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lundi 27 septembre 2010

Les déplacés sont les principales victimes de la tornade

5 morts et 39 blessés ont été recensés par les autorités haïtiennes après la tornade qui a frappé plusieurs villes de la région métropolitaine le vendredi 23 septembre. Le Système National de Gestion des Risques et Désastres a indiqué que plus de 7 000 tentes dans 160 camps d'hébergement ont été détruits par les bourrasques de vents qui ont surpris les Port-au-Princiens. De nombreux déplacés sont maintenant dépourvus des faibles structures de bois et de bâches qui leur servaient d'abri depuis le 12 janvier.
Le calvaire des haïtiens n'est pas terminé puisque le Centre National de Météorologie annonce de nouvelles averses pour aujourd'hui, mardi et vendredi.
En raison du grand nombre de personnes en situation vulnérables les responsables de plusieurs institutions dont la Croix-rouge haïtienne se préparent à toute éventualité. Le directeur exécutif de la Croix-rouge, Guyto Jean Pierre, révèle que 5 à 6 ambulances sont disponibles.
Au cours des dernières heures la Direction de la Protection Civile (DPC) a distribué plus de 8 000 kits hygiéniques et des couvertures aux nouvelles victimes. Les autorités estiment qu'il faudra construire 5 000 abris pour reloger les sinistrés.
Entre temps des équipes du Ministère des Travaux Publics et de la Mairie de Port-au-Prince continuent à libérer les différentes artères de la capitale. Le courant électrique a été rétabli dans certains quartiers de la capitale dans l'après midi du samedi 25 septembre.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18279

dimanche 19 septembre 2010

Cantine pour enfants à Canaan

Le bénévolat est la règle dans l'unique cantine de Canaan II situé au bord de la Nationale no I. Les gens qui vivent dans ce site y travaillent pour se nourrir. Des centaines d'enfants reçoivent de la nourriture moyennant cinq gourdes le plat chaud.
En arrière-plan, l'église de Canaan II
Haïti: Des centaines d'enfants reçoivent un repas chaud du lundi au vendredi dans une cantine populaire établie à Canaan II, site d'hébergement situé sur la Nationale no I. Depuis le mois d'août, les leaders de l'organisation de Canaan II ont établi des contacts avec la World Vision qui leur a donné des rations sèches et autres produits de premières nécessités tels que huile, sel pour renforcer leur stock de provisions alimentaires.
La cuisine de fortune où fument des grosses chaudières de riz et de purée de pois utilise à la fois des réchauds au gaz propane et au charbon de bois.
Des bâches entourant la tonnelle sous laquelle dix employés bénévoles s'activent ressemblent aux milliers de tentes élevées sur les collines et les buttes de Canaan, site délimité par des "frontières". Notons qu'après le tremblement de terre, les collines sont loties en Canaan I, II et III.

Les enfants viennent réclamer leur ticket au pasteur
 Michel Volny Joseph
 Neuf femmes et un homme se répartissent la tâche sous la tonnelle pour offrir le dîner à l'heure. Un homme s'occupe d'allumer le feu. Un groupe de femmes nettoient, vannent le riz ; un autre groupe prépare la nourriture et le reste. Tous ces bénévoles se mettent au service de la cuisine en vue de nourrir leurs enfants. La majorité des femmes, ici, n'ont pas de mari et assurent seules le foyer. « Nous travaillons pour manger », explique Marie-Ange Eloïs, 37 ans, mère de six enfants de trois pères différents.
Sadia Michèle, de Cité Soleil, 28 ans, la voix éraillée, a laissé son cours de couture qu'elle prenait à Port-au-Prince avant le 12 janvier. Depuis qu'elle est à Canaan II, c'est la galère pour elle. Mère de trois enfants, elle bosse comme les autres pour se mettre quelque chose sous la dent.
Hissé au rang de leader, Germain Joseph, le responsable de l'organisation des victimes de Canaan II, explique que le bénévolat est la règle dans ce site d'hébergement.

Pas de nourriture pour tous les enfants

Les cuisinières qui préparent le dîner sont toutes des
 bénévoles (Photo: Francis Concite)
 « Des centaines d'enfants reçoivent de la nourriture moyennant cinq gourdes le plat chaud. Mais nous n'avons pas de la nourriture pour tous les enfants », signale-t-il.
Les enfants ne sont pas les seuls qui ont grand besoin de cette cantine, les adultes aussi meurent d'envie à l'ombre de leurs tentes, pensant à un repas chaud lorsqu'ils donnent cinq gourdes à leurs gamins.
« Dernièrement, un candidat à la magistrature de la Croix-des-Bouquets, nous a abordés et nous a promis de mettre une cantine à Canaan II. Ce serait intéressant, mais il réclame trop, il réclame vingt-cinq gourdes pour le plat chaud. Les gens n'ont pas les moyens », se désole-t-il.
Un bénévole répare le seul réchaud à gaz propane de la
cuisine (Photo: Francis Concite)
Parfois, il n'est pas facile de trouver cinq gourdes pour donner aux enfants. C'est le cas de Junior et de Rodelain. Ils rôdent autour de la cuisine, vont à l'église, quémandant cinq gourdes à un bon samaritain qui vont leur permettre de manger ce midi.
Pasteur Michel Volny Joseph, le corps frêle, est très strict. Un enfant qui n'a pas les cinq gourdes n'a pas droit à une carte, il fait de la gestion. « Cinq gourdes, c'est rien. Quand des centaines d'enfants vous donnent cinq gourdes, cela fait une somme et vous permet d'acheter de la viande et d'autres ingrédients pour le dîner. »
Les enfants sont des innocents, bien qu'ils n'aient pas d'argent, ils demandent au pasteur de leur donner une carte. Il reste inébranlable. Mais un bon samaritain qui passait par là ce midi a fait don de cinquante gourdes. C'est la ruée, tout le monde veut avoir une carte pour avoir accès à la cantine.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr

vendredi 17 septembre 2010

Canaan, un bidonville pour terre promise

Haïti: Un bidonville est en train de naître à la sortie nord de Port-au-Prince. Canaan est son nom. Une terre promise pour ceux qui se sont découragés d'attendre une réponse concertée des autorités à leur problème de logement d'avant et d'après le tremblement de terre. Canaan c'est aussi la débrouillardise à l'haïtienne. Des malins et des nécessiteux qui se mettent ensemble pour construire à leur manière, et avec leurs limites, leur avenir.
Il manque les penseurs qualifiés, les urbanistes et les ingénieurs, mais déjà tout le monde est sur les collines pour délimiter leur portion de terre. Il y a des profiteurs, sans doute. Des spéculateurs. Des autorités. Des leaders religieux. Toute la faune des entrepreneurs et des aventuriers qui érigent partout à travers le monde, depuis des siècles, les pays, cité après cité, ici, font un bidonville.
Les ONG sont présentes. Les commerces aussi. Il y aura bientôt les pancartes publicitaires et les vendeurs de tous les rêves. Et, un matin, les camionnettes et les taxis motos établiront les circuits pour desservir la population déjà nombreuse qui habite Canaan.
Les embouteillages à la sortie de Port-au-Prince vers les départements du Centre, de l'Artibonite, du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest vont un jour prochain chatouiller les nerfs de ceux qui n'ont pas vu bourgeonner et fleurir la nouvelle communauté qui tutoie la route nationale et la surplombe.
Ce jour-là, il sera trop tard, le bidonville sera devenu ville avec son poids politique et son réservoir de votes et de consommateurs bien installés dans un décor aussi sordide que celui qu'ils ont laissé en catastrophe. Sans eau, sans électricité, sans aucune canalisation, sans drainage, sans aucune route d'accès, sans les infrastructures minimales.
De qui relève la naissance d'un bidonville ? De quel ministère ? De quelle autorité ? Qui doit l'accompagner ?
Le géographe Georges Anglade, dans une conférence prononcée au Centre Technique de Planification et d'Economie Appliquée (CTPEA) en 1991, avait déclaré que l'avenir de Port-au-Prince passe par les bidonvilles. Cette assertion ou prévision avait choqué bien de nos planificateurs. Cité L'Eternel, au Bicentenaire, en face du CTPEA, sortait à peine de terre sous l'action des militaires du régime de Prosper Avril, et les étudiants bien intentionnés y voyaient ou espéraient que ce n'était qu'un épisode passager et que le temps allait donner tort au professeur Anglade. Mal nous en prit.
Depuis, des quartiers précaires se sont multipliés dans la région métropolitaine et nous sommes toujours dépourvus de moyens pour comprendre ou maîtriser leur dynamisme.
Le tremblement de terre et la refondation promise de la capitale ne semblent rien changer. La terre tremble engloutit des maisons et laisse sortir de ses entrailles d'autres cités de bric et de broc, nos fameux bidonvilles.
A Canaan, cela se passe de nos jours et vous en êtes les témoins privilégiés.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

Colère dans les camps de sinistrés menacés d'expulsion

Haïti: Plus de huit mois après le fort séisme qui a jeté à la rue 1,3 million de personnes, des milliers d'Haïtiens risquent d'être déplacés de leur camp de sans-abri au moment même où l'île des Caraïbes est traversé par des orages intermittents. Les autorités tentent d'évacuer quelques-uns des 1.300 camps de sans-abri les plus menacés par les intempéries, et certains propriétaires des terrains abritant ces camps de fortune menacent d'expulser les sinistrés pour récupérer l'usage de leurs terrains.
"Nous exigeons des abris plus sûrs et plus durables que ces bâches déchirées qui ne résistent plus aux coups de vent et à la pluie", lance Fefe, un Haïtien d'une quarantaine d'années, qui a manifesté lundi comme près de 200 autres sinistrés devant les grilles du palais présidentiel en ruines.
"Nous sommes fatigués de vivre dans ces conditions, isolés dans un désert, sans hôpital, sans écoles pour nos enfants", dénonce Fefe, à la tête d'un groupe de sans-abri venus de plusieurs camps de déplacés.
"Je suis veuf et j'ai perdu mes deux enfants dans le séisme, mais je continue de me battre pour moi et pour ma mère", ajoute-t-il.
La colère est d'autant plus aiguë que des orages intermittents balayent Haïti depuis le début de la semaine et pour encore quelques jours, comme c'est le cas depuis le début de la saison des pluies qui a commencé en mai.
Lundi, une alerte orange a même été émise par les autorités pour prévenir la population que de fortes pluies étaient probables dans certaines zones inondables.
Et même s'ils ne devraient pas toucher frontalement Haïti, deux puissants ouragans, Julia et Igor, traversent actuellement l'océan Atlantique en direction du golfe du Mexique.
"Notre combat ne va pas s'arrêter aujourd'hui. Nous sommes déterminés à descendre dans la rue tous les jours pour dénoncer ces organisations non gouvernementales qui ne font rien ici", dit Elvire Constant, 39 ans, responsable d'un comité d'un camp de 2.500 familles sinistrées.
"Les ONG sont en Haïti depuis plus de huit mois, nous avons du mal à voir ce qu'elles ont réalisé", déclare la jeune femme.
"Quand va-t-on sortir de cette situation ?", demande-t-elle en pointant du doigt le village de tentes de Caradeux où elle loge depuis plusieurs mois. Comme beaucoup de camps, ce dernier a été monté sur une propriété privée que son propriétaire pourrait vouloir récupérer en procédant à des expulsions.
En mission d'évaluation des droits de l'homme en Haïti, un expert indépendant de l'ONU, le français Michel Forst, a visité certains des 1.300 camps de déplacés et a déploré les conditions de vie des sinistrés.
"Je demande à nouveau un moratoire sur les expulsions forcées de déplacés des camps établis sur des terrains privés. Au moins tant qu'une stratégie nationale ne sera pas mise en oeuvre par le gouvernement d'Haïti", a plaidé Michel Forst.
Huit mois après le séisme, les avenues de la capitale sont encore encombrées de débris qu'il faudrait 10 ans pour enlever, selon des experts. Pour les Haïtiens "rien n'est reconstruit".
"Qui sait quand on va sortir d'ici pour retrouver une vie normale", s'interroge, l'air désolé, Jolicoeur qui a trouvé refuge dans un centre sportif.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83613&PubDate=2010-09-17

mardi 14 septembre 2010

Les sinistrés haïtiens s'accrochent à leurs tentes

Un million d'Haïtiens, dont une proportion importante
vivent déjà dans un camp de réfugié, pourraient avoir besoin
d'un nouvel abri. Photo: AFP

Publié le 14 septembre 2010
Louise Leduc, La Presse
Igor devrait épargner Haïti, mais les fortes pluies qui secouent déjà le pays en pleine saison des ouragans ont amené les autorités à décréter «l'alerte orange», signifiant un risque important d'inondations. Jusqu'à un million de personnes - déjà sous les tentes ou pas - pourraient avoir besoin d'un nouvel abri. Encore faut-il que les Haïtiens consentent à bouger, ce qui est loin d'être acquis.
Il pleut des cordes, à Port-au-Prince, mais les sinistrés refusent de quitter leur tente et c'est là l'un des principaux problèmes, explique en entrevue téléphonique hier à La Presse Jean-Yves Jason, maire de Port-au-Prince.
«Les sinistrés sont convaincus que s'ils restent dans les camps, le gouvernement va finir par leur donner la maison qu'ils réclament. Ils préfèrent donc rester là et ils refusent d'aller ailleurs, malgré l'annonce de cyclones et de possibles glissements de terrain», dit M. Jason.
Où voudrait-on que les gens se dirigent? Vers des «abris collectifs», explique M. Jason.
Et en quoi consiste un «abri collectif» ? Il s'agit d'entrepôts désaffectés, vers le port, par exemple. Combien de personnes dans ces abris collectifs? Un millier, typiquement, répond M. Jason.
Là se trouve peut-être un élément de réponse à ce refus de partir. Quand on a au moins cela, une petite tente à nous tout seuls, aussi soumise aux éléments soit-elle, et que l'on nous incite fortement à aller vivre avec 999 autres personnes, a-t-on vraiment envie de partir?
Sophie Chavanel, responsable des communications pour la Croix-Rouge, se trouve à Port à Port-au-Prince et oui, il en pleut un coup, dit-elle. Il fait un gros soleil une minute, puis hop, le gros, gros coup d'eau. «Et ici, on n'a pas les mêmes systèmes d'irrigation qu'à Montréal, si bien que quand il pleut, tout déborde», dit-elle tout en se souvenant en riant un peu qu'il arrive aussi qu'à Montréal, sous les viaducs...
Mais les gens vivent-ils dans les tentes, les deux pieds dans l'eau? Très variable, répond Mme Chavanel. «Certains camps ont de très bons systèmes d'irrigation. C'est le cas des camps de l'organisme parrainé par Sean Penn, notamment.»

Rumeurs de fraude

Il reste que la rumeur persistante veut que les 300 000 personnes au Champ-de-Mars, par exemple, ne soient pas aussi sinistrées qu'on le croit. Déjà, un organisme humanitaire avait confirmé à La Presse, il y a quelques mois, que certains se rendaient sous la tente, de jour, pour y être minimalement pris en charge et aidés, pour aller ensuite dormir à la maison ou dans ce qui en tient lieu.
«J'entends la même chose que vous, dit Mme Chavanel, mais je ne peux confirmer cette information. Ce que je peux vous dire, c'est que nous multiplions les évaluations de familles véritablement vulnérables et que par exemple, à Port-au-Prince, nous assurons encore, chaque jour, l'approvisionnement de 2,4 millions de litres d'eau par de gros camions-citernes.»
La saison des ouragans ne saurait être une surprise. La Croix-Rouge avait déjà prévu le coup et a réparti aux quatre coins du pays 16 lieux d'entreposage contenant du matériel pouvait dépanner 125 000 familles - des couvertures, des trousses d'hygiène, quelques casseroles, des filets anti-moustiques, etc.
Le maire de Port-au-Prince, Jean-Yves Jason - que l'on a joint à Miami où il se trouvait - explique que les autorités réfléchissent depuis environ deux mois à la nécessité de déplacer les sinistrés pendant la saison des ouragans.
Même si l'ouragan Igor ne devrait pas passer directement sur Haïti, de fortes pluies, des vagues importantes et des rafales de vent, surtout sur le Nord-Ouest, sont prévues sur le pays entre demain et vendredi. C'est la prochaine grosse menace qui pèse sur Haïti.

Selon le Centre national américain des ouragans, Igor est jusqu'ici un ouragan de catégorie 4, mais il pourrait passer à la catégorie 5, sur une échelle de 5.
Avec l'Agence France-Presse



jeudi 9 septembre 2010

Les sans abris dénoncent leurs conditions de vie dans les camps

Des milliers de sans abris dans la région métropolitaine de Port-au-Prince sont déterminés à faire entendre leurs voix 9 mois après le violent séisme qui a causé le décès de plus de 250 000 personnes et la destruction de 225 000 maisons. Les dirigeants d'un regroupement de leaders de camp d'hébergement annoncent l'organisation le 12 septembre prochain d'une manifestation sur la voie publique afin d'exiger de nouvelles dispositions des autorités. Les leaders des camps d'hébergement estiment que leurs cris n'ont pas été entendus et s'indignent que les autorités soient préoccupées uniquement par les élections. Ils décrivent leur condition de vie comme bestiale. Nous sommes comme des porcs rassemblés dans une gare, lance un membre de la Fédération de comité Organisateur de Camp qui met l'accent sur les odeurs nauséabondes en raison de l'insalubrité.
A la date du 12 janvier plus de 1 500 000 personnes auront franchi la barre des 8 mois sur les places publiques ou des propriétés privées. Les propriétaires de ces terrains veulent récupérer leurs biens ce qui risque de compliquer d'avantage la situation.
Ces personnes vivant dans des situations vulnérables craignent le passage de cyclones, les épidémies, les multiples attaques des bandits, et sont préoccupés par la prochaine rentrée scolaire. Le soleil et les récentes averses ont déjà fortement endommagé les bâches et tentes qui n'offrent presque plus aucune protection. Les sinistres doivent fuir les tentes et bâches durant la journée et pendant les averses. Il y a une détérioration de la situation, insiste un porte parole de la Fédération des Comité Organisateurs de Camp qui réclame une intervention urgente de l'Etat.
Les sinistrés souhaitent une subvention de l'Etat à l'occasion de la rentrée scolaire et le lancement d'un programme de construction de résidences. Les leaders des camps se demandent s'ils devront vivre indéfiniment comme des bêtes.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18238

lundi 30 août 2010

Viols dans les camps : Les autorités réagissent

La campagne de prévention contre les viols dans les centres d'hébergement, initiée par le ministère à la condition féminine se poursuit. Après port au prince, une douzaine de brigadiers ont été déployés à Pétion -ville, dans des zone d'abris provisoires, afin de lutter contre les cas de viols qui sont actuellement en nette augmentation.
Ce projet mis en place par le ministère à la condition féminine bénéficie d'un support de la Pan American Developpement Fundation (PADF).
Lors du déploiement de ces brigadiers à Pétion Ville la ministre a la condition féminine a exhorté les femmes à ne pas se faire complices des violeurs, elle les encourage, par contre à dénoncer les bandits.
Rappelons que plusieurs organisations de défense des droits humains avaient élevé la voix pour dénoncer la recrudescence des cas d'abus sexuels dans les camps d'hébergement de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18200
Commentaires:
Comme d'habitude, chaque fois que l'on apprend le developpement d'une activité ou d'un programme quelconque il faut vite aller chercher le bailleur de fonds. L'Etat haïtien ne possède aucune autonomie financière sur la moindre activité.
Et avec tout ça il y en a plein de reveurs qui pensent que le pays sera reconstruit en tenant compte des desideratas des citoyens haïtiens!

vendredi 27 août 2010

Plusieurs centaines de sans-abri en colère contre le pouvoir

Signe des temps, la plus importante manifestation jamais réalisée par les victimes du séisme du 12 janvier tourne presqu’à une mobilisation anti-gouvernementale sur fond de menace de boycott des élections jeudi 26 août 2010, Radio Kiskeya
Plusieurs centaines de sans-abri ont manifesté jeudi à Port-au-Prince en vue d’exiger des autorités des mesures immédiates capables de mettre fin à leurs conditions de vie infra-humaines sous les tentes et ont menacé de ne pas prendre part aux prochaines élections en cas de non-satisfaction de leurs revendications.
"Il ne peut y avoir d’élections avec 1,5 million de personnes sous les tentes", ont martelé les chefs de file des sinistrés qui ont sillonné les rues de la capitale en scandant des slogans défavorables au pouvoir. Face à ce sombre tableau, le Conseil électoral provisoire est même invité à mettre en veilleuse le processus électoral.
Pour leur première grande mobilisation populaire, les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier ont clairement averti le gouvernement Préval/Bellerive qu’ils n’entendaient plus continuer à dormir dans des campements de fortune et émis le vœu de pouvoir s’installer dans des abris transitionnels décents.
Le pouvoir est accusé de faire du "marchandage politique" au mépris de la situation précaire de plusieurs centaines de milliers de compatriotes près de huit mois après la catastrophe qui, outre les sans-abri jetés dans la rue, a fait 300.000 morts et 300.000 blessés.
Issus de plusieurs des quelque 120 sites d’hébergement recensés à Port-au-Prince, les manifestants ont aussi évoqué le détournement présumé de l’aide internationale.
Les rasssemblements de sinistrés n’avaient jusqu’ici compté que quelques dizaines d’hommes et femmes courageux, prêts à exprimer leur ras-le-bol dans un environnement sourd à leurs récriminations légitimes.
Les places publiques et quartiers résidentiels de la capitale sont transformés depuis le 12 janvier en centres d’hébergement sauvages où vivent des familles entières, dans une situation d’insécurité quasi-permanente, sous des tentes aux températures caniculaires, insalubres et dégageant souvent des odeurs pestilentielles. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6982

mardi 17 août 2010

Haïti /Post-séisme : Du cinéma pour lutter contre le stress post-traumatique

P-au-P, 16 août 2010 [AlterPresse] --- La tournée « food for souls » (nourriture pour l’âme), inaugurée, en février 2010, par la fondation « MWEM », s’est poursuivie, le week-end écoulé, à Jacmel, ville située à 86 km au sud-est de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, apprend l’agence en ligne AlterPresse. Dédiée aux populations frappées par le séisme du 12 janvier 2010, « food for souls » propose un menu de 260 films (documentaires et fictions), pendant un total de dix-sept (17) semaines, dans 52 quartiers.
L’objectif est de permettre aux gens de gérer leur stress post traumatique, indique une note transmise à AlterPresse.
Outre le visionnement de films, les participantes et participants ont la possibilité de suivre des ateliers interactifs autour de thèmes, relatifs, notamment, à la manière d’affronter le traumatisme, au planning familial et à l’habitat.
La tournée « food for souls » s’inscrit dans le cadre de « Sinema anba zetwal », une caravane de films lancée en Haïti en 2003, à l’initiative de la Fondation « MWEM », dans le but de « donner à toutes et tous, en particulier aux plus défavorisés, un accès gratuit à des films de qualité qu’ils n’auraient sans doute pas l’occasion de voir autrement et qui pourtant les concernent ».
Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’événement s’est transformé, grâce surtout au soutien de l’organisation non gouvernementale américaine MERCY CORPS qui a mis, à la disposition de la fondation MWEM, des animatrices et animateurs spécialisés en gestion du stress post-traumatique.
La fondation MWEM se définit comme un centre expérimental de communication visuelle. [rl rc apr 16/08/2010 16:01]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9846

samedi 14 août 2010

Haïti/Post-séisme : 47,5 millions de dollars d’aide alimentaire de l’Usaid au profit des personnes sinistrées

P-au-P, 13 août 2010 [AlterPresse] --- L’agence américaine pour le développement international (USAID) accorde 47,5 millions de dollars [US $ 1.00 = 41.00 gourdes ; 1 euro = 55.00 gourdes aujourd’hui] d’aide alimentaire en faveur des personnes sinistrées dans le séisme du 12 janvier 2010 ainsi que des familles vulnérables vivant dans le Plateau central (Nord-Est) et le Bas-Artibonite (Nord), deux départements géographiques indirectement touchés dans le tremblement de terre), apprend AlterPresse auprès de l’ambassade étasunienne. L’Usaid confie la gestion de ces fonds à la branche nationale du Programme alimentaire mondial (Pam) et à l’organisation non gouvernementale (Ong) Mercy Corps, conformément aux termes de deux accords signés, ce vendredi 13 août 2010 au local de l’ambassade, entre les représentants des trois institutions en Haïti.
Ainsi, une tranche de l’enveloppe de l’Usaid, soit trente cinq (35) millions de dollars, est-elle allouée au Pam pour permettre à l’agence de couvrir la portion en espèces du programme cash and food-for-work (argent et nourriture contre travail).
Quant au reste du montant, soit 12,5 millions de dollars, il permettra à l’Ong internationale Mercy Corps d’approvisionner, en produits alimentaires, plusieurs milliers de familles vulnérables dans le Plateau Central et le Bas-Artibonite qui hébergent des personnes sinistrées.
Constitués de farine, riz, pois et d’huile comestible, les produits alimentaires, qui seront distribués aux familles du Plateau central et du Bas Artibonite, seront importés des États-Unis d’Amérique.
La nouvelle assistance de l’Usaid s’inscrit dans le cadre de l’exécution de son programme de sécurité alimentaire d’urgence.
Cette aide intervient au moment où la coordination nationale de la sécurité alimentaire (Cnsa) tire la sonnette d’alarme sur les risques d’aggravation de l’insécurité alimentaire en Haïti.
Tout en formulant des recommandations aux autorités haïtiennes pour le renforcement de la sécurité alimentaire, la Cnsa souhaite l’intégration des produits locaux dans la distribution de l’aide alimentaire à la population nationale. [cer rc apr 13/08/2010 13:28]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9836

mercredi 11 août 2010

« Où est passée la nourriture que nous avions envoyée pour Haïti ? »

Une contribuable américaine demande des comptes à ceux à qui ont été confiés de l'aide en faveur des victimes du tremblement de terre du 12 janvier en Haïti. Cette voix se mêle à d'autres qui, de par le monde, n'ont pas constaté de grands changements en Haïti en dépit de la solidarité exemplaire manifestée envers les victimes au lendemain du drame. Haïti: Une lectrice du journal floridien Sun Sentinel, s'en est prise avec virulence à un article publié par ce quotidien, le 1er Août dernier, dans lequel il a été rapporté les déboires d'un parent ne pouvant pas nourrir sa petite famille, alors que des tonnes de nourriture et beaucoup d'argent sont collectés un peu partout à travers le monde en vue de venir en aide aux sinistrés haïtiens.
« Où est passée toute la nourriture que nous avions envoyée en Haïti », s'est interrogée Brenda Dixon. « Au sujet de ce parent qui ne peut pas nourrir sa famille en Haïti : Pourquoi cette famille n'obtient-elle pas de la nourriture ? », s'est-elle encore interrogée. Cette lectrice n'a pas caché sa préoccupation de lire de telles informations dans les colonnes du journal américain. « Je sais (comprend) que les entrepôts à l'aéroport sont remplis. Mais ça me dérange de lire ceci après avoir tant donné » pour les victimes du séisme du 12 janvier 2010, a-t-elle encore dit.
Cette lectrice s'en est aussi prise à l'ancien président américain Bill Clinton, co-président de la CIRH (Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti). « Qui est derrière de telles informations ? Bill Clinton n'est-il pas au courant de tout cela ? Il y va souvent là-bas. Il va là souvent ».
Selon Madame Brenda Dixon, « les gens heureux en Haïti ne font rien pour ces personnes » qui connaissent une situation difficile depuis le 12 janvier 2010. Elle promet de venir en personne constater de ses yeux ce qu'elle a lu dans le journal de la Floride. « Je voudrais moi-même aller voir personnellement, que des gens meurent de faim alors que les entrepôts stockant de la nourriture sont remplis ».
Si c'est vrai, a-t-elle nuancé, ceci devrait ne jamais être toléré. La lectrice s'en est prise enfin au chef d'Etat haïtien. « Le Président Préval a-t-il faim ? Il devrait faire tout ce qu'il peut pour que personne en Haïti ne soit affamé, encore moins les enfants. Car ils sont l'avenir du pays. Pour conclure sur une note positive, Brenda Dixon espère que tous ceux qui ont lu cet article seront d'accord avec elle.
A rappeler qu'environ 300 000 personnes ont péri le 12 janvier 2010 lors du tremblement de terre qui a littéralement détruit le centre administratif et commercial du pays. Depuis, plus d'un million et demi de personnes sont sans-abri et vivent sous des tentes préfabriquées ou sous des bâches dans des conditions extrêmement difficiles.
Plusieurs centaines d'ONG se sont installées en Haïti depuis le séisme avec, la plupart du temps, des budgets qui dépassent largement celui de l'Etat haïtien. Depuis sept mois, ces ONG et l'Etat haïtien sont à pied d'oeuvre. Mais la situation sur le terrain, sept mois après, laisse penser qu'on est encore au lendemain de cette catastrophe.
S.B.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=82189&PubDate=2010-08-10

mardi 10 août 2010

Le calvaire des sans abris pendant la saison pluvieuse

Tandis que les différents secteurs de la vie nationale sont préoccupés par le processus électoral, des centaines de milliers de sans abris sont régulièrement confrontés à la violence des intempéries. Plusieurs milliers de déplacés ont été au cours du week end écoulé, victimes des rafales de vents des fortes averses dans la région métropolitaine. Tentes et bâches ont été emportées par des orages dans plusieurs camp d'hébergement à Port-au-Prince et Pétion ville notamment. Exaspérés plusieurs centaines de personnes regroupés dans les camps de Place St Pierre, Boyer, St Thérèse, notamment ont dénoncé leur condition d'existence. Nous ne voulons plus de bâches et de tentes, nous voulons des maisons scandaient les manifestants qui ont défilé dans plusieurs artères de Pétion ville dimanche dernier. Un des organisateurs de la manifestation a fait valoir que les tentes et bâches en raison de la chaleur sont à l'origine de plusieurs cas de maladie de la peau.
De nombreux sans abris se disent prêts à s'inscrire dans un programme d'achat de logement moyennant l'accès à l'emploi. Les déplacés sont obligés de fuir les tentes et bâches durant la journée.
Une nouvelle manifestation est prévue le 12 août expliquent les leaders du mouvement qui font état de leur raz le bol. Toutefois les protestataires refusent que leurs revendications soient récupérées par des politiciens en campagne. Les résidents de tous les camps de Pétion ville avaient pris part à cette manifestation qui ne visait pas à condamner le gouvernement.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18103

dimanche 23 mai 2010

Malorie Beauchemin, envoyée spéciale
La Presse.-
(Port-au-Prince) La petite Magnolita, 18 mois, conservera pour toujours des séquelles du tremblement de terre du 12 janvier. Sur son visage, sa tête et un de ses bras. Elle n'a pas été blessée lors du séisme. Ce sont les conditions de vie qui en ont résulté, pour elle comme pour des centaines de milliers d'Haïtiens, qui l'ont conduite à la clinique des grands brûlés du Centre Saint-Louis, gérée par Médecins sans frontières.
Dans un geste quotidien, presque banal, sa maman faisait bouillir de l'eau pour préparer à manger. Sauf que la famille habite maintenant une tente, dans un camp de déplacés de Port-au-Prince. Inconsciente du danger, la petite a fait un geste de trop, et l'eau bouillante s'est renversée sur elle.
«La tente est trop petite», raconte candidement la maman, Béatrice Esteval, croisée à la clinique pour grands brûlés où elle berçait la petite Magnolita, qui avait la tête couverte de pansements.
Le séisme a fait plus de 250 000 morts, selon l'ONU. En outre, plus de 1,5 million de personnes vivent dans des camps depuis plus de quatre mois, dans la promiscuité et les pénuries de toutes sortes. La destruction d'une partie des maisons et des immeubles de Port-au-Prince a aussi laissé des câbles et des fils électriques qui traînent encore autour des structures à moitié démolies, dans la rue, sur les terrains. Là où les enfants ont, depuis, recommencé à jouer.
Clinique temporaire
Les cas de brûlures causées par l'électrocution, le feu ou l'eau bouillante sont en hausse depuis la catastrophe.
Tellement que Médecins sans frontières a ouvert, début avril, une clinique temporaire exclusivement pour les grands brûlés, une première au pays.
«La majorité des cas sont des accidents domestiques», explique Michèle Beck, responsable terrain au Centre Saint-Louis, immense hôpital fait de tentes gonflables stérilisées et de structures semi-permanentes, installées sur le terrain de soccer d'une école secondaire chrétienne de Port-au-Prince.
La clinique des grands brûlés, qui comptait 7 lits au début, peut maintenant, un mois après son ouverture, accueillir 27 patients.
«On a une majorité d'enfants. Et qui dit enfants dit prise en charge de la douleur, souligne Mme Beck. On a installé un bloc opératoire où on peut faire les pansements sous anesthésie.»
Un chirurgien-plasticien s'occupe des greffes de peau, et un kinésithérapeute de la réadaptation.
Avec un peu de chance et beaucoup de travail, Magnolita et les autres petites victimes de l'aile pédiatrique, remplie à craquer, ne garderont peut-être pas de séquelles autres que la décoloration de leur peau à certains endroits.
Risques de rétraction
«Là où il faut faire très attention, surtout avec les tout-petits, c'est avec les risques de rétraction», explique Michèle Beck, infirmière de formation. Les enfants blessés ont le réflexe de garder immobile la partie du corps où ils ont mal, ce qui peut entraîner des conséquences à moyen et à long terme pour la peau, qui perd de son élasticité après une brûlure, et pour les muscles qui ne seront pas sollicités et qui risquent de s'atrophier, précise-t-elle. D'où l'importance du travail réalisé par le kinésithérapeute.
Dans les pays occidentaux, les traitements de réadaptation pour les grands brûlés peuvent s'étendre jusqu'à l'âge de 18 ans, parce que les enfants poursuivent leur croissance et que leurs blessures doivent s'adapter. En Haïti, où 40% de la population n'avait déjà pas accès à des soins médicaux avant le séisme, c'est souvent sur les organisations humanitaires internationales que repose le fardeau. Si Médecins sans frontières est engagé pour le long terme en Haïti, reste à voir combien de temps ses installations temporaires du Centre Saint-Louis resteront en place.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/la-presse-en-haiti/201005/22/01-4283017-la-souffrance-des-petits-grands-brules.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_seisme-en-haiti_557239_section_POS3

Des violences à craindre en Haïti

AFP: 21/05/2010   
La fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) craint une vague de violence dans les camps de sinistrés en Haïti, quatre mois après le séisme qui a ravagé ce pays, "si les mauvaises conditions de vie ne changent pas". "La capacité d'adaptation de la population pendant et après le séisme pourrait se transformer en désespoir et éventuellement en violence si les sinistrés ne constatent pas rapidement que des mesures sont prises pour les sortir des conditions de vie dégradantes, même s’il ne s’agit que de solutions temporaires", écrit la FIDH dans un rapport publié cette semaine sur la situation en Haïti. 
Le tremblement de terre du 12 janvier qui a secoué Haïti, l'un des pays les plus pauvres au monde, a fait entre 250.000 et 300.000 morts et 1,9 million de sans-abri selon l'ONU. La fédération, qui a conduit une mission en Haïti fin mars, a relevé que plusieurs milliers de sinistrés dans les camps visités étaient "totalement livrés à eux-mêmes". "Pour des centaines de milliers de familles ayant perdu logement, travail et sources de revenus dans le tremblement de terre (...), la survie dépend toujours des mesures d’urgence", souligne la FIDH qui plaide pour la poursuite de la distribution alimentaire dans les camps. 
Au plan de la reconstruction, la FIDH et des organisations membres ont recommandé aux autorités haïtiennes de s’assurer que toutes les politiques publiques de reconstruction visent à protéger et à promouvoir les droits fondamentaux des Haïtiens. Elle a également recommandé l'intégration au sein de la Commission internationale de la reconstruction d'Haïti (CIRH) de représentants du mouvement associatif haïtien et d'ONG avec droit de vote. 
Parmi ses nombreuses recommandations, la FIDH souhaite que la reconstruction permette à Haïti de sortir de la dépendance économique en favorisant un modèle de développement qui stimule et protège la production nationale. Elle plaide aussi pour l'annulation des dettes d'Haïti envers des créanciers multilatéraux qui s'élèvent à plus d'un milliard de dollars afin de ne pas aggraver la situation financière déjà très précaire du pays.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/21/97001-20100521FILWWW00586-des-violences-a-craindre-en-haiti.php

69 000 Haïtiens traités pour traumatisme

Médecins sans frontières (MSF) a annoncé que ses psychologues et psychiatres avaient soigné près de 69.000 Haïtiens pour des traumatismes depuis le séisme du 12 janvier, qui a tué près de 300.000 personnes et jeté 1,9 million de personnes à la rue. 
Depuis le séisme, les praticiens de l'ONG ont apporté des soins en santé mentale à 68.970 Haïtiens, tandis que 81 victimes de violences sexuelles ont été soignées, relate l'ONG dans un rapport rendu public cette semaine. "Quatre mois après le séisme, beaucoup d'Haïtiens ressentent encore la terre trembler et le bruit est toujours présent (...). Il y a une dépression collective derrière les sourires qui évoquent le Port-au-Prince d'avant. Les gens savent que le provisoire va s'inscrire dans la durée. On constate un découragement chez des personnes qui ne sont pourtant pas résignées", explique le Dr Maryvonne Bargues, psychiatre de MSF, dans le rapport.  
En outre, l'ONG dit avoir traité 136.000 patients et un millier d'accouchements. Quelque 7.672 opérations chirurgicales ont été réalisées dans 15 salles en service dans le pays, annonce MSF.  
"Dans les structures de soins de santé primaires, les pathologies soignées aujourd'hui sont principalement des infections respiratoires et des maladies hydriques (liées à l'eau), telles que le paludisme et les diarrhées", explique l'ONG.  
Depuis fin mars, 71 cas suspects de fièvre typhoïde ont été pris en charge à Port-au-Prince et en province par MSF.  
"Plus d'un million de personnes continuent de vivre dans des conditions déplorables, sous des tentes ou des bâches en plastique, sans perspectives claires pour les mois à venir", souligne Stefano Zannini, chef de mission de MSF en Haïti. Or, "entre-temps, les pluies se sont intensifiées et inondent les sites de sinistrés plusieurs fois par semaine."
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/05/21/97001-20100521FILWWW00613-69-000-haitiens-traites-pour-traumatisme.php

samedi 17 avril 2010

Intensification du processus de relocalisation des sans abris

Le gouvernement haïtien, la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), l'organisation Internationale pour la migration (OIM) ainsi que d'autres ONG ont intensifié le processus de déplacement des sans abris dans les sites spontanés considérés comme vulnérables.
Alors que les fortes averses sont quasi quotidiennes, le processus de relocalisation au site de Corail Cesse Lesse prend sa vitesse de croisière grâce à l'appui logistique de la Mission de l'ONU.
4 jours après l'ouverture du site plus de 248 familles soient 896 personnes s'y sont installées. Les sans abris proviennent du camp de fortune du Golf de Pétion ville.
Un fonctionnaire de l'OIM, Bertrand Martin, assure que 95 familles ont abandonné la zone vulnérable au cours de la 4 eme journée du programme.
Les autorités haïtiennes et les responsables des ONG espèrent que plus de 1 000 familles abandonneront cette zone vulnérable dans les prochaines semaines.
Dans le même temps, l'OIM entend convaincre les sans abris regroupés dans la vallée de Bourdon à abandonner ce site qui est sujet à des glissements de terrains pendant les averses. L'OIM assure que le site choisi est meilleur. Le site de Tabarre Issa dispose de services sanitaires, d'écoles, d'un jardin communautaire et d'un terrain de foot ball. L'OIM espère que les 2 500 sans abris de la vallée de Bourdon opteront pour ce nouveau site.
D'autres camps de fortune à l'instar du Stade Silvio Cator doivent être remis en état. Les responsables du stade ont pu récemment non sans efforts convaincre les sinistrés d'abandonner la pelouse afin de favoriser la reprise des compétitions sportives.
LLM / Radio Métropole Haïti

mardi 13 avril 2010

Accélération des évacuations forcées à Haïti

Agence France-Presse Port-au-Prince Le gouvernement haïtien a décidé d'accélérer l'évacuation forcée de dizaines de camps où des milliers de sans abri s'étaient réfugiés après le séisme, à la «surprise» de l'ONU qui a appelé lundi à se «préoccuper» de leur sort, la saison des pluies ayant débuté.
Après l'évacuation ce week-end des quelque 7 300 personnes qui s'étaient installées dans le stade de Port-de-Prince, les autorités ont notamment intimé l'ordre aux 10.000 Haïtiens installés dans une école de la capitale de quitter les lieux rapidement.
«Ils sont en train d'évacuer des dizaines de camps», a confié à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, une source haut placée aux Nations unies.
«Il y a des camps installés dans des écoles, des marchés, sur des terrains privés, que les propriétaires vont vouloir récupérer dans les prochaines semaines», a déclaré pour sa part la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU, France Hurtubise.
Ces opérations interviennent trois mois jour pour jour après le séisme qui a fait au moins 220 000 morts et jeté à la rue près de 1,3 million de personnes.
Une source gouvernementale, qui ne souhaite pas être identifiée, a expliqué à l'AFP que des milliers de personnes refusaient de quitter les quelque 900 camps de la capitale, bien que leurs maisons soient habitables, car elles souhaitent continuer de profiter de tous les services - eau, santé, nourriture - offerts sur les sites, mais aussi pour ne pas avoir à payer de loyer.
«Ce que vous voyez là, c'est la face cachée des bidonvilles qui est révélée au grand jour», a estimé cette source.
Mais avec la saison des pluies qui a débuté, et qui est déjà en temps normal difficile dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord, plusieurs ONG et les Nations unies se sont inquiétées du sort de ces indigents une nouvelle fois jetés à la rue.
«Personne ne s'attendait à ce que les gens aient à quitter certains sites avant la saison des pluies», a dit Mme Hurtubise, tout en relevant que «dans une certaine mesure les propriétaires sont dans leurs droits».
«On ne peut pas se permettre de laisser ces gens seuls», a-t-elle souligné.
Lors d'une conférence de presse donnée lundi, le président haïtien René Préval a affirmé vouloir faire du relogement des déplacés sa principale priorité.
«Reloger plus de 1,3 million de personnes qui dorment dans les rues prendra du temps et cela coûtera de l'argent. Nous avons commencé avec ceux qui sont les plus exposés aux intempéries», a dit M. Préval, en soulignant que la reconstruction du pays prendrait «beaucoup de temps».
Il a également remercié la communauté internationale sans qui «Haïti n'aurait pas pu faire face au désastre».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201004/12/01-4269723-acceleration-des-evacuations-forcees-a-haiti.php

Réfugiés-Haïti: On relocalise avec humanité d'un côté, on expulse par la force de l'autre!

L'Organisation française Action contre la faim a critiqué à Port-au-Prince le déplacement forcé et non préparé de milliers de sinistrés qui occupaient un stade de football au coeur de la capitale d'Haïti depuis le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 1,3 million de sans-abri. Les autorités haïtiennes ont évacué avec l'assistance des forces de l'ordre, 7 335 personnes qui avaient dressé leurs tentes de fortune dans les gradins et sur le gazon synthétique de l'unique stade haïtien de football, en vue de permettre la reprise des activités suspendues il y a trois mois. Au même moment, samedi, près de 8 000 personnes, sur environ 50 000, qui vivaient sur un terrain de golf ont été accompagnées dans un nouveau centre à 20 km au nord de la capitale avec l'assistance de l'ONU et des militaires américains sur place.
«Nous sommes choqués de la manière que cela se passe. Il n'y a pas de planification. Il n'y a aucune solution offerte aux gens qui vivaient dans ce stade, contrairement à d'autres», a déclaré à Port-au-Prince Lucille Grosjean porte-parole d'Action contre la faim.

«Il y a un deux poids deux mesures dans cette affaire», a poursuivi Lucille Grosjean. Elle a estimé que des haïtiens «expulsés» des espaces qu'ils occupaient allaient se réinstaller dans des endroits où ils sont encore plus exposés.

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17500

René Préval supervise l'installation des premières familles au camp Corail

Le processus de relocalisation des sinistrés du 12 janvier a débuté samedi dernier avec le départ de plusieurs familles du site d'hébergement de Delmas 40. Samedi après midi et dimanche matin le chef de l'Etat haïtien, René Préval, a supervisé l'installation des premières familles au site de Cesselesse dans la région de la Plaine du Cul de sac. 52 camions du Centre National des Equipements (CNE) ainsi que des techniciens de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) s'activaient à finaliser les travaux sur le site pouvant accueillir plus de 1 300 familles.
La région, identifiée comme la zone d'extension naturelle de la capitale, accueillera des entreprises dont deux industries textiles coréennes, ASTRO et SAE, explique Dieudonne Saincy, conseiller Spécial du chef de l'Etat.
Au cours des dernières 48 heures le président Préval a effectué 3 visites dans les camps de Corail Cesse Lesse et terrain de Golf de Delmas 40 d'où proviennent la majorité des familles. Des visites surprises qui ont permis au chef de l'Etat de fournir des explications sur le processus de relocalisation.

A l'abri des cameras et micros, le chef de l'Etat s'et entretenu avec les personnes présentes autour du processus de relocalisation, précise M. Saincy. La rencontre, déroulée dans une bonne ambiance, a permis au président haïtien, de justifier le choix du site de Corail Cesse Lesse.

Le gouvernement haïtien et les ONG accordent un montant de 50 dollars US, une tente et une trousse d'hygiène aux familles ayant opté pour le site de Cesse Lesse.

Voir les photos : http://metropolehaiti.com/photo/serie.php?id_album=16&offset=0

LLM / Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17497

dimanche 11 avril 2010

René Préval à camp Corail

Les Nations unies ont ouvert, samedi, à 20 km de Port-au-Prince, leur premier camp destiné à accueillir les victimes du séisme. Aménagé avec l'aide de l'armée américaine, le site doit accueillir 8 000 personnes dans l'immédiat. Les travaux d'aménagement se poursuivent alors que les premières familles arrivent. «Y'a plein de poussière, y'a rien», dit Johanna, en découvrant avec sa mère et ses deux soeurs le premier camp de déplacés ouvert samedi par l'ONU, leur nouveau domicile.
«C'est pourquoi des engins sont en train de compacter la poussière», explique le Président René Préval, en pointant du doigt des bulldozers et des rouleaux compresseurs en train de déposer et tasser du remblais. «Des rues et des infrastructures seront construites. Une vraie communauté» assure-t-il.
Réfugiée depuis la catastrophe, au golf de Pétion-Ville, sur les hauteurs de Port-au-Prince, la famille Archiles était en danger, comme environ 7.500 personnes de ce camp de quelque 50.000 sinistrés, l'un des sept de la capitale dévastée jugés à hauts-risques par l'ONU. Leur abri de fortune avait été érigé dans une zone susceptible d'être emportée par des coulées de boues ou de subir un glissement de terrain.
N'ayant nulle part où aller, elles ont accepté de partir à 20 km au nord de la ville, là où les Nations unies et l'armée américaine viennent d'aménager un camp capable d'accueillir 8.000 personnes dans l'immédiat.

À leur descente du bus, des haïtiennes expriment leurs inquiétudes. «C'est la première fois que des gens vont vivre ici. Comment va-t-on travailler ?», s'interroge Eunite Pierre-Paul, 23 ans, esthéticienne avant le séisme. Sa mère elle est marchande de légumes.

Pour le moment, seules quelques douches, des latrines et une vingtaine de longues tentes blanches ont été installées. L'école est en travaux, l'aménagement du camps n'en est qu'à ses début.

Dans la journée de dimanche, plusieurs centaines de sinistrés du golf, volontaires au départ, rejoindront le site, et ainsi de suite pendant dix jours, précise le major brésilien Yvon Werneck, qui travail sur ce projet depuis un mois.

Tous ceux qui resteront deux semaines recevront 50 dollars.

Venu inspecter les travaux, le général Ken Keen, qui dirige les troupes américaines en Haïti, est interpellé par un habitant du camp faisant face à Corail. «Vous devez faire la même chose pour nous. J'ai sept enfants, mais rien pour les nourrir ni pour les envoyer à l'école», dit-t-il au haut-gradé, par l'intermédiaire d'un officier de l'US Navy parlant créole. «C'est tout à fait légitime. Il faut en parler aux autorités locales. Mais vous devez comprendre que l'on essaie de trouver des solutions pour ceux dont la vie est en danger à Port-au-Prince», explique le général.

Les Archilles avoir découvert leur nouveau domicile, ont retrouvé le sourire. «Bienvenu chez nous!», lance Johanna, 18 ans, pendant que sa petite soeur de 8 ans se cache dans la chambre de l'abri de toile et que l'aînée attend avec impatience la distribution de nourriture.

N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17490