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lundi 10 mars 2008

La presse sportive italienne avait publié la mort de Manno Sanon


Messaggio originale-----
Da: jonasjolivert@free.fr [mailto:jonasjolivert@free.fr]
Inviato: sabato 8 marzo 2008 17.33
A: Gazzetta PostaOggetto: GazzettaOnLine - Porto Franco

Nome e Cognome:Jonas JOLIVERT
Città: MUERTE DE EMMANUEL SANON

Bonjour;
Je suis haïtien et un fan de football et je vous
contacte pour vous informer de la mort d'un joueur de
football de nationalité haïtienne. Il s'appelle Emmanuel Sanon. Ce joueur,
avant centre de la sélection haïtienne de football avait discuté
un match de coupe du monde contre la sélection Italienne
à Munich en 1974, plus particulièrement le 15 Juin. Il
avait marqué un but contre Dino Zoff pour mettre fin
à une invincibilité vieille de 12 matchs internationaux joués sans
encaisser de but. Nous autres les haïtiens nous avons considéré
ce fait comme un exploit même si on avait fini
par perdre le match par trois buts à un. Je
ne sais pas si c'est important pour la presse sportive
italienne mais nous aussi nous avons beaucoup regretté la mort
de ce grand footballeur.
En vous remerciant

Docteur Jonas Jolivert
Marseille, France

Merci, mais nous avons publié la nouvelle sur la
Mort de Sanon le 26-2-2008, avant que tous les autres journaux

(f.li.) Se n' è andato nel sonno Emmanuel
Sanon che fece tremare l' Italia al Mondiale 74. È il 15 giugno, debutto contro Haiti. Gli azzurri non prendono gol da quasi 2 anni (12 partite, Zoff imbattuto per 1143' ) e non perdono da 15 gare. A inizio ripresa, però, rete degli sconosciuti caraibici: Sanon dribbla anche il portiere e diventa quel giorno eroe nazionale. Succede di tutto, compreso il «vaffa» di Chinaglia a Valcareggi: l' Italia vince 3-1, ma Germania 74 è segnata. Sanon si trasferisce poi negli Usa, dove fa anche il taxista. È morto nel sonno il 21 febbraio, in Florida, a 56 anni, sconfitto dalla lunga battaglia contro un tumore al pancreas. Il primo ministro ha deciso un minuto di silenzio per «Manno», l' uomo che «ad Haiti credono ancora abbia sconfitto l' Italia», come ha detto la radio di Port-au-Prince.

Merci
f.li.


vendredi 7 mars 2008

Du nouveau dans le football haïtien...Bravo Monsieur Préval

Le président de la République René Préval aurait, selon un membre de la Fédération haïtienne de football, pris la disposition d'accorder une pension viagère à tous les joueurs de la sélection nationale de football de 1974.
Les joueurs disparus bénéficieraient de ce privilège à titre posthume et ce sont les membres de leur proche famille qui en jouiraient.
Le gouvernement aurait pris aussi l'engagement d'accompagner les sélections nationales haïtiennes, dans les compétitions à venir, selon cette même source.
Un calendrier chargé attend plus de six sélections nationales de football qui doivent disputer les différentes compétitions internationales devant déboucher soit sur une phase finale de Coupe du Monde, soit sur une phase finale des Jeux Olympiques.
Pour cela un budget de cent quatre vint millions de gourdes a été préparé en vue de la Coupe du Monde sud africaine avec la sélection A, la Coupe du monde nigérianne en catégorie des moins de vingt ans, la Coupe du Monde égyptienne en catégorie de moins de dix-sept ans, la phase finale des Jeux Olympiques, la Coupe des Nations caribéennes et les éliminatoires de la Coupe du Monde féminine mais aussi une subvention aux clubs de première, deuxième et troisième division ainsi que le football féminin jusqu'en 2010.

Avec l'accompagnement promis par le gouvernement, la sélection nationale A commencera son travail foncier le 31 mars prochain sous la houlette de Wagneau Eloi.
Enock Néré

nenock@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55086&PubDate=2008-03-06
Commentaires:
Une excellente nouvelle si on se place dans la peau des joueurs qui se trouvent actuellement aux USA pour participer dans la phase finale des éliminatoires des jeux olympiques de Beijing l’été prochain. Les nouvelles décrivant les conditions de préparation des joueurs sont carrément invraisemblables.
Nous espérons une bonne gestion de ces fonds alloués au football.
HAITI RECTO VERSO Applaudit des deux mains et des deux pieds la décision de Président Préval d’accorder une pension aux joueurs de la Sélection "Toup pou yo".
Nous l’avions suggéré nous aussi dans notre rubrique ou nous nous posons des questions.Bravo et merci Preval.

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... Voilà ce que nous avions écrit ce matin (décalage horaire en notre faveur en france) dans notre rubrique "QUESTION" de HAITI RECTO VERSO:"Juste avant son départ de l’ancien premier ministre haïtien ayant assuré la transition après le départ de Jean Bertrand Aristide avait fait voté une loi lui octroyant une jolie petite pension comme ancien chef du gouvernement. On se rappelle encore le scandale des voitures Lexus destinées au résidant de Boca Raton. Pourquoi l’actuel gouvernement en fait pas voter une loi pour accorder une pension commode aux anciens joueurs de la sélection TOUP POU YO, pour services rendus à la nation ?(06/03/08) "

Que les non-fans de football nous pardonnent

Depuis quelques jours, HAITI RECTO VERSO conjugue le football au présent au passé et au futur, simple et composé. Toutes les nouvelles tournent autour de Emmanuel Manno Sanon, le goleador haïtien de la sélection finaliste de la coupe du monde de Munich de 1974. Celui qui avait mis de fort belle manière un point final au record de 12 match internationaux sans encaisser de but du portier italien Dino Zoff le 15 juin 1974.
Trop trop rare pour ne pas être signalé, retenu et divulgué. A travers la mort de Manno Sanon, une des plus belles pages de l’histoire d’Haïti a été déterrée et dépoussiérée sans doute au meilleur moment pour montrer que malgré notre pauvreté, malgré nos divisions, malgré les différences profondes qui ébrèchent notre société on avait pu atteindre le sommet dans une discipline sportive pour la gloire et le bonheur de tout un peuple.
Depuis 1974, cette génération avait disparu dans la mémoire collective. Ils s’appelaient Henry Francillon, Pierre Bayonne, Wilner Nazaire, Ernst Jean Joseph, Arsène Auguste Pelao, Jean Claude Désir, Philippe Vorbe, Claude Barthélemy, Guy François, Guy SainVil, Emmanuel Sanon. Menés tantôt par Antoine Tassy, tantôt par René Vertus, ils avaient construit une hégémonie incontestée dans la région.
Après un tournoi final ayant eu lieu à Port-au-Prince, Haïti allait gagner le droit de représenter la zone de la CONCACAF à Munich après avoir éliminé le Mexique, Le Guatemala, Trinidad et Tobago, les Antilles Néerlandaises.
La Dessalinienne entonnée dans une atmosphère indescriptible provoqua un déferlement de gouttes patriotiques qui perlèrent les visages de ces héros, possédés de l’âme de Toussaint et Capois Lamort, et tâchèrent le rouge et le noir couleurs et symbole de l’espoir de toute une nation.
Sur un plan purement sportif il faudra se rappeler que la sélection Haïtienne de 1974 avait tenu en échec pendant une mi-temps la sélection Italienne des Gigi Rivas, Dino Zoff, des Orlando Betega. Mieux encore en deuxième période Cette sélection allait rentrer dans l’histoire du football. Sur un dégagement de Wilner Nazaire, Philippe Vorbe allait adresser une passe lumineuse à Emmanuel Manno Sanon qui fonça tel un bolide battre le gardien Dino Zoff mettant fin à une période de douze matchs sans encaisser le moindre but.
Bref, après ce que nous considérons comme la plus grande prouesse jamais réalisée par des haïtiens après l’indépendance, ces joueurs s’immergèrent dans un anonymat poignant et injuste qui pour certains mimaient l’effacement et la disparition.
Hors mis certains joueurs comme Philippe Vorbe et Ernst Jean Joseph les haïtiens ne savent pas ce que sont devenus des joueurs comme Jean Claude Désir, Pierre Bayonne, Henri Francillon et les autres.
L’Hommage rendu à Manno Sanon au stade Silvio Cator restera dans les anales sportives du pays et sur la liste des réalisations de ce gouvernement décrié.

A mi chemin entre la génération JPP et l’attente de la rupture, le gouvernement de Preval a rendu justice en reconnaissant en deux occasions l’importance de ce groupe.
Entre admiration et recueillement je me suis replongé dans l’atmosphère de 1974. Les interventions de Philippe Vorbe et du président de la fédération haïtienne de football ont arraché tout ce qui avait de sensibilité et d’émotions en moi. J’ai pleuré comme le soir de la défaite de cette sélection face au Mexique un but à zéro. J’avais mal malgré la qualification pour la coupe du monde.
Trop rare pour ne pas en parler. Ce fut une grande première. Un gouvernement qui reconnaît la valeur des fils de ce pays c’est un gouvernement qui montre une voix différente et plus nette de celle du JPP ou du «lavalassement ».
Nous qui animons HAITI RECTO VERSO, nous cherchons à la loupe des motifs d’espoir que nous partageons avec toux ceux qui s’intéressent à ce pays , ce peuple et cette nation. Nous cherchons aussi à contaminer les hommes et les femmes de bonne volonté de ce virus qui nous habite nous façonne et nous inculque notre raison d’être et rehausse notre essence.
Aujourd’hui il s’agit d’un joueur de football demain ce sera hommage à tout un peuple qui aura pris conscience de sa force et de ces valeurs pour travailler main dans la main derrière un objectif commun qui reste et demeurera le développement d’Haïti pour léguer aux enfants de nos petits enfants un coin ou ils se sentent vraiment souverains, libres et heureux.
DL 08/03/08

FOOTBALL / FUNERAILLES NATIONALES / Ultime hommage à Emmanuel Sanon !

Par Marc-Kenson Joseph
jmarckenson@lematinhaiti.com
Dans une mosaïque d’uniformes scolaires, le stade Sylvio Cator a accueilli, ce mercredi 5 mars, environ huit mille personnes pour honorer la mémoire d’Emmanuel « Manno » Sanon, mort d’un cancer du pancréas, le 21 février dernier, à 56 ans.
Il fait 7 h au stade Sylvio Cator. Un dispositif de sécurité impressionnant, assuré par la garde présidentielle et les corps spécialisés de la Police nationale d’Haïti (PNH), s’observe aux environs du stade. La dépouille mortelle d’Emmanuel « Manno » Sanon est exposée au centre du terrain devant un stand qui rassemble sa famille, ses proches et ses coéquipiers de la fameuse sélection « Toup pou yo » de 1974. Aux quatre coins du stade, des portraits géants du premier buteur de l’histoire d’une sélection nationale haïtienne en phase finale de Coupe du monde s’exposent au regard des participants. Le décor est planté. Au fur et à mesure arrivent des membres des délégations des clubs de football, des sympathisants, des passionnés, des représentants et chefs de partis politiques, des représentants du Pouvoir judiciaire, d’autres du Législatif et d’autres encore de l’Exécutif. La grande majorité demeure les délégations d’élèves. Ces derniers caquètent chaque fois que l’on diffuse le morceau musical identifiant la Sélection de 74. Mais les yeux restent figés sur le centre du terrain. On passe devant le cercueil dans lequel repose la dépouille mortelle et on s’y arrête rien que pour quelques secondes.
Manno : « Le chevalier du football haïtien »Ce mercredi, on dirait que le stade revivait les exploits de Manno et qu’il s’agissait de son dernier match. À cor et à cri, on citait son nom ou on l’applaudissait. Même le président René Préval et le Premier ministre Jacques Édouard Alexis se mêlaient de la partie avec les hauts fonctionnaires de l’État.Philippe Vorbe, Jean-Claude Désir dit Tom Pouce et Ernst JeanJoseph, tous trois coéquipiers et joueurs préférés de Manno sur le plan local, ne peuvent contenir leurs larmes. « C’est quelque chose de spécial auquel on ne s’attendait pas vraiment », confie Vorbe, très ému par l’ampleur de cette cérémonie qui honore, a-t-il dit, toute la promotion des années 70. « C’est une partie de nous qui s’en va », a conclu l’ancien milieu de terrain de « Toup pou yo », qualifiant Manno de « chevalier du football haïtien ». Interviewé par le reporter du Matin, Tom Pouce a préféré insister sur les talents du plus grand attaquant de l’histoire du football haïtien. Pour Ernst Jean-Joseph, coéquipier du premier buteur de l’histoire d’une sélection nationale haïtienne en phase finale de Coupe du monde, dès qu’on évoque le nom de Manno Sanon, de grands souvenirs lui remontent.
L’immortelSelon Reynald Dévilmé, ancien coéquipier de Manno en sélection nationale et au Don Bosco de Pétion-Ville, celui-ci avait un rêve. Celui de voir Haïti participer à une autre Coupe du monde. Il a décrit Manno Sanon comme « un symbole pour la nation haïtienne, un homme simple et modeste ». Le président de la Fédération haïtienne de football (FHF) considère les funérailles nationales de Manno Sanon comme un « devoir de mémoire, un devoir de réparation » envers la Sélection de 1974. Yves « Dadou » Jean Bart, témoin de l’évolution du célèbre joueur en tant que chroniqueur sportif des années 70, a appelé les jeunes à suivre l’exemple de ce fils des quartiers populaires.
Dans cette lignée, le président du Don Bosco de Pétion-Ville a déclaré que le numéro « 10 », porté par l’emblématique joueur au sein du Don Bosco, ne sera plus porté au sein du Club, et a remis un maillot du club frappé de ce numéro fétiche, à la veuve du défunt, en signe de reconnaissance.
Le ministre de l’Éducation nationale voit également en Manno un modèle pour la jeunesse haïtienne. En ce sens, a annoncé Gabriel Bien-Aimé, le championnat interscolaire sera bientôt rebaptisé « Coupe Emmanuel Sanon ». Mannno a fait ses débuts dans le championnat interscolaire où il a été sacré champion dans la catégorie U-17. Le ministre Bien-Aimé a lancé un appel à l’unité. « Haïti est comme une équipe de football. Nous formons une équipe pour gagner le championnat contre la misère, contre l’analphabétisme », a-t-il martelé.
D’un autre côté, le ministre de la Jeunesse et des Sports et de l’Action civique, Fritz Bélizaire, a évoqué les performances d’Emmanuel Sanon dans le championnat scolaire, la Coupe Pradel, la Sélection nationale en tant que joueur mais aussi en tant qu’entraîneur. « Manno est parti pour l’autre monde, mais il ne mourra jamais dans l’esprit et le cœur des Haïtiens, car son nom constituera une référence pour les sportifs, toutes générations confondues. Les jeunes d’aujourd’hui et de demain doivent et devront prononcer son nom avec ferveur parce qu’il est la preuve de notre potentialité […] », a déclaré Fritz Bélizaire.
Le leader politique Evans Paul s’est ainsi exprimé au terme des funérailles : « Ce 5 mars est un jour important pour le foot haïtien, mais également pour l’image du pays. L’image de solidarité, particulièrement des jeunes de moins de 30 ans qui n’ont pas véritablement connu Manno. C’est le moment de reconnaissance des valeurs ».
La cérémonie prit fin aux environs de 10 heures, après la sonnerie aux morts jouée par un musicien de la fanfare du Palais national. Le cercueil a été porté jusqu’à la barrière sud du stade Sylvio Cator par les membres de la Sélection nationale « Toup pou yo ». le cadavre de Emmanuel « Manno » Sanon a été, quelques minutes plus tard, incinéré dans une entreprise funéraire de la capitale.jeudi 6 mars 2008
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=11619

jeudi 6 mars 2008

ADIEU MANNO

Plus de dix mille personnes debout pour la sonnerie au mort exécutée par la fanfare du Palais national, au moment où Philippe Vorbe et ses coéquipiers de la sélection de 1974 accompagnaient la dépouille vers le corbillard, Haïti a offert un dernier hommage, à l'un de ses plus dignes et récents héros de l'histoire, Emmanuel Sanon. Dix mois après avoir reçu le titre de « Commandeur » honneur suprême fait à quelqu'un en Haïti, Philippe Vorbe, Jean Claude Désir dit « Tom Pouce », Guy François, Marion Léandre, Wilner Piquant, Wilfrid Louis, Guy Saint-Vil, Ernst Jean Joseph, Gérard Bobby, Serge Ducoste se trouvaient réunis une nouvelle fois au Stade Sylvio Cator où ils ont inscrit quelques unes des plus belles pages de l'histoire du football haïtien en compagnie du disparu.

Jean Claude Désir "Tom Pouce", René Argélus, Philippe Vorbe, Raphael Pierre, Ernst Jean-Joseph, Eddy Antoine, Guy St-Vil, Pierre Bayonne, Mario Léandre, Wilfrid Louis, Evans Lescouflair, Emmanuel Sanon Jr, Jacques Deschamps Fils (ex-président du Don Bosco , ex-vice président du Violette et du Comité Provisoire de la FHF) et Guy François.

Devant la dépouille d'Emmanuel Sanon reposant dans un cercueil marron recouvert du drapeau national, le président de la République , René Garcia Préval, le Premier ministre, Jacques-Edouard Alexis suivi de son cabinet, les représentants des deux chambres, les délégations représentant la majeure partie des clubs de D1 et de D2, les élèves représentant la majeure partie des Lycées et de quelques collèges de la capitale ont défilé avec des mines de circonstance. Les uns, la mine contrite, d'autres avec une pointe d'étonnement devant lee visage de celui dont ils ont tant entendu parler, et quelques-uns un peu étonnés par le décor un peu surréaliste du stade cherchaient à savourer chaque minute du moment.

Selon des informations non confirmées par l'intéressé, c'est M. Evans Lescouflair qui avait la responsabilité de s'occuper de cet aspect. En fait, il a réalisé un décor digne de l'évènement, car le fait qu'Emmanuel Sanon soit, le 2e athlète Haïtien de toute l'histoire de ce pays à avoir des funérailles nationales laissaient une porte ouverte à un manque d'expérience dans ce domaine. Après Sylvio Cator, Emmanuel Sanon est ce 2e athlète à avoir les honneurs des funérailles nationales et il est le premier footballeur haïtien à être honoré de cette manière.

« Mèsi Prezidan Preval paske gras a rekonesans seleksyon 74 la te jwenn nan menw lane pase, Manno fèm konnen kel rive wè kèk jou anplis », passeur lors du but d'Emmanuel Sanon face à l'Italie en 1974, Philippe Vorbe, la voix émue, les yeux embués, souligne l'importance de cette reconnaissance nationale que les héros de Munich avaient reçu en mai 2007, après avoir défini le caractère de l'homme qu'on honorait pour une dernière fois, dix mois plus tard. La reconnaissance de mai, selon beaucoup, a été un acte méritoire du gouvernement Préval et il a servi à réconcilier ces héros frustrés d'avoir été bafoués, floués par des dirigeants sans scrupules et sans honte.

« La réparation doit continuer » a, pour sa part, déclaré, le Président de la Fédération Haïtienne de Football, M, Yves Dadou Jean Bart, avant de préciser en substance qu'il faudra accompagner le football national pour que le pays continue par ses résultats à honorer la mémoire de ce grand homme.
Pour souligner le départ de cet homme qui a marqué l'histoire du club « jaune et noir », un représentant du Don Bosco, a remis, la tunique flanquée du dossard 10, à Mme Sanon avant d'annoncer officiellement que plus jamais personne ne portera ce dossard au Don Bosco vu qu'il y restera comme un patrimoine d'Emmanuel Sanon.
Sanon est parti sans voir se concrétiser son rêve le plus cher, car selon son ancien condisciple au Lycée de Pétion-Ville, son ancien coéquipier au Don Bosco de Pétion-Ville et remplaçant en sélection nationale, Raynald Devilmé : « Emmanuel Sanon nourrissait un rêve, celui de voir une nouvelle sélection haïtienne senior représenter son pays dans une autre phase finale de Coupe du Monde ».
Sans parler, la mine grave, le président René Gracia Préval s'est contenté de se recueillir devant la dépouille de l'homme qu'il a contribué a réconcilier avec son peuple, sous les yeux d'Emmanuel Sanon Jr, Jean Marc Sanon, Sarah Sanon (l'un des fils d'Emmanuel Sanon, Steeve Sanon ayant eu un empêchement) et Mme Suzie Sanon qui ont suivi les dépouilles de leur père et mari au cours de ces funérailles nationales.
10h07 du matin, treize mille personnes debout, Philippe Vorbe accompagnés de ceux qui ont écrit l'épopée de 1974, se dirigent, au son de l'hymne au mort, vers la porte sud-ouest du Stade Sylvio Cator, portant la bière contenant le corps de leurs anciens coéquipiers en sélection, Emmanuel Sanon part définitivement vers sa dernière demeure. Dehors, les badauds s'accumulent de part et d'autres de la rue pour essayer de voir une dernière fois le corbillard contenant le cercueil de celui qui a motivé autant de déplacement, de l'homme qui par son coup de rein fantastique, sa pointe de vitesse phénoménale, son pied gauche magique a inscrit le nom d'Haïti en lettres d'or dans l'histoire de la Coupe du Monde. La foule est dense et il est difficile d'aller plus loin derrière cet homme qui marquera les esprits è jamais, alors il ne reste qu'à dire avec ce vieillard qui dit l'avoir vu jouer en 1971 : « Adieu Manno »
Enock Néré
nenock@yahoo.com


mercredi 5 mars 2008

VERONIQUE, IDENTIFIEE A LA CAUSE HAITIENNE..

Je me demandais avec raison pourquoi le club de football d’anvers le Beerschot ou a évolué Emmanuel Sanon pendant des années ne s’était pas manifesté pour le moindre geste de sympathie envers celui qui avait largement contribué a gagné en 1979 la coupe de Belgique. Je me disais qu’il était fort probable que ni les instances de la fédération haïtienne de football ni les proches de Timanno n’ait informé le Club belge du décès d’un de leur ancien joueur.
Ce matin, entre les nombreuses lignes regrettant le départ prématuré et vantant les mérites innombrables du goleador haïtien, la perla negra pour les mexicains, j’ai découvert avec joie ces quelques mots venant des supporters du Beerschot d’Anvers publiées dans les pages du journal haïtien Le Nouvellsite: (http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=54756&PubDate=2008-03-05)

« Pour "Manu" Sanon

Nous venons d'apprendre la mort d'un de nos héros de 1979, lorsque notre équipe Beerschot a gagné la Coupe de Belgique grâce à une superbe action de votre héros national Manno Sanon.
Nous sommes désolés qu'un homme si magnifique nous quitte déjà, après seulement 56 ans d'existence ...''Manno! on vous aime! Manno! on vous honore!''

Manno: Nous vous aimerons et nous nous souviendrons de vous à tout jamais!!!

Amitié au pays d'Haïti et condoléances pour la perte d'un grand sportif!

Au nom des supporteurs du Beerschot d'Anvers,

Bruno Daenen Anvers, Belgique »




Ces quelques mots, s’ils ont su m’insuffler une certaine fierté et surtout une grande sensation de justice et dans la logique du correctement correct, ils n’ont pas répondu à mes interrogations primaires sur la manière d’informer le club belge de la mort de Manno Sanon.
J’étais persuadé que l’information venait d’une source insoupçonnée.
Depuis le mois de novembre pour être précis, Haïti jouit de l’activité incessante et infatigable d’une lobbyiste acquise par l’intersection du hasard et de plusieurs faits les uns plus anodins que d’autres.
Elle s’appelle Véronique. Elle est institutrice. Elle aime les petites phrases pleines de sens, les petites formules à sens ouverts et multiples. Un jour, dans des circonstances très particulières, elle a lu « citoyen de toute âme qui pense, la vérité ma patrie ». En voulant comprendre la conception de cette nationalité partagée entre l’âme pensante et la vérité, elle suivit HAITI RECTO VERSO (
http://haitirectoverso.blogspot.com) ,le chemin de la bonne et fructueuse curiosité pour découvrir Haïti : le pays de Wyclef Jean, Léon Dimanche, Toussaint Louverture, Jean Mettellus, Frankétienne , le vaudou entre autres aspects.
Depuis elle s’est littéralement laissé happée par ce pays à la fois pathétique et mystérieux, particulier et aux dimensions universelles. Envoûtée par la clarté de son passé historique, les caractéristiques fortes de culture métissée, la créativité existentielle du citoyen commun mué en artiste, elle s’est sentie et laissée possédée par une nouvelle éclosion identitaire justifiant le besoin d’agir.
Depuis les moindres nouvelles émanant d’Haïti sont catapultées vers les médias, les associations et les acteurs de probables changement ou porteurs de solutions.
Dans cette logique, la nouvelle racontant cette nouvelle manie des haïtiens à se nourrir de galettes de boue, l’actualité de cette petite fille haïtienne souffrant d’un lymphome de Burkitt ont été renvoyées par ses soins à plusieurs agences et à des associations à thématiques concernées.
Aujourd’hui elle chante avec aisance « comme le vent mon cœur gémit » de Léon Dimanche ou « bel pasé bel » de Ansy Dérose. Elle s’est procuré le dernier Opus en date de Wyclef Jean. Elle écoute et apprécie l’émission de Bregard Anderson sur les ondes de Caraïbes FM. Elle est sur le point de recevoir le kit « Ti malice au Pays des lettres » , après avoir contacté la responsable Raphaelle Cardozo Baker.
Elle travaille sur un projet de correspondance entre les établissements scolaires haïtiens et français avec comme tête de pont en Haïti l’institution Chrétienne d’Haïti dirigée par Monsieur Jean Maret Joseph.
Ainsi en peu de temps Véronique s’est forgée une âme haïtienne presque natif-natale. Ressentant les joies et les peines qui touchent les haïtiens. Tout naturellement quand elle a eu connaissance de l’histoire de Manno Sanon elle n’ a pas hésité une minute pour informer la presse spécialisée d’Anvers et surtout le club de football le Beerschot.
Nous ne pouvons pas parier qu’elle ait été l’informatrice qui aurait déclenché ce geste de sympathie de la part du Club mais je demeure persuadé que c’est bien elle.
Modeste et réservée, elle n’ose pas s’avancer. Voilà sa réaction à ce sujet : « Très sincèrement comme disent les Belges, "je ne saurais dire"...j'ai envoyé au moins trois ou quatre mails à ce sujet..Province d'Anvers, Office du tourisme, journal... etc..enfin à toutes les adresses qui me tombaient sous la main et susceptibles de passer le message...un rédacteur a peut-être saisi l'info et établi le lien directement ..
Que j'y sois ou non pour quelque chose, l'essentiel est qu'ils aient eu cette info et ce message est un beau message..suis très contente pour lui et toute sa famille, toute sa grande famille.....pour Haïti ! Je savais qu'il le méritait...! »VC
Avec des amis comme Véronique, la cause haïtienne sera mieux représentée et appréhendée.
Haïti vous salue et vous remercie Véronique

Haïti : Funérailles nationales à Emmanuel Sanon, ancienne gloire du football

Mercredi 5 mars 2008
P-au-P, 05 Mars 08 [AlterPresse] --- Les funérailles nationales d’Emmanuel ‘Manno’ Sanon (25 juin 1951 – 21 février 2008) ont été chantées, ce 5 mars 2008, au Stade national Sylvio Cator à Port-au-Prince devant un parterre de grands commis de l’Etat, d’anciens coéquipiers, membres de la famille du défunt ainsi q’une foule d’admirateurs.
Le stade Sylvio Cator était décoré de photos géantes de Manno. Plusieurs délégations de footballeurs haïtiens, des joueurs de différentes sélections nationales (senior, junior et cadet) portaient des t-shirt à l’effigie de Sanon.
Emmanuel Sanon, l’homme qui a marqué lors de la Coupe du monde de football de 1974 contre l’Italie de Dino Zoff, n’a pas pu gagner son dernier match contre la mort, déplore le président du Don Bosco de Pétion-Ville, un club haïtien de première division au sein duquel Manno Sanon a révélé son talent.
En signe de reconnaissance, le maillot numéro 10 du Don Bosco a été remis à la veuve de Manno Sanon. Un geste que la Fédération haïtienne de football (Fhf) aurait pu faire si la Fédération internationale de football (Fifa) ne l’interdisait pas.
« Personne au Don Bosco ne portera jamais plus ce dossard », promet-il.
Très ému, Philippe Vorbe, ancien coéquipier d’Emmanuel Sanon, s’est félicité de l’esprit d’unité qui animait la sélection haïtienne de 1974 qui a joué la Coupe du monde en Allemagne. « C’est une partie de nous qui s’en va », affirme Vorbe qui salue la décision du gouvernement haïtien d’offrir des funérailles nationales à l’ancien buteur du onze national des années 1970.
Vorbe présente Manno Sanon comme un « grand serviteur du football » haïtien.
Le rêve de Manno Sanon c’était de voir Haïti dans une autre Coupe du monde, selon un autre joueur, qui fait office de porte-parole de l’équipe de 1974. Il décrit Manno Sanon comme « un symbole pour la nation haïtienne, un homme simple et modeste ».
Malheureusement, Emmanuel Sanon, qui a entraîné la sélection nationale en 1999, n’a pas pu concrétiser ce rêve. Il s’est éteint le 21 février 2008 des suites d’un cancer du pancréas à l’âge de 56 ans.
Le président de la Fhf, le docteur Yves ‘Dadou’ Jean-Bart, a rappelé les situations dans lesquelles évoluait Manno Sanon, fils de quartier populaire. Témoin de l’évolution du célèbre joueur en tant que chroniqueur sportif dans les années 70, Yves Jean-Bart invite les jeunes haïtiens à suivre l’exemple de « Manno Sanon [qui] a bien rempli son devoir envers Haïti ».
Le ministre de l’éducation nationale, Gabriel Bien-Aimé a, voit également en Manno Sanon un modèle pour la jeunesse haïtienne. Il annonce que le championnat interscolaire sera bientôt rebaptisé « Coupe Emmanuel Sanon », en mémoire de celui qui est considéré comme le plus grand footballeur haïtien de tous les temps.
« Je voudrais lancer un appel à l’unité. Haïti est comme une équipe de football. Nous formons une équipe pour gagner le championnat contre la misère, contre l’analphabétisme », ajoute Gabriel Bien-Aimé.
Pour sa part, le ministre de la jeunesse et des sports, Fritz Bélizaire, a mis l’accent sur la virtuosité de cet athlète, qui « est parti pour l’autre monde, mais (qui) ne mourra jamais dans l’esprit et le cœur des Haïtiens. Il est la preuve de notre potentialité », soutient Fritz Bélizaire.
La cérémonie funèbre s’est déroulée en présence du président de la République René Préval et du premier ministre Jacques Edouard Alexis. Un important dispositif de sécurité a été déployé aux abords du Stade national Sylvio Cator.
Après les discours officiels, le Fanfare du Palais national a exécuté la sonnerie aux morts, qui a été suivie des honneurs funèbres jusqu’à la sortie du cercueil.
Outre la musique de circonstance diffusée par les haut-parleurs du Stade, la chanson « Time to say Goodbye » du ténor italien Andrea Bochelli a été également entonnée. [do gp apr 05/04/2008 10 :50]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7009

Funérailles nationales pour une ancienne gloire du footballHaïti-Football : Début des cérémonies hommage à Emmanuel Sanon

mercredi 5 mars 2008
P-au-P, 05 mars 08 [AlterPresse] --- Un cercueil contenant le corps du corps du défunt Emmanuel (Manno) Sanon exposé au centre du terrain du principal stade national de football Sylvio Cator (à l’entrée sud de la capitale), plusieurs photos géantes de Manno Sanon, défilé d’écolières et d’écoliers, d’anciens coéquipiers du défunt pendant la coupe du monde de football 1974, dont l’ancien gardien de but Wilner Piquant sur chaise roulante après un accident cérébro-vasculaire, de nombreuses personnes revêtues de maillots portant l’effigie de Manno Sanon, de la musique de circonstance diffusée par les haut-parleurs du Stade Sylvio Cator, présence de nombreuses délégations sportives notamment du monde du football, plusieurs officiels du gouvernement, sans oublier les parents et amis de Manno Sanon ainsi que l’équipe du Club Don Bosco de Pétionville où Sanon a évolué avant d’intégrer les rangs d’un club belge Bershoot d’Anvers en 1974, journalistes, dont photographes et cameramen enregistrant les images : c’est en gros le décor en début de matinée du 5 mars 2008, vers 7 :00 locales (12 :00 gmt) à l’occasion des funérailles nationales de l’ancienne gloire du football national, Emmanuel Sanon, observe l’agence en ligne AlterPresse.
La télévision nationale d’Haïti (Tnh) retransmet en direct les images de la cérémonie hommage à Emmanuel Sanon, au cours de laquelle l’émotion est vive jusqu’à présent parmi l’assistance qui s’est déplacée au Stade Sylvio Cator.
Aux abords du principal stade national de football, ce matin 5 mars 2008, un cordon de sécurité est mis en place par la police nationale d’Haïti (Pnh), et la circulation automobile est interdite à proximité du stade, constate l’agence en ligne AlterPresse.
Le monde du football en Haïti estime que la trajectoire du défunt Emmanuel Sanon, depuis le lycée en passant par le Club Don Bosco de Pétionville, la sélection nationale de football, les clubs de football étranger, pour aboutir à sa carrière d’entraîneur, dont de la sélection nationale d’Haïti, mérite d’être signalée comme modèle aux jeunes.
Un premier hommage a été rendu à Emmanuel Sanon le samedi 1er mars lors de funérailles organisées par la famille du défunt à Orlando (Etats-Unis d’Amérique), où Emmanuel Sanon est décédé le jeudi 21 février à 6 :59 à l’âge de 56 ans des suites d’un cancer du pancréas.
En convalescence depuis quelque temps, le héros du football haïtien s’est éteint à Orlando, où il vivait depuis de nombreuses années avec toute sa famille. Sanon naquit à Port-au-Prince le 25 juin 1951.
Selon les informations disponibles, le corps du défunt Emmanuel Sanon sera incinéré.
L’histoire retiendra ses deux buts marqués pour la seule participation d’Haïti à date à la coupe du monde de football en 1974 : le premier, le plus célèbre, le 15 juin 1974 contre le gardien de but italien Dino Zoff invincible depuis plusieurs matches à l’époque ; l’autre contre la sélection nationale d’Argentine, dans le cadre du dernier match de poule d’Haïti à ladite coupe du monde.
En 2007, le gouvernement du président René Garcia Préval et du Premier ministre Jacques Edouard Alexis a reçu au Palais national les anciennes gloires de la coupe du monde de 1974, dont Emmanuel Sanon la mine abattue en la circonstance à cause de la maladie. [rc apr 05/03/2008 7 :30]

Hommage des supporters du Beerschot d’Anvers a Emmanuel Sanon

Pour "Manu" Sanon
Nous venons d'apprendre la mort d'un de nos héros de 1979, lorsque notre équipe Beerschot a gagné la Coupe de Belgique grâce à une superbe action de votre héros national Manno Sanon.
Nous sommes désolés qu'un homme si magnifique nous quitte déjà, après seulement 56 ans d'existence ...
''Manno! on vous aime! Manno! on vous honore!''
Manno: Nous vous aimerons et nous nous souviendrons de vous à tout jamais!!!
Amitié au pays d'Haïti et condoléances pour la perte d'un grand sportif!
Au nom des supporteurs du Beerschot d'Anvers,
Bruno DaenenAnvers,
Belgique
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=54756&PubDate=2008-03-05

Histoire d'une photo historique ... 15 Juin 1974: But d'Emmanuel Sanon contre Dino Zoff..Portier de la Squadra azzurra

Juin 1974, Dominique Frank Simon, reporter photographe et envoyé spécial du Nouvelliste en Allemagne pour la Coupe du Monde fut le seul avec son objectif derrière les buts de Dino Zoff. Il raconte.


Raphael Féquière : Avant toute chose, comment accueillez-vous le départ d'Emmanuel Sanon?
DFS: Ayant fait l'expérience de la mort de proches, mes premières pensées ont été vers son épouse et ses enfants qui font l'expérience du désarroi, du vide mais aussi de l'espoir de revoir Manno dans sa béatitude de la vie éternelle.


RF : - Etais-tu vraiment le seul photographe derrière les buts de Zoff ?
DFS : - Ce 15 juin 74, étais-je le seul à croire au miracle, je l'ignore mais je me suis retrouvé sur la gauche de Dino Zoff seul tandis que qu'Henri Francillon avait une meute de téléobjectifs, de zoom et d'appareils photos à moteur derrière lui.


RF : - Après le but, espèrais-tu réaliser un autre cliché du même genre ?
DFS : - Techniquement, je ne savais pas si la photo du but avait été réalisée. Une fois, la certitude d'avoir vu le ballon dans les filets de Zoff, sans même me retourner vers le premier arbitre, je me souviens avoir déposé ou laissé tomber mon appareil sur la pelouse de l'Olympia Stadium de Munich et ma joie s'est manifestée au niveau de mes reins, à l'haïtienne. Quand je me suis rappelé que j'étais photographe, j'ai consulté le compteur de ma caméra qui affichait la dernière pause, je ne pouvais pas savoir si la séquence du but avait été photographiée. J'ai donc vécu la fin de la rencontre dans l'appréhension d'avoir manqué ce moment important de la sélection haïtienne.


RF : - Cette photo a fait le tour du monde, racontez-nous ?
DFS : - Je ne suis pas directement responsable de la circulation de la photo qui a été vendue à une agence de presse après la conférence de presse des entraîneurs.


RF : - On raconte qu'avec le coût des frais des droits d'exploitation de cette photo, vous avez pu prolonger tes vacances en Allemagne ...?
DFS : - Cette photo m'a ouvert les portes de l'agence de presse qui m'a gardé jusqu'en fin de championnat, bénéficiant ainsi de ma carte d'accréditation de reporter. Il était de même pour un ami zaïrois. Nous avons eu, les deux, une offre d'emploi en Allemagne que cet ami avait acceptée et que moi j'avais déclinée.Ai-je eu tort ? Mon camarade zaïrois est mort comme reporter sur le front au Biafra quelques années plus tard. Ceci dit, j'ai pu grâce aux prestations reçues prolonger mon séjour en Allemagne, visiter la Belgique et la France.

RF : - Cette photo n'a pas été saisie sur une pellicule couleur, pourquoi ?
DFS : - Les photos de sport demandent des films de haute sensibilité. En 1974, seule la société GAF produisait une diapositive couleur de 1000 ASA. L'autre raison était que Le Nouvelliste s'imprimait strictement en noir et blanc. Pour mes confrères, je me rappelle que le film TX 400 avait été poussée à 1600, la vitesse était de 1 sur 500 pour une ouverture de 5.6.

Propos recueillis par Raphael Féquière

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=54876&PubDate=2008-03-05

Messe, veillée et funérailles nationales

La nef de la première église baptiste d'Orlando accueillait samedi le cercueil du célèbre footballeur drapé des couleurs nationales où un service funéraire simple a été conduit par des pasteurs haïtiens devant les parents du défunt, des officiels du gouvernement venus d'Haïti dont le ministre des Sports, M. Fritz Bélizaire, des représentants des consulats d'Haïti de Miami et d'Orlando et des officiels de cette ville de la Floride (USA) ainsi qu'une délégation de la Fédération Haïtienne de Football (Julio Cadet et Pierre André Mirville) et des compagnons de la sélection nationale de 1974.

Le corps d'Emmanuel Sanon a été rapatrié, ce mardi 4 mars à Port-au-Prince où les funérailles nationales de l'illustre attaquant seront chantées le mercredi 5 mars au stade Sylvio Cator.
Lundi soir, en l'Eglise Ste Thérèse de Pétionville, la Ligue de Football de Pétionville avait fait chanter une messe en mémoire de l'illustre disparu. Plusieurs sportifs ét des amis de la famille du défunt étaient présents sauf les élus de Pétionville et les représentants de l'Etat dans cette commune qui n'ont pas daigné répondre à l'invitation à cette messe.
Ouverture d'un registre de condoléances (mardi entre 5 h et 9 h pm) au siège de la Fération Haïtienne de Football et veillée funèbre, le même soir dans "les jardins" du stade Sylvio Cator.Sur les antennes, un spot invitant le public à rendre un dernier hommage à Manno Sanon mercredi matin est diffusé toute la journée du mardi 4 mars.

Raphael Féquière
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55039&PubDate=2008-03-05

Sanon dans tous les souvenirs

Après le décès du premier buteur de l'histoire d'une sélection nationale haïtienne en phase finale de Coupe du monde, souvenirs et témoignages de joueurs et de sportifs.
Où étiez-vous lorsqu'Emmanuel Sanon a marqué le but d'Haïti en 1974 contre l'Italie ?


John Chéry
J'étais en Belgique d'où je suivais la Coupe du Monde. C'est d'ailleurs là-bas que je ferai la connaissance d'Emmanuel Sanon lorsqu'il a été engagé par le Bershoot d'Anvers un mois après la Coupe du Monde 1974.

Patrice Dumont
J'étais chez Géraldy Mathurin, un ami qui habitait à la 2e ruelle Jérémie. A l'époque, j'habitais la rue Geffrard mais j'avais besoin de retrouver des amis pour suivre le match entre amis et connaisseurs.
Je pense que le peuple haïtien va trouver dans ses funérailles nationales un moment de communion avec lui-même et avec tous les peuples du monde. Emmanuel Sanon a eu une envergure nationale et internationale, c'est normal que ses funérailles aient une telle envergure.
En terme de talent pur un Eliphène Cadet pourrait le rapprocher mais le mental d'Eliphène est bien en dessous de celui d'Emmanuel Sanon.
Il faut espérer qu'avec la mort d'Emmanuel Sanon ne meurt pas la race des grands buteurs haïtiens de l'histoire.
Pilou Rouzier ; J'étais chez moi devant la télévision à Bois Morquette à Pétion-Ville. Je n'étais pas seul et il y avait au moins vingt-cinq assistants qui suivaient la rencontre en ma compagnie. Je me souviens avoir fait un boucan d'enfer pour soutenir mon équipe.

Jacques Deschamps Fils
Je me trouvais devant le petit écran chez mon oncle Willy Frisch après avoir présenté une émission spéciale sur Radio Haiti Inter sur le début d'Haiti en phase finale d'une Coupe du monde et je n'oublierai jamais l'explosion de joie qui a suivi son but car de Laboule nous pouvions entendre l'explosion qui montait de Port-au-Prince et j'ai encore les frissons en regardant ou en pensant à ce but Historique gravé à tout jamais dans ma mémoire et la passe de Philippe Vorbe au milimètre à Manno suite au dégagement de la tête du Capitaine Wilner Nazaire était aussi belle que le but et la réaction du banc haitien mais aussi la déception suite à la réaction immédiate des italiens.
Raphael Féquière
J'étais technicien de mise en ondes à Radio Métropole, et j'assurais sur la console la retransmission du match Haïti-Italie. Manno est parti trop tôt, à mon avis. Après avoir marqué l'histoire du football haïtien sur le terrain, je pense que ce célèbre footballeur pouvait encore servir ce sport à d'autres niveaux dans son propre pays.
Comment avez-vous accueilli la nouvelle de sa mort ?
Jacques Deschamps Fils
Je l'ai apprise avec beaucoup de tristesse car j'appréciais autant le joueur que l'homme et j'ai eu une pensée spéciale pour son épouse, ses enfants, sa famille et bien sûr, tous ses anciens coéquipiers de l'épopée de 74, ceux du Don Bosco de Pétion-Ville, le Père Djeebels et sur le champ j'ai appelé Philippe Vorbe.
Un monument du football et du sport haïtien nous a quittés et son nom restera à jamais gravé dans les annales mondiales et du football haïtien avec ses deux buts inscrits en phase finale de coupe du monde.
Sanon a cravaché comme il se devait pour s'imposer en pro au Beerschot d'Anvers où son adaptation ne fut pas facile tant sur le terrain que dans sa nouvelle vie de tous les jours quittant sa famille, ses amis, le soleil d'Haïti, ses habitudes alimentaires pour se trouver dans le froid la grisaille quasi quotidienne ou pluvieuse d'Anvers, chose dont il me parlait souvent à l'époque, mais il eut le soutien de son épouse, de l'entraîneur Rick Coppens mais la présence de sa femme Suzie à ses côtés fut déterminante car sans elle, il aurait probablement jeté l'éponge mais il fit preuve de grand courage lors de cette période très difficile pour lui. Je ne l'oublierai jamais.

Raynald Devilmé
« J ai perdu un compagnon de combat. Au Don Bosco et en sélection junior, il était à gauche et moi à droite. J'étais son remplaçant en sélection nationale, sauf en Colombie où l'on a joué ensemble. C' est toute une partie de ma vie footballistique qui est partie.
Jacques Laurent
« Je suis peiné jusqu'au fond, ce que je regrette c'est qu'il avait beaucoup de projets, il était reconnaissant envers tous ceux qui lui avaient fait du bien, il voulait particulièrement mettre sur pied des projets pour le manifester à sa manière mais il est parti trop tôt ».

John Chéry
J'ai accueilli la nouvelle de son départ avec le sentiment et un gout d'inachevé chez lui car Emmanuel Sanon avait deux rêves qu'il n'a pas eu le temps de concrétiser : Il souhaitait mettre en place une structure qui offre un aller mieux aux jeunes footballeurs mais aussi un aller mieux pour le football haïtien en général et cela il n'a pas eu le temps de le faire. Il a été très déçu et est reste traumatisé par les promesses non tenues de la part des autorités gouvernementales.
Il était méfiant à l'égard de toutes les promesses et ce n'est qu'après son passage à la tête de la sélection, il y a dix ans, et surtout en mai 2007 qu'il s'est définitivement réconcilié avec le football haïtien. Emmanuel Sanon n'avait pas peur de mourir mais je crois qu'il est parti trop tôt.

Dominique Frank Simon
Ayant fait l'expérience de la mort de proches, mes premières pensées ont été vers son épouse et ses enfants qui font l'expérience du désarroi, du vide mais aussi de l'espoir de revoir Manno dans sa béatitude de la vie éternelle.

Pierre Emile « Pilou » Rouzier
J'ai accueilli la nouvelle de son départ avec une énorme tristesse, car je me dis qu'un homme comme lui devait durer le plus de temps que possible pour que sa vie serve d'exemple aux plus jeunes. C'est triste de le voir partir déjà ravissant sans le vouloir cet exemple vivant aux plus jeunes.
Aucun joueur haïtien d'aujourd'hui n'a la pointe de vitesse d'Emmanuel Sanon, son dévouement et sa vista. Il était atypique capable de porter le danger dans l'axe comme en passant par les ailes. Non personne.

Patrice Dumont
Comme une réalité de la vie qui me pousse cependant à me pencher sur le passé du grand footballeur qu'il a été et à tout ce qu'il a réalisé. On sait que la mort est inéluctable mais elle laisse toujours des regrets.

Martial Jean Louis
Cela m'a beaucoup frappé même si je sentais qu'avec sa maladie l'échéance n'était pas trop loin. Emmanuel Sanon m'avait tant marqué que même s'il était mort plusieurs années après, cela m'aurait marqué, car depuis 70 la majeure partie des gens qui se rendaient au stade pour regarder jouer le Don Bosco ne le faisait en réalité que pour pouvoir regarder Emmanuel Sanon après qu'il eut conduit le Don Bosco à la victoire 3-1 face au Racing Club Haïtien.

Max Chauvet
Nous sommes tous de passage, mais j'ai accueilli la nouvelle comme un fait qui annonce le début de la fin d'une épopée, car ce que l'équipe de 74 avait représenté pour nous depuis la Concacaf de 1973 jusqu'à la Coupe du Monde de 1974, restait une épopée. La nouvelle de sa mort me rappelle que c'est le début de la fin vu que ce sont les acteurs de cette épopée qui sont en train de nous laisser.

Philippe Vorbe

Je dois dire qu'Emmanuel Sanon a été un compagnon, un coéquipier et un joueur pour lequel j'éprouvais un grand respect. La nouvelle de sa mort m'a donc profondément touché.
Emmanuel Sanon est un exemple qu'il faut proposer aux jeunes de la génération d'aujourd'hui. C'est quelqu'un qui a été chez les Frères Salésiens d'abord avant d'intégrer le Lycée de Pétion-ville et qui est parvenu à réaliser ce qu'il a réalisé.Des funérailles nationales à la mémoire d'Emmanuel Sanon, c'est une bonne chose . Cela représente quelque chose d'énorme qui doit se faire et qui est la marque de respect qu'on a envers un grand homme.

Propos recueillis par Enock Néré et Raphael Féquière

Pour rendre hommage à Manno Sanon

Manno Sanon était l'attaquant vedette de l'équipe nationale de football qui a fait honneur à notre pays, qui a fait le bonheur et la fierté de tous les Haïtiens, à l'occasion de la Coupe du Monde de Football organisée en Allemagne en 1974.
Le nom de Manno Sanon est inscrit en lettres d'or dans les annales du football mondial et dans le coeur de chaque Haïtien.
Manno Sanon est décédé des suites d'un cancer le 21 février 2008, à Orlando en Floride, où il résidait depuis quelques années.
Il s'agit, ce mercredi 5 mars 2008, de lui rendre un hommage national, d'organiser des funérailles dignes de cet athlète émérite, de ce valeureux fils de la terre d'Haïti.
Une première cérémonie religieuse a été organisée le samedi 1er mars 2008 à Orlando. Le Gouvernement de la Républiquea a été représenté par l'Ingénieur Fritz Bélizaire, Ministre à la Jeunesse, aux Sports et à l'Action Civique. Monsieur Julio Cadet, Vice-Président de la FHF et Président de la Commission des Sélections, Monsieur Pierre-André Mirville, Membre du Comité Exécutif de la FHF ont représenté la famille haïtienne du football.
La dépouille mortelle a été transférée le mardi 4 mars 2008 à Port-au-Prince où elle est prise en charge par les Entreprises Funéraires Pax Villa.
Une messe de requiem a été chantée à l'Eglise Ste Thérèse de Pétion Ville, le lundi 3 mars à 5 heures 45 P.M à l'initiative du Don Bosco de Pétion Ville, club au sein duquel Manno SANON a évolué.
Dans la soirée du mardi 4 mars, se tient une veillée funébre dans les jardins de la Fédération Haïtienne de Football, occasion de recueillement, d'échanges de souvenirs et d'exaltation de la mémoire du héros de Munich. Un premier registre de condoléances est ouvert ce mardi au siège de la Fédération Haïtienne de Football, au numéro 128 de l'Avenue Christophe à Port-au-Prince pour recueillir l'expression de l'affection et de la reconnaissance du peuple haïtien envers son idole.
Le mercredi 5 mars, des funérailles officielles seront célébrées au Stade Sylvio Cator à Port-au-Prince. La Présidence de la République et l'ensemble du Gouvernement, tous les pouvoirs publics, la grande famille haïtienne du football (Clubs, FHF et ses Commissions, le corps arbitral, la LINAF , le football féminin, toutes les sélections Nationales, les entraîneurs, les joueurs retraités ou actifs, les athlètes des autres disciplines sportives etc.), les sportifs en général et toute la population se mobiliseront pour rendre un dernier hommage qui corresponde aux mérites et à l'envergure de l'être exceptionnel, du héros national que fut Emmanuel Sanon, auteur avec ses coéquipiers de la vaillante et valeureuse Sélection Nationale de 1974, du plus haut fait sportif de l'histoire de notre nation, après la performance de l'athlète Sylvio Cator.
Tous ensemble au Stade Sylvio Cator et aux autres rendez-vous pris avec Manno SANON pour lui manifester notre admiration et notre reconnaissance.
Fédération haïtienne de Football http://www.lenouvelliste.com/article.phpPubID=1&ArticleID=55029&PubDate=2008-03-05

Le but de Sanon raconté par Sanon.. HAITI vs ITALIE ...Juin 1974

"Abandonnant leur système de contre-attaque, les Italiens n'avaient pas hésité à nous attaquer avec quatre ou cinq joueurs, ce qui démontrait clairement que l'entraineur Valcareghi faisait peu cas de l'attaque haïtienne qui, à son avis, n'était pas en mesure d'inquiéter la défense de son équipe. Isolé à la pointe de l'attaque et recevant peu de passes de mes coéquipiers, j'avais à peine tenté deux ou trois percées désespérées qui étaient vouées à l'échec.
Je constatais impuissant les efforts de la défense haïtienne qui essayait de juguler la vague offensive des Italiens. Jean Joseph déployait toute la panoplie de ses qualités techniques pour calmer le jeu dans la zone, Wilner Nazaire utilisait tout son potentiel physique pour s'opposer à la puissance athlétique de ses adversaires. Sur l'aile, Bayonne et Pelao essayaient de colmater les brèches et Henry Francillon en état de grâce, réalisait des sorties extraordinaires et des plongeons acrobatiques afin d'empêcher le ballon de pénétrer dans les buts. Tom Pouce et Philippe Vorbe au milieu du terrain s'ingéniaient à temporiser le jeu. La première mi-temps s'acheva sur le score de 0-O. L'Italie débuta la 2eme mi-temps avec plus d'agressivité, visiblement vexée d'avoir été tenue en échec. Une passe de Chinaglia pour Rivera qui glisse le ballon pour Bonetti. Fachetti très avancé reçoit le ballon et sollicite Riva. Wilner Nazaire bien placé dévie le ballon de la tête vers Philippe Vorbe qui contrôle le ballon et d'une frappe sèche catapulte le ballon dans ma direction. Spinosi, le seul défenseur qui s'interposa entre moi et Dino Zoff, eut un moment d'hésitation pour me marquer ou essayer d'intercepter le ballon.
Je profitai de ce moment et comme une gazelle, j'entamai ma course. Surpris par mon accélération soudaine qui l'avait laissé derrière moi, Spinosi essaya de me retenir en s'agrippant à mon maillot. D'un coup de coude, je dégageai sa main et balle au pied, je me présente dans la surface de réparation face à Dino Zoff et au destin. Réalisant que le portier italien était sorti de sa cage pou diminuer l'angle de tir. Ce mouvement aurait pu me forcer à shooter, mais j'étais maître de moi-même, les réflexes sous contrôle. En l'espace d'une seconde, j'ai revu mes duels contre les gardiens du stade Sylvio Cator. J'avais marqué tant de buts dans une position pareille. Comme un serpent hypnotisant sa proie, je fixais Dino Zoff dont le visage traduisait une frayeur certaine. Je feintai Ie tir, Zoff plongea dans la direction où il croyait pouvoir intercepter le ballon. En état d'apesanteur, mon corps s'incurva en un mouvement pendulaire de droite à gauche et de mon pied gauche, j'ai exécuté un crochet sec qui laissa mon vis-à-vis comme un pantin désarticulé, sa main droite labourant le sol. Dans un ultime effort, Zoff essaya de me déséquilibrer en retenant mon pied droit, mais j'avais déjà glissé le ballon dans les filets. Un but à la Manno Sanon que j'avais réalisé tant de fois, mais qui, cette fois, avait une saveur particulière car il consacrait l'effort non seulement d'une équipe, mais aussi d'un peuple, le peuple haïtïen qui à ce moment vibrait avec moi".
Extrait de l'ouvrage « Toup Pou Yo » de Manno Sanon paru en 1997

Rapatriement des restes de Manno Sanon

Les gloires expatriées de 1974 de retour en Haïti pour des adieux pathétiques au célèbre attaquant, objet de différents hommages avant ses funérailles nationales
mardi 4 mars 2008,

Radio Kiskeya

Après une émouvante cérémonie funèbre organisée samedi en Floride, Haïti accueillait mardi la dépouille de son ancienne idole Emmanuel "Manno" Sanon pour des funérailles nationales prévues mercredi au stade Sylvio Cator.
Le corps est arrivé à la mi-journée en compagnie de l’épouse et des quatre enfants de l’illustre disparu sur un vol d’American Airlines en provenance d’Orlando.

Les dirigeants de la Fédération haïtienne de football et les joueurs de la glorieuse équipe de 1974, rentrés pour la plupart lundi à Port-au-Prince - de même que Philippe Vorbe et Serge Ducoste qui vivent en Haïti- étaient notamment présents à l’aéroport international Toussaint Louverture.
Jean-Claude Désir dit "Tom Pouce", autre figure de proue de l’âge d’or du football, est aussi arrivé dans la journée.
La première partie des obsèques du plus célèbre joueur haïtien s’était tenue à la première église baptiste d’Orlando en présence de sa famille, du ministre des sports, Fritz Bélizaire, de plusieurs anciennes gloires de l’équipe de rêve des années 70 et de nombreux fans.
Lundi, Wilner Piquant, en fauteuil roulant depuis un accident cérébrovasculaire dont il a été victime, Pierre Bayonne, Guy François, Eddy Antoine, Wilfrid Louis, Fritz André Plantin, tous d’anciens mondialistes, avaient précédé l’arrivée des restes de leur "frère" Manno Sanon. Déjà présents à la première partie des funérailles à Orlando, ils ne pouvaient dissimuler leur désarroi et leur profonde tristesse devant la disparition de celui qu’ils admiraient tant.
En vue de rendre au goleador national, un ultime hommage sous le signe d’une participation plurielle, le ministère de la jeunesse et des sports a invité les directeurs d’écoles publiques et non publiques de la capitale haïtienne à envoyer en uniforme des délégations d’élèves de rhéto et de philo aux funérailles.
D’autre part, une veillée patriotique devait réunir mardi soir la grande famille du ballon rond au siège de la Fédération haïtienne de football.
Ancien buteur magique du onze national et auteur de deux réalisations au Mondial 74 en Allemagne, Emmanuel "Manno" Sanon est décédé le 21 février dernier aux Etats-Unis à l’âge de 56 ans. Il était atteint d’un cancer du pancréas. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4762

dimanche 2 mars 2008

Mort de Manno Sanon ou fin d'une époque

Emmanuel Sanon dit Manno Sanon s'est éteint le jeudi 21 février 2008 à Orlando où il souffrait d'un cancer du pancréas. Peu importe qu'il soit né le 21 ou 25 juin 1951 l'important c'est que notre Manno a eu, dès sa mort, 56 non pas 57 ans parce que sa date de naissance n'était pas encore arrivée.
Certaines personnalités et non des moindres de sa génération, se sont expliquées sur l'épopée de Manno Sanon du 15 juin 1974, en Allemagne de l'Ouest, lors de la coupe du monde de cette année là, face à la Scuadra Azura d'un certain Dino Zoff qui a joué plus de 12 matches officiels sans encaisser le moindre but. D'autres, elles, ont beau dire mais pas assez sur ce but spectaculaire de Ti Manno ainsi que la passe décisive du meneur de jeu de cette sélection, Philippe Vorbe. Action collective ponctuée d'un super but qui restera gravé dans les coeurs et la mémoire des Haïtiens. Bijou de but réalisé à l'heure où la télévision n'était pas aussi répandue qu'aujourd'hui.
Face à ce manquement, sur le personnage de Manno, le Club des Fans Sportissibo (CFS), récemment fondé afin de participer à la promotion du sport dans le pays, entend pleurer à sa façon son Manno à lui, à tous les Haïtiens.
Au moment où l'on parle de manque de repères, voire de modèles pour les jeunes, tous les secteurs de la vie nationale doivent s'unir en vue de rendre un vibrant hommage à ce poto mitan du sport haïtien.
Les Haïtiens doivent se mettre debout, comme ils l'avaient fait lors du début de cette première mi-temps, quand Manno avait inscrit ce but mémorable, pour saluer le départ de ce grand Homme. Dans le but de faire en sorte que ce Héros du sport haïtien ne meure jamais.
Il n'était pas individualiste du fait qu'il ne s'appropriait jamais de ce but pour son bonheur, mais pour celui de toute une nation. Ce but n'était pas un coup de chance puisqu'il allait en marquer quelques jours plus tard contre l'Argentine. Et, nous avions eu la chance de l'entendre dire à plusieurs reprises, lors de sa dernière visite dans le pays, en mai 2007, qu'à son époque il ne jouait pas pour de l'argent mais pour la gloire.
Rien que pour le plaisir du beau jeu et de ses fans. Au cours de cette visite que Manno avait réalisée au bercail afin de recevoir les hommages du président de la République, René Garcia Préval, il exhortait les jeunes de la sélection des moins de 17 ans à jouer pour le plaisir du jeu avant toute autre chose. Ainsi, ils verront la gloire. S'il est de la génération de 1961 à 1984, la plupart des jeunes d'aujourd'hui ne le connaissent pas vraiment. À l'exception de quelques uns / unes qui suivent à la loupe le football haïtien. N'est-ce pas le moment pour que la Fédération Haïtienne de Football (FHF), le Gouvernement, les associations sportives et autres entités concernées de près ou de loin par le sport, réalisent toute une série d'activités en honneur de notre TOUP POU YO ? Le gouvernement a déjà fait beaucoup, mais pas assez pour que l'époque de Manno ne s'arrête pas là.
Manno Sanon, la Perle Noire selon les Mexicains, a su se hisser au-delà du titre du meilleur attaquant haïtien de tous les temps pour se positionner comme le meilleur sportif haïtien. Ce, non seulement à cause d'une carrière bien remplie mais aussi, à ses prises de parole, il se voit comme un sportif, un patrimoine national et culturel. Donc, Manno n'appartient pas uniquement et simplement au monde du football, mais au sport tout court. Il n'a fait que matérialiser ses talents de sportif dans une discipline qui est le football.La seule satisfaction que nous nous permettons d'avoir, si satisfaction il y en a, c'est que Manno est parti avec un cœur rempli. La génération d'aujourd'hui doit se mettre au travail pour que le nom de la perle noire raisonne et continue à raisonner dans les cœurs des générations à venir. Voilà en quoi peut se résumer l'hommage digne qui doit être rendu à Manno pour ce sportif complet qu'il était.
Michel ANTOINEResponsable des Relations PubliquesClub des Fans Sportissibo (CFS)club.fansportissibo@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=54863
Commentaires :
Je me vante aujourd’hui encore d’avoir été et d’être encore un Fan inconditionnellement malade de notre sélection TOUP POU YO de 1974.
Les pourfendeurs d’Haïti nous critiquent souvent du fait que nous exhibons trop haut et avec la gorge trop déployée notre fierté d’avoir édifier contre les idéologies du moment, la première République Noire du Monde.
Nous ne pouvons pas leur en vouloir car nous ne pouvons pas leur demander de rentrer dans la peau d’un esclave et vivre cette sensation indescriptible d’avoir vaincu ce phénomène contre-nature.
Dans cette même logique il faut être haïtien et avoir aujourd’hui entre 40 et 60 ans pour comprendre et évaluer la geste de la sélection de Philippe Vorbe, Emmanuel Sanon, Wilner Nazaire, Henri Francillon, Jean Claude Désir (Ton Pouce), Arsène Auguste (Pélao), Ernst Jean Joseph (Grimo), Pierre Bayonne, Wilner Piquant, Guy Sainvil, Claude Barthélemy (Coca), Guy François…
Mon Dieu quelle équipe !
J’ai perdu ma voix mille et une fois. J’ai pleuré plus d’une fois. De joie, de l’ivresse du bonheur.
Les membres de la sélection TOUP POU YO démontraient un niveau de football-champagne plus qu’excellent. Ils n’ont rien à envier des stars qui ont écrit les plus belles pages du sport roi.
Leur seul défaut c’est qu’ils étaient haïtiens et surtout ils ont vécu en 1974. Le football n’était pas ce qu’il est aujourd’hui.
Je suis plus jeune de 10 ans de Ti Manno. Je mourrai peut être dans dix ans aussi. L’un des souvenirs les plus forts que j’emporterai avec moi vers l’au-delà sera justement les pages de l’épopée de cette sélection nationale Haïtienne finaliste de la coupe du monde de 1974.

jeudi 28 février 2008

Funérailles nationales de "Manno" Sanon mercredi à Port-au-Prince

Rapatriement lundi de la dépouille du célébrissime disparu
mercredi 27 février 2008,
Radio Kiskeya

Les funérailles nationales de l’ancienne star du football haïtien, Emmanuel "Manno" Sanon, seront chantées mercredi prochain (5 mars) au stade Sylvio Cator, dans le centre de Port-au-Prince, a appris Radio Kiskeya auprès des autorités sportives.
Un comité d’accueil accompagnera lundi la dépouille de l’illustre mondialiste de 1974 à son arrivée à l’aéroport international Toussaint Louverture. La mère, l’épouse et les quatre enfants du disparu prendront le même vol.
La veille, une cérémonie funèbre se tiendra à Orlando, en Floride.
Après de longues discussions avec les représentants du gouvernement, la famille de "Manno" Sanon a finalement accepté de rapatrier le corps et de l’inhumer à Port-au-Prince. Dans son testament, le défunt avait souhaité que ses restes reposent à Orlando où vivent ses proches.
Une réunion de planification du déroulement des obsèques devait se tenir mardi en fin d’après-midi au Palais National (siège de la Présidence).
En raison de l’immense affection populaire dont jouissait le flamboyant attaquant international des années 70, les autorités ont jugé nécessaire de donner aux haïtiens l’opportunité de lui rendre un ultime hommage.
Lors de la deuxième journée du championnat national (Div.1), samedi et dimanche, le drapeau haïtien a été mis en berne sur les différents terrains et une minute de recueillement observée par tous les joueurs qui portaient un brassard noir.
Agé de 56 ans, Emmanuel "Manno" Sanon est décédé le 21 février (jeudi dernier) à Orlando d’un cancer du pancréas.
Le goleador avait inscrit son nom dans le livre d’or de la Coupe du monde en réalisant les deux buts de la sélection nationale pour son unique participation à l’épreuve reine, mettant notamment fin à 1.142 minutes d’invicibilité de l’italien Dino Zoff, l’un des plus grands gardiens de l’histoire du football, le 15 juin 1974 à Munich. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4745

dimanche 24 février 2008

Hommage du Premier ministre Alexis à Emmanuel Sanon

Démarches en cours en vue d’offrir des funérailles nationales au "héros" de 1974 dont la disparition retient l’attention de la presse nord-américaine
samedi 23 février 2008,
Radio Kiskeya

Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis a rendu hommage vendredi au footballeur haïtien de légende Emmanuel "Manno" Sanon dont le décès jeudi en Floride a provoqué des vagues d’émotion en Haïti.
"Il a fait quelque chose d’extraordinaire dans l’histoire du sport haïtien", a déclaré à Jérémie (Grand’Anse, sud-ouest) le chef du gouvernement après avoir observé une minute de recueillement en mémoire du disparu en marge de la cérémonie de lancement des travaux de construction de la route Jérémie/Cayes en compagnie du ministre canadien des affaires étrangères, Maxime Bernier.
Outre M. Alexis, la Présidence, le ministre de la jeunesse et des sports, Fritz Bélizaire, la Chambre des Députés, le président de la Fédération haïtienne de football, Yves Jean-Bart et plusieurs des anciens coéquipiers de Sanon, dont Philippe Vorbe, ont salué le départ de ce géant. Tous soulignent son intelligence de jeu, ses qualités athlétiques exceptionnelles, ses prouesses sportives ainsi que sa discipline professionnelle et sa modestie légendaires.
Les funérailles du mythique buteur du Don Bosco de Pétion-Ville et de la sélection nationale au cours des années 70 seront chantées samedi prochain (2 mars) en principe à Orlando. "Manno" Sanon avait, dans son testament, souhaiter être inhumé là où résident ses quatre enfants.
Cependant, à Port-au-Prince, le gouvernement et les instances dirigeantes du football ont entrepris des démarches en vue d’un éventuel rapatriement de la dépouille et de l’organisation de funérailles nationales.
Le décès de celui qui fut désigné en 2000 "athlète haïtien du XXe siècle" représente un événement dont les médias nord-américains se sont également fait l’écho. L’Associated Press, l’agence de presse mexicaine Notimex, les journaux américains Miami Herald, El Nuevo Herald, USA Today et Sports Illustrated de même que la chaîne de télévision Fox ont notamment mis en relief les qualités et la stature de l’ancien footballeur.
Agé de 56 ans, le célèbre mondialiste de 1974 est mort d’un cancer du pancréas qui l’avait considérablement affaibli ces derniers mois. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4733