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samedi 2 août 2008

L'Etat a-t-il les moyens de sa politique ?

Déclaré zone réservée et sous protection par la loi, morne L'Hôpital, assiégé par des constructions anarchiques et de bâtiments modernes, dont certains coûtant des centaines de milliers de dollars, attend les interventions d'urgences des responsables de l'Etat qui accordent déjà un délai ne dépassent pas la fin de ce mois aux propriétaires d'immeubles dans ce périmètre pour vérifier leurs titres de propriétés.
A entendre les responsables, ceux qui osent se prononcer sur la question, on s'interroge sur la volonté et/ou la capacité de l'Etat à s'engager dans un tel combat, vu la complexité de la situation. Différentes catégories sociales (riches/pauvres, professionnelles/petits commerçants, citadins/ruraux...) font, depuis un certain temps, de l'espace appelé Morne L'Hôpital, leur demeure.
Cette occupation arbitraire, puisqu'elle enfreint les dispositions légales en vigueur, contribue en grande partie à détruire les réserves écologiques de cet espace qui devrait jouer un rôle protecteur pour la capitale et les zones avoisinantes, surtout lors du passage des cyclones.
Dans un avis adressé en particulier aux occupants des propriétés se trouvant au Morne L' Hôpital, la Direction générale des Impôts leur a lancé un ultimatum expirant le 31 août 2008. mais jusqu'à présent, selon les informations recueillies par le journal, aucun d'eux ne s'est encore manifestant. Il n'est que d'attendre.
Quelle étendue !
L'article 2 de la loi du 27 août 1963 plaçant le Morne L'Hôpital sous protection le délimite comme suit :« Prenant la direction Ouest à partir du Calvaire de Pétion-Ville, la limite empruntera la ligne de Crète en passant par le Pic Fourmi, Nan Galet, St-Laurent, Nan Bois Pin et Dufrene ; à partir de la prise de Diquini et allant vers l'Est, elle suivra l'aqueduc de Diquini jusqu'à Source Leclerc, puis suivra la route Sous Dalles jusqu'à Fort Mercredi, du Fort-Mercredi elle passera par le Sanatorium, puis le Tunnel de Carrefour-Feuilles, la Croix Desprez, la Source de Turgeau, la Villa Rosa et enfin le Manoir des Lauriers, la limite suivra la route Port-au-Prince, Pétion-Ville jusqu'à Lamennais et de là jusqu'au Calvaire de Pétion-Ville excluant les propriétés bâties à cette date. »

A bien considérer, c'est pratiquement toute plusieurs communes qui sont concernées par la question : Port-au-Prince, Pétion-Ville, Delmas, Carrfour...
Selon une source généralement bien informée, ces administrations municipales seraient en conflit entre elles en ce a trait à la délimitation de chacune de ces collectivités territoriales.
Fiscalement, avoir juridiction sur une zone peut être une source de profit pour la mairie.
Vous avez dit dommages collatéraux
Ainsi, plusieurs mairies auraient juridiction sur une partie de cette zone objet de l'avis de la DGI.
D'une source digne de foi, on apprend également que plusieurs ministères concernés par le devenir du Morne L'Hôpital, donc l'avenir de Port-au-Prince, seraient réticents à intervenir, alors qu la situation s'aggrave au jour le jour.
Les intérêts en jeu sont grands et les moyens économiques et la force coercitive de l'Etat ne sont pas proportionnels. Que faut-il faire : Laisser faire ou employer les moyens forts ? Négocier ou déguerpir ? Appliquer la loi ou l'inverse ? Quelque soit la solution choisie, les dommages collatéraux seront énormes.
L'Etat haïtien a-t-il les moyens de sa politique ? De la réponse à cette question dépend l'application de toute mesure visant à protéger réellement Morne L'Hôpital ainsi les différentes sources alimentant la ville de Port-au-Prince.


Samuel BAUCICAUT
Jean-Gardy GAUTHIER
Commentaires :
L’état devra se démerder pour trouver les moyens car il faut arrêter cette gangrène qui va finir par une énorme catastrophe naturelle un de ces quatre matins.
Les gens qui sont en train de construire actuellement vivent quelque part. On ne peut donc pas trouver de justification à ce tort constant qui est causé à l’environnement.

Les gouvernements antérieurs ont fait semblant de ne pas voir et n’ont pas eu le souci de mettre un frein a cet état de chose. La situation est plus que urgente donc il faut des mesures drastiques et urgentes. Ceci pour la protection même de ceux-là qui se sentiront léser par les mesures coercitives de poids.
A un certain moment il faudra faire intervenir la MINUSTAH et ces moyens pour arrêter l’escalade des constructions anarchiques.
Pour les apôtres de la morale, pour l’excellentissime Sénatrice Madame Edmonde Supplice Beausile, être sénatrice dans un pays et ne rien faire en matière de législation pour éviter arrêter cette cochonnerie est immorale et amorale. Beaucoup plus que ne le seraient des relations homosexuelles ! Alors portez votre croisade moralisante un peu plus au-dessus de la ceinture. Faites comme si !

jeudi 17 juillet 2008

Le cacao, trésor de Dame-Marie

Le cacao est comme de l'or noir pour les habitants de Dame-Marie. La Maison Wiener, qui a produit et distribué quelque 17 000 plantules aux paysans, consolide la production de cette denrée qui fait les délices des amants du chocolat de par le monde.
Sous des arbres centenaires qui dansent au travers du brouillard, poussent des cacaotiers de presque toutes les variétés à Dame-Marie.
La culture du cacao, favorisée par la pluie abondante et un climat doux, fait la richesse d'une bonne partie des quelque 40 000 âmes que compte cette commune de la Grand'Anse. Dans les rues « adoquinées » du centre-ville qui suivent un tracé régulier, les fèves, extraites des cabosses, sont exposées au soleil.

Des acheteurs de la précieuse graine, calibrant leur balance, discutent météo, en début de matinée, alors que le temps tisse une épaisse couverture de laine. Entre deux mains de cartes, pour tuer le temps, pour ne pas ronger ses freins, Paul, 46 ans, explique que « la livre coûte entre 22 et 24 gourdes ».
Spéculateur de père en fils, il se réjouit, par ailleurs, de la pérennité de la production : «... le cacao n'a plus de saison. On le trouve à longueur d'année, surtout grâce à la Maison Wiener », s'empresse-t-il d'ajouter. Dans le commerce de cette denrée depuis 1915, la Maison Wiener, confie Mozart Colas, « sur deux ans, a préparé et distribué 17 000 plantules.
Cette variété produit des cabosses au bout de trois ans », clame le représentant de cette entreprise qui s'est installée à Dame-Marie ou Dan Aria depuis tantôt huit ans.

L'entreprise, poursuit-il, a un dépôt qui peut stocker environ six mille sacs de cacao. Parallèlement aux investissements pour consolider cette filière, Mozart Colas regrette les difficultés liées au transport de ce produit. « Les routes sont de véritables parcours du combattant, enchaîne-t-il. Dans les conditions actuelles, le transport du cacao se fait par bateau de Jérémie, chef-lieu de la Grand'Anse, jusqu'à Port-au-Prince avant d'être exporté à l'étranger ».


Jusqu'à la fin des années quatre-vingt-dix, Haïti exportait plus de 5000 tonnes métriques de cacao. Cependant, il est difficile de savoir avec précision le volume de cette exportation de nos jours, déplore un vieil habitant de Dame-Marie qui informe de la présence de destructeurs de la flore dans les forets du département. Le cacao haïtien, très prisé à cause de sa saveur exotique, est une filière qui mérite des investissements importants. Ce qui est dommage, c'est quand, à Manhattan ou à Genève, une femme, un « gourmet » déguste le chocolat de Dame-Marie sans savoir d'où il vient...Et l'on parle de débouchés pour les produits locaux...En attendant, sans chichi, à Dame-Marie, le cacao est roi, il est l'or noir des paysans...

Du cacao au chocolat
Les fèves nettoyées sont torréfiées sous l'oeil attentif du maître torréfacteur qui choisira la température et le temps de torréfaction afin d'obtenir une révélation optimale des saveurs. Les fèves passent par un dégermage minutieux subissant l'action du concasseur, un moulin mécanique qui réduit les fèves en petits morceaux. La magie du chocolat commence ici : les morceaux de fèves concassés sont passés aux broyeurs, jusqu'à ce qu'ils deviennent la pâte de cacao destinée à devenir chocolat ou poudre de cacao. Si la pâte est destinée à devenir chocolat, elle sera alors mélangée énergiquement à du sucre. De là, elle sera encore raffinée et passera dans un autre broyeur qui réduira la granulation de pâte pour la rendre la plus homogène et la plus fluide possible. Vient alors le conchage, l'opération de grâce pour ce mélange qui, maintenant, contenu dans de grandes bassines de fonte, subit le roulis constant de galets sous forme de rouleaux afin de lui donner la finesse, l'élasticité et la texture tant recherchées. De cette opération dont la rapidité d'exécution est essentielle, découle la qualité du produit fini.

Roberson Alphonse
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=59835&PubDate=2008-07-16

dimanche 20 avril 2008

Dame-Marie va présenter sa deuxième Fête du cacao

La deuxième édition de la Fête du Cacao se déroulera les 25, 26 et 27 avril 2008 à Dame-Marie dans le département de la Grand'Anse, à l'initiative de la Fondation Elvecina St-Martin (FESMAR), en collaboration avec l'Association d'Entre Aide des Dame-mariens (AEADMA) et la Coopérative Agricole Union Développement (CAUD.
En plus des deux cents (200) représentants d'organisations cacaoyères des différentes communes avoisinantes, plus de cinq mille (5000) personnes sont attendues à cet important évènement appuyé entre autres par le Ministère du Tourisme, le Ministère de l'Agriculture, l'Institut Interaméricain pour la Coopération avec l'Agriculture (IICA) et la Plate-forme des Associations Haïtiennes pour un Développement Alternatif (PAPDA).
Pour aller au-delà des objectifs de l'édition d'avril 2007, les organisateurs entendent cette année mettre en place un programme d'actions de renforcement de la production du cacao, de création de fermes de démonstration dédiées à la culture du cacao, d'assistance technique aux petits ateliers de transformation du cacao, de sensibilisation et d'information permanente de la population sur le marché du cacao, tout cela dans le but de travailler à l'amélioration des conditions de vie de ceux qui s'adonnent à la culture de cette denrée d'exportation dans le pays. Il faut préciser en passant que, selon les chiffres publiés par le service des procédures à l'exportation du Ministère du Commerce et de l'Industrie, Haiti a exporté environ 3.5 Millions de kilogrammes de cacao au cours de l'année 2007 pour un montant de 5 417095 dollars US.
D'un autre côté, la deuxième édition de la Fête du Cacao à Dame-Marie vise également la mise en valeur de la région en développant un tourisme basé sur le cacao et les sites naturels de la région. Les organisateurs de cet événement croient dur comme fer qu'en associant la culture du cacao à la promotion du tourisme à travers la mise en place du « circuit du cacao », les acteurs impliqués dans la chaine de production de cette denrée verront certainement leurs sources de revenus augmenter. De plus, ils entendent établir la relation entre la culture du cacao et la protection de l'environnement et ceci dans une perspective de lutte contre le déboisement et la dégradation des conditions de vie.En vue de mieux cerner les problèmes auxquels font face les planteurs et travailleurs du cacao, une journée de réflexion a été organisée à Dame- Marie le 7 mars 2008. Des représentants de coopératives et d'autres organisations communautaires, des spéculateurs, des artisans et des planteurs ont participé à cette activité. Les décisions arrêtées à partir des différents points débattus seront présentées sous forme de cahier de charge à la Fête du Cacao les 25, 26 et 27 avril 2008.
La commune de Dame-Marie en tant que pôle principal de production du cacao dans la Grand'Anse est entourée de zones de production, partant de la commune de Jérémie jusqu'à celle des Irois. La Grand'Anse et le Nord sont les deux grandes régions productrices de cacao d'Haiti.

samedi 19 avril 2008

CRI DU COEUR DE CARLTON RARA... AUX HAITIENS ET AUX AMIS D'HAITI

Je me permets de partager avec vous ce cri du cœur d’un haïtien, haïtianophyle et surtout un humain. Carlton Rara pourtant n’a pas parlé lui-même. Il n’a fait de présentation non plus. Je savais qui il était. J’avais visité son site.
Cependant en recevant ce document j’avais eu une sorte de hoquet m’invitant à le balancer à la poubelle comme je le fais avec les centaines de courriers de gens venant de la Côte d’Ivoire héritiers pour la grande majorité de richissimes hommes d’affaires assassinés qui, dans leur grande bonté vous demandent gentiment de leur passer un numéro de compte pour bénéficier de 15 ou 10 % après juste un naïf transfert de fonds qui se comptent toujours en millions de dollars.

Le mot DIASPORA avait aussi eu un effet très désagréable sur moi. Je sais ce qui se dit autour de ce groupe d’expatriés et surtout comment des individus en panne et en quête de notoriété s’avisent du jour au lendemain de se parer d’un habit de représentant de plus de 2.000.000 d’haïtiens, - sans leur en demander l'autorisation- avec à la clé des congrès mondiaux au Venezuela (ou résident quelques dizaines d’haïtiens, en ou Haïti juste quelques mois après la victoire de Préval.
J’ai quand même pris le soin de lire et je me suis retrouvé de plein pied dans l’approche de Carlton RARA à travers les différentes questions qu’il se pose. Je me suis dit que si on se pose les mêmes questions pourquoi ne pas se les poser en même temps , dans un même espace de réflexion de façon à construire et élaboré les réponses.
Je l’ai contacté tout de suite. Je n’ai pas été le seul. Il y a un réseau qui est entrain de se former. Ce n’est point pour une énième association, ONG, collectif mais pour un vrai espace de concertation pour aller au-delà des démarches routinières qui ne donnent pas de résultats.
C’est dans cet esprit que je propose aux lecteurs de HAITI RECTO VERSO le partage de ce document.

Vous pouvez contacter Carlton Rara qui assure rapidement l’échange des courriers électroniques entre l’ensemble des individus qui ont pris le temps de réagir.
Pour contact : Carlton Rara
infocarlton@yahoo.com

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Lettre ouverte à tous les Haïtiens de la diaspora ou permanents du pays, tous sexes, tous âges, tous passeports confondus et autres intéressés francophones
Chers vous tous
A tous ceux qui voudraient anticiper la fuite d’un énième discours politique de bistrot, ne partez pas tout de suite, rien de tel ci-après, rassurez-vous, je ne suis qu’un illustre cancre.Je ne suis même pas citoyen de mon pays : Haïti...et l'état civil de cette République ne peut rien pour moi, enfin je ne m'en porte pas plus mal après tout...
Mon pays, lui, ne se porte pas bien; on me demande ici ou là si j'ai encore de la famille « là bas », si tout va bien pour eux....enfin, la politesse d'usage quoi ; à ça j'ai envie de répondre que oui, j'y ai encore de la famille effectivement, à peu près 8,5 millions de parents et pas grand chose ne va pour l'immense majorité d'entre eux.
J’ai grandi en dehors d’Haïti avec comme album de famille les crises sociales et politiques qui rythment la survie du pays depuis 200 ans et avec moi a grandi l’idée que cette « misère » et ce désordre faisaient partie du décor jusqu’à ce que cette idée se brise le jour où j’ai compris qu’en Haïti il n’y avait pas plus de fatalité qu’en Sibérie ou en Papouasie Nouvelle Guinée et que la situation à l’échelle d’un collectif ou d’un pays est la conséquence de causes et que ces causes sont produites par des actes, posés eux-mêmes par des décisions et que finalement ces décisions il fallait bien que ce soit des hommes qui les prennent.
Derrière, devant ou dedans le tableau apocalyptique de la situation de tiers monde qui galope en Haïti on distingue bien des hommes en effet (ne vous offusquez pas les filles je prends le mot homme dans une acception philosophique et générique, allez bisou), qu’ils soient ceux qui meurent, ceux qui souffrent, ceux qui souffrent moins, ceux qui ne souffrent pas du tout.
En effet, étranglés à travers le maillage si « complexe » du « système », on aperçoit rien d’autre que des hommes ou enfin ce qu’il en reste.
On a beau m’expliquer toute l’extraordinaire complexité de la chose, en chiffres, diagrammes, statistiques savantes, exposés et rapports de sciences humaines par les plus brillants spécialistes de ce monde, j’ai encore aujourd’hui la faiblesse de penser que même si la majorité de mes compatriotes crèvent « complexement » la dalle ou crèvent « complexement » tout court, que cela revient au même que si la mécanique du fléau avait été dérisoirement simple.
A qui la faute ? Qui aurait mal agi ou mal décidé et dont les conséquences des actes auraient été directement responsables de cette calamité ? Que devrait-on faire ?
L’histoire une fois de plus fera en son temps son œuvre en nous enseignant après coup les tenants, le déroulement et les aboutissements de la bataille dans des écritures préfigurant l’exposition des vestiges dans les musées.
Nous, les diasporés d’Haïti, ferons nous parti de cette histoire?
Comme nombre d’entre nous donc, et à toute époque la contemporanéité de sa crise, il y a bien longtemps que je me suis demandé ce que je pouvais bien faire pour ce pays qui souffre et qui finalement a enfanté pour partie ce que je suis aujourd’hui.
Comme beaucoup j’ai été inlassablement découragé, submergé par l’ampleur des difficultés, rendu incapable d’agir, par le ressac des crises ou des catastrophes, les impressions de déjà vu, les bis repetita placent, en proie à la résignation devant le déferlement implacable du destin, esseulé dans mes réflexions ou intellectuellement mal accompagné, livré à la facilité d’enfoncer des portes ouvertes et de jeter des pavés dans le sens du vent pour finir par me convaincre que de toutes manières il n’y a rien que je puisse faire moi et mes amis.
Sans compter que des difficultés, il y en a aussi ici (en France pour ma part où je réside le plus clair de mon temps) pour la plupart d’entre nous dans des pays industrialisés qui connaissent leur lot de souffrance et de misère pour être eux aussi le fruit du règne de l’homme évolué (il faut bien qu’on se marre un peu quand même). Ca n’est pas toujours dimanche en effet pour nous ici mais à celui qui voudrait s’égarer dans sa complainte je dis tout net que la « pénibilité » de la vie dans les pays industrialisés est sans commune mesure avec la réalité haïtienne « insoutenablement » pesante.
Evidemment les plus jeunes d’entre nous et ceux qui n’auront jamais mis les pieds dans ce pays impraticable pour les non initiés, ne connaissent pas les coupures de courant, quand bien sûr on en a dans sa maison, quand bien sûr on a une maison, quand on a les moyens d’en avoir une ; pas plus que le manque d’eau potable qui, lui frappe tout le monde ; ne leur évoque rien le soleil de plomb qui sèche la terre auquel succèdent les pluies torrentielles et la boue meurtrière dans ce pays déroutant et sans route où l’on saute un repas comme on oublierait un rendez-vous chez la manucure.
J’ai connu toutes sortes d’haïtiens (même chose que pour les « hommes » les filles, mettez tout ça au féminin évidemment), des gros, des petits, des noirs et des moins noirs, des artistes, des paysans, des portauprinciens, des provinciaux, des vaudouisants, des ecclésiastiques, des diplomates, des banquiers, des docteurs, des marchandes de pistaches, des policiers, des nés prématurés, des chauffeurs, des putes, des déconneurs, des dépressifs, des pédés, des alcooliques, des poètes, des riches, des très très pauvres, des infirmes, des blancs, des rouges, des qui dorment avec une pétoire sous l’oreiller, des gentils, des cons, des ordures, des sirènes, des gueulards, des escrocs et mêmes des princesses, et oui…… et tout aussi divers qu’ils m’apparaissent, ils ont une ressemblance qui tient dans le fait, il me semble, qu’ils viennent tous d’Haïti.
Après ces tergiversations d’Haïtien naturel, j’en viens au fait avec mon lot de questions connexes et subsidiaires.(accrochez-vous, y en a encore pour 7 pages, mais non je plaisante…quoique)
Depuis la dernière grosse crise en Haïti, qu’elle fut d’ordre socio-politique ou liée aux outrances climatiques et alors qu’une fois de plus nous nous trouvions mus par les émotions tous désireux d’agir mais dans l’impossibilité de le faire (vous remarquez bien que je n’envisage même pas qu’il y en eût parmi nous qui n’eussent pas eu l’intention d’agir, vous avez vu comme je manie bien le subjonctif).
Après le constat de cette vieille incapacité donc, qu’avons-nous fait depuis pour réparer les rouages défectueux qui précisément entraver nos actions ? Alors que les indices sont à l’heure de toutes les régressions en Haïti.
Qu’avons-nous entrepris qui nous fasse voir aujourd’hui de façon flagrante le fruit de nos actions ?

Nous ne sommes même pas capables aujourd’hui d’acheminer un container lorsqu’il le faudrait d’un point A dans le monde à un point B en Haïti.
Le nombre d’associations ne cesse d’augmenter, Haïti est un des pays comportant le plus d’ONG au monde.
Pourquoi cette quantité nouvelle ne produit-elle pas plus d’effet, pourquoi sa proportion se laisse-t-elle dépasser par celle de la paupérisation ?
Doit-on aujourd’hui encore attendre et ce au niveau mondial que le « système » apporte des solutions au mal même dont il est la cause ?

Y en a t-il encore parmi nous qui pensent ça ? Le fait de penser ci ou ça dispense-t-il d’agir ?
Les actions locales doivent elles se faire au détriment d’actions plus globales, ne peut on pas les mener toutes de front ?

Les derniers événements en Haïti ( cf journaux, nouvelles en tout genre pour les moins informés) semblent démontrer de façon criante que nous faisons malgré tout trop peu, ou mal, ou pas assez, que cela ne suffit tout simplement pas dans ce climat d’exceptionnelle pauvreté. Exceptionnels la pauvreté et les problèmes, exceptionnelle la mobilisation devrait être, hors force est de constater que nous sommes loin du compte.
Nous ne sommes même pas capables de coordonner des actions au niveau national dans un petit pays comme la France.
La vitesse de mobilisation (ce qui implique que la conscience ait fait préalablement son chemin dans les esprits de chacun) au niveau international, toutes problématiques confondues, n’a jamais été aussi lente et inopérante (je prends pour référence, le siècle passé) alors que les machines et les moyens de communications n’ont jamais été aussi performants et aussi répandus.
Nous n’avons jamais produit autant de denrées alimentaires dans le monde qu’à l’heure actuelle et on m’explique que des gens meurent de faim alors que les poubelles des autres ici trop pleines finissent d’engraisser les chiens errants.
Comment se fait-il aujourd’hui qu’UNE SEULE femme tibétaine ait réussi à faire exister médiatiquement la cause de son pays 20 fois plus que les vagues échos qu’on a pu entendre à propos d’Haïti sur les principales stations d’information (pour la seule France) ?
Je crois savoir pourtant que notre communauté compte jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’individus en France.
Nous serions pourtant en mesure d’agir, qu’est ce qui nous retient donc ?
Est-ce peut-être alors parce qu’une femme tibétaine vaut plusieurs dizaine de milliers d’haïtiens ? (comme quoi, à rien ne sert d’ignorer les maths modernes)
Ne me rétorquez pas que le sort d’Haïti n’intéresse pas le reste du monde, les gens sont intéressés par ce à quoi on veut bien les intéresser.
Sommes nous désunis à ce point, sommes nous négligents à ce point ?
Je ne veux tout de même pas croire à l’indifférence.
Y en-t-il parmi nous qui considèrent que travailler à faire accéder l’ensemble de la population haïtienne à des conditions de vie acceptables prête à débats ou controverses ?
Sommes nous à ce point habitués à ces situations hors normes au point de les considérer comme normales ?
Faut-il plus de sang, faut-il plus de misère, faut-il plus de chair refroidie, plus de rien ?

Tradition orale oblige, nous nous permettons d’avoir un avis sur toutes les questions soulevées par les problématiques haïtiennes mais notre participation à la vie du pays est sporadique et n’a aucun poids n’en déplaise aux amuseurs, aux fanas du microphone, à ceux qui montent à la tribune pour montrer leur cul et leurs bonnes manières comme dirait l’autre. Passons pour une fois la parole à ceux qui n’amusent personne, ceux qui n’ont soit disant rien à dire et qui gardent leur arrière train en bonne place.
Nous avons, par tradition désormais, cessé de considérer les institutions de ce pays comme crédibles (fautes qu’elles l’aient toujours été certes) mais aujourd’hui il y a bel et bien un gouvernement en Haïti, il y a bel et bien des hommes qui décident et sur qui repose le sort de la nation, au-delà de la politique et des divergences de point de vue, qu’on les considère légitimes ou pas, il sont bien là.
Hors quel rapport avons-nous avec eux ? De quel conseil sommes-nous à leur endroit ? Quel débat citoyen avons-nous avec eux ?
Quelles exigences avons-nous envers eux ? De la même façon qu’on a décrété leur surdité à nos attentes depuis fort longtemps, quelles mesures, quels moyens d’action forts et fédérés avons-nous mis en œuvre pour forcer le rétablissement de leur écoute ?
Le fait d’avoir souvent échoué dans nos tentatives implique-t-il qu’il faille renoncer à recommencer, et à recommencer encore, et encore et encore…. ?

Le fait que la bataille soit âpre implique-t-elle que nous ne dussions pas la mener ? (décidemment ce subjonctif, une merveille)
Quel plan, quelle stratégie avons-nous établis pour peser dans la balance ?
Quelle organisation avons-nous mis en place ? Quel espoir avons-nous donc généré chez nos familles restées au pays et qui aujourd’hui pensent par pure ignorance que nous buvons ici (en pays riches) du miel et du lait et que nos poches se remplissent d’argent comme par miracle ?

J’entends fuser ici et là des avis déterminés réclamant le départ de ces « traîtres » de Minusthas qui sont aujourd’hui la seule force armée, il faut le dire, dans le pays.
Par qui va-t-on les remplacer ?
Ne doit-on pas également réclamer par conséquent le départ de nombre d’ONG qui viennent justifier de leur budget dans des études ou des travaux trop souvent obsolètes, inachevés, inachevables, irréfléchis, impropres, ne produisant rien ou parfois du désordre ?
Vous me dites pour certains d’entre vous envisager votre propre avenir en Haïti, mais comment le préparons-nous ?
Des étrangers de bonne fois et de bonnes compositions veulent nous aider, hélas bien souvent le fait de ne pas être « initiés » (pas d’acception cultuelle ici) les rend inefficaces ou à côté de la plaque ou alors cachent en définitive leurs véritables motivations dans leur inconscient qui s’avère cibler trop la rédemption de leur individu.
Voila pourquoi je m’adresse en priorité aux Haïtiens. Nous, nous ne devrions pas être en proie à cet excès même si aider l’autre et se soucier de lui reste toujours une manière de se soucier de soi, nous sommes d’accord.
Sans aller décrocher la lune, avons-nous encore des échanges sur les questions primaires, nous parlons nous encore, dans des pays où nous sommes pourtant libres de penser à voix haute ?
Même pas le minimum à vrai dire ! Les e-mails, les boîtes aux lettres sont vides, les téléphones muets, les bouches pleines de salive ? (La répétition des vieilles conneries sans science et sans conscience exclue, bien entendu, car pour ça nous avons encore pas mal de ressources inépuisées).
Et quand il nous arrive de retrouver l’usage de la parole dans nos familles, parlons nous vraiment de l’essentiel ?.....de ce qui peut préoccuper un enfant, une femme, un vieillard que sais-je, qui ne bouffe pas, ou qui souffre d’une maladie qui lui est inconnue? de ce qui les préoccupe ou de ce qui ne les préoccupe plus…..
Y en a-t-il parmi nous qui ont agressé leur boulanger parce que son pain été trop cher, casser sa vitrine, mis sa vie en danger ?
Non personne vraiment ?...
vous m’étonnez. Mais alors comment se fait-il que nous laissions nos familles faire une chose aussi « insensée » sans être alarmés, sans réagir, seulement sous prétexte que c’est en Haïti que ça se passe. C’est bien ce que je disais, les normes sont à géométrie variable, y compris celles du bon sens.
Ne soyons pas, je vous prie, démissionnaire ou actionnaire d’Haïti lorsque ça nous chante, lorsque le vent est favorable, lorsque les plus faibles d’entre nous ont joué leur rôle de tampon et de bouclier contre l’adversité et qu’ils nous ont rendu la voie libre.
C’est encore le plus faible qui a besoin du plus fort pour vivre à ce que je sache et non l’inverse.
Qu’allons nous raconter à nos petits enfants ? Que le jour de la bataille nous étions à la plage ou à la foire ? Que l’après-midi ou mamie a pris une balle, nous étions au supermarché ?
Nous leur dirons tout simplement que nous étions des incapables ou pire encore, nous n’aurons rien à leur raconter du tout… encéphalogramme plat !
A ceux qui travaillent modestement de leur côté, ne vous sentez vous pas seuls et en sous nombre parfois ? Cela aussi vous semble-t-il normal ?
Sommes nous tous d’un certain âge et usés ou en proie au handicap ou à la maladie?
Cette immense partie du peuple haïtien dispersé que nous sommes, ne peut-il pas trouver d’ambassadeur (nous avons des ambassadeurs et des consuls mais nous ne les considérons pas plus que n’importe quel autre officiel ou alors juste au moment de faire mettre un tampon sur un document). Ne peut-on pas créer des entités qui matérialisent notre présence, qui rendraient plus probables nos actions ?
Ne me dites pas que je pose trop de questions et que je n’apporte pas assez de réponses, nous allons nous épargnez pour une fois les débats merdiques, les formules de prétoire et la poésie mal placée ou encore les idées politiciennes qui font chier tout le monde, tout ça ne doit pas avoir cours ici.
J’ai déjà pour ma part trop parlé et pas assez agi. Il appartient à chacun de vouloir apporter des réponses ou bien de se poser d’autres questions, enfin de prendre ses responsabilités pour les plus responsables d’entre nous et ça je ne peux pas le faire à votre place.
Il est d’usage que les artistes ou les intellectuels essaient de chatouiller les monolithes… il est tard, je suis fatigué, j’ai sommeil mais je suis à mon poste.
Les manifestations imposées du 10 mai et ce partout en France ont-elles pensé à remanier leur programme pour la circonstance ? Les problèmes actuels sont-ils au programme ? Des manifestations (revendicatives) sont-elles prévues, des gens ont-ils prévu de s’exprimer, que préparons nous à part une bonne popote et un bon bal kompa ?
Allons-nous célébrer bêtement et béatement l’abolition de l’esclavage alors que nous sommes on ne peut plus asservis aujourd’hui, asservis à mort ?
Allons nous encore faire comme si de rien n’était ?

Prévoit-on une aide de masse directe à la population haïtienne (je ne parle pas uniquement de parachuter de la bouffe) ? Doit-on encore attendre le prochain coup de canon pour s’indigner à heure fixe.
Est-il prévu qu’Haïti regarde Haïti dans les yeux sans honte ?


Enfin voilà, je m’interrogeais modestement, juste comme ça, loin du désir d’importuner quiconque….enfin si j’en emmerde quelques uns c’est pas plus mal non plus, mais affectueusement s’entend (que voulez-vous c’est mon esprit taquin).
Un peu de théâtre maintenant (je vous l’ai dit, faut bien se marrer un peu quand même, enfin, m’ap ri men m’p’ap jwe – traduction : je ris mais je ne m’amuse pas) , allez, un peu de courage c’est la dernière ligne droite.
Moi, je soussigné Carlton Rara, citoyen illégitime mais conséquent du pays d’Haïti.
J’en appelle, à tous ceux qui aiment ce pays, tout ceux qui en parlent, tous ceux qui n’en parlent plus, tout ceux qui ne l’ont pas oublié, tous ceux qui y vivent, tous ceux qui y ont une habitation, tout ceux qui n’y ont rien ni personne, tous ceux qui ont des idées, tous ceux qui ont de la volonté, tous ceux qui n’ont pas de volonté, tous ceux qui n’ont pas d’idée, tous ceux qui parlent bien, tous ceux qui écrivent bien, tous ceux qui jouent bien du tambour ou de la cornemuse, ceux qui n’ont pas de voiture mais qui aimeraient bien en avoir une, tous les usagers des camionnettes, les femmes, les hommes, les plus jeunes, ceux qui ont des responsabilités, ceux qui n’en n’ont pas, les attachés, les détachés, ceux qui ont de l’argent, ceux qui n’en n’ont pas, ceux qui ont des terres, ceux qui bandent bien, ceux qui ne bandent plus, les premiers de la classe, les derniers, les non voyants, les politiques, les parvenus, les revenants, les inconnus, les scientifiques, tous ceux qui ont des pigments dans la peau, les albinos, les retardés, les attardés, les optimistes, les pessimistes, les saltimbanques, les comptes en banque, ceux plus au Nord, ceux moins au Sud, ceux qui n’entravent rien à ce que je raconte, ceux qui me reçoivent 5 sur 5, ceux qui sont partis en court de lecture, ceux qui avaient gardé un cinquième as dans leur manche ou une poire pour la soif, celles qui aiment toujours leur mari après 50 ans de mariage, mes frères, mes sœurs, l’oncle Sam, l’oncle Tom, les culs de jatte, les malpolis, tout ceux qui ont compris que la prochaine bataille n’aura pas lieu faute de combattants, ceux qui savent qu’il est plus que temps, ceux qui entendent Haïti hurler sourdement comme on entend son gosse, Haïtiens de mon cœur, j’en appelle à tout ceux qui comme moi ne connaissent rien de plus doux pour la tête que les senteurs de la brune enveloppante d’Haïti.
Je compte sur tout ceux-là pour agir, pour parler, pour faire hommage à tout ce qu’Haïti nous a enseigné de bon, nous a donné sans compter, sans reprendre, nous a transmis à nous, ses enfants égarés.
Je m’excuse par avance auprès de tout ceux à qui tout cela n’évoque rien et ceux qui penseraient qu’on leur fait la leçon (soyez vous-mêmes vos professeurs).

Nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde par une révolution improbable, perdue et condamnée d’avance et pourtant achevée par la volonté et la stratégie des hommes.
Ce que nos ancêtres ont fait de la révolution n’enlève rien à l’exemplarité de cette victoire…voilà encore la seule chose que tous les haïtiens savent encore aujourd’hui…nous avons un jour fait trembler de stupeur le monde …
et bien recommençons voulez-vous !?

Merci bien de votre attention
Allez on se fait la bise, n’oubliez pas d’éteindre en partant…
Allez hop en deux clics passe le message à ton voisin, enfin c’est toi qui vois.
Carlton Rara
Fait à Mont de Marsan (France) le 14 avril 2008
PS : et moi qui pensais faire court

vendredi 18 avril 2008

5 millions de poules par an à 3 gourdes le poulet !

La Direction de la production animale du ministère de l'Agriculture se prépare à relancer la production agricole grâce à une série de mesures qui permettront au pays de retrouver le rythme de production d'avant 1994, selon une déclaration faite par Jean Maurice Déjean, directeur de la production animale, au micro de Robenson Sanon sur Magik 9.
Avant cette date, selon le technicien, le pays produisait environ 5 millions de poules blanches par année. Aujourd'hui, il en produit seulement 1 million, une quantité inférieure à la demande pour la consommation. Il s'agit donc de retrouver le rythme d'antan, avance-t-il.
Afin d'atteindre cet objectif, le Trésor Public serait prêt à financer le projet estimé à 15 millions de gourdes. L'agronome Jean Maurice Déjean envisage cette relance de la production agricole grâce à la modernisation du système de production animale en collaboration avec les industriels et le secteur paysan.
Par ailleurs, la section de la production animale se penche sur la relance de la production porcine à partir du centre de reproduction situé à Thomassin 42.
L'État disposerait de 2 millions de gourdes à cet effet, somme insuffisante cependant, selon le technicien, le centre ayant été sérieusement endommagé après le 29 février 2004.
Les sommes avancées par l'agronome Déjean font cependant sourire ceux qui sont un peu informés des coûts de la production animale.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56594&PubDate=2008-04-18

mercredi 16 avril 2008

Quand les canaux d'évacuation ne sont pas curés !

Les pluies qui se sont abattues sur la région métropolitaine dans la nuit du jeudi 10 avril 2008 n'étaient pas sans conséquence sur la population de Clercine ainsi que sur les usagers du tronçon de route reliant carrefour Matelas, communément appelé carrefour Ritha, à la capitale en passant à proximité de l'Aéroport International Toussaint Louverture. Au niveau de ce carrefour particulièrement, le spectacle était visiblement désolant vendredi dernier. Des mares de boue ainsi que des déchets plastiques emportés par les eaux venant notamment de Frères ont été remarqués dans plusieurs coins de cette zone.


L'entrée principale donnant accès à la base des soldats de la mission onusienne a été obstruée. « Dans la matinée, la circulation automobile a été un peu difficile dans cet endroit, a raconté un chauffeur de mini-bus assurant le trajet Clercine/Portail Léogâne. L'état des canaux d'évacuation à ciel ouvert en est la principale cause.» Certes, des employés affectés au service de voirie de la mairie de Tabarre ont été dépêchés sur place en vue de déblayer les tronçons de route affectés, mais le problème reste entier. « Les rues sont sur le point d'être nettoyées, mais cela ne va pas résoudre le problème pour autant, a indiqué clairement un passager. Il faudra curer les canaux d'évacuation en vue de trouver une solution congruente une fois pour toutes. »
Plongés dans une situation de peur engendrée par les récentes pluies, les riverains lancent un appel urgent aux autorités concernées qui doivent prendre des mesures qui s'imposent afin d'éviter le pire. Récemment, à Philippeau, un bidonville situé à Pétion-ville, des pertes ont été enregistrées suite aux premières pluies. Six maisons ont failli s'effondrer.

A moins de trois mois du début de la saison cyclonique de l'année 2008 qui pourrait être catastrophique, les responsables, estime plus d'un, doivent agir vite.
Victor Jean Junior

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=56375&PubDate=2008-04-16
Commentaires :
L’intéressant de cet article c’est de pouvoir faire quelques constats à partir des photos accompagnant le texte. Les photos parlent d’elles-mêmes et nous poussent à penser qu’un programme de recyclage de déchets en « plastiques recyclables » pourrait résoudre de façon efficace une partie de ce grand dilemme.
Cela permettrait de résoudre une grande aprtie de l'ensemble des problèmes inhérents à la situation d'un pays pauvre avec un chômage important et endémique, un délabrement constant de l'environnement etc...

mardi 25 mars 2008

Un arbre pour sauver des vies

Le congrès organisé par le MPP (Mouvman Peyizan Papay) pour célébrer son 35e anniversaire aura été une occasion exceptionnelle, pour de nombreux individus, de faire connaissance avec de véritables richesses peu ou pas exploitées dans notre pays. Parmi les produits exposés lors de la foire, qui a eu lieu du 16 au 20 mars 2008, certains ont particulièrement retenu l'attention car complètement inconnus du grand public malgré le rôle capital qu'ils peuvent jouer dans la réduction de la malnutrition et de l'amélioration de la couverture végétale du pays. La poudre de « bennzoliv » (moringa oleifera) a connu, malgré tout, un succès mitigé, l'Haïtien acceptant difficilement dans son régime alimentaire les produits qu'il n'a pas l'habitude de consommer. C'est dommage!Dans un pays où la majorité de la population mange mal, où la couverture végétale risque de n'être bientôt que de 1%, il serait heureux que les autorités responsables prennent en compte les initiatives heureuses entreprises par des individus ou des associations locales en quête de développement durable plutôt que de se fier aux désastreuses expertises des ONG étrangères qui, au fil des années, ne nous ont apporté que le goût de la mendicité et le comportement d'assistés permanents.Il faudrait penser à exploiter nos ressources et rechercher les vraies solutions à nos problèmes plutôt que des palliatifs qui, à long terme, ne font que compliquer une situation socioéconomique déjà précaire.En dépit de tout le tapage gouvernemental et médiatique fait autour du bambou, on a l'impression que la population, dans sa grande majorité, ne s'est pas sentie concernée par les possibilités économiques et environnementales que cette plante pourrait nous apporter. Simple question d'éducation, semble-t-ilIl est à espérer que la volonté de lutter contre la pauvreté et la malnutrition sera plus forte que le désir de reboisement et de reforestation et que l'on accordera plus d'importance à la plante-miracle qu'est le Moringa oleifera.

Le Moringa oleiferaLe moringa est le seul genre de la famille des Moringaceae. Ce genre comprend 13 espèces d'arbres poussant en région tropicale ou subtropicale. Le nom de taxon moringa vient du mot tamoul murungai.L'espèce la plus populaire est le Moringa oleifera, un arbre multi-usages originaire de l'Inde, cultivée sous les tropiques où il est souvent simplement appelé « Moringa ». L'espèce africaine, Moringa stenopetala, est aussi largement cultivée quoique moins que Moringa oleifera.Le moringa (Moringa oleifera aussi appelé néverdier, anamambo, morongo, ou encore Horseradish-tree, Ben-oil tree, Drumstick-tree en anglais, Malunggay aux Philippines et saijan en indien, bennoliv en Haïti) est un petit arbre pouvant mesurer jusqu'à 10 m. C'est une espèce d'arbres très utile, originaire du nord de l'Inde et des régions arides en général ressemblant à l'acacia qui résiste bien à la sécheresse et a une croissance rapide.Aux Indes, d'où cet arbre est originaire, il est appelé indifféremment Drumstick pour rappeler la forme du fruit qui ressemble à une baguette de tambour ou bien radish tree pour évoquer la forme mince de la silique à peine mûre très proche de celle du radis.
Toutes les parties de la plante sont utilisées traditionnellement. En Inde, la racine est un stimulant dans les paralysies, un tonique cardiaque et circulatoire, mais possède aussi des propriétés sédatives sur le système nerveux central.

Au Nigeria, la racine et l'écorce sont antiscorbutiques et utilisées par voie externe contre les irritations. Au Sénégal et au Mali, les emplois les plus courants concernent les enfants rachitiques, bronchitiques, fiévreux, souffrant de céphalées et de névralgies; les traitements divers vont de l'instillation du suc frais de la feuille ou des inflorescences dans les yeux et de l'administration de la racine en poudre nasale, aux boissons et lavages corporels avec des macérés de feuilles, écorces et racines.
Les feuilles, les jeunes cosses, les fleurs et les racines sont comestibles et on peut parfois les utiliser pour faire de la salade. Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes.
Elles peuvent constituer un aliment complet puisqu'elles contiennent deux fois plus de protéines et de calcium que le lait, autant de potassium que la banane, autant de vitamine A que la carotte, autant de fer que la viande de boeuf ou les lentilles et deux fois plus de vitamine C qu'une orange. Les feuilles de Moringa oleifera sont utilisées contre la malnutrition et ses maladies associées (cécité, etc.).
On a l'habitude de cuisiner ses feuilles pour faire de la sauce nutritive.
Le thé, préparé avec les feuilles de Moringa, est très nutritif pour les femmes enceintes et pour les enfants, particulièrement pendant la saison des pluies. Les feuilles séchées à l'ombre et écrasées peuvent être mélangées avec du beurre d'arachide, du chocolat, ou avec d'autres aliments.
Les graines sont consommées après séchage; elles ont un goût de cacahuète. Mais surtout elles peuvent fournir une huile intéressante pour la cosmétologie, l'industrie pharmaceutique et la consommation courante. Contenant surtout des glycérides de l'acide oléique, l'huile d'olive, elle est très recherchée comme lubrifiant pour la fabrication des montres et est aussi appréciée en parfumerie pour sa possibilité d'absorber et de retenir les odeurs. Comme cet arbre est de croissance rapide (environ 3 ans après sa plantation, il commence à donner des fruits), on pourrait produire en grande quantité cette huile, pour les besoins alimentaires.
Les tourteaux obtenus après obtention de l'huile qui sont riches en principes antibactériens et en protéines ont donné lieu, depuis 1990, à de nombreuses publications. En effet, un extrait aqueux des graines de Moringa oleifera est un coagulant naturel utilisé pour la purification de l'eau. Il est très efficace pour faire disparaître les bactéries et diminuer la turbidité de l'eau.

Ce produit semble supérieur aux sels d'aluminium utilisés pour purifier l'eau et pourrait être utilisé dans les pays en développement, étant donné le prix exorbitant du traitement des eaux.La poudre des graines de Moringa Oleifera est effective à plusieurs niveaux du pH, alors que beaucoup du coagulants Alum utilisés sont efficaces quand le pH de l'eau est 7. Ceci fait de la poudre de Moringa Oleifera une poudre idéale dans les pays en développement où il est tout à fait impossible de procéder de façon effective à un contrôle de l'influence du pH précédent la coagulation.
Moringa Oleifera sert aussi de fourrage durant la saison sèche, de paillis, et d'approvisionnement en produits de chauffage. Les contenus nutritionnels de Moringa Oleifera sont le plus souvent plus riches comparés aux aliments habituels (par exemple les bananes, le lait, le yogourt, les oranges et les carottes).
Les graines mûres de Moringa Oleifera donnent de l'huile comestible contenant une énorme stabilité et la même composition que les acides graisseux de l'huile d'olive. L'huile de Molinga Oleifera peut aussi être utilisée comme lubrifiant, comme savon, comme produit cosmétique et comme carburant de lampe à gaz.
Parlant des propriétés médicinales de Moringa Oleifera, toutes les parties de l'arbre sont utilisées de différentes manières dans la médecine naturelle et la poudre de ses graines est incorporée dans la préparation de la pommade pour traiter les infections de la peau causées par les bactéries. Les principales parties de l'arbre de Moringa Oleifera utilisées dans la préparation des médicaments sont les feuilles, les fleurs, les racines, la sève, les graines et l'huile des graines. On affirme que ces parties de Moringa Oleifera sont utilisées pour traiter des dizaines de maladies.

D'autres études ont montré qu'après avoir consommé du Moringa Oleifera, les enfants ont vu augmenter leur poids et ont amélioré leur santé en général et que les femmes enceintes se sont rétablies de l'anémie et ont eu des bébés de poids élevé à la naissance et que les femmes qui allaitaient avaient une meilleure production de lait.
Les feuilles de Moringa Oleifera sont aussi utilisées, en Afrique, comme supplément alimentaire pour les personnes atteintes du sida.Chaque partie de l'arbre de Moringa a donc des propriétés bénéfiques qui peuvent servir l'humanité.Le Moringa peut croître dans des zones très arides comme le Sahara, mais il aime également les climats semi-tropicaux humides. Sa racine très profonde lui permet de se passer d'eau pendant plusieurs mois.
Son nom sénégalais "Nébédaye" viendrait de l'anglais "Never die": lorsqu'on le coupe ou que des jeunes pousses sont brûlées par le soleil, il repousse aussitôt avec les premières pluies. Il peut se planter par semis, en repiquage, en plein champ, ou par boutures.
On peut le cultiver de façon extensive pour une production de graines (semences ou production d'huile) ou de façon intensive irriguée pour une production optimale de feuilles (très nutritives) avec une récolte toutes les 6 semaines! C'est un arbre à croissance très rapide, jusqu'à 1 mètre par mois! Son utilisation en masse contribue à la préservation de l'environnement et cet arbre se révèle un pare-feu efficace.
L'initiative du MPP de promouvoir le développement de la culture de Moringa oleifera à travers le pays est vraiment louable et patriotique. Un exemple à suivre. Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux!

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Références
- Dr NDUWAYEZU Jean Baptiste, directeur général de l'IRST (Institut de Recherche Scientifique et Technologique), « EXPOSE SUR MORINGA OLEIFERA ».

-Ndabigengesere A., Narasiah K.S., Talbot B.G., « Active agents and mechanism of coagulation of turbid waters using Moringa oleifera », Water Res., 1995.
-Ndabigengesere A., Narasiah K.S., « Quality of water treated by coagulation using Moringa oleifera seeds », Water Res., 1998.
-Barth V.H., Habs M., Klute R., Müller S., Tauscher B., « Trinkwasseraufbereitung mit Samen von Moringa oleifera Lam. », Chem Ztg, 1982
- Ramachandran C., Peter K.V., Gopalakrishnan P.K.,«Drumstik (Moringa oleifera): A multipurpose Indian vegetable», Economic botany, 1980.
- Ghasi S., Nwobodo E., Ofili J.O., « Hypocholesterolemic effects of crude extract of leaf of Moringa oleifera Lam in high-fat diet fed wistar rats », J. Ethnopharmacol., 2000.
- Kerharo J., Adam J.G., La pharmacopée sénégalaise traditionnelle, Paris, Vigot, 1974.
-Tsaknis J., Lalas S., Gergis V., Dourtoglou V., Spiliotis V., Characterization of Moringa oleifera variety Mbololo seed oil of Kenya », J. Agric. Food Chem., 1999.

Patrice-Manuel Lerebours
patricemanuel@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55775&PubDate=2008-03-24

jeudi 13 mars 2008

L’AIHC se prépare à lancer le projet "Repenser Haïti avec la jeunesse haïtienne "

Les responsables de l’Association des Ingénieurs et Scientifiques Haïtiano-Canadiens (AIHC) annoncent que tout est fin prêt pour le lancement du projet " Repenser Haïti avec la jeunesse haïtienne ", le 15 mars prochain. Dans le cadre de ce projet, 10 visioconférences seront organisées entre Montréal, Port-au-Prince et différentes villes de provinces.
Le président de la AIHC, Samuel Pierre affirme que le projet a un caractère original parce qu’il facilitera les échanges entre les haïtiens de la diaspora, de Port-au-Prince et des villes de province. " Il s’agit de dialogue autour des problèmes du pays en utilisant les technologies de l’Information et de la Communication", dit-il mettant l’accent sur l’aspect volontariste du projet.
Selon Samuel Pierre le projet s’inscrit dans une démarche visant à responsabiliser les jeunes puisqu’ils devront jouer un rôle prépondérant dans la recherche de solutions aux différents problèmes du pays.
Pour assurer le bon déroulement du projet, les responsables de l’Association des Ingénieurs et Scientifiques Haïtiano-Canadiens (AIHC) ont mis sur pied un Comité de Coordination International, présidé par Nancy Roc, un Comité de Pilotage National avec pour responsable, Raymond Noël et ainsi que des comités locaux d’organisation dans chaque ville de province.
Mme Roc espère que le projet" Repenser Haïti avec la jeunesse haïtienne permettra aux Haïtiens et Haïtiennes, restés au pays et dans la diaspora, de se faire une idée plus réaliste des attentes de la jeunesse haïtienne autant que de lui offrir des opportunités en matière de transferts de connaissance et de débouchés professionnels".
La première visioconférence aura lieu le 15 mars avec les interventions notamment de l’écrivain Franck Etienne, du champion du monde de boxe des super mi-moyens de la WBA, Joachim Alcine et la star internationale du Hip Hop, Wyclef Jean.Selon Nancy Roc, un millier de jeunes assisteront à la première visioconférence.
" Chavannes Jean Baptiste du Mouvement Paysan de Papaye (MPP) a réalisé un travail extraordinaire et 600 jeunes de Hinche seront touchés lors de la première visioconférence", explique t-elle.
Plusieurs institutions partenaires apportent leur contribution à la réalisation du projet, dont le PNUD, le Ministère des Relations Extérieures du Québec, le CONATEL, le Ministère de l’Éducation et de la Formation Professionnelle (MENFP), le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (MHAVE), le Ministère de la Condition Féminine et aux Droits de la Femme (MCFDF) et Ministère de la Santé et de la Population (MSPP).
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13574

mardi 11 mars 2008

Cayes-Jacmel, splendide et repliée sur elle-même

Située à 10km de Jacmel, Cayes-Jacmel est en voie de s'imposer comme le poumon en villégiature du Sud-est. Ses hôtels (de plage), ses pimpants immeubles à l'architecture ordonnée, sa beauté naturelle sont impressionnants. Une plaque tournante bien accessible qui pourrait accompagner la métropole du département du Sud-est dans la gestion de son excentricité. En toute urbanité.

Façade principale du bureau régional du MARNDR(Ministère de l'Agriculture des Ressources Naturelles et du Developpement Rural) à Cayes-Jacmel (Photo: Robenson Bernard)

Cayes-Jacmel est une municipalité que visitent ceux qui ont particulièrement arpenté Jacmel. En voiture ou à moto. Pour découvrir ses joies et ses légendes, le visiteur doit vite abandonner le formidable sens de la mesure qui prévaut généralement dans bien des villes du pays. Si l'on y parvient, on entre alors dans cette dimension inédite de la vie qui suscite souvent de la nostalgie et soulève des interrogations.


Ce qu'on aime d'abord à Cayes-Jacmel, c'est l'accessibilité de la zone: route asphaltée, beauté naturelle du paysage... Mais encore et surtout les maisonnettes (bordant les deux côtés de la route principale) mangées apparemment par les glycines du temps. D'où leur originalité plutôt troublante. Ni volets, ni rideaux. Rectangles ou losanges robustes, elles dévoilent, au premier venu, les vies intérieures en même temps qu'elles admettent le monde extérieur. La densité humaine de ces hublots qui ont leur forme propre est parlante.

Cayes-Jacmel joue le rôle d'une héroïne blessée risquant mille nouveaux périls à n'opposer aucune protection aux regards. Entre fascination et dépit, on s'y promène un carnet dans la poche. Sans risque de se tromper de la superbe cohabitation de la structure archaïque de la région avec la vision moderne de ceux qui semblent prendre en compte le trop-plein de la métropole. L'enjeu n'est pas mince: il s'agit de redéfinir l'espace urbain et sa territorialité, ses règles et représentations et les contradictions culturelles auxquelles il est allergique. Avec ou sans proportion.

Janvier Pierre Féguito, maire de Cayes-Jacmel (Photo: Robenson Bernard)

L'ambiance rurale est le point de repère auquel on accroche ses regards à Cayes-Jacmel, du moins lorsque le vertige, ce mal typiquement humain fait douter de la pertinence de l'espoir des moins nantis. Sur le plan du transport public, Cité Soleil, Arcahaie, Petit-Goâve ont fait école. Les camionnettes font bon ménage avec les taxis-motos. Beaucoup de monde et moins de tap-tap aux heures de pointe.
Dès six (6) heures du soir, la population est dans le noir, A moins qu'elle aille se consoler sur la métropole qui s'illumine de lucarnes quand il y a de l'électricité.
Cayes-Jacmel? C'est avec plaisir qu'un romancier esquisserait une passionnante psychologie de cette commune située à l'ouest de la République dominicaine qui ne cesse de convoiter les paysans, heureux de s'y rendre sans papiers tous les mercredis et samedis soir. Par bateau.
Quelle aventure!Formée de quatre (4) sections communales, en l'occurrence Ravine Normande, Gaillard, Haut Cap-Rouge et Fonds-Melon Micheneau, Cayes-Jacmel est riche en produits agricoles, tels que manioc, mandarine, orange, banane, igname, noix de coco, etc. Comme à Marigot, on y pratique la pêche à la ligne. Faute de mieux.Si l'on tient compte des somptueuses maisons de résidence construites ici et là à l'entrée de la commune, on serait tenté de croire que Cayes-Jacmel tend à changer progressivement sur le plan physique.
A ce compte, vouloir écrire sur elle revient à prétendre laisser son empreinte sur de l'eau. Tout semble y arriver avec vitesse: démographie, mobilité de la population, lente disparition de l'ancien au profit du nouveau non moins saisissable et contradictions sociales de notre temps.Sans oublier, bien sûr, la précipitation des pèlerins des paradis perdus et retrouvés. L'indifférence à ces phénomènes des 45 000 habitants concentrés sur un lopin de terre dont chaque centimètre carré paraît voué au culte de ce que Jean-Christophe Rufin appelle "La civilisation des archipels" n'est pas à démontrer.
Légitimes doléances
Cayes-Jacmel, doté de ses ateliers pilotes de technologie. (Photo: Robenson Bernard)
A Cayes-Jacmel, on a l'impression d'entrer dans les cartes postales en noir et blanc du "pays en dehors" où un soleil de midi fait ressortir les détails des scènes de rue; où le fracas des taxis-motos ou des tap-tap surchargés semblent plus présents que toute autre chose. Que dire des locaux du Tribunal de Paix ou du Commissariat de Police?
Comme tout citoyen ordinaire de la Commune, le maire Janvier Pierre Féguito est très enthousiaste à énumérer les doléances de la population: Hôpital moderne, école professionnelle, eau potable, électricité, logements sociaux, plages publiques. « Nous avons récemment posé la première pierre pour la construction d'une usine agro-industrielle », s'enorgueillit-il en indiquant que c'est un bon signe pour la relance de la production nationale.
Pour contrer la vie chère ou ses avatars potentiels?L'homme qui s'est réjoui que sa municipalité dispose des deux meilleures plages de la région (Raymond-les-bains et Petit Mouillage) dit apprécier la présence de médecins cubains à Cayes-Jacmel. « Ils font de leur mieux pour venir en aide à la population dont les besoins dépassent largement la capacité du centre de santé de la mission Béthanie et du dispensaire (public) de Cap-Rouge », raconte-t-il à qui veut l'entendre.
Les vivants et les morts
Point n'est besoin d'être un investigateur des traitements culturels de la mort en milieu rural, pour se rendre à l'évidence que sur la route principale de Jacmel comme à Cayes-Jacmel, les gens cohabitent avec leurs morts. Sans vouloir, pour autant, les ressembler. De magnifiques tombes sont érigées sur des habitations selon un quelconque mythe fondateur qui sous-tend, oriente et explique (sur le mode divinatoire) l'importance accordée par les familles à la mémoire de leurs chers disparus à qui elles tendent d'insuffler de la vie pour continuer leur vie finie. Dans l'au-delà.
Voilà qui constituerait, pour tout sociologue un élément de recherche aidé du savoir initiatif et empirique de ces populations si attachées, somme toute, à leur thanatopraxis. Sans détermination idéologique, ni culture du deuil, ou nihilisme ancestral. « Dans notre milieu, la mort n'est frappée d'aucun tabou: aucune mort n'est naturelle. C'est un assassinat, un arrachement, une coupure », professe un riverain, frisant la soixantaine, qui s'est dit conscient d'avoir reçu sa vie de ses grands parents pour mieux achever la sienne. Ce qui explique la dissymétrie existante en chaque homme, entre sa conscience infirme et la vie finie qui l'incarne dans le processus d'intégration sociale.
-Le défi de la modernité-
Depuis quelque temps, les gens à Cayes-Jacmel ne vivent plus exclusivement de l'agriculture, de la pêche ou du commerce informel. Le sol étant épuisé, la pêche rendant de moins en moins dans cette zone côtière polluée, le nombre d'hommes et de femmes qui travaillent est réduit considérablement. La plupart passent leur semaine en ville, occupant de menus emplois, vendeurs domestiques, chauffeurs, femmes de ménage ou travailleurs du port.
Le Taxi-moto, un phénomène plutot récent en milieu rural. A Cayes-Jacmel l'offre repond assez bien à la demande (Photo: Robenson Bernard)
D'autres passent leur temps sans rien faire. On les voit par petits groupes, causer entre eux. Ils sont jeunes et bien portants en apparence. Il y en a qui sont, en plein midi, munis d'une lampe de poche: ce qui signifie qu'ils ne rentreront à la maison qu'à l'heure du crépuscule.

Après des minutes en 4x4 ou à moto, le ruban d'asphalte (qui semble de création récente) débouche sur une route en terre battue qui mène à Fonds Jean-Noël ou à Peredo. Bref, rien ne détermine plus profondément Cayes-Jacmel que la place qu'elle fait à l'expansion de la ville de Jacmel, confrontée désespérément aux bizarreries du sous-développement chronique. Et aux exigences de la modernité.

Robenson Bernard

Les détritus valent de l'argent

Carrefour-Feuilles n'est plus le quartier insalubre et violent qu'il était, il y a deux ans. Le projet de collecte des déchets solides financé par l'Inde, l'Afrique du Sud et le Brésil (IBSA) en est pour quelque chose.

Des dizaines d'hommes et de femmes équipés de brouettes, de pelles et de balais sont quotidiennement à l'oeuvre à travers les rues de Carrefour-Feuilles. Motivés, ils sensibilisent aussi les gens à ne pas jeter les détritus par terre.

Au bout de quelques semaines de la grande croisade, leurs efforts se sont révélés payants. « Les 25 quartiers de Carrefour-Feuilles sont plus propres qu'avant », se réjouit Joseph, un jeune universitaire dans la vingtaine résidant dans ce quartier jadis sous la coupe de gangs armés.



Un centre de triage et de transformation des ordures a été construit à Savane Pistache, un quartier de Carrefour-Feuilles.
Une partie des déchets collectés est transportée vers ledit centre. Là, on fait un premier tri. On extrait les papiers, les verres, les métaux et les plastiques.

Les papiers sont utilisés pour la fabrication des briquettes destinées à la cuisson. Et, les autres déchets sont pour l'instant jetés à Truitier, l'une des plus importantes décharges du pays. Pour le transport des déchets, deux camions sont à la disposition du groupe. « Nous comptons bientôt construire un centre de compostage afin de transformer ces détritus en engrais », annonce Dimanche Jean Gérald, responsable du centre de triage. Quelque six mille briquettes sont déjà fabriquées dans le cadre du projet.

Cette quantité est jugée insuffisante pour être mise sur le marché. « Nous ne voulons pas être en rupture de stock », a répondu M. Dimanche lorsqu'on lui a demandé quand est-ce que les briquettes seront mises en vente. Une fois commercialisées, croit-il, la population achètera les briquettes avec empressement en lieu et place du charbon de bois.

"Seulement huit briquettes de papier suffisent à la cuisson d'un repas relativement consistant. Le tout en moins d'une heure, a affirmé Jeanneus Verdieu, responsable de la section de briquettes au centre de triage. En termes d'argent et de temps, ce sera plus économique que le charbon de bois." A côté des briquettes fabriquées avec de l'eau, du papier ou carton mélangé avec de la poudre de bois, on fabrique aussi des balais pour le nettoyage des rues.


Quelque 300 jeunes et adultes de Carrefour-Feuilles gagnent leur vie à partir de ce projet qui vise à consolider le processus de lutte contre la violence dans la zone. Pour ne pas créer des frustrations, on fait travailler les gens en rotation.

Toutes les deux semaines, on embauche de nouvelles têtes. "Le projet a beaucoup d'importance pour Carrefour-Feuilles, a indiqué Otley Adam du centre de triage. Grâce à cette activité, beaucoup de pères de famille, comme moi, arrivent à envoyer leurs enfants à l'école."Les briquettes de papier sont une alternative au charbon de bois, a enchaîné Ginette Séjour elle aussi affectée à la section du triage. J'espère que les gens vont les acheter en vue de mettre fin au déboisement du pays.

Inauguré en décembre 2007 et réalisé dans le cadre de la coopération Sud-Sud, le projet de collecte des déchets solides financé par l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud, selon les responsables, touchera sous peu d'autres quartiers populaires du pays.

Jean Pharès
Jérôme

La BID soutient un projet de restaurants populaires de Yélé Haïti

Le Fonds de la banque régionale de développement offre une enveloppe de plus de 350.000 dollars à la fondation de Wyclef Jean pour promouvoir l’entrepreneuriat féminin à travers l’ouverture de "cuisines" dans des bidonvilles
lundi 10 mars 2008,
Radio Kiskeya
Grâce à un don 357.680 dollars de la Banque interaméricaine de développement (BID), la Fondation Yélé Haïti de la star haïtiano-américaine du hip-hop Wyclef Jean va créer un centre d’appui entrepreneurial destiné à encourager des femmes à diriger des restaurants populaires dans les bidonvilles de Port-au-Prince, dont Cité Soleil.
Selon un communiqué de la BID, ce projet, qui facilitera le développement de micro-entreprises dénommées cuisines, sera cofinancé par le Fonds multilatéral d’investissement (MIF) de la banque régionale de développement et Yélé Haïti. Cette fondation versera pour sa part une contrepartie de 153.000 dollars.
Une assistance sera apportée à au moins quinze cuisines qui pourront générer 225 emplois directs et d’autres emplois supplémentaires dans les communautés où elles seront établies. Il est également prévu la création d’une coopérative qui assurera la gestion de la logistique et des achats.
Le communiqué de la BID précise que l’implantation du centre d’appui entrepreuneurial favorisera le renforcement de Yélé Haïti qui fournira une formation et une assistance aux femmes responsables des cuisines et à d’autres personnes souhaitant lancer des petites entreprises similaires dans leurs quartiers. Les clients bénéficieront de conseils pour la préparation des plans directeurs et le maintien d’une comptabilité de base, d’une gestion financière et d’un plan de commercialisation.
« Dans le cadre de ce partenariat, nous avons été en mesure de développer un modèle unique de micro-entreprise, les Yélé cuisines » a indiqué la présidente de Yélé Haïti, l’ancienne ministre Maryse Pénette Kédar. « Wyclef Jean et tous les membres de la fondation sont enchantés par cette nouvelle expérience et nous nous réjouissons de travailler de concert avec la BID afin d’offrir de nouvelles opportunités à des milliers de femmes en Haïti », a conclu la responsable.
La Banque interaméricaine de développement qualifie de succès les partenariats réalisés par Yélé Haïti notamment avec le Programme alimentaire mondial (PAM), l’Agence canadienne de développement international (ACDI) et l’opérateur de téléphonie mobile Voilà. Elle souligne aussi que, sous le leadership de l’artiste de renommée internationale, la fondation s’est déjà engagée dans d’autres projets portant sur l’éducation, la santé, l’assainissement, les sports et la culture.
Le MIF est un fonds autonome géré par la BID. Sa mission consiste à stimuler le développement du secteur privé en Amérique latine et dans les Caraïbes, particulièrement dans le domaine des micro-entreprises. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4789

samedi 8 mars 2008

Le service sanitaire, un besoin pressant !

Les femmes qui vendent dans les marchés publics de la capitale gagnent leur vie dans la crasse. Les toilettes sont dans un état piteux, pas de dortoir, ni de salles de bains, etc.
Cinq gourdes ! C'est le prix à payer pour utiliser les toilettes immondes du Marché Vallière communément appelé « Marché en bas ». Là-bas, le service sanitaire fait cruellement défaut. Pas de dortoir, ni salle de bains.


Le seul espace réservé pour uriner ou déféquer dégage une odeur puante au point que les usagers retroussent le nez et crachotent même après avoir laissé les lieux.
Les hommes, moins gênés, s'exercent à faire des acrobaties pour uriner. Les femmes ne le peuvent pas. Elles sont obligées de s'accroupir dans les cellules abjectes, barbouillées de matières fécales. C'est dégoûtant et très inquiétant pour leur santé, mais elles ne peuvent faire autrement. Elles gagnent leur vie dans la crasse.

La réalité n'est pas trop différente pour les commerçantes du marché de la Croix-des-Bossales. Outre le phénomène d'insécurité, les bandits qui les rançonnent à tout bout de champ, les camions qui renversent et écrasent leurs marchandises, elles ne jouissent pas du service sanitaire. Finie l'intimité. Ces femmes utilisent des pans de mur ou d'autres coins pour uriner. Pas moyens non plus d'éviter les infections et maladies d'ordre bactériologique.

Le marché Salomon n'est pas exempt de cet inconfort généralisé. Les marchandes évoluent dans des conditions inhumaines : pas de tentes suffisantes pour se protéger du soleil. Les « madan sara », les véritables fers de lance du commerce au Centre-ville, notamment celles qui viennent des villes de province, ne disposent pas d'endroit où se reposer.
Elles passent la nuit dans les dépôts ou dans les camions hyper chargés « Nous sommes obligés de passer la nuit sur nos sacs de charbon, dans des entrepôts, raconte Renelia Oscar », une marchande de charbon.

Cette année, l'Etat haïtien, par le biais du Ministère à la Condition féminine et aux Droits des femmes (MCFDF), a décidé de jeter un coup d'oeil sur ce secteur important dans l'économie haïtienne. « Yon lòt anviwonman pou machann yo ka vann nan diyite », est le thème retenu pour commémorer la journée mondiale de la femme.
Pour ce faire, les responsables du MCFDF, avec le soutien d'autres ministères, vont accorder une attention spéciale aux commerçantes du Marché Salomon.

Le lundi 10 mars 2008, à compter de 10 hres a.m, le MCFDF procédera à l'inauguration de neuf toilettes et neuf douches au profit de ces marchandes. Un ouf de soulagement pour les marchandes. « C'est la première fois, depuis 1980, qu'on nous apporte du soutien. J'applaudis l'idée de réhabilitation des toilettes, nous en avons grandement besoin, précise Daniella Charles», une marchande de charbon.

Samedi, les autorités municipales de Pétion-Ville, vont finalement inaugurer le marché public de cette commune. Ce marché mesurant 4 mille mètres carrés est doté d'une infirmerie et de toilettes modernes et pourrait accueillir près de 9 mille commerçants(es).

Des actions appréciables mais qu'on doit multiplier dans les différents marchés publics de la capitale où des femmes croupissent dans la saleté, s'exposant ainsi aux infections et aux maladies.

Jean Max St Fleur
Rébecca S. Cadeau