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jeudi 28 juillet 2011

Haïti a enterré mercredi Rooldine Lindor

La douleur le disputait à l’indignation aux funérailles de l’étudiante sauvagement tuée, il y a deux semaines, en République Dominicaine ; la fin de la cérémonie a tourné à une manifestation improvisée contre les Présidents haïtien et dominicain Publié le mercredi 27 juillet 2011
Les funérailles de l’étudiante Rooldine Lindor, assassinée de façon odieuse le 12 juillet dernier en République Dominicaine, ont été chantées ce mercredi au Temple adventiste du septième jour devant une assistance de plusieurs centaines de personnes profondément émues.
Parents, amis et camarades d’études de la jeune fille de 20 ans étaient au bord de la crise de nerfs tant ils étaient terriblement affligés et lançaient des cris désespérés.
Dans son homélie de circonstance, le pasteur Bergemane Michel a exhorté la famille éplorée à accepter avec courage cette épreuve en donnant à tous l’assurance que Dieu mettra fin un jour au mal régnant sur la terre.
Deux membres du gouvernement démissionnaire, les ministres des haïtiens vivant à l’étranger, Edwin Paraison, et à la condition féminine, Marjorie Michel, et plusieurs Députés ont également assisté à la cérémonie funèbre. Tout comme une délégation d’étudiants haïtiens vivant en république voisine.
S’exprimant en son nom propre et en celui de sa collègue des affaires étrangères, Marie-Michèle Rey, le ministre Paraison a promis l’aide de l’Etat haïtien à la famille Lindor afin qu’elle obtienne justice et réparation des autorités dominicaines.
Cependant, au moment où le cercueil sortait de l’église, une manifestation improvisée d’une partie de l’assistance a dénoncé le traitement discriminatoire dont sont l’objet nos compatriotes en République Dominicaine avec la complicité des dirigeants haïtiens. Les protestataires s’en sont pris nommément aux Présidents haïtien Michel Martelly et dominicain Leonel Fernàndez ainsi qu’à Edwin Paraison.
Ces funérailles ont été prises en charge par le bureau de l’épouse du chef de l’Etat, Sophia Martelly, avons-nous appris.
Unique fille d’une famille de quatre enfants, Rooldine Lindor était en deuxième année de génie informatique à l’université dominicaine Utesa.
La victime a été dévalisée, violée et sauvagement exécutée à Santo Domingo par des criminels dominicains auprès de qui elle s’était innocemment rendue en vue de négocier le loyer d’un nouvel appartement.
Les deux principaux accusés, Eddy Starlin Mendoza et Rafael Alberto Arias Garcia, ont été rapidement appréhendés et remis à la justice pour être jugés.
Cet énième crime ayant semé le deuil dans la communauté haïtienne de l’autre côté de la frontière a suscité ici et là de véhémentes protestations et des condamnations sans réserve.
Rooldine était originaire de Petit-Goâve et de la même famille que le journaliste Brignol Lindor, assassiné le 3 décembre 2001 par une bande armée qui supportait le Président d’alors, Jean-Bertrand Aristide. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article7922

dimanche 17 juillet 2011

Haïti-Rép. Dominicaine : La dépouille de Roodline Lindor rapatriée

P-au-P, 15 juil. 2011 [AlterPresse] --- La dépouille de Roodline Lindor, étudiante haïtienne tuée le 12 juillet en République Dominicaine, sera rapatriée ce vendredi 15 juillet par les autorités haïtiennes, selon une note conjointe du Ministère des Affaires Etrangères (MAE) et du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger(MHAVE).
Roodline lindor a été victime de l’assaut de plusieurs bandits alors qu’elle devait régler une dette de location et « les éléments d’informations disponibles jusqu’ à présent portent à croire qu’il s’agit d’une action liée au banditisme urbain », signalent les deux ministères.
Deux individus de nationalité dominicaine, Eddy Starlin Mendoza et Rafael Alberto Arias Garcia, principaux suspects dans l’affaire, sont actuellement en détention, ajoutent les autorités.
Le MAE et le MHAVE « constatent une croissance de la criminalité dans la capitale dominicaine et demandent aux ressortissants haïtiens de prendre les mesures de sécurité personnelle qui s’imposent. Particulièrement, les étudiants vivant dans des zones à risque ».
Par ailleurs, le gouvernement haïtien indique qu’il accompagnera la famille de Roodline Lindor, pour que justice soit obtenue. [kft gp apr 15/07/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11281

vendredi 15 juillet 2011

ROODLINE LYNDOR..REPOSE EN PAIX...TU AVAIS TOUT FAIT ET BIEN FAIT...LA FAUTE A HAITI!

ETUDIANTE…21 ANS…HAITIENNE…TUEE POUR 475 DOLLARS…
Des criminels il y en a partout. Des crimes, les uns plus horribles que les autres font la une des journaux du monde entier. Il ne semble pas exister une société qui soit complètement immunisée contre la méchanceté, la délinquance, et d’autres maux caractéristiques de nos sociétés actuelles.
Fort heureusement, on n’y pense pas tous les jours. Quand nos enfants sortent le soir et ne rentrent pas ou ne donnent pas signe de vie parce que justement ils se croient majeurs et vaccinés, nous nous inquiétons à moitié sans réaliser que le malheur puisse s’arrêter à notre porte.
Le problème prend carrément une toute autre ampleur en fonction de notre proximité avec la victime. Nos réactions suivent la même logique : de la haine pure et simple en passant par la consternation et d’autres sentiments intermédiaires.
Justement ces derniers temps, j’avais renoué des contacts avec une très bonne amie que j’avais perdue de vue pendant plus de 20 ans. Il s’agit de l’ingénieure Carmen Jacqueline Paniagua que j’avais croisée sur les cours du Campus universitaire de l’Université Autonome de Saint Domingue. Après un parcours de combattant, carrément inimaginable, elle s’apprête à abandonner les Etats-Unis pour retourner chez elle en République Dominicaine.
Elle me disait justement ce qui l’effrayait surtout c’était la délinquance qui sévit dans ce pays très achalandé par les touristes avec peu de moyens financiers. Tous les nationaux sont unanimes à reconnaître l’insécurité qui menace tous les citoyens tandis que les touristes continuent à arriver en flux massif et continue. Les médias jouent leurs rôles comme on dit.
Depuis 48 heures les haïtiens ou les proches d’Haïti vivent avec consternation la disparition d’une jeune étudiante de 21 ans, assassiné de l’autre côté de la frontière pour entre autre lui soutiré 18.000 pesos dominicains. Plutôt 475 dollars !
Un fait divers sans doute. Un fait divers de trop. Une nouvelle page de l’histoire de ce pays qui s’écrit de tragédie en tragédie. Un fait divers qui devrait rassembler toute la famille haïtienne pour réfléchir sérieux et efficacement sur les vrais problèmes du pays pour essayer d’en trouver de vraies solutions.
Mais hélas la vertu que n’a pas eu les inondations de 2008 avec ses plus de 3.000 morts, la vertu que n’aura pas eu le tremblement de terre de 2010 avec son cortège de centaines de milliers de morts, la disparition de ROODLINE LYNDOR ne l’aura surement pas.
Elle n’avait que 21 ans. Elle avait traversé la frontière pour se mettre en lieu sur pour se former. Sans doute caressait-elle l’anxieux espoir de revenir servir son pays ! Elle finit violée par deux malandrins de la pire espèce dont l’un faisait partie d’une institution militaire.
Les criminels n’ont pas de patrie. Comme le crime ne connaît pas de race. Cependant, dans un pays comme la République Dominicaine ou le mot « haïtien » est assimilé à la pire des injures, il m’est souvent arrivé de me demander si un criminel sévissant contre un compatriote ne s’octroie pas une sorte de fausse clémence en se disant qu’avant tout il ne s’agit que d’un haïtien.
J’ai encore en mémoire cette scène de décapitation filmée dans une rue avec des gens qui applaudissaient et qui filmaient cette scène horrible.
La vie de chaque haïtien ressemble à un chemin de croix infini. Nous naissons déjà sans épaules et nous devons traverser les sentiers de cette existence colportant un énorme fardeau : HAITI.
ROOLDINE LYNDOR a cru faire tout ce qu’il fallait. Sa famille et ses proches en étaient convaincus. Aujourd’hui, la mode, la nécessité et la force des choses veulent bien qu’après les études classiques les jeunes haïtiens peu fortunés traversent la frontière poursuivre leurs études universitaires en République Dominicaine.
En 1980, quand j’ai annoncé aux directeurs du Centre d’Etudes Secondaires mon intention d’aller faire des études de médecine là-bas, j’avais reçu en pleine gueule leur réponse comme un coup de tonnerre. Que diable vas-tu faire dans ce pays de coupeurs de canne ? Ils ignoraient que les coupeurs de canne étaient des haïtiens. Ils avaient continué en me disant qu’ils me voyaient bien dans une grande université américaine ou européenne mais pas en République Dominicaine.
Trente ans plus tard, il y a plus d’étudiants universitaires haïtiens en République Dominicaine que d’étudiants universitaires haïtiens en Haïti. Nous vivions mal notre démocratie. Elle ne permet pas de progrès !
Le sort de ROODLINE LYNDOR peut être subi par plus de 20.000 jeunes compatriotes. Allons-nous enfin nous arrêter une minute pour revoir les étapes de ce chemin de croix et de nous poser les bonnes questions ?
Qui doit  tirer la sonnette d’alarme ? La Minustah ? l’OEA qui a tranché pendant les élections ? Le Club de Madrid ? La société civile haïtienne ? Le président édenté Michel Martelly ? Le parlement tout-puissant ? Les amis d’Haïti ? Les ONGs ?
ROOLDINE LYNDOR je te plains et je te pleure. Comme toute la nation haïtienne. Tu n’as pas à t’affubler de torts. Tu as fait ce qu’il fallait. Personne ne t’a aidée. Ainsi va la vie. Ainsi meurent petit à petit Haïti et son espoir !