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vendredi 10 décembre 2010

Haïti: Vive les motos chinoises !

DE NOTRE ENVOYÉ SPÉCIAL
En temps ordinaire, il n’est déjà pas facile de se déplacer dans Port au Prince. Le taxi y est d’un naturel furtif . Quant au « tap-tap », les voitures collectives où l’on s’entasse à vingt dans dix places, il faut être Haïtien pour en comprendre le mode d’emploi.
En ces journées troublées qui voient la rue laissée aux caprices des émeutiers, c’est devenu encore plus compliqué. Jeudi, les barrages qui avaient été dégagés au cours de la nuit ont réapparu dans l’après-midi. La situation est tendue. L’ambassade du Canada a fermé. Des affrontements entre partisans de Célestin et de Martelly ont fait des morts. On parle de deux tués au Champ de Mars. Les ONG ne fonctionnent plus. Les habitants de Port au Prince se terrent chez eux de nouveau. Commerces et écoles restent fermés.
Dans le quartier de Pétion Ville, tout près de mon hôtel, les véhicules blindés de la Minustah se font caillasser par de très jeunes manifestants. Heureusement, les soldats de l’Onu ne répliquent pas.
Aux carrefours, des blocs de pierre, des parpaings, des bennes à ordures, des arbres incendiés parfois, bloquent la circulation. Bref, il est devenu très compliqué de se rendre d’un endroit à un autre, ce qui est embêtant quand on prétend faire du reportage.
A cause des journalistes américains, les tarifs s'envolent
D’un naturel plutôt indépendant, le journaliste n’hésite pas à s’associer à des confrères quand les ciconstances le commandent. Cela vaut surtout pour les déplacements : on loue à plusieurs une voiture avec chauffeur. Ami internaute, ne va pas imaginer la limousine avec larbin en tenue d’amiral. En général, c’est un gars du coin qui rentabilise les traites de son 4x4 en le proposant au prix max.
Hier matin, puisque les évènements semblaient se calmer – mauvaise analyse, la fin de la journée a été chaude -, l’idée a été de se rendre à Canapé Vert, un des quartiers qui a le plus souffert du tremblement de terre. Quelle allure a, onze mois après, cette colline pentue où l’on n’aurait jamais dû construire ? Bonne question, bon sujet. Mais comment y aller. En voiture ? Impossible : les barrages !
Gawoulé, mon guide haïtien jamais à court d’idée, a dit : « Prenons des motos ! » Car à Port au Prince, c’est désormais en passagers sur des deux-roues que les correspondants de presse sillonnent la ville. Des motos chinoises, démodées, rustiques. En un mot, épatantes. On en a loué quatre avec les confrères de la télé avec qui je fais équipe en ce moment. Il a fallu négocier les prix : à cause des journalistes américains, les tarifs se sont envolés.
«Floup floup»
La mienne, hier, était une Gadjin noire, avec pare-choc chromé et compteurs carrés. Le « floup floup » de son moteur monocylindre quatre temps m’a plu tout de suite. Elle me rappelait une Honda 125 SL que j’ai beaucoup aimée.
Dans les descentes, Jurgens, mon pilote, coupe les gaz par économie. Aux carrefours, ce petit gars doux et souriant klaxonne comme un furieux. Curieusement, cela n’énerve personne. Evidemment, on ne porte pas de casque. Personne. Dans un pays en proie au choléra, aux affrontements armés, qui a connu le tremblement de terre, les cyclones et où l’on passe du Michèle Torr le soir à la télévision, le risque motocycliste est considéré avec raison comme totalement négligeable.
Marc MAHUZIER.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Haiti-Vive-les-motos-chinoises-_39382-1618430_actu.Htm

Haïti/l'UNICEF soutient le Cadre stratégique opérationnel nutrition pour la réponse au choléra

UNICEF - 10/12/2010 15:30:00 L'UNICEF soutient la mise en place du Cadre stratégique opérationnel nutrition pour la réponse au choléraLe ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), avec le soutien technique de l'UNICEF, lance le Cadre stratégique nutrition pour la réponse au choléra. Plusieurs autres partenaires participent à ce plan dont l'OMS, le PAM, le Fondefh, Action contre la faim (ACF) et l'AVSI.
L'objectif principal de ce plan est de contribuer à la prévention de la propagation de l'épidémie et à la réduction de la létalité du choléra surtout chez les enfants. « En octobre 2008, nous avons publié les normes nationales d'Alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE). Le MSPP est très soucieux de l'état nutritionnel des groupes vulnérables, » a déclaré le Dr Joseline Marhone Pierre, directrice de la Nutrition au sein du MSPP. Elle a ajouté que le ministère de la Santé publique vient d'éditer, en mai 2010, le premier protocole national de prise en charge intégrée de la malnutrition aigue en Haïti.
Françoise Gruloos-Ackermans, représentante de l'UNICEF en Haïti, a attiré l'attention sur l'importance de la nutrition dans la prévention et le traitement de l'épidémie chez les enfants, surtout le groupe de 6-24 mois, qui représente le groupe le plus vulnérable en matière de choléra. « La lutte contre le choléra doit être menée sur plusieurs fronts et la nutrition des enfants reste fondamentale dans les efforts que nous consentons tous les jours aux côtés du gouvernement pour limiter l'épidémie » a-t-elle indiqué.
« Le lait maternel protège les enfants contre le choléra à cause de ses propriétés anti-infectieuses et contre la déshydration et la malnutrition. C'est pourquoi les nourrissons doivent être allaités exclusivement jusqu'à six mois et l'allaitement maternel doit continuer jusqu'à deux ans et au-delà. Le choléra ne se transmet pas par l'allaitement maternel, » a insisté la représentante de l'UNICEF.
http://www.newspress.fr/Communique_FR_235657_547.aspx

Haïti : MSF assure la continuité de ses activités malgré les troubles

Depuis le début des manifestations à Port-au-Prince, mardi 7 décembre, MSF a pris en charge 26 blessés, dont 15 par balle. Les véhicules MSF, parmi les seuls à pouvoir circuler en ville, sillonnent les rues à la recherche de personnes blessées ou nécessitant des soins médicaux urgents et assurent en même temps la continuité de leurs activités en réponse à l'épidémie de choléra. Avant même que les violences n'éclatent, MSF a entreposé du matériel chirurgical et des équipes médicales dans six structures de la capitale (Martissant, Bicentenaire, Hôpital Français, Saint-Louis, Sarthe et Choscal) afin de soigner d'éventuels blessés. Une petite unité d'urgence de cinq lits sous tente a également été installée dans l'un des bureaux MSF dans la commune de Pétion-Ville.
Les manifestations et les barricades érigées en divers points de Port-au-Prince ont fortement limité la circulation. Les équipes MSF ont diffusé des messages radio invitant la population à faciliter la circulation des ambulances et informant sur les possibilités de prise en charge dans les structures MSF.
Les personnes ayant besoin d'une hospitalisation urgente ou encore les malades de choléra sévère sont donc transférés vers les centres de traitement de MSF.
« Les véhicules MSF sont parmi les seuls à circuler en ville. La plupart du temps, les manifestants ouvrent les barricades pour laisser passer nos ambulances », rapporte Francisco Otero, chef de mission de MSF. « Cela est primordial pour pouvoir assurer le transfert des patients graves et le maintien de nos activités médicales. »
Malgré les troubles, sept hôpitaux, un centre de stabilisation et 40 structures de traitement du choléra MSF à travers le pays ont assuré un service continu.
A Cap Haïtien, au nord du pays, l'insécurité a empêché de nombreux patients de se rendre en ville pour y être pris en charge. Résultat : l'unité de traitement du choléra de MSF à Fort-Saint-Michel, non loin de là, s'est retrouvée submergée avec un afflux de 200 patients, alors que la capacité de cette unité n'est que de 50 lits.
« La principale difficulté consiste à organiser les tours de garde avec un nombre réduit de personnel soignant tout en assurant une prise en charge adaptée », explique Sergio Cabral, médecin au centre de traitement du choléra de Sarthe, à Port-au-Prince.
Entre le 22 octobre et le 5 décembre, MSF a soigné plus de 51 000 personnes présentant des symptômes du choléra en Haïti, dont 1 100 par jour au cours de la dernière semaine. MSF dispose à présent d'une capacité d'accueil de plus de 3 300 lits dans 40 structures de traitement du choléra à travers le pays.
Plus de 4 000 employés haïtiens travaillent aux côtés de 260 expatriés en réponse à l'épidémie de choléra. MSF a importé 770 tonnes de fournitures médicales et logistiques dans le pays.
http://www.msf.fr/2010/12/10/1898/haiti-msf-assure-la-continuite-de-ses-activites-malgre-les-troubles/

EN HAITI , "LA NUIT EST RYTHMEE PAR DES EXPLOSIONS"

LUXEMBOURG - Alors que des émeutes font rage en Haïti, les soignants de la Croix-Rouge luxembourgeoise ont été obligés de se retrancher dans leur appartement.
« Ce matin notre équipe a encore entendu de nouveaux tirs, leur nuit est rythmée au bruit des explosions. Ils ont donc reçu pour consigne de rester retranché dans leur appartement jusqu’à nouvel ordre», explique Christian Huvelle, délégué international de la Croix-Rouge luxembourgeoise, contacté par L’essentiel Online. En effet, à la suite des résultats du premier tour des présidentielles, des émeutes ont éclaté en Haïti, faisant quatre mort et plusieurs blessés pendant que l’épidémie de choléra a déjà fait plus de 2 000 morts.
Un jeune manifestant a été tué par balles au Cap-Haïtien,
la deuxième ville d'Haïti dans le nord, au cours
d'affrontements entre les partisans du candidat à la présidence
Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, et ceux du
chanteur populaire Michel Martelly,
écarté du second tour.

Les soignants luxembourgeois sont basés à Gressier, ville de 70 000 habitants située à 20km de Port-Au-Prince, depuis le séisme de janvier. Leur mission : soigner les victimes de l’épidémie de choléra qui ravage le pays. Mais les émeutes, qui font rage depuis trois jours, ont forcé l’État à fermer tous les centres de santé du pays. Celui de Gressier n’a pas échappé à la règle.
Malgré le danger, il n’est pas question de rapatrier les soignants pour le moment. La coordination de sécurité générale de la Croix-Rouge, comme la plupart des ONG, a demandé à toutes ses équipes sur place d’adopté le protocole dit de « la tortue». Selon celui-ci, tous doivent se rester dans un endroit sûr tant que tout n’est pas revenu à la normale. «Même si la situation est très stressante, le médecin et l’infirmier présents sur place restent calmes. Ils ont connu plusieurs guerres et ils gardent contact avec leurs familles qui les soutiennent», rassure Christian Huvelle.
Jusinte Baldin/L'essentiel Online
http://www.lessentiel.lu/fr/news/dossier/newsletter/story/10783832

Situation en Haïti (10 décembre 2010).

Le Conseil électoral provisoire a annoncé sa décision "d’enclencher une procédure célère et exceptionnelle de vérification" des procès-verbaux du scrutin du premier tour des présidentielles en Haïti.

La France soutient toute initiative pouvant contribuer au calme et à la sincérité du scrutin.
Selon l’annonce, cette vérification devrait être effectuée en présence d’une commission mixte, incluant les trois premiers candidats en lice, des observateurs et des partenaires de la communauté internationale.
L’association des trois premiers candidats concernés à cette procédure est essentielle.
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/haiti_513/france-haiti_1218/presentation_4655/situation-haiti-10.12.10_88178.html

Haïti-Élections : Que cesse cet éternel chassé-croisé pour le pouvoir !

vendredi 10 décembre 2010 Par Claude C. Pierre et Gary Victor *
Soumis à AlterPresse le 9 décembre 2010
DÉCLARATION
En notre qualité de citoyens haïtiens, écrivains, intellectuels, nous protestons énergiquement contre les agissements fourbes et délétères de tous ceux, Haïtiens et étrangers qui plongent notre pays dans le chaos au nom d’une prétendue démocratie purement formelle déniant au peuple d’Haïti le droit de choisir ses dirigeants et de prendre en main son propre destin.
Après les turpitudes de ces dernières années orchestrées par des acteurs malveillants et malhabiles, aucune autorité politique ou force d’argent d’ici ou d’ailleurs ne peut prétendre détenir la vérité, ni nous faire la leçon aujourd’hui, et nulle voix n’est autorisée à s’arroger le droit d’imposer à la nation, en dehors de la Loi-Mère, une solution qui, de toute manière, au vu de ces derniers mois, prouve sa totale vacuité.
Nous refusons d’accepter qu’un pouvoir, quel qu’il soit, veuille transformer, par la duperie ou la force, nos institutions en foyer de délinquance avec, de surcroit, l’appui de certains secteurs d’une communauté internationale inepte, dépourvue d’état d’âme.
Il est temps que cesse cet éternel chassé-croisé pour le pouvoir entre clans rivaux dans la médiocrité, la délinquance, la corruption, conduisant à la dépréciation et à la destruction de l’État, à la banalisation de la démence et à l’exclusion de larges secteurs, au détriment de tout un peuple résistant et combatif qui ne demande qu’à vivre dans la paix et dans la dignité dans sa patrie.
Nous citoyens haïtiens, écrivains et intellectuels nous exigeons que nos hommes et femmes de pouvoir fassent preuve des qualités d’hommes et de femmes d’État et qu’ils se penchent enfin, au bénéfice du peuple, sur les grands dossiers qui interpellent la nation : l’exclusion sociale, la perte de la souveraineté nationale, la pauvreté chronique, les traumatismes et séquelles du séisme du 12 janvier 2010, les ravages du choléra.
Fait, à Port-au-Prince, le jeudi 9 décembre 2010
* Claude C. Pierre, poète-professeur
Gary Victor, écrivain
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10391

Palin en Haïti ce week-end

Sarah Palin effectuera une visite en Haïti ce week-end en compagnie de l’évangéliste Franklin Graham, fils de Billy Graham, selon cet article publié sur le site Politico. Elle devrait notamment s’arrêter dans un centre de traitement du choléra.

L’ancienne candidate à la vice-présidence prévoit aussi visiter Israël et la Grande-Bretagne au début de l’an prochain. S’il faut en croire cet l’article de Politico, ces voyages pourraient lui permettre d’ajouter une patine internationale à son image d’égérie du Tea Party.
En se rendant en Haïti avec Graham, Sarah Palin pourrait en outre chercher à courtiser l’électorat évangéliste, qui favorise largement l’ancien gouverneur d’Arkansas Mike Huckabee parmi les candidats potentiels du Parti républicain à l’élection présidentielle de 2012, comme le souligne Politico.
Contrairement à son père, Franklin Graham ne fait cependant pas l’unanimité comme figure religieuse. Le Pentagone a notamment renoncé à l’inviter à un service de prières en raison de ses propos sur l’islam, une religion qu’il a qualifiée de diabolique.
(Photo AFP)
http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/2010/12/09/palin-en-haiti-ce-week-end/

Tous les départements d'Haïti touchés par l'épidémie de choléra

LEMONDE.FR ,09.12.10 Le choléra se répand vite en Haïti où tous les départements de l'île sont touchés, ce qui montre la nécessité d'efforts urgents pour enrayer l'épidemie, indique un rapport du Centre de contrôle des maladies (CDC) basé à Atlanta, aux Etats-Unis. Les dix départements de l'île et la capitale, Port-au-Prince, ont fait état de cas confirmés de choléra, selon ce rapport publié mercredi.
Plus de 2 120 personnes sont mortes de la maladie apparue à la mi-octobre, selon les dernières estimations. Le 3 décembre, un total de 91 770 cas avaient été recensés dans l'île et 43 243 malades hospitalisés. Et la mort intervient dans certains cas deux heures après l'apparition de la maladie, souligne le CDC.
MULTIPLICATION DES CAS AU COURS DES PROCHAINS MOIS
Selon l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), il pourrait y avoir jusqu'à 400 000 cas de choléra au cours des douze prochains mois, dont la moitié au cours des seuls trois prochains mois. Lundi, l'organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a indiqué avoir traité 47 000 personnes soit plus de 50 % des patients atteints du choléra en Haïti.
Le choléra s'est répandu "partout" en Haïti, a déclaré lors d'une conférence téléphonique, Jordan Tappero, directeur de l'Office de reconstruction des systèmes de santé au CDC. La République dominicaine voisine a également fait état de cas de choléra dans ses deux plus grandes villes, mais ce pays serait mieux à même de contrôler la situation ayant un meilleur accès à l'eau potable, a expliqué Jordan Tappero.
"L'étendue et le développement de l'épidémie de choléra, combinés au manque d'eau potable et d'infrastructure sanitaire en Haïti, montre que des mesures d'urgence sont nécessaires pour enrayer la transmission du choléra et la mortalité", estime le CDC dans son rapport.
LES CASQUES BLEUS NÉPALAIS MIS EN CAUSE
Le foyer infectieux de l'épidémie de choléra en Haïti est parti du camp des casques bleus népalais de la Mission de l'ONU dans le centre du pays, selon un rapport remis au ministère français des affaires étrangères, indiquait mardi à l'AFP à Paris une source proche du dossier."Le point de départ est localisé très précisément", a dit cette source en se basant sur les conclusions du rapport du professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste envoyé en mission en Haïti par la France à la demande du ministère haïtien de la santé.
AFP

Le trouble épilogue de la farce électorale en Haïti

Le second tour de la présidentielle contestée opposera l’ex-première dame Mirlande Manigat au candidat du pouvoir Jude Célestin. Le chanteur Michel Martelly est écarté. C’est l’épilogue attendu d’une farce électorale organisée dans la précipitation, sous pression internationale. Dès mardi soir, des violences ont accueilli, à Port-au-Prince et dans plusieurs villes du pays, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle haïtienne, qui s’est tenu le 28 novembre.
Selon les résultats proclamés par le conseil électoral, le second tour opposera l’ex-première dame Mirlande Manigat (31 %) au gendre et dauphin du président sortant René Préval, Jude Célestin (22 %). Avec 21 % des voix, le chanteur populaire Michel Martelly est relégué, avec un retard de seulement 6 000 voix, à la troisième place. Sa disqualification passe mal auprès de ses jeunes partisans, après les accusations de fraude visant le parti au pouvoir lancées par le chanteur. Ainsi la commune de Pétionville, à la périphérie de Port-au-Prince, est devenue mardi soir le théâtre d’échauffourées. Plusieurs centaines de jeunes, demandant l’annulation du scrutin, ont monté des barricades auxquelles ils ont mis le feu. Dans les rues de Port-au-Prince, c’est au gaz lacrymogène que les policiers ont dispersé la foule. Ailleurs dans le pays, des manifestations et des coups de feu ont été signalés. Hier encore, plusieurs milliers de jeunes manifestants convergeaient vers le centre de Port-au-Prince, en brandissant des portraits de Michel Martelly, tandis que certaines voies restaient obstruées par des barricades. Principaux superviseurs de ces élections, les États-Unis se disent désormais « préoccupés » par des résultats qu’ils jugent « incohérents ».
Difficile, quoi qu’il en soit, de croire à la sincérité d’un scrutin entaché d’irrégularités et de fraudes manifestes (l’Humanité du 30 novembre 2010). La campagne, qui donna lieu à une débauche de moyens et d’argent indécente au regard du dénuement des Haïtiens, avait déjà cristallisé les rancœurs et frustrations d’une population toujours traumatisée par le séisme du 12 janvier. Au final, ce scrutin, présenté comme le prélude indispensable à la « reconstruction » d’Haïti, menace de plonger ce pays en ruine dans une nouvelle crise politique.
Rosa Moussaoui
http://humanite.fr/08_12_2010-le-trouble-%C3%A9pilogue-de-la-farce-%C3%A9lectorale-en-ha%C3%AFti-459623

Haïti s'enflamme pour Sweet Micky

Par Maeva Bambuck 10/12/2010

Des milliers de protestataires venant des quatre coins
 de la capitale ont remonté la ville jusqu'au Conseil électoral
 provisoire, la plupart d'entre eux étaient des partisans
du musicien Michel Martelly, dit Sweet Micky.
Crédits photo: AP.
REPORTAGE - Le chanteur Michel Martelly écarté du second tour de la présidentielle, ses jeunes supporters paralysent la capitale et une bonne partie du pays. La capitale haïtienne, Port-au-Prince, et une bonne partie du pays sont paralysées par de violentes émeutes qui ont fait au moins deux morts depuis l'annonce des résultats préliminaires de l'élection présidentielle. Mercredi, l'aéroport de Port-au-Prince était fermé. Les rues étaient désertes, les Haïtiens n'osant pas circuler, dissuadés par les coups de feu qui ont rythmé la nuit et les carcasses de voitures qui fumaient encore.
Des milliers de protestataires venant des quatre coins de la capitale ont remonté la ville jusqu'au Conseil électoral provisoire (CEP), pour protester contre les résultats qui placent Mirlande Manigat et Jude Célestin, le candidat du parti au pouvoir, au second tour du scrutin. La plupart d'entre eux étaient des partisans du musicien Michel Martelly, dit Sweet Micky, arrivé en troisième position, à 0,64 % du deuxième candidat. Ils ont mis le feu à tout ce qu'ils trouvaient pour barrer la route aux hommes de la Police nationale haïtienne (PNH) et aux chars des Casques bleus.
Toute la journée, les chants Martelly président et À bas Préval ont résonné sur le flanc des montagnes qui entourent Port-au-Prince. Des manifestants menaçaient de mettre le pays à feu et à sang si leur candidat n'accédait pas à la présidence. Sur leur chemin, ils ont saccagé les quartiers généraux d'Inite («Unité»), le parti du président Préval et de son poulain, qu'ils accusent d'avoir truqué les résultats.
À Pétionville, quartier bourgeois de Port-au-Prince, les Casques bleus et la police ont tenu tête aux manifestants qui cherchaient à s'approcher des bureaux du siège du CEP. Ils ont répondu aux jets de pierres par des bombes lacrymogènes. Les affrontements ont duré toute la journée et une partie de la nuit.
Ses supporters manifestaient au lieu de voter
Des troubles similaires ont eu lieu dans tout le pays et ont été particulièrement violents aux Cayes, où des véhicules de l'ONU ont été pris pour cible, et dans le Nord, à Cap-Haïtien et à Hinche. Les effectifs des Nations unies avaient interdiction de sortir de leurs campements, sauf les Casques bleus et les unités de réaction rapide. Les ONG ont également imposé à leurs équipes de rester chez elles, alors que l'épidémie de choléra persiste.
Sous la pression des protestataires, le CEP a annoncé la mise en place d'une commission de vérification des résultats. Composée de membres du conseil électoral, d'adhérents des trois partis en tête, ainsi que d'observateurs internationaux, elle examinera tous les procès-verbaux disponibles au centre de tabulation. La différence entre les scores officiels et ceux annoncés par le Comité national d'observation, une instance financée par la communauté internationale, qui plaçaient Mirlande Manigat et Michel Martelly au second tour, fait croire à une manipulation des chiffres de dernière minute.
Cependant, selon Colin Granderson, le chef de la mission d'observation de l'Organisation des États américains (OEA), les résultats officiels ne sont pas si surprenants. Michel Martelly était régulièrement en troisième position dans les sondages. Il aurait aussi commis une erreur le jour de l'élection en appelant ses supporteurs à boycotter le processus électoral, qu'il jugeait invalide à cause de fraudes. Nombre de ses supporteurs seraient descendus dans les rues au lieu de prendre le chemin du bureau de vote.
Jeunes et déterminés
S'adressant à la nation mercredi après-midi, le président René Préval a appelé les Haïtiens à exercer leur droit de manifester dans le calme. Il a demandé aux contestataires de faire appel dans le cadre légal. Même message de la part de la mission onusienne en Haïti, qui se dit préoccupée par les émeutes.
Mais les supporteurs de Michel Martelly ne répondent qu'à un seul homme, et celui-ci les a appelés sur les ondes à rester mobilisés. Jeunes, fidèles et déterminés, ses partisans semblent avoir une énergie sans limites : ils se déplacent principalement en courant, au désespoir des journalistes, qui peinent à les suivre. Et puis ils savent que les émeutes ont fait leurs preuves lors de la dernière élection, en février 2006, lorsque les supporteurs de Préval avaient eux-mêmes remonté la ville pour envahir l'Hôtel Montana et demander avec succès que leur leader soit déclaré élu au premier tour.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/12/09/01003-20101209ARTFIG00752-haiti-s-enflamme-pour-sweet-micky.php

Haïti : une nouvelle étude confirme que le choléra a été importé

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters
10.12.10
Selon le dernier bilan disponible, le choléra a touché 93 222 personnes en Haïti et fait 2 120 morts dans le pays, déjà dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier.AP/Guillermo Arias
L'épidémie de choléra qui se propage en Haïti depuis la mi-octobre a vraisemblablement été importée par une source humaine extérieure à la région, a confirmé une équipe de scientifiques américains et haïtiens dans une étude publiée jeudi par le New England Journal of Medicine. Cette publication appuie la thèse formulée récemment par un épidémiologiste français, sans toutefois pointer du doigt, comme lui, directement les casques bleus népalais de la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah).
Si les chercheurs ne font pas le même constat d'une contamination par les soldats de l'ONU, ils relèvent toutefois que la souche de la bactérie provient sans doute d'Asie du Sud et non d'Amérique latine, et affirment qu'elle ressemble à une souche identifiée au Bangladesh au cours de la dernière décennie. "Nos données suggèrent fortement que l'épidémie haïtienne a commencé avec l'introduction en Haïti d'une souche de choléra via une souche humaine distante géographiquement", écrit Matthew Waldor, professeur à Harvard. L'origine de la maladie est une question délicate dans l'île, dont de nombreux habitants pensent qu'elle a été introduite par des casques bleus népalais. Plusieurs ont été pris à partie en novembre. Outre la Minustah, une dizaine de milliers d'organisations humanitaires sont présentes dans l'île pour aider les sinistrés du séisme du 12 janvier.
Le docteur John Mekalanos, de l'école de médecine de Havard, et ses collègues de la compagnie Pacific Bioscience of California confirment également qu'une mutation l'a rendue plus virulente et recommandent de nouvelles mesures pour éviter sa propagation. "Nos données génétiques classent la souche haïtienne dans le groupe le pire", écrit le docteur Mekalanos. "A l'avenir, lorsque des gens iront travailler dans les zones sinistrées (...), ils devront être contrôlés, ou une dose d'antibiotique ou un vaccin devront leur être administrés de façon préventive pour qu'ils ne transmettent pas le choléra", a ajouté le docteur Waldor, interrogé par téléphone.
Selon le dernier bilan disponible, le choléra a touché 93 222 personnes en Haïti et fait 2 120 morts dans le pays, déjà dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier (plus de 250 000 morts, 1,3 million de sinistrés). Les dix départements du pays et la capitale, Port-au-Prince, ont fait état de cas confirmés de choléra, et la maladie très contagieuse continue de se répandre rapidement.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/12/10/haiti-une-nouvelle-etude-confirme-que-le-cholera-a-ete-importe_1451552_3222.html

Haïti: nouvelles manifestations, un mort

De nouvelles manifestations ont eu lieu jeudi en Haïti malgré l'annonce d'une vérification des résultats électoraux

Un partisan de Michel Martelly a été tué à Port-au-Prince. Le Conseil électoral provisoire haïtien a annoncé jeudi qu'il allait vérifier les procès-verbaux de la présidentielle du 28 novembre.
Le recomptage concerne les trois candidats arrivés en tête du premier tour de la présidentielle du 28 novembre.
Les résultats, annoncés mardi, ont provoqué une vague de violences à travers le pays. Les partisans du chanteur Michel Martelly, arrivé troisième et donc écarté du second tour, accusent le pouvoir de fraudes.
Les résultats de la présidentielle vont être vérifiés
"Le CEP (Conseil électoral provisoire) décide d'enclencher immédiatement une procédure d'urgence et exceptionnelle de vérification au centre de tabulation des procès-verbaux liés à la présidentielle de 2010", a indiqué jeudi le conseil dans un communiqué. "Ce mécanisme concerne les trois premiers candidats en lice", précise le conseil.
La vérification sera fait en présence d'une commission mixte à laquelle participent les candidats concernés, des observateurs nationaux et internationaux et des partenaires internationaux. La CEP a demandé aux trois premiers candidats d'appeler leurs partisans au calme.

Nouvelles manifestations, un mort
De nouvelles manifestations ont eu lieu jeudi dans certains quartiers de Port-au-Prince et dans les principales villes d'Haïti, où les partisans de Michel Martelly continuent à réclamer le retour dans la course de leur candidat. Un partisan de Michel Martelly est mort dans la capitale où il manifestait contre les résultats des élections. Les circonstances exactes de sa mort n'étaient pas connues.
Les vols internationaux n'ont pas repris. Des entrepôts de nourriture étaient pillés dans le sud. Les administrations, écoles et banques étaient toujours fermées dans la capitale.
Quatre personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées dans les manifestations de mercredi, après l'annonce des résultats contestés du premier tour de l'élection présidentielle mardi soir: après une nuit d'agitation, de violentes protestations émaillées d'incendies et de saccages ont touché Port-au-Prince, Cap-Haïtien, les Cayes et Mirebalais.
Trois jeunes manifestants ont été tués par balles au cours de violents affrontements aux Cayes (sud). Un autre jeune manifestant a été tué par balles au Cap-Haïtien (nord), la deuxième ville d'Haïti.
Des résultats contestés
Les affrontements opposent les partisans du candidat à la présidence Jude Célestin, soutenu par le pouvoir, et ceux du chanteur populaire Michel Martelly, écarté du second tour selon les résultats du premier tour du 28 novembre annoncés mardi.
Quelque 6.000 voix séparent les deux candidats (soit moins de 1% des votes) et les partisans de M.Martelly sont descendus dans la rue, accusant le pouvoir d'avoir orchestré des fraudes pour permettre à M.Célestin de se maintenir au second tour.
A moins d'une modification des résultats d'ici à la publication définitive des résultats le 20 décembre, le second tour opposera le 16 janvier l'ex-Première dame Mirlande Manigat, qui a obtenu 31% des voix, à Jude Célestin (22%).
Malgré son score de plus de 21% des voix, Michel Martelly, mieux connu sous son nom de scène de "Sweet Micky", est exclu de la compétition.

Le chaos en Haïti entrave l'aide des organisations suisses

Le chaos qui a fait suite au premier tour de l'élection présidentielle en Haïti entrave le travail des œuvres d'entraide suisses présentes dans le pays.
le 10 décembre 2010, 07h22
LeMatin.ch & les agences
Le chaos déclenché en Haïti après les résultats du premier tour de l'élection présidentielle entrave l'aide des organisations suisses. Celles-ci craignent que si les routes demeurent bloquées, les camps de victimes du tremblement de terre connaissent des problèmes d'approvisionnement.
Depuis l'annonce des résultats des élections mardi soir, le chaos est total dans la zone du séisme. Et en raison de barrages routiers et des émeutes, la situation aux environs de la capitale Port-au-Prince demeurait jeudi instable. L'aéroport international et les écoles sont ainsi restées fermées.
Les représentants des organismes suisses d'entraide en Haïti étaient également bloqués et ne pouvaient pas entrer dans les zones où leurs projets sont menés à bien. "Nous devons attendre et espérer que la situation se calme", a déclaré Peter Eppler, directeur des opérations de Caritas à Port-au-Prince. La durée de la contestation populaire et du bloquage des routes est selon lui complètement incertaine.
"Si la situation ne s'améliore pas, l'approvisionnement de vivres et d'eau potable dans les camps va connaître une passe difficile", a affirmé pour sa part Annick Genson, porte-parole de Caritas Suisse à Port-au-Prince. "Les ménages pauvres souffrent particulièrement de la hausse des prix qui résulte de cette situation", a-t-elle souligné.
Rester en lieu sûr
Selon Mme Genson, le personnel des oeuvres d'entraide ne court aucun risque, tant qu'il ne descend pas dans la rue. "Nous respectons les règles de sécurité des ONG et de l'ONU et nous avons recommandé à nos employés de rester à la maison jusqu'à ce que le danger soit passé".
Une évacuation serait de toute façon impossible dans la situation actuelle parce que toutes les routes ont été bloquées. Le chemin de l'aéroport a ainsi été coupé et la République dominicaine n'est plus accessible par voie terrestre, a expliqué Mme Genson.
Accélérer la reconstruction
Les Suisses ont fait don de plus de 65 millions de francs à la Chaîne du Bonheur après le séisme dévastateur de 12 janvier en Haïti. Dans un premier temps, les organisations d'entraide suisses ont mis l'accent sur l'aide d'urgence, aidant à l'approvisionnement en eau, en nourriture et en tentes et dispensant des soins médicaux. Mais près d'un an après la catastrophe, la reconstruction doit désormais être accélérée.
Dans la capitale Port-au-Prince, où 1,5 millions d'Haïtiens ont perdu leur logement dans le tremblement de terre, seules 5% des maisons ont été reconstruites. La grande majorité des sans-abri, dont de nombreuses familles, vit donc encore dans les camps, dans des huttes et des tentes au bord des routes ou dans les ruines.
"La construction de nouvelles maisons dans la capitale est très difficile car il est peu aisé de déterminer à qui appartient le terrain sur lequel les logements doivent être construits", a constaté Alain Geiger de la Chaîne du Bonheur, qui est en charge de coordination des projets suisses en Haïti. La plupart des oeuvres d'entraide suisses travaillent en conséquence dans la campagne, où les parcelles sont plus faciles à délimiter.
Situation très difficile
En plus de tout ces problèmes, des troubles ont éclaté après l'annonce des résultats du première tour de l'élection présidentielle. "Je n'ai encore jamais été confronté dans aucun pays à une situation politique aussi difficile qu'en Haïti", a assuré M. Eppler, qui travaille sur le terrain depuis février pour Caritas.
Sous le patronage de la Chaîne du Bonheur, huit oeuvres d'entraide suisses sont présentes en Haïti: Caritas, Handicap International, Médecins du Monde, Terre des Hommes, l'Armée du Salut, la Croix-Rouge suisse, Medair ainsi que l'Entraide protestante suisse.
http://www.lematin.ch/actu/monde/chaos-haiti-entrave-aide-organisations-suisses-359987

Haïti-Élections : La mission d’observation Oea/Caricom invite les candidats à recourir aux contentieux électoraux

Pour faire valoir leurs droits P-au-P, 09 déc. 2010 [AlterPresse] --- La mission conjointe d’observation électorale de l’Organisation des Etats américains et de la communauté des Caraïbes (Moec) suggère aux candidats et partis politiques d’utiliser les voies légales existantes afin de faire valoir leurs doléances sur le processus en cours.
“La Moec réitère son appel aux candidats et aux partis politiques à faire plein usage, pendant le processus de contestation qui suit immédiatement l’affichage des résultats préliminaires, de ces recours légaux afin d’adresser leurs doléances concernant les résultats préliminaires”, indique la Moec dans un communiqué transmis à l’agence en ligne AlterPresse.
Cependant, dans cette “ambiance électorale difficile, où les suspicions abondent”, la mission conjointe d’observation électorale Oea/caricom insiste, auprès du Conseil électoral provisoire, pour un traitement des contestations avec rigueur, transparence et équité, dont les résultats doivent conduire à la proclamation, le 20 décembre prochain, des résultats officiels du premier tour de la présidentielle et des législatives du 28 novembre.
“Un certain nombre de procès verbaux, qui n’étaient pas conformes à la loi électorale et qui étaient irréguliers ou montraient des signes évidents de fraude, ont été mis de côté et n’ont pas été tabulés dans le but de garantir la probité des résultats préliminaires’, signale la Moec qui fait état du suivi des procédures de vérification en présence des “observateurs de la Moec ainsi que d’autres observateurs internationaux et nationaux”.
Tout en déplorant “les manifestations violentes en cours”, qui ont commencé à l’annonce de la publication des résultats préliminaires dans la soirée du mardi 7 décembre, la mission conjointe d’observation électorale Oea/Caricom suggère aux candidats et responsables politiques d’appeler leurs partisans au calme “dans le but de créer le climat de sérénité nécessaire pour un dialogue fructueux ainsi que pour faciliter l’approche constructive offerte par les recours légaux inscrits dans la loi électorale”. [rc apr 09/12/2010 0:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10388
Commentaires:
Mais devant quel tribunal?
Celui du cep organisateur de cette mascarade?
Faites moi rire vous autres qui aviez déclaré que toutes

Haïti-Élections L’Union européenne (Ue) propose son appui dans un réexamen des irrégularités

P-au-P, 09 déc. 2010 [AlterPresse] --- Exprimant ses profondes inquiétudes vis-à-vis des manifestations violentes, enregistrées en Haïti depuis la publication des résultats préliminaires, l’Union européenne (Ue) offre son appui dans le cadre d’une reconsidération éventuelle des anomalies flagrantes ayant marqué le scrutin du 28 novembre, apprend l’agence en ligne AlterPresse. “L’Ue…se tient prête à appuyer Haïti dans la préparation d’un possible second tour, y compris dans un réexamen éventuel des irrégularités dénoncées”, déclare, dans un communiqué daté de Bruxelles, Catherine Ashton, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
A l’instar de l’ambassade américaine, l’Union européenne manifeste sa préoccupation “concernant les nombreuses irrégularités, rapportées sur le déroulement de ces élections, et l’écart important entre les estimations effectuées par le Conseil national d’observation électorale (Cno) et les résultats préliminaires publiés par le Conseil électoral provisoire (Cep)”.
Aussi, appelle-t-elle la population à garder son calme, le “gouvernement d’Haïti et toutes les forces politiques” à “éviter toute action ou déclaration de nature à augmenter les tensions”, alors que le processus électoral entre dans une phase de contestations devant les bureaux de contentieux.
Les acteurs politiques d’Haïti devraient consentir des efforts “afin de garantir que les résultats définitifs, qui doivent être annoncés le 20 décembre, reflètent pleinement la volonté des électrices et électeurs haïtiens, dans la transparence et le respect de la Constitution”, souhaite Ashton.
Pour l’Ue, qui affirme continuer à suivre de près le processus électoral en cours, les élections de 2010 constituent un élément-clé de la gouvernance démocratique en Haïti, “qui est essentielle pour assurer la légitimité de son système politique et faire progresser la reconstruction et le développement du pays”. [gp rc apr 09/12/2010 0:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10387

Haïti-Élections : Face à la mobilisation des rues, le Cep tente une sortie

Annonce de formation imminente d’une commission mixte de vérification des votes exprimés pour les 3 candidats en tête de la présidentielle P-au-P, 09 déc. 2010 [AlterPresse] --- Le Conseil électoral provisoire (Cep) va entamer une procédure célère et exceptionnelle de vérification, au centre de tabulation, des votes exprimés en faveur des 3 candidats ayant obtenu la majorité des suffrages, suivant les résultats préliminaires proclamés dans la nuit du 7 décembre, indique l’organisme électoral dans un communiqué rendu public dans la matinée de ce 9 décembre.
Une commission mixte, comprenant les membres du Cep, les 3 candidats concernés, des observateurs nationaux et internationaux ainsi que des membres de la communauté internationale, sera préposée à la tâche de vérification des procès-verbaux, dans un souci de transparence et d’authenticité des résultats.
Contactée par AlterPresse, la conseillère électorale Ginette Chérubin souligne que les dispositions annoncées, à savoir “la mesure spéciale de vérification” des procès-verbaux au centre de tabulation, doivent entrer en application sans délai.
Tout en affirmant avoir pris en compte les mouvements de contestation, enregistrés dans les rues, depuis la publication des résultats préliminaires, le Cep exhorte les 3 candidats, arrivés en tête de la présidentielle, à le rejoindre dans sa volonté d’encourager un retour au calme dans les rues.
Parallèlement, l’organisme électoral convie la police nationale d’Haïti (Pnh) à prendre des dispositions appropriées pour assurer la sécurité des vies et des biens.
Aucune réaction n’est encore enregistrée chez les 3 candidats à la présidentielle, crédités de meilleur score dans les résultats préliminaires diffusés le 7 décembre.
Myrlande Hyppolite Manigat, 70 ans, du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (Rdnp), a obtenu 31.37% des voix ; Jude Célestin, 48 ans, de la plateforme présidentielle “Inite” (Unité) vient en seconde position avec 22.48 % et Joseph Michel Martelly, 49 ans, de “Repons peyizan” se trouve en troisième position avec un pourcentage de 21.84 % de votes attribués (soit moins d’un point que Jude Célestin), selon les résultats préliminaires du Cep.
Vraisemblablement, le délai de contestation de 3 jours (entre le 8 et le 10 décembre 2010), à produire par les candidats s’estimant lésés, sera reportée, et le centre de tabulation, fermé depuis l’acheminement des résultats préliminaires au Cep, sera rouvert.
Plusieurs candidates et candidats, à la présidentielle et aux législatives, feraient état de difficultés éprouvées à soumettre leurs contestations auprès des bureaux de contentieux électoraux, en raison du non fonctionnement, entre autres, depuis les troubles, de certaines institutions publiques, comme la direction générale des impôts (Dgi) où des frais doivent être versés avant toute contestation.
Depuis la matinée de ce 9 décembre, un ralentissement des activités, marqué notamment par une absence de transports publics dans la plupart des circuits de la zone métropolitaine de la capitale, est observé.
Un calme tendu règne dans plusieurs secteurs avec, ça et là, des barricades de pneus usagés enflammés.
Les écoles, les banques, les bureaux publics et privés n’ont pas ouvert leurs portes, comme la veille quand des manifestations violentes ont eu lieu. Cependant, certains petits commerçants du secteur informel essaient de reprendre, avec difficulté, leurs activités coutumières.
Depuis le début de la matinée du 9 décembre, le temps est couvert sur Port-au-Prince, où de fines gouttelettes de pluie tombent par intervalles. [gp rc apr 09/12/2010 10:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10386

Ottawa ferme son ambassade en Haïti à cause des violences post-électorales

La mission diplomatique canadienne suspend ses activités "jusqu’à nouvel ordre", tout comme la plupart des autres ambassades ; premier mort à Port-au-Prince jeudi 9 décembre 2010, Radio Kiskeya
Le gouvernement canadien a décidé jeudi de fermer "jusqu’à nouvel ordre" son ambassade à Port-au-Prince en raison des vagues de violence enregistrées en Haïti depuis la publication mardi des résultats des présidentielles et législatives du 28 novembre.
"De nombreux barrages routiers et des barricades enflammées à Pétion-Ville", banlieue est de Port-au-Prince où se trouve l’ambassade, "ont rendu impossible pour le personnel canadien et local de se rendre au travail en toute sécurité", a indiqué à Ottawa une porte-parole du ministère des affaires étrangères, Priya Sinha.
Sur son site internet, l’ambassade publie également l’information relative à sa fermeture.
La porte-parole de la chancellerie canadienne note que "la plupart des ambassades à Port-au-Prince sont fermées ou ont réduit leur personnel en raison des manifestations violentes".
Selon les résultats préliminaires du premier tour communiqués par le Conseil électoral provisoire, dans la course à la succession du Président René Préval, la candidate démocrate chrétienne du RDNP, Mirlande Manigat, et Jude Célestin, son rival du parti officiel INITE, s’affronteront au second tour.
L’apparition du candidat du pouvoir en deuxième position au détriment de Michel Martelly, classé troisième pour moins de 8.000 voix de différence, a déclenché une série de violentes protestations ayant encore paralysé la vie jeudi à Port-au-Prince et dans d’autres villes.
De graves incidents ont fait au moins cinq morts et plusieurs blessés par balle et causé aux Cayes, la troisième ville du pays (environ 200 km au sud de la capitale), la destruction d’importants édifices publics, d’une école et d’une station de radio.
Une première victime a été enregistrée jeudi à Port-au-Prince où un manifestant anti-gouvernemental a été abattu noin loin du Palais présidentiel par des individus armés portant des t-shirts à l’effigie du dauphin du Président Préval et candidat du parti officiel, Jude Célestin. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article7316

Washington recommande d'éviter les voyages "non essentiels" en Haïti

WASHINGTON - Les Etats-Unis ont mis jeudi leurs citoyens en garde contre les dangers d'entreprendre des voyages en Haïti, soulignant la violence dans l'île des Caraïbes et la précarité de la situation sanitaire.
Le message d'alerte aux voyageurs évoque "la forte criminalité, l'épidémie de choléra, les manifestations fréquentes à Port-au-Prince et en province, la protection limitée de la police et l'accès aux soins médicaux".
Le département d'Etat mentionne notamment de "nombreux cas" d'Américains agressés à leur arrivée dans le pays et recommande d'éviter tout déplacement "non essentiel".
Un partisan d'un candidat évincé du second tour de la présidentielle haïtienne a été tué jeudi alors qu'il manifestait à Port-au-Prince, où des affrontements ont par ailleurs opposé des jeunes à des Casques bleus.
(©AFP / 09 décembre 2010 23h00)
http://www.romandie.com/ats/news/101209220057.be9ixxfi.asp

A la Une : la situation en Haïti reste extrêmement tendue

Par Stefanie Schüler
« A l'assaut! Tant pis pour ceux qui meurent ». C'est le titre du Nouvelliste aujourd'hui. « Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Les Cayes, Mirebalais et d'autres : Haïti est secoué par de violentes protestations ». L'unique quotidien haïtien cite les partisans frustrés de Michel Martelly qui ont encore laissé éclater leur colère un peu partout dans le pays. Une colère que le candidat arrivé en troisième position et écarté du deuxième tour électoral, dit comprendre. Le site haïtien d'information Alter Presse cite Michel Martelly avec ces mots : « Le Conseil électoral provisoire précipite le pays dans le chaos avec ces résultats frauduleux. Tous les observateurs estiment que ces résultats ne sont pas corrects ».
Mais le candidat chanteur, très populaire en Haïti, n'est pas le seul à dénoncer les élections. De son côté Mirlande Manigat n'est pas contente non plus des résultats annoncés par le Conseil électoral provisoire. La grande favorite des sondages a remporté le premier tour de l'élection présidentielle avec 31,3 % des voix. Seulement voilà : ces chiffres ne reflètent pas sa position réelle, estime la candidate. « Mirlande Manigat appelle à une évaluation indépendante pour nettoyer ces résultat en même temps qu'elle annonce des démarches en vue de réclamer ses droits », écrit Alter Presse. « Elle lance aussi une mise en garde contre ceux qui ont organisé, encouragé ou fermé les yeux sur les fraudes qui affectent les opérations électorales ».
Pendant ce temps, la colère des manifestants s'est focalisée sur le pouvoir en place, à savoir le président sortant René Préval, son dauphin et candidat à la présidence Jude Célestin, arrivé deuxième au premier tour du scrutin, et leur parti politique, l'Inité. «Inité part en fumée » titre sarcastiquement Radio Kiskeya sur son site internet, rapportant que le quartier général de Jude Célestin et d'autres permanences du parti ont été saccagés, incendiés et réduits en cendres.
Pourtant, les candidats aux élections législatives de la plateforme présidentielle, Inité, s'en sortent plutôt pas mal. Le site internet de Radio Métropole croit même savoir qu'Inité est en tête dans les élections à la Chambre de la députation et au Sénat. « Sept candidats d'Inité ont été élus au premier tous des législatives, parmi eux le maire de la ville de Jacmel Edwin Zenny, élu sénateur du Sud-Est avec 57,6% des voix. De plus la quasi-totalité des autres candidats de la plateforme présidentielle sont en ballotage favorable dans la plupart des circonscriptions électorales ». Ce qui fait dire à Radio Métropole que « l'Inité est en bonne position de remporter les législatives ».
Au sein de la communauté internationale, la position la plus claire a été sans aucun doute celle du Canada. Ainsi, le gouvernement canadien par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, a déclaré : « Le respect du processus électoral tel que nous l'avons vu et tel qu'il est institué va placer le Canada dans une position très difficile pour reconnaître le résultat de cette élection », explique le ministre dans les colonnes du Devoir.
Le Miami Herald rappelle quant à lui que les Etats-Unis sont également préoccupés par les « résultats incohérents de l'élection au regard des chiffres partiels avancés par un groupe d'observateurs internationaux, qui plaçait Jude Célestin en troisième place, loin derrière Michel Martelly ». Et enfin le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon tout comme la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton sont intervenus dans le même sens, évoquant les « informations faisant état de multiples irrégularités ».
En Haïti même, c'est la colère mais aussi la déception qui prévaut. Ainsi, Le Nouvelliste conclut : « Vingt-quatre ans que nous attendons que les choses se passent bien et que tout finit mal. Depuis le départ de Jean-Claude Duvalier le 7 février 1986, nous attendons certains soirs que le changement nous arrive d'un coup. Et le mieux avec. Plus de 24 ans que nous essuyons des déceptions ».
http://www.rfi.fr/ameriques/20101209-une-situation-haiti-reste-extremement-tendue

En Haïti, les partisans de « Sweet Micky » contestent les résultats officiels

Michel Martelly, star de la musique haïtienne, refuse d’être écarté du second tour Habituellement, Michel Martelly est un homme souriant. Depuis une vingtaine d’années, « Sweet Micky » – c’est son nom de scène – fait danser ses compatriotes sur des rythmes sucrés et chaloupés, tout sourire et le crâne rasé brillant à la lumière des projecteurs.
Mais la fête est finie pour le « show man » de 49 ans, devenu candidat à l’élection présidentielle. «Peuple haïtien, le conseil électoral provisoire a plongé le pays dans la crise avec ses résultats incorrects, a-t-il déclaré mercredi 8 décembre, en créole à l’antenne de Signal FM, l’une des principales radios d’Haïti. Depuis, le pays s’est mis debout pour faire respecter le vote populaire. La communauté internationale, les observateurs nationaux et internationaux reconnaissent que ces résultats ne sont pas bons. Je comprends votre colère. Je vous demande de surveiller les provocations. Je suis avec vous jusqu’à la victoire totale. »
Alors que des résultats provisoires l’annonçaient en seconde position à l’issue du premier tour qui s’est déroulé le 26 novembre, le voilà relégué, selon les résultats officiels communiqués mardi, à la troisième place. Il est désormais devancé par Jude Célestin, le candidat du pouvoir, et se trouve donc exclu du second tour, qui doit se tenir le 16 janvier prochain.
Mais dans un contexte de fraudes et d’irrégularités nombreuses constatées par les observateurs, ces 6 000 voix d’écart ont provoqué la colère de ses partisans, qui manifestent pour exiger un décompte régulier avant la proclamation définitive, le 20 décembre, des résultats du premier tour.

Engagé dans l’action sociale depuis des années
Parfois armés de bâtons, ils ont circulé mercredi dans plusieurs villes du pays, s’en prenant par endroits à des bâtiments officiels. Notamment aux Cayes, à environ 200 kilomètres au sud de Port-au-Prince, où trois jeunes manifestants ont été tués par balles au cours d’accrochages avec les forces des Nations unies.
Dans le nord du pays, à Cap-Haïtien, des affrontements entre ces manifestants et les partisans de Jude Célestin auraient fait un mort. Tous les aéroports d’Haïti, dont l’aéroport international de Port-au-Prince, ont été fermés.
Pendant plusieurs mois, une partie du peuple haïtien a cru en Wyclef Jean, star de la musique mondiale installé aux États-Unis, qui souhaitait se porter candidat. Mais un chanteur peut en cacher un autre, et la candidature de « Sweet Micky » a suscité de l’espoir parmi les couches populaires et dans les camps de sinistrés quand celle de Wyclef Jean a été rejetée par les autorités.
Michel Martelly est engagé dans l’action sociale depuis des années et a créé en 2008 avec sa femme une fondation d’aide aux plus démunis, avec pour slogan : « Haïti est trop riche pour être pauvre. » Le site de la fondation reconnaît que Sweet Micky suscite la controverse, comme quand il participe en travesti lascif à un show dont les images circulent aujourd’hui sur Internet. « La seule chose qui est prévisible à propos de Sweet Micky, c’est qu’il est complètement imprévisible », note sa fondation.
Gilles BIASSETTE
http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2448354&rubId=4077

Haïti: L'origine asiatique du choléra est confirmée

Le séquençage génétique de la bactérie responsable de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.000 morts en Haïti a confirmé son origine asiatique et révélé des similitudes avec une souche décelée au Bangladesh, rapporte une équipe de chercheurs américains. Le Dr John Mekalanos, de l'école de médecine de Havard, et ses collègues de la compagnie Pacific Bioscience of California, dont les conclusions sont publiées par le New England Journal of Medicine, confirment également qu'une mutation l'a rendue plus virulente et recommandent de nouvelles mesures pour éviter sa propagation.
Mesures préventives
«A l'avenir, lorsque des gens iront travailler dans les zones sinistrées (...), ils devront être contrôlés ou une dose d'antibiotiques ou un vaccin devront leur être administrés de façon préventive pour qu'ils ne transmettent pas le choléra», a ajouté le Dr Matthew Waldor d'Harvard, interrogé par téléphone.
Selon le ministère haïtien de la Santé, 93.000 personnes ont contracté la maladie depuis son apparition en octobre.
—Reuters

jeudi 9 décembre 2010

Haïti: le Conseil électoral va revérifier les résultats

Publié le 09 décembre 2010
Clarens Renois, Agence France-Presse
Port-au-Prince
Le Conseil électoral haïtien a annoncé jeudi qu'il allait revérifier les procès-verbaux de l'élection présidentielle, alors que de nouvelles manifestations ont été organisées dans tout le pays pour contester les résultats du premier tour.
«Le CEP décide d'enclencher immédiatement une procédure d'urgence et exceptionnelle de vérification au centre de tabulation des procès-verbaux liés à la présidentielle de 2010», a indiqué le Conseil électoral provisoire dans un communiqué. Ce mécanisme concerne les trois candidats arrivés en tête.
De nouvelles manifestations ont éclaté jeudi dans certains quartiers de la capitale, où des partisans du candidats Michel Martelly, éliminé pour le second tour, continuaient de réclamer le retour dans la course de leur candidat.
Les administrations, écoles et banques qui ont fermé à Port-au-Prince peu avant l'annonce des résultats mardi soir, n'avaient toujours pas rouvert jeudi matin.
L'aéroport international de Port-au-Prince a annoncé que les vols internationaux restaient suspendus.
La situation était beaucoup plus tendue aux Cayes, une ville située à 200 km au sud de Port-au-Prince, où trois jeunes manifestants avaient été tués par balles au cours de violents affrontements la veille.
De nouvelles manifestations, organisées par les partisans de M. Martelly, étaient en cours, tandis que des entrepôts de nourriture privés ont été pillés, a indiqué à l'AFP un ancien sénateur, Gabriel Fortuné.
Au total, quatre personnes ont été tuées mercredi dans le pays et le siège du parti au pouvoir, Inite, a été brûlé à Port-au-Prince.
Ces violences ont amené jeudi la France à inviter ses ressortissants en Haïti à limiter leurs déplacements «jusqu'au rétablissement de l'ordre public».
L'Organisation des États américains (OEA) et le Marché commun de la Caraïbe (Caricom), qui mènent une mission d'observation du processus électoral, ont rappelé que «les résultats publiés sont préliminaires et non définitifs», en attendant les éventuelles contestations.
Mardi, le Conseil électoral a annoncé que le deuxième tour, le 16 janvier, opposerait l'ex-Première Dame Mirlande Manigat (31% des voix) au candidat du pouvoir Jude Célestin (22%). Michel Martelly, arrivé troisième (21%), est le grand perdant du scrutin.
Sa troisième place et la faible marge qui le sépare du candidat du pouvoir passent mal chez ses partisans alors que Michel Martelly, un chanteur populaire, avait accusé le parti au pouvoir de fraude électorale.
L'annonce des résultats préliminaires a ouvert une période de recours éventuels avant la publication des résultats définitifs du premier tour le 20 décembre. Le processus de vérification sera exécuté en présence d'une commission mixte composée du CEP, des candidats à la présidence concernés, des observateurs nationaux et internationaux ainsi que des partenaires de la communauté internationale.
Les tensions qui règnent en Haïti rappellent de mauvais souvenirs dans un pays qui a connu une forte instabilité politique dans son histoire récente. Elles marquent une nouvelle épreuve pour une population déjà éreintée cette année par le séisme dévastateur du 12 janvier et l'épidémie de choléra qui a éclaté à la mi-octobre.
Un nouveau rapport des Centres de contrôle des maladies (CDC) basé aux États-Unis montre à cet égard que le choléra se répand vite en Haïti où tous les départements de l'île sont touchés.
Plus de 2120 personnes sont mortes de la maladie apparue à la mi-octobre.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201012/09/01-4350750-haiti-le-conseil-electoral-va-reverifier-les-resultats.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4350591_article_POS1

Haïti - Élections : Mirlande Manigat conteste ses propres résultats

09/12/2010 10:48:28 Dans une déclaration diffusée hier sur les ondes d’une radio de la capitale, la candidate Mirlande Manigat « Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) » en tête du classement de ce premier tour (31.37% et 336,878 voix) a fait savoir que les résultats préliminaires, qui lui sont attribués, ne correspondent pas à la réalité « Selon nos chiffres, mon score serait beaucoup plus élevé » a-t-elle affirmé.
Elle a réclamé une évaluation indépendante, afin que les résultats soient «nettoyés» des fraudes et irrégularités. Elle annonce avoir déposée un recours légal, tel que prévu dans la loi électorale, afin de réclamer ses droits. La candidate a également suggérée aux autres candidats, de faire de même, afin de connaître toute la vérité sur leurs propres votes.
Après avoir remercié ses électeurs, elle a mis en garde tout ceux qui ont organisé ou encouragé les « fraudes » qui ont altéré le processus électoral.
http://www.haitilibre.com/article-1873-haiti-elections-mirlande-manigat-conteste-ses-propres-resultats.html

Elections en Haïti : une farce monumentale cautionnée par la Minustah

LEMONDE.FR
09.12.10
10h33 • Mis à jour le 09.12.10
L'année 2010 risque de s'achever en Haïti comme elle y a débuté. Tragique, apocalyptique et chaotique, avec autant de sinistrés dans les camps, de désespoir sur les visages, d'angoisses et de pessimisme dans les esprits. Un cortège de catastrophes naturelles et humaines, voilà qui résume bien l'année finissante pour ce qui fut la perle des Antilles, sinon, le Koweït du XVIIIe siècle.
Définitivement, cette année aura été une 206e maudite pour Haïti. Tremblement de terre dévastateur, OPA des ONG, tutelle de fait, échec de la reconstruction, promesses trahies ou oubliées, épidémie de choléra, enlisement de l'ONU, ouragan Thomas, faillite de l'Etat, putsch constitutionnel et "potentielle katrina" pour Bill Clinton et Barak Obama. Pour compléter ce tableau apocalyptique, voilà qu'Haïti se trouve à nouveau aspirée par le tragique à la suite d'un scrutin frauduleux, cautionné et financé par la communauté internationale et, de surcroît, organisé dans un décor nécrologique et funéraire.
L'enjeu ? Camoufler l'enlisement et l'échec lamentable de la Minustah, après six ans de présence en Haïti. Celle-ci s'avère, de toute évidence, le Waterloo antillais de l'ONU, qui y a déjà englouti des milliards et essuyé depuis 1994 pas moins de cinq échecs fort lamentables. Les élections du 28 novembre 2010 ont vocation de dédouaner la Minustah et de faire oublier que celle-ci n'a réussi qu'à empirer la faillite d'Haïti, notamment, sur le plan institutionnel. Elles risquent donc de discréditer davantage la Minustah et produire le contraire des résultats attendus.
Par ailleurs, le gouvernement canadien a vécu la même expérience négative et douloureuse en Haïti et ce, depuis au moins quatre décennies. Echec après échec, la situation haïtienne s'empire et la communauté internationale persiste, s'enfonce et réédite les mêmes erreurs sans questionnement et sans autocritique. Si bien qu'elle cautionne désormais une opération électorale antidémocratique certes, mais fondationnelle d'une nouvelle institution politique taillée sur mesure pour Haïti : la "démoligarchie" un néologisme formé par la contraction du concept de démocratie et celui d'oligarchie. Un scrutin "démoligarchique" est un scrutin organisé pour l'oligarchie politico-créole haïtienne et la jet-set bureaucratique transnationale onusienne; un scrutin paré d'un faux vernis démocratique en raison d'un processus d'agréments des candidats vicié et inconstitutionnel.
Il suffit d'imaginer des élections générales au Québec, interdites au Parti libéral et/ou au Parti québécois par le directeur général des élections pour comprendre l'absurdité du prochain scrutin en Haïti. Des élections sans "Fanmi Lavalas"de Jean Bertrand Aristide et sans "Fas-à-Fas" de Wyclef Jean ne peuvent revendiquer l'épithète "démocratique" dans le contexte haïtien. Les fraudes massives en faveur du candidat du parti présidentiel dénoncées par l'opposition et l'appel public lancé par cette dernière pour l'annulation du scrutin contrastent avec le cautionnement quasi-inconditionnel d'un tel scrutin par l'OEA et la Minustah. Avant celle-ci, l'on choisissait les Présidents pour les Haïtiens, incluant Aristide bis en 2002 et Préval bis en 2005 et, dans ce dernier cas, suivant un pacte informel avec les partisans de "Fanmi Lavalas".
Avec la Minustah et sous la supervision de l'OEA, ne s'apprête-t-on pas à sélectionner le prochain président haïtien pour le peuple haïtien et ce, au ternes d'un processus "démoligarchique" ? A moins que la candidate Mirlande Manigat parvienne in extremis à éviter le forfait infligé à l'ex-président Lesly Manigat en 2005, le scénario de la sélection apparaît fort prévisible dans le cas du candidat officiel de la présidence, M. Jude Célestin. Autrement, le bris unilatéral par le président Préval de son contrat implicite en 2005 avec "Fanmi Lavalas" devrait en toute logique favoriser Mirlande Manigat au second tour. Ce qui ferait du même coup de Jean-Bertrand Aristide l'arbitre potentiel de l'issue du prochain scrutin. Ce que redoute le parti présidentiel. Une éventuelle victoire de Mirlande Manigat suppose la neutralisation du clan prévalien dont le cynisme et l'ambition dynastique sont des paramètres incontournables dans le dénouement final de l'équation électorale. A cela s'ajoutent des pratiques et mœurs électorales frauduleuses et bicentenaires, orchestrées avant, pendant et après la votation. En légitimant ex ante le processus électoral, l'ONU et l'OEA se sont piégées elles-mêmes.
LA DÉMOCRATIE ET LES INTÉRÊTS SUPÉRIEURS DU PEUPLE HAÏTIEN SONT BAFOUÉS
Pourtant, ce scrutin, quelle que soit son issue finale, est porteur d'instabilité politique en Haïti. En effet, pour la première fois dans l'histoire de ce pays (Un miracle est toujours possible !), l'on risque d'expérimenter une cohabitation politique, avec Mirlande Manigat comme éventuelle présidente et Jude Célestin comme probable premier ministre. Tout indique que la prochaine législature sera dominée par le Parti Unité de Jude Célestin lequel dispose d'un candidat dans chaque circonscription électorale pour les législatives. La cohabitation politique envisagée ci-dessus constituerait en soi une marmite explosive, en raison de l'incivisme avéré, du déficit de convivialité politique et de la myopie de l'élite politique et créole haïtienne. Ajoutez-y l'illégitimité et l'inconstitutionnalité des arbitrages du conseil électoral provisoire, et vous avez la recette pour le retour au brigandage politique et, par ricochet, pour un enlisement de la Minustah en Haïti. En essayant de faire avaler au peuple haïtien, une pilule "démoligarchique" dissimulée dans une fausse capsule démocratique, l'OEA et la Minustah auront réarmé la grenade politique haïtienne. En découlera-t-il l'ivoirisation d'Haïti ? L'on ne peut écarter une telle hypothèse.
En cautionnant un processus "démoligarchique" pour éviter de perdre la face en Haïti et laisser planer l'illusion d'un quelconque progrès dans ce pays depuis 2005, la Minustah ne se dirige-t-elle pas vers son Waterloo dans le bourbier haïtien ? N'aurait-elle pas mieux investi ses énergies en rééditant l'expérience des grands travaux d'infrastructures et de modernisation vécue sous l'occupation américaine mais sans la brutalité et la rudesse d'une telle occupation ? Au lieu de cela, la Minustah a préféré s'arrimer sur l'oligarchie créole haïtienne ; au risque de se faire suspecter d'être à l'origine du choléra en Haïti et, in fine, de cautionner tambour battant, la mise en œuvre de la démoligarchie prévalienne. Et ceci, sans se réaliser qu'après le séisme du 12 janvier, une nouvelle Haïti a émergé, plus complexe, avec une nouvelle géographie sociale plus compliquée et plus fracturée. En effet, une géographie quadridimensionnelle s'est substituée à l'espace social bi puis tridimensionnel qui fut celui d'Haïti. À la bipolarité traditionnelle "ville", "campagne", il y a eu depuis 1986, les bidonvilles d'Aristide et en deçà des bidonvilles, il y a désormais les camps de sinistrés avec leurs angoisses, humiliations, agressions et désespoirs. Fas à Fas de Wyclef Jean incarnait l'espoir pour les jeunes des bidonvilles et les sinistrés des camps de la capitale et Fami Lavalas de Jean-Bertrand Aristide, leur salut social. Pourtant, les deux ont été sacrifiés sur l'autel "démoligarchique" que demeure le scrutin du 28 novembre. La démocratie et les intérêts supérieurs du peuple haïtien sont encore terriblement bafoués et ce, avec la complicité de ceux mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU pour les protéger. Sur ce plan, la Minustah semble désormais faire plus partie du problème haïtien que de sa solution.
C'est au nom d'une éthique de la solidarité et de la dignité humaine que la Minustah aurait du prioriser le retour au seuil de l'humain pour plus d'un million d'individus abandonnés dans des camps de fortune et insalubres ainsi que pour les deux millions de pauvres tapissés dans les nouveaux bantoustans que sont les bidonvilles de Port-au-Prince. Que d'excès onusiens pour si peu de résultats concrets depuis 2005 pour ces millions de déshérités. Le bilan du Canada n'est guère mieux en Haïti. Pourtant, nous continuons, à l'instar de l'ONU, à y rééditer les mêmes erreurs. Erreur de lecture, erreur d'appréciation, erreur de diagnostic, erreur de prescriptions, y compris en matière de soins palliatifs. Les élections du 28 novembre ne sont qu'un éloquent exemple de ces erreurs historiques.
Wilson Saintelmy, expert en gouvernance et doctorant en droit à l'UQAM
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/09/elections-en-haiti-une-farce-monumentale-cautionnee-par-la-minustah_1450817_3232.html

Haïti - Élections : Les Cayes au cœur de la violence

09/12/2010 08:44:57 C'est aux Cayes (Département du Sud) que les violences de mercredi ont été les plus graves. Notre bilan révisé, fait maintenant état de 3 morts et d’une dizaine de blessés par balles, pour cette seule ville.
L’ancien Sénateur Gabriel Fortuné a confirmé qu’un manifestant avait été abattu par des casques bleus sénégalais, lors de l’attaque du Bureau Électoral Départemental (BED) qui a été incendié (victime rapportée dans notre bilan d’hier).
Deux autres jeunes manifestants ont été tués à l'entrée de la ville, lors de l’attaque et du saccage d’un commissariat de police. Les armes des policiers ont été emportées par les manifestants.
Les autorités estiment que la plupart des bureaux publics situés dans le centre ville ont été incendiés ou sérieusement endommagés entre autres : bureaux des douanes, des finances, de la Direction générale des impôts ainsi qu'une succursale de la Banque nationale de Crédit. Des résidences privées, des magasins, une station de radio (appartenant au Sénateur sortant, Carlos Lebon (INITE), et un établissement scolaire ont également été saccagés ou endommagés.
http://www.haitilibre.com/article-1870-haiti-elections-les-cayes-au-coeur-de-la-violence.html

Haïti: Quatre morts dans les violences, le président appelle au calme

CARAÏBES - Les résultats du premier tour de la présidentielle sont contestés...

Au lendemain de l’annonce des résultats du premier tour de la présidentielle en Haïti, des milliers de personnes ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince pour contester les résultats officiels. La foule en colère a notamment incendié le siège de la coalition gouvernementale sortante, accusée d'avoir truqué les résultats, ont rapporté des témoins. La plupart des manifestants sont des partisans du chanteur Michel Martelly, donné troisième du scrutin et donc écarté du second tour sont descendus dans les rues de Port-au-Prince.
Selon plusieurs témoignages, les affrontements ont fait au moins quatre morts et plusieurs blessés. De son côté, le président René Préval a lancé un appel au calme: «Manifestez est votre droit. Mais n'attaquez pas les bâtiments publics et les propriétés privées. Vous donnez une mauvaise image d'Haïti. Rien n'est résolu par la violence».
«Pendons Préval!»
Parfois armés de gourdins, il ont érigé des barricades dans divers quartiers de la capitale, dont Pétionville, pour contester les résultats donnés mardi soir par le Conseil électoral. «Pendons Préval!», hurlaient certains en référence du président sortant René Préval, dont le protégé et futur gendre, Jude Célestin, est arrivé en deuxième position.
Mardi soir, le Conseil électoral a publié les résultats du premier tour, organisé le 28 novembre, accordant 31,37% des voix à Mirlande Manigat, l'ancienne première dame du pays âgée de 70 ans, et 22,48% au candidat du pouvoir sortant, Jude Célestin. Michelle Martelly, surnommé «Sweet Mickey» est arrivé en troisième position avec 21,84% des voix. Il avait promis une vague de contestation s'il n'était présent au second tour.
http://www.20minutes.fr/article/635821/monde-haiti-quatre-morts-violences-president-appelle-calme

Haïti: les aéroports fermés

AFP 08/12/2010
Mise à jour : 21:14 Réagir Tous les aéroports d'Haïti, dont l'aéroport international de Port-au-Prince, ont été fermés mercredi en raison des manifestations qui secouent le pays après la proclamation des résultats du 1er tour de la présidentielle, a annoncé l'aéroport de la capitale.
Les compagnies aériennes American Airlines et Air Transat avaient déjà annoncé plus tôt dans la journée la suspension temporaire de leurs vols vers et au départ d'Haïti.
American Airlines, principal transporteur international présent en Haïti, exploite trois vols quotidiens au départ de Miami, un au départ de New York, un autre au départ de Fort Lauderdale (Floride) et un à partir de San Juan à Porto Rico, via la compagnie American Eagle.
"Nous avons annulé nos vols pour aujourd'hui et demain parce que les employés de la compagnie et ceux de l'aéroport n'ont pas pu se rendre au travail" à Port-au-Prince, a indiqué Martha Pantin, une porte-parole de la compagnie américaine, dont le siège est à Miami.
Au Canada, Air Transat, qui assure une liaison hebdomadaire, a pour sa part suspendu "pour des raisons de sécurité" un vol devant partir aujourd'hui de Montréal, où vit une important communauté haïtienne, annulant de fait le retour de Port-au-Prince prévu dans l'après-midi.


http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/12/08/97001-20101208FILWWW00690-haiti-les-aeroports-fermes.php

Les ratés du scrutin inquiètent le ministre Cannon

Le Canada pourrait ne pas reconnaître les résultats du deuxième tour de scrutin en Haïti en raison d’irrégularités électorales, a laissé entendre le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon lors d’un point de presse mercredi.
Inquiet de la tournure des événements, le ministre a exhorté «les acteurs de la scène politique à remédier aux irrégularités conformément à la loi électorale haïtienne», à s’acquitter de leurs responsabilités dans l’intérêt de la population et «à faire preuve d’un engagement ferme envers la paix, les principes démocratiques et l’intégrité du processus électoral».
M. Cannon a instruit l’ambassadeur canadien à Port-au-Prince d’intervenir auprès du président René Préval pour qu’il assure la stabilité et «la transition démocratique du pays».
Si la situation ne se redresse pas, le Canada songe à ne pas reconnaître les résultats électoraux préliminaires annoncés mardi.
Si la situation chaotique perdure, il sera difficile pour le Canada «de reconnaître les résultats de cette élection», a ajouté le chef de la diplomatie canadienne.
«Nous ne proposons pas au président Préval de poser tel ou tel geste, a-t-il poursuivi. Nous enjoignons tous les acteurs politiques à reprendre le calme et à respecter le processus électoral.»
Manifestations, tirs sporadiques, incendies et barrages ont dominé le quotidien des Haïtiens au lendemain de la divulgation des résultats de ce scrutin contesté.
Les médias locaux ont rapporté la mort d’un jeune manifestant au Cap-Haïtien, mercredi. Une épidémie de choléra qui sévit toujours a également fait 2000 morts en Haïti.
Mirlande Manigat, une juriste âgée de 70 ans, affrontera Jude Célestin, le protégé du gouvernement, au second tour des présidentielles prévues pour le 16 janvier.
À Ottawa, les partis d’opposition ont, somme toute, bien accueilli cette prise de position de M. Cannon.
Pour le chef bloquiste, Gilles Duceppe, le Canada fait «les pressions nécessaires» pour que le deuxième tour se déroule correctement. Si les résultats sont entachés d’illégalités, ils ne seront pas valables, a-t-il affirmé.
Chez les néo-démocrates, Thomas Mulcair souhaite que le Canada, grand donateur en Haïti, «puisse calmer le jeu».
Il rappelle toutefois que ce n’est pas aux Canadiens de décider si les résultats du scrutin sont valables ou non.
Enfin, le chef libéral Michael Ignatieff critique le «silence» et l’inaction du gouvernement dans ce dossier. Selon lui, il faudra assurer une présence canadienne au second tour pour surveiller le déroulement du scrutin.
(Agence QMI)

http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/national/archives/2010/12/20101208-201910.html

Période électorale violente à Haïti

Le chaos semble sans fin à Haïti après le premier tour d‘élections présidentielles.

Plusieurs villes de l‘île ont été le théâtre toute la journée de manifestations violentes, après toute une nuit marquée par des troubles.
Plusieurs permanences du parti au pouvoir ont été saccagées et son quartier général incendié.
Beaucoup n’apprécient pas que Jude Célestin, le candidat de ce parti, soit parvenu à se maintenir au deuxième tour de scrutin.
“Je trouve que c’est une honte, estime ce manifestant anti-gouvernement, de voir la communauté internationale dépenser autant d’argent pour ces élections, de voir tous ces Haïtiens qui voulaient vraiment un changement, se sont mobilisés pour l‘élection, pour que les choses changent, et finalement de voir cette fraude massive, ce vol de la volonté du peuple, je trouve que c’est une honte”.
Ce sont les supporters de Michel Martelly, un chanteur populaire écarté du second tour, qui semblent les plus violents.
Par craintes de perturbations dans les aéroports du pays, ceux-ci sont fermés jusqu‘à nouvel ordre.
Copyright © 2010 euronews
http://fr.euronews.net/2010/12/08/periode-electorale-violente-a-haiti/

Haiti-Élections : Manigat et Martelly dénoncent

P-au-P., 08 déc 2010 [AlterPresse] --- Les candidats à la présidence Myrlande Manigat et Michel Martelly ont dénoncé les résultats préliminaires des élections proclamés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP), et qui les mettent respectivement en 1re et 3e positions. Dans une déclaration radiodiffusée, Manigat soutient que les 31.30 % de voix qui lui sont attribués ne reflètent pas sa position réelle.
« Selon nos chiffres, mon score serait beaucoup plus élevé », affirme-t-elle.
Elle appelle à une « évaluation indépendante » pour « nettoyer ces résultats », en même temps qu’elle annonce des démarches en vue de réclamer ses droits.
La candidate du Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) suggère à ses autres collègues de faire de même pour que luise « la vérité » sur leurs propres votes.
Elle remercie les électeurs et lance une mise en garde contre ceux qui ont organisé, encouragé ou fermé les yeux sur les « fraudes » qui affectent les opérations électorales.
« Nous allons changer ca », s’exclame-t-elle.
De son coté, dans une courte déclaration à la radio, le chanteur Michel Martelly apporte son soutien à ses partisans qui ont violemment exprimé leur frustration dans plusieurs régions du pays.
« Je suis avec vous jusqu’à la victoire », déclare-t-il, accusant le CEP de « précipiter le pays dans le chaos avec ces résultats frauduleux ».
Selon les chiffres du CEP, Martelly obtient 21,84 % des voix et est écarté su second tour auquel prendront part Myrlande Manigat et le candidat officiel Jude Celestin qui arrive en seconde position avec 22.48 % des voix.
« Tous les observateurs déclarent que ces résultats ne sont pas correctes, » souligne Martelly, qui dit comprendre la « colère » de ses partisans.
« Le peuple a le droit de manifester sans violence », déclare-t-il, en appelant ses sympathisants à la « vigilance » face à des tentatives d’« infiltration » et de « provocation ». [apr 08/12/2010 19 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10385

Haïti: "recours possibles" selon l'OEA, résultats "incohérents" selon Washington

WASHINGTON — Il existe tout une série de "recours possibles" après la publication des résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Haïti, a déclaré mardi José Miguel Insulza, le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), tandis que Washington se disait "préoccupé" par les résultats "incohérents". Le Conseil électoral haïtien a annoncé mardi soir que le deuxième tour de l'élection présidentielle en Haïti opposerait l'ex-Première Dame Mirlande Manigat, qui a obtenu 31% des voix, et le candidat du pouvoir Jude Célestin, qui a réuni 22% des suffrages. Mais M. Célestin n'a obtenu que quelque 6.000 voix de plus que le chanteur populaire Michel Martelly, dont les partisans manifestaient leur colère mardi soir à Port-au-Prince.
"La première chose que je veux rappeler c'est qu'il s'agit d'un décompte provisoire", a déclaré le secrétaire général de l'OEA qui mène, avec les pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom), une mission d'observation du processus électoral en Haïti. "Il y a tout un processus à travers duquel il est possible de faire appel des résultats, toute une palette de recours ouverts", a-t-il poursuivi lors d'une session de l'OEA consacrée au différend Costa Rica-Nicaragua. "Il est important de maintenir le calme et je crois qu'il va certainement y avoir une discussion après" la publication des résultats, a-t-il ajouté.
L'annonce des résulats a provoqué des manifestations dans Port-au-Prince de la part notamment des partisans de Michel Martelly, le grand perdant du premier tour qui arrive en troisième position juste derrière le candidat du pouvoir qu'il avait accusé de préparer des fraudes.
Les Etats-Unis se sont dits "préoccupés" par les résultats "incohérents" de l'élection présidentielle haïtienne mais ont appelé au calme et offert d'examiner toute fraude éventuelle, selon un communiqué mardi soir de leur ambassade à Port-au-Prince. "Comme d'autres, le gouvernement des Etats-Unis est préoccupé par l'annonce des résultats préliminaires des élections du 28 novembre par le Conseil électoral provisoire, qui sont incohérents par rapport aux résultats publiés par le Conseil national d'observation des élections", a fait savoir l'ambassade.
"Au moment où Haïti entre dans la période de contestation des résultats électoraux, il est essentiel que tous les acteurs de la vie politique restent calmes et appellent leurs partisans à faire de même", a plaidé l'ambassade.
L'annonce des résultats préliminaires ouvre une période de recours éventuels avant la publication des résultats définitifs du premier tour prévue le 20 décembre. Washington se tient prêt à aider à un réexamen exhaustif des irrégularités constatées lors du scrutin afin de parvenir à des résultats "qui correspondent à la volonté du peuple haïtien exprimé par ses suffrages", selon le communiqué.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jRY3kuHJ0tU40jwKixpIU-9nvFrw?docId=CNG.706b8ff07def8edbbe7fe5719f339c4f.2c1
Commentaires:
Oui mais devant quel tribunal?
Le Tribunal du CEP décrié.
Ils sont rigolo ces internationaux qui font plus le jeu archaïque et macabre des haïtiens du pouvoir aveuglés par l'appât du gain!!!

Haiti - Elections : Le QG d’INITE part en fumée...

08/12/2010 13:08:12
Le quartier général d'Inité, le parti au pouvoir en Haïti, a été incendié mercredi matin à Port-au-Prince, au lendemain de l'annonce des résultats préliminaires de la présidentielle, et les pompiers étaient sur place, a constaté un journaliste de l'AFP.

 Ce mercredi en Haïti, les partisans de Michel Martelly ne décolèrent pas, suite à l’exclusion de leur candidat. Après une nuit de violences, qui se sont répandues dans tout le pays, des milliers de manifestants, convergeaient de bonne heure ce matin vers le centre-ville de la capitale.
Rappelons que les résultats préliminaires du scrutin, ont exclu du deuxième tour, le candidat Martelly, au profit du candidat du pouvoir, Jude Célestin, avec seulement 6,845 voix d’écart sur fond de fraudes et d’irrégularités.
Empêchés d'approcher du Palais présidentiel par des unités anti-émeutes, les partisans du chanteur se sont alors dispersés en groupes dans toute la ville. Certains brandissaient des portraits du candidat Martelly, d'autres, armés de bâtons, frappaient des poubelles ou jetaient des pierres en scandant des slogans en faveur de leur candidat. Des barricades ont été dressées dans les rues de Port-au-Prince.
Le Quartier Général d'INITE sur la rue Rivière, a été incendié dans la matinée à Port-au-Prince, par des manifestants cagoulés. Les pompiers dépêchés sur les lieux, tentaient de maîtriser les flammes qui ravageait le siège du parti INITE.
D’après certains observateurs, ces manifestations sont les plus importantes dans le pays depuis la réélection du Président René Préval en 2006. Vestiges des émeutes de la nuit, des bennes à ordures étaient déversées sur la chaussée où des carcasses de voitures finissaient de brûler. La plupart des commerces sont toujours fermés.

Haïti - Élections : Situation de violence dans tout le pays

08/12/2010 08:59:22 Haïti est plongé dans une vague de manifestations et de violences, suite de l’annonce des résultats préliminaires des élections, par le porte parole du Conseil Électoral Provisoire devant les 9 chaises vides prévues pour les conseillers électoraux du Conseil Électoral Provisoire (CEP), qui ne se sont pas présentés, malgré 3 heures d’attente... sans explication.
Des partisans de candidats éliminés ont allumé, mardi soir, des feux et érigés des barricades dans les rues de la capitale en signe de protestation. Des débuts d'incendies ont été signalés dans de nombreux petits commerces. Des centaines de manifestants aux visages masqués, couraient dans les rues, pour la plupart bloquées, pour demander l'annulation du scrutin. Des jets de pierres ont perturbé la circulation automobile, des pare-brises ont été brisé et des véhicules incendiés. Des manifestants accusaient le gouvernement d’avoir «coulé leur candidat» d’autres menaçaient de bloquer le pays.
À Pétion Ville, les pneus brulaient, remplaçant l’éclairage publique... Des coups de feu ont été entendu dans la banlieue chic de la capitale... Des passants ont été agressés par des jets de pierres... Des commerces ont été vandalisés. À place Saint Pierre, les manifestants se sont heurtés aux forces de la Misnustah et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui ont tenté avec des gaz lacrymogène de les disperser... Les milliers de réfugiés du camps de la Place Saint-Pierre, femmes, enfants et bébés ont été contraint d’évacuer la zone gazée, et trouver refuge dans un autre camps... La conférence de presse prévu tard en soirée par le candidat Michel Martelly a été annulée.
Au Champ-de-Mars près du camps qui abrite des milliers de sinistrés, des manifestants en colère ont vandalisé et renversé des toilettes mobiles. Les riverains s’inquiètent des excréments répandus, craignant la propagation du choléra.
À Carrefour les bureaux d’INITE ont été attaqués et brûlés, les affiches du Candidat Célestin ont été arrachées, des billboards du candidat détruits. Ce matin dans un paysage de désolation, la police brillait par son absence...
Telle une traînée de poudre, un vent de révolte, sur fonds de contestations et de vandalisme, s’est répandu dans d’autres ville du pays.
Aux Cayes, la ville a été paralysée, de nombreuses manifestations ont eu lieu dans la ville, les rues sont bloquées par des barricades et des pneus enflammés, la DGI, le Ministère de l’Économie et des finances, le Parquet ainsi qu’une école ont été incendiés. Les manifestants jettent des pierres et des bouteilles. On rapporte des coups de feu. Ce matin la plupart des commerces sont fermés alors que de nouvelles manifestations se préparent.
Au Cap, la ville a aussi été paralysée, ont signale des barricade enflammées. Ce matin, commerces et sont écoles fermés.
Il est trop tôt pour avoir les premiers bilans humains de ce vent de contestations et de violence qui souffle sur le pays, alors que de nombreuses manifestations sont annoncées aujourd’hui et que la tension est loin de s’être apaisée et que les résultats de ces élections alimentent la colère de la population.
http://www.haitilibre.com/article-1860-haiti-elections-situation-de-violence-dans-tout-le-pays.html

Ban Ki-moon appelle au calme après des accusations de fraude lors des élections haïtiennes

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé, mercredi, au calme les différentes parties aux élections présidentielle et législative en Haïti, se disant préoccupé par des accusations de fraude lors de ces scrutins qui se sont déroulés le 28 novembre dernier dans ce pays. Le secrétaire général "est préoccupé par les accusations de fraude et reste déterminé à soutenir des élections libres et justes qui reflètent la volonté du peuple haïtien", a affirmé son porte-parole, Martin Nesirky.
Le chef de l'ONU reste également préoccupé par "les actes de violence et les troubles qui ont eu lieu après l'annonce des résultats préliminaires", a-t-il dit, lors d'un point de presse au siège de l'Organisation onusienne.
M. Ban a rappelé à tous les candidats "qu'ils ont une responsabilité personnelle à encourager leurs partisans à rester calmes", a relevé M. Nesirky, notant qu'"une solution pacifique à la situation actuelle est cruciale à court terme pour affronter l'épidémie de choléra et à moyen-terme et créer les conditions pour la reconstruction et le développement à la suite du séisme du 12 janvier".
Selon les résultats préliminaires des élections présidentielles en Haïti, l'ex-première dame Mirlande Manigat a obtenu 31,30 % des voix, alors que le candidat du pouvoir, Jude Célestin, en a recueilli 22,48 %. Ces deux candidats devront briguer la présidence lors du deuxième tour du scrutin, prévu le 16 janvier prochain.
MAP
http://www.atlasinfo.fr/Ban-Ki-moon-appelle-au-calme-apres-des-accusations-de-fraude-lors-des-elections-haitiennes_a12096.html

Haïti/choléra: l'armée népalaise condamne le rapport la mettant en cause

KATMANDOU - L'armée népalaise a vivement réagi mercredi à un rapport selon lequel les Casques bleus népalais de la Mission de l'ONU présents en Haïti seraient à l'origine de l'épidémie de choléra qui a fait plus de 2.000 morts, affirmant qu'aucune preuve ne vient étayer ces accusations. La veille, l'ONU avait déjà affirmé à New York qu'il n'existait aucune "preuve concluante" attestant que le foyer de l'épidémie de choléra en Haïti était parti d'un camp de soldats népalais, comme l'assure un rapport remis au ministère français des Affaires étrangères.
Un porte-parole de l'armée, Ramindra Chhetri, a affirmé que le rapport d'un épidémiologiste envoyé dans ce pays par la France à la demande des Haïtiens, ne contenait aucune preuve de l'implication directe des troupes népalaises.
"C'est une conclusion hypothétique et nous condamnons fermement de telles allégations sans faits ni preuves solides", a-t-il déclaré à l'AFP.
"Je ne pense pas qu'il y ait jusqu'à présent de preuve concrète" établissant un lien entre l'épidémie et les forces népalaises, a-t-il insisté.
Le rapport n'a pas été officiellement publié mais une source proche du dossier a déclaré mardi à l'AFP que le foyer infectieux était parti du camp des soldats népalais situé dans le centre d'Haïti, près du fleuve de l'Artibonite.
"Le point de départ est localisé très précisément", a déclaré cette source, citant les conclusions du rapport du professeur français Renaud Piarroux récemment remis aux autorités haïtiennes et au ministère français des Affaires étrangères.
Le choléra, qui se transmet par l'eau ou des aliments souillés, est endémique au Népal, l'un des pays les plus défavorisés de la planète.
Les premiers cas sont apparus autour du 15 octobre près de Mirebalais, dans le centre d'Haïti, avant de se multiplier par milliers en quelques jours.
"Il n'y pas d'autre explication possible que ça sur le développement de l'épidémie dans un contexte où il n'y avait pas de choléra dans le pays, et compte tenu de l'intensité, de la vitesse de propagation et de la concentration de vibrion dans le delta de l'Artibonite", a poursuivi cette source.
Avec un tel niveau de concentration et de propagation, "l'explication la plus logique, c'est l'introduction massive de matière fécale (de malades) dans le fleuve de l'Artibonite, en une seule fois", a poursuivi la source proche du dossier citant les conclusions du rapport.
Depuis son apparition, l'épidémie a fait plus de 2.000 morts et près de 92.000 cas ont été enregistrés, selon le ministère de la Santé de ce pays déjà dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier (plus de 250.000 morts, 1,3 million de sinistrés).
Le Pr Piarroux a déclaré le mois dernier qu'il n'y avait pas eu de propagation si rapide du choléra depuis une épidémie à Goma, en République démocratique du Congo, en 1994.
La Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (Minustah) a répété à plusieurs reprises que des tests effectués autour de la base népalaise et notamment dans les latrines et les eaux du camp s'étaient révélés "négatifs".
Une partie de la population a toutefois rapidement accusé les Casques bleus d'avoir importé l'épidémie, provoquant des violences lors de manifestations. Depuis, le contingent népalais d'environ 1.000 hommes a été placé sous protection.
Environ 12.000 personnes de l'ONU originaires d'une dizaine de pays sont déployés en Haïti après des années de conflit armé et le puissant séisme de janvier.
http://www.romandie.com/infos/news2/101208082812.xzpnosum.asp

Haïti, l'inacceptable ironie !

Comme dans chaque cataclysme et dans toute destruction partielle ou complète des structures sanitaires d'un lieu, d'une région ou d'une organisation sociale, d'emblée la crainte du choléra avait été exprimée et le besoin de prévention et de mise en place de moyens sanitaires souligné et répété. Car c'est bien un risque systématique de ces situations dont on connait l'existence, la sensibilité et l'importance.
L'existence aussitôt que les moyens de traitement des eaux usées, plus précisément des déjections sont dérangés soit par destruction physique, comme lors d'un séisme, soit par saturation à cause d'une capacité insuffisante ou d'une sur occupation des lieux, soit les deux ensemble.
La sensibilité parce que le contrôle en est parfois rendu très difficile lors de circonstances d'urgence extrême, par des catastrophes naturelles ou sociales où tout est perturbé simultanément.
L'importance à cause de la course épidémique et du très mauvais pronostic de la contamination, faisant subitement une grande quantité de malades et, hélas, de décès.
Mais dans un tel contexte qui voit une population locale déjà gravement et profondément meurtrie, injustement frappée par la calamité, il est bien plus inacceptable encore que ce supplément de malédiction soit importé, introduit par un groupe venu porter assistance.
Dans un aussi grand cumul de malheurs, une révolte de la population contre toute cause tangible n'est pas surprenante tant le sentiment d'une injustice profonde se conçoit bien.
Qu'elle se tourne donc contre la source désignée de cette infection n'est non seulement pas surprenant, mais presque légitime tant cette foule ressent une injuste oppression des conditions.
Faire comprendre et faire accepter qu'il n'y a pas de culpabilité, pas de responsabilité du contingent de casques bleus duquel est venue la propagation ne sera pas une tâche aisée, comme il n'est d'ailleurs pas évident qu'aucune faute dans l'installation du campement n'ait été commise.
De quoi méditer tout au moins quant aux précautions qu'il est opportun de prendre dans l'implantation des équipes, qu'elles soient de sécurité, comme le groupe népalais concerné, ou médicales, ou encore logistiques ou de construction car quelle que soit l'activité de l'équipe, son arrivée engendre une nécessité accrue d'équipement et d'encadrement.
Négliger cet aspect ou en tenir insuffisamment compte représentera toujours un risque d'incidents, d'accidents ou de pollutions dont les conséquences peuvent dégénérer jusqu'à un rejet pour le moins contre-productif.
Peut-être est-il heureux que l'actualité nationale d'Haïti apporte, avec les élections, des sujets plus vifs qui estompent l'impact de l'enquête étiologique conduite par l'équipe française du professeur Piarroux.
Mais les indigènes pourraient se retourner, une fois le fauteuil présidentiel repourvu, pour demander des comptes ou exprimer de grands reproches aux étrangers dont ils attendent tant, mais certainement pas une épidémie.
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