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lundi 3 novembre 2014

CES HOMMES QUI NOUS DIRIGENT

Je lisais dernièrement de façon très laconique, un texte servant d'introduction et de justification à une autre page identique à des dizaines qui pullulent déjà les réseaux sociaux.
Je lisais ce texte avec une certaine moquerie devant la disproportion existante d'une part entre la justesse des mots et la force intrinsèque et inhérente au message inscrit dans un contexte lui assurant plus qu'une simple légitimité et d’autre part l'indifférence qui définira l'adhésion des lecteurs à ce message. Je n'ai pu m'empêcher de publier une réplique carrément méchante au concepteur et animateur de la page.
Loin de m'insulter, comme cela aurait pu être le cas, l'animateur me répondit gentiment en m'invitant à participer pour changer les choses.
De sa réponse, la phrase qui retint mon attention fut celle qui avait à voir avec nos dirigeants. Il s'exprima en disant que ces gens qui nous dirigent ont surtout besoin d'être dirigés.
Nos échanges s'arrêtèrent là, mais je n'ai pas pu m'empêcher de réfléchir sur la problématique de ces personnages qui dans des sphères différentes tiennent le timon du pays.
Bien entendu, quand l'opinion publique évoque l'aspect pseudo pathétique de nos dirigeants, le premier qui vient automatiquement à l'esprit c'est bien le chef d'état, son excellence Michel Martelly. Un ancien mauvais musicien populaire qui a très bien réussi sa carrière de chanteur de Konpa et qui a été propulsé au grand dam d'une grande partie de la population haïtienne et de l'opinion publique internationale comme président de la République.
Avant son ascension à la première magistrature de l'état, des voix s'étaient levées pour inciter les gens à ne pas le voter. Ces voix carrément opposées s'appuyaient sur son passé dans le showbiz, un environnement propice à certaines déviances et pratiques douteuses mal tolérées par certaines sociétés.
Dans le monde de la politique, comme dans beaucoup d'autres domaines, il n'existe pas que les cas de Michel Martelly qui définit une trajectoire atypique jusqu'à des postes de responsabilité. Et quand cette responsabilité engage la gestion d’un pays, d'une nation en difficulté, l'atypicité prend des allures pseudo catastrophe annoncée.
Peut être l'importance de la responsabilité a fait de Michel Martelly une cible privilégiée inspirant des critiques souvent légères et superficielles alors qu'une sorte de cécité collective épargne de façon spectaculaire d'autres acteurs de la vie politique nationale.
Depuis la fin du régime duvalieriste, le peuple a senti arrivé le moment de participer comme acteurs de la vie de leurs quartiers, de leurs villes ou de leurs pays. La situation de prohibition prônée et maintenue par les régimes dictatoriaux a donné naissance à une nouvelle vision participative qui ne tient compte ni des capacités ni des compétences.
On aurait pu remonter le temps pour se retrouver face à ce slogan qui au début du dix-neuvième siècle à savoir si le pouvoir devait être détenu par les plus capables ou par le plus grand nombre.
Un prêtre qui devient président reste aussi atypique qu'un artiste populaire accédant à la première magistrature de l'état.
La politique reste de nos jours l'ascenseur le plus rapide et efficace pour améliorer ses conditions de vie et celles de la famille. Elle permet en plus d'atteindre un certain pouvoir.
Durant l'aire postduvalerienne, aussi appelée la période du retour de la démocratie, le panorama politique du pays nous a offert sur un plateau des personnages pour le moins pathétiques dans des postes à responsabilité.
Notre best-off à nous est dominé par le premier citoyen de la ville dans le chanteur Manno Charlemagne, élu Maire de la Capitale haïtienne. Après avoir fait une carrière remarquable avec ses chansons engagées revendiquant la cause des démunis, il s'est érigé en politicien de la génération JPP alors que le segment de la population pouvant constituer l'élite de la ville avait préféré de se retirer comme observateurs critiques, refusant toute participation.
Lors du fameux concert de Wyclef Jean, la seule étoile haïtienne qui brillait dans le firmament du monde, le maire de Port-au-Prince jouant en lever de rideau, s'était illustré par un fameux "coulanguette manman blanc".
La mémoire collective ne semble pas avoir retenu grand chose du passage de cet homme à la tête de l'édile de Port-au-Prince.
Un autre maire assez pathétique restera celui qui a donc été le premier citoyen de la commune de Delmas: le maire Erilus. Les haïtiens de Delmas, une commune ou réside une bonne partie de la bourgeoisie de la ville, se rappellent encore du passage de Erilus dans leur vie.
Tandis que l'attention est portée sur la présidence, d'autres personnages aussi atypiques que Michel Martelly conduisent les destins de la nation haïtienne. L'irruption, (tou swe, tou bouke) de Laurent Lamothe comme chef du gouvernement n'était ni attendue, ni prévisible.
Il est clair que Michel Martelly, devenu président malgré lui, s'était au départ embarqué dans cette aventure sans équipe. Peu de gens y croyaient. Quand dans des circonstances connues, il a été "élu" pour participer au second tour, l'urgence était de former une équipe pour gouverner. Il lui fallait des fonds pour financer la campagne électorale.
Laurent Lamothe, parfait inconnu du monde politique, chef d'entreprise à succès, avec des investissements surtout réalisés en dehors d'Haïti, se retrouve donc à la tête du gouvernement depuis les échecs de deux hommes choisis non retenu pour l'un et très vite chassé pour l'autre.
Peu de gens se posent la question de cette mutation d’une attitude apolitique à chef du gouvernement qui se profile aujourd'hui comme futur président du pays. Le parlement aussi regorge de personnalités dont on se demande par quelles portes elles sont passées pour occuper des positions aussi cruciales pour la gestion d'un pays.
C'est sans doute la qualité des parlementaires qui explique le dysfonctionnement de l'état dû à cette conception erronée ou adultérée par l'ignorance et aveuglée par l'incompétence de la fonction de législateur.
Comme exemple nous pouvons citer le bruyant député autoproclamé cauchemar du pouvoir en place qui s'est caractérisé par des attitudes d'une extrême violence au cours des séances de la chambre.
Nous avons pris le temps de l'écouter une fois cependant, j'avais été agréablement surpris de voir sa capacité de synthèse et d'analyse sur certains dossiers politiques.
Mais quand il entreprit avec d'autres politiciens de déchouquer le gouvernement en place en utilisant des méthodes carrément antidémocratiques, il outrepassa ses prérogatives et alla jusqu'à enfreindre la loi.
Ces dernières actuations remarquées furent, le lancement d’une manifestation avec une arme de guerre aux poings à quelques encablures du palais national, une grève de la faim terminée dans des conditions complètement floues coïncidant curieusement avec l'invasion spectaculaire des prisonniers de l'enceinte carcérale de la ville de la Croix des Bouquets.
Depuis on en parle plus. Des rumeurs l'auraient envoyé aux Etats Unis d'Amérique avec une demande d'asile politique. La correction de cet état de fait n'est pas pour demain.
Comme nous l’avions dit au début, la politique étant le tremplin le plus puissant pour accéder au pouvoir et à la richesse, avec en prime une idée de toute puissance concédée par l'immunité parlementaire revendiquée et mise en œuvre à travers le prisme adultérant de leur vision biaisée, de plus en plus de personnages pathétiques se bousculent aux portiques pour atteindre ce pouvoir dans une logique souvent éloignée de la démocratie effective.
A ces gens sans s'en rendre compte, il leur aura été donné une opportunité en or d'écrire leurs propres histoires individuelles dont la compilation constituera un chapitre de l'histoire de la nation.
Certains pour le faire, détiennent une feuille aux couleurs sombres voire noires pour un groupe d'entre eux. Il leur revient par leurs actions de modifier les choses et de choisir la place qu'ils voudront bien occuper dans la grande histoire de la nation haïtienne.
L'histoire se fera toujours juge juste et implacable.
Nous ne pouvons pas souhaiter leur échec car c'est tout le pays qui en pâtit. Le retard à combler est trop important pour continuer à perdre du temps et à passer à côté de certaines opportunités.
Du point de vue individuel, ils auront toujours réussi avec leur accession au pouvoir.
L'échec ne sera que collectif et surtout pour Haïti et les haïtiens.
La nature aura toujours horreur du vide!
Docteur Jonas JOLIVERT

vendredi 20 avril 2012

UNE PENSEE DE LA DIASPORA POUR LES HAITIENS DES BATEYS

Aujourd’hui 20 avril 2012

Bonjour et bonne journée
Aujourd’hui Haïti fête sa DIASPORA !
Une excellente chose. Définitivement. Sous la direction du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger. Au programme il y aura surement des colloques et une remise de médailles à des citoyens émérites. Surtout aux citoyens haïtiens qui ont eu du succès à l’extérieur du pays. On ne posera pas de question pour évaluer les rapports de certains membres à succès de la Communauté des haïtiens de l’extérieur avec les haïtiens de l’intérieur et avec leur pays.
On ne se posera surtout pas de questions autour des revendications des groupes organisés de cette Diaspora qui a effectivement du mal à constituer un front uni et unique capable de lancer la bataille pour une certaine égalité avec les haïtiens du dedans !
Pourtant tout le monde est unanime à reconnaître l’importance de l’apport colossal de « fils du dehors » à l’économie et aux finances de la nation Haïtienne. Tout le monde est aussi unanime à reconnaître le potentiel humain dont Haïti pourrait bénéficier avec un plan de réintégration sérieusement mené pour extraire le pays des chantiers de la misère et du sous développement.
Mais il y a tellement de non-dits et d’hypocrisie autour de la problématique de cette Diaspora haïtienne que le pays mettra beaucoup de temps à en tirer profit.
Dans le contexte vernaculaire, le terme de DIASPORA ne s’applique curieusement pas à tous les haïtiens vivant à l’extérieur d’Haïti. Le fait exclusif de vivre à l’étranger ne fait pas de vous « un diaspora ».
Le vrai « diaspora » correspond à un certain profil : une personne résidant de préférence en Amérique du Nord qui manipule ou qui rentre en Haïti avec assez d’argent pour offrir « du griot », du « rhum barbancourt » ou de la bière « prestige » à ses copains et anciens voisins.
Généralement ce sont des gens qui exhibent un changement visible dans leur physionomie. Ils sont souvent ventrus et portent des bijoux très voyants.
Cette description, assez caricaturale puisse-t-elle vous paraître, exclut bon nombre d’haïtiens de l’extérieur.
C’est pour cette raison que quand on évoque cette population on est tout de suite orienté ver les gens à succès ; vers des données qui vous disent que les haïtiens de l’extérieur envoient à leurs proches une somme milliardaire, de loin supérieure au PIB, etc…
Cependant, il existe une partie de nos compatriotes de l’extérieur qui ne reçoivent pas l’attention dont ils ont effectivement besoin. Il s’agit des haïtiens qui « subsistent » en République Dominicaine.
Certes, l’approche des relations entre la République Dominicaine et Haïti a toujours été une question très épineuse. Il est difficile de garde une position neutre sans catégoriser des gens en victimes et sans mettre l’étiquette de bourreaux à d’autres.
Ces dernières années, avec la déliquescence des institutions haïtiennes et la dégradation caricaturale de la qualité de vie, La République Dominicaine est devenu « le pays secondaire » des haïtien de la petite et moyenne bourgeoisie. Elle l’avait déjà été pour les grands dons d’Haïti.
Aujourd’hui, un haïtien en République Dominicaine n’est pas forcément un coupeur de cannes à sucre. Il peut facilement correspondre à un entrepreneur, à un professeur universitaire, un hôtelier, un étudiant universitaire, un employé de zone franche, un ouvrier agricole.
Et je vous passe volontairement des scandales qui secouent le monde politique des deux pays autour des allégations de corruption entre les candidats du deuxième tour des dernières élections présidentielles, l’actuel président de la République d’Haïti, le puissant sénateur dominicain proche du président Leonel Fernandez.
Et que dire de cette mise en scène absurde et burlesque, orchestrée par les hautes sphères gouvernementales dominicaines annonçant en grandes pompes la découverte d’un complot ourdi par un individu proche du candidat de l’opposition susceptible de ravir la présidence au candidat « officialiste » du parti de Leonel Fernandez !
Combien seraient-ils exactement ? On ne le sait pas. On ne saura jamais à quelques centaines de milles près combien d’Haïtiens résident en République Dominicaine.
Là, je me réfère aux haïtiens sans nom, sans titre, sans entreprise et sans papiers. Ces haïtiens jeunes, bien portants, qui traversent la frontière en hypothéquant leur dignité, leur énergie, leur force, leur avenir contre un rêve qui se convertit en chimère et affreuse illusion une fois de l’autre côté de la frontière.
Combien sont-ils ces haïtiens qui traversent la frontière et acceptent de se faire traiter en objet et en animaux inférieurs par des regards et des considérations des membres de certains secteurs qui utilisent le vocable « haitiano » comme le juron le plus humiliant ?
Ils sont plusieurs centaines de milles. Peut-être plus d’un million. Ils ne sont pas comptés car ils ne comptent pas.
Pourtant ils font eux aussi parti de notre fameuse riche et prometteuse DIASPORA.
Eux, ils ne réclament pas la double nationalité qui leur permettrait d’être ministre, candidats à la députation, au sénat, voire à la présidence.
Ils voudraient surtout rester en Haïti et ne pas avoir à partir. S’ils sont doués pour construire des hôtels sur le « Malecon » de Santo Domingo, ils sont tout à fait capables de le faire aussi sur le champ de mars, à La saline, Pétion Ville ou Musseau.
Ceux qui y vivent déjà dans cette ambiance de « no man lands » après avoir vu s’étioler au fur et à mesure et au fil des temps, force, rêves et illusions voudraient que leurs progénitures qui sillonnent pieds nus, couverts d’oripeaux, les ruelles entre les « barrancones » des « bateys » en sautant pour s’amuser, de sillons en sillons entre les tiges de ce sucre au goût si amère, aient une patrie et un demain.
Ils sont membres de la Diaspora au même titre que Wyclef Jean, Jimmy Jean Louis et bien d’autres.
Des médailles pour les stars, c’est bien
Une pensée active pour les sans-noms, c’est encore mieux
En cette journée nationale de la Diaspore Haïtienne

dimanche 18 décembre 2011

INEGALITES ET CIVILISATIONS

Volontairement ou inconsciemment, nous vivons appendus et accrochés à l’actualité. Qu’elles nous concernent de près ou de loin, elles peuvent nous tomber dessus pour le meilleur et pour le pire. Comme citoyen déraciné, inadapté, nostalgique et refusant catégoriquement l’assimilation, je vis les sens rivés sur l’actualité d’Haïti.
Comme on dit, ce n’est pas complètement anodin. Il y a des jours sans et des jours avec. Ce matin, une radio locale réalisait un entretien avec un hyper riche qui a lancé un appel à son gouvernement le suppliant de taxer un peu plus sa fortune. Pendant l’entretien, il a repris une phrase d’un lettré célèbre qui aurait dit que « si les inégalités sociales ne se réduisent pas de façon drastique et efficace, ce monde cessera d’être un monde civilisé »
Dans un monde libéralisé économiquement ou financièrement cette information n’aurait malheureusement sur moi aucun effet et ne revêtirait aucune importance. Mais automatiquement, mon logiciel le transfert, le traduit et le transpose dans le complexe contexte haïtien.
J’ouvre une parenthèse pour relater un fait vécu il y a un an lors d’un voyage humanitaire effectué l’année dernière. Ceci pour vous montrer que j’ai horreur que l’on rapporte tout à Haïti. Ce pays universel dans sa conception, genèse et naissance ne saurait loger des sentiments égocentristes. Haïti reste un patrimoine de l’humanité. Quoique l’on dise. Malgré l’indifférence idiote de ceux qui ont du mal à le comprendre et à agir en sa faveur.
J’avais bien entendu accompagné une mission d’une ONG qui s’occupe de plusieurs infrastructures hospitalo-universitaires haïtiennes. Malgré moi, je me suis vu entrain de fréquenter le restaurant le plus huppé actuellement dans les hauteurs de Pétion-Ville. Ce qui n’était pas pour me plaire. Je n’ai pu croquer une mangue ni déguster à la main un bon avocat. Ah ! ce bon « sandwich » à l’avocat qui vous régale le palais, avec cette particularité de cette tranche d’avocat qui sort, expulsé comme une comète quand vous serrez entre vos dents les deux tranches de pain de mie !!!
Un jour, je me suis retrouvé occupant une table du fameux et sympathique hôtel OLOFFSON de Port-au-Prince. Devant une assiette de griot saupoudré de pickliz assorti de bananes pesées, on discutait sur des sujets de l’heure, la reconstruction d’Haïti. Nous étions sept ou huit à table. A noter la présence de notre bonne amie Mademoiselle RAFAEL qui «était aussi du déplacement.
A un moment de la durée, un des COOPERANTS, a fait comprendre qu’il était venu en mission pour observer Haïti dans le cadre du post modernisme car Haïti représentait l’exemple de tout ce qu’il ne fallait pas faire.
Je crois que j’ai été monté illico presto par l’esprit de Dessalines pour faire comprendre à ce coopérant de mes deux que nous en avions assez des voyeuristes qui ne se sont pas limités à nous observer en prenant leurs pieds mais qui ont osé faire semblant de nous aider en nous donnant de mauvais conseils.
Six mois après le 12 janvier, nous autres les haïtiens nous avions besoin de mieux que de voyeuristes incompétents hypocrites.
Bien entendu le COOPERANT s’est excusé en faisant un usage excessif du « bon usage ». Pour moi tout était clair. Je lui avais posé une certaine étiquette qui pour moi était devenue partie intégrante de sa propre essence. A tort peut-être mais bon, il l’avait cherché.
Revenons à nos moutons. Revenons sur le postulat idéaliste de la réduction des inégalités sociales pour conserver au monde un semblant de civilisation.
L’épisode du COOPERANT m’est revenu à la mémoire. Je me suis demandé si le comportement et l’attitude de la partie vulnérable de population haïtienne marqués par une dignité exacerbée, inexpliquée permettant la création de l’épithète et attribut RESILIENT ne seraient pas le reflet de la perte de ces valeurs universelles qui définissent et conceptualisent la CIVILISATION.
Selon le fil de la pensée, on arrive juste au moment ou il faut illustrer et renforcer les propos avec des cas spécifiques. Les exemples surabondent et sont visibles à l’œil nu et non avisé.
L’élite haïtienne par exemple contre la valeur solidarité, opposent une attitude marquée par un égocentrisme désinvolte. Elle construit des quartiers huppés pour s’éloigner de la crasse du centre ville. Au lieu d’exiger des conditions sanitaires et des infrastructures décentes, elle se prémunit de moyen lui permettant de patauger dans la boue immonde de l’insalubrité sans être éclaboussée. Au lieu d’exiger et d’investir dans l’établissement d’un système de santé correct, elle considère comme une police d’assurance, le fait de pouvoir se faire soigner à l’étranger.
En ce qui concerne la frange vulnérable de la population devenue résiliente, le fait d’accepter avec un stoïcisme morbide de vivre dans des conditions infrahumaines dénote aussi un détour voire un déni de ces valeurs intrinsèques à la civilisation. Dans ce contexte, l’un de ces comportements que je qualifierais de carrément aberrant est la perte du respect de la vie humaine.
Je suis par erreur, doté d’une sensibilité à fleur de peau. Je suis incapable de voir de la violence gratuite. De la violence ciblée contre un individu tout court.
Il y a de ces très bons films qui me laissent un goût assez désagréable à travers certaines scènes présentant la violence de l’agresseur et l’angoisse de l’agressé. Je comprends assez mal comment un homme peut prendre un certain plaisir inconscient a frappé impunément une femme par exemple.
Certaines photographies ou certaines scènes ont la vertu de me gâcher une journée une semaine ou un mois en fonction de sa teneur en violence. J’ai encore en tête l’image d’un groupe d’individus brandissant des couteaux et des machettes derrière le corps calciné de Sylvio Claude. J’ai encore dans ma pensée cette image d’un homme amputant la main d’un autre à la machette. Je ne peux oublier cette image de la tête d’un haïtien gisant à coté de son corps après sa décapitation filmée par des gens en liesse en République Dominicaine. Aujourd’hui j’ai vu la photo d’un homme soulevant un énorme caillou destiné à réduire en bouillie le crâne d’un autre…
Tout pousse à croire que ces actes-là ne sauraient être acceptés par notre société dite civilisée. Donc les auteurs de ces actes ne sont pas civilisés.
Il en est de même pour ces compatriotes qui chez nous en République Dominicaine tuent et découpent à la machette d’autres concitoyens.
Souvent nous expliquons ces comportements par le manque d’éducation. Les membres de notre société ne reçoivent pas tous la même éducation à cause de ces systèmes fondés sur l’inégalité.
Haïti, comme bien d’autres pays pauvres est déjà le théâtre de cette décadence de la civilisation.
Aujourd’hui plus que jamais les inégalités provoquent une situation qui risque d’être à la genèse d’une implosion de notre société qui poussera les êtres humains à avoir des comportements proches de ceux des animaux inférieurs.
JJ

mercredi 17 août 2011

La part des anges

Publié le 16 août 2011
En Haïti, dans un grand campement insalubre, j'imagine que bientôt «Les anges de la rénovation» vont planter des pieux dans la boue afin d'ériger un palace.
Exploiter la misère humaine est toujours payant à la télé. On sélectionne les miséreux qui ont le plus haut potentiel pour émouvoir l'auditoire et le gros show commence. Les profits des producteurs pourraient servir à loger une centaine de familles, mais quelle platitude ce serait de voir construire d'humbles demeures. Les commanditaires se feraient rares et les meneuses de claques manqueraient d'enthousiasme.
Je leur suggère un scénario encore plus éclaté. Parmi les milliers d'enfants mourants de faim en Somalie, les dix plus misérables seraient amenés, mouches en moins, dans de grands restaurants pour un «qui gagne mange». Aura-t-on autant d'intérêt à voir compétitionner pour survivre, dix petits bedons ronds avec de grands yeux tristes, que pour voir suer dix grosses bedaines pressées de perdre leurs bourrelets, pour gagner le gros lot? Oublions l'idée, les émissions américaines doivent bien se terminer. On doit venir nous chercher une larme, mais juste une. Écrasé dans son fauteuil, le téléspectateur ne doit pas mouiller ses chips.
René Myrand, Québec
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/opinions/carrefour/201108/15/01-4426135-la-part-des-anges.php

mercredi 2 septembre 2009

FERMEES LES SALLES DE CINEMA D'HAITI..REQUIEM POUR LES TEMPLES DU SEPTIEME ART

En Haïti, comme partout ailleurs nous avons tout et de tout. Nous avons même un président et un premier ministre avec des deuxièmes, troisième voire douzième ministre. Ca va de soi dira-ton.
Nous avons une culture certes et quoi de plus logique que d’avoir un ministère de la Culture avec son ministre, son directeur général et ses employés. Bien sûr. Nous les avons. A quoi sert un ministre de la Culture en Haïti ? A travailler et œuvrer pour la promotion de la Culture. Triste Palissade ! Comme le ministre de l’éducation œuvre en faveur de l’éducation et le ministre de l’environnement pour la protection de l’environnement. N’est ce pas.
Le Ministère de la Culture, il y a quelques années, a entretenu le vif de l’actualité. Un ministre s’est même fait virer par les députés d’une de nos législatures antérieures. Ce fut après un vote de censure précédent le renvoi par le Sénat de la République, du gouvernement de Jacques Edouard Alexis.
Comme d’habitude, le Ministère de la Culture et son ministre se trouvent sur la sellette autour de la période carnavalesque.
Ils sont souvent décriés après le carnaval quand les protagonistes réclament ce qui leur est dû ; ou quand un député de « Trou coucou » considère que sa commune a été traitée en parent pauvre dans la distribution et répartition des subventions pour les festivités.
En dehors des scandales concernant des contrats non honorés, entre deux carnavals c’est le calme plat. Un calme sépulcral.
Pour assumer leur existence et surtout leur utilité en période extra carnavalesque, le ministère de la Culture et sont ministre se sont mis à la mode des colloques. Des colloques qui sont organisées avec cotillons pour tirer des conclusions plus qu’évidentes autant archiconnues qu’archi négligées. Mais c’est la mode. Soyons fous. Faisons de colloques ! Les bailleurs de fonds et les ONG ont toujours été friands et des passionnés de colloques. Ne gâchons surtout pas leur plaisir ! Et surtout ne cherchons pas à savoir les détails des dessous des colloques.
Le sujet actuel traite de nos parcs nationaux. Dans le but d’éduquer nos compatriotes sur l’importance de notre parc culturel.
Pourtant le ministère de la Culture pourrait bien avoir son mot à dire et une action à mener sur des sujets visibles dans le panorama culturel haïtien comme le nez au milieu de la figure, contre des comportements nuisibles à notre culture artistique qui sont si bien assimilés qu’ils en deviennent normaux et naturels. La démocratie aidant, les fraudes sont appréhendés comme des droits.
Que pense par exemple le ministre de la Culture sur la disparition de la totalité des salles de Cinéma du pays ?
Comme on fait avec le poulet et les œufs, comme on a fait pour les études universitaires, bientôt depuis Port-au-Prince des excursions seront organisées vers la République Dominicaines avec comme attraction principale, voir les dernières productions cinématographiques.
En effet nous avons appris récemment la fermeture prochaine de « Ciné Impérial », de la route de Delmas, présenté comme la dernière salle de Cinéma ouverte dans la capitale haïtienne avec plus de 2.000.000 d’habitants.
Un groupe de cinéaste haïtiens, soit pour sauver ce qui fut un des temples sacrés du septième art, soit pour un dernier coup avant la disparition totale et définitive de ce mode de divertissement, organisent un ultime festival de cinéma d’Haïti dans les enceintes du Ciné Impérial.
Il m’a fallu moins d’une minute pour me revoir trente en arrière. Je n’avais jamais imaginé que chaque fois que je franchissais le portique d’une salle de cinéma de l’époque ; j’étais entrain de me payer un de ces putains de faux privilèges. De là, m’est venu l’idée de vous parler d’un temps. « Un temps que les moins de …..40 ans ne pourront pas connaître ». Quelques années avant l’installation, et l’éclosion de notre démocratie ; quelques années avant la troisième indépendance du pays ; le temps des « makouts » vêtus de « gros bleu » au foulard rouge cintré de l’enveloppe extérieure de boîte d’allumettes.
Comme aujourd’hui, Haïti faisait partie des nations les plus pauvres du monde. Comme maintenant nous ne possédions qu’un seul centre hospitalier universitaire, le même hôpital Général ; deux routes nationales desservant l’ensemble du territoire.
La plus grande partie de notre jeunesse se confinait aux études. Le processus de « makoutisation » ne montrait rien de bien attrayant. Les jeunes s’appropriaient de la lumière des lampadaires des places publiques, des lampes sculptées des patios espagnols des rares hôtels de luxe pour restructurer leurs esprits et éclairer leurs savoirs. Ceux qui n’avaient ni les moyens ni les possibilités d’étudier, cultivaient leurs envies, leurs déceptions et leurs frustrations entre les mottes éparses des champs vastes et lugubres de la résignation. Pourtant il n’y avait ni kidnapping, ni kidnappeurs ni kidnappés.
Tous les moyens étaient bons à prendre quand il s’agissait de se former, s’informer et s’éduquer.
On s’amusait aussi. Le Cinéma demeurait le divertissement sain par excellence. Chaque quartier disposait de sa salle de ciné. Chaque salle configurée en fonction et à la hauteur des moyens des résidents de la zone.
De Carrefour à Pont Rouge. Les enseignes lumineuses les une plus originales que les autres contribuaient à l’harmonie visuelle des agencements des devantures des immeubles et des corridors. Sidney Poitiers, Yves Montand, Charleston Heston, faisaient corps, derrière les vitrines, avec les foules qui animaient le centre ville.
Cric-Crac Ciné à Carrefour, Ciné Sénégal à Martissant, Ciné Olympia au portail de Léogane, Ciné Lido au boulevard Jean Jacques Dessalines, Airport Ciné à Pont Rouge accueillaient régulièrement leurs ouailles avec des productions diverses : « Cow-boy, Karaté, drame porno ».
Port-au-Prince comptait aussi des complexes cinématographiques avec deux ou trois salles. Ciné Capitol, Ciné triomphe et Ciné Impérial.
Le Ciné Paramount et le mythique REX THEATRE occupaient des places de choix en plein cœur du champ de Mars.
Les familles pouvaient voir les films à même leurs voitures : On avait des « drive in » Ciné !
(A SUIVRE)

mercredi 19 août 2009

LE CONGRES DE LA DIASPORA HAITIENNE A MIAMI AOUT 2009

Vous êtes un haïtien du dedans ou un haïtien du dehors ? Vous faites donc partie de la Diaspora Haïtienne ? En principe oui. Mais pas forcément si on tient compte de la « conceptualisation haïtienne » du vocable DIASPORA. Souvent l’appartenance à la Diaspora tient compte aussi du type de devise que vous manipulez. Pour cette raison, pendant de nombreuses années les haïtiens qui résident en République Dominicaine, malgré leur nombre important et la problématique sociale de leur présence en territoire voisin, l’impact de leur présence dans la configuration des relations haitiano-dominicaines, n’étaient jamais mentionnés comme faisant partie de cette Diaspora. Il en est de même des haïtiens qui habitent l’Europe.
Bref, il y a eu au début du mois d’août le congrès de la Diaspora Haïtienne. Les Haïtiens résidents en république Dominicaine y ont eu droit à une représentation puisque Edwin Paraison faisait partie des intervenants ayant même reçu des plaques de reconnaissance.
Nous avions eu la curiosité de savoir comment cela s’était déroulé. De prendre connaissance des résolutions et dispositions votées après les débats. Nous avions été déçu de constater que certains discours ont été prononcés en anglais sans traduction ni en Français ni en Créole.
Les bruits autour de la « Haitian Diaspora Marketplace » avec un fond de seulement 2.000.000 de dollars !!! Comme fond d’investissement pour le tourisme, la fabrication, l’agriculture etc…nous ont aussi déçus. 2.000.000 de dollars seulement. On comprend que l’on puisse commencer à construire des latrines dans le pays. Aujourd’hui en 2009….
Bref, nous avons reçu par email, un rapport d’un membre de la Diaspora ayant assisté au congrès de « l’UNITE »…
Lisez ce qui suit si vous êtes intéressés par le congrès de la Diaspora…..


Les minutes du Congrès de Miami
Par Roosevelt Jean-François
Ils étaient quelques centaines à participer la semaine dernière (6-9 août) au congrès de la diaspora haïtienne organisée par le Haitian League au Trump International Beach ressort à Miami. Ce congrès déroulé autour du thème de l’”unité” se voulait être “la grande réunion de la famille haïtienne”.
Jeudi soir, c’était la session d’ouverture. Au lobby de la Trump, les retrouvailles se faisaient drues. Les accolades et embrassades étaient on peut plus enthousiastes. L’atmosphère et le décor étaient plantés pour une grande réunion.
Il est presque 7:00pm, chacun se presse vers l’ascenseur. Rendez-vous au 3ème étage où se tiennent les salles de réception, d’exposition et de réunion réservées pour la circonstance.
Un comité d’accueil assiste les arrivants et vérifie leur identité et réservation. La musique se mélange aux conversations diverses et aux rires de joie et de contentement. Les serveurs passent le vin rouge, blanc, whisky etc… Pas de Prestige ni de Barbancourt. Un léger buffet froid est offert: saucisson, fromage, pain etc…
Dans la salle d’à côté, des exposants mettent la dernière main arrivent et arrangent leurs supports de communication.
Les maitres de cérémonie Herntz Phanor et Bernice Fidelia saluent l’assistance et annoncent l’ouverture du congrès en invitant les gens présents à observer une minute de recueillement “pour nos frères et sœurs qui ont trouvé la mort dans la mer de Turks and Caicos”.
En moins d’une trentaine de secondes, ils invitent le Chairman du congrès, Dr Rudolph Moïse à présenter ses propos de circonstances suivis du saxophoniste Jowee Omicil qui a interprété de façon magistrale l’hymne national américain et la Dessalinienne. Le père Réginald Jean-Marie de l’église Notre Dame d’Haïti de Miami a évoqué la prière.
Puis, ce fut une litanie de discours : Dr Bernier Lauredan, président de The Haitian League,USA; André Pierre, maire de la ville de North Miami, Joseph Célestin, ancien maire de la ville de North Miami, Joséphine Elizée Legros, Co-Chair du congrès; Henryka Manès, de la Floride; Prof. David Elcott de New York University; Sybil Elias, juge à New Jersey; Gérald Germain, ancien Ministre du Commerce et des Affaires Sociales d’Haïti.

Le Premier Ministre Michèle Pierre-Louis figurant dans l’agenda de la soirée était absent. Une autre intervention de sa part annoncée par les organisateurs pour la session plénière du vendredi matin n’a pas eu lieu.
Près d’une vingtaine de sessions regroupant chacune une moyenne d’une dizaine de panélistes étaient organisées pendant une période de 45 minutes. Les thèmes débattus concernaient l’agriculture, l’éducation, la santé, l’environnement, l’énergie, l’investissement, le tourisme, l’artisanat, le développement, les droits humains, les ONG’s, la religion, la diaspora, l’immigration, les médias, les arts et beaucoup, beaucoup d’autres.
Madame Pierre-Louis est arrivée samedi soir au congrès au moment du gala. Elle a salué tout le monde passant d’une table à une autre avant de laisser la salle par une autre porte. La table qui lui était réservée au haut du podium est restée vide pendant toute la soirée.
Clarens Renois et Florence Liautaud qui faisaient office de maîtres de cérémonie ont annoncé que le Premier Ministre était allée se reposer après “un long voyage” venant d’Haïti (Haïti-Miami) dans l’après-midi.
Des plaques d’honneur et de mérite ont été remises à Edwin Paraison de la Fondation Zile en République Dominicaine, Rudolph Moïse, Président du Congrès et Léonnie Hermantin du Lambi Fund.
Parallèlement, Dr Lauredan a reconnu publiquement dans l’assistance certaines personnalités ayant contribué à la tenue du congrès. Puis, il a invité l’assistance à danser Sweet Micky qui a pris place dans la salle des exposants transformée en piste de danse.
L’ambiance était festive avec l’animation du président du Compas et aussi culturelle avec des chorégraphies de quelques jeunes danseurs haitiano-américains.
La dernière journée du congrès, le dimanche 9 aout, a commencé à partir de 7:00am avec un petit déjeuner. L’accès était fermé à 8:00am en raison des conditions de sécurité exigées par la présence de l’ancien président américain Bill Clinton faisant office d’envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies en Haïti.
Le père Réginald Jean-Marie a évoqué le sens du leadership et de l’engagement tant nécessaire aujourd’hui pour lancer la rencontre de la matinée.
Il était suivi de l’administrateur intérimaire de l’USAID, Monsieur Alonzo Fulgham, un ancien volontaire du Corps de la Paix en Haïti. Celui-ci a invité les Haïtiens de la Diaspora à investir leur capital et partager leur expertise pour aider à la création d’emplois en Haïti. Il a souligné l’importance du programme dénommé «Haitian Diaspora Marketplace» lancé par l’USAID et la Fondation SOGEBANK qui fournit deux (2) millions de dollars pour soutenir des investissements de la Diaspora haïtienne dans des petites et moyennes entreprises en Haïti et ainsi permettre de créer des emplois dans la fabrication, le tourisme, l'agriculture, la construction, la technologie de l'information et bien d’autres secteurs. L’USAID/Haïti a également lancé un projet pouvant aider les Haïtiens à utiliser des fonds reçus de l’étranger à des fins d’investissements tels des comptes d'épargne, des nantissements pour des prêts d’affaires et d’éducation, et des bourses d’études
Rudolph Moïse remercie le représentant de la USAID et improvise un résumé du contenu de son intervention et des besoins d’Haïti pour le moment. Il continue de parler attendant, dit-il, l’arrivée du Premier Ministre. L’attente devait durer près de 15 minutes et le président du congrès profitait de la circonstance pour étaler ses prouesses personnelles comme médecin, aviateur de l’armée américaine, acteur de cinéma etc…
Le Premier Ministre Michèle Pierre-Louis est rentrée dans la salle en saluant quelques personnalités qui se trouvaient au premier rang. Elle était assistée de son chef de cabinet, Daniel Henrys et du consul d’Haïti à Miami. Elle a présenté un brillant discours en Créole autour du thème de l’unité et dégagé la portée d’un mouvement d’unité pour Haïti à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.
Les propos du Premier Ministre étaient entrecoupés d’applaudissements venant de la satisfaction du public présent dans la salle.

Entretemps, un membre du cabinet Clinton fait signe de la main au Dr Lauredan pour venir le trouver en coulisses. Vraisemblablement, il a fait savoir à Lauredan d’aller sur le podium pour demander au Premier Ministre de raccourcir son intervention. Lauredan a passé le message à Moïse qui a acquiescé de la tête. Moïse a gravi le podium en glissant légèrement ses pas vers le Premier Ministre qui parlait. Il a tapé l’épaule gauche du Premier Ministre qui a du suspendre momentanément son discours et lui a chuchoté quelques mots à l’oreille.
Le Premier Ministre a du bâcler la fin de son intervention soulignant qu’on lui a demandé de terminer pour faire la place au Président Clinton. Ce qui a déclenché un malaise dans la salle.
Lauredan a pris la parole pour annoncer Clinton. Celui-ci n’était pas encore prêt et Lauredan s’est lancé dans un one man show tragi-comique pendant plus de quinzaine de minutes. C’était comme un « one man show » dans un lakou du pays devant une dizaine de caméras des stations de télévision et de nombreux invités. L’homme parle de tout, de rien, voire de rien du tout. Puis, il chante et danse. Puis il annoncé « ladies and gentlemen, the president of the United States of America » et sur la huée de l’assistance, il se reprend « pardon, the former… the former president… ».
Clinton a remercié Lauredan pour son extraordinaire présentation et après les salutations d’usage il a rappelé les moments de sa présidence où il était toujours accueilli avec de la musique. Et c’est ce qui lui manquait le plus le plus même 3 mois après avoir quitté le pouvoir.
Puis, il a présenté le préambule de sa mission et sa description de taches. Clinton a annoncé la visite d’une délégation commerciale en Haïti en octobre prochain. Il affirme qu’il ne va pas s’immiscer dans la politique interne et qu’il fa faire le plaidoyer d’Haïti au niveau international.
Roosevelt Jean-François
www.myspace.com/rojefra

lundi 27 avril 2009

Question de protocole, Monsieur le Président…

Le président René Préval laissera définitivement son nom dans les anales d’histoire du pays. Son nom sera associé à plusieurs records. Il sera sans doute l’un des rares président d’Haïti à avoir terminé deux mandats (ou plus !). Il aura été aussi l’un des rares présidents à avoir fait deux passations pacifiques de pouvoir. Il aura été l’un des rares présidents à rester à vivre dans le pays après avoir terminé deux mandats.
Un autre aspect parmi des centaines qui aura en quelque sorte caractérisé la griffe de Préval durant ses mandats sera sans doute sa façon de démystifier et de vulgariser la fonction présidentielle. Ne possédant pas un bagage intellectuel qui ferait de lui un orateur au style ampoulé, il s’est catonné dans les limites d’un parler léger proche du citoyen ordinaire.
Cette tendance à être proche du citoyen ordinaire n’est pas mauvaise en soi. Cependant il faut savoir dominer et prendre le contrôle sur le temps et sur l’espace de façon à ne pas rater les occasions quand il faut sortir de la mêlée et faire montre d’une attitude te d’un comportement de chef d’état, de Président de la République.
Dans ce contexte, notre président s’est taillé une réputation en or. De la taille de la part du lion. On est arrivé à se demander ce qu’est devenu le service de protocole de la présidence.
Les forums de discussion on l’on parle d’Haïti raffolent des gaffes présidentielles. Un président qui au cours d’un banquet boit le « coup » de trop et qui arbore le vrai sourire d’ivrogne, un président exhibant en présence de dignitaires de haut rang le fond décousu de son pantalon ont autant de sujet qui souvent attirent la foudre des adversaires du premier citoyen de la nation haïtienne.
Et la cerise sur le gâteau, une attitude dont il devrait définitivement réclamer des royalties, c’est sa capacité de faire accroc au protocole mondialement établi. C’est assez simple pourtant expliquer ce que nous pouvons appeler une « prévalerie ». Dernièrement, tous les dignitaires du continent Américain se sont parés de leurs plus alléchants plumages pour participer à un sommet historique. Le sommet des Amériques. Un sommet différent avec la présence du Président Barak Obama, l’homme le plus sympathique, le plus adulé du monde aujourd’hui. Un sommet d’autant plus important dans la mesure ou pour une fois tout le monde s’attendait à voir et sonder la nouvelle image des Etats-Unis d’Amérique, un pays plus humain, plus à l’écoute, moins hautain ; un pays capable et disposé à faire des mea culpa, reconnaître ses errements. Pourtant le président Préval à sans aucun doute volé le vedettariat à Barak Obama. En matière de gaffes. On s’entend bien.
En effet la chaîne CBS a permis de voir une séquence assez pathétique filmée pendant que le président Préval essayait de serrer la main à Barak Obama. La scène est indescriptible. Il faut le voir pour le croire. Tous les Haïtiens ont du visualiser à plusieurs reprises, la « brimade » récoltée e fait par Préval qui a pu saisir brutalement l’avant bras du Président américain dont l’attention était portée ailleurs. Ce que l’on ne saura jamais c’est l’interprétation du comportement du président du monde face à son homologue haïtien.
Ce qui est pitoyable dans cette histoire c’est d’imaginer la naïveté d’un président de la République nom renseigné et éduqué sur les principes d’étiquettes et de protocole. Nous disons naïveté par respect au premier citoyen de la nation. Le vrai mot n’est sans doute pas naïveté.
Dans ce genre de réunion, il y a peu de place à l’improvisation. Les poignées de mains sont mimées devant des caméras. Le profil droit ou gauche est plébiscité. Le sourire est coaché à l’avance. On ne laisse rien au hasard. Dans le cas de la proximité de Barak Obama, pour des raisons obvio, ces éléments sont travaillés et considérés avec encore plus de minutie.
La faute ‘est pas imputable au seul président Préval mais à son équipe de gouvernement et plus particulièrement au service d’Etiquettes et Protocoles. S’il y en n’a pas au Palais national, nous ne sommes pas sortis de l’auberge de la honte.
Au début du mandat présidentiel, le service d’étiquette et protocole n’avait pas fait son travail de filtrage, de commun accord avec le service de presse de la présidence, et Preval s’était fait accrocher par un journaliste dominicain qui lui avait posé une question embarrassante. Le journaliste selon, les informations de l’époque lui aurait demandé si les citoyens haïtiens étaient maltraités en République Dominicaine.
En diplomatie, ces genres de questions ne se posent jamais. Les questions sont généralement filtrées de façon à ce que le Président ne se retrouve pas dans « ses petits souliers ». Ce fut le cas du président.
Une autre prévalerie constatée lors du sommet des Amériques a été gravée moyennant une photo inoubliable captée par les journalistes couvrant l’évènement. Nous la partageons avec vous comme preuve corroborant tout ce que nous venons d’écrire qui ne sont guère des critiques acerbes contre un président de la République, mais l’expression de notre indignation qui n’a d’objectif que de faire comprendre que l’on ne peut pas toujours faire des miracles quand comme corollaires anti-scientifiques on voue une allégeance religieuse à l’improvisation.

jeudi 9 octobre 2008

LONGUE VIE AUS FUTURES "CITES PREVAL"

Aujourd’hui, une de nos particularités comme peuple c’est que nous sommes dépositaires d’une certaine façon de pensée et d’ure certaine manière de faire les choses. Ce n’est plus intéressant de jauger ou valorises notre manière de faire puisque c’est un fait. A prendre ou à laisser. Surtout toujours en tenir compte. Comme dirait notre bonne amie Sara Gonzalez Villegas, auteur du livre publié en espagnol « Encontré el Olimpo Bajo mi cama » « ce n’est ni bon ni mauvais c’est dif-fé-rent ».
Ces particularités nous définissent et nous caractérisent en quelque sorte. Et elles nous stigmatisent à un point tel qu’elles prennent le pas sur notre essence même. Nous sommes l’un des pays les plus corrompus de la planète, le pays le plus pauvre de l’hémisphère, nous sommes les prototypes de ce qu’il ne faut surtout pas faire, nous sommes utilisés comme échantillons pour démontrer l’intérêt de lutter pour protéger l’environnement…
Ces considérations font planer sur toute entreprise destinée à Haïti le spectre d’un échec annoncé. Pessimisme démesuré ou fatalisme endémique, la réalité des faits et du terrain sont là pour les corroborer.
Alors que faire ? Quoi faire ? Comment faire ?
Ces questions doivent entretenir un combat constant dans l’esprit de tous ceux
qui voudraient agir pour améliorer les choses.
Le Président René Préval revient des Etats-Unis avec une promesse de récupérer 2.600 « mobile homes » utilisés à Miami depuis vingt ans comme abris de fortune mis à la disposition des gens déplacés ou victimes des intempéries. Pour reprendre le mot du président ces constructions qui ont survécu 20 ans en terre américaine auraient encore une durée de vie de 20 ans.
Ce que le président et les gestionnaires de ces futures « cités Préval » ne doivent pas oublier c’est que ces structures ne seront pas utilisées dans les mêmes conditions en Haïti. Hors mis les conditions climatiques qui devraient être à peu près identiques, les occupants risquent de diverger de façon diamétrale dans les modalités d’occupation et d’utilisation.
Le premier adversaire de taille contre lequel la survie de ces structures devra se battre c’est avant tout la conception haïtienne du « bien de l’état ». L’état pour nous les haïtiens n’est pas une « entité ». La notion d’identité ou entité étatique n’a jamais germé dans notre cerveau. Serait-ce à cause de l’absence notoire de ce dernier ou l’assimilation et l’amalgame Etat-Pouvoir ?

Toujours est-il que pour nous quelque chose qui appartient à l’état n’appartient à personne ou appartient à tout le monde. Et n’importe qui peut en disposer. Surtout à sa guise.
En ce qui concerne les « mobile homes » disposer à sa guise voudra dire les déchiqueter, les dépecer pour en vendre les pièces et les parties dans les rues. De leur supposée 20 ans de survie, nos pauvres mobile homes subiront les affres de la déconsidération de leurs occupants pendant quelques rares années pour finir en déchets encombrants.
Peut-on détourner le cours du destin ? dira-t-on. Oui. Rien n’est impossible. Il faut surtout se défaire de l’emprise du fatalisme pour attaquer l’irresponsabilité institutionnalisée érigée en déterminisme.

Si ces structures sont mises à la disposition des particuliers, il faut avertir clairement que toute tentative de destruction du matériel sera considéré et traité comme un délit puni par la loi. Les autorités locales qui auront à charge l’administration des « cités Préval » devront assumer une surveillance serrée et régulière des locaux.
Là encore surgit un obstacle d’un autre genre. Les surveillants. D’où vont-ils sortir des gens avec une vision différente des occupants éventuels ? Si ces individus promus partagent la même conception de la « chose de l’état », ce sera une occasion pour eux de se faire quelques sous en monnayant leur silence et leur cécité. Il faudrait faire appel aux membres de la force de l’occupation…LA MINUSTAH !

Nos réflexions sont parties un peu de trop loin. Nous avons mis la charrue avant les bœufs. Nous avons considéré certaines situations à partir d’un endroit établi avec des « mobile homes » distribués et attribués à des gens dans le besoin.
Cependant ce ne sera pas une mince affaire que de pouvoir distribuer justement ces logements.
Ceci pour plusieurs saines et bonnes raisons. La première elle est de taille : le ratio grand nombre de demandeurs – Nombre d’unités disponibles. Ceci va exiger dans le meilleur des cas de l’établissement de critères d’éligibilité clairs et stricts. Mais nous entendons déjà des voix s’élever pour dénoncer de la corruption dans les attributions. Vraies ou fausses, les dénonciations et accusations seront légions. Tout sera bon pour faire « monter » son nom : l’amitié avec les élus locaux, les liens de sang ou de cœur avec des responsables et surtout les sempiternels pots de vin.
Pour éviter tout soupçon, il faudra probablement en laisser la gestion à une entité capable de se situer au-dessus de ces éléments, capable d’une certaine objectivité acquise par la neutralité : LA MINUSTAH…
Nous vous laissons le choix de tirer vous-mêmes vos conclusions. En attendons nous souhaitons longue vie aux futures Cités Préval !

DL pour Haïti Recto Verso

mardi 9 septembre 2008

La somme du jour… 1.300.000 dollars américains

On le sait déjà. Haïti est le pays de la démesure. En matière d’incongrue nous sommes plus performants que Usain Bolt.
Haïti est encore une fois revenue au devant de la scène. Comme d’habitude ce n’est pas en témoignage d’un exploit. Nous faisons encore pitié, comme des milliers d’espèces en voie de disparition. Notre pays se meurt peu à peu. Pendant longtemps on s’est posé une partie des questions classiques : qui, quoi, comment pourquoi, quand et avec qui . Les réponses obtenues n’ont jamais été satisfaisantes. Aujourd’hui nous vivons le temps de l’évidence de nos incartades devenue conneries et bêtises.
Dans la lutte sans merci livrée entre haïtiannité et haïtiannerie, un victorieux non attendu ni espéré se profile à l’horizon juste entre l’infini et l’impossible. Comme des prédateurs nous ne ressentons aucune gêne à dépouiller peu à peu le pays de son essence, de son âme et de ses organes vitaux.
Je suivais cet après midi l’émission mené par Evrard Saint Amand avec comme invité le pasteur Chavannes Jeune, leader du parti UNION. Dans la présentation succincte du croquis de l’actualité il n’a pas oublié de mentionner une feuille de route avec les urgences à court moyen et à long terme du nouveau gouvernement de madame Michèle Pierre-Louis.
Une tâche évidemment facile si on sait et si on assume qu’en Haïti tout a toujours été urgent même quand rien n’a jamais été fait !
Sur sa liste de priorité il a mentionné la réalisation des élections sénatoriales pour renouveler le tiers du sénat qui devient de plus en plus fragile et presque dysfonctionnel. Rien d‘étonnant jusque là puisqu’il s’agit d’un prescrit de la Constitution.
Ce que les gens ne retiennent pas assez c’est justement le coût de ces élections partielles : 17.000.000 de dollars !
Une bagatelle me direz-vous. Mais c’est carrément immoral et amoral parler de dépenser 17.000.000 de dollars pour renforcer la patte bancale de la démocratie que la communauté internationale veut nous imposer comme une camisole de force.
Immorale et amorale aujourd’hui ou des milliers d’haïtiens déambulent les rues en quête d’espoir dans un environnement hostile et invivable. Le gouvernement haïtien devrait apporter 4.000.000 de dollars et la communauté internationale devrait apporter le reste. Soit 1.300.000 dollars américains par sénateur !!!
Trop cher payer pour un sénateur si on tient compte du spectacle que protagonisent ces parlementaires devenus politiciens sur les ruines du vide laissé par ceux qui n’ont pas voulu revoir au rabais des fonctions aussi nobles et utiles telles que député et sénateurs de la République
Le pasteur Jeune, pour rester dans l’air du temps à fait remarquer que la restructuration des bassins versants de la ville des Gonaïves coûte la coquette somme de 50.000.000 dollars.
Le ministère de l’environnement n’est certes pas en mesure de se lancer dans de telles aventures par faute de ressources. Cependant il est rageant d’apprendre que la Communauté internationale choisit de subventionner les élections sénatoriales partielles à hauteur de 14.000.000 de dollars.
Si les amis d’Haïti établissent une feuille de route sans tenir compte des priorités dans l’ensemble des besoins de la population, on est en raison de se demander contre qui joue cette bonne et sempiternelle amie d’Haïti.
Les haïtiens qui crèvent de faim n’ont que faire de ces sénateurs de pacotille !
NON AUX ELECTIONS SENATORIALES PARTEILLES, EVITONS LE PIRE AUX GONAIVES !

Texte original par Dr JJ pour Haiti Recto Verso

samedi 16 août 2008

SACRES CHINOIS...PREMIERE PARTIE: FALLAIT-IL BOYCOTTER LES JEUX OLYMPIQUES?

Sacrés chinois ! Fallait-il boycotter les Jeux Olympiques ?
Qui peut aujourd’hui sous estimer le poids de la Chine sur l’échiquier mondial ? Personne. La Chine c’est cet ami que l’on traite avec parcimonie. Ce collègue difficile à cerner ; au sourire large sans doute énigmatique, au courroux retenu et ravageur. Ce partenaire choyé et craint à la fois.
Souvent les grandes idées modernes et révolutionnaires semblent s’arrêter au pied de la merveilleuse muraille. Ces murailles sont si infranchissables que jusqu’à présent les échos des voix de ceux qui se sentent lésés dans leurs droits n’arrivent pas à la percer pour toucher les oreilles attentives maîtres du monde, les défenseurs de la démocratie, les zoros de la justice sociale, le super man de la justice sociale, les « chapulin colorado » des droits de l’homme.
Delà qu’il n’ y a jamais eu ni de sanction, ni d’embargos ni de guerre contre la chine en vue de pousser les autorités à ouvrir le pays à la démocratie. Nous avons oublié de souligner l’absence de pétrole en chine parmi les considérations du paragraphe antérieur. Bref pour la géopolitique mondiale ce n’est surtout pas déterminant. N’est-ce pas.
Malgré les convictions et les principes prônés par les autorités chinoises le Comité Olympique International n’a pas sourcillé une minute en accordant l’organisation des jeux à ce pays même si l’esprit des jeux pourrait, à un moment de le durée diverger des principes chinois. L’idée avait été de promouvoir les changements en faisant pression de l’intérieur, du genre des agents qui infiltrent les organisations malhonnêtes pour pouvoir les arrêter et les ramener à ordre.
Peu de temps avant le début du traditionnel parcourt de la flamme olympique les relations entre la Chine et le Tibet se sont envenimées avec des répressions, des emprisonnements et des morts.
Les grognes retenues de ceux-là qui n’ont jamais compris les largesses cédées à la Chine explosent . Les grogneurs ont profité pour dénoncer l’action du gouvernement central chinois en lançant un mot d’ordre de boycott au parcours de la flamme olympique. Le mot d’ordre est lancé et capitalisé par Reporters sans frontières dont les membres et sympathisants vont passer rapidement de la parole aux actes.
L’inauguration des festivités marquant le début des jeux olympiques se verront profondément perturbées. Le coup d’envoi était donc donné d’une chronique de bordel annoncé pour la fameuse flamme olympique qui est sensée réunir, autour du des différentes disciplines sportives, toute l’humanité.
Après les actions assez répréhensibles pour certains des chefs de fil de Reporters sans frontières, l’idée de boycott des jeux fit des émules un peu partout dans le monde et bien entendu en France ou la flamme était attendue quelques jours plus tard.
Un concours de circonstances combiné à un hasard de calendrier m’a permis de vivre en direct un très grand moment à Paris, lors du passage gâché de la flamme olympique.
Je suis arrivé à Paris le samedi en début d’après midi. Je n’ai pas eu ni l’idée ni envie de visiter Paris. Je me suis donc vautré dans ma chambre d’hôtel pour…dormir…Pour me bercer pendant mon sommeil parisien j’ai allumé la télé et je suis tombé tout à fait par hasard sur une chaîne câblée anglaise qui assurait justement le parcours de la flamme Olympique sous forte escorte policière anglaise et chinoise.
Là j’ai réalisé que la flamme olympique allait passer par de dures épreuves surtout après avoir traversé la manche en territoire français, la terre des droits de l’homme.
J’ai trouvé assez amusant de voir la protection déployée sur le trajet de la flamme. Du suspens à n’importe quel moment, à n’importe quel coin de rue, en guise d’une foule bonne enfant applaudissant les relais et les sportifs prêt-à-porter
Durant des heures j’ai suivi, l’air amusé les interventions des grogneurs surgissant avec extincteurs à la main, défiant les forces de l’ordre qui essaient à tout prix de maîtriser ces illuminés de la cause Tibétaine. J’ai vu l’air amusé, un soldat des droits de l’homme se jeter sur une présentatrice de télévision d’une chaîne anglaise , très jolie, menue et délicate.
En dehors du côte presque hilarant de voir quelques minutes après cette frêle demoiselle encore tremblotante, sous le coup de l’émotion , il fallait constater que le spectacle du parcours de la flamme olympique dans les rues de al capitale anglaise ressemblait a tout sauf le parcours d’une flamme olympique. En effet le double ou triple cordon de sécurité disposé autour de ce symbole rappelait plutôt l’accompagnement d’un élément dangereux très exposé.
Je savais certes que le lendemain elle devrait sillonner les rues de Paris. Et drôle de coïncidence, moi aussi j’étais à Paris. Mais j’ignorais que j’allais me retrouver à peu près dans les parages de la Tour Eiffel au moment du passage de la flamme à ce niveau.
Ainsi je me rendis normalement à mon rendez-vous tôt dans la matinée et quelques heures après je me suis régalé ma petite promenade sur l’avenue la plus belle du monde : Les Champs Elysées…
Arrivé à la hauteur de l’arc de triomphe. Comme d’habitude des touristes de tous les faciès brandissaient des sourires les uns plus différents que les autres le temps d’une pose photo ; ou d’une pause tout court. Les jeunes amoureux veulent éterniser un baiser échanger juste devant la gerbe et le feu placés en hommage au soldat inconnu. Bref, l’activité de tous les jours au pieds d’un des monuments les plus visités du monde.
Cependant, en ce lundi 7 avril, la file d’attente pour gravir les sommets était plus longue, plus lente . En fait, des agents de la police faisait une fouille profonde et minutieuse. Les sacs des femmes étaient révisés à la loupe. Les inscriptions sur les T-Shirts étaient lus déchiffrés et contrôlés. Les forces de l’ordre cette fis-ci avaient interdit des choses qui sont généralement acceptées
Sans trop me demander pourquoi, je commençai à chercher ma route vers la Tour Eiffel. Avec ces édifications exagérément haut, on a toujours l’impression de les atteindre dans cinq ou dix minutes de marche. Cependant après une demie heure on comprend ce que c’est la vision en contre perspective. …(A SUIVRE)
(DL pour HRV)

samedi 14 juin 2008

MATIN CARAIBES ET MOI... BONNE FETE "MATINS CARAIBES

Une vision horizontale de ce monde qui bouge à l’allure des temps présents pousse de plus en plus à des réflexions plus ou moins profondes et surtout à la revalorisation des vérités jadis absolues.
Les mutations se bousculent aux portiques de nos habitudes et les perceptions s’inclinent vers de nouvelles adaptations. Plus que jamais nous nous sentons emportés par la valse des temps modernes et happés par les technologies nouvelles.
Nous subissons sans pouvoir réagir.

Nous réagissons sans la certitude d’atteindre un certain degré d’efficacité. La nécessité de survie nous oblige à reconfigurer l’envers de nos priorités.
La course en est terrible. Haletante pour les mieux lotis ; sans pitié pour les perdants. Le normal en devient génial ; l’habituel exceptionnel.
Dans ce modèle imposé de dé-socialisation, il est plus que louable de voir et d’apprécier des efforts tournés encore vers le collectif. C’est justement dans ce contexte que s’emboîte le travail des producteurs et animateurs de « MATIN CARAIBES ».
Vous ne savez pas ce que c’est ? C’est pas grave. Vous n’êtes pas haïtien et vous n’êtes pas intéressés non plus par ce qui se passe en Haïti. C’est pas drôle mais c’est pas grave non plus. Personne n’est parfait.
« MATIN CARAIBES » est une émission diffusée du lundi au vendredi après huit heures sur les ondes de Radio Caraïbes sur la bande FM pour Haïti disponible sur le net pour les haïtiens de l’extérieur et les haïtiannophyles .
Ils sont quatre : Caleb, Yvener, Ricardo et Ti-Fritz, les conducteurs de cette émission qui vise la formation et l’information des membres de la société dans une ambiance montée sur un fond de divertissement. « MATIN CARAIBES » s’oriente aussi vers la « responsabilisation » des différents acteurs de la société , tout en définissant avec clarté les notions de droits et devoirs dans leur portée et surtout leurs limites à l’intention des gouvernants et gouvernés, « administrants » et administrés.
L’une des multiples forces de cette émission déjà ancrée dans les coutumes journalières de la population réside probablement dans les différences qui caractérisent la personnalité de chacun des conducteurs. Dans la mesure ou le projet « MATIN CARAIBE », aujourd’hui institution, est conçue avec une extrême intelligence, l’harmonisation de ces différences permet l’obtention de produit fini de très haute qualité et dans le fond et dans la forme. Ils miment ces ingrédients aux arômes variés et aux saveurs quasi opposées et contradictoires qui se combinent à proportions égales pour faire d’un plat banal un met succulent délicieux et recherché, fleuron de la meilleure cuisine du monde.
Entre un Yvener au verbe juste mais toujours tranchant et aigu, respectueux et gardien jaloux de la logique des principes et un Ti-Fritz capable de sortir des éclats de rire d’une atmosphère de funérailles solennelles, se placent comme deux opinons-tampons métissées à travers les participations d’un Caleb modérateur et juste, et un Ricardo Césaire un adepte du « Castigat ridendo mores »
Cet agencement génère ce produit, « MATIN CARAIBE » qui à l’instar de ces mouvements rassembleurs contribue à créer une génération de citoyens qui adhèrent avec une fierté non dissimulée aux principes prônés et défendus par les conducteurs du programme radial.
Aujourd’hui, il en est un de ces distingos que beaucoup d’haïtiens aimeraient arborer et crier aux quatre vents. Etre VIP de « MATIN CARAIBE ». La qualité de VIP ne se limite pas a décliner son appartenance à un club mais témoigne d’un engagement formel à participer à la renaissance d’Haïti.
Nous avons malheureusement découvert il y a moins d’un an que Radio Caraïbes était disponible sur le net. Le décalage horaire aidant favorablement nous pouvons très souvent pour ne pas dire tous les jours suivre les différentes sections de l’émission. Nous aimons rire à gorge déployée à l’écoute de ces « lapsus linguae », les « surettes » (pour les natif-natals) dont seulement TU-FRITZ a le secret ; ses démêlées – style maître Jean Jacques- avec les langues de Shakespeare et de Victor Hugo, produisent aussi le même effet hilarant.
La découverte de MATIN CARAIBE, une émission vieille seulement de trois ans, a été pour nous ce brin de lumière visible au-delà des structures de l’imposant sombre et interminable tunnel érigé en vrai « via crucis » aux fils de cette terre. Depuis, nous avons cessé de douter..aujourd’hui nous croyons…
Les gens ne se trompent pas. « MATINS CARAIBES » est sans aucun doute l’émission phare de la radiodiffusion haïtienne. Nous sommes surtout conscients de l’apport incommensurable du travail de ces journalistes bien imbus du sens de leur métier à la cause haïtienne. Nous demeurons aussi persuadés que Haïti pourra effectivement se lancer sur les sentiers du renouveau quand l’ensemble des idées véhiculées à travers des émissions de ce genre s’emparera de l’esprit de chaque citoyen du pays.
C’est justement dans cette optique d’heureuse perspective que nous souhaitons longue vie à MATIN CARAIBES et à ses journalistes et que l’aura de cette émission émule et crée des vocations. Pour le bien être d’Haïti et des Haïtiens, le plagia serait assez bien supporté. Haïti a besoin de centaines et de milliers de Caleb, Yvener, Ricardo et Ti- fritz…
Nous sommes heureux et fiers de porter comme un standard inébranlable notre haïtiannité…

mercredi 21 mai 2008

DIRIGER UN PAYS AUX FACIES DE "LATRINE SANS PORTE"

Comment se sont –ils démerdés pour en arriver là ?
Cette question trône encore dans ma tête. Pourtant ça fait déjà cinq ans que cette dame me l’avait posée lors d’une conférence sur Haïti. Cette dame, âgée de plus de 70 ans avait eu des bribes de nouvelles sur Haïti lors d’un voyage en République Dominicaine. Elle avait croisé durant des périples dans le monde catholique fervent et humaniste, les regards tristes et pitoyables des haïtiens des bateyes.
L’invitation à cette conférence que devrait prononcer un illustre citoyen haïtien de la Sorbonne était l’occasion rêvée pour comprendre pourquoi il y avait autant de différence entre Haïti et République Dominicaine s’il s’agissait de deux pays partageant un petit lopin de plus de 70.000 kilomètres carrés.
Je vous passe de la réponse et du complément faisant appel à tous les circonstances historiques particulières qui ont donné naissance aux deux nations. Je me suis appuyé sur l’histoire pour affranchir le pays lui-même des responsabilités et culpabiliser sans pitié et sans peine ceux qui ont pris le destin du pays depuis 1804.
Cependant il m’est souvent arrivé de me reposer la même question. Surtout quand on évalue l’état des deux pays. La différence est si monstrueuse et visible entre les deux pays que l’on a l’impression que bientôt tirant chacun dans des directions opposées, la patrie de Duarte Sanchez et Mella va finir par prendre son envol en laissant Haïti accrochés à ses démons et au starting block.
La liste des éléments à faire valoir par les dominicains est interminable. C’est là encore une autre sujet de réflexion. Mais comme ils disent justement chez eux , « para muestra basta un boton ».
Cependant il serait injuste de ne pas mentionner dans le chapitre des réalisations à la hauteur des plus grandes nations, ces élections présidentielles du 16 mai dernier. En effet, après une campagne électorale à la hauteur de la perception de la politique chère au pays du tiers monde, les accusations de fraudes servant d’armes d’attaque et de défense des candidats, moins de 24 heures après le scrutin, les autorités dominicaines ont fermé les élections avec la proclamation d’un gagnant et d’un perdant qui reconnaît tout de suite sa défaite.
En attendant de notre côté on se oie dans un verre d’eau. Peu de gens s’inquiètent du fait que nous piétinons dans la merde dans une lutte d’intérêts peu évidents quand la réalité présente comme une responsabilité civile, un devoir civique celui de construire une nation au grand dam de ceux qui restent attachés à la conquête d’un pouvoir démodé, pour en faire des autorités type coq sans bec. Nous sommes en train de nous faire aspirer littéralement.
Mais rien n’est fait, nous ne faisons rien pour arrêter ce processus de descente en enfer. Les choses ailleurs banales et habituelles se convertissent en véritables prouesses chez nous et pour nous. La déliquescence de notre Etat-Nation n’est ni une Nostradamiade ni une prophétie. Nous y sommes. En plein dedans.
Des institutions n’existent encore que par le nom et les mouvements incessant de ceux qui les dirigent. Quand ce n’est pas par l’ampleur des accusations de corruption ou de vrais cas de corruption administrative.
Les institutions les plus importantes aujourd’hui intervenant directement dans la configuration de l’équilibre névralgique de ce qui reste encore du pays est démissionnaire. Nous nous référons par exemple au ministère de l’intérieur et de la sécurité publique et plus particulièrement le service d’immigration.
Ceux qui ont l’habitude d’écouter « MATIN CARAIBES » l’excellent programme du matin diffusé sur les ondes de Radio caraïbes FM ont du partager le désarroi des conducteurs de cette émission devant le dysfonctionnement caricatural de ce service au niveau de l’aéroport international TOUSSAINT LOUVERTURE.
En effet, actuellement, le service de l’immigration de l’aéroport ne dispose pas de formulaires pour enregistrer contrôler et comptabiliser la circulation au niveau de cet aéroport. Sur les onze ordinateurs que disposent le service, il y en aurait que trois en qualité de servir.
Les décideurs du service d’immigration n’arrivent même pas à s’indigner et s’inspirer de cette véritable chasse à l’homme qui est déclenchée partout contre les haïtiens en particulier contre ceux qui résident de l’autre côté de la frontière.
Comment imaginer aujourd’hui ne pas être en mesure de donner un formulaire imprimé sur un cinquième d’une feuille format A4 à un étranger qui rentre dans le pays ?
Si nos autorités s’en foutent pas mal, ceux qui reconnaissent la réalité des dangers et surtout l’importance des mesures de sécurité eux ne rigolent pas. A ce rythme, si cela ne se règle pas, s’il ne souffle pas le vent de la bonne révolte, pour débuter une croisade en faveur de la rupture nous essuierons encore une autre énorme déception.
Je ne serais pas étonné que pour des raisons de sécurité, que notre aéroport soit considéré dans le futur comme un port domestique et que tous les vols internationaux partent des aéroports dominicains.
Car nous ne présentons qu’un visage de « Latrines sans porte » à la face du monde.

Entre déprime et manfoubénisme

Vous n’êtes pas haïtien. Simplement vous avez de l’haïtien en vous. Vous êtes un haïtiano-quelque chose. Vous n’êtes surement pas un natif-natal. Hélas ! Personne n’est parfait.
Vous aimez tout ce qui est créole. Vous vous désintégrez devant le créole mais vous n’êtes pas de chez nous. Vos essais de traduction vous enlèvent la saveur particulière du coté imagé contextuel de notre langage. Je vous comprends. Encore Hélas.
Même quand vous vous acharnez avec attention sur les textes de Monsieur Euvrard Saint-Amand dans sa rubrique qui met à l’honneur le créole. Vous n’arrivez pas à vibrer comme je le fais moi. Personne n’est parfait hélas.
Sans doute vous n’avez jamais entendu le mot « manfouben ». Ce vocable ne vous dit rien. Et si j’écrivais « m’enfou-bien » ça vous dirait quelque chose. En fait, un substantif que le créole a fait de l’expression « je m’en fou bien » est devenu « manfouben ». Donc on comprend aisément que le « manfouben » est quelqu’un qui s’en fout « pas mal » de tout.
Plusieurs définitions pourraient être adossées à notre « manfouben » : Indifférent, fataliste, imbécile heureux, insouciant et j’en passe. Ce serait alors le mec qui s’en tamponne, qui s’en bat les machins, un adepte de la « zen-attitude » etc… Parmi toutes ces approches il y en a qui seraient plutôt éloignées de notre « manfouben » mais l’essentiel c’est de comprendre le sens et le contexte pour la suite.
Un jour, le « manfoubénisme » sera nécessairement enseigné à l’école. Ou des gens intelligents et avertis, un Bill Gates des temps plus-que-modernes créeront des centres de thérapie basée sur cette philosophie qui aura fait preuve d’une efficacité époustouflante et ébouriffante. Ceci se fera quand les grandes boîtes qui produisent les anti-dépresseurs seront en rupture de stock devant l’envolée extraordinaire et non programmée de la demande.
Aujourd’hui encore, grâce à Dieu – et pourvu que ça dure – il est encore assez facile de se procurer et se ravitailler en anti-dépresseurs. L’idée de choix ne s’impose donc toujours pas. Et ce, malgré l’entêtement des médias à nous saper le moral avec le tour du monde des insolites. Bon les insolites hier rentraient dans la rubrique incroyable mais vrai.
Aujourd’hui tout devient insolite. Ou sans doute n’obtient- on des sensations fortes qu’avec les insolites de l’insolite ? L’histoire d’un père qui garde sa fille prisonnière pendant vingt-ans, entame, entretient une relation incestueuse immonde avec en sus sept enfants-petits-enfants ne tombe plus dans la rubrique « hors de la grâce de Dieu ». Les Médias nous rapportent toujours des histoires de plus en plus alléchantes pour essayer d’appâter encore une fois notre curiosité.
Bref aujourd’hui il suffit de prendre sa voiture, capter une station qui diffuse des informations en continue pour se poser la question : La déprime ou le « manfoubénisme »
Voici un florilège d’informations qui conservent jalousement leurs substances en faisant varier le contexte géographique ou l’aspect identitaire des acteurs :
1. Le gouvernement chinois estime à plus de 50.000 morts et disparus le nombre des victimes du tremblement de terre.
2. Angelina Jolie monte les marches à Cannes le soir de la présentation du dernier film de Clint Eastwood. La star de Hollywood serait enceinte de jumeau
3. Les autorités Birmanes évaluent à plus de 1.500.000 sinistrés après le passage du cyclone. Les besoins de la population sont plus que jamais évident mais la jungle militaire (oops pardon) la junte militaire contrôle la rentrée de l’aide humanitaire qui n’arrive pas à cause de l’émission en compte goutte des visas. La junte Birmane annonce par ailleurs que le oui a remporté le référendum à plus de 85%.
4. Diego Maradona sur la croisette dans le cadre du festival de Cannes l’ex star du ballon rond assiste à la présentation du documentaire préparé par le réalisateur de génie E.K…
5. Les sud-africains résidant dans les anciens ghettos, symbole du hideux Apparteid s’en prennent aux immigrants Zimbabwéens qui arrivent de plus en plus nombreux en Afrique du Sud e quête de travail. Les zimbabwéens sont accusés de tous les maux de la création par les sud-africains qui considèrent qu’ils leur prennent leurs boulots, leurs logements, leurs bouffes et leurs femmes…Plus de cent tués en un mois.
6. Le prix du baril de pétrole poursuit sa hausse vertigineuse en flirtant avec la barre des 130 dollars. Cette hausse non maîtrisée semble être encore et toujours le résultat de l’arrivée massive des fonds spéculatifs sur le marché pétrolier. Déjà, les conducteurs ressentent une vraie crise à ce niveau se manifestant probablement par une certaine rareté du produit et il y a de plus en plus de voitures dans les stations d’essence. Il faut dire que personne ne semble se préoccuper de la flambée des prix des carburants qui représentent une manne pour les décideurs. Et ceci malgré la monté des prix des produits de première nécessité qui a motivé et déclenché les émeutes de la faim. Le Baril à 500.00 dollars c’est pour quand ?
7. Effet domino. Une chose entraîne l’autre. Les pêcheurs de France en grogne contre l’augmentation du prix des carburants bloquent certains ports, rendant difficile le ravitaillement en essence. En fait leur profession subit et supporte mal les effets de la flambée des prix du pétrole. Malgré le projet de modernisation des bateaux de pêche, l’achat de l’essence représente une trop grosse portion de leur budget. En dehors des considérations politiques une piste de solution serait justement de pêcher un peu plus. Les mers sont encore bourrées de poissons qui n’ont pas encore fait la grève ni sont menacés comme des espèces en voie de disparition. Des consommateurs potentiels il y en a aussi. Plus d’un français sur quatre n’achète pas de poisson à cause de leur prix exorbitants. Si vous mettez ces ingrédients dans un récipient vous fabriquez un bordel explosif pendant la logique humaine, pure et simple, voudrait nous faire croire que l’on se noie dans un verre d’eau, ou on meurt de soif à un pas de la fontaine. La réalité est encore plus dure à comprendre car nous avons oublié un élément fort : le système de quota imposé par la mondialisation. En gros, pour certains types de poissons, le pêcheur doit se restreindre à une quantité de tonnes, pendant que pour couvrir ses frais il aurait fallu en prendre plus de cinq fois la valeur imposée.

Ces sept histoires vous suffisent-elles à vous aider à envisager la possibilité de devenir « manfouben » ? Pouvez-vous encore vous procurez facilement du PROZAC ?
De mon côté le choix est fait. Il a été très simple. Je continuerai à démontrer – les informations à l’appui - qu’il n’y a pas de honte à se déclarer « manfouben ». Le siècle prochain je serai considéré comme pionnier ou « vanguardiste » d’un courant de pensée et de comportement qui évincera les bases solides des religions les mieux ancrées dans nos sociétés.Pour les incrédules, les indécis, les puritains, rendez-vous dans « les colonnes du manfouben »



(21/05/08 DL-JJ)

mercredi 16 avril 2008

FERNANDEZ LUGO , L’évêque des pauvres, l’évêque-Président…Saveur à déjà vu…

Il le disait souvent. Et toujours cette phrase déclenchait une hilarité insouciante chez les citoyens de mon âge qui ont suivi dans les années 70 et 80 les cours de Physique de Monsieur Verna. Oui avec ce ton qui lui était plus que propre, il disait à qui veut l’entendre « tout déjà vu est supposé su ».
Aujourd’hui, nous avons été bombardé par les situations les plus invraisemblables qu’il faut être dupe pour se laisser surprendre. Rien de nouveau sur le soleil pour les plus catégoriques.
Dimanche dernier, j’épluchais le net en quête d’informations et de gadgets pour améliorer le visage et le contenu de HAITI RECTO VERSO. Généralement j’allume la télévision sur des chaînes cryptées qui se passionnent pour la retransmission des matchs de football. Ils est assez intéressant de suivre un match de football car il est tout à fait possible de faire l’économie d’un des organes des sens. Si vous considérez à un moment déterminé que le commentateur dit un peu trop de conneries vous pouvez opter pour baisser le volume et ne regarder que l’image. Si ce qui vous importe c’est le résultat ou les moments forts de la rencontre, vous pouvez utiliser convenablement votre temps à faire autre chose et juste regarder la télé selon l’allure et l’intonation des voix de ceux qui assurent les commentaires et la description vocale des actions du match. Je ferme vite cette parenthèse pour ne pas incommoder les non-amants du ballon rond.
En effet juste avant le match, une chaîne cryptée présentait à son public une intéressante émission d’actualités comportant des reportages sympathiques et dignes de mon attention.
Je me suis arrêté dessus car on parlait justement des déjà-fameuses et inhumainement célèbres « émeutes de la faim » touchant des pays comme Haïti, Le Zaïre, Les philippines, l’Egypte entre autres. Juste après, « Effet Papillon » - le nom de l’émission – est parti au Paraguay pour parler d’un phénomène : Un évêque qui laisse tomber sa soutane pour aspirer à la bande présidentielle au Paraguay.
Je me suis dit, tiens ! ça me dit quelque chose.
A manière d’introduction, le journaliste ne tarda pas à peindre un tableau assez « pittoresque » de ce pays enclavé en Amérique du Sud: l’un des plus pauvres du monde, supportant et survivant du poids du trafic de drogues, dirigé depuis 60 ans par un seul et même parti ayant fait de la corruption un modus vivendi couplé à un modus operandi.
Je me suis redit, tiens, tiens ça me rappelle quelque chose.
En quelques images du personnage, le décor était monté pour une histoire ressemblant à tant d’autres. Il s’agit de l’ancien évêque Fernando Lugo.
Avant le drame d’Ingrid Bétancourt, après la confrontation George Bush-Hugo Chavéz, les médias européens ne sont pas toujours très friands de ce qui se passe en Amérique du Sud. Il faut dire aussi que la succession de coups d’état, les régimes totalitaires, les cartels de la drogue suivis par leur cortèges de crimes, ne doivent pas enlever le sommeil à des citoyens acquis à la cause de la démocratie parfaite et absolue.
Les élections présidentielles dans ces latitudes ont toujours les mêmes saveurs, les mêmes odeurs et les mêmes couleurs. Les campagnes électorales ne se font pas en ventant un projet ou un programme politique mais à coups d’invectives; et le vainqueur est souvent celui qui d’une part, a su démontrer que l’adversaire est beaucoup plus pourri et surtout en utilisant les ressources de l’état pour: acheter des votes, monter des fraudes massives et s’acheter les faveurs et des forces armées répressives, et de l’oligarchie qui ne saurait jamais être lésée dans ses intérêts. Tout ceci au détriment du peuple qui anime les cortèges de campagnes électorales , crient des slogans vides de sens et qui délivrent sans coup férir une étiquette de messie à celui qui ne fera rien que piétiner leurs droits les plus élémentaires.
Dans cette atmosphère de jungle, il est toujours salutaire pour nous qui faisons partie des humains qui croient que l’homme naît bon -et si tel n’était pas le cas il faudrait s’en prendre aux parents- de voir un homme doté d’un certain profil vouloir se jeter dans la gueule du loup pour aplanir les sentiers de l’inégalité. Et qui peut mieux faire qu’un homme de Dieu ?
Une grande partie de la population du Paraguay rêve de lendemains meilleurs avec Fernando Lugo au pouvoir.
Fernando Lugo est né en 1951. Homme d’église et homme de Dieu il voulut allier le symbolisme de la foi à la force de l’action positive et constructive. Le parcours de l’homme de la création comporte un séjour sur terre pourquoi ne pas lutter pour l’application des préceptes divins et chrétiens dans l’administration de la justice sociale et le partage équitable des richesses. Ces réflexions pour un homme d’Eglise le jette en un clin d’œil de l’autre côté du traditionalisme religieux plus prompt à prêcher une certaine philosophie basée sur la résignation pour tomber ne plein dans l’univers troublant de la théologie de la libération.
Voici donc Fernando Lugo converti en religieux-militant qui va défendre les intérêts des paysans sans terre contre les intérêts des latifundistes tout- puissants. Après avoir voulu et tenté de définir une ligne de démarcation entre la politique et la religion, sa prise de position manifestée dans ses engagements lui vaudra une retraite anticipée comme évêque à 52 ans contre la moyenne de 75 ans pour les religieux ayant suivis une trajectoire plus verticale.
Il recevra une liste avec des milliers de signatures de citoyens paraguayens lui suppliant de se présenter comme candidat aux élections présidentielles de dimanche prochain.
Sous la bannière de l’Alliance Démocratique pour le Changement, il prétend provoquer la rupture avec une façon de gouverner qui est l’apanage d’un parti rouge et coloré au pouvoir depuis 60 ans.
Les sondages d’opinion et les avis des observateurs experts en la matière lui concèdent un avantage de 6% sur le candidat officiel qui possède une arme majeure et infaillible depuis pas mal de temps : la fraude massive. Selon ces mêmes voix autorisées, un avantage pour résister aux fraudes, magouilles et irrégularités et être déterminant doit être égal ou supérieur à 10%.
Un autre inconvénient de taille contre le succès de Monseigneur Lugo réside dans son positionnement par rapport à la lutte d’influence stratégique et politique de la zone. En règle général celui qui défend les paysans sans terre contre les latifundistes se met automatiquement une veste de communiste ou gauchiste sur le dos. Dans la lutte opposant Bush et Chavez, Lugo est définitivement plus prêt de la ligne de démarcation de Chavez que de celle de son ennemi juré.
Une victoire de Fernando Lugo représenterait pour la Communauté internationale un renforcement de l’axe pseudo et procastriste revitalisé par Chavez ayant entrainé dans son sillage Evo Morales et Daniel Ortega.
Tout ceci pour signifier qu’il ne faut pas s’attendre à des voix criant aux fraudes ! pour écarter le candidat officiel garant du statut quo.
Nous souhaitons le meilleur choix au peuple paraguayen puisqu’on a coutume de dire que les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent.
Le Paraguay peint par les journalistes ressemblent étrangement à Haïti après la chute et la fin de la dictature de Jean Claude Duvalier. Après une succession interminable de coups d'état, un certain Jean Bertrand Aristide, prête Salésien reçut la bénédiction d'une garnde partie de la population pour incarner le symbole du changement et de la rupture. Aujourd'hui il vit en Afrique du Sud.. en exile...
Et à Monseigneur Fernando Lugo, s’il devait bénéficier du verdict des urnes nous lui conseillons de s’inspirer de l’histoire d’un certain Jean Bertrand Aristide qui avec un parcourt similaire n'a pas su capitaliser l’énorme privilège qui lui a été accordé pour se transformer en dirigeant et icône de la rupture.
Son interprétation de la théologie de la libération lui a valu un aura aussi peu brillant que les tristes et opaques diadèmes qui ont coiffé les dictateurs les plus sanguinaires de l’histoire d’Haïti.
Nous aimerions ne pas dire en pensant à l’éventualité d’une victoire aux urnes de Fernando Lugo : Tout déjà vu est supposé tout ; ni adapter le titre du roman de Gabriel Garcia Marquez pour prédire la chronique d’un échec annoncé.
Le tout, pour le bonheur du peuple du Paraguay.
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Texte original
Auteur
Decky Lakyel
16/04/08