je me rappelle ces images de la poursuite en direct et de l’arrestation de O J Simpson comme ces épisodes relatant le jugement de la femme qui avait amputé de sa bite, un certain Bobbit qui deviendra par la suite un acteur de pornographie.
Une année à Virginia Beach j’avais été émerveillé devant une boisson de couleur bleue ciel. En fait je trouvais amusant de demander au vendeur le nom du fruit qui était à l’origine de ce teint apaisant certes mais forcément peu agréable au palais malgré la notoriété et la popularité de la marque du produit.
Depuis quelques années, je trouve les faits d’actualité américaine moins marrants. Les scoops ont une texture plutôt macabre, une odeur désagréable de rétrocession et d’injustice sociales. Il est question de policiers blancs exécutant des citoyens noirs devenus des « african americans » et des individus traités comme suspects et dangereux juste sur la base de leur origine ethnique.
Souvent il est question d’émeutes et de protestations autour d’une décision de justice attendue et liée à un meurtre survenu dans le même contexte.
D’autres fois, l’actualité est dominée soit par un tireur embusqué semant la panique dans la population en ciblant des citoyens lambda quand celui-ci ne s’en prend pas à des policiers, a des élèves d’un établissement scolaire, a l’assistance d’une salle de cinéma ou des paroissiens d’une boîte ou d’une discothèque.
Comme citoyen haïtien résidant en dehors d’Haïti et des États-Unis, je m’efforce toujours à m’expliquer et me convaincre des raisons qui font que les haïtiens de la Diaspora américaine évoquent souvent l’insécurité en Haïti pour ne pas s’y rendre et contribuer à la vie du pays.
La force et la tournure des événements m’ont poussé dans les retranchements d’un repos du guerrier et mes vacances, je les fais rimer avec végétation !
Aujourd’hui encore grâce aux réseaux sociaux qui ont fait la fortune de leurs concepteurs, l’information vous tombe dessus avec la facilité et la fréquence d’un cheveu dans un bol de soupe. Et il faut beaucoup plus que la volonté de se couper du monde, pour prendre un vrai recul de cette actualité qui nous montre le niveau élevé de déshumanisation de ce monde dans lequel nous vivons.
J’ai vu comment ceux qui suivent la presse aux États-Unis ont été maintenus en alerte scoop après scoop. Ça a débuté par la présentation en boucle de deux policiers blancs tirant cinq fois sur un homme de race noire maîtrisé au sol pour passer très vite aux images très choquantes diffusées en direct sur Facebook d’un noir entrain d’agoniser au volant de sa voiture après avoir été abattu par un policier blanc qu’il lui avait demandé de s’arrêter pour un contrôle de routine.
Les chaînes diffusant les nouvelles sont passées sans transition à la diffusion des images d’un tireur qui fit des morts à Dallas . L’attentat de Nice prit le dessus avec des envoyés spéciaux pour laisser vite la place au coup d’état manqué de Turquie puis un autre tueur de policiers à Baton Rouge pour finir avec le buzz du discours de la femme de Donald Trump ayant plagié le discours de Michelle Obama lors de la convention des démocrates en 2008.
Pendant ce temps, les choses ne sont pas plus porteuses d’espérance en Haïti. La crise générée autour de Privert ne prend pas le chemin conduisant à la solution. L’assemblée Nationale constituée par les députés et les sénateurs a du mal à se constituer pour statuer sur le futur du président provisoire dont le mandat a pris fin depuis plus d’un mois.
Cela veut tout simplement dire que députés et sénateurs n’arrivent pas à constituer cette instance décisionnelle qui est l’assemblée nationale, la seule habilitée, par un accord raccordé à des préceptes constitutionnels, à décider du sort et du futur de l’exécutif.
Pendant ce temps au niveau de la gestion du pays il ne se passe rien.
Dans l’avion il n’y a toujours pas de pilote !
Ouf !
Après avoir été abasourdi par tout ça, on a le droit d’être déçu de l’espèce humaine sans que l’on soit diagnostiqué de dépressif chronique.
Dr Jonas Jolivert
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