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vendredi 1 mars 2013

Ancien président à vie d'Haïti, Jean-Claude Duvalier comparaît devant ses juges et ses victimes

LE MONDE | 01.03.2013 à 11h31 Pour les victimes du régime duvaliériste, la comparution de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier devant la cour d'appel de Port-au-Prince est une première victoire. Accusé de violations des droits de l'homme, de détournement de fonds et de corruption, l'ancien "président à vie" d'Haïti, chassé du pouvoir en 1986 après quinze années de dictature, avait refusé par trois fois de répondre aux convocations du tribunal. Le président de la cour d'appel, Jean-Joseph Lebrun, l'avait menacé d'un mandat d'amener au cas où il refuserait à nouveau de se présenter. "Bébé Doc" a finalement obtempéré. Il a comparu, jeudi 28 février, face à plusieurs de ses victimes qui ont porté plainte pour crimes contre l'humanité. "C'est une audience historique, un premier pas, il faut poursuivre la bataille",soulignait Danièle Magloire, coordonnatrice du Collectif contre l'impunité, peu après la fin de l'audience qui doit reprendre dans une semaine. Reed Brody, deHuman Rights Watch, se félicitait aussi de cette "victoire historique dans un pays où les riches et les puissants ont toujours été au-dessus de la loi". SES AVOCATS ONT MULTIPLIÉ LES INCIDENTS DE SÉANCE Accompagné de plusieurs dizaines de partisans, massés à l'intérieur et devant le tribunal, Jean-Claude Duvalier s'est défendu face aux accusations. D'une voix à peine audible, obligeant le greffier à répéter ses propos, il a expliqué que les redoutables "tontons macoutes", les miliciens du régime, avaient pour tâche d'assurer la sécurité nationale et d'assister l'armée. Lorsque le président de la cour l'a interrogé sur les violations des droits de l'homme, il a répliqué que "les viols existent partout dans le monde" et que les chefs d'Etat ne pouvaient être tenus pour responsables. "A chaque fois que des cas étaient signalés, j'intervenais pour que justice soit faite", a-t-il assuré. Ses avocats ont multiplié les incidents de séance, réclamant un huis clos, qui a été refusé, et protestant lorsque la cour utilisait le mot "inculpé" pour désigner leur client. M. Duvalier a qualifié de "fumisterie" une question concernant un ancien prisonnier, Robert Duval, présent à l'audience, qui avait été victime de sévices durant ses dix-sept mois de détention dans les geôles duvaliéristes. "QU'AVEZ-VOUS FAIT DE MON PAYS ?" "Je crois avoir fait le maximum pour assurer une vie décente à mes concitoyens, à l'époque les entreprises publiques fonctionnaient bien, les Haïtiens envoyaient leurs enfants à l'école, je ne peux pas dire que la vie était rose, mais les gens vivaient décemment", a contre-attaqué M. Duvalier. Avant de lancer : "Qu'avez-vous fait de mon pays ?, à mon retour [en 2011, après vingt-cinq ans d'exil en France], j'ai trouvé un pays effondré et rongé par la corruption." Qualifiant son père, l'ancien dictateur François Duvalier, de "grand nationaliste", il a dit avoir accepté de le remplacer, à 19 ans, "par amour pour pays". Pour les avocats des victimes, l'audience de jeudi a mis en échec les "manœuvres dilatoires" des conseils de "Bébé Doc" qui avaient tenté d'empêcher la procédure en appel par un pourvoi en cassation. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/03/01/jean-claude-duvalier-ancien-president-a-vie-d-haiti-comparait-devant-ses-juges-et-ses-victimes_1841188_3222.html

jeudi 28 février 2013

Haïti: l’ancien dictateur Duvalier s’est présenté devant la justice

Par AFP L’ancien dictateur d’Haïti Jean-Claude Duvalier, visé par plusieurs plaintes d’anciens opposants, et qui avait refusé à trois reprises de comparaître devant la justice, s’est présenté jeudi devant une cour d’appel de Port-au-Prince, a constaté un correspondant de l’AFP. Costume sombre, chemise blanche, Jean-Claude Duvalier s’est assis dans la salle du tribunal avec sa compagne Véronique Roy. A l’extérieur du bâtiment, plusieurs dizaines de personnes qui portaient des vêtements aux couleurs noir et rouge de l’ancien régime manifestaient en faveur de l’ancien dictateur, criant «Vive Duvalier». La salle d’audience était remplie, avec notamment des anciennes victimes venues pour témoigner. M. Duvalier est visé par plusieurs plaintes pour arrestations arbitraires, tortures et détentions illégales. Le 21 février dernier, suite à sa troisième absence, le juge Jean-Joseph Lebrun avait délivré un mandat d’amener à l’encontre de «Baby Doc» Duvalier. En janvier 2012, un an après son retour en Haïti suite à 25 ans d’exil en France, un juge d’instruction avait ordonné son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournements de fonds mais n’avait en revanche pas retenu les poursuites pour crimes contre l’humanité, estimant que les faits étaient prescrits. Cette décision avait provoqué l’indignation des organisations de défense des droits de l’homme et des victimes qui avaient fait appel. Mais les défenseurs de «Baby Doc», âgé de 61 ans, ont formé un pourvoi en cassation et estiment que la cour d’appel devant laquelle comparaissait «Baby Doc» jeudi est par conséquent «dessaisie» du dossier. Le Collectif contre l’impunité, composé d’anciennes victimes de la dictature des Duvalier père et fils (1957-1986), a rappelé dans un communiqué qu’il avait demandé de «rouvrir une instruction digne de ce nom». «Sans cela, il n’y aura plus de cas Duvalier, vu que l’Etat pourrait agréer à l’abandon des poursuites pour délits financiers. Duvalier pourrait alors accéder aux fonds bloqués en Suisse», a-t-il prévenu. http://www.liberation.fr/monde/2013/02/28/haiti-l-ex-dictateur-duvalier-a-nouveau-convoque-par-la-justice_885325

Haïti-Justice : Human Rights Watch exige la comparution de Duvalier en appel le 28 février

P-au-P, 27 févr. 2013[AlterPresse] --- « Les autorités haïtiennes doivent s’assurer » de la comparution de l’ex-dictateur en appel face à ses victimes à l’audience prévue ce 28 février 2013, souhaite l’institution internationale de droits humains, Human Rights Watch, apprend AlterPresse. « On ne devrait pas permettre à Jean-Claude Duvalier de faire un pied-de-nez à la justice », espère la chercheuse à la division des droits des femmes à Human Rights Watch, Amanda Klasing qui assistera à cette audience. Le conseiller senior à Human Rights Watch, Reed Brody, qui a assisté à l’audience en date du 21 février 2013, sera lui présent. Amanda Klasing et Reed Brody sont les co-auteurs d’un rapport publié en 2011 par Human Rights Watch, qui s’intitule : « Haïti, un rendez-vous avec l’Histoire : Les poursuites contre Jean-Claude Duvalier ». Duvalier avait refusé de comparaître devant la justice haïtienne comme prévu lors de l’audience du 21 février 2013. A cet effet, un mandat d’amener a été émis par la cour d’appel contre l’ex-dictateur dit « Bébé Doc » à l’intention du procureur pour le contraindre de se présenter en personne à la prochaine audience. Cette décision a été vivement saluée par plusieurs organisations nationales et internationales comme Amnesty Internationale, le Collectif contre l’impunité, le Collectif pour juger Jean Claude Duvalier (sigle créole Kosyjid) et le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh). La Cour d’appel sera, à nouveau, réunie pour examiner l’appel des victimes contre l’ordonnance de non-lieu rendue en janvier 2012 par un juge d’instruction, Carvès Jean, selon laquelle Jean-Claude Duvalier ne pouvait être poursuivi pour les crimes contre les droits humains. Les avocats de Duvalier avaient fait un pourvoi en cassation, le lundi 18 février 2013, dans l’espoir de mettre hors jeu la cour d’appel et, du même coup, les victimes qui ont pu obtenir la reconnaissance de certaines de leurs revendications par les juges. Ces derniers ont fait savoir que le pourvoi en cassation n’invalide pas la procédure suivie au niveau de la cour d’appel contre Duvalier. [emb kft gp apr 27/02/2013 15 :55] http://www.alterpresse.org/spip.php?article14162

vendredi 8 février 2013

Haïti - Duvalier ne peut se présenter en cour un 7 février!

L’ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, poursuivi par la justice de son pays pour corruption, concussions et détournement de fonds, ne s’est pas présenté jeudi devant le tribunal qui l’avait convoqué. Une centaine de ses partisans et ses adversaires ont par ailleurs manifesté sans incident dans le centre de Port-au-Prince. L’ancien président à vie d’Haïti, chassé du pouvoir le 7 février 1986 après près de 30 ans d’une dictature héréditaire (1957-1986) et revenu au pays en janvier 2011, s’est fait représenter par ses avocats qui ont remis une lettre de leur client expliquant son absence. Le contenu de la lettre n’a pas été révélée à la presse, mais un des avocats de Duvalier a estimé imprudent de la part du juge de le convoquer un 7 février. « Cette date charrie trop de ressentiments, trop de rancoeur et trop d’émotions de part et d’autre. C’est une imprudence grave de demander à M. Duvalier de se présenter au tribunal un 7 février », a soutenu Frizto Canton, un des défenseurs de l’ancien homme fort d’Haïti. L’avocat, qui a demandé au juge de trouver une autre date, a rejeté les accusations contre son client, selon lui « frappées de nullité ». « Duvalier a été déjà jugé en France, en Haïti et en Suisse, il ne peut pas être jugé une nouvelle fois », a déclaré l’avocat.

Haïti: «Baby Doc» devra comparaître devant des juges

Mis à jour le 08.02.13 à 08h28 Un juge haïtien a ordonné jeudi soir à l'issue d'une audience en appel la comparution de l'ancien président Jean-Claude Duvalier, surnommé «Baby Doc», devant le tribunal qui doit décider s'il y a lieu de le juger pour des violations présumées des droits de l'homme. L'ancien «président à vie», âgé de 61 ans, est rentré en Haïti en janvier 2011 après avoir passé 25 ans en exil. Il est poursuivi pour corruption, vol et détournement de fonds publics, des charges dont il a fait appel. Le tribunal de Port-au-Prince examine parallèlement l'appel d'Haïtiens dont les plaintes pour crimes contre l'humanité ont été rejetées l'an dernier en première instance. Le juge avait considéré qu'il y avait prescription pour les faits dont il est accusé - notamment des actes de torture et des "disparitions" de membres de leurs familles. Jean-Claude Duvalier ne s'est pas présenté jeudi devant le tribunal d'appel, expliquant que le 7 février, anniversaire de son renversement en 1987, était une date à laquelle «les plus grands crimes politiques ont été commis dans ce pays». A l'issue d'une séance houleuse, la décision du juge d'exiger la comparution de «Baby Doc» lors de la prochaine audience, le 21 février, a été saluée par les avocats des victimes et critiquée par les défenseurs de l'ancien dictateur, qui ont dénoncé des «pressions extérieures». http://www.20minutes.fr/ledirect/1096807/haiti-baby-doc-devra-comparaitre-devant-juges

jeudi 7 février 2013

Haïti-Duvalier : Signature d’un essai-plaidoyer pour juger l’ex-dictateur

P-au-P, 7 févr. 2013 [AlterPresse] --- L’avocat Jaccéus Joseph signe son ouvrage « Le procès de Duvalier pour crimes contre l’humanité » ce 7 février 2013 à l’annexe du rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti, à Pacot (Port-au-Prince). Il s’agit pour l’avocat d’apporter sa quote-part dans le « combat » que mènent les victimes de la dictature des Duvalier qui ont fait appel contre une première décision de la justice haïtienne innocentant l’ancien "président à vie" par rapport aux accusations de crimes contre l’humanité. Dans ce texte, Joseph répond aux avocats de la défense de Duvalier arguant qu’il n’y a pas de provisions légales dans le droit interne haïtien pour juger Duvalier. « Nous avons démontré que la commission de ces crimes dits internationaux implique l’obligation de l’État haïtien de juger Duvalier, l’universalité de la procédure, l’internationalisation de sa poursuite, l’interdiction d’amnisties, sa responsabilité pénale individuelle, l’inaliénabilité et imprescriptibilité du recours. Ce procès est ainsi placé au cœur du droit pénal coutumier international lié au Jus Cogens. », lit-on sur la quatrième de couverture du livre de Joseph. Pour l’avocat-écrivain, ne pas juger Duvalier ne révèle pas d’un manque de provisions légales mais d’un « prétexte politique à un moment où le duvaliérisme a repris du service ». Et il ne se doute pas que « le contexte en est favorable ». Aussi « inquiet » que les victimes, il dénonce une « tentative de banaliser les crimes du dictateur ». Joseph lance un appel aux juges en vue de prévenir « tout jugement scélérat [car] blanchir Duvalier est une déclaration de faillite du système judiciaire haïtien par les juges eux-mêmes ». Outre la signature de ce livre, plusieurs activités sont prévues ce 7 février 2013 à Port-au-Prince, à l’occasion du 27e anniversaire de la chute du régime dictatorial. La Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) organise une exposition multimédia, une exposition de panneaux rappelant la chronologie des évènements ayant conduit au 7 février 1986, et une causerie. Le film du cinéaste haïtien, Arnold Antonin, « Gérard Gourgue, l’homme par qui le cours de l’histoire aurait pu changer » sera également diffusé à 7 heures du soir (1:00 gmt le 8 février) sur dix stations de télévision membres de l’Association nationale des médias haïtiens (Anmh). [efd kft gp apr 7/02/2013 10 :50] http://www.alterpresse.org/spip.php?article14072

Haïti-Justice : Duvalier boude à nouveau la cour d’appel

P-au-P, 07 févr. 2013 [AlterPresse] --- L’ex-dictateur Jean Claude Duvalier, convoqué à la cour d’appel ce jeudi 7 février, date qui coïncide avec le 27 ème anniversaire de la chute de son régime, a décidé de ne pas se présenter, selon ce qu’a fait savoir son avocat, Reynold Georges, à AlterPresse. « Les avocats comptent plaider un report pour éviter qu’il y ait des conflits dans le cas ou l’audience sortirait en faveur de Jean Claude Duvalier, mais il reste quand même disponible pour la justice », a fait savoir Reynold Georges. Lors de la dernière séance le 31 janvier, les juges avaient requis que Duvalier se présente en personne ce jeudi. Une vingtaine de victimes de son régime l’accusent de crimes contre l’humanité. Depuis tantôt 9:30 (heure locale) ce 7 février 2013, des partisans de Duvalier sont devant l’entrée principale du parquet de Port-au-Prince, et distribuent des calendriers sur lesquels son portrait est imprimé . Le dispositif de sécurité est assez discret. La police ne se signale encore que par un unique véhicule du Corps d’intervention et de maintien d’ordre (Cimo). [jep kft gp apr 07/02/2013 10 :30] http://www.alterpresse.org/spip.php?article14071

A Haïti, le cri des victimes du régime Duvalier après des décennies d'impunité

LE MONDE | 06.02.2013 à 14h38 Vingt-sept ans, jour pour jour, après avoir fui Haïti, chassé par une révolte populaire, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier va comparaître devant la cour d'appel de Port-au-Prince jeudi 7 février. Le président de la cour d'appel, Jean Joseph Lebrun, a requis la présence de l'ancien "président à vie" âgé de 61 ans, qui ne s'était pas présenté aux trois audiences précédentes. Surnommé "Bébé Doc", l'ancien dictateur, au pouvoir de 1971 à 1986, est accusé de détournement de fonds, de vol de biens publics et de corruption. Le 27 janvier 2012, le juge d'instruction Jean Carvès avait écarté plus d'une vingtaine de plaintes déposées par les victimes du régime duvaliériste pour meurtres, tortures, enlèvements et d'autres violations graves qualifiées de "crimes contre l'humanité". "Bébé Doc" était arrivé au pouvoir à l'âge de 19 ans, à la mort de son père, François Duvalier. Surnommé "Papa Doc", celui-ci avait créé une milice, les "tontons macoutes", qui faisait régner la terreur. Plusieurs milliers d'opposants ont été assassinés, torturés ou contraints à l'exil durant la dictature duvaliériste. Après le retour de Jean-Claude Duvalier à Haïti, au terme de vingt-cinq ans d'exil en France, en janvier 2011, le juge Carvès s'était contenté de demander son renvoi devant un tribunal correctionnel pour des délits financiers. Sa décision avait été critiquée par les organisations de défense des droits humains comme Amnesty International. Michel Frost, expert de l'ONU sur les droits de l'homme, l'avait également dénoncée, soulignant que "l'existence de crimes commis par le régime Duvalier était bien établie".
DÉLAI DE PRESCRIPTION Les avocats des victimes, Mes Jean Joseph Exumé et Mario Joseph, ont interjeté appel de l'ordonnance du juge d'instruction. "Le déroulement de l'audience du 31 janvier 2013 [à laquelle M. Duvalier ne s'est pas présenté] a ravivé les craintes quant au non-respect des droits des victimes et à la volonté de perpétuer l'impunité", souligne Danièle Magloire, porte-parole du Collectif contre l'impunité, regroupant vingt-deux victimes de la dictature qui se sont constituées parties civiles. "Les plaignants et les plaignantes n'ont pas été dûment cités, on a tenté de récuser le droit des victimes à être parties prenantes", ajoute Mme Magloire. Le Collectif contre l'impunité a lancé un appel à "la société haïtienne et à la communauté internationale, en particulier à ses instances de droits humains, pour qu'elles appuient le difficile combat que mènent les victimes de la dictature des Duvalier pour faire échec à l'impunité et au révisionnisme". Les avocats de l'ancien dictateur soutiennent qu'il ne peut être poursuivi en raison du délai de prescription de dix ans prévu par le code pénal haïtien. Cet argument n'est pas recevable, selon l'avocat américain William O'Neill. "Les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles", souligne ce spécialiste des droits humains. "Institué depuis le procès de Nuremberg en 1946, le principe de crime contre l'humanité a été reconduit par plusieurs résolutions de l'Assemblée générale des Nations unies, ratifiées par le gouvernement haïtien", rappelle-t-il. "VIOLATIONS CONTINUES" Les nombreux cas de disparitions enregistrés sous le régime des Duvalier constituent des "violations continues" pour lesquelles la prescription ne peut être invoquée, ajoute le juriste. "Si les juges haïtiens rejettent l'appel, les victimes devront aller à la Cour interaméricaine des droits de l'homme", conseille Me O'Neill. En décembre 2012, le gouvernement du président Michel Martelly a remis un passeport diplomatique à Jean-Claude Duvalier. Théoriquement assigné à résidence, "Bébé Doc" se déplace sans encombre et fréquente les meilleurs restaurants de la capitale avec sa compagne. Peu après le retour de l'ancien dictateur à Haïti, Ban Ki-moon avait pourtant appelé les autorités "à prendre toutes les mesures judiciaires pour régler cette affaire". Le secrétaire général de l'ONU soutenait : "Pour parvenir à la paix et à la prospérité durables, les Haïtiens doivent instaurer l'Etat de droit." L'ONG Human Rights Watch (HRW) a recensé les graves violations des droits humains commises sous le régime Duvalier et a insisté sur la nécessité d'un procès équitable "pour restaurer la confiance des Haïtiens en la justice". HRW anticipait que le principal obstacle au jugement de l'ancien dictateur risquait d'être "l'absence de volonté politique" du nouveau gouvernement. Ne cachant pas ses accointances avec le camp duvaliériste, le président Martelly, un ancien chanteur surnommé "Sweet Micky", a plusieurs fois évoqué une amnistie en faveur de l'ancien dictateur. 30 ans de régime Duvalier 1957-1971 François Duvalier est "président à vie". 1971-1986 Jean-Claude Duvalier, "Baby Doc", succède à son père. 1991 Le président Jean-Bertrand Aristide est renversé. 1996-2001 Présidence de René Préval. 2001-2004 Second mandat de Jean-Bertrand Aristide. 2006-2011 Second mandat de René Préval. 2011 Michel Martelly président. http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/02/06/a-haiti-le-cri-des-victimes-du-regime-duvalier-apres-des-decennies-d-impunite_1827810_3222.html

mercredi 8 février 2012

Haïti-Duvalier : Manifestation symbolique pour ne pas oublier les atrocités de la dictature

P-au-P, 7 févr. 2012 [AlterPresse] --- Quelques dizaines de personnes ont répondu à l’appel de plusieurs organismes nationaux de droits humains pour manifester symboliquement devant le ministère de la justice et de la sécurité publique, ce mardi 7 février 2012, qui coïncide avec le 26 e anniversaire de la chute de la dictature des Duvalier en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse. Arborant quelques pancartes et entourés d’une unité de la police nationale d’Haïti (Pnh), les maniestantes et manifestants – qui n’étaient pas nombreux – ont réclamé justice et réparation pour les plus de 30 mille victimes du régime Duvalier.
Le sit-in du 7 févier 2012 voulait également interpeller l’opinion sur le mépris que semble afficher l’ordonnance du 30 janvier 2012, du juge instructeur Carvès Jean, laquelle ordonnance souhaite le renvoi de Jean-Claude Duvalier par-devant le tribunal correctionnel pour « détournement de fonds publics » (selon les articles 117 et 118 du code d’instruction criminelle) et non pour les atrocités perpétrées par les sbires de son régime.
Les manifestantes et manifestants assimilent l’ordonnance du 30 janvier du cabinet d’instruction à une gifle pour les nombreuses victimes de Duvalier.
« L’objectif de ce sit-in est d’exiger que les victimes du régime de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier soient entendues par la justice. Il faut organiser un procès équitable contre ce tyran pour les violations des droits humains, les crimes de l’humanité, les crimes de sang, les assassinats, les exécutions extra-judiciaires, perpétrés sous son règne. Il faut permettre que la vérité soit faite sur cette période de dictature », soutient la plateforme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh).
Aucune autorité officielle, ni du ministère de la justice devant lequel la manifestation s’est déroulée pacifiquement, n’est venu s’entretenir avec les manifestants qui ont tenu le sit-in sur la voie publique pendant environ 2 heures de temps.
Aucune cérémonie officielle n’a eu lieu, non plus, non seulement pour faire un rappel historique à l’intention de la génération actuelle de jeunes, mais aussi pour évoquer le 26 e anniversaire de la chute de la dictature des Duvalier, le 7 février 1086, quand un soulèvement populaire a forcé Jean-Claude Duvalier et ses proches à fuir Haïti pour trouver refuge en France.
Au contraire, la population vaquait normalement, ce 7 février 2012, à ses activités régulières, dans un contexte habilement orchestré en vue d’essayer d’effacer la mémoire par l’oubli des atrocités de la dictature des Duvalier. Certaines personnes ont le toupet de déclarer qu’il y aurait prescription des nombreux crimes contre l’humanité, commis entre 1957 et 1986.
Revenu à Port-au-Prince le dimanche 16 janvier 2011, Jean-Claude Duvalier a fait fi, en maintes fois, de l’a disposition judiciaire l’assignant à résidence. Il a même participé à des activités officielles, comme la commémoration du deuxième anniversaire du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et joué le rôle de parrain de promotion à une faculté publique de droit, où les étudiants l’ayant invité n’ont eu aucune gêne à tenter de le réhabiliter.
Des interrogations demeurent quant à la possibilité, pour les plaignantes et plaignants contre Jean-Claude Duvalier, de faire appel contre l’ordonnance du 30 janvier 2012, afin de satisfaire la demande nationale et internationale en faveur d’un procès (en bonne et due forme) autour des crimes contre l’humanité commis sous la dictature, il y a plus de 26 ans en 2012. [jep rc apr 07/02/2012 12:00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article12344

mercredi 1 février 2012

L'ancien dictateur d'Haïti serait jugé pour détournements de fonds mais pas pour crimes contre l'humanité.

Un an après être subrepticement revenu en Haïti après vingt-cinq années d'exil en France, Jean-Claude Duvalier pourrait remporter son pari osé: aujourd'hui âgé de 60 ans, l'ancien dictateur finira peut-être tranquillement sa vie en son pays ravagé par la cupidité et les atrocités de sa famille, les désastres naturels, les épidémies et bien d'autres malheurs. Mardi, le juge d'instruction chargé d'étudier son dossier a simplement recommandé son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds. «Bébé Doc» qui, à la suite de son père, «Papa Doc», mit en coupe réglée Haïti de 1971 à 1986, ne devrait donc pas répondre des nombreux crimes imputables à son sanglant régime. Saisi dès le retour de Jean-Claude Duvalier, le juge Carves Jean aura mis un an pour boucler son instruction. C'est désormais au tribunal correctionnel de décider d'éventuellement poursuivre «Bébé Doc» pour détournements de fonds, et donc de préciser la hauteur d'un préjudice généralement évalué à plusieurs centaines de millions de dollars de fonds publics. Une telle accusation est passible de cinq années de prison. Reynolds Georges, l'avocat de Jean-Claude Duvalier, fait cependant valoir que ces faits sont prescrits.
«C'est du pain bénit»
C'est un revers pour nombre d'ONG, la Commission interaméricaine des droits de l'homme et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Cette dernière organisation, par la voix de son porte-parole, Rupert Colville, s'est dès hier déclarée «extrêmement déçue» que l'ancien dictateur ne puisse être jugé pour «les très graves violations des droits de l'homme, tortures, viols et exécutions extrajudiciaires» dont il est accusé.
En septembre 2011, Amnesty International avait pointé dans un épais dossier «le recours généralisé à la torture» dans les prisons des casernes Dessalines, de fort Dimanche et du pénitencier national et, toujours entre 1971 et 1986 en Haïti, les «disparitions forcées». Pour l'ONG, celui qui était chef de l'État haïtien à l'époque devait être poursuivi pour crimes contre l'humanité. Plusieurs des victimes du régime de «Bébé Doc», telle la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole de l'ONU, avaient expliqué qu'«organiser un procès contre Duvalier, ce serait un signe de la fin de l'impunité en Haïti».
Mais rien n'est parfait en ce pauvre pays. Dans son édition de mardi, Le Nouvelliste notait que Jean-Claude Duvalier «échappe au pire, mais n'aura pas à savourer le meilleur: un non-lieu… Ni relaxe, ni procès majeur, c'est du pain bénit. Sauf pour les victimes».
Les autorités haïtiennes souhaitent-elles tourner la page «Bébé Doc»? Il y a un an, le retour chez lui de Jean-Claude Duvalier avait précédé celui de Jean-Bertrand Aristide, un autre président haïtien que ses exactions avaient contraint à l'exil. La campagne présidentielle battait alors son plein. Michel Martelly, le candidat qui a depuis été élu président, comme son opposante de l'époque, avait accueilli ces hommes que la justice internationale n'est jamais parvenue à juger. Aux États-Unis comme en France, les poursuites contre Jean-Claude Duvalier n'ont notamment pas abouti.
http://www.lefigaro.fr/international/2012/01/31/01003-20120131ARTFIG00601-la-justice-haitienne-exonere-bebe-doc.php
Commentaires:
Je fais partie des gens que la théorie du complot insupporte terriblement. Cependant je suis en droit de dire que ces ONG, les commissions de droit de l'homme et même l'ONU versent actuellement des larmes de crocodile. C'est trop facile aujourd'hui de laisser "le bébé" dans les bras supportés par de faibles épaules de la justice haïtienne. Tout le monde est au courant des déficiences structurelles de cette instance; tout le monde est conscient de la situation cahotique du pays, pourquoi n'avoir pas jugé Jean-Claude Duvalier devant la Cour Pénale internationale pendant qu'il séjournait en France. Pourquoi avoir fermé les yeux sur son retour "en douce" en Haïti.
Alors là messieurs les "grands", laissez les victimes pleurer l'injustice manifeste des autorités haïtiennes mais de grâce, fouttez nous la paix avec vos incantations hypocrites !

lundi 30 janvier 2012

Duvalier: le juge haïtien annonce avoir bouclé son instruction

Créé le 30-01-2012 à 19h40
PORT-AU-PRINCE (AP) — Le juge en charge de l'enquête sur l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, au pouvoir entre 1971 et 1986, a annoncé lundi avoir recommandé son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics.
Le magistrat, Carves Jean, a laissé entendre que les accusations de meurtres, tortures et atteintes aux droits de l'homme à l'encontre de "Bébé Doc" ne seraient pas retenues. Il n'a pas fourni de plus amples précisions, soulignant qu'il devait d'abord notifier l'ex-homme fort haïtien des conclusions de son instruction.
Aucune date n'a été fixée pour un procès. En exil en France depuis sa chute en 1986, Jean-Claude Duvalier a regagné par surprise Haïti en janvier 2011, 25 ans après son renversement par la population haïtienne. Libre de ses mouvements, il vit aujourd'hui dans la capitale Port-au-Prince.
"Bébé Doc" est accusé d'avoir ordonné la torture et l'assassinat de rivaux politiques, exactions perpétrées par les "Tonton Macoutes", la milice du régime des Duvalier père et fils. On lui reproche également d'avoir détourné pendant les 15 années de sa présidence plusieurs centaines de millions de dollars de fonds publics haïtiens. Ces faits sont passibles de cinq années de prison.
Un des avocats de Jean-Claude Duvalier, Reynolds Georges, a déclaré qu'il ferait appel, faisant valoir que les faits étaient prescrits. AP
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20120130.FAP0166/duvalier-le-juge-haitien-annonce-avoir-boucle-son-instruction.html

Haïti: un juge demande le renvoi de Duvalier en correctionnelle

Le juge d'instruction chargé du dossier de l'ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier a recommandé son renvoi devant un tribunal correctionnel pour détournement de fonds, a-t-il annoncé lundi à l'AFP.

Les plaintes pour crimes contre l'humanité déposées par d'anciens opposants à M. Duvalier, revenu en Haïti en janvier 2011 après 25 années d'exil en France, n'ont en revanche pas été retenues à se stade.
"Nous allons faire appel de cette décision car M. Duvalier a été déjà jugé à trois reprises pour détournement de fonds en Haïti, en France et en Suisse", a réagi un des avocat de "Baby Doc", Me Frizto Canton, contacté par l'AFP.
L'avocat a souligné que les faits reprochés à son client (détournement de fonds) ont été jugés à la demande de l'Etat haïtien et "qu'il ne peut pas être rejugés pour les mêmes faits qui sont prescrits".
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/haiti-un-juge-demande-le-renvoi-de-duvalier-en-correctionnelle-30-01-2012-1837112.php

Haïti-Duvalier : L’ordonnance de clôture du dossier sera transmise au parquet le 30 janvier, selon le juge instructeur

samedi 28 janvier 2012 Un arrêt de travail, observé par les greffiers et huissiers, a retardé la transmission de l’ordonnance au parquet le vendredi 27 janvier 2012...
P-au-P, 28 janv. 2012 [AlterPresse] --- « L’ordonnance est prête aujourd’hui (27 janvier 2012). Cependant, à cause de la grève des greffiers, ce n’est que lundi (30 janvier 2012) qu’elle sera transmise au commissaire du gouvernement », confirme le juge Carvès Jean à l’agence en ligne AlterPresse.
Le juge d’instruction Carvès Jean avait promis de rendre publique la teneur de l’ordonnance de clôture ce 27 janvier 2012.
Les greffiers et huissiers, réunis au sein de l’association nationale des greffiers haïtiens (Anagh) et de l’association nationale des huissiers de justice de la république d’Haïti (Anhjrh), sont en grève pour réclamer un meilleur traitement salarial.
Par ailleurs, dans l’attente de la publication de l’ordonnance, organisations de défense des droits humains, victimes du régime des Duvalier, avocats et partisans de l’ancien tyran partagent leurs angoisses, doutes, révolte, optimisme et confiance.
Les organismes de défense des droits humains mettent également en garde contre toute velléité d’amnistier Jean Claude Duvalier sous couvert de « réconciliation nationale ».
Le président Michel Joseph Martelly est, de son côté prêt à pardonner « Baby doc » au nom de la réconciliation nationale, dans une interview accordée le 26 janvier 2012 à Associated Press.
Lors de sa visite à l’ex-dictateur, le 12 octobre 2011, Martelly avait demandé au peuple haïtien d’oublier le passé pour se réconcilier à elle-même.
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12285

mercredi 21 décembre 2011

Haiti-Duvalier : Le CEDH demande à l’État de prendre ses responsabilités

Déclaration du Centre Œcuménique des Droits Humains (CEDH) Document soumis à AlterPresse le 20 décembre 2011
Au nom de la Loi et de la Justice
Au nom de la Morale et du Devoir de protection de la jeunesse

LE CENTRE ŒCUMÉNIQUE DES DROITS HUMAINS ( CEDH )
Proteste énergiquement contre le fait
- Que Jean-Claude Duvalier, prévenu de crimes contre l’humanité, de détournements de fonds au préjudice de tout un peuple, assigné à résidence sur ordre du juge d’instruction puisse circuler ainsi librement sur tout le territoire de la République
- Que l’on ait pu, par une provocation inqualifiable à la mémoire des milliers de compatriotes, filles et fils d’Haïti, choisir Jean-Claude Duvalier comme Parrain de la promotion des futurs hommes et femmes-de-loi, de la Faculté de Droit des Gonaïves.
Le Centre Œcuménique des Droits Humains, interpelle toutes les composantes, exécutive, législative et judiciaire de l’État Haïtien pour qu’elles prennent leurs responsabilités afin que Jean-Claude Duvalier cesse de narguer les victimes de ses forfaits et que toutes les dispositions qui s’imposent soient prises pour qu’il soit jugé conformément aux lois et aux instruments internationaux signés et ratifiés par Haïti.
Sylvie W. Bajeux, Dir. Exéc.
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12106

jeudi 22 septembre 2011

Haïti: des pro-Duvalier perturbent une conférence

TRENTON DANIEL, THE ASSOCIATED PRESS Publié: 22 septembre 2011 17:24
PORT-AU-PRINCE, Haïti - Des partisans de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier ont interrompu, jeudi à Port-au-Prince, une conférence de presse lors de laquelle des représentants d'Amnistie internationale voulaient présenter un rapport sur les abus de la dictature, dans une volonté d'accélérer les procédures judiciaires intentées contre «Bébé Doc» pour torture, meurtres et autres crimes.
Le rapport de 40 pages contient des témoignages inédits de dizaines de prisonniers politiques emprisonnés et torturés durant les 15 ans du règne de Jean-Claude Duvalier, de 1971 à 1986.
Les trois représentants d'Amnistie internationale entendent présenter le rapport aux autorités haïtiennes et aux diplomates en poste à Port-au-Prince pour tenter d'accélérer l'enquête et les poursuites intentées en janvier, quelques jours après le retour surprise de Duvalier en Haïti.
Mais avant même qu'ils aient commencé à parler, une vingtaine de partisans de l'ancien dictateur sont entrés dans la salle de conférence de l'hôtel Le Plaza, qualifiant les représentants d'Amnistie internationale d'«impérialistes» venus semer la discorde dans le pays.
«S'il-vous-plaît, partez!», a lancé Osner Fevry, un avocat proche de plusieurs personnalités politiques liées au régime de Duvalier. «Nous n'avons pas besoin que des gens viennent pour nous diviser.»
«C'est vraiment frustrant», a dit James Burke, d'Amnistie internationale. «C'est une honte que nous ne puissions pas discuter.»
Une dizaine de victimes de la dictature et leurs proches étaient présents à la conférence pour décrire les sévices qu'ils ont subis, mais ils ont quitté la salle à cause de l'intimidation, a indiqué M. Burke.
À l'extérieur de l'hôtel, dans le centre de Port-au-Prince, certains manifestants ont défilé avec des crânes et des fémurs qui, ont-ils dit, appartenaient à des membres de la milice de Duvalier persécutés après la fuite en exil du dictateur. Les ossements sont des preuves des crimes commis après la chute de Bébé Doc, ont-ils affirmé.
L'avocat de l'ancien dictateur, Reynold Georges, a estimé que les enquêteurs d'Amnistie internationale avaient ignoré pour des motifs politiques les crimes commis après la fin de la dictature.
«Duvalier est persécuté dans son propre pays», a dit Me Georges. «J'ai un client à défendre, que ce soit au tribunal ou ailleurs.»
Le rapport d'Amnistie internationale exhorte les autorités haïtiennes à admettre la responsabilité des graves violations des droits de la personne commises dans le passé, et appelle le président Michel Martelly, en tant que chef de l'État, à adresser des excuses publiques aux victimes. Le rapport appelle aussi à la tenue d'une enquête approfondie sur les crimes de la dictature, et demande de fournir une aide juridique aux plaignants.
Jean-Claude Duvalier, fils de François Duvalier, dit «Papa Doc», est devenu président d'Haïti à l'âge de 19 ans. Il a été renversé 15 ans plus tard, mettant fin à une période brutale durant laquelle ses opposants politiques ont été emprisonnés et torturés tandis que sa milice paramilitaire, les tristement célèbres Tontons macoutes, terrorisait la population.
http://www.journalmetro.com/monde/article/976837--duvalier-des-manifestants-interrompent-amnistie

jeudi 1 septembre 2011

JUGER JEAN CLAUDE DUVALIER

31 août [AlterPresse] --- Le collectif des citoyens pour juger Duvalier (sigle créole : Kosijid) estime nécessaire le procès contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, selon ce qui ressort d’une conférence tenue ce 31 août au centre de la capitale haïtienne et à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.
Il faut que « Jean Claude Duvalier et ses acolytes soient jugés pour crimes contre l’humanité »(...), en mémoire de tous les meurtres, les assassinats, les séquestrations, survenus au cours des 29 ans de la dictature ( 1957-1986), déclare le collectif.
Le coordonnateur général du collectif, Raymond Davius, voit dans le jugement de l’ancien dictateur « une expansion de la justice (haïtienne) (…) une réparation pour les victimes du régime et une fin à l’impunité ».
Victime de la dictature, Raymond Davius a été arrêté et emprisonné 17 fois, avant d’opter pour l’exil.
Quant à l’aboutissement de sa demande, la coordination du collectif des citoyens pour juger Duvalier déclare être confiante dans le système judiciaire en Haïti, tout en admettant que le processus sera plutôt lent, vu que Duvalier est un ancien chef d’État et qu’il possède beaucoup d’argent.
Jean Claude Duvalier, dit ‘’ Baby Doc’’, a succédé à son père François Duvalier (Papa Doc) à la mort de ce dernier en 1971.
De 1957 à 1986, les Duvalier ont instauré une dictature à vie, qui a décimé des familles, violé, volé, emprisonné, tué ou forcé à l’exil celles et ceux qui s’opposaient au régime.
Les bras de cette dictature féroce étaient les volontaires pour la sécurité nationale (Vsn), autrement appelés les « Tontons macoutes », une milice paramilitaire (parallèle à l’armée).
Au sujet de cette milice, François Duvalier eut à faire savoir qu’elle « a une âme Duvalier, elle ne connaît qu’un chef "Duvalier" et elle lutte pour une seule destinée : Duvalier au pouvoir », selon un document soumis par le collectif lors de la conférence du 31 août 2011 à Port-au-Prince.
Après 25 ans d’exil en France, Jean Claude Duvalier est rentré en Haïti le 16 janvier 2011.
Depuis, plusieurs victimes de son régime ont déposé plainte contre lui devant la justice haïtienne.
Pour le défendre, ses avocats arguent d’une prétendue prescription pour les crimes (portant atteinte à la vie humaine) reprochés à Duvalier, c’est-à-dire que ces crimes (perpétrés entre 1957 et 1986) dépasseraient tout délai de poursuites judiciaires.
« Les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité n’admettent pas la notion de prescription », précise le collectif, qui prend le contrepied des arguments des avocats assurant la défense de Baby Doc. [rh kft rc apr 31/08/2011 15:30]



mardi 12 juillet 2011

Haïti-Duvalier : L’ancien tyran doit être jugé dans son pays, selon le Rnddh et la Fidh

P-au-P, 12 juil. 2011[AlterPresse] --- Le Réseau National de Défense des Droits Humains (Rnddh) et la Fédération Internationale des ligues de Droits de l’Homme (Fidh) plaident pour un jugement de l’ex-dictateur Jean Claude Duvalier sur le sol haïtien.
Un rapport acheminé par ces organisations à AlterPresse, précise que « le juge haïtien peut appliquer directement le droit international pour poursuivre les crimes contre l’humanité, en s’appuyant sur le statut du Tribunal de Nuremberg, sur les résolutions de l’Assemblée générale des Nations Unies confirmant les principes de Nuremberg et sur le soutien constant apporté par Haïti à l’incrimination du crime contre l’humanité ».
Selon le Rnddh et la Fidh, « le crime conte l’humanité était (déjà) incriminé par le droit international en vigueur entre 1971 et 1986. » Une période qui correspond exactement à l’administration de l’ancien président à vie.
Ils préconisent aussi, l’adoption d’une loi renvoyant au droit international pour la définition de l’infraction, au cas où la justice haïtienne se serait déclarée incapable de trancher sur cette affaire.
Quant à la notion de prescription que brandissent les avocats de Jean Claude Duvalier, les défenseurs réaffirment que les crimes contre l’humanité sont « imprescriptibles ».
La prescription est une conception juridique disant que, passé un temps, une démarche en justice pénale ou civile est jugée refusable.
Récemment, le Haut-commissariat de l’ONU a également formulé le souhait que le processus de justice en faveur des victimes de Duvalier soit mené par des institutions haïtiennes.
« C’est à travers les institutions nationales que des solutions à ces problèmes peuvent survenir », a déclaré la Haut-commissaire adjoint, Kyung-Wha Kang, au cours d’une visite effectuée la semaine écoulée dans le pays. [rh gp apr 12/07/2011 11:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11266

mardi 24 mai 2011

Haiti-Duvalier : La CIDH enjoint l’État haïtien à enquêter et poursuivre Les crimes commis sous le régime de l’ex dictateur

lundi 23 mai 2011 Communiqué du Collectif contre l’impunité
Document soumis à AlterPresse le 23 mai 2011
Ce 17 mai 2011, la Commission interaméricaine des droits de l’Homme (CIDH) a formellement donné suite à l’audience du 28 mars écoulé accordée au Collectif contre l’impunité réunissant des plaignants-es, contre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier et consorts, et des organisations de défense des droits humains (Centre oecuménique des droits humains -CEDH, Kay Fanm -La maison des femmes, Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement -MOUFHED, Réseau national de défense des droits humains -RNDDH). L’Etat haïtien, qui était présent à cette audience par l’entremise du Ministère de la justice, avait exprimé sa volonté de juger les violations des droits humains en question et sollicité l’appui technique de la CIDH.
La Commission est, avec la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, l’un des deux organismes de protection des droits humains de l’Organisation des États américains (OEA). Créée en 1959, la CIDH vérifie l’accord du droit de chaque État avec la Convention américaine des droits de l’Homme, dite « Pacte de San Jose de Costa Rica » ; Convention à laquelle Haïti a adhéré le 14 septembre 1977.
La Déclaration de la Commission rappelle à l’État haïtien son devoir d’enquêter sur les crimes commis sous le régime du Président à vie Jean-Claude Duvalier, de 1971 à 1986. La Déclaration souligne qu’Haïti a « l’obligation internationale d’enquêter sur les graves violations des droits humains commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier et, s’il y a lieu, d’en punir les auteurs ».
Certains prétendent que les délais pour poursuivre l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier sont échus en raison des règles sur la prescription prévues par la législation haïtienne. La Commission a cependant relevé que, selon une jurisprudence constante de la Cour interaméricaine des droits de l’Homme, « sont inadmissibles les dispositions relatives à l’amnistie, [et] les dispositions relatives à la prescription […] qui prétendent empêcher les enquêtes et la sanction des responsables des violations graves des droits humains, comme la torture, les exécutions sommaires, extrajudiciaires ou arbitraires et les disparitions forcées ». Les interprétations de la Convention américaine des droits de l’Homme font autorité et s’appliquent à Haïti. La Commission a donc conclu que « [les] exécutions extrajudiciaires et les disparitions forcées commises sous le régime de Jean-Claude Duvalier constituent des crimes contre l’humanité, lesquels sont imprescriptibles et ne peuvent pas faire l’objet d’une amnistie ».
La Déclaration de la Commission renforce celle du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme qui, en la personne de Navi Pillay, avait relevé le 1er février 2011 que « Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’Homme commises pendant le règne de M. Duvalier qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables ». En mars 2011, le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki Moon, avait également soutenu qu’il « est capital que les autorités haïtiennes prennent toutes les mesures juridiques et judiciaires pour régler cette affaire. Traduire en justice ceux qui se livrent à des crimes contre leur propre peuple, est un message clair aux Haïtiens que l’impunité n’est pas de mise dans le pays ».
Pour le Collectif contre l’impunité, la Commission s’est exprimée très clairement sur le dossier de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier. Le Collectif estime qu’il est essentiel, pour les victimes et pour la société haïtienne toute entière, que lumière soit faite sur les crimes du régime Duvalier. Le Collectif réitère sa détermination à oeuvrer, avec la collaboration d’autres organisations nationales et internationales, pour que justice soit rendue aux victimes et que les mécanismes de la dictature soient mis en lumière.
Port-au-Prince, le 23 mai 2011
Pour le Collectif contre l’impunité
Michèle Montas, pour les plaignants-es
Danièle Magloire, pour les organisations de droits humains
Rf. Site Commission : http://www.cidh.org/pronunciamiento...
Les organisations suivantes s’associent à cette déclaration du Collectif contre l’impunité et invitent le gouvernement du Président Michel Martelly à affecter les ressources humaines suffisantes à l’enquête et aux poursuites. Elles invitent les pays amis d’Haïti et la communauté internationale à appuyer la lutte contre l’impunité et la recherche de la justice quant aux violations des droits humains alléguées dans les plaintes déposées contre Jean-Claude Duvalier.
1. Avocats sans frontières Canada (ASFC)
Geneviève Villeneuve-Patry
2. Bureau des avocats internationaux (BAI)
Mario Joseph
3. Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT)
Marieke WIERDA
4. Institut pour la justice et la démocratie en Haïti (IJDH)
Brian Concannon Jr., Esq.
5. Human Rights Watch
Reed Brody
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11075

vendredi 15 avril 2011

Haïti: des victimes de la dictature déterminées à juger Duvalier

Des victimes du régime de l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole de l'ONU, ont de nouveau appelé jeudi la justice du pays à organiser le procès de l'ancien président de retour d'exil.

"Organiser un procès contre Duvalier, ce serait un signe de la fin de l'impunité en Haïti. Reconstruire Haïti, c'est reconstruire l'Etat donc un système judiciaire équitable", a déclaré Michèle Montas, expulsée d'Haïti sous Duvalier, lors d'une conférence de presse organisée à Port-au-Prince par Human Rights Watch (HRW). SUR LE MÊME SUJET
Duvalier déféré à la justice deux jours après son retour en HaïtiHaïti: Duvalier aspire à retrouver le pouvoir, mais son passé le poursuit
L'organisation de défense des droits de l'homme apporte un soutien technique dans la perspective de l'organisation d'un éventuel procès contre Duvalier.
"On est encore loin d'un procès, beaucoup de choses restent à faire, mais nous avançons", a estimé l'avocat international Reed Brody de HRW qui a commencé à réunir des preuves montrant la responsabilité personnelle de M. Duvalier dans les crimes commis sous son régime.
Une vingtaine de plaintes pour arrestations illégales, emprisonnements et tortures ont été déposées contre l'ex-dictateur également poursuivi pour crimes contre l'humanité, détournements de fonds et corruption.
"Notre démarche va au-delà de la vingtaine de plaintes déposées, c'est toute la société qui doit dire qu'elle ne veut plus vivre dans un système pareil", a lancé Robert Duval incarcéré sous le régime.
"Aujourd'hui encore, je ne peux pas dépasser ce qui m'est arrivé sous Duvalier. J'ai vu 180 personnes mourir dans la cellule où j'étais enfermé pendant 17 mois", a-t-il témoigné, estimant qu'il n'était pas trop tard pour juger l'ancien président.
Le juge chargé du dossier de M. Duvalier a récemment émis contre lui une ordonnance d'assignation à résidence limitant ses déplacements et ses visites, mais ses avocats ont fait appel de cette décision.
"Duvalier continue de circuler librement dans le pays, c'est une insulte contre toutes les victimes de son régime et de celui de son père", s'est insurgé Michèle Montas.
L'ancien dictateur est rentré en Haïti en janvier après 25 ans d'exil en France.
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/haiti-des-victimes-de-la-dictature-determinees-a-juger-duvalier-15-04-2011-1409072.php

Des victimes de Duvalier se mobilisent au Canada

Publié le 15 avril 2011 à 07h14
Des centaines et des centaines de victimes de Jean-Claude Duvalier se sont exilées au Canada pendant le règne de l'ancien dictateur. Une association montréalaise les incite aujourd'hui à porter plainte pour crimes contre l'humanité.

Joseph Yves Médard a été emprisonné trois fois pendant le règne des Duvalier. Des séjours où il a été giflé, frappé, humilié. À trois reprises, ce cinéaste haïtien a été contraint de fuir son pays, craignant pour sa vie.
Aujourd'hui âgé de 73 ans, Joseph Yves Médard réclame que justice soit rendue. L'homme, qui vit depuis peu à Montréal, entend porter plainte contre l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier pour crimes contre l'humanité.
Il ne sera pas le seul Haïtien exilé au Canada à le faire. Hier, une association de Montréal a lancé un appel à la diaspora haïtienne pour recueillir des témoignages de victimes et de témoins des crimes commis sous le régime de «Bébé Doc» Duvalier, qui a dirigé Haïti de 1971 à 1986.
«Demander justice ne signifie pas vouloir une revanche, mais exiger que les responsables de crimes répondent de leurs actes, a dit l'écrivaine et journaliste haïtienne Jan J. Dominique, hier, lors d'une conférence de presse à Montréal. Demander justice est aussi un moyen de commencer un processus de guérison.»
Souvenirs douloureux
Lorsqu'il aborde son passé, Joseph Yves Médard peine à retenir ses larmes. Ce militant gauchiste pense à son jeune frère, contraint de s'exiler en Argentine. «Ma grand-mère et ma tante ont été frappées», a-t-il raconté, ému, en marge de la conférence de presse.
Le projet de recherche de témoignages est le fruit d'une collaboration entre le Comité contre l'impunité et pour la justice en Haïti (une nouvelle association de survivants située à Montréal), le Centre canadien pour la justice internationale et le Centre international de criminologie comparée de l'Université de Montréal.
Le groupe travaille en collaboration avec deux organisations haïtiennes, qui souhaitent recueillir des plaintes et des preuves pour monter un dossier contre Jean-Claude Duvalier, retourné en Haïti en janvier après 25 ans d'exil.
Avec le soutien de l'association montréalaise, les victimes vivant au Canada pourront porter plainte au Cabinet du juge d'instruction en Haïti. Leurs témoignages serviront également à un projet de recherche sur ce que représente la justice aux yeux des survivants.
À ce jour, une vingtaine d'Haïtiens ont porté plainte contre l'ex-dictateur pour détention arbitraire, exil, destruction de propriété privée, torture et violation des droits. Les juges annonceront s'il y aura un procès au cours des prochains mois.
Les avocats de Jean-Claude Duvalier ont plaidé que leur client ne peut être inculpé de crimes contre l'humanité, car le délai de prescription de 10 ans est échu. Les associations de victimes contestent cette interprétation de la loi.
Jean-Claude Duvalier est déjà inculpé de corruption, de détournements de fonds et d'association de malfaiteurs par la justice haïtienne.
Les victimes et les témoins peuvent appeler au 514-343-6111 poste 3667 ou 4864 ou envoyer un courriel à melchiade.manirabona@umontreal.ca.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201104/15/01-4390078-des-victimes-de-duvalier-se-mobilisent-au-canada.php