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lundi 18 juin 2012

Haïti-Sécurité : La convocation du Cspn devant les députés, reportée à une date non definie

10 ministres, dont le 1er ministre, attendus au sénat du 18 juin au 9 juillet 2012
lundi 18 juin 2012
P-au-P, 18 juin 2012 [AlterPresse] --- La convocation du conseil supérieur de la police nationale (Cspn) par devant la commission justice et sécurité de la chambre des députés pour le vendredi 15 juin 2012, a été reportée à une date ultérieure non déterminée, apprend AlterPresse.
A travers cette convocation, la commission comptait aborder, avec le Cspn, des sujets relatifs au nouveau plan national de sécurité du gouvernement actuel et à l’absence d’effectifs de la police nationale d’Haïti (Pnh) dans la majorité des sections communales, ainsi que la question des militaires démobilisés.
« Ils [les membres du Cspn] nous ont demandé de reporter la convocation, parce que le premier ministre est en voyage », explique le président de cette commission, le député Emmanuel Fritz Gérald Bourjolly de la circonscription d’Aquin (Sud).
Le premier ministre Laurent Lamothe a laissé le pays, le mercredi 13 juin, pour un voyage de trois jours en direction de Washington D.C., aux États-Unis d’Amérique, où il s’est entretenu avec le président de la banque interaméricaine de développement (Bid), Carlos Alberto Moreno.
Bourjolly annonce l’organisation d’une réunion avec les membres de la commission Justice et sécurité de la chambre des députés en vue de déterminer une date convenable pour cette convocation.
Exprimant son inquiétude sur l’insécurité dans le pays, notamment dans les sections communales du pays, Bourjolly affirme que le Cspn sera attendu, dans un temps pas trop lointain, devant la commission justice et sécurité de la chambre des députés pour que la population puisse voir clair par rapport à ce climat d’insécurité.
Souhaitant la disparition des actes de kidnapping, le député appelle l’État à punir sévèrement les coupables.
Le premier ministre Lamothe et 9 de ses ministres sont aussi attendus au sénat du 18 juin au 9 juillet 2012.
Les initiateurs des « convocations » du premier ministre et des ministres des finances, de l’agriculture, de la santé publique, du commerce, de la défense nationale, de la justice, des travaux publics, du tourisme, de l’éducation sont les sénateurs Wesner Polycarpe, Jean-Baptiste Bien-Aimé et Jean-Charles Moïse.
Les 10 ministres seront entendus et traités cas par cas, car « chaque ministre est convoqué pour un motif spécifique, mais lié aux gabegies de l’administration Martelly », informe le sénateur Moïse. [emb kft rc apr 18/06/2012 0:25]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12987

mercredi 1 juin 2011

Séisme haïtien: bilan remis en question et reconstruction

Publié le 01 juin 2011
Anabelle Nicoud, La Presse
Un rapport commandé par l'Agence américaine d'aide au développement (USaid) met en doute le bilan officiel du séisme du 12 janvier 2010 à Haïti. Le nombre de victimes serait plutôt de 46 000 à 85 000 personnes, et non de 200 000 à 250 000, comme le soutiennent les autorités haïtiennes. S'il était confirmé, ce nouveau bilan pourrait avoir un impact majeur sur la reconstruction du pays, un an et demi après le tremblement de terre.
Réalisé d'après le travail de terrain d'une firme externe, le rapport, qui n'est pas définitif, contient toutefois quelques «incohérences» qui font l'objet d'un examen, a précisé le département d'État à l'AFP. USaid a pour sa part précisé que le document ne vise pas à refaire le bilan des victimes, mais plutôt à évaluer l'efficacité du déblaiement.
De leur côté, les autorités haïtiennes ont refusé de commenter ce bilan. «J'attends une version officielle de ce rapport. J'ai l'impression que c'est un brouillon qui est cité. Est-ce que c'est officiel? Est-ce que ça a été présenté au gouvernement? Il manque des informations», a dit hier le consul d'Haïti à Montréal, Pierre-Richard Casimir. Chose certaine, selon M. Casimir, les besoins pour la reconstruction sont encore criants, et la tâche du nouveau gouvernement est gigantesque. «On s'attend à une nouvelle dynamique avec le nouveau gouvernement», dit-il, optimiste.

L'aide internationale remise en question?
Évaluations structurelles et déblaiement des débris dans les quartiers d'Haïti touchés par le séisme, le rapport, s'il confirmait ces données, pourrait avoir des conséquences importantes sur l'aide à la reconstruction du pays, croient certains observateurs. La communauté internationale avait promis près de 11 milliards de dollars. «La malice populaire croit qu'on minimise le nombre de victimes pour réduire l'engagement international, observe Pierre Emmanuel, rédacteur en chef de la station CPAM, la radio haïtienne de Montréal. C'est tiré par les cheveux. L'ampleur des destructions matérielles ne saurait être remise en question.»
Près de 700 000 personnes vivent toujours dans des situations d'urgence, selon la Croix-Rouge canadienne. La reconstruction avance petit à petit. «L'an dernier, on parlait de 1,2 à 1,6 million de personnes dans des situations d'urgence. Une partie d'entre elles ont pu se reloger. Mais l'un des grands défis (du nouveau gouvernement) va être de régler les enjeux liés aux terres, au cadastre. Ça va être de trouver des solutions immédiates, rapides, mais qui soient quand même décentes», dit Jean-Philippe Tizi, directeur des opérations pour Haïti de la Croix-Rouge canadienne.

Des camps d'urgence difficiles à démanteler
Le rapport met aussi en doute les derniers chiffres de l'ONU sur le nombre de personnes qui vivent dans la rue, estimé à 630 000. Selon le rapport, la réalité serait plutôt de 5 à 10% de ce chiffre. Les camps d'urgence ont eu un effet pervers. En offrant des services (eau courante, électricité) à une population qui n'y avait pas accès avant le tremblement de terre, les camps se pérennisent.
«Plusieurs personnes vivent dans les camps même si elles peuvent en sortir, dit Andréanne Martel, chercheuse à l'Observatoire sur les missions de paix et opérations humanitaires de la chaire Raoul-Dandurand. Il y a une économie du camp qui se met en place, une communauté et un espace politique qui se recrée. Les ONG ne sont pas habituées à une crise urbaine comme celle-là. Ça va être difficile à briser.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201106/01/01-4404808-seisme-haitien-bilan-remis-en-question-et-reconstruction.php