Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
lundi 28 février 2011
Haïti ou les limites de l'aide internationale
Après le tremblement de terre qui a dévasté Port-au-Prince le 12 janvier 2010, une épidémie de choléra éclatait en octobre ajoutant plus de 4 000 morts - sur les quelque 210 000 personnes atteintes - aux centaines de milliers causés par le séisme. Au vu de la reconstruction encore au point mort, nombre de voix se sont alors fait entendre, estimant que le choléra, comme les décombres qui obstruent encore Port-au-Prince, était le signe d'un échec patent de l'aide internationale. Les lourdeurs réelles du dispositif de l'aide et les promesses d'assistance financière non tenues doivent-elles être incriminées en l'occurrence ? Rien n'est moins sûr.
Le choléra n'est pas une conséquence du séisme. Il est apparu dans une région et au sein de populations non affectées par celui-ci et sa propagation a évité les camps de sans-abri, frappant les bidonvilles. Il est probable qu'il ait été importé dans le pays par les casques bleus népalais de la Minustah [1], comme le montre une enquête épidémiologique diligentée par le Quai d'Orsay mais non publiée en raison même de cette mise en cause. Le pays ayant été jusqu'ici épargné par cette maladie qui peut tuer en quelques heures si elle n'est pas traitée, des mouvements de panique et de violences ont eu lieu, l'origine de l'épidémie étant imputée tantôt à des prêtres vaudous - par des prédicateurs évangéliques qui y voient des suppôts du diable - tantôt à la Minustah, qui cristallise l'hostilité d'une partie de la population.
La campagne électorale fut l'occasion pour certains candidats à la présidence d'utiliser cette situation en dénonçant ce qu'ils nomment des " troupes d'occupation ", ajoutant aux tensions existantes. Dans un souci d'apaisement, la plupart des acteurs de l'aide ont pris sur eux de ne considérer les résultats de l'enquête épidémiologique que comme une hypothèse parmi d'autres, les Nations unies contestant certains faits matériels et témoignages accablants recueillis par l'expert français. Si l'efficacité immédiate - et bien réelle - du dispositif de prise en charge des malades n'en a pas été affectée, la stratégie ultérieure de contrôle de la maladie différera selon que son origine est environnementale comme le plaident certains, ou importée. Cette affaire engage la responsabilité de l'ONU. Elle n'est pas terminée et c'est probablement à la justice haïtienne, laquelle n'est pas en meilleur état que le reste du pays, qu'il reviendra de trancher.
Reste que le choléra ne disparaîtra qu'avec la mise en place de stations d'épuration et un contrôle sanitaire de la distribution de l'eau auxquels l'aide extérieure peut contribuer mais qu'elle ne peut assurer elle-même. Plus largement, la reconstruction, qui n'est pas seulement une affaire de bâti mais avant tout un ensemble de choix politiques et d'arbitrages, ne relève pas directement de l'aide internationale, contrairement au discours de divers porte-parole. Si des experts étrangers doivent intervenir, c'est d'ailleurs en Indonésie qu'il faudrait aller les chercher, là où une remarquable stratégie de réaménagement du territoire a totalement effacé les traces du tsunami de 2004. A contrario, dans les zones touchées par le tremblement de terre de 2009 en Italie, de 2005 au Pakistan ou de 2003 en Iran, ainsi que dans les quartiers pauvres de la Nouvelle-Orléans inondés suite au cyclone de 2005, la plupart des habitants vivent encore dans des abris ou logements précaires dans l'attente hypothétique d'un relogement.
Dans de telles situations, le volontarisme de l'Etat et l'efficacité de l'administration sont les ingrédients primordiaux de la reconstruction, bien avant les ressources extérieures. L'aide internationale a rendu de très grands services dans l'urgence du séisme. Elle pourra accompagner et amplifier le mouvement de reconstruction s'il existe mais elle n'est pas à même de le susciter. Là se trouve sa limite, à Haïti comme ailleurs. Ses porte-parole, ONG et agences de l'ONU confondues, feraient bien d'en prendre conscience, sous peine de susciter frustrations et rejets dont ils seront les premiers responsables.
Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières, est professeur associé à l'Institut d'études politiques (Paris) et membre du Crash, Centre de réflexion sur l'action et les savoirs humanitaires de Médecins sans frontières : www.msf-crash.org
Alternatives Internationales n° 050 - mars 2011
http://www.alternatives-internationales.fr/haiti-ou-les-limites-de-l-aide-internationale_fr_art_1078_53353.html
jeudi 22 novembre 2007
AUTOUR DE LA VISITE DE HUGO CHANVEZ EN FRANCE
HUGO CHAVEZ EN QUETE DE LEGITIMITE
Hugo Chávez a rencontré hier Nicolas Sarkozy à l’Elysée, pour évoquer le sort d’Ingrid Betancourt, otage des Farc depuis cinq ans. Médiateur officiel dans cette délicate affaire, le président vénézuélien n’a, pour l’instant,aucun élément nouveau à apporter, contrairement aux espoirs de la famille.
Le président vénézuélien a rencontré Nicolas Sarkozy hier à Paris. Une entrevue très attendue depuis qu’Hugo Chávez a annoncé qu’il s’impliquerait personnellement dans les négociations avec les Farc, organisation de forces armées révolutionnaires
VINGT-QUATRE ANS DE «SOCIALISME LATINO
ÉLU DÉMOCRATIQUEMENT
Dans la deuxième partie des années 1990, le MBR-200 entreprend sa mutation
L’ambassadeur du Venezuela en France, interrogé sur la personnalité du président
Jusqu’à aujourd’hui, Hugo Chávez pouvait se prévaloir du soutien des classes populaires, dont la situation sociale s’est en partie améliorée grâce aux «missions» mises en place par le gouvernement, et aux pratiques clientélistes financées par un cours du pétrole au plus haut.
Les officiels vénézuéliens présentent l’opposition,comme un mouvement manipulé
LA MAGIE DE L’OR NOIR
Un baril à 100 dollars favorise la politique chaviste, même si les autorités vénézuéliennes s’en défendent. La manne lui permet de soigner son image à l’étranger, en offrant un carburant à prix réduit aux victimes américaines de l’ouragan Katrina, ou aux bus de Londres. Interrogée sur l’opportunité d’une telle opération en France, l’ambassade précise que Caracas pourrait répondre favorablement aux sollicitations d’organismes caritatifs.
CHAVEZ VU OAR PAR
Elizabeth Burgos, écrivain et anthropologue d’origine vénézuélienne.
«Au Venezuela, ce sont les chemises rouges à la place des chemises brunes»
«Hugo Chávez est en pleine campagne électorale pour le référendum. Les enquêtes montrent que le non l’emporterait si les élections se déroulaient normalement. Depuis l’élection de Chávez, il y a une forte abstention dans ce pays qui aimait voter. Les gens n’ont pas confiance dans le système électoral. Le conseil électoral est à la solde du Président, et les machines électroniques effraient. Les fonctionnaires – l’Etat est le premier employeur du pays – ont peur que les empreintes prises au moment du vote permettent de savoir pour qui ils ont voté. Lors de chaque scrutin, les votes «contre» et les abstentions représentent environ 70 %.
La Constitution est à la mesure de son projet: celui d’un nouveau totalitarisme, constitutionnel et légal. C’est du castrisme, un système beaucoup plus proche du fascisme que du communisme.
Au Venezuela, les chemises rouges ont remplacé les chemises brunes. Le président colombien sait très bien que Chávez a des contacts avec les Farc. Marulanda (le chef des Farc) se sert de Chávez et de son faible pour la médiatisation.
Mais tout geste se fera en échange d’un geste fort, comme la mise en place d’un gouvernement en exil à Caracas ou d’une représentation diplomatique. De la France, les Farc attendent d’être rayés de la liste des organisations terroristes. Je ne pense pas qu’une libération intervienne avant les élections colombiennes, prévues pour dans deux ans. Les otages sont un outil médiatique trop précieux. Chávez
Source Direct Soir sur http://wwwdirectsoir.net
dimanche 5 août 2007
Caracas accueille le Vième sommet social pour l’union de l’Amérique Latine et de la Caraïbe
samedi 4 août 2007
P-au-P., 4 août. 07 [AlterPresse] --- Le Vième sommet social pour l’union de l’Amérique Latine et de la Caraïbe s’ouvre ce week-end à Caracas, Vénézuela.
L ’Alternative bolivarienne pour les Amériques (ALBA) sera au centre des discussions, apprend AlterPresse.
Plus de 200 intellectuels, personnalités et militants des mouvements sociaux de 26 pays se retrouvent à la capitale vénézuelienne. Des suggestions sont attendues de leur part afin de consolider l’ALBA dans tous les domaines.
Le ministre des affaires étrangères du Vénézuéla, Nicolás Maduro, a déclaré lors de la séance d’ouverture, le 3 août, que l’ALBA est l’espace approprié pour bâtir du nouveau, pour démontrer dans la pratique qu’il est possible de mettre en marche un modèle d’intégration différent et construire en urgence un autre monde. [gp apr 04/08/2007 01:25]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6272
lundi 4 juin 2007
D'intérêt mondial...Poutine menace de pointer des missiles vers l'Europe...Vers la reprise de la Guerre Froide ?
"Si le potentiel nucléaire américain s'étend sur le territoire européen, nous devrons prendre de nouvelles cibles en Europe", a déclaré le chef de l'Etat russe dans un entretien avec plusieurs médiaux occidentaux, dont le quotidien italien Corriere della Sera.
"Il revient à nos militaires de définir ces cibles tout comme de choisir entre missiles balistiques et missiles de croisière", a ajouté le maître du Kremlin, reprenant ainsi au plus haut niveau des menaces voilées exprimées jusqu'ici par les chefs de l'armée russe.
"Nous voulons rééquilibrer les instruments de défense avec des outils offensifs plus efficaces, mais nous savons que cela risque de relancer une course aux armements, dont nous ne serions cependant pas responsables", a-t-il poursuivi.
Alors que le prochain sommet du G8 à Heiligendamm (Allemagne) approche - il se tiendra de mercredi à vendredi - il ne se passe plus un jour sans que Moscou ne dénonce ce projet de bouclier, qui va transformer l'Europe en "poudrière" et consacre "l'impérialisme" américain, selon M. Poutine.
"Si des composantes stratégiques de l'arsenal américain font leur apparition en Europe près de nos frontières, nous serons obligés de (...) supprimer les menaces potentielles résultant de ce déploiement", a aussi lancé le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov dimanche sur la chaîne de télévision Vesti-24.
Joignant le geste à la parole, la Russie a testé le 30 mai un nouveau missile intercontinental à têtes multiples, en "réponse aux actes unilatéraux et infondés de nos partenaires", a aussitôt clamé M. Poutine, soit en d'autres termes au projet de bouclier américain.
Quinze ans après l'effondrement de l'Union soviétique et la fin de la Guerre froide, la Russie voit d'un très mauvais oeil l'Otan s'étendre vers l'Est et les bases américaines se multiplier à ses portes, de la Roumanie au Kirghizstan.
"Regardez simplement la carte - (la défense antimissile mondiale américaine) est en train d'être déployée le long du périmètre de la Russie, et aussi, incidemment, de la Chine", a relevé M. Lavrov.
Comme au temps de la guerre froide, lorsque l'URSS et les Etats-Unis se mesuraient en permanence à l'aune de leur potentiel stratégique, Moscou affirme que ce bouclier accroît les risques d'un conflit nucléaire et ébranle l'équilibre stratégique du monde.
Les Américains, qui veulent installer dix missiles intercepteurs en Pologne et un radar ultra-perfectionné en République tchèque dans le cadre de ce projet de bouclier antimissile, affirment sans cesse, quant à eux, que celui-ci n'est pas dirigé contre la Russie, mais contre des Etats comme l'Iran.
"On nous dit que cette défense sert contre les missiles iraniens, mais aucun missile iranien n'a de portée suffisante. Il devient alors évident que cette nouveauté nous concerne aussi nous, Russes", rétorque M. Poutine.
Moscou voudrait que Washington abandonne son projet en faveur d'une politique commune de défense qui inclurait la Russie. Sergueï Lavrov, cité par l'agence Interfax, a d'ailleurs appelé dimanche à de nouvelles consultations sur un bouclier antimissile commun Otan-Russie.
"Nos conclusions montrent clairement que se défendre contre des menaces qui n'existent pas n'a pas de sens. Il serait bien mieux de reprendre le travail dans le cadre du Conseil Otan-Russie sur la création d'un grand théâtre de défense antimissile" commun, a-t-il déclaré.
http://news.fr.msn.com/monde/Article.aspx?cp-documentid=5149585