Bonjour!
Un ciel plutôt bleu sur la région!
Ciel entaché de fumées et de sang en Haïti!
Un ciel d'horreur!
Encore un autre massacre !
Encore un autre plongeon depuis les bas-fonds de l’horreur vers plus d’horreur !
On peut aujourd’hui oublier les massacres de La Saline puis qu’il y a maintenant une autre scène d’horreur à Petite Rivière de l’Artibonite.
La visions des cadavres dépecés, livrés en pâtures aux cochons sur des tas d’immondices n’a pas ému plus que ça. Les organisations des droits de l’homme firent leur travail d’investigation et d’accusation. La Minujusth, bras du patron des décisions qui se prennent en Haïti à travers l’ONU ; cette belle mission fit son travail en indexant des hauts fonctionnaires du gouvernement. Ceux-ci ont pu rester en poste jusqu’à très récemment. Aujourd’hui ils ne sont pas inquiétés !
L’ONU supporte encore le gouvernement dont les fonctionnaires sont accusés de massacres !
Fort de son succès, après celui encore plus éclatant de la Minustha, l’ONU a ouvert un bureau politique permanent en Haïti !
Il ne faut ni questionner, ni exiger une politique de résultat. Pourquoi faire ? Il s’agit d’Haïti !
Les horreurs de La Saline sont bien derrière nous puisque l’actualité est « rafraîchie » par celles de Petite-Rivière de l’Artibonite.
Un journaliste fameux et connu appui son indignation à travers cette description poignante : « Mais la vidéo de jeunes haïtiens, fusils mitrailleurs en bandoulière, tuant et démembrant au coupe-coupe d’autres jeunes haïtiens m’oblige à joindre ma voix à celles et ceux qui en ont assez. Ils opèrent en toute quiétude, les yeux rivés sur leurs téléphones comme dans un jeu vidéo. Qui s’attaque à une jambe, qui ouvre un tronc, qui découpe une main, qui tient une tête séparée de son corps, qui cisèle un cœur dégoulinant de sang alors que se prépare un feu pour sans doute rôtir les restes et pourquoi pas les déguster »
Le bilan fait état de 25 morts, des dizaines de blessés et de nombreuses maisonnettes incendiées. Les autorités locales y compris notre fameuse PNH qui devait remplacer nos forces armées dont – selon les dire des donneurs d’ordres étrangers – Haïti n’avait pas besoin, sont démunies.
Le gouvernement central ne peut pas réagir non plus puisqu’aujourd’hui, les gangs armés sont les alliés de presque tous les secteurs de la société. Ils seraient financés par des candidats pour gérer les élections, ils recevraient de l’argent de certains grands commerçants pour la protection de leurs biens. D’autres rumeurs dans le même genre circulent pour faire d’eux les vrais gagnants du chaos qui sévit dans le pays.
Je n’ai pas eu connaissance de descente d’équipes gouvernementales solidement armées pour reprendre le contrôle de la zone. Si ça n’a jamais été fait pour Martissant déserté par sa population aujourd’hui, malgré l’importance de cette route en matière de communication avec le grand Sud, les horreurs de l’Artibonite seront traitées avec l’indifférence caractéristique de ce gouvernement qui reste accroché au pouvoir envenimant par chaque action un mécontentement généralisé.
Combien d’haïtiens doivent mourir dans des conditions infrahumaines pour que le monde des humains jette un regard vers ce coin de terre qui ne fait que RESISTER ?
Dr Jonas Jolivert
31/10/2019
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
Affichage des articles dont le libellé est REFLEXIONS DE JONAS JOLIVERT. Afficher tous les articles
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jeudi 31 octobre 2019
dimanche 2 octobre 2016
MASI/MADI.. ABCES SUR CLOUS EN HAITI
« Je ne suis pas contre ceux qui sont pour ni avec ceux qui sont contre ».
C’est la formule que j’avais retrouvée pour caractériser mon désengagement face au sujet « Mariage pour tous » qui fit débat au début du septennat de François Hollande en France. Comme beaucoup d’autres observateurs neutres j’avais du mal à comprendre et à accepter que le mariage des homosexuels soit effectivement d’une si grande priorité pour qu’un gouvernement y fasse une pierre angulaire. Ceci, au détriment d’autres sujets comme le chômage, la croissance pour en citer quelques uns.
Empêtrés entre les mailles d’une lutte contre le chômage qui ne cesse de grimper et l’impopularité croissante du chef de l’état, les ténors du socialisme caviar font comprendre que leurs actions tendent à changer le monde.
Au départ, je me suis dit que c’était le discours pour défendre ce qui ne peut être défendu que par des fanatiques d’une cause.
Je suis resté à l’écart du sujet en respectant les gens comme appartenant à cette espèce humaine rangée et conditionnée au sein d’une société avec des lois des institutions et des définitions qui garantissent le vivre ensemble tout en laissant à chacun une lueur de liberté que beaucoup défendent et ont défendu avec leurs sangs et leurs vies. Je respecte les gens avec leurs religions et leurs orientations sexuelles.
Mes considérations sur l’être humain m’ont toujours poussé à considérer comme la plus grande aberration de tous les temps tout système qui mit à mal et foula aux pieds l’humanité des gens.
Mon esprit rejette l’assujettissement des êtres humains.
Ce préambule qui a l’allure d’un sentier m’éloignant du sujet représente des parenthèses ouvertes pour dire qu’une fois je discutais avec l’une des plus intelligentes de mes amies et j’essayais de lui faire comprendre que beaucoup de ces comportements du passé que nous considérons aberrants aujourd’hui ont eu leurs défenseurs avec l’appui de grandes théories pseudo scientifiques. Comme exemple bien entendu j’ai mentionné l’esclavage et la colonisation.
Bien entendu elle m’accusa de mélanger les genres. Une réflexion à laquelle je m’attendais.
En fait je voulais prêcher la prudence et la tolérance. Et surtout éviter cette propagation de ce nouvel évangile qui veut absolument déboulonner certaines structures qui jusqu’alors constitue la base de sustentation de notre société.
Que l’on entreprenne des croisades contre les sociétés qui refusent le mariage des homosexuels est aussi excessif que le comportement de ceux qui combattent jusqu’à une certaine violence idée.
Aujourd’hui c’est devenu un problème de société et chaque société doit pouvoir le gérer en fonction de sa capacité de lecture du sujet.
Ce que j’ai dit de la France et du gouvernement socialiste je le répéterai à propos d’Haïti et les défenseurs de cette cause. Si les français ont fini par accepter la loi sur le mariage homosexuel comme une avancée qui justifie un deuxième mandat socialiste et de François Hollande, cette lutte en Haïti est loin d’être prioritaire et ne devrait pas être utilisée comme un élément déstabilisant en plus dans la conjoncture actuelle.
Les homosexuels haïtiens comme les haïtiens d’autres préférences sexuelles subissent les carences des mêmes droits fondamentaux : l’eau potable, un environnement saint, une éducation solide, des soins de santé de qualité, le droit au travail et à une alimentation saine équilibrée et en quantité suffisante.
Cependant les lobbyistes homosexuels ne font pas une campagne aussi acharnée contre les conservateurs de ce système dégradant et en faillite.
Les haïtiens, toutes orientations sexuelles confondues ont observé et survécu à la fermeture des hôpitaux publiques pendant six mois. Les résultats du baccalauréat affichent un maigre et piteux 28% de réussite. Les haïtiens sont devenus les errants indésirables de l’Amérique.
Tout cet état de fait existe dans une conjoncture de crise politique et le spectre d’une énième crise postélectorale qui pend sur le pays.
Le timing est définitivement mal choisi. Et s’il y a eu une participation du lobbying homosexuel c’est de la pure méchanceté d’ajouter « abcès sur clou ».
Les répercussions médiatiques et politiques de cette histoire ne manqueront pas de faire l’affaire de ceux qui excellent dans l’art de tirer profit des situations chaotiques. Le transfert du commissaire Danton Leger, comme conséquence de cette nouvelle crise met carrément en danger le bon déroulement des prochaines élections. Là aussi tout le monde ne voit pas d’un bon œil cette procédure fragilisée à venir. Tout retard dans le processus sera très bon à prendre surtout pour l’équipe qui dirige le pays comme usurpateur illégitime.
Les homosexuels pourront se dire avoir apporté, à un moment crucial, de l’essence à ce feu qui ne demandait qu’à être attisé.
Il faut croire que les esprits sauront s’apaiser pour sortir Haïti de cette impasse d’où elle se trouve enlisée depuis la fin scabreuse du gouvernement de Michel Martelly. Pour ce faire tout le monde doit faire preuve d’intelligence, de calme et de tolérance !
Les intérêts d’Haïti doivent primer sur tous les autres intérêts !
Jonas Jolivert
02/10/2016
Pour jonasjolivert.net
C’est la formule que j’avais retrouvée pour caractériser mon désengagement face au sujet « Mariage pour tous » qui fit débat au début du septennat de François Hollande en France. Comme beaucoup d’autres observateurs neutres j’avais du mal à comprendre et à accepter que le mariage des homosexuels soit effectivement d’une si grande priorité pour qu’un gouvernement y fasse une pierre angulaire. Ceci, au détriment d’autres sujets comme le chômage, la croissance pour en citer quelques uns.
Empêtrés entre les mailles d’une lutte contre le chômage qui ne cesse de grimper et l’impopularité croissante du chef de l’état, les ténors du socialisme caviar font comprendre que leurs actions tendent à changer le monde.
Au départ, je me suis dit que c’était le discours pour défendre ce qui ne peut être défendu que par des fanatiques d’une cause.
Je suis resté à l’écart du sujet en respectant les gens comme appartenant à cette espèce humaine rangée et conditionnée au sein d’une société avec des lois des institutions et des définitions qui garantissent le vivre ensemble tout en laissant à chacun une lueur de liberté que beaucoup défendent et ont défendu avec leurs sangs et leurs vies. Je respecte les gens avec leurs religions et leurs orientations sexuelles.
Mes considérations sur l’être humain m’ont toujours poussé à considérer comme la plus grande aberration de tous les temps tout système qui mit à mal et foula aux pieds l’humanité des gens.
Mon esprit rejette l’assujettissement des êtres humains.
Ce préambule qui a l’allure d’un sentier m’éloignant du sujet représente des parenthèses ouvertes pour dire qu’une fois je discutais avec l’une des plus intelligentes de mes amies et j’essayais de lui faire comprendre que beaucoup de ces comportements du passé que nous considérons aberrants aujourd’hui ont eu leurs défenseurs avec l’appui de grandes théories pseudo scientifiques. Comme exemple bien entendu j’ai mentionné l’esclavage et la colonisation.
Bien entendu elle m’accusa de mélanger les genres. Une réflexion à laquelle je m’attendais.
En fait je voulais prêcher la prudence et la tolérance. Et surtout éviter cette propagation de ce nouvel évangile qui veut absolument déboulonner certaines structures qui jusqu’alors constitue la base de sustentation de notre société.
Que l’on entreprenne des croisades contre les sociétés qui refusent le mariage des homosexuels est aussi excessif que le comportement de ceux qui combattent jusqu’à une certaine violence idée.
Aujourd’hui c’est devenu un problème de société et chaque société doit pouvoir le gérer en fonction de sa capacité de lecture du sujet.
Ce que j’ai dit de la France et du gouvernement socialiste je le répéterai à propos d’Haïti et les défenseurs de cette cause. Si les français ont fini par accepter la loi sur le mariage homosexuel comme une avancée qui justifie un deuxième mandat socialiste et de François Hollande, cette lutte en Haïti est loin d’être prioritaire et ne devrait pas être utilisée comme un élément déstabilisant en plus dans la conjoncture actuelle.
Les homosexuels haïtiens comme les haïtiens d’autres préférences sexuelles subissent les carences des mêmes droits fondamentaux : l’eau potable, un environnement saint, une éducation solide, des soins de santé de qualité, le droit au travail et à une alimentation saine équilibrée et en quantité suffisante.
Cependant les lobbyistes homosexuels ne font pas une campagne aussi acharnée contre les conservateurs de ce système dégradant et en faillite.
Les haïtiens, toutes orientations sexuelles confondues ont observé et survécu à la fermeture des hôpitaux publiques pendant six mois. Les résultats du baccalauréat affichent un maigre et piteux 28% de réussite. Les haïtiens sont devenus les errants indésirables de l’Amérique.
Tout cet état de fait existe dans une conjoncture de crise politique et le spectre d’une énième crise postélectorale qui pend sur le pays.
Le timing est définitivement mal choisi. Et s’il y a eu une participation du lobbying homosexuel c’est de la pure méchanceté d’ajouter « abcès sur clou ».
Les répercussions médiatiques et politiques de cette histoire ne manqueront pas de faire l’affaire de ceux qui excellent dans l’art de tirer profit des situations chaotiques. Le transfert du commissaire Danton Leger, comme conséquence de cette nouvelle crise met carrément en danger le bon déroulement des prochaines élections. Là aussi tout le monde ne voit pas d’un bon œil cette procédure fragilisée à venir. Tout retard dans le processus sera très bon à prendre surtout pour l’équipe qui dirige le pays comme usurpateur illégitime.
Les homosexuels pourront se dire avoir apporté, à un moment crucial, de l’essence à ce feu qui ne demandait qu’à être attisé.
Il faut croire que les esprits sauront s’apaiser pour sortir Haïti de cette impasse d’où elle se trouve enlisée depuis la fin scabreuse du gouvernement de Michel Martelly. Pour ce faire tout le monde doit faire preuve d’intelligence, de calme et de tolérance !
Les intérêts d’Haïti doivent primer sur tous les autres intérêts !
Jonas Jolivert
02/10/2016
Pour jonasjolivert.net
MOI VICTIME DE LA LOI CONTRE LE BLANCHIMENT D'ARGENT
Je me suis souvent interrogé sur la qualité des lois élaborées par nos honorables législateurs. Je n’ai jamais osé me pencher sur la question pour plusieurs raisons dont on pourrait retenir le manque cruel de temps, le peu d’intérêt accordé à la question avec cette prémonition des résultats désastreux attendus.
Une autre saine et bonne raison réside dans le fait que je ne suis pas juriste. La grande majorité de nos sénateurs et députés ne le sont pas non plus d’ailleurs. Mais la vindicte populaire laisse croire que l’état leur paie des conseillers.
J’ai des idées très arrêtées et très subversives sur la qualité de nos professionnels. Je conçois que toute compétence intégrale est créatrice d’une conscience qui oriente vers l’action vers un pôle ou son opposé. Mais jamais elle se confond dans la résignation ou dans la résilience. Toute attitude neutre reflète cette capacité d’adaptation pour la survie au détriment de cette force infusée par la connaissance qui risque de se rabattre dans un nivellement par le bas.
Tout professionnel compétent devrait s’insurger et rentrer en rébellion contre ce système.
Avec nos parlementaires, qui représentent aujourd’hui une vraie source d’instabilité pour le pays j’ai du mal à les imaginer entrain de produire ou de voter des lois utiles bien étudiées, bien élaborées et surtout applicables.
La dernière en date, si ma mémoire est bonne, remonte à je ne sais plus quelle législature et avait été portée par le sénateur Steven Benoît et concernait le salaire minimum.
Depuis sans y accorder une attention particulière j’ai vu certains papes du parlement évoquer des lois que je qualifierais de bidons comme par exemple une loi sur le traitement des déchets. Quelle serait l’utilité d’une telle loi, si les haïtiens ont appris à survivre sous des tonnes d’immondices. La première démarche comme préalable serait une campagne d’éducation bien menée pour faire comprendre à chaque citoyen, d’une part le danger de vivre dans un environnement insalubre et d’autre part la responsabilité citoyenne que représente le fait de contribuer à l’assainissement de sa commune ou de sa ville.
Il me vient à l’esprit une réflexion similaire quand j’observe une délégation du ministère d’environnement haïtien participer à un évènement type COP21 et surtout entrain de signer des accords pour lutter contre le réchauffement climatique et dire travailler pour réduire la production de gaz à effets de serre. Je dis LOL.
Nous qui sommes encore très loin du B-A BA de la prise en charge de notre environnement nous voici entrain de faire le zouave et le ridicule parmi les grands!
Si je viens aujourd’hui parler des lois pondus et votés par nos parlementaires c’est que j’ai l’impression d’avoir été l’un des premiers victimes de la disposition votée à l’arrachée contre le blanchiment d’argent.
Je devais faire un transfert d’argent destinés à des enfants dont nous parrainons la scolarité. J’ai trouvé une maison basée à Londres qui s’occupe des transferts d’argent.
Après plusieurs tergiversations avec la banque qui détient le compte de l’association du fait que ces instances considèrent cette institution concurrente peu fiable, j’ai pu faire le transfert de 3000.00 euros qui au taux du jour représentaient 3250 dollars américains et quelques centimes.
J’ai suivi avec appréhension l’évolution de la transaction en direct. Avec peur et appréhension puisque la banque ne cessait de me dire que cette compagnie de transfert n’était pas fiable malgré tous les arguments que j’avais utilisés.
Avec la rage au ventre j’ai rappelé la compagnie qui, après avoir fait des investigations m’a appris qu’en Haïti on ne peut plus transférer plus de 3.000 dollars US par mois à une seule et même personne.
Donc en gros j’aurai perdu une semaine pour envoyer un peu d’argent à des enfants qui ne sont aidés ni par le gouvernement ni par les parlementaires qui doivent être fiers de combattre le blanchiment d’argent en interdisant à une personne de recevoir plus de 3.000dollars par mois.
Je ne perdrai pas mon temps à expliquer à ces députés et sénateurs comment cela se passe exactement car beaucoup d’entre eux doivent être très et très bien imbus des entourloupes autour de ce problème.
Et comment demander de la cohérence, de la logique et de la vision et de l’efficacité à ces gens qui ont dû lire ces mots et ces concepts une fois dans leur vie sans en comprendre leurs valeurs et leurs portées !
Dr Jonas Jolivert
Une autre saine et bonne raison réside dans le fait que je ne suis pas juriste. La grande majorité de nos sénateurs et députés ne le sont pas non plus d’ailleurs. Mais la vindicte populaire laisse croire que l’état leur paie des conseillers.
J’ai des idées très arrêtées et très subversives sur la qualité de nos professionnels. Je conçois que toute compétence intégrale est créatrice d’une conscience qui oriente vers l’action vers un pôle ou son opposé. Mais jamais elle se confond dans la résignation ou dans la résilience. Toute attitude neutre reflète cette capacité d’adaptation pour la survie au détriment de cette force infusée par la connaissance qui risque de se rabattre dans un nivellement par le bas.
Tout professionnel compétent devrait s’insurger et rentrer en rébellion contre ce système.
Avec nos parlementaires, qui représentent aujourd’hui une vraie source d’instabilité pour le pays j’ai du mal à les imaginer entrain de produire ou de voter des lois utiles bien étudiées, bien élaborées et surtout applicables.
La dernière en date, si ma mémoire est bonne, remonte à je ne sais plus quelle législature et avait été portée par le sénateur Steven Benoît et concernait le salaire minimum.
Depuis sans y accorder une attention particulière j’ai vu certains papes du parlement évoquer des lois que je qualifierais de bidons comme par exemple une loi sur le traitement des déchets. Quelle serait l’utilité d’une telle loi, si les haïtiens ont appris à survivre sous des tonnes d’immondices. La première démarche comme préalable serait une campagne d’éducation bien menée pour faire comprendre à chaque citoyen, d’une part le danger de vivre dans un environnement insalubre et d’autre part la responsabilité citoyenne que représente le fait de contribuer à l’assainissement de sa commune ou de sa ville.
Il me vient à l’esprit une réflexion similaire quand j’observe une délégation du ministère d’environnement haïtien participer à un évènement type COP21 et surtout entrain de signer des accords pour lutter contre le réchauffement climatique et dire travailler pour réduire la production de gaz à effets de serre. Je dis LOL.
Nous qui sommes encore très loin du B-A BA de la prise en charge de notre environnement nous voici entrain de faire le zouave et le ridicule parmi les grands!
Si je viens aujourd’hui parler des lois pondus et votés par nos parlementaires c’est que j’ai l’impression d’avoir été l’un des premiers victimes de la disposition votée à l’arrachée contre le blanchiment d’argent.
Je devais faire un transfert d’argent destinés à des enfants dont nous parrainons la scolarité. J’ai trouvé une maison basée à Londres qui s’occupe des transferts d’argent.
Après plusieurs tergiversations avec la banque qui détient le compte de l’association du fait que ces instances considèrent cette institution concurrente peu fiable, j’ai pu faire le transfert de 3000.00 euros qui au taux du jour représentaient 3250 dollars américains et quelques centimes.
J’ai suivi avec appréhension l’évolution de la transaction en direct. Avec peur et appréhension puisque la banque ne cessait de me dire que cette compagnie de transfert n’était pas fiable malgré tous les arguments que j’avais utilisés.
Avec la rage au ventre j’ai rappelé la compagnie qui, après avoir fait des investigations m’a appris qu’en Haïti on ne peut plus transférer plus de 3.000 dollars US par mois à une seule et même personne.
Donc en gros j’aurai perdu une semaine pour envoyer un peu d’argent à des enfants qui ne sont aidés ni par le gouvernement ni par les parlementaires qui doivent être fiers de combattre le blanchiment d’argent en interdisant à une personne de recevoir plus de 3.000dollars par mois.
Je ne perdrai pas mon temps à expliquer à ces députés et sénateurs comment cela se passe exactement car beaucoup d’entre eux doivent être très et très bien imbus des entourloupes autour de ce problème.
Et comment demander de la cohérence, de la logique et de la vision et de l’efficacité à ces gens qui ont dû lire ces mots et ces concepts une fois dans leur vie sans en comprendre leurs valeurs et leurs portées !
Dr Jonas Jolivert
lundi 20 juin 2016
VINGT JUIN...QUATRE AVRIL!
Aujourd’hui, on est le 20 juin. Le dernier jour du printemps qui s’enfuit encore une fois, sans se soucier des amoureux nostalgiques des temps plutôt doucereux. Il laisse la place à l’été. Ah oui l’été ! La belle saison des grandes vacances. Le moment propice pour évacuer les pressions et recharger les batteries !
Cette date marquant le passage d’une saison à l’autre reste très significative sous les cieux qui reçoivent régulièrement les assauts des éléments climatiques propres à ces quatre fractions bien distinctes de l’année. En France, un ministre socialiste a eu la brillante idée de dédier le premier jour de l’été à la célébration de la musique. Donc en France se célèbre la fête de la musique le 21 juin.
Chez nous en Haïti, il y a surtout une expression assez souvent utilisée qui fait intervenir le 20 juin.
Cette expression définit les aspects d’un visage sans doute fatigué, désœuvré.
Souvent on l’entend en langue vernaculaire dans un déconcertant « figi timoun lan make 20 jen 4 avril » dont une autre version serait le « Timoun nan ap fè figil fè tè pwa, té mayi »
Comme un curieux passionné de l’histoire de mon pays, j’ai dû déjà me poser cette question me demandant à quoi pourrait correspondre cette période aussi triste. 20 juin - 4 avril. Probablement j’ai dû aussi aller chercher une réponse que je n’ai pas retenue. Peut être, avais-je seulement l’intention de le faire et que cette intention à été supplantée par une autre priorité ?
Pourtant des sources existent pour se renseigner, apprendre et d’édifier sur le sujet. Je fuirais et je conseillerais de s’éloigner de Wikipedia, cette pseudo encyclopédie qui joue sa fiabilité au profit de son aspect trop ouvert et trop démocratique. Un outil qui reste donc dangereux dans des mains non expérimentées.
D’autres passionnés d’histoire nationale seraient sans aucun doute très à même de m’éclairer.
Si je me retrouvais en Haïti, je tacherais de rentrer en contact avec notre Fritz Valesco national alias « Pitit fèy »qui a déjà sondé les entrailles de notre histoire pour retrouver et partager ces événements considérés comme insignifiants pour remplir les espaces cachés entre prouesses et désastres. Pourtant, mis bout à bout, ils participent à la constitution de la vraie histoire de notre nation, celle qui a façonné notre moi identitaire. Je recommanderais et je recommande la collection préparée en créole par le professeur Jean Julien sous le titre « ISTWA PEYI DAYITI », une collection élaborée pour la célébration du bicentenaire de l’indépendance haïtienne. Un grand nom de ce monde ayant eu à dire que « l’histoire est un mensonge que personne ne conteste », et considérant l’existence de ces écoles assurant la promotion du questionnement des faits historiques comme négationnisme ou révisionnisme, je ne dirai pas de prendre les récits du professeur Jean Julien comme une vérité d’évangile .
Cependant c’est un outil d’une valeur inestimable pour tout haïtien qui y retrouvera un moyen simple de revisiter et réviser (dans l’acception scolastique du terme) son histoire.
Personnellement, quand je me sens happé par les engrenages du « homesickness » au lieu de chanter « fok mwen te kitew pou mwen te kapab konprann valew », je mets un CD de cette collection et je me retrouve et me ressource. Je tiens particulièrement à cette collection parce que le fait de les avoir en ma possession constitue un pan de l’histoire de ma vie. Une histoire d’amitié, une histoire de patriotisme, une histoire d’amour pour le pays. Je la reprendrai en quelques lignes comme un hommage à cet ami qui est devenu et qui reste encore un frère de combat, un collègue guerrier pour la cause haïtienne.
En 2004, en pleine crise politique post lavalassienne, j’ai découvert par hasard un forum de discussions entre des dizaines qui, sans substance, faisait la promotion de leurs camps. Je pris le temps de lire des échanges postés sur MOUN.COM et tout de suite je sentis que ce forum sortait du lot.
Des textes tranchant le vif du sujet mettant la réalité du pays et de sa société à portée de toute conscience bien constituée, me conduisirent à faire attention à des pseudos comme élise, Castille, Blekleroc, Dezagreman, Excalibur, Dilibon, Dekabess, Bagaydrol pour ne citer que ceux-là.
Moun.com devint une institution ou les politiciens en panne d’idées venaient volontiers y puiser.
Pour la grande majorité, on vint à s’apprécier sans se connaître personnellement.
Lors d’un voyage aux USA, j’ai établi un contact téléphonique avec l’un d’entre eux. Je me trouvais dans un autre état et un de mes frères devait me reconduire à New York. Avant d’atteindre ma destination j’ai demandé à mon frère de faire un petit crochet vers le bureau de cet ami qui s’identifiait comme moi, comme mouniste et l’on n’utilisait que nos pseudos. J’arrivai à son bureau un peu après midi. Quand je sonnai, il fit comprendre avec raison à la personne qui sonnait que le bureau était fermé à midi et qu’il fallait revenir plus tard. J’insistai sans m’identifier pour lui faire comprendre que c’était urgent et que je ne pourrais pas revenir.
Après avoir décidé de camper sur le principe de sa position, j’ai dû m’identifier avec mon pseudo de Mouniste et non seulement il m’ouvrit largement les portes mais il vint m’accueillir les bras ouverts.
Mon frère nous regardait médusé se jeter l’un dans les bras de l’autre scandant chacun le pseudo de l’autre. In n’y comprit rien.
Il ne pouvait pas s’imaginer qu’il s’agissait de notre première rencontre physique.
Nous discutâmes brièvement d’Haïti et au moment de partir, il mit son bureau à l’envers pour me trouver des cadeaux : Livres, CD de konpa, et la fameuse collection des 10 CD d’histoire d’Haïti préparée par Jean Julien. Ce fut le début d’une amitié convertie aujourd’hui en fraternité patriotique !
Merci encore cher ami !
Peut-être ces amis mounistes peuvent me rappeler la base justifiant l’existence de cette expression 20 juin, 4 avril !
Bon lundi et bonne semaine à tous !
Jonas Jolivert
www.jonasjolivert.net
20/06/2016
Cette date marquant le passage d’une saison à l’autre reste très significative sous les cieux qui reçoivent régulièrement les assauts des éléments climatiques propres à ces quatre fractions bien distinctes de l’année. En France, un ministre socialiste a eu la brillante idée de dédier le premier jour de l’été à la célébration de la musique. Donc en France se célèbre la fête de la musique le 21 juin.
Chez nous en Haïti, il y a surtout une expression assez souvent utilisée qui fait intervenir le 20 juin.
Cette expression définit les aspects d’un visage sans doute fatigué, désœuvré.
Souvent on l’entend en langue vernaculaire dans un déconcertant « figi timoun lan make 20 jen 4 avril » dont une autre version serait le « Timoun nan ap fè figil fè tè pwa, té mayi »
Comme un curieux passionné de l’histoire de mon pays, j’ai dû déjà me poser cette question me demandant à quoi pourrait correspondre cette période aussi triste. 20 juin - 4 avril. Probablement j’ai dû aussi aller chercher une réponse que je n’ai pas retenue. Peut être, avais-je seulement l’intention de le faire et que cette intention à été supplantée par une autre priorité ?
Pourtant des sources existent pour se renseigner, apprendre et d’édifier sur le sujet. Je fuirais et je conseillerais de s’éloigner de Wikipedia, cette pseudo encyclopédie qui joue sa fiabilité au profit de son aspect trop ouvert et trop démocratique. Un outil qui reste donc dangereux dans des mains non expérimentées.
D’autres passionnés d’histoire nationale seraient sans aucun doute très à même de m’éclairer.
Si je me retrouvais en Haïti, je tacherais de rentrer en contact avec notre Fritz Valesco national alias « Pitit fèy »qui a déjà sondé les entrailles de notre histoire pour retrouver et partager ces événements considérés comme insignifiants pour remplir les espaces cachés entre prouesses et désastres. Pourtant, mis bout à bout, ils participent à la constitution de la vraie histoire de notre nation, celle qui a façonné notre moi identitaire. Je recommanderais et je recommande la collection préparée en créole par le professeur Jean Julien sous le titre « ISTWA PEYI DAYITI », une collection élaborée pour la célébration du bicentenaire de l’indépendance haïtienne. Un grand nom de ce monde ayant eu à dire que « l’histoire est un mensonge que personne ne conteste », et considérant l’existence de ces écoles assurant la promotion du questionnement des faits historiques comme négationnisme ou révisionnisme, je ne dirai pas de prendre les récits du professeur Jean Julien comme une vérité d’évangile .
Cependant c’est un outil d’une valeur inestimable pour tout haïtien qui y retrouvera un moyen simple de revisiter et réviser (dans l’acception scolastique du terme) son histoire.
Personnellement, quand je me sens happé par les engrenages du « homesickness » au lieu de chanter « fok mwen te kitew pou mwen te kapab konprann valew », je mets un CD de cette collection et je me retrouve et me ressource. Je tiens particulièrement à cette collection parce que le fait de les avoir en ma possession constitue un pan de l’histoire de ma vie. Une histoire d’amitié, une histoire de patriotisme, une histoire d’amour pour le pays. Je la reprendrai en quelques lignes comme un hommage à cet ami qui est devenu et qui reste encore un frère de combat, un collègue guerrier pour la cause haïtienne.
En 2004, en pleine crise politique post lavalassienne, j’ai découvert par hasard un forum de discussions entre des dizaines qui, sans substance, faisait la promotion de leurs camps. Je pris le temps de lire des échanges postés sur MOUN.COM et tout de suite je sentis que ce forum sortait du lot.
Des textes tranchant le vif du sujet mettant la réalité du pays et de sa société à portée de toute conscience bien constituée, me conduisirent à faire attention à des pseudos comme élise, Castille, Blekleroc, Dezagreman, Excalibur, Dilibon, Dekabess, Bagaydrol pour ne citer que ceux-là.
Moun.com devint une institution ou les politiciens en panne d’idées venaient volontiers y puiser.
Pour la grande majorité, on vint à s’apprécier sans se connaître personnellement.
Lors d’un voyage aux USA, j’ai établi un contact téléphonique avec l’un d’entre eux. Je me trouvais dans un autre état et un de mes frères devait me reconduire à New York. Avant d’atteindre ma destination j’ai demandé à mon frère de faire un petit crochet vers le bureau de cet ami qui s’identifiait comme moi, comme mouniste et l’on n’utilisait que nos pseudos. J’arrivai à son bureau un peu après midi. Quand je sonnai, il fit comprendre avec raison à la personne qui sonnait que le bureau était fermé à midi et qu’il fallait revenir plus tard. J’insistai sans m’identifier pour lui faire comprendre que c’était urgent et que je ne pourrais pas revenir.
Après avoir décidé de camper sur le principe de sa position, j’ai dû m’identifier avec mon pseudo de Mouniste et non seulement il m’ouvrit largement les portes mais il vint m’accueillir les bras ouverts.
Mon frère nous regardait médusé se jeter l’un dans les bras de l’autre scandant chacun le pseudo de l’autre. In n’y comprit rien.
Il ne pouvait pas s’imaginer qu’il s’agissait de notre première rencontre physique.
Nous discutâmes brièvement d’Haïti et au moment de partir, il mit son bureau à l’envers pour me trouver des cadeaux : Livres, CD de konpa, et la fameuse collection des 10 CD d’histoire d’Haïti préparée par Jean Julien. Ce fut le début d’une amitié convertie aujourd’hui en fraternité patriotique !
Merci encore cher ami !
Peut-être ces amis mounistes peuvent me rappeler la base justifiant l’existence de cette expression 20 juin, 4 avril !
Bon lundi et bonne semaine à tous !
Jonas Jolivert
www.jonasjolivert.net
20/06/2016
mercredi 18 février 2015
HUMANISONS-NOUS
Les anciens du Centre d’Etudes Secondaires, plus particulièrement ceux qui ont connu le triptyque légendaire qui a constitué pendant longtemps la direction de cet établissement scolaire se rappelleront les rengaines de Monsieur Claude, Jean Claude qui nous invitait sans cesse à nous « humaniser ».
A l’époque, il nous invectivait quand il nous surprenait entrain de nous exprimer en créole sur la cour de l’école. Son faciès grimaçant loin d’être effrayant provoquait de l’hilarité surtout quand il nous conseillait de nous exprimer en « langue humaine ». Il faisait référence simplement à la langue française.
Tous les élèves de l’école étaient au courant de l’amour que Monsieur Claude professait à Jacmel, à Paris et à la langue française. Chaque fois qu’il m’est venu à l’idée d’écrire une réflexion autour d’un fait, d’une action, d’un accident ou d’un incident au sein de la famille haïtienne, cette rengaine me vint à l’esprit.
Souvent je me sens habité par cette sensation désagréable qui me pousse à penser que nous autres les haïtiens, en dépit des apparences, nous avons du mal à valoriser les éléments fondamentaux et corolaires qui vont de pair avec notre appartenance à l’espèce humaine.
L’absence de ces éléments constitue de vrais obstacles à des aboutissements qui trouvent leurs bases théoriques dans des termes comme avancement, progrès, développement.
Tous les comportements jugés aberrants et illogiques semblent tenir leur genèse dans ce constat.
Dernièrement, une très bonne amie avait écarquillé les yeux pour trouver le rapport entre un appel à l’humanisation que j’avais lancé comme commentaire à je ne sais plus quel comportement par elle dénoncé.
Aujourd’hui je reviens avec une invitation similaire après avoir appris la nouvelle de la tragédie survenue lors du défilé du deuxième jour du carnaval haïtien dans sa cuvée 2015.
Entre dix-huit et vingt personnes ont été tuées par électrocution et par des mouvements de la foule prise de panique.
De séquences vidéo montrent comment le chanteur d’un groupe monté sur un char construit en hauteur se transforme en vraie torche humaine quand son corps heurta un câble de haute tension tendu sur le parcours du carnaval. Puis, il s’en suivrait des cas d’électrocution à la chaine et des piétinements par le mouvement de la foule. Le tout pour un macabre solde de vingt morts et des blessés y compris des brûlés graves.
Beaucoup parleront d’accident.
Moi j’ai envie de parler d’incident. Un incident regrettable. Criminel et évitable.
Les accidents mortels durant le défilé carnavalesque sont très fréquents. Pour un pays comme le Brésil ou se déroulent probablement les festivités carnavalesques les plus prisées du monde, le nombre de morts pouvait servir de facteur pour jauger le succès de l’évènement.
Le Carnaval haïtien compte souvent des morts et des blessés. Mais pas dans des circonstances aussi évitables.
Dans les pays ou la vie humaine revêt de l’importance, une étude minutieuse du parcours carnavalesque aurait été faite pour établir la liste des dangers potentiels et pour prendre les mesures adéquates pour les éviter.
La vérification de la hauteur à laquelle sont placés les câbles électriques devait servir pour établir des normes pour la construction des chars.
Une mesure simple et logique que la mairie de Port-au-Prince, le comité carnavalesque, et les propres groupes musicaux ont négligé. Dans l’organisation du Carnaval quelqu’un a-t-il jamais évoqué le concept « assurance » dans l’optique des risques concomitants à un évènement populaire de cette nature ?
Hier soir une amie croyante, rendait grâce à Dieu en disant qu’Haïti était un pays béni !
Son argument tenait sur le fait qu’il y ait eu que 20 morts après cet incident qui s’est produit sur le parcours du Carnaval, un évènement aussi concouru. Sans vouloir froisser sa conviction je lui ai simplement dit « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
Après avoir pleuré leurs morts, les familles des victimes devront demander des comptes. Il y a des responsabilités à établir. Demander des comptes s’inscrit dans cette démarche sur cette route que nous n’empruntons pas assez souvent. Celle de dire que la vie de tout homme est précieuse. La société se doit de la valoriser et de la protéger.
Quand nous serons « rentrés dans l’humanité » nous trouverons anormales certaines réalités et nous exigerons un traitement digne et en accord avec notre statut que nous semblons négliger.
En ceci consiste l’essentiel de ce processus d’humanisation que tous les haïtiens doivent exiger à cor et à cri. Cette humanisation nous inculquera l’indignation active au lieu de la résignation morbide. Elle nous dictera l’action courageuse et concertée contre la résilience plate, atone et arrangeante.
Elle nous placera au-dessus des animaux inférieurs pour exiger et travailler en faveur de conditions de vie compatibles avec cette réalité.
Dr Jonas JOLIVERT 18/02/2015
A l’époque, il nous invectivait quand il nous surprenait entrain de nous exprimer en créole sur la cour de l’école. Son faciès grimaçant loin d’être effrayant provoquait de l’hilarité surtout quand il nous conseillait de nous exprimer en « langue humaine ». Il faisait référence simplement à la langue française.
Tous les élèves de l’école étaient au courant de l’amour que Monsieur Claude professait à Jacmel, à Paris et à la langue française. Chaque fois qu’il m’est venu à l’idée d’écrire une réflexion autour d’un fait, d’une action, d’un accident ou d’un incident au sein de la famille haïtienne, cette rengaine me vint à l’esprit.
Souvent je me sens habité par cette sensation désagréable qui me pousse à penser que nous autres les haïtiens, en dépit des apparences, nous avons du mal à valoriser les éléments fondamentaux et corolaires qui vont de pair avec notre appartenance à l’espèce humaine.
L’absence de ces éléments constitue de vrais obstacles à des aboutissements qui trouvent leurs bases théoriques dans des termes comme avancement, progrès, développement.
Tous les comportements jugés aberrants et illogiques semblent tenir leur genèse dans ce constat.
Dernièrement, une très bonne amie avait écarquillé les yeux pour trouver le rapport entre un appel à l’humanisation que j’avais lancé comme commentaire à je ne sais plus quel comportement par elle dénoncé.
Aujourd’hui je reviens avec une invitation similaire après avoir appris la nouvelle de la tragédie survenue lors du défilé du deuxième jour du carnaval haïtien dans sa cuvée 2015.
Entre dix-huit et vingt personnes ont été tuées par électrocution et par des mouvements de la foule prise de panique.
De séquences vidéo montrent comment le chanteur d’un groupe monté sur un char construit en hauteur se transforme en vraie torche humaine quand son corps heurta un câble de haute tension tendu sur le parcours du carnaval. Puis, il s’en suivrait des cas d’électrocution à la chaine et des piétinements par le mouvement de la foule. Le tout pour un macabre solde de vingt morts et des blessés y compris des brûlés graves.
Beaucoup parleront d’accident.
Moi j’ai envie de parler d’incident. Un incident regrettable. Criminel et évitable.
Les accidents mortels durant le défilé carnavalesque sont très fréquents. Pour un pays comme le Brésil ou se déroulent probablement les festivités carnavalesques les plus prisées du monde, le nombre de morts pouvait servir de facteur pour jauger le succès de l’évènement.
Le Carnaval haïtien compte souvent des morts et des blessés. Mais pas dans des circonstances aussi évitables.
Dans les pays ou la vie humaine revêt de l’importance, une étude minutieuse du parcours carnavalesque aurait été faite pour établir la liste des dangers potentiels et pour prendre les mesures adéquates pour les éviter.
La vérification de la hauteur à laquelle sont placés les câbles électriques devait servir pour établir des normes pour la construction des chars.
Une mesure simple et logique que la mairie de Port-au-Prince, le comité carnavalesque, et les propres groupes musicaux ont négligé. Dans l’organisation du Carnaval quelqu’un a-t-il jamais évoqué le concept « assurance » dans l’optique des risques concomitants à un évènement populaire de cette nature ?
Hier soir une amie croyante, rendait grâce à Dieu en disant qu’Haïti était un pays béni !
Son argument tenait sur le fait qu’il y ait eu que 20 morts après cet incident qui s’est produit sur le parcours du Carnaval, un évènement aussi concouru. Sans vouloir froisser sa conviction je lui ai simplement dit « à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu »
Après avoir pleuré leurs morts, les familles des victimes devront demander des comptes. Il y a des responsabilités à établir. Demander des comptes s’inscrit dans cette démarche sur cette route que nous n’empruntons pas assez souvent. Celle de dire que la vie de tout homme est précieuse. La société se doit de la valoriser et de la protéger.
Quand nous serons « rentrés dans l’humanité » nous trouverons anormales certaines réalités et nous exigerons un traitement digne et en accord avec notre statut que nous semblons négliger.
En ceci consiste l’essentiel de ce processus d’humanisation que tous les haïtiens doivent exiger à cor et à cri. Cette humanisation nous inculquera l’indignation active au lieu de la résignation morbide. Elle nous dictera l’action courageuse et concertée contre la résilience plate, atone et arrangeante.
Elle nous placera au-dessus des animaux inférieurs pour exiger et travailler en faveur de conditions de vie compatibles avec cette réalité.
Dr Jonas JOLIVERT 18/02/2015
mercredi 21 mai 2014
« QUE CHAQUE BOURRIQUE BRAIE DANS SON PÂTURAGE »
En lisant les éphémérides de ce matin, 21 mai, j’ai appris qu’un jour comme aujourd’hui, en 1874, le président Nissage Saget laissa le palais national, à la fin de son mandat comme président de la république et retourna comme un citoyen normal vivre dans sa ville natale de Saint Marc.
Ce geste à l’époque avait une énorme importance, dans la mesure où jusque là, tous les présidents étaient soit déchouqués, soit reconduits comme présidents moyennant des tours de passe-passe des plus invraisemblables.
Selon le Professeur Jean Julien, il était considéré comme un Président anormal. Cette anormalité était selon les gens qui le connaissait du au fait qu’il avait un peu perdu la tête pendant des séjours prolongés en prison.
Pour moi il est devenu comme une sorte de symbole juste par le fait qu’il est sans doute le seul à avoir tout fait pour respecter les lois et surtout notre constitution. Il prit la décision de partir quand ses partisans et les sénateurs qui à l’époque nommaient les présidents lui avaient demandé de rester au pouvoir.
Il est devenu un symbole puisque après 210 ans d’histoire il est le seul président d’Haïti, à avoir appliqué cette vision du pouvoir et de la gestion des affaires publiques.
Avec Nissage Saget, seuls trois autres chefs d’état ont pu boucler leurs mandats et rester tranquillement dans le pays. Les circonstances entourant la présidence des trois autres n’ont rien à avoir avec celles que connut le mandat de Nissage Saget.
En effet Sudre Dartiguenave (1915-1922), donc sous l’occupation américaine resta en Haïti après son mandat ; Sténio Vincent (1930-1941), une période qui coïncide avec l’occupation, sa fin et une surveillance rapprochée des Etats-Unis qui avaient décrété officiellement la fin de l’occupation mais qui gardaient un œil bien ouvert sur le pays, qui resta en Haïti après ses deux mandats consécutifs ; René Préval, qui vit tranquillement dans son pays après ses deux mandats constitutionnels contemporains de la mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH)
Selon ce que raconte l’histoire, au cours d’une confrontation avec le pouvoir législatif, certains collaborateurs auraient demandé à Nissage Saget de sévir – comme d’habitude – contre le pouvoir législatif, il aurait prononcé cette phrase célèbre que comme écolier je répétais souvent. « Que chaque bourrique braie dans son pâturage ».
Ce fut une réplique assez forte qui donnait une vision de sa conception de la liberté d’expression et du sens du partage des pouvoirs.
De 1874 à nos jours, la vie politique haïtienne est caractérisée par des conflits à n’en plus finir qui ont provoqué l’occupation du pays et enterré nos désirs de souveraineté et d’indépendance dans le vrai sens du terme.
Ceci est du au fait que chez nous, certains ne savent pas rester dans leurs pâturages pour braire.
On doit être capable – si on veut être sérieux – de reconnaître ses capacités et ses limites.
Le projet de pays doit être basé sur l’ensemble des rôles de ses fils et filles. Comme dans un orchestre symphonique ou chaque musicien joue l’instrument qu’il domine, sans essayer de faire obstacle aux autres.
Tous les citoyens ne doivent pas se mettre en tête que leur utilité reste liée à une fonction publique, à un poste dans l’administration.
Sans juger du bilan de l’actuel président de la République, on est nombreux à avoir été surpris de voir Michel Martelly occuper la première magistrature de l’état.
Comme il aurait été anormal de voir un Wyclef Jean, un citoyen haïtien pétri de talents et regorgeant d’un patriotisme qui fait envie, devenir président de la République.
Les raisons de l’accession de Michel Martelly au pouvoir ont alimenté des débats. Cependant cet exemple ne doit pas servir de base pour une vision à l’haïtienne du fameux « YES WE CAN ».
On ne peut pas devenir un bon législateur par le simple fait d’avoir été un bon chanteur de KONPA. Un législateur doit légiférer. La popularité acquise sur les scènes et les foules en liesse ne peut pas servir de tremplin pour propulser celui qui fait danser des foules vers un fauteuil ou il est question de décisions nationales.
Ce n’est surement pas un critère d’exclusion mais dans le CV doivent figurer d’autres éléments qui permettent de comprendre qu’il sera en mesure d’exercer correctement ses fonctions.
La liste des artistes populaires voulant se présenter comme sénateurs et députés commence dangereusement à s’allonger. Le pire ce n’est pas qu’ils se présentent. C’est qu’ils peuvent gagner.
L’immense YOUSSOU NDOUR du Sénégal a été freiné dans ses aspirations présidentielles lors des dernières élections réalisées dans son pays. Pourtant, sa popularité n’est jamais mise en question.
Nous devons commencer à être un peu plus exigeant maintenant que nous pouvons compter des aspects positifs témoins d’un vent de changement.
Le pouvoir législatif n’est pas forcément l’opposition. Le pouvoir exécutif quand il est issu d’un parti politique bien enraciné dans le pays peut compter sur l’apport de ses députés pour exécuter un projet commun.
Que les députés, sénateurs et présidents soient issus de la « politique du béton » secondée par le clientélisme à tous les niveaux, reste une anomalie et une « exception politique haïtienne ».
C’est une voie biaisée qui loin de nous conduire vers la vraie démocratie, nous en éloigne et donne raison aux promoteurs de la tutelle ouverte ou masquée. Nous devons faire les choses différemment.
Commençons par exiger que « chaque bourrique braie dans son pâturage ».
Docteur Jonas Jolivert
Ce geste à l’époque avait une énorme importance, dans la mesure où jusque là, tous les présidents étaient soit déchouqués, soit reconduits comme présidents moyennant des tours de passe-passe des plus invraisemblables.
Selon le Professeur Jean Julien, il était considéré comme un Président anormal. Cette anormalité était selon les gens qui le connaissait du au fait qu’il avait un peu perdu la tête pendant des séjours prolongés en prison.
Pour moi il est devenu comme une sorte de symbole juste par le fait qu’il est sans doute le seul à avoir tout fait pour respecter les lois et surtout notre constitution. Il prit la décision de partir quand ses partisans et les sénateurs qui à l’époque nommaient les présidents lui avaient demandé de rester au pouvoir.
Il est devenu un symbole puisque après 210 ans d’histoire il est le seul président d’Haïti, à avoir appliqué cette vision du pouvoir et de la gestion des affaires publiques.
Avec Nissage Saget, seuls trois autres chefs d’état ont pu boucler leurs mandats et rester tranquillement dans le pays. Les circonstances entourant la présidence des trois autres n’ont rien à avoir avec celles que connut le mandat de Nissage Saget.
En effet Sudre Dartiguenave (1915-1922), donc sous l’occupation américaine resta en Haïti après son mandat ; Sténio Vincent (1930-1941), une période qui coïncide avec l’occupation, sa fin et une surveillance rapprochée des Etats-Unis qui avaient décrété officiellement la fin de l’occupation mais qui gardaient un œil bien ouvert sur le pays, qui resta en Haïti après ses deux mandats consécutifs ; René Préval, qui vit tranquillement dans son pays après ses deux mandats constitutionnels contemporains de la mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH)
Selon ce que raconte l’histoire, au cours d’une confrontation avec le pouvoir législatif, certains collaborateurs auraient demandé à Nissage Saget de sévir – comme d’habitude – contre le pouvoir législatif, il aurait prononcé cette phrase célèbre que comme écolier je répétais souvent. « Que chaque bourrique braie dans son pâturage ».
Ce fut une réplique assez forte qui donnait une vision de sa conception de la liberté d’expression et du sens du partage des pouvoirs.
De 1874 à nos jours, la vie politique haïtienne est caractérisée par des conflits à n’en plus finir qui ont provoqué l’occupation du pays et enterré nos désirs de souveraineté et d’indépendance dans le vrai sens du terme.
Ceci est du au fait que chez nous, certains ne savent pas rester dans leurs pâturages pour braire.
On doit être capable – si on veut être sérieux – de reconnaître ses capacités et ses limites.
Le projet de pays doit être basé sur l’ensemble des rôles de ses fils et filles. Comme dans un orchestre symphonique ou chaque musicien joue l’instrument qu’il domine, sans essayer de faire obstacle aux autres.
Tous les citoyens ne doivent pas se mettre en tête que leur utilité reste liée à une fonction publique, à un poste dans l’administration.
Sans juger du bilan de l’actuel président de la République, on est nombreux à avoir été surpris de voir Michel Martelly occuper la première magistrature de l’état.
Comme il aurait été anormal de voir un Wyclef Jean, un citoyen haïtien pétri de talents et regorgeant d’un patriotisme qui fait envie, devenir président de la République.
Les raisons de l’accession de Michel Martelly au pouvoir ont alimenté des débats. Cependant cet exemple ne doit pas servir de base pour une vision à l’haïtienne du fameux « YES WE CAN ».
On ne peut pas devenir un bon législateur par le simple fait d’avoir été un bon chanteur de KONPA. Un législateur doit légiférer. La popularité acquise sur les scènes et les foules en liesse ne peut pas servir de tremplin pour propulser celui qui fait danser des foules vers un fauteuil ou il est question de décisions nationales.
Ce n’est surement pas un critère d’exclusion mais dans le CV doivent figurer d’autres éléments qui permettent de comprendre qu’il sera en mesure d’exercer correctement ses fonctions.
La liste des artistes populaires voulant se présenter comme sénateurs et députés commence dangereusement à s’allonger. Le pire ce n’est pas qu’ils se présentent. C’est qu’ils peuvent gagner.
L’immense YOUSSOU NDOUR du Sénégal a été freiné dans ses aspirations présidentielles lors des dernières élections réalisées dans son pays. Pourtant, sa popularité n’est jamais mise en question.
Nous devons commencer à être un peu plus exigeant maintenant que nous pouvons compter des aspects positifs témoins d’un vent de changement.
Le pouvoir législatif n’est pas forcément l’opposition. Le pouvoir exécutif quand il est issu d’un parti politique bien enraciné dans le pays peut compter sur l’apport de ses députés pour exécuter un projet commun.
Que les députés, sénateurs et présidents soient issus de la « politique du béton » secondée par le clientélisme à tous les niveaux, reste une anomalie et une « exception politique haïtienne ».
C’est une voie biaisée qui loin de nous conduire vers la vraie démocratie, nous en éloigne et donne raison aux promoteurs de la tutelle ouverte ou masquée. Nous devons faire les choses différemment.
Commençons par exiger que « chaque bourrique braie dans son pâturage ».
Docteur Jonas Jolivert
jeudi 11 octobre 2012
HAITI....1000 JOURS...1000 REVES....1000 DESILLUSIONS PLUS TARD
Entre aujourd'hui 8 octobre 2012, et le 12 janvier 2010, se sont écoulés mille jours. Un nombre rond. Comme un an. Deux ou dix ans. Mille jours appellent plus l'attention que 365 ou 730 jours.
Ca fait donc déjà mille jours depuis qu’Haïti a été littéralement secoué par le tremblement de terre tristement célèbre par l'étendue des dégâts causés. L'histoire retient 200.000 morts, 1500.000 personnes lâchées dans les rues.
Le tremblement de terre n'a pas fait que des dégâts matériels ou des milliers de morts, il avait mis a nu, les faiblesses structurelles et les contradictions morbides de la société haïtienne.
Paradoxalement, après le coup de semonce de cette terre qui a bougé et qui a fait onduler le sol, ces constructions et ces gens comme une feuille de papier ou des voyageurs ayant emprunté le tapis volant, certains se sont grisés et se sont mis à rêver en une nouvelle nation.
Comme si le tremblement de terre avait, en plus de balayer l'environnement, avait aussi eu la vertu saugrenue d'enterrer et les tares et les handicaps qui depuis deux siècles maintiennent le pays dans un état de délabrement constant et progressif.
Tout le monde s'est rué vers des espérances bourgeonnantes peintes de vert exagéré, éblouissant jusqu'à l'aveuglement.
De mon côté je me disais et maintenant on fait quoi?
J'étais persuadé, avec la conviction de l'illuminée que le plus dur restait à venir. Je me demandais comment, sur le fond d'une situation de désespoir extrême, faisant fleurir l'idée du "sauve qui peut", nous autres les haïtiens, nous allions être capables d'une entente absolue pour reconstituer un nouveau modèle de société moyennant l'élaboration d'un nouveau contrat social?
Pendant ce temps, les remue-ménages continuaient sans lassitude aucune. Des comportements très superficiels ont vu le jour tandis que la situation méritait une prise en charge marquée par une certaine profondeur dans la conceptualisation des idées et surtout en tenant compte de la réalité du pays qui se définissait comme laide et complexe.
Tandis que les demandes de dons fusaient de toute part et que des promesses s'ajoutaient et se rajoutaient, certains de nos compatriotes se sont excellés dans des accès de zèle d'une puérilité notoire.
Le désir d'avoir enfin un pays où tout fonctionne, prit le pas sur la raison froide qui ferait voir et prévoir l'ampleur des taches qui incombaient aux haïtiens pour tenter de sauver ce qui pouvait l'être encore.
Tout le monde voulait faire quelque chose. Tout le monde voulait participer.
Tout à coup, toutes les voix allaient compter. Tous les avis allaient converger en un gigantesque levier pour faire bouger enfin les choses dans la bonne direction.
Même ceux qui n'avaient rien à dire ou rien à faire ont voulu sérieux et candidement revêtir leurs habits d'acteurs.
Dans tous les recoins de la terre se tinrent des réunions, des rencontres et des sommets. Souvent avec des intervenants natifs comme centre d'intérêt.
Là encore, la méconnaissance de la réalité haïtienne, rendit infructueuses les bonnes intentions.
Dans cette logique, des compatriotes ont brandi des drapeaux patriotiques ou souverainistes pour mettre en garde contre "l'occupation" du pays, alors que l'on assistait simplement à un déferlement en masse d'organisations non gouvernementales de tout acabit.
Au lieu de se concentrer et de tirer la sonnette d'alarme sur l'action disjonctée qui était entrain de se mettre en place par la multiplicité très hétérogène des organisations humanitaires récipiendaires du fruit de la générosité des gens et des institutions.
Le gouvernement d'Haïti, remarquée et remarquable par ses tares ancestrales a eu du mal à trouver sa place dans les structures décisionnelles. Le chef de l'état lors de sa première sortie en public après le 12 janvier, avait annoncé les couleurs. Tout le monde avait compris qu'il avait lui aussi pris un coup sur la tête.
Et la question n'était plus de savoir qui pilotait l'avion sinon y en avait-il un commandant dans ce navire qui venait de sombrer dans les profondeurs d'un désastre sans précédent.
Un gouvernement réputé de façon empirique d'être corrompu jusqu'à la moelle qui fait montre d'une absence de fermeté et d'initiative a automatiquement orienté les bailleurs de fonds et le « recueilleurs » de sous à se diriger surtout vers les ONGs de renom. Et ceci au détriment même d'autres ONG de moindre renommée mais dont l’activité était centrée sur la problématique de la reconstruction.
Les résolutions des sommets remplissaient l'équivalent de plusieurs tomes d'encyclopédie. Chaque expert, dans son domaine de compétence et dans son champ d'action cernèrent les problèmes dans les détails et dans leur globalité. Les solutions semblaient sortir de vrais rêves. Tandis que les promesses ajoutaient des chiffres aux chiffres. Mais des promesses. Dans un contexte de crise financière et économique je comprenais très mal comment des états en difficulté allaient s'arranger pour se dépouiller de leurs ressources dont ils ont crânement besoin, pour les allouer au service d'un autre état désorganisé acéphale et corrompu.
La classe politique haïtienne elle aussi a montré ses insuffisances et sa vision erronée car devant une situation grave qui méritait une entente et un consensus sur les positions à adopter pour faire face à l'urgence, l'opposition pour réagir à une résolution de René Preval tendant à prolonger son mandat au-delà du temps constitutionnel, a carrément demandé à la démission du chef de l'état avant la fin de son mandat.
Pendant ce temps, 3.000.000 de compatriotes sont durement affectés. Les membres de la classe moyenne avec résidence et ressources abandonnent le pays. Certains pour fuir entreprennent des voyages à destination floue et périlleuse
Encore une fois le destin du pays est laissé aux mains de la communauté internationale qui fera vite le constat que les problèmes d'Haïti pouvaient ne pas être prioritaires longtemps et toujours. Les promesses ne se concrétisent pas. La reconstruction ne démarre pas non plus.
Vint l'époque des grandes distractions:
- Jean Claude Duvalier revient après 25 ans d'exile
- Jean Bertrand Aristide revient sous la croupe de Danny Glover
- des élections présidentielles sont financées organisées et gérées par la communauté internationale pour accoucher d'un président de la République nommée Michel Martelly.
- l'ancien président Bill Clinton endosse la casaque d'administrateur impliqué et non responsable de ce qui ne marche pas. Celui-ci aura, avec la fameuse commission mixte pour la reconstruction, un destin aussi flou que le travail réalisé depuis le 12 janvier 2010.
Une visite à Port-au-Prince, Leogane ou Jacmel, ne vous infusera l'espoir d'une dynamique visible d'une vraie reconstruction.
Ceci est d'autant plus déplorable dans la mesure où l'ouverture de vrais chantiers de reconstruction aurait dynamisé et revigoré la relance économique avec la création d'emplois.
Il n'y a pas d'avantage de chantiers qu'avant le 12 janvier, 1000 jours après!
400.000 personnes vivraient encore dans des villages de toile.
L'hypermobilité du chef d'état contraste avec le balbutiement des haïtiens qui attendent et espèrent encore dans leur résilience.
Peu de gens se sont posé les bonnes questions. Les problèmes n'ont pas été posés correctement et la conception des solutions non plus.
Pour une fois de plus, Haïti s'es retrouvée à la croisée des chemins et nous n'avons pas pu saisir la balle au bond.
Comme depuis 208 ans nous ratons les bonnes occasions de nous surpasser et de penser à cette œuvre que Toussaint Louverture avait si bien conçue!
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