Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
mercredi 4 septembre 2013
Le projet « Mer Sud » voit le jour
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
Le ministère de l'Environnement a lancé jeudi 29 août 2013 le projet « Mer Sud » au fort des Oliviers dans la ville de Saint-Louis-du-Sud. Ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud.
Avec une superficie de 28 000 km2, l'île d'Haïti dispose d'un linéaire côtier de 1 535 km et d'une plate-forme insulaire de plus de 5 000 km2. En raison de la petite taille des îles voisines, le milieu côtier marin représente un atout majeur pour la croissance économique du pays. Les écosystèmes côtiers jouent également un rôle crucial dans la production et le maintien des pêcheries et d'autres sources biologiques de premier ordre pour la population haïtienne.
Les îles adjacentes aussi. Cependant, ces caractéristiques, qui devraient conférer au pays une position dominante, sont inexploitées.
Les espaces littoraux et marins haïtiens sont particulièrement dégradés. Une situation à laquelle les autorités entendent remédier.
« Nous voulons conserver la biodiversité marine, développer le tourisme comme une importante activité génératrice de revenus et créatrice d'emplois et organiser la filière pêche pour la rendre à la fois plus rentable et moins prédatrice de ressources », déclare le ministre de l'Environnement Jean François Thomas. Dans la foulée, le titulaire du ministère de l'Environnement se dit conscient que cette situation de forte dégradation s'explique en raison de la situation socio-économique du pays.
Malgré tout, Jean François Thomas se dit déterminé à refaire l'image de la côte sud. Dans ces propos, il indique que le complexe marin et côtier de la ville de Saint-Louis-du-Sud est constitué de systèmes naturels dont il faut assurer la protection à long terme. « Il faut maintenir la diversité biologique », encourage le ministre. Financé par le gouvernement norvégien, le projet « Mer Sud » vise à préserver l'environnement marin et à accompagner les pêcheurs de la ville de Saint-Louis-du-Sud en leur inculquant les meilleures pratiques de pêche pour ne pas décimer la biologie marine.
De surcroît, ce projet rend effectif l'arrêté du 7 août 2013 déclarant huit aires marines et côtières protégées dans le département du Sud, dénommées « Aires protégées de ressources naturelles gérées de Port-Salut/Aquin».
Pour la secrétaire exécutive du Comité interministériel d'aménagement du territoire (CIAT), Michèle Oriol, c'est une vraie innovation. Elle croit que la création de cet espace est un premier pas vers l'avenir. Toutefois, elle invite les différents partenaires internationaux et l'Etat haïtien à ne pas sous-estimer les efforts dont ils auront à faire montre dans les prochains mois et dans les prochaines années pour faire de ce projet une réalité.
« Pour réhabiliter l'environnement marin, il faut édicter les nouvelles règles du jeu en établissant un plan de gestion et en expliquant à la population l'importance d'un tel projet, puis en faire une opportunité économique », déclare Michèle Oriol.
Le secrétaire d'Etat à l'Agriculture Fresner Dorcin est aussi confiant quant aux opportunités que peuvent offrir la côte sud. Selon lui, elle regorge de possibilités. Les mangues, les cocotiers et beaucoup d'autres arbres fruitiers, dit-il, sont en abondance. En outre, il croit que le lancement de ce projet est une grande opportunité pour la côte sud du pays.
« La côte sud est en passe de devenir une grande destination touristique. Cela permettra de créer des chaînes d'hôtels et de générer des emplois. Nous devons travailler à son plein épanouissement», recommande-t-il.
Toutefois, il reste beaucoup à faire au gouvernement et aux partenaires internationaux pour réaliser ce projet car, l'aquaculture contrôlée n'existe plus dans les côtes et les récifs coralliens sont utilisés dans la construction des maisons.
Joubert Rochefort rochefelle2013@gmail.com
http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=120794
mardi 14 août 2012
Six objectifs pour le secteur de l'environnement
lundi 7 juin 2010
Commémoration du jour de l'environnement dans plusieurs régions d'Haïti
Autour du thème " Plusieurs milliers d'espèces, une planète et un avenir commun", des responsables d'organisations locales et des élus locaux ont participé aux activités du 5 juin.
Dans le quartier Dumulseaux à la Croix des Bouquets plus de 1 000 plantules ont été mises en terre. Le maire Guy Jean Paul s'est réjoui de ce programme de reboisement qui permettra de contenir les débordements de la rivière blanche. Plus d'une centaine de résidents de la région, enrôlés dans le programme Cash for Work de Plan Haïti, ont contribué au programme de reboisement et de curage du canal de la rivière blanche.
Dans le sud, des chercheurs du Groupe d'Appui de Recherche et de Développement d'Haïti ont publié les résultats d'une étude sur les mangroves. Ils donnent l'assurance que les mangroves peuvent réduire considérablement l'impact des tsunamis. Ces plantes appelés " mangues " par les haïtiens doivent être plantées en grand nombre recommandent les spécialistes.
Par ailleurs à Cité Soleil, l'Organisation Internationale pour la Migration (OIM) a distribué des matériels pour la réalisation d'un projet d'assainissement. Les outils ont été distribués aux sans abris du camp fierté.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17812
mercredi 22 juillet 2009
Haïti environnement : des membres de la société civile demandent aux autorités d'élaborer un plan de gestion
Il s'agit d'une affaire d'intérêt commun a expliqué Arnold Antonin l'un des responsables cette organisation.
Il a fait savoir que dans le document remis, il est demandé aux autorités d'élaborer des plans de travail bien précis en vue d'une meilleure gestion de l'environnement.
Pour le cinéaste Il nous faudra par exemple, un plan d'aménagement du territoire et un plan énergétique, a-t-il dit, ajoutant que des rencontres seront organisées avec les décideurs pour qu'ils disent clairement quels efforts vont être consentis pour parvenir à l'application des lois sur la protection de l'environnement.
Il a aussi comparé la lutte pour la protection de l'environnement à la lutte pour la croissance économique, le développement durable et contre la pauvreté dans le pays.
Vendredi dernier les responsables du Mouvement des citoyens pour une Haïti belle avaient organisé une marche pour la protection de l'environnement mais un groupe d'étudiants qui cherchaient à faire passer leurs propres revendications ont empêché les organisateurs de cette marche de remettre le jour même le document préparé à cette fin.
RD
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15559
samedi 24 novembre 2007
Le Parc La Visite en coupe réglée
Le Parc national La Visite, l'une des rares régions forestières du pays, est en passe de devenir à son tour un désert. Classé Patrimoine mondial de l'UNESCO, le parc est défiguré quotidiennement par des particuliers qui abattent des arbres comme s'il s'agissait de leur propre propriété. Une situation lourde de conséquences sur l'écosystème du pays.Décrété parc national en 1983 sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier, La Visite a vu sa couverture forestière passer de plus de 17 000 hectares à moins de 3 000 en moins de vingt ans.
Des nouveaux arbres sont écorcés tous les jours au Parc la Visite(Photo: Site de la Fondation Séguin)
Selon Serge Cantave Junior, coordonnateur général de la Fondation Séguin, une ONG haïtienne qui se bat pour la protection de l'environnement, ce domaine forestier exceptionnel est outrancièrement exploité par des individus qui sont en train de le détruire, au risque de rendre infernale la vie de millions d'Haïtiens. Le sous-sol du parc, a indiqué cet ami de la nature, renferme la troisième nappe d'eau la plus importante du pays. « Pas moins de neuf rivières y prennent leur source, dit-il. Grâce à cette importante nappe d'eau, plus de trois millions d'Haïtiens peuvent se désaltérer quotidiennement. » « Surplombant des villes comme Marigot, à l'Est, et Kenscoff, à l'Ouest, ce massif montagneux les protège contre inondations, éboulements et catastrophes naturelles de tous genres, se réjouit le responsable de la fondation environnementale. Mais à cause de l'abattage systématique des arbres, le parc La Visite risque de ne pas répondre longtemps à cette mission. »
Même les touristes étrangers tirent la sonnette d'alarme. « En montant les sentiers conduisant au pic La Visite, à 2 200 mètres d'altitude, je me suis retrouvée au centre de la forêt et tous les arbres sans exception étaient écorcés sur le premier mètre à partir du sol, tous à partir du même côté, dit une Canadienne adepte de la marche en montagne, qui a roulé sa bosse dans l'Himalaya et en Afrique. Partout autour de moi, tous les arbres étaient écorcés. Tellement qu'il n'en restait que moins de la moitié du diamètre initial. Par exemple, un pin de 20 cm d'épaisseur n'en avait plus que 5 ou 6... C'était d'une tristesse lamentable. Ils vont tous mourir, c'est certain. De beaux arbres de 30 à 50 cm de diamètre, certains ont plus de cent ans. »
Qui coupe les arbres ?
Certains accusent allègrement les paysans du coin, mais ce n'est pas si simple. Tout un important trafic d'arbres se déroule depuis des années à l'insu de tous. « Déguisés en paysans, des prédateurs ont constitué un véritable réseau qui soutire de milliers de dollars à partir de la déforestation du parc », affirme Wini Attié, un autre responsable de la Fondation Séguin. « Des camions chargés de tonnes de planches laissent quotidiennement le Pic La Selle pour se diriger vers le centre commercial de Port-au-Prince au bord de mer.» Selon lui, l'attaque du mardi 6 novembre en cours contre trois agents forestiers - en place depuis seulement deux semaines - a été perpétrée par ceux qu'il qualifie de « mafias qui souhaitent exploiter librement le parc». Trois agents forestiers nouvellement nommés par l'Etat afin de protéger le Parc national avaient alors été sauvagement attaqués et blessés à l'arme blanche.

Indignés, les responsables de la fondation se questionnent aujourd'hui sur la responsabilité de l'Etat quant à l'élaboration d'une politique de gestion de l'environnement. Ils critiquent les dirigeants qu'ils estiment être les premiers des agents destructeurs de l'environnement. Selon eux, si rien n'est fait pour arrêter la déforestation accélérée de La Visite, des lieux comme Marigot et la Plaine risquent de disparaître un jour sous l'eau, comme ce fut le cas de Fonds-Verrettes et de Mapou, deux communes sévèrement touchées par des inondations en 2004. Les dernières intempéries, qui ont fait pas moins d'une soixantaine de morts, ont d'ailleurs affecté particulièrement les départements de l'Ouest et du Sud-Est.
Au Parc La Visite, des arbres sont brulés pour être récupérés plus facilement par des inconnus (Photo: Site de la Fondation Séguin)
» Au moment de la création du Parc en 1983, le gouvernement de Jean-Claude Duvalier avait autorisé 88 familles à habiter provisoirement dans les limites du parc. 24 ans plus tard, des agents de la DGI afferment des portions de terre à des particuliers, qui y construisent des maisons. « Les gens ne devraient pas habiter aux abords du Parc afin de conserver pour toujours le caractère naturel du lieu, véritable château d'eau d'Haïti avec toutes ces montagnes dont la plus haute, le pic La Selle, culmine à 2 674 mètres», dit Serge Cantave Junior.
« C'est dommage, car c'est l'un des plus beaux joyaux de toute la Caraïbe, susceptible d'attirer les adeptes de l'écotourisme, la forme de tourisme qui se développe le plus rapidement à l'heure actuelle, a déclaré la Canadienne avant de s'envoler pour Montréal. S'il n'y a plus d'arbres, les touristes ne viendront plus jamais en Haïti.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50848&PubDate=2007-11-22
Danio Darius
daniodarius001@yahoo.fr
Notre rage:
Tous les jours nous découvrons réellement le niveau de conscience des citoyens haïtiens qui sont pas trop éloignés des primates qui ont dans leur processus d’adaptation pour assurer la survie de l’espèce ont du se convertir en prédateurs.
Nous découvrons aussi ce qu’il a été convenu d’appeler les perceptions de la corruption. Les haïtiens ont appris à survivre comme le serpent qui dévore sa queue. Cependant nous ne savons pas si l’intinct haitien a atteint le niveau nécessaire qui le pousserait à s’arrêtrer avant la dernière bouchée fatidique carrément incompatible avec la vie.
Aujourd’hui la faim, le chômage, la mauvaise gestion des gouvernements antérieurs s’agencent de façon à constituer une vraie tête de turc, un vrai bouc émissaire émissaire qui justifie tout.
Quelles questions se poser après avoir lu une telle situation ?
Ceux qui se sucrent avec la coupe inconsciente des arbres ne s’appellent surement pas joxibrin ou exiis ; ce sont des Messieurs Tartanpions possèdant la double nationalité avec maisons à New york Miami ou canada. L’avenir de leurs descendances est assuré et surtout pas en Haïti.
Ils font malheureusement partie de ceux-là qui gravitent autour du gouvernement quand ils ne dansent pas collés-serrés avec lui !
Ils travaillent avec leur bouée de sauvetage attachées au cou et ils sont toujours prêts quand il s’agira de laisser le navire juste avnt le plongeon final.
Cette chute vertigineuse ne les effraie toujours pas car leurs flairs de prédateurs, radars infallibles, leur permettront toujours d’anticiper les dernières secondes, les dernières secousses juste avant la fatalité !
mardi 20 novembre 2007
Pour un environnement régénéré
Ecoliers et étudiants de différentes écoles et universités de la région métropolitaine se mobilisent afin de protéger leur environnement qui se dégrade de jour en jour. Grâce à une campagne de sensibilisation et d'éducation environnementale lancée officiellement, vendredi dernier, par le ministère de l'Environnement autour du thème : « Une jeunesse engagée pour un environnement régénéré.
« Nous devons mener une lutte acharnée afin d'épargner notre pays des dangers catastrophiques auxquels il est exposé», dit Nicolas Janvier, secrétaire général du ministère de l'Environnement, au cours de son allocution à la cérémonie du lancement officiel de la campagne de sensibilisation et d'éducation environnementale tenue le vendredi 16 novembre 2007 au Cercle Bellevue à Bourdon.Cette campagne a pour objectif de conscientiser les jeunes Haïtiens sur la nécessité de s'engager enfin pour protéger leur environnement. « Cette campagne est un moyen de réunir les différents secteurs du pays, tant du milieu scolaire que du milieu non scolaire, afin que tous prennent enfin conscience de l'état alarmant de l'environnement haïtien, explique M. Janvier. Pour lui, avec l'ardeur de cette jeunesse qui est l'espoir du pays, nous pouvons arriver à régénérer notre écosystème qui se dégrade de jour en jour. Pierre Chauvet, représentant de la Fédération des amis de la nature (FAN), dans son intervention, a mis l'accent sur l'état dégradé de nos forêts et l'abattage systématique des arbres qui constituent l'une des causes majeures de la disparition de certaines espèces d'oiseaux en Haïti.
Selon cet ami de la nature, le sous-sol du Cercle Bellevue renferme l'une des nappes d'eau les plus importantes du pays. Grâce à cette importante nappe d'eau, plus d'un million d'Haïtiens vivant dans la région métropolitaine peuvent se désaltérer quotidiennement. »
Dans le but de faire face aux catastrophes naturelles, Tanguy Armand, président de la Fondation haïtienne de l'environnement (FHE), a, de son côté, souhaité la participation active de tous les Haïtiens pour redonner à Haïti sa couverture végétale d'antan.
Composée majoritairement de jeunes écoliers et d'universitaires, l'assistance a fait la promesse de s'engager dans la lutte contre la dégradation de l'environnement. Dorcé Lorny, du lycée Louis-Joseph Janvier, a promis, dans son intervention au nom de la communauté de Carrefour, de s'impliquer entièrement à travers cette campagne afin que Haïti redevienne la Perle des Antilles.»
« Pour mieux protéger notre environnement, nous devons commencer par décentraliser les grandes villes du pays, implanter des usines spécifiques pour la bonne gestion des déchets, revigorer les richesses naturelles, mettre sur pied un programme judicieux de reboisement national et adopter des mesures rigoureuses contre tous ceux qui abattent anarchiquement les arbres comme s'ils étaient leur propriété exclusive », a proposé ce lycéen.
Anabel Oscar du collège Bird, a, pour sa part, invité la jeunesse haïtienne à décréter la permanence sur tout le territoire afin de sensibiliser et éduquer les gens sur la nécessité de protéger leur environnement.
Le ministère de l'Environnement (MDE) a remis au cours de cette cérémonie des plaques Honneur et Mérite à plusieurs personnalités du pays. Pour avoir grandement contribué, de par leurs activités, à la protection de l'environnement, certains spécialistes ont reçu une distinction honorifique.Parmi les personnalités honorées au cours de cette soirée, figurent, entre autres : Gesner Champagne, président de la Fondation Seguin, Pierre Chauvet, représentant de la Fédération des amis de la nature (FAN), Tanguy Armand, président de la Fondation haïtienne de l'environnement (FHE), Lionel Parisien, directeur général adjoint du MDE, Anthony Pascal, dit Konpè Filo, animateur de l'émission « Kalfou » à Télé Ginen.
Amos Cincircincir2005@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50934&PubDate=2007-11-20
jeudi 1 novembre 2007
Village de Dieu vit l'enfer après Noël
Le spectacle désolant qu'offre la rivière Bois-de-chêne en menaçant presque toutes les maisonnettes de village de Dieu (Photo: François Louis)
A Village de Dieu, les habitants vivent un enfer en cette saison pluvieuse. Beaucoup de résidents de ce bidonville sis entre le Bicentenaire et la mer n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries. Il leur faut surveiller constamment la rivière Bois-de-chêne, qui risque à tout moment de les submerger.
Etienne Saintval, le géniteur de 38 enfants: « ...Après la pluie, le soleil revient pour les autres mais il fait toujours mauvais temps pour nous. » (Photo: François Louis)3
En fait, il a beaucoup de raison de se montrer déçu : le maigre revenu que lui ont rapporté ses trois jours de travail a été épuisé. Il a peur d'accumuler des dettes dans les boutiques de la zone en vue de nourrir sa nombreuse famille. Heureusement, il vit dans une communauté où les voisins ont bon coeur. « Nous n'avons plus rien à la maison depuis samedi, dit-il. N'était la solidarité de nos voisins qui partagent avec nous leur maigre nourriture, la situation serait bien pire encore.»
Il n'est pas le seul à maudire le ciel qui, depuis quelques jours, déverse des torrents d'eau sur les vieilles tôles qui recouvrent son humble demeure. Les habitants des centaines de maisonnettes, vétustes et délabrées, qui longent la rivière Bois-de-chêne se plaignent eux aussi. Ils maudissent surtout le gouvernement qui, selon eux, ne fait rien pour les aider. Bon nombre d'entre eux n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries de peur que les eaux ne les surprennent en plein milieu de la nuit. Les riverains pestent aussi contre certains habitants qui, voulant récupérer pierres et alluvions charriés par la rivière en crue, grugent littéralement
Vue partielle des masures qui sont légion dans la zone (Photo: François Louis)2
les berges au risque de les inonder tous. Depuis des dizaines d'années, Etienne Saintval, un octogénaire bien en chair, habite également une maisonnette située à quelques mètres du canal de Bois-de-chêne. Après les dernières pluies, il vit, comme tant d'autres, la peur constante d'être frappé par les eaux en furie. Il n'y va pas par quatre chemins pour raconter sa misère. « Nous ne vivons pas ici, soupire M. Saintval, géniteur de 38 enfants - dont 6 sont déjà passés de vie à trépas - de 10 femmes différentes. Après la pluie, le soleil revient pour les autres, mais il fait toujours mauvais temps pour nous. »
« Nous n'avons rien en termes d'infrastructures. D'ailleurs, nous ne pouvons même pas bien respirer à cause de l'odeur pestilentielle dégagée par les fosses septiques ainsi que tous ces déchets qui nous entourent. On nous oublie ici », déplore M. Saintval, évoluant dans un environnement tellement dégradé au point de devenir pratiquement invivable.
Sans emploi depuis quarante ans, M. Saintval tente aujourd'hui de gagner sa vie - mais quelle vie - comme accoucheur. « J'ai suivi des séances d'entraînement comme matrone à Jacmel et j'ai obtenu mon diplôme en décembre 2003 », explique-t-il avant d'entrer dans sa maison et d'en ressortir, une copie du précieux diplôme à la main.
Manifestement en colère, il n'est pas le seul à tirer à boulets rouges sur les autorités du pays. « Les responsables n'entendent rien faire en vue de corriger la situation qui s'aggrave de jour en jour, dit-il, debout en face du menaçant canal de Bois-de-chêne aux abords duquel les piles d'immondices s'amoncellent. Ils préfèrent que les choses restent inchangées afin qu'ils puissent continuer à faire leur beurre au détriment des sans-abri. »
Victor Jean Junior http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50391&PubDate=2007-10-31
Noël démasque Tabarre
La rivière Grise, en crue, a détruit une vingtaine de maisonnettes à « Dèyè mi », un bidonville de la commune de Tabarre (Photo: François Louis)
Noël, la tempête tropicale qui a frappé Haïti cette semaine, a révélé dans toute sa laideur le visage caché de Tabarre, où pullulent les constructions anarchiques. C'est le cas du bidonville « Dèyè mi » dont unebonne partie vient d'être détruite par la rivière Grise en crue. Les avalanches d'eau et de boue qui ont dévalé soudainement des montagnes en début de semaine ont frappé sévèrement « Dèyè mi » - de l'autre côté du mur -, un bidonville de Tabarre récemment construit en partie sur le lit de la rivière Grise. En crue, celle-ci a emporté pas moins d'une vingtaine de masures dans le seul bidonville érigé à Tabarre 27.
"Dèyè mi" le bidonville récemment construit à Tabarre 27 reste sous la menace de la rivière Grise, en crue lors du passage Noël, la tempête tropicale meurtrière (Photo: François Louis)2
Beauvoir Laguerre, l'une des victimes, s'attend au pire. Même si la rivière Grise n'est même pas sortie de son lit, sa maisonnette a néanmoins été détruite par les eaux en furie. « Heureusement que personne n'a perdu la vie dans la catastrophe », soupire l'homme de 45 ans, qui regrette sa maison de trois pièces et ses animaux emportés sous ses yeux. Il ne lui reste que son courage après le passage de Noël, ce cadeau empoisonné du temps, pour assurer la survie des onze enfants vivant avec lui.
Désolant spectacle à « Dèyè mi », un bidonville de Tabarre, touché par la rivière Grise (Photo: François Louis)
« La catastrophe était prévisible pour les habitants de ce bidonville, juge un passant du haut de sa luxueuse Jeep 4X4. Je ne comprends pas l'insouciance de l'Etat qui laisse construire des maisons dans le lit des rivières. » L'homme s'attaque aux journalistes qui crient au scandale lorsque l'Etat ou les autorités municipales mettent à exécution leurs mesures de déguerpissement. Son intervention jette la brouille parmi les victimes et les quelques spectateurs venus de Croix-des-Bouquets, la commune voisine, pour assister à leur malheur.
Un porc dans le lit de la rivière Grise (Photo: François Louis)
« Nos maisonnettes n'étaient pas du tout construites dans le lit de la rivière, répliquent des habitants de Dèyè mi, qui ont tout perdu. Il y avait un monticule de terre qui nous séparait de la rivière », se défendent-ils à l'unisson, tout en désignant plus bas d'autres maisons menacées par les eaux. « Pensez-vous qu'il y avait des maisons plus sécurisées que celles-ci ? », sínterrogent les riverains.
« Dèyè mi » est emblématique de ces dizaines de quartiers construits dans l'anarchie à Tabarre. Là-bas, de luxueuses maisons sont construites, en dehors des normes primaires d'urbanisme. A la moindre averse, des tonnes d'alluvions s'étalent sur la chaussée, ce qui ralentit ou bloque la circulation à certains endroits.
Des Casques bleus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti constatent de loin les dégâts causés par la rivière Grise à Tabarre (Photo: François Louis)
Même si Noël a laissé sur son passage de nombreuses victimes, on ne déplore heureusement aucun mort à « Dèyè mi ». Mais la force délétère de la rivière Grise continue d'effrayer les nombreux habitants qui ont construit leurs maisons dans son voisinage. Chaque fois que tombe une goutte de pluie, ils fuient leur demeure. « On a peur de la force menaçante des eaux », disent des femmes fuyant avec des enfants dans leurs bras.
Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50370&PubDate=2007-11-01
LÉOGÂNE/ INONDATIONS / Se sortir les pieds de l’eau
Par Natacha Clergéclernatacha@yahoo.fr
La tempête tropicale Noël, formée depuis le dimanche 28 octobre dans les Caraïbes, a frappé, lundi Haïti. Cabaret, Cayes, Cayes-Jacmel, Croix des Missions, Ganthier, Cité Soleil, Léogâne sont quelqueunes des zones touchées. À Léogâne, les deux rivières, Monance et Rouyonne, sont entrées en crue et ont envahi une bonne partie de la commune. Aux abois, la population essayait, mardi, tant bien que mal de sortir la tête et les pieds de l’eau.
La Rivière Monance, comme une bête en furie, a cassé le barrage construit en 1959 afin de contenir sa puissance et a envahi la route. Les eaux déchaînées ont charrié tout ce qui était à la traîne, en l’occurrence des bouteilles en plastique, des ustensiles, des vêtements, des pelures de mangues, d’avocats et autres détritus. Et dissimulé à la vigilance des chauffeurs, des égouts dont les couvercles ont été emportés et même le trottoir contre lequel les véhicules butaient.
Aux environs de la Place Anacaona, les eaux se sont aussi introduites dans les maisons et tout mis sens dessus dessous. Elles ont condamné des familles à veiller toute la nuit de lundi à mardi. « La pluie a commencé à tomber avec force aux environs de minuit. Peu à peu, l’eau a gagné la maison, le lit, les draps. Alors, avec mes enfants, je suis montée sur une chaise et j’y ai passé la nuit, debout sans fermer l’œil. Ce matin, j’ai empilé des objets et conduit les enfants chez ma sœur où ils sont plus en sécurité. Moi, je suis revenue, car j’ai pas mal de choses à faire », a témoigné Venette, 42 ans, la robe mouillée jusqu’à la ceinture et les mains occupées à introduire dans un sac quelques vêtements tirés du désordre de la maison.
La rivière Rouyonne a elle aussi joué sa partition et envahi différentes localités de Léogâne dont Binau Lestère, Cassagne, Nan Bassin, Lonpré, Mathieu.« Quand la Rouyonne passe, elle envahit le cimetière, elle charrie donc avec elle des microbes qui causent des tas maladies comme la filariose ou d’autres affections aux pieds. D’autres fois, ce sont des épidémies comme la tipho–malaria qui font rage », souligne un habitant de Cassagne, les pieds enfouis dans l’eau à l’instar de beaucoup d’autres habitants de cette localité.Surpris par les inondations, certains habitants de Binau Lestère n’ont pas eu le temps de vider les lieux et ont passé la nuit sur les toitures des maisons. Ce mardi matin encore, coincés au même endroit, ils suivaient docilement les instructions d’autres habitants de la localité mobilisés pour les tirer de l’impasse. Une dizaine de cordes et des mégaphones pour dicter les instructions constituaient le matériel de sauvetage. Opération menée en majorité par des jeunes hommes des communautés et quelques policiers.
« Je n’ai que deux hommes avec moi, ils n’ont pas le savoir-faire nécessaire dans ce domaine. Donc, la population m’est d’un support impayable. Depuis minuit, nous sommes au travail. C’est à ce moment que nous avons commencé à recevoir des appels à l’aide », a souligné le commissaire de police Athanase Blanchard qui fouillait, des yeux, les eaux, en quête d’une issue pour sortir une famille, dont un vieillard hypertendu, d’une maison envahie par les eaux à hauteur d’un mètre. À Cassagne, les eaux n’ont pas frappé avec la même intensité qu’à Binau Lestère. Des femmes s’attelaient à dégager des sols inondés à quelque trente centimètres de hauteur alors que sur des matelas trempés étaient jetés pêle-mêle ustensiles, vêtements sales et propres. S’alignaient dans un coin des barils de clairin, principales sources de revenus de maintes familles léogânaises. A l’annonce de la tempête, cinq abris ont été mis à la disposition de la population des zones à risques. La marie, le lycée Anacaona sont quelques-uns de ces établissements transformés en centre d’hébergement. « Personne ne s’est présenté à ces centres jusque-là », nous a informé Alix Santos, maire de la commune de Léogane. En effet, des habitants et habitantes interrogés ne prévoient pas d’habiter ces abris même si la situation devait empirer. « Le cas échéant, je compte emmener ma femme et mes enfants chez un collègue dont la maison a deux étages. Ainsi nous serons protégés au cas où les eaux montent. Je n’irais pas dans un abri de la commune. Je serais mieux traité et plus en sécurité chez mon ami. D’ailleurs ma femme est enceinte de quatre mois et nécessite un certain confort », a souligné un habitant de Cassagne.
Un mouvement de protestationSous la pluie comme pour sortir du bourbier, une centaine d’habitants de la commune de Léogâne, vacinnes, tambours, graj et pancartes en main, a marché, mardi, pour exprimer leur désespoir après le constat des dégâts causés par les inondations, mais aussi pour dénoncer la situation de la commune en général où manquent des infrastructures de base. Aujourd’hui nous marchons pour protester contre la saleté ambiante. Nous avons besoin de routes et de places publiques. On a entamé certaines places qui n’ont jamais été achevées. Il faut des hôpitaux et des écoles. Depuis tantôt un an, nous vivons pratiquement sans courant dans la ville. Il manque de marchés publics. La rue Lacroix, au cœur de la ville, est impraticable et couverte d’eaux et de détritus. Il faut que la situation s’améliore. Nous avons écrit au maire et au député de la commune et, depuis une semaine, nous attendons leur réponse. Si, dans les mois à venir, il n’y a pas de retombées positives, nous allons entamer une autre phase de la mobilisation : grenadiers à l’assaut » a averti Belony Michel Arison, membre d l’organisation Léogâne en action. Des habitants, occupés à réparer les dégâts causés par les inondations, au passage des la manifestation, se sont un court instant détournés de leurs tâches, pour danser ou entonner les slogans des manifestants.
mercredi 31 octobre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9405
Tempête : Désormais 34 morts, 14 disparus et plus d’une centaine de blessés
mercredi 31 octobre 2007,
Radio Kiskeya
Au moins 34 personnes ont été tuées et 14 autres sont portées disparues suite aux inondations et glissements de terrain causés par le passage de la tempête tropicale Noël sur Haïti, selon un nouveau bilan provisoire présenté mercredi soir par la directrice de la protection civile (DPC), Alta Jean-Baptiste.
Plus d’une centaine de blessés ont été également enregistrés.
Un précédent bilan communiqué dans l’après-midi faisait état de 24 morts, 5 disparus et 15 blessés.
9.914 personnes ont été évacuées et des centaines de familles sont sinistrées dans différents départements.
Les dégâts matériels deviennent de plus en plus lourds. 747 maisons ont été détruites et des centaines d’autres endommagées, a indiqué la responsable de la DPC qui continuait de recueillir des données sur les conséquences des désastres ayant touché de nombreuses régions.
Parallèlement, la situation était extrêmement inquiétante aux Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) dont certains secteurs étaient inondés par la Ravine du Sud, arrivée au-dessus de la normale pour la première fois depuis longtemps. Une certaine panique commençait à gagner des habitants de la troisième ville du pays où une forte pluviométrie a été enregistrée pendant toute la journée.
Selon le responsable régional de la protection civile, Renan Vallière, au moins deux morts et un disparu ont été confirmés. 1.400 personnes ont dû être déplacées et installées dans des abris provisoires.
Le bilan du passage de Noël à l’échelle nationale devrait s’alourdir davantage au cours des prochaines évaluations. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4355
Le Bois-de-chêne en feu
Bois-de-chêne, le cours d'eau qui traverse Port-au-Prince, est en feu depuis une semaine et même les fortes pluies des derniers jours ne parviennent pas à venir à bout des flammes. Des tas de fatras constitués principalement de plastiques brûlent à la surface de l'eau et dégagent une épaisse fumée qui empoisonne les milliers de résidents de Village de Dieu.Robenson Geffrard




