Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
jeudi 31 janvier 2013
dimanche 27 mai 2012
Franketienne clôturera le festival Haïti en Folie le 29 juillet avec sa comédie musicale «Délire du prédateur déchu»
À propos de l'œuvre
« Ce texte aurait pu être sous-titré « Monologues du Pénis » tel un clin d'œil aux célèbres Monologues du Vagin d'Eve Ensler. Rassurez-vous ! Ce n'est nullement le cas. Cela aurait été une démarche sémantique réductrice. Délire du prédateur déchu est une spirale pluridimensionnelle qui a été conçue spécifiquement pour la scène. Il s'agit de la mise en espace théâtrale et musicale d'un texte poétique dénonçant les horreurs et les violences d'une société axée sur la suprématie des forces agressives. Le dramaturge a mis l'accent sur l'hégémonie du pénis, comme symbole traditionnel de la terreur dominatrice, destructrice et zombificatrice. L'interprétation, ponctuée et agrémentée d'une douzaine de chants, est assumée par un comédien (Franketienne) avec le support approprié d'un guitariste et d'un percussionniste. C'est un spectacle qui vous incitera à réfléchir, à méditer, à vous interroger sur les distorsions et les malheurs du monde. Et, en même temps, à rire, à vous détendre, à travers la mise en forme esthétique de la dérision érotique, onirique, philosophique et ludique. »
Courte bio de Franketienne
Franketienne, auteur de plus de 50 œuvres, figure sur la liste des candidats au Prix Nobel de littérature et est aujourd'hui l'un des plus grands écrivains contemporains. Dany Laferrière dit de Fraketienne qu'il est une métaphore d'Haïti, un ogre. Né en Haïti en 1936, de son vrai nom Jean Pierre Basilique Dantor Frank Etienne d'Argent, Franketienne est poète, écrivain, artiste-peintre, comédien. Nommé « Artiste pour paix » en 2010 par l'UNESCO et sacré « trésor national vivant » en Haïti en 2006, Franketienne a reçu plus de 25 prix et distinctions…
Haïti en folie
Créé en 2007, le Festival Haïti en Folie à Montréal est présenté par la Fondation Fabienne Colas en collaboration avec Unipharm Gaby Jeanty. Il est aujourd'hui le plus important festival pluridisciplinaire, en dehors d'Haïti, totalement dédié à la culture haïtienne. Un évènement d'envergure, haut en couleurs et en saveurs créoles, destinée à faire connaître Haïti dans toute sa diversité, sa splendeur et sa richesse culturelles, qui attire plusieurs milliers de visiteurs et de touristes chaque année. Une programmation riche, chaude et colorée avec spectacles, cinéma, théâtre, artisanat, gastronomie en plein air et en salles, mais surtout, des rencontres, des découvertes, du divertissement et le partage du métissage culturel : un grand rendez-vous dédié à la culture d'Haïti, du 27 au 29 juillet 2012.
Délire du prédateur déchu
Dimanche 29 Juillet - 19h
Salle Marie-Gérin Lajoie (UQAM)
405 rue Ste-Catherine Est, Montréal
Métro Berri-UQAM
Billets en vente à 35 $ sur www.haitienfolie.com
http://patwhite.com/node/14319
lundi 2 juin 2008
Frankétienne ou la volupté du corps
« Heures brèves » et « Corps sans repères », deux des cinq oeuvres de Frankétienne qui seront en signature à Livres en folie, font l'éloge de l'expression corporelle. Ici le poète se sert du délire poétique pour déranger le lecteur dans son confort, créer charme et beauté.Il n'est pas facile de saisir, au premier degré, la dimension sémantique de « Heures brèves ». Ce beau poème spiraliste est une initiation au voyage, au délire poétique, au fantasme, au corps et à l'amour. C'est le «désir éclaté par version impossible où le foetus explose dans la tumeur du doute».
Son oeuvre est exceptionnellement dérangeante, novatrice, tant du point de vue esthétique que du point de vue éthique. 
dimanche 27 janvier 2008
FRANKETIENNE ...Sa vie, son intimité, ses théories...
On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer avec enthousiasme les liens dynamiques entre l'énergie, le temps, l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro hors-série de Raj Magazine a la vertu de nous montrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre. Comme une vivante illustration de l'esthétique du délabrement. De la présentation graphique aux textes bien diversifiés, le lecteur éprouve un plaisir du regard et une jouissance rare de la lecture. Il ne s'agit pas simplement de « vulgariser les points forts d'une oeuvre qui a toujours provoqué des ondes de choc. » Il est question aussi de pénétrer à l'intérieur d'un travail littéraire et artistique non pas dans la complexe élaboration théorique, mais par une grande démarche soutenue, de page en page, en vue d'exposer les multiples facettes d'un homme, ses rêves et sa prométhéenne volonté.
Une photo-souvenir : l'écrivain le jour de son mariage avec Marie-Andrée.
Les responsables de Raj Magazine, à travers photos, textes, témoignages, entrevues et autres illustrations nous font pénétrer dans l'univers chaotique d'une écriture de contingence sans tentative trop intellectuelle de tout dire sur celui qu'on appelle « le maître à penser du spiralisme ».
On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer les liens dynamiques de l'énergie, du temps, de l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro de Raj Magazine a la vertu d'illustrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre de Frankétienne. Comme une esthétique du délabrement.
Le lecteur apprend que Franck Etienne est né le 12 avril 1936 à Ravine Sèche, petit village de l'Artibonite. L'écrivain confie qu'il a toujours écrit contre la nuit. Bien que cette dernière et ses apparats soit une constante dans ses oeuvres.
Michèle D. Pierre Louis : Frankétienne lui fait découvrir dans les années 60 Cahier du retour au pays natal de Césaire. 
Comme une manière à la fois jouissive et risquée de trouver le domaine originel de la lumière. Personne n'oublie l'immense travail accompli par Frankétienne dans le domaine de la littérature créole en Haïti. Il est un précurseur de la créolité dans la Caraïbe.Quand on découvre une revue qui met tout cela en contexte et esquisse le portrait multiple du rebelle, du décrypteur de signes, du grand lyrique de la couleur et des formes, de l'adepte du collage et du théoricien de la musique du monde et de son corps, nous éprouvons un sentiment de bonheur de lire les propos d'un homme qui proclame le temps des vérités dans un pays encore replié sur lui-même.
Il sont plusieurs à rendre hommage à Frankétienne. Philippe Bernard tente une brève histoire littéraire et politique de l'écrivain. Anaïse Chavenet n'hésite pas à employer le mot « énorme » pour traduire ce qu'elle pense de l'auteur de « Dezafi ». Paula Clermont Péan fait le rapprochement, sur le plan théâtral, entre Frankétienne et Samuel Becket. Valérie Armand place l'écriture de « Mur à Crever » contre le dépérissement de l'homme et la décrépitude des choses.
Paula Clermont-Péan; l'art de Frankétienne: un hymne à la vie. 
Prince Guetjens remonte aux années 60 avec les premiers recueils pour mieux comprendre un itinéraire qui sera, plus tard, bousculé dans la vitesse du monde moderne. Michèle D. Pierre Louis se rappelle de l'écrivain qu'elle découvre, à 18 ans, sur les hauteurs du Bel Air, en pleine dictature duvaliériste. Jobnel Pierre, Henry Robert Jolibois, Dominique Batraville donnent librement leurs opinions sur l'homme et son œuvre avec un brio qui révèle une nouveauté de la critique haïtienne contemporaine.
Frankétienne se met à nu dans une entrevue autour de « l'homme mystique ». Il parle des univers parallèles, du vaudou, de la réincarnation, de la solitude, de ses efforts de transcendance. Il avoue n'être pas un saint, « traversé aussi par de mauvaises idées » qu'il transcende souvent en vue de se rapprocher de « l'entité divine. »La part d'intimité et de vérité de foyer de l'auteur est réservée à Marie Andrée Manuel Etienne qui nous révèle la tendresse de l'époux, les attentions du père, les obsessions de l'écrivain, la boulimie du peintre, les dédoublements de l'homme de théâtre. « Ce génial mégalomane n'engage jamais de polémique, confirme Marie Andrée Manuel Etienne. Il se contente d'encaisser les coups et de répondre par son travail. »
Un des proches de travail de Frankétienne, le romancier Jean-Claude Fignolé, se souvient qu'il faisait régulièrement la fête chez lui. Le texte de Jean Max St-Fleur donne des précisions sur la maladie qui a failli emporter l'écrivain : le cancer de la prostate. Rose Adèle Joachin est allée un peu plus loin avec le « maître » qui donne plus de précision sur son métier d'écrivain qui n'observe aucune régularité textuelle.
Les nombreuses photographies de Frankétienne qui illustrent le numéro hors-série de Raj Magazine le montrent serein, rieur, possédé par un feu, protecteur avec son fils, barbu comme le Victor Hugo de « l'exil infâme », jeune marié souriant et sexagénaire en grande confiance près de ses miniatures encadrés. Ce numéro hors-série a une importance capitale pour tous ceux qui veulent mieux comprendre le théoricien du spiralisme. Il donne des repères biographiques et bibliographiques indispensables à une connaissance de proximité de celui qui avait le nom prédestiné et superbement significatif de Jean Pierre Basilic Dantor Franck Etienne Dargent. Eh,oui !

