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mercredi 23 mai 2012

Haïti: des centaines de familles du "Grace Village" menacées d'expulsion


21 Mai 2012 13h59
Mélanie a écrit à notre rédaction, nous invitant à relayer une action d'Amnesty International en Haïti. L'ONG tente de protéger plusieurs centaines de familles installées dans un camp, depuis le séisme du 12 janvier 2010, et menacées d'expulsion par le propriétaire des lieux. Plusieurs médias haïtiens sur internet dénoncent la situation dans le camp Grace Village érigé dans la commune de Carrefour à Port-au-Prince, la capitale. Les familles seraient victimes d'intimidations et de pressions. La police aurait même procédé à des tentatives d'expulsion, non sans violence, en novembre 2011, selon le site web de Reporters Haïti (école de journalisme) (lire l'article).
Le 14 mai, une délégation d'Amnesty a pénétré dans le camp et constaté que plusieurs dizaines d'abris semblaient sur le point d'être détruits, ceci en dehors de toute procédure légale et sans que les familles n'aient été informées, selon l'ONG. Rappelons que ces familles ont perdu tout ce qu'elles avaient lors du tremblement de terre et qu'aujourd'hui, elles risquent de se retrouver une fois de plus, du jour au lendemain, à la rue, aucune solution de logement n'existant pour elles.
Plusieurs centaines de familles auraient déjà quitté les lieux. Alors qu'elles étaient 1800 (chiffres fournis par GARR, le Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés) à l'origine, elles ne seraient plus que 1300 aujourd'hui. Amnesty International évoquait pour sa part au moins 30 familles expulsées récemment, le 28 avril dernier. L'organisation non-gouvernementale demande d'envoyer des appels au gouvernement, à la police ou au maire de la commune de Carrefour où est planté le camp (cliquez ici pour transmettre un appel).
http://www.rtl.be/info/monde/international/879562/haiti-des-centaines-de-familles-du-grace-village-menacees-d-expulsion

mercredi 17 août 2011

Jacob Kushner, Associated Press
Port-au-Prince
La Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti a annoncé, mercredi, un projet majeur de reconstruction d'une partie de la capitale dévastée par le séisme de l'an dernier.
La commission, coprésidée par l'ancien président américain Bill Clinton, prévoit consacrer 78 millions $ US pour revitaliser 16 quartiers et reloger quelque 30 000 personnes qui vivent dans six grands camps de sinistrés qui se sont formés après le tremblement de terre de janvier 2010.
Le projet vise à déplacer 5239 familles qui vivent dans six camps particulièrement vulnérables dans les 16 quartiers de Port-au-Prince où vivaient la plupart d'entre elles avant le séisme.
Lors d'un discours prononcé après l'annonce du programme, Bill Clinton a déclaré que le projet apporterait des solutions durables en matière de logement pour les sinistrés de Port-au-Prince.
Le projet permettra aussi de créer 4500 emplois, a dit M. Clinton.
L'Organisation internationale pour les migrations estime que quelque 630 000 Haïtiens n'ont toujours pas de logement permanent.
Le président Michel Martelly et son équipe ont identifié les camps ayant le plus besoin d'aide avant de présenter le projet à la commission, qui l'a approuvé cette semaine.
«C'est un grand jour pour le peuple haïtien», a dit M. Martelly. «Il est urgent que ces personnes quittent leurs tentes.»
La majeure partie du financement du projet proviendra du Fonds de reconstruction d'Haïti, alimenté par les donateurs internationaux, et des Nations unies.
Clément Belizaire, coordonnateur du projet dans le gouvernement Martelly, a refusé de donner les noms des camps choisis pour le projet, craignant que d'autres déplacés désespérés n'y affluent pour obtenir de l'aide.
Michel Martelly a aussi exhorté les donateurs internationaux à tenir leurs promesses de dons de 5,5 milliards $ US faites l'année dernière pour soutenir la reconstruction d'Haïti.
«Je veux profiter de l'occasion pour rappeler à la communauté internationale de respecter ses promesses. Nous avons besoin de beaucoup d'argent», a dit M. Martelly devant les journalistes à Port-au-Prince.
Plus tôt dans la journée, Bill Clinton s'était réuni à huis clos avec le conseil d'administration de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti. Il a aussi rencontré des membres du Parlement haïtien, qui ont rejeté les deux candidats choisis par M. Martelly pour le poste de premier ministre.

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201108/17/01-4426785-un-projet-de-78-millions-pour-reloger-30-000-sinistres-de-port-au-prince.php

lundi 17 janvier 2011

Le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes

Depuis un an, les habitants de Port-au-Prince sont filmés par des caméras de télévision et photographiés par des journalistes du monde entier. Ils en ont assez et n'hésitent pas à le faire savoir. Par Gaëlle LE ROUX , envoyée spéciale de France 24 en Haïti (texte)
Retour en France. Comme l’année dernière, partir d’Haïti au bout d'une semaine seulement me laisse un goût amer. Ce pays est d’une richesse dont j’ai encore envie de m’imprégner. Étrangement, pourtant, y travailler aura été moins aisé qu’il y a un an. J’ai ressenti, comme une gifle, le ras-le-bol des Haïtiens envers les journalistes, les ONG, ou encore l’ONU. L’an dernier, même dans les pires conditions, les gens nous souriaient, nous parlaient et nous ouvraient volontiers leurs toiles de tentes. J’imagine qu’à ce moment-là, la présence des journalistes représentait encore l’espoir que le monde puisse connaître leur détresse et leur vienne en aide.
Aujourd’hui, les journalistes sont toujours aussi nombreux, mais rien n’a vraiment changé pour les Haïtiens. Ils sont encore entre 1,5 et 2 millions à vivre sous des tentes, dans des conditions sanitaires effroyables, en proie à la violence, aux maladies et aux intempéries. Sur le Champ de Mars, la place longeant le palais présidentiel où 40 000 personnes campent depuis le séisme, la plupart des réfugiés refusent qu’on les prenne en photo, ou demandent de l’argent en échange. Souvent, des insultes fusent. Les journalistes ne sont plus les bienvenus : personne ne comprend plus trop le but de son travail. Au mieux dans les camps, on leur prête une complaisance mal placée.
Lors de la cérémonie commémorative à l’Université de Quiesqeya, plusieurs étudiants et membres de l’administration m’ont fait part de leur agacement. A l’exemple de Julien, 23 ans, étudiant en médecine : "Vous ne faites qu’appuyer sur la tête de gens en train de se noyer, explique-t-il. Ce que la presse étrangère dit de nous, c’est 'oh, les pauvres', en louant notre courage et notre résilience. Mais nous ne nous limitons pas à du courage ! Nous faisons des choses, nous élaborons des projets. Nous nous battons, nous avons besoin d’encouragements ! On a besoin qu’on nous dise : 'c’est bien ce que vous faites'".
Une foule de projets fleurissent en effet dans Port-au-Prince. Des projets disparates, parfois tout petits, mais portés par des hommes et des femmes dynamiques, animés par l’envie d’en finir avec cette idée fataliste du malheur haïtien. C’est le cas du père David César, responsable de l’épiscopat de la Sainte Trinité, qui se bat pour récolter assez d’argent et rouvrir ses écoles. C’est le cas aussi de l’Université de Quiesqueya, qui met sur pied un programme de recherches rémunérés pour que les étudiants puissent poursuivre leurs études. Ce sont aussi tous ces médecins, infirmiers, ingénieurs, architectes, écrivains, intellectuels, professeurs, installés aux Etats-Unis, en Europe ou au Canada, et qui reviennent en Haïti apporter leur pierre à l’édifice. "D’un certain point de vue, le séisme est une chance : nous pouvons tout reconstruire, réinventer Haïti", ose une étudiante en sciences politiques. "Encore faudrait-il que la communauté internationale accepte de nous laisser un peu de place pour participer à la reconstruction".
http://www.france24.com/fr/20110117-haiti-seisme-un-an-apres-carnet-route-retour-journalisme-defiance

samedi 11 décembre 2010

Haïti: le nombre de réfugiés a baissé

AFP .- 10/12/2010 Le nombre de réfugiés vivant dans des camps depuis le séisme du 12 janvier, qui a dévasté une partie d'Haïti, a baissé d'un tiers ces derniers mois, a annoncé aujourd'hui l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).
"Quelque 500.000 personnes déplacées ont désormais quitté les camps", a expliqué une porte-parole de l'OIM, Jemini Pandya, au cours d'un point de presse.
De 1,5 million de personnes pendant l'été, le nombre de déplacés est tombé à un million fin novembre, a-t-elle ajouté, expliquant que la tendance était particulièrement marquée dans les localités suburbaines, comme Leogane, Petite Goave, Gressier, Grand Goave ou encore Jacmel, où la population des camps a été divisée par deux.
Beaucoup de déplacés ont cherché des alternatives aux tentes dans lesquelles ils vivaient jusque-là, en raison des récentes pluies diluviennes qui ont rendu ces abris invivables. Les craintes nées de la récente épidémie de choléra ont également poussé de nombreuses personnes hors des camps, selon l'OIM.
Environ 100.000 personnes ont pu être relogées dans des abris plus confortables, tandis que d'autres sont retournés dans des maisons considérées comme réparables, a ajouté l'organisation dans un communiqué.
"Nous voyons enfin une lumière au bout du tunnel pour les populations touchées par le séisme", a estimé le responsable de la mission de l'OIM en Haïti, Luca Dall'Oglio, cité dans ce communiqué.
Le séisme de magnitude 7, qui a frappé le 12 janvier Port-au-Prince et sa région, a fait plus de 250.000 morts tandis qu'environ 1,9 million d'Haïtiens, soit 15% de la population totale du pays, ont été déplacés.

jeudi 21 octobre 2010

Catherine Bragg réclame des efforts supplémentaires en faveur des sinistrés

La sous secrétaire générale aux affaires humanitaires de l'ONU, Catherine Bragg, dresse un bilan mitigé de l'action humanitaire en Haïti. Elle se réjouit de l'effort conjugué de la communauté internationale, du gouvernement et du peuple haïtien depuis le 12 janvier. Mme Bragg assure que les objectifs humanitaires ont été atteints en Haïti où il n'y a pas de tension sociale ni d'épidémie, s'engageant à poursuivre le travail pour aider les survivants du séisme. Elle révèle qu'au cours des 9 derniers mois 4,3 millions d'Haïtiens ont été nourris, 1,5 millions d'abris d'urgence ont été distribués, des cliniques de santé ont été déployés pour soigner les déplacés et 2 millions de mètre cube de débris enlevés.
En bouclant une visite d'évaluation de 72 heures la sous secrétaire générale de l'ONU a prévenu que la lenteur du redressement aura un impact sur l'action humanitaire.
Si plusieurs objectifs ont été atteints, Mme Bragg reconnaît toutefois que dans certains sites d'hébergement les conditions de vies sont inacceptables. "Les conditions de vies sont très difficiles dans certains camps, voire même effroyables. J'ai vu de mes propres yeux quelles étaient les conditions de vie sous les tentes où il fait une chaleur insupportable", a révélé Mme Bragg qui est également coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU.
La sous secrétaire générale de l'ONU a pu au cours de son séjour visité des camps d'hébergement des sinistrés du séisme dans la région Métropolitaine et dans des villes de province.
Elle soutient que la transition entre la phase de recouvrement et la phase de développement devrait être assez courte. La priorité de l'ONU est de fournir des abris transitoires ou d'aider les sinistrés à regagner leurs domiciles. Outre la construction de maisons, Mme Bragg plaide pour la création d'emplois en accélérant le processus de reconstruction ce qui permettra d'envisager une stratégie de sortie de l'action humanitaire.
LLM / radio Métropole Haïti

mercredi 13 octobre 2010

Une enquête confirme le retour des déplacés dans leur zone de résidence

Seuls 20 % des personnes ayant fui la région métropolitaine au lendemain du violent séisme sont demeurés dans les villes de province. Les statistiques publiées par le Fonds des Nations Unies pour la Population (Fnuap) témoignent du retour d'une grande majorité des 1.3 millions de déplacés du séisme. La peur des répliques et la destruction de plus de 200 000 maisons avaient poussé de nombreuses personnes à trouver refuge auprès de leurs proches dans les régions non affectées notamment l'Artibonite et la Grand Anse.
Le représentant résident de la Fnuap en Haïti, Igor Bosc, invite les autorités à prendre compte des déplacés notamment dans l'élaboration de politiques publiques, d'aménagement du territoire et de réponse humanitaire. La Fnuap considère comme des migrants temporaires les 20 % de déplacés résidant toujours dans les villes de province.
Les déplacés sont regroupés dans des camps d'hébergement non loin de leur zone de résidence. M. Bosc préfère utiliser le terme site d'hébergement et attire l'attention sur la nécessité pour que les déplacés aient accès aux service sociaux de base.
Les principales raisons évoquées par les déplacés pour revenir à Port-au-Prince sont l'emploi, la famille et l'éducation. L'enquête permet également de constater une diminution de la scolarisation pour la tranche d'age 5 à 24 ans.
Le représentant résident du Fnuap préconise la décentralisation des services publics et de l'aide humanitaire afin d'encourager les familles à opter pour les villes de province. Il estime également que l'aménagement du territoire permettra le développement de centres urbains en dehors de la capitale.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18336

mardi 28 septembre 2010

Ban Ki-moon attristé par les dégâts causés par la tornade

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé sa tristesse en raison des pertes en vies humaines et des dégâts matériels causés par la tornade et la dépression qui se sont abattues vendredi sur Port-au-Prince. « Il présente ses sincères condoléances aux familles de ceux qui y ont perdu la vie » , a déclaré le week-end son porte-parole. Le dernier bilan partiel de la Direction de la Protection Civile (DPC) fait état de 7 morts et 67 blessés. Un reporter de radio Métropole a constaté que des dégâts importants ont été enregistrés dans de nombreux camps d'hébergement à Delmas et Port-au-Prince notamment.
Plus de 40 équipes comprenant du personnel des Nations Unies, des agences humanitaires et du Gouvernement haïtien ont procédé à une évaluation des dégâts. Une mission de reconnaissance aérienne a été menée conjointement avec le gouvernement haïtien, révèlent des responsables de la mission onusienne.
Dans le même temps, les responsables du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) ont indiqué que les équipes de l'ONU avaient visité quelques 300 camps de déplacés internes. « Les rapports font état de 11.000 familles ayant besoin d'assistance pour des abris, dont certains vivant dans des immeubles qui n'avaient pas été affectés par le tremblement de terre de janvier dernier », précise l'Ocha.
Les sinistrés du Camp d'hébergement de Corail-Cesse lesse ont été une nouvelle fois touchés de plein fouet par les bourrasques de vents et les fortes averses. L'Organisation Mondiale de la Migration (OIM) affirme avoir recensé 110 familles, soit près de 500 personnes, comme des victimes directes de la dépression du 24 septembre. Les familles affectés sont actuellement hébergées dans des abris en dur.
De nouvelles averses ont été enregistrées lundi soir dans la région métropolitaine. Le Centre National de Météorologie (CNM) annonce que les intempéries se poursuivront au cours des 4 prochains jours.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=18283

vendredi 24 septembre 2010

Les intempéries font cinq victimes en Haïti

Publié le 24 septembre 2010 à 21h09
Agence France-Presse
Port-au-Prince
Cinq personnes sont mortes vendredi dans les camps de sinistrés du séisme de janvier en Haïti, suite à des intempéries qui ont frappé la capitale Port-au-Prince, ont annoncé les autorités.
«Une première évaluation a permis de dénombrer cinq morts dans les camps où sont réfugiés des dizaines de milliers de sans-abri du séisme du 12 janvier», a déclaré à l'AFP Edgard Célestin, responsable de communication de la Protection civile haïtienne.
Cinq personnes sont mortes vendredi dans les camps de 
sinistrés, suite aux intempéries qui ont frappé l'île.
«Les coups de vent ont détruit et endommagé de nombreuses
tentes dans des camps de réfugiés dans les environs de 
Port-au-Prince», a indiqué la Protection civile qui se préparait 
à évacuer des centaines de sans-abri.
Photo: Ramon Espinosa, AP
Les fortes pluies et les vents violents ont également fait des dégâts importants à Port-au-Prince où des toitures de maisons ont été emportées, des arbres et des pylônes arrachés, a constaté l'AFP.
«Les coups de vent ont détruit et endommagé de nombreuses tentes dans des camps de réfugiés dans les environs de Port-au-Prince», a encore indiqué la Protection civile qui se préparait à évacuer des centaines de sans-abri.
Dans un village de tentes proche du palais présidentiel, des abris ont été emportés et des toilettes publiques se sont renversées dans les rues, ont témoigné des sinistrés.
Les intempéries ont également fait des dégâts dans certaines villes de province, ont rapporté des radios de Port-au-Prince.
«Nous sommes en train de récolter les informations avant de présenter un bilan définitif», a ajouté la Protection civile.
La pluie ne tombe plus sur Port-au-Prince mais pourrait recommencer durant les prochains jours, ont pour leur part indiqué les responsables du service météorologique.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201009/24/01-4326495-les-intemperies-font-cinq-victimes-en-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_amerique-latine_288_section_POS1

vendredi 13 août 2010

Des sinistrés révoltés, sept mois après le 12 janvier

Commémorant à leur façon le septième mois de la tragédie, des dizaines de réfugiés ont défilé dans les rues de la capitale pour protester contre leur maintien sous les tentes et l’indifférence du gouvernement Jeudi 12 août 2010, Radio Kiskeya
Excédés par les conditions infra-humaines qui leur sont imposées dans des campements de fortune, des dizaines de sinistrés ont manifesté jeudi à Port-au-Prince à l’occasion du septième mois du séisme destructeur du 12 janvier.
Rassemblés à l’initiative des comités des centres d’hébergement, les protestataires jetés par la catastrophe dans les rues et sur les places publiques de la capitale, de Pétion-Ville (est) et de Delmas (nord) ont exprimé devant le Palais National leur refus de continuer à dormir avec leurs familles sous des tentes de plus en plus sales et invivables.
"Nous voulons des logements décents, conformes à notre dignité d’êtres humains", ont martelé hommes et femmes qui se sont plaints de l’inpassibilité des autorités vis-à-vis de leurs problèmes d’alimentation, d’hygiène et de sécurité.
Sans basculer pour l’instant dans l’opposition politique, ils ont clairement exprimé leur insatisfaction face à la gestion jugée désastreuse de la situation post-séisme par l’administration Préval.
Le mouvement de protestation des réfugiés a bénéficié du soutien des organisations sociales Batay Ouvriye et Mouvman Demokratik Popilè (MODEP), de Tèt Kole òganizasyon Popilè yo, une entité politique engagée dans une lutte sans merci contre le chef de l’Etat, et de la Plateforme des organisations des droits humains (POHDH).
Aucun incident n’a été signalé lors de cette manifestation qui s’est déroulée sous l’œil vigilant de la Police Nationale.
Selon les statistiques disponibles, malgré la mobilisation de la communauté internationale et une aide massive à la reconstruction sans cesse annoncée, environ 1,5 million de sinistrés sont encore sous les tentes sept mois après le tremblement de terre qui a aussi fait 300.000 morts et 300.000 blessés. spp/Radio Kiskeya
http://radiokiskeya.com/spip.php?article6941

lundi 19 avril 2010

Haïti: Camp Corail, l'exil vers le grand «rien»

Des réfugiés s'inquiètent au sujet des possibilités d'emploi à Corail «Nous serons loin du centre-ville de Port-au-Prince ou tant bien que mal, on peut trouver des petits boulots, mais là-bas, qu'est ce qui nous attend ? Rien. » se désole à l'avance un père de famille. 
Bref retour au 10 avril au camp de Pétion-Ville Club. Pour cette première opération de déplacement vers Corail, il était prévu de transporter 800 personnes selon les informations communiquées par le Cluster Protection, le 6 avril 2010. Cependant, ce chiffre a été revu à la baisse. «Aujourd'hui, nous avons 95 personnes qui partent, soit 23 familles» informe la coordonnatrice du camp, ce 10 avril. 
Plusieurs occupants interrogés considèrent avec inquiétude l'idée d'un relogement au Camp Corail. «Je suis à un âge avancé et je n'aimerais pas vivre trop loin de Delmas. Je n'aimerais pas aller à Corail. Ma maison n'est pas détruite, elle a simplement besoin d'être réparée mais je n'ai pas les moyens» se plaint un septuagénaire qui se résignera un peu plus tard à prendre la file d'attente. 
Une jeune femme employée dans une manufacture dit ignorer si le transport lui sera facilité, une fois installée à Corail. «Comment assurer tous les jours, le trajet Corail-Delmas ? S'interroge t-elle ?» Même préoccupation chez une mère de famille. «Ma fille est en classe à Delmas, et le trajet est de 50 gourdes pour aller a Corail, les frais de transport seront trop élevés pour moi et puis est-ce qu'il y a des établissements scolaires déjà prêts à Corail ? Je ne sais pas». 
D'autres occupants s'inquiètent au sujet des possibilités d'emploi. «Nous serons loin du centre-ville de Port-au-Prince ou tant bien que mal, on peut trouver des petits boulots, mais là-bas, qu'est ce qui nous attend ? Rien. » se désole à l'avance un père de famille. «Le gouvernement entend assurer des rations alimentaires pendant un mois environ et après, qu'adviendra t-il de nous ? 
«Nous envoyer à Corail, n'est-ce pas une façon de nous abandonner à notre sort, de nous exiler ?» s'interroge un groupe de jeunes filles rencontrées sur place. «Il y a tellement d'ONGs internationales qui gèrent ce camp que j'en oublie les noms« dit l'une d'entre elles. «Il y a certes un pasteur qui déclare nous représenter mais je ne trouve pas qu'il nous accompagne vraiment, c'est plutôt l'interprète des étrangers», critique une autre occupante du Camp de Pétion-Ville. 
Opinant sur la visite du président René Préval, la jeune Candy s'est exprimée en ces termes : «Nous sommes ici depuis 3 mois, depuis le 12 janvier, nous sommes environ 60 000 personnes et c'est aujourd'hui seulement que le président Préval daigne nous visiter. Quand on me demande qui doit gérer ce pays, qui est responsable, moi je réponds que c'est les jeunes, c'est pas le gouvernement, car il est absent». 

GAAR/N/ Radio Métropole Haïti