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jeudi 24 novembre 2011

La société civile haïtienne se penche sur l'efficacité de l'aide à Haiti par Gotson Pierre

Plusieurs entités dont la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), ont inauguré ce 23 novembre à Port-au-Prince un forum de deux jours autour de l'efficacité de l'aide accordée Haïti au lendemain du séisme dévastateur du 12 janvier 2010, rapporte l'agence en ligne AlterPresse. Plus d'une centaine de personnes de divers secteurs ont pris part à la première journée de cette rencontre afin de faire un bilan analytique du processus d'aide internationale à Haiti et produire des recommandations appropriées.
La rencontre est réalisée en prélude au quatrième forum de haut niveau sur l'efficacité de l'aide qui se tient du 29 novembre au 1er décembre à Bosan en Corée du Sud.
" On a toujours tendance à enfermer le pays dans la notion d'humanitaire alors qu'il est préférable que l'aide se déplace de l'humanitaire pour s'étendre beaucoup plus vers la structure ", explique l'économiste Camille Chalmers de la PAPDA.
Les organisateurs du forum relèvent que l'aide humanitaire octroyée à Haïti après le tremblement de terre ne répond pas au critère de développement.
Sur les 4,6 milliards de dollars américains promis à Haïti au cours de l'année dernière, seulement 43 % ont été effectivement versés jusqu'ici, soulignent-ils.
Le volume de l'aide est toujours marginal par rapport aux engagements pris devant les Nations-Unies le 31 mars par différents donateurs, signale Esther Schneider du Centre de Recherches, de Réflexion, de Formation et d'Action Sociale (CERFAS), co-organisateur du forum.
Pour sa part, Camille Chalmers dit craindre que la crise financière internationale ne serve de " prétexte " pour pousser les donateurs à réduire l'aide qu'ils accordent à Haïti.
Toutefois, le responsable de la PAPDA souligne que " l'essentiel c'est de voir si Haïti définit ses propres instances et ses propres modèles de développement ".
http://www.mediaterre.org/caraibes/actu,20111124040717.html

lundi 15 novembre 2010

Sauver le monde et préserver son image? Dilemme des humanitaires.

10/11/2010 à 13h41
Au détour d’un blog journalistique consacré à la reconstruction d’Haïti, un intervenant a laissé le message suivant : « Les milliards de dollars recueillis en notre nom sont investît dans la location de voitures et d’appartements de luxe et même des bateaux de croisière pour le staff des organisations non gouvernementales (ONG) ».
Dit brutalement, les trois quarts des fonds levés pour Haïti sont en réalité engloutis dans la logistique, la bureaucratie outrancière et les salaires. Le dernier tiers allant à la population nécessiteuse.
Les ONG depuis quelques temps ont mal à leur image et se soucient de leur réputation moyennant quelques études bien senties à l’appui attestant de leur autocritique.
Par exemple Médecins sans frontières (MSF), section suisse, travaille depuis 3 ans sur la manière dont ses programmes sont appréciés au Kirghizistan, en Irak, au Guatemala ou au Niger, c’est dire si elle est consciente du malaise ressenti par les populations secourues. Selon Caroline Abu-Sada, chargée de l’enquête pour MSF, il apparaît que la qualité des soins reste la meilleure garantie de l’appréciation de l’organisation et ce quand bien même un certain flou subsiste autour de son identité.
« La lutte contre le terrorisme fait que les ONG sont parfois considérées comme le service après-vente des armées. La guerre d’Irak a dévoilé un certain business humanitaire ayant entraîné une confusion des genres. Il est donc nécessaire que nos équipes, sur le terrain expliquent pourquoi nous sommes là et ce que nous faisons. Nous devons améliorer le dialogue, que ce soit avec les autorités locales ou la maman qui amène son enfant dans l’un de nos centre» analyse encore le directeur de MSF (suisse), Christian Capter.
En effet, le fait que des militaires aient participé à l’action humanitaire en Irak et en Afghânistân n’a fait qu’aggraver le trouble ressenti par les populations. Difficile dans ces conditions pour les ONG de faire passer le concept de leur neutralité…
En outre, la multiplication des intervenants (ONG, associations, services de coopération du monde entier) brouille le message et peut entraîner des dérives. (Exemple en 2007, avec l’Arche de Zoé qui a tenté d’enlever une centaine d’enfants du Tchad, leur promettant un avenir meilleur en France.)
De son côté, le Professeur à la Sorbonne Philippe Ryfman, estime que les principes d’impartialité et d’universalité ne sont pas toujours compris ni acceptés. Certains Etat ne conçoivent pas que les ONG soient réellement indépendantes, surtout quand les financements sont publics.
Le mode de fonctionnement des humanitaires occidentaux, qui dominent le discours humanitaire, crée de la distance. La professionnalisation des ONG et la croissance exponentielle des budgets entraînent finalement une déconnexion avec les gens. Dans certains contextes, les barbelés ou les murs d’enceinte, autour des agences onusiennes notamment, ajoutent à ce sentiment. La logistique a supplanté la proximité. Aucun lien de confiance ne s’est établi.
L’attitude au quotidien du personnel expatrié, le style de vie et les sorties au restaurant engendrent des tensions culturelles. « Le poids économique que nous représentons, symbolisé par les 4X4 et les maisons que nous louons, peuvent rappeler l’appareil colonial » admet Caroline Abu-Sada.
Il faut souligner qu’au centre de formation humanitaire de Lyon, chaque année, des diplômes sont refusés à des étudiants dont le comportement n’est pas à même de générer cette confiance. Car au-delà de la technique, la relation de confiance est une compétence sans laquelle il n’est rien possible de faire.
Ainsi, le monde de l’humanitaire semble donc de plus en plus conscient de ses limites. Grace à plusieurs études, il commence à modifier ses pratiques, impliquant de plus en plus les « bénéficiaires » (rebaptisés depuis « partenaires ») dans la conception et la mise en œuvre des programmes.
Par tspure
http://www.lepost.fr/article/2010/11/10/2299914_sauver-le-monde-et-preserver-son-image-dilemme-des-humanitaires.html

mercredi 20 octobre 2010

Oxfam a célébré la journée mondiale de l'alimentation à Liancourt

L'organisation internationale, Oxfam, a célébré le week-end écoulé la journée mondiale de l'alimentation, en organisant une grande foire agro-alimentaire à Liancourt dans le département de l'Artibonite. Des représentants du ministère de l'agriculture, de la FAO, d'associations de planteurs et d'autres institutions locales et internationales ont pris part à cette activité, qui s'inscrit dans le cadre des actions de plaidoyer initiées par Oxfam depuis le début du mois visant à sensibiliser la communauté internationale et le gouvernement haïtien à faire de l'agriculture un des domaines prioritaires dans la reconstruction de ce pays.
Les responsables de l'organisation internationale en ont profité pour lancer un vibrant appel aux différentes institutions locales, gouvernementales et internationales de soutenir le plan national d'investissement agricole du gouvernement haïtien.
L'organisme souhaite que tout programme visant à accroitre la production nationale agricole du pays prenne en compte ce dit plan.
Sous le thème « Planter maintenant, défis et opportunités pour la reconstruction d'Haïti », cette célébration été aussi marquée par des rencontres-débats entre tous les acteurs intervenant dans le domaine agricole en Haïti : agriculteurs et agricultrices, bailleurs de fonds, gouvernements et organismes internationaux dont Oxfam.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18360

vendredi 15 octobre 2010

La situation alimentaire se détériore à Port-au-Prince, selon l'ACF

Les cas de malnutrition sont en nette augmentation au niveau de la capitale haïtienne, c'est ce qu'a révélé l'organisation internationale Action Contre la Faim (ACF). Intervenant à la rubrique le point sur Radio Métropole, Pierre Tripon , Lucie Grosjean et Gwenaelle Garnier membres de cette ONG qui intervient en Haïti, depuis plus de 25 ans, ont indiqué que l'ACF vient en aide chaque mois à plus de 300 enfants atteints de malnutrition aiguë.
Ils ont fait remarquer que 16% des enfants reçus par l'ONG, souffrent de malnutrition.
L'action contre la faim estime que la situation est toujours préoccupante neuf mois après le séisme du 12 janvier. Toutefois l'organisation internationale promet de travailler d'avantage afin de pallier ce problème.
Les responsables de cette organisation, affirment que l'insécurité alimentaire qui était déjà préoccupante avant le séisme s'est accrue.
Par ailleurs, ils annoncent un ensemble d'activités à l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation célébrée chaque année, le 16 octobre.
La célébration de cette journée a pour objectif de faire mieux connaître les problèmes alimentaires dans le monde et de renforcer la solidarité dans la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18346
Commentaires:
Une ONG qui gère un problème sur place depuis 25 ans et qui se trouvent  face à une situation qui se détériore de façon constante est une ONG qui doit revoir le sens et la dynamique de ses activités. A moins de faire le choix avéré de ne toucher que superficiellement le problème.

samedi 9 octobre 2010

Managers sans frontières: cinq continents en cinq ans

Publié le 09 octobre 2010 à 05h00

Marie-Josée Nantel

Le Soleil
(Québec) Afin de souligner son cinquième anniversaire, le programme de l'Université Laval Managers sans frontières tiendra au cours de la prochaine année une série d'activités, dont l'exposition des meilleures photos de ses finissants, inaugurée mardi au Palais Montcalm.
«Ma passion, c'est l'être humain!» de lancer Véronique Kingsley, encore émue devant sa photographie. En 2009, cette étudiante à la faculté de l'administration a fait un stage de cinq mois au Burkina Faso, orienté vers le développement international et l'action humanitaire. Recrutée par le Centre d'études et de coopération internationale (CECI), elle a été conseillère en communication pour une association locale. Une expérience des plus enrichissantes.
«J'ai développé ma capacité d'adaptation et ma flexibilité dans mon travail, mais aussi, j'ai appris à relativiser, à dédramatiser», raconte-t-elle en se souvenant de cet enfant qui se faisait battre par sa mère. Avec émotion, elle explique pourquoi elle a choisi de ne pas le réconforter, un geste pourtant banal. «Il se serait habitué et quand je serais partie, qui l'aurait fait? Il faut voir plus loin que le moment présent et voir les impacts de nos actions sur le long terme», souligne-t-elle.
Comme elle, Mélissa Laporte a réalisé un mandat à l'international, mais en gestion de l'éducation au Niger, alors qu'elle était étudiante au baccalauréat en 2006. Aujourd'hui directrice de Managers sans frontières, Mme Laporte croit plus que quiconque en ses débouchés.
«Le taux de placement est entre 83 et 89 %. Presque tous les étudiants se font offrir un emploi après leur séjour, par leur partenaire. C'est un excellent tremplin pour la carrière, car la première expérience sur le terrain est difficile à aller chercher.»
En effet, Joël Teurtrie, qui s'est rendu en République démocratique du Congo comme assistant logisticien en 2006, travaille aujourd'hui pour le même organisme, Action contre la faim. Il n'a même pas eu le temps de terminer son stage de six mois! «Ils m'ont embauché après trois mois, précise M. Teurtrie. En humanitaire, il faudrait être né avec deux ans d'expérience. Ils ont besoin de gens opérationnels tout de suite, car ils n'ont pas les moyens ni le temps de nous former sur le terrain», explique-t-il, conscient de l'opportunité.
Jusqu'ici, les coopérants de Managers sans frontières ont réalisé 94 mandats dans 40 pays, sur les cinq continents. Chaque stage, qui coûte entre 5000 et 10 000 $, est financé en grande partie par la Fondation Famille Choquette.
Et cette année, même Grégory Charles sera de la partie. Avec son Collège vocal de Laval, il présentera un concert-bénéfice au Palais Montcalm, le 3 novembre. Au programme, un tour du monde en musique, bien sûr!

Un premier mandat
Afin de devenir lui-même un acteur d'aide humanitaire sur le terrain, Managers sans frontières compte réaliser son premier mandat en janvier 2010. «C'est un projet d'aide à la reconstruction en Haïti pour les études supérieures. Notre mandat est d'aider l'équipe de l'Université d'État d'Haïti à revoir ses stratégies de représentations auprès des bailleurs de fonds», a confié au Soleil Mélissa Laporte, la directrice de l'organisme.
À la fin du mois d'octobre, elle se rendra quelques jours en Haïti pour définir les paramètres du projet et s'assurer de la bonne coordination de toutes les universités qui participeront au projet.
Et qui seront les gestionnaires de ce projet? «Que des anciens diplômés!» a laissé savoir fièrement Mme Laporte. «C'est notre façon de les encourager. Ça [leur] donnera la possibilité de travailler sur le terrain sur un projet exclusif et non pas en mode stage!»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201010/08/01-4331021-managers-sans-frontieres-cinq-continents-en-cinq-ans.php

dimanche 19 septembre 2010

EDITO ...LE PARADIS DES ONG

Haïti: Dans sa grande interview aux médias francophones (RFI, Le Monde, TV5), le président de la République, René Préval, a repris une antienne qui est devenue depuis le 12 janvier l'axe central de la politique de coopération avec les organisations non gouvernementales (ONG) et les organisations internationales (OI) pour les officiels haïtiens : elles ont beaucoup d'argent ; ce n'est pas notre argent, ne leur demandons pas de compte. Cette façon de voir dédouane de nombreuses ONG et les OI du devoir d'informer sur leurs activités et absout le pouvoir et ses institutions de l'obligation de les contrôler.
Situation compréhensible dans un pays sens dessus dessous, mais grosse de reproches qui ne redoreront pas le blason d'Haïti le jour de la reddition des comptes. Les opinions publiques à l'étranger risquent de se souvenir des milliards de dollars dilapidés en Haïti plus surement que de ceux qui les ont dispersés en projets obscurs.
Imaginez des milliards de dollars levés à l'évocation de la misère, de la pauvreté et des malheurs d'Haïti qui sont dépensés en toute liberté par des organisations qui n'ont de compte à rendre à personne. Ni à leurs généreux donateurs qui ne recevront, pour les plus curieux, qu'un beau rapport sur papier glacé avec de très belles photos, ni aux autorités haïtiennes qui passent leur tour comme aux dominos quand on a une mauvaise main.
Ce n'est certes pas les bénéficiaires qui sauront s'ils en ont reçu assez pour l'argent déboursé en leur nom. Trop heureux d'être nourris, soignés, lavés, éduqués, protégés, entretenus, transportés, etc., grâce à la présence magique ou providentielle des ONG. Personne ne pose les questions qui fâchent.
L'embryon de watch dog à l'haïtienne qui avait tenté de se faire connaître il y a quelques mois est resté dans son oeuf.
Il faut dire qu'ici chacun a son ONG, ses amitiés particulières qui le freinent et le convainquent de ne pas aller trop loin dans ses questionnements.
Le bonheur suprême en ces temps de manne ONGique est de trouver un emploi, une consultation, une entrée dans une ONG. De se mettre sous ses ailes puissantes. De voler grâce à elle. Une ONG, c'est le paradis sur terre pour ceux qui se casent.
Pour les expatriés aussi, travailler en Haïti est pur bonheur. « C'est énorme ! », s'est exclamé un employé d'une de ces structures invité à comparer la situation haïtienne à celle des autres contrées de mauvaise réputation.
Les conditions de travail ne sont pas les pires au monde, et la réputation surfaite du pays fait bénéficier de primes, de primes de risque, de police d'assurance et de bonus comparable à un poste en Afghanistan ou en Irak. Les bombes et les talibans en moins.
Et, cerise sur le gâteau, on est libre de se donner des objectifs ou de courir après des résultats que l'on se fixe tout seul. Le paradis.
Heureusement pour Haïti, il y a l'envie de changer les choses qui est le carburant qui pousse les ONG et leurs collaborateurs à choisir de venir ici. Et c'est à ce moment que leur travail prend tout son sens. Ils se donnent au-delà du raisonnable pour nous aider et nous permettre de redevenir, un jour, le paradis. A chacun de faire sa part car la porte est étroite.
L'autocontrôle et le pilotage automatique nous y conduiront-ils ?
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83729&PubDate=2010-09-17