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mercredi 17 mars 2010

Haïti: besoins estimés à 11,5 Mds $

FP : 16/03/2010
Un rapport de l'ONU chiffre les besoins d'Haïti pour se reconstruire après le séisme de janvier à 11,5 milliards de dollars sur trois ans, a-t-on appris mardi auprès de la Banque mondiale. Ce montant, que la Banque mondiale a contribué à évaluer, est une estimation provisoire du coût de la reconstruction et de la relance de l'activité économique, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la Banque pour l'Amérique latine, Sergio Jellinek, confirmant une information du Wall Street Journal.
Il est susceptible d'être révisé. "Ce chiffre n'est que préliminaire, puisqu'il n'élimine pas des problèmes comme les doubles comptes", a précisé M. Jellinek. L'estimation finale doit être donnée dans un rapport prévu "d'ici à la fin mars", a ajouté le porte-parole.
Une conférence internationale des donateurs est prévue le 31 mars à New York.
Le séisme du 12 janvier a fait environ 220.000 morts dans le pays, et laissé plus d'un million d'habitants sans abri, en ravageant une partie de la capitale Port-au-Prince et d'autres villes.

mardi 2 mars 2010

Depuis le séisme au Chili, les jours ont raccourci


C’est une des conséquences inattendues des gros séismes. Ils libèrent une telle puissance qu’ils modifient la période de rotation de la Terre et donc la durée d’une journée. Rien que ça… Après que la Terre a tremblé au Chili, dans la nuit de vendredi à samedi, les jours terrestres ont raccourci. Selon les premiers calculs de Richard Gross, géophysicien au Jet propulsion Laboratory de la NASA, le jour est désormais plus court de 1,26 microseconde (une microseconde est égale à un millionième de seconde).
Pourquoi ? La puissance colossale libérée par les mouvements des plaques tectoniques change – un tantinet – la distribution de la masse de la Terre autour de son axe de rotation. Les masses ainsi redistribuées ont diminué le moment d’inertie de la Terre. Ce moment d’inertie “s’oppose” à la rotation de la Terre. Donc la vitesse de rotation de notre planète sur elle-même a augmenté et les jours ont raccourci.
L’explication ci-dessus est assez succincte. Pour être rigoureux, on devrait évoquer la conservation du moment cinétique. Hasard total, c’est précisément ce dont nous parlions la semaine dernière en évoquant la physique du patinage artistique. Rotation de la Terre et rotation de Brian Joubert, même combat !
Les jours risquent-ils de raccourcir, raccourcir, raccourcir ? Disons-le tout net, les jours continueront à durer 24 heures encore quelques années ! Avec le séisme du Chili, les jours ont perdu 1,26 microseconde ; avec celui de Sumatra, cause du terrible tsunami de 2004, ils avaient perdu 6,8 microsecondes. Pas grand chose en somme.
Benjamin Fong Chao et Richard Gross sont les premiers à avoir, en 1987, décrit précisément ce phénomène Au lendemain du tsunami de 2004, ils publiaient un article sur le sujet dans le journal de l’American geophysical Union. Ce séisme majeur avait-il, oui ou non, modifié la rotation de la Terre ?
“La réponse est définitivement oui. Mais ceci est vrai de tout tremblement de Terre, petit ou grand, [mais aussi dans le cas] des variations saisonnières des océans et de l’atmosphère, de la fonte des glace, des tempêtes tropicales ou encore d’un bus qui roule en ville.”
Dès qu’il y a déplacement de masse, la rotation de la Terre est modifiée. Imperceptiblement. Même dans le cas d’un séisme majeur. Alors ni le bus, ni Brian Joubert – même chutant lourdement – ne changent la durée d’une journée dont la durée reste, aux dernières nouvelles, fixée à 24 heures.
Photo : Reuters/Ivan Alvarado
http://sciences.blog.lemonde.fr/2010/03/02/depuis-le-seisme-au-chili-les-jours-ont-raccourci/#xtor=RSS-32280322

Le Chili déploie ses troupes et appelle à l'aide internationale

LEMONDE.FR avec AFP | 01.03.10 | 15h25  •  Mis à jour le 01.03.10 | 22h47
Des renforts de troupes sont en cours de déploiement dans les régions du Maule et de Concepcion, les plus touchées au Chili par le séisme de samedi, ce qui porte à 7 000 le nombre de militaires mobilisés dans la zone, a annoncé, lundi 1er mars, la présidente, Michelle Bachelet.
"Demain [mardi], quand nous aurons déployé tous les effectifs dans la région de Biobio [dont Concepcion est la capitale] et du Maule, nous aurons 7 000 militaires", a déclaré la présidente à la presse. Environ 5 000 militaires étaient en cours de déploiement, selon la présidente, venant s'ajouter à plus d'un millier déjà sur place, dans le cadre des efforts des autorités pour maintenir l'ordre à Concepcion, deuxième ville du pays, en proie depuis dimanche à des scènes de pillage de la part d'une population démunie.
Le Chili a, en outre, sollicité l'aide internationale et redoublé d'efforts sur le terrain à mesure qu'il prenait conscience de l'étendue des dégâts du séisme et des vagues géantes qui ont balayé une partie de ses côtes samedi, laissant plus de 700 morts dans leur sillage.
Mme Bachelet, en plein fin de mandat puisqu'elle doit céder dans dix jours le pouvoir à son successeur, Sebastian Pinera, a "fourni (à la communauté internationale) une liste qui contient des priorités" à mettre en œuvre pour venir en aide aux populations, a précisé la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Elisabeth Byrs.
PLUSIEURS VILLES RAYÉES DE LA CARTE
Le bilan de la catastrophe a doublé à 711 morts au cours des dernières heures et devrait encore s'alourdir en raison de nombreux disparus, a déclaré Michelle Bachelet. En tout, près de 2 millions de personnes, soit un Chilien sur huit, ont été affectées. Le coût des dégâts pourrait atteindre 15 à 30 milliards de dollars (11 à 22 milliards d'euros), selon la société américaine Eqecat, spécialisée dans la modélisation du risque.
Avec des maisons broyées, des bateaux projetés à l'intérieur des terres, des immeubles écroulés, le littoral sud du pays est le plus touché, offrant un spectacle de mort et de dévastation. Deux jours après le tremblement de terre, moins meurtrier mais bien plus puissant que celui qui a dévasté Haïti le 12 janvier, les sauveteurs tentaient toujours  de dégager des victimes des décombres. Des villes comme Talcahuano, Penco, Dichato ont été rayées de la carte.
Deux régions ont été décrétées en "état d'exception", le Maule et le Bio Bio, dont la capitale, Concepcion, une ville d'un demi-million d'habitants à 400 km au sud de la capitale, a été placée sous couvre-feu pour éviter de nouveaux pillages. Des dizaines de personnes ont pris d'assaut, dimanche, des établissements fermés, pour s'emparer de nourriture, parfois aussi d'appareils électroménagers. Au moins 160 personnes ont été interpellées dans la nuit de dimanche à lundi à Concepcion.
Le Japon, dernier à lever lundi son alerte au tsunami après d'autres pays du Pacifique, va offrir 3 millions de dollars d'aide au Chili et la Chine a promis 1 million de dollars. La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, devait se rendre à Santiago mardi.

lundi 1 mars 2010

Chili: le monde se mobilise pour les victimes

Agence France-Presse Paris
La communauté internationale a été prompte à se mobiliser pour le Chili, où un violent séisme a fait samedi au moins 300 morts, l'UE annonçant une aide d'urgence de 3 millions d'euros et les États-Unis se déclarant prêts à participer aux opérations de secours et de reconstruction.
Le département d'aide humanitaire de la Commission européenne (ECHO) est prêt à mobiliser une aide de première urgence de 4 millions de dollars) pour répondre aux besoins les plus immédiats, a annoncé le président de la Commission, Jose Manuel Barroso.
L'UE est prête à «apporter toute l'aide possible que demanderaient les autorités chiliennes», a ajouté M. Barroso, qui s'est déclaré «profondément choqué par l'étendue du désastre».
Evoquant «des centaines de morts» à la suite du séisme de magnitude 8,8, le président américain Barack Obama a déclaré que les États-Unis «se tenaient prêts à apporter leur aide aux opérations de secours et de reconstruction».
«Nous avons des ressources pouvant être déployées si le gouvernement chilien demande notre aide», a-t-il ajouté dans une brève apparition devant la Maison-Blanche.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, avait annoncé un peu plus tôt que les États-Unis surveillaient de près la situation après le séisme, ajoutant «nos pensées et nos prières vont aux Chiliens et nous nous tenons prêts à les aider».
La Banque mondiale, par la voix de son président Robert Zoellick, s'est déclaré disposée «à soutenir le gouvernement chilien de toutes les manières que celui-ci jugera utiles».
Les organisations humanitaires britanniques ont annoncé qu'elles débloquaient des fonds, dépêchaient des équipes d'évaluation sur place et lançaient des appels aux dons.
La Croix-Rouge britannique a fait état du déblocage de 76 000 dollars.
L'antenne britannique d'Oxfam a prévu d'envoyer depuis la Colombie une équipe d'ingénieurs et de logisticiens dès samedi.
«La population du Chili souffre énormément aujourd'hui, mais le Royaume-Uni se tient prêt à aider, nous ferons tout notre possible», a déclaré le Premier ministre britannique Gordon Brown.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré surveiller «de très près l'évolution de la situation, notamment le risque de tsunami dans la ceinture de feu du Pacifique, après l'énorme séisme au Chili», ajoutant qu'une aide des Nations unies était disponible si Santiago en formulait le souhait.
Il a «fait part de ses condoléances à ceux qui ont perdu des membres de leur famille et des amis, et souhaité aux blessés un prompt rétablissement», selon un communiqué.
Le Canada est «prêt offrir l'aide nécessaire à la population du Chili en ces circonstances difficiles», a déclaré le Premier ministre Stephen Harper, adressant au nom de tous les Canadiens un message de sympathie à toutes les personnes touchées par la catastrophe.
Le président français Nicolas Sarkozy a exprimé sa «profonde émotion» et «sa profonde solidarité» aux autorités et au peuple chiliens.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a annoncé qu'«en concertation avec ses partenaires de l'Union européenne, la France se tient prête à répondre aux demandes d'assistance du Chili».
L'Espagne «est à la disposition du Chili dès maintenant pour l'aider avec tout ce dont il aura besoin», indique un télégramme du chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, adressé à la présidente chilienne Michelle Bachelet, dans lequel il exprime ses condoléances aux Chiliens.
La Suisse envoie une «petite équipe d'évaluation» au Chili pour étudier les besoins spécifiques du pays, a annoncé un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
Les messages de solidarité et de condoléances ont afflué d'Amérique latine. La présidente argentine Cristina Kirchner a offert à son homologue chilienne toute l'aide qui serait nécessaire pour affronter les conséquences du séisme.
Le Venezuela a exprimé «son profond chagrin pour les dizaines de victimes du terrible tremblement de terre qui a frappé le peuple frère du Chili», tandis qu'à Lima, le gouvernement préuvien a décrété un jour de deuil national, le 1er mars, par solidarité avec le peuple chilien.
Des messages de solidarité avec le Chili ont été envoyés par le Brésil, l'Uruguay, la Bolivie, le Costa Rica, le Panama, le Guatemala, la République dominicaine.

Le Chili lance un appel à l'aide

Martin Croteau, Olivier Ubertalli et Claire Martin : La Presse
Le bilan du séisme qui a dévasté le Chili samedi s'est alourdi, hier, tandis que les secouristes tentaient de venir en aide aux blessés et aux sinistrés.
Au tremblement de terre de 8,8 sur l'échelle de Richter se sont ajoutées des répliques qui ont compliqué encore davantage le travail des autorités. Si bien que le gouvernement a lancé un appel à l'aide en milieu de journée.
Après l'un des plus violents tremblements de terre jamais enregistrés dans le pays côtier, la présidente Michelle Bachelet craint que la tragédie ne gagne encore en ampleur: plus de 1,5 million de Chiliens sont sinistrés, autant de maisons sont endommagées.
«Nous sommes confrontés à une catastrophe d'une magnitude tellement impensable qu'il faudra un effort énorme» pour rebâtir le pays, a déclaré la présidente au terme d'une réunion de six heures avec les services de secours.
Elle a lancé un appel à l'aide à la communauté internationale, précisant que le Chili a un urgent besoin d'hôpitaux d'urgence, de génératrices, de purificateurs d'eau et de soutien pour rétablir les communications et reconstruire les ponts.
Le décompte des morts a plus que doublé en 24 heures. Et le pays continue de trembler : plus de 90 répliques, certaines atteignant une magnitude de 6,1, ont ralenti les efforts pour prêter main-forte aux victimes.
«Tout vient de finir de tomber, s'est écriée Maria Talca, après une réplique survenue en matinée. La terre vient de s'ouvrir, les gens sont en train de crier dans la rue. S'il vous plaît, aidez-nous. Nous sommes avec des enfants, des personnes âgées, des morts et personne ne nous aide! Sortez-nous de là!»
Psychologue installée dans la capitale Santiago, Marcela Quijada habite le quartier des Beaux-Arts, où se trouvent des cafés, des restaurants et des discothèques branchées.
«Durant le séisme, c'était l'heure des sorties quand la lumière s'est coupée, a-t-elle relaté. Alors les gens sont sortis en courant et en criant dans les rues. Pendant ce temps, les vitres et les corniches de pierre des vieux immeubles tombaient.»
Concepción ravagé
Le séisme a provoqué des dommages partout dans le centre du pays, mais c'est la province de Concepción, zone côtière située près de l'épicentre, qui a été la plus dévastée. Au moins une centaine de personnes sont mortes dans la ville de Concepción, la deuxième du pays avec 200 000 habitants. Là-bas, des dizaines de bâtiments ont été réduits en décombres.
La ville a été plongée dans le chaos lorsque des rescapés ont forcé les portes d'un supermarché pour dérober de l'eau et de la nourriture. Non loin de là, à San Pedro, des pilleurs ont attaqué des banques, des pharmacies et des stations-service.
Le couvre-feu a été décrété hier dans la province de Concepcion pour mettre un frein aux scènes de pillage, a annoncé le gouvernement chilien, alors que la population locale, affamée, n'a pas encore reçu d'aide d'urgence.
Prisonniers des décombres
En soirée, les secouristes tentaient encore de rescaper 48 personnes prisonnières d'un immeuble de 14 étages qui s'est effondré à Concepción. Au total, une centaine de personnes y dormaient lorsque, vers 3 h 30 samedi matin, le tremblement de terre a frappé.
Le bâtiment était presque neuf au moment du drame. Mais cela ne l'a pas empêché de crouler sous la force de la secousse. Vingt-quatre heures plus tard, le groupe de spécialistes arrivé par avion militaire avait retiré 16 survivants des décombres. Et huit cadavres aussi. «À l'intérieur, c'est compliqué, a expliqué Paulo Klein, chef du groupe. Il faut travailler avec beaucoup de précaution.»
Dans les heures qui ont suivi le séisme, la crainte qu'un tsunami balaie le Pacifique a amené plusieurs pays à évacuer des résidants des zones côtières. Le Japon et l'Australie ont finalement été frappés par des vagues, mais personne n'a été blessé. L'alerte au tsunami a été levée en matinée.
Situé entre la cordillère des Andes et l'océan Pacifique, le long de la «ceinture de feu», le Chili se trouve sur l'une des zones sismiques les plus actives du monde. C'est d'ailleurs dans ce pays qu'on a enregistré le plus puissant tremblement de terre de l'histoire, celui de Valdivia en 1960. On avait alors mesuré une secousse de 9,5 à l'échelle de Richter.
Mais des voix se sont élevées dans le pays, hier, pour critiquer la manière dont le gouvernement a géré la crise. Le ministre de la Défense, Francisco Vidal, a lui-même admis que la marine chilienne a commis une erreur en ne sonnant pas l'alarme sur le risque d'un tsunami.
Le pays a été d'autant plus perturbé que le séisme a coïncidé avec la fin des vacances estivales, un peu l'équivalent de notre fête du Travail. C'est donc dire que plusieurs familles n'étaient pas chez elles au moment du drame. Et des milliers de personnes ont tenté de regagner leur domicile durant tout le week-end.
«Il y a beaucoup de gens qui n'ont pas pu revenir chez eux, a indiqué Guillaume Bélanger, Québécois que La Presse a joint à Santiago. Pour faire 400 km, il a fallu faire 10 ou 12 heures en auto. Les autoroutes sont bloquées, il y a des ponts qui sont littéralement tombés.»
Avec l'AFP, AP, CNN
Olivier Ubertalli et
Claire Martin sont des collaborateurs spéciaux.