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mardi 6 novembre 2007

Lancement officiel de la campagne nationale de vaccination
Pour la première fois, 5,7 millions d’enfants et de jeunes seront protégés contre la rubéole, la rougeole et la polio ; optimistes, le gouvernement haïtien et la communauté internationale appellent à la collaboration de tous
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

La première grande campagne nationale de vaccination contre la rubéole, la rougeole et la polio a été lancée lundi par le gouvernement en vue de prémunir 5,7 millions de jeunes haïtiens de 0 à 19 ans contre ces trois maladies virales qui n’ont jamais été éradiquées.
Dans leurs interventions respectives, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis et les ministres de la santé, Robert Auguste et de l’éducation nationale, Gabriel Bien-Aimé ont appelé les différents secteurs de la population, les parents et les enseignants à contribuer au succès de la campagne. Ils se sont montrés confiants quant aux chances d’atteindre les objectifs visés.
Pour sa part, la représentante de l’OPS/OMS en Haïti, le Dr Henriette Chamouillet, a félicité les autorités haïtiennes pour cette initiative très ambitieuse. Elle leur a promis un appui indéfectible afin de faire de la santé une des grandes priorités nationales.
Présent également à la cérémonie de lancement de la campagne au Karibe Convention Center, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Hédi Annabi, s’est réjoui de ce projet gouvernemental qui doit permettre de vacciner plus de cinq millions de personnes en quelques mois. De l’avis du diplomate tunisien, la campagne qui démarre dans trois départements avant de s’étendre à tout le territoire va constituer une démonstration des potentialités du pays.
La MINUSTAH fournira une aide logistique à la réalisation des différentes étapes en assurant notamment le stockage des doses qui seront utilisées dans les postes de vaccination.
Dans une perspective de persuasion et de sensibilisation de la jeunesse, des vaccins contre la rubéole, la rougeole et la polio ont été administrés à deux joueurs de la sélection U-17 de football, Valdo Normil et Géraldy Joseph. Ils faisaient partie du groupe qui avait fièrement représenté Haïti au Mondial de Corée du Sud, durant l’été. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4377

Au moins 64 morts, 16 disparus et près de 20.000 déplacés, nouveau bilan du passage de la tempête


Un conseil des ministres consacré à la gestion de l’après-Noël ; accrochages à la Croix-des-Bouquets où des réfugiés ont empêché la reprise des cours dans un lycée en réclamant des terrains destinés à la construction
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le bilan du passage de la tempête tropicale Noël s’est de nouveau alourdi passant à 64 morts, 16 disparus et 105 blessés, selon des informations communiquées lundi soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte faisait état de 62 décès.
Les familles sinistrées s’élèvent désormais à 10.590 et les personnes hébergées à 18.512.
Les pertes matérielles n’ont pas non plus cessé d’augmenter. Les maisonnettes détruites sont au nombre de 2.006 et celles endommagées de 9.135.
Les données sur les inondations enregistrées au cours du week-end à Tiburon (extrême Sud) et Arcahaie (Ouest) étaient encore en phase de traitement et peuvent donc alourdir davantage le bilan, prévient la directrice de la protection civile.
Le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, accompagné de Mme Alta Jean-Baptiste, a fait lundi après-midi un exposé général de la situation lors d’un conseil des ministres spécial qui réunissait le Président René Préval, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis et les membres du gouvernement. D’importantes décisions devaient être annoncées à l’issue de cette séance de travail consacrée à la gestion du lourd héritage laissé par la tempête tropicale
Sur un autre front, les autorités faisaient face lundi à la colère de sinistrés installés dans des établissements scolaires notamment à la Croix-des-Bouquets (environ 40 km au nord-est de Port-au-Prince). Refusant de quitter les locaux du lycée Jacques 1er, près de 250 hommes et femmes ont manifesté contre leurs conditions d’hébergement. Ils ont menacé de rester dans l’enceinte de l’école où la reprise des cours après plusieurs jours d’interruption a été reportée sine die. Les élèves n’ont pu avoir accès aux salles de classe et ont dû rebrousser chemin dans la plus grande incertitude.
Malgré l’intervention du maire de la Croix-des-Bouquets, Darius Saint-Ange et du commissaire de police, Ernst Dumont, les protestataires n’entendaient pas partir tant que des terrains ne leur seraient pas accordés pour la construction de leurs maisons.
Des mouvements de protestation ont été également enregistrés dans d’autres centres d’hébergement. Dans certains cas, on semblait se diriger vers un éventuel recours à la force pour la récupération d’espaces scolaires transformés en abris provisoires. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4378

Des leaders de la Floride lancent une collecte de dons en faveur des sinistrés haïtiens et dominicains

Le métro, les pompiers et la police de Miami-Dade mobilisés
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Des leaders du comté de Miami-Dade ont décidé d’organiser pendant une semaine une campagne visant à collecter des dons en nature en faveur des nombreuses victimes de la tempête tropicale Noël en Haïti et en République Dominicaine, rapporte dans son édition de lundi le Miami Herald.
Toutes les équipes des bureaux régionaux du métro, des stations de sapeurs-pompiers et des postes de police ont été invitées à se joindre à cette action humanitaire en recueillant des dons à partir de mardi matin 8 heures. L’opération se poursuivra jusqu’au 13 novembre inclusivement. Les différents services sollicités ont accepté d’apporter leu contribution.
Les initiateurs de ce mouvement de solidarité ont présenté une liste précise des articles que les donateurs peuvent offrir : couvertures, bouteilles d’eau, kits d’urgence, couchettes, nourriture pour bébés, aliments secs et génératrices.
Les différents dons seront répartis en deux compartiments pour être acheminés respectivement en Haïti et en territoire voisin.
Parallèlement à ce geste annoncé à Miami-Dade et à d’autres manifestations de la solidarité internationale, la communauté haïtienne du sud de la Floride se préparait à se mobiliser en faveur des populations sinistrées.
Noël a fait au moins 150 morts, 100.000 sinistrés et d’énormes dégâts non encore évalués sur l’île d’Haïti ou Quisqueya que se partagent Haïti et la République Dominicaine. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4379

Le Président uruguayen révoque le commandant adjoint de la MINUSTAH et lui inflige 15 jours de prison

De retour en Haïti mercredi pour remplir des formalités administratives, le général Raùl Gloodtdosfky, qui a rendu l’armée uruguayenne responsable de la disparition d’opposants sous la dictature, pourrait être jugé à Montevideo ; un vice-amiral également sanctionné
mardi 6 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le général uruguayen Raùl Gloodtdofsky, commandant adjoint de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), attendu à Port-au-Prince mercredi, a été relevé de ses fonctions et condamné à quinze jours d’emprisonnement par le Président Tabaré Vàzquez qui lui reproche d’avoir dénigré l’armée uruguayenne.
Selon l’édition de mardi du quotidien de Montevideo La Republica, la décision a été prise lundi soir par le chef de l’Etat de concert avec sa ministre de la défense, Azucena Berrutti, à l’issue d’une réunion à la Résidence de Suàrez y Reyes (siège de la Présidence), consacrée exclusivement à l’analyse des propos outrageants de l’officier supérieur sur la "trahison" de l’armée de terre et de la force aérienne uruguayennes dans le dossier des disparus de la dictature militaire (1973-1985).
Gloodtdofsky avait porté ces graves accusations sur l’implication présumée de ses frères d’armes dans des violations des droits humains lors d’un dîner privé auquel il participait le 12 octobre dernier à Port-au-Prince en compagnie d’autres officiers du bataillon uruguayen dont il était également le commandant. Par la même occasion, le chef militaire avait questionné la politique du Président Vàzquez dans le domaine militaire.
Rappelé d’urgence à Montevideo par sa ministre de tutelle, il y a une semaine, l’intéressé a été auditionné le 30 octobre par la division juridique du ministère de la défense nationale à partir d’un questionnaire qu’avait personnellement préparé la ministre Berrutti.
Le haut gradé a été autorisé à rentrer en Haïti afin de pouvoir remplir pendant un maximum de dix jours les formalités nécessaires à son remplacement à la tête du contingent uruguayen composé de plusieurs centaines de soldats et dans la chaîne de commandement de la MINUSTAH. Le général Wile Purtscher pourrait lui succéder, informent des sources militaires dans la capitale uruguayenne. A son retour, Gloodtdofsky devra purger sa peine au siège de l’une des quatre divisions militaires du pays. Il pourrait aussi comparaître devant un tribunal d’honneur en raison de l’extrême gravité de ses déclarations insinuant l’implication d’actuels hauts responsables militaires dans la disparition d’opposants au cours des années 70-80.
En outre, le contre-amiral Oscar Debali, actuel préfet national des forces navales, devrait être également sanctionné au cours des prochaines heures pour n’avoir pas informé la ministre de la défense de l’incident survenu en Haïti. Au moment des faits, il était le commandant par intérim de ce corps d’armée en l’absence du vice-amiral Juan Fernàndez alors en voyage.
Jusqu’à son départ, Raùl Gloodtdofsky était le principal collaborateur du commandant de la force de stabilisation, le général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz, à la tête de 9.000 casques bleus déployés en Haïti depuis 2004. Le limogeage du général uruguayen est un deuxième coup porté à l’image de la MINUSTAH déjà éclaboussée par le renvoi le week-end écoulé d’une centaine de casques bleus sri-lankais pour abus sexuels sur des prostituées et des mineures haïtiennes. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4381

lundi 5 novembre 2007

La tempête Noël aurait tué huit haïtiens en République Dominicaine

Une information non encore confirmée annoncée par deux compatriotes qui se disent scandalisés par l’indifférence de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo ; une attitude largement commentée dans la presse dominicaine

Huit ressortissants haïtiens auraient été tués dans les inondations causées ces derniers jours par la tempête tropicale Noël dans une communauté rurale de la province dominicaine de Bonao, rapporte l’agence en ligne dominicaine Espacinsular.

Deux compatriotes ont communiqué cette information qui n’était toutefois pas confirmée de sources officielles. Les informateurs n’étaient pas en mesure de préciser l’identité des victimes. Ils ont également rapporté que plusieurs familles haïtiennes compteraient des disparus, blessés et sinistrés dans la même région.

Les mêmes personnes affirment s’être heurtées à l’indifférence des fonctionnaires de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo en tentant de leur annoncer la nouvelle. "Nous ne pouvons rien faire, car l’ambassade est fermée", auraient sèchement répondu des responsables de la mission diplomatique, arguant qu’après les deux traditionnels jours fériés des 1er et 2 novembre la reprise des activités ne serait effective que mardi. Lundi, jour consacré à la constitution dominicaine était également chômé.

L’étrange absence de l’ambassade d’Haïti dans le vaste effort humanitaire entrepris, en vue de secourir des régions où vivent pourtant de nombreux haïtiens, est tellement remarquée qu’elle a fait l’objet d’émissions dans les médias dominicains. L’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince, José Serulle Ramia, a été même invité à commenter cette situation paradoxale, mais il s’est cantonné dans son rôle de diplomate qui lui impose un devoir de réserve.

Une importante population haïtienne s’est établie ces dernières années à Bonao, l’une des villes dominicaines les plus touchées par les inondations qui ont fait jusqu’ici près d’une centaine de morts et environ 70.000 sinistrés.

Plusieurs bateys où sont installées des communautés haïtiennes notamment à Barahona, près de la zone frontalière, sont complètement inondées, selon la presse dominicaine. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4374

Tempête Noël : Haïti franchit la barre des 60 morts

62 décès, 16 disparus et plus de 10.000 familles sinistrées, selon le dernier bilan provisoire de la protection civile ; Tiburon et Arcahaie parmi les nouvelles communes inondées
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Les inondations et glissements de terrain provoqués pendant plusieurs jours par le passage de la tempête tropicale Noël ont fait au moins 62 morts, 16 disparus et 104 blessés, selon un nouveau bilan provisoire communiqué dimanche soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte affichait 57 morts, 15 disparus et 104 blessés.
Les familles sinistrées sont passées à 10.226 et les personnes hébergées après avoir été évacuées des zones à risques se chiffrent à 18.712.
Au niveau des dégâts matériels, la situation s’est encore aggravée. 1.853 maisonnettes ont été détruites et 8.735 autres endommagées. Des pertes considérables non encore quantifiées ont été également constatées dans le secteur des infrastructures, de l’agriculture et de l’élevage.
La directrice de la protection civile indique qu’à ce tableau manquent les données sur l’évaluation des dégâts à Tiburon (extrême sud) et à Arcahaie (environ 40 km au nord de Port-au-Prince). Des inondations ont touché samedi et dimanche ces deux communes où une pluviométrie au-dessus de la normale a été enregistrée.
Malgré la persistance des périodes pluvieuses dans différentes régions, les conditions météo ont commencé à se stabiliser progressivement, selon les dernières prévisions du centre national de météorologie. De ce fait, le secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres (SPGRD) a décidé de baisser le niveau d’alerte de rouge à orange. Cependant, les consignes de sécurité sont toujours de mise à l’échelle nationale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4371

Les casques bleus rapatriés pour abus sexuels en Haïti encourent la peine maximale, selon le Sri-lanka

Colombo exige toutefois une enquête préalable
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Les 111 casques bleus sri-lankais renvoyés d’Haïti samedi sous l’accusation d’implication dans des abus sexuels notamment sur des mineures risquent d’’être emprisonnés et condamnés aux travaux forcés si les preuves de leur culpabilité sont établies, ont indiqué dimanche à Colombo les autorités militaires sri-lankaises dont les propos ont été repris par l’agence britannique Reuters.
Cependant, elles ont insisté d’abord sur la nécessité de diligenter une enquête avant qu’aucune décision ne soit prise.
"Définitivement, si leur culpabilité est prouvée, la peine maximale leur sera infligée conformément à la législation sri-lankaise et à la justice militaire", a déclaré le brigadier Udaya Nanayakkara, porte-parole de l’armée. Il a ajouté "en cas de culpabilité, il s’agira d’un point noir", sans fournir de détails.
Selon la législation sri-lankaise, les travaux forcés constituent la peine maximale pour chaque délit commis. Mais, Reuters souligne qu’il n’était pas immédiatement possible de savoir en quoi consistera la sentence maximale dans le cas de ces casques bleus. Après une enquête préliminaire menée conjointement par l’ONU et Colombo, trois officiers et 108 soldats ont été accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des prostituées haïtiennes y compris des mineures en leur versant de l’argent.
Les autorités haïtiennes ne se sont pas encore prononcées sur cette affaire jugée "extrêmement grave" par Michèle Montas, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.
Si pour l’ONU, le Sri-Lanka jouit d’une bonne réputation dans l’histoire des missions de paix à travers le monde, en revanche maintes accusations ont fait état de l’implication présumée de soldats dans de graves violations des droits humains dans le cadre de la lutte contre les Tigres de Libération de L’eelam Tamoul (LTTE), une guérilla maoïste qui défie les autorités depuis 25 ans. Récemment, il a été reproché au gouvernement de Colombo d’avoir soustrait à la justice des militaires qui auraient massacré 17 employés de l’organisation humanitaire française Action contre la faim au cours d’affrontements avec les rebelles.
Le Sri-Lanka a déployé un contingent de 950 militaires au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), une force de stabilisation de 9.000 hommes dont le mandat vient d’être prorogé d’un an. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4370

Le sort du commandant adjoint de la MINUSTAH entre les mains du Président uruguayen,

A Montevideo, on évoque la possibilité du renvoi du général Raùl Gloodtdofsky qui aurait porté de graves accusations contre l’armée de son pays en référence à la période dictatoriale
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Président uruguayen Tabaré Vàzquez doit décider personnellement lundi du sort du commandant adjoint de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), le général uruguayen Raùl Gloodtdofsky, dans la tourmente à cause des mécontentements suscités par ses accusations relatives à la disparition d’opposants dans son pays entre 1973 et 1985.
Selon l’édition dominicale du quotidien uruguayen Ultimas Noticias, des responsables au sein du gouvernement estiment "très compliquée" la situation du chef militaire rentré précipitamment depuis une semaine à Montevideo après avoir reçu un ordre de rappel immédiat de la ministre de la défense, Azucena Berrutti. "C’est sa parole contre celle des autres, mais beaucoup de versions sont opposées à une seule", soutiennent des sources ayant requis l’anonymat.
Le général Gloodtdofsky aurait qualifé de "traîtres" les officiers de l’armée de terre et de la force aérienne uruguayennes pour laisser le reste de l’institution militaire mener seul les investigations sur de nombreuses violations des droits humains dont des disparitions d’opposants attribuées aux régimes militaires dictatoriaux qui régnaient à Montevideo pendant une décennie. Egalement commandant du bataillon uruguayen, le chef militaire est accusé en deuxième lieu d’avoir remis en cause les décisions du gouvernement uruguayen en matière militaire.
Raùl Gloodtdofsky aurait fait ces déclarations à Port-au-Prince le 12 octobre dernier. Elles ont été depuis répercutées par divers médias de son pays.
Depuis son retour dans la capitale uruguayenne, le commandant adjoint de la MINUSTAH, qui pourrait perdre son poste et payer le prix d’une retraite anticipée, marche sur des charbons ardents. Il a été interrogé par sa ministre de tutelle et de hauts fonctionnaires du département des affaires juridiques au ministère de la défense. Ses déclarations ont été confrontées à celles d’éléments de la marine uruguayenne en mission en Haïti en vue d’établir la vérité.
Des centaines de casques bleus uruguayens font partie de la mission onusienne dont les effectifs de 9.000 militaires et policiers sont à forte composante latinoaméricaine. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4369

CONCACAF des clubs champions : Le Baltimore d’Haïti signe une victoire d’entrée

Le champion national a pris le meilleur sur un club d’Antigua 2-1, dimanche soir à Trinidad et Tobago
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Baltimore de St-Marc, champion national en titre, a fait une entrée réussie dans le tournoi des clubs champions et vice-champions de la CONCACAF en battant Barça Football Club d’Antigua et Barbuda sur le score de 2 buts à 1 dimanche soir à Trinidad et Tobago, lors de la première journée de la phase de poule.
Un doublé de Lexène Elestin alias "Caïman" a permis aux saint-marcois de l’emporter et de prendre la tête de leur groupe avec Piñar del Rio de Cuba, vainqueur de Junk Columbia, représentant des Antilles Néerlandaises.
Le club haïtien affrontera Junk Columbia mardi avant de se mesurer jeudi au Piñar del Rio, l’adversaire le plus redoutable du groupe.
A l’issue de ce premier tour, qui réunit à Trinidad 20 clubs de la région répartis en cinq groupes de quatre, les cinq premiers et les trois meilleurs deuxièmes seront retenus pour les quarts de finale. Puis, suivront les demi-finales et la finale. Le tournoi prendra fin le 16 novembre.
Le Baltimore peut compter sur la présence de ses internationaux, à l’exception de Peter Germain qui ne devrait rejoindre ses coéquipiers que lundi à cause de difficultés liées au renouvellement de son passeport.
Un problème de téléscopage de calendriers est tout de même à souligner. La présence prolongée à l’étranger du tenant du titre pourrait, en effet, avoir de fâcheuses conséquences sur la série de clôture du championnat national qui entame sa dernière ligne droite. Les saint-marcois risquent de rater les trois dernières journées de la saison et contribuer involontairement à fausser les résultats au moment où toutes les rencontres devraient se disputer simultanément afin d’éviter des calculs. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4368

dimanche 4 novembre 2007

Haïti : Duvalier, la face cachée de Papa Doc Un nouveau livre sur la dictature sanglante de Duvalier

DUVALIER La face cachée de Papa Doc, tel est le titre du témoignage (avec une centaine de photos) qui paraît début novembre chez l’éditeur Mémoire d’encrier à Montréal, à l’occasion du centenaire de François DUVALIER (1907-2007) [1]. L’auteur de ce livre : Jean Florival. 77 ans, il connaît tout, ou presque du régime. Il vide sa mémoire, et livre un témoignage de toute importance sur François Duvalier, sur les principaux ténors de la dictature, et sur tout ce qu’il a vu, entendu et vécu.
Point de vue de l’éditeur et introduction de l’ouvrage
Soumis à AlterPresse le 2 novembre 2007
Spectateur et souffleur, Jean Florival est dans l’oeil du cyclone ; à l’intérieur du régime, sans un quelconque titre officiel. C’est en témoin privilégié qu’il plonge dans l’intimité du pouvoir, relate des faits jusque-là inconnus du grand public. Ce livre a le mérite d’exposer avec sérénité des événements tantôt tragiques, tantôt loufoques, dans le dessein de refuser l’oubli, et de mieux comprendre cette tyrannie qui a endeuillé les familles haïtiennes, afin de sortir du cercle de l’impunité et de la logique bourreau-victimes.
Découvrez les frasques d’un pouvoir qui fige depuis un demi-siècle l’histoire et l’imaginaire d’Haïti.
Selon le politologue Sauveur Pierre Etienne : « François Duvalier instaure en Haïti une dictature féroce, dont l’usage et l’ampleur de la violence font oublier tous les régimes autoritaires traditionnels et sanguinaires qui l’ont précédée. Jean Florival a réalisé le tour de force de présenter les multiples facettes de l’enfant terrible de l’occupation américaine et des classes moyennes. DUVALIER La face cachée de Papa Doc a le mérite de révéler des faits qu’un témoin privilégié se doit de partager avec ses concitoyens, afin de les aider à se ressaisir et à avoir le courage de se regarder objectivement, sans passion. »
Jean Florival, né en 1930 en Haïti, est journaliste. Il choisit l’exil en 1967 à New York et s’installe au Québec en 1973.
Introduction de l’ouvrage


DUVALIER La face cachée de Papa Doc
Le 22 septembre 1957, François Duvalier devient président de la République d’Haïti. Très peu d’observateurs, même avisés, peuvent prévoir que ce médecin et ethnologue instaurera dans le pays un régime politique dont la longévité – 29 ans – suscitera à la fois l’admiration de partisans zélés et la haine d’opposants farouches. L’expression quelque peu triste et affable de son visage de myope, le ton pathétique de ses discours de campagne pour dénoncer les injustices et les travers de la société haïtienne, laissent l’impression d’un leader austère et rigoureux animé des meilleures intentions en vue des changements nécessaires. Mais pour certains, François Duvalier demeure tout simplement le produit d’un contexte explosif qui donnera naissance à un pouvoir sans bornes.
À ce propos, écoutons-le, dans une envolée oratoire à l’adresse de ses miliciens rassemblés massivement dans la cour du Palais national le 6 avril 1964 :
Les miliciens doivent être ce qu’ils sont, c’est-à-dire toujours prêts à faire le coup de feu, parce que c’est ce qui me plaît. C’est peut-être un peu drôle d’entendre un homme qui a passé toute sa vie penché sur les travaux avec son frère Lorimer Denis, que ce soit dans le domaine de la médecine, de l’ethnologie, du folklore, mais l’homme a un autre aspect en lui, et à partir du jour où j’ai décidé d’accepter le diktat du peuple, l’homme est devenu un autre homme : il est aussi sauvage que vous, ayant la même flamme pour épauler le fusil quand il le faudra [
2].
Le professeur Daniel Fignolé, ancien président provisoire (25 mai-14 juin 1957), compagnon de lutte, ami et compère de François Duvalier, l’a bien connu. Après tout, il a fondé avec lui le Mouvement ouvrier paysan (MOP) à la chute du président Élie Lescot, le 11 janvier 1946. Donc, il ne saurait guère ignorer les penchants dictatoriaux et l’opportunisme politique du partenaire d’hier, qui claquera la porte du Parti pour accepter le portefeuille du Travail sous le gouvernement Estimé. On comprend que, durant la campagne électorale de 1957, Fignolé attaque Duvalier au vitriol, mettant le pays en garde contre le rival exécré. Il prévient quotidiennement en continu à la radio que si François Duvalier devait être élu, il utiliserait toute une panoplie d’artifices pour s’accrocher au pouvoir. A-t-il tort ?
Clément Barbot, autre ancien compagnon de lutte et confident de longue date de Duvalier, traité d’ailleurs en alter ego au début du règne de Papa Doc, partage l’opinion du professeur Fignolé. Cependant, contrairement à ce dernier, c’est lui qui aidera Duvalier à instaurer en Haïti l’ère terrifiante de la Pax duvalierista. Ils se complètent à cet égard. Sauf que, pour son malheur, Clément Barbot a surestimé sa toute-puissance, sous-estimé imprudemment la force de dissimulation de François Duvalier. Il le paiera de sa vie.
L’image de gravité et de timidité apparente que Duvalier offre se veut rassurante : taille moyenne, tenue sombre en toute saison, nœud papillon noir à la Louis Borno – ancien président d’Haïti sous l’occupation américaine, du 15 mai 1922 au 15 mai 1930 –, lunettes épaisses à monture d’écailles d’intellectuel (à l’époque), voix lente, nasillarde, regard hypnotiseur de charmeur de serpents. C’est ainsi qu’il entend entrer dans sa légende, qu’il se prépare à jouer le « rôle historique » qui l’appelle, qu’il veut bâtir le mythe de « défenseur des opprimés », qui lui vaudra d’exercer cette fascination indéniable sur tant de gens.
De ceci, Duvalier est sûr : coûte que coûte, il accédera au pouvoir. N’a-t-il pas plus tard, du balcon de son bureau, déclaré lors d’une démonstration de force au Champ de Mars et dans la cour du Palais national qu’il se savait voué à un destin exceptionnel ? Et il expliquera, le plus sérieusement du monde, que le Dr Louis Hyppolite, lisant un jour les lignes de sa main, lui a prédit qu’il serait président d’Haïti. « Et je le suis en effet, n’est-ce pas ? », a-t-il ajouté.
Alors il se fait connaître, s’organise méthodiquement. Fort de son passage à l’Institut d’ethnologie où il rencontre d’éminents professeurs – en particulier, le Dr Jean Price-Mars, auteur, entre autres, du livre culte Ainsi parla l’oncle –, il s’implique dans les milieux intellectuels, dits « indigénistes », publie des articles engagés dans la presse, rédige des ouvrages de la même veine. Celui traitant du problème des classes sociales à travers l’histoire d’Haïti, reçoit un certain écho. Il l’écrit de concert avec son ami Lorimer Denis, décédé peu après sa victoire électorale en septembre 1957. Il lui fera des funérailles nationales. Le Dr Louis Hyppolite, son ancien professeur à la Faculté de médecine, a eu droit au même hommage posthume à sa mort en 1970.
Il multiplie ses contacts au sein de l’intelligentsia noire, avide également de pouvoir. Il recrute dans les rangs intermédiaires de la hiérarchie militaire les officiers noirs négligés au profit de leurs frères d’armes mulâtres de même grade, ceux-ci jouissant, selon eux, de faveurs de toutes sortes des gouvernements de Lescot et de Magloire. Ils sont amers, actifs, décidés. Ils jureront allégeance à Duvalier, le moment venu. Il laisse le haut commandement mulâtre minoritaire à Louis Déjoie, la base désorganisée, malléable à merci, à Daniel Fignolé.
Ne devrais-je pas mentionner également la campagne d’éradication du pian ? Financée par le gouvernement américain dans les années 1940, la coordination du projet lui est confiée. Ce qui le conduit par monts et par vaux. La connaissance du milieu rural lui procurera un grand capital de sympathie. C’est d’ailleurs dans le cadre dudit projet qu’il rencontrera France Saint-Victor, qui jouera un rôle marquant dans sa vie, davantage que tous autres collaborateurs et collaboratrices, incluant Hervé Boyer, Luckner Cambronne, Clémard Joseph Charles, Gérard Daumec, Clovis Désinor.
Le gouvernement de Paul Eugène Magloire battant de l’aile dans ses manœuvres inconstitutionnelles pour garder le pouvoir au terme de son mandat de six ans, François Duvalier opte pour la clandestinité, laissant le candidat Louis Déjoie, sénateur de la République protégé par l’immunité parlementaire, continuer ouvertement le travail de sape en cours. Mais la fidélité des officiers de la police lui étant acquise, il est toujours averti à temps, toutes les fois que le gouvernement est informé de sa planque du moment. Aussi change-t-il de cachette à son gré. Auréolé, d’après lui, du prestige de maquisard, il se sent alors prêt à livrer l’assaut final.
Les publications abondent sur François Duvalier. Certains auteurs ont tout simplement versé dans la caricature, projetant de l’homme le profil ubuesque du souverain médiocre. D’autres, délibérément hostiles à bon droit, ne retiennent que l’horreur d’une dictature qui aurait fauché des proches. Je range évidemment dans cette catégorie celles et ceux qui, contraints à l’exil, ont traîné à l’étranger une existence de parias, faite de privations et d’humiliations. D’éminents compatriotes parmi eux font partie de mon panthéon, certains étaient aussi des amis. Très jeune, je me suis nourri de leur savoir, de leur expérience et de leur connaissance du milieu sociopolitique.
Nul, sans complaisance excessive, ne saurait l’occulter : la dictature de Duvalier est une dictature sanglante. Cela admis, il revient aux historiens, penseurs et politologues, d’aller au fond des choses, de questionner le pouvoir duvaliérien et d’en dresser le bilan. Pour l’heure, ce n’est point mon propos de me muer en historien, en juge ou en redresseur de torts. À la faveur de mes relations mondaines et politiques et, surtout, grâce à mon métier de journaliste à l’époque, j’ai été un spectateur, un témoin privilégié de scènes bouleversantes. J’en rends compte ici, espérant que cet ouvrage contribuera à faire la différence entre les rumeurs et la réalité.
Je n’écris pas non plus une œuvre littéraire. Je raconte en somme tout ce dont je me souviens en marge d’une période angoissante, avec l’impression aujourd’hui que les mêmes erreurs se répètent, que l’après-Duvalier n’est qu’un duvaliérisme sans Duvalier. Cela, sans glisser sous le tapis des faits auxquels, volontairement ou involontairement, j’aurais été mêlé. J’ai fait de la politique en dilettante. Des figures de marque du régime sont encore des amis intimes. Des opposants notoires ont eu droit à mon respect et à ma haute considération. À mes risques et périls, j’ai établi avec eux des liens étroits, insouciant du danger encouru.
La face cachée de Papa Doc relate mes premiers pas dans cette ville de Port-au-Prince. J’y fais également mention de l’Affaire de Martissant, lié par un engagement vis-à-vis du président Magloire. Pour des motifs divers, j’ai retardé mon témoignage. Ce silence me pesait. Maintenant en fin de parcours, et quasiment revenu de presque tout, je voudrais lever un pan du voile, révéler en quelque sorte une face insoupçonnée du personnage multiple que fut François Duvalier, de même que la version authentique d’épisodes dramatiques et les motivations tragi-comiques qui y ont entraîné Papa Doc, souvent plus agi qu’agissant.
Je nourris l’espoir que l’on saura tirer des leçons de mon témoignage, afin que l’histoire ne soit une constante marche arrière.
Jean Florival DUVALIER La face cachée de Papa Doc ISBN : 978-2-923153-82-7 Pages : 296 Montréal, Mémoire d’encrier Prix : 29.95
[1] François Duvalier, né en 1907, médecin et ethnologue, règne en président à vie d’Haïti du 22 octobre 1957 au 21 avril 1971, date de sa mort. Son fils Jean-Claude, alors âgé de 19 ans, lui succède comme président à vie jusqu’au 7 février 1986. Pendant 29 ans, Papa Doc et Baby Doc édifient dans la première république noire des Amériques un empire obscurantiste qui plonge le pays dans la plus grande terreur. DUVALIER La face cachée de Papa Doc lève le voile sur cette tranche d’histoire. Révélations, intrigues, liaisons amoureuses, scènes de vie et de mort, portraits, paysages insolites, humour et sarcasme.
[
2] François DUVALIER, Œuvres essentielles. La révolution au pouvoir (1962-1966), vol. lV, Port-au-Prince, Les Presses nationales d’Haïti, 1967, pp. 136-137.

Noël : Le nouveau bilan passe à 57 morts, 17 disparus et plus de 100 blessés

Les pertes humaines et matérielles s’alourdissent dans le Sud où diverses communes sont sérieusement touchées
samedi 3 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le passage de la tempête tropicale Noël a fait au moins 57 morts, 17 disparus et 104 blessés en Haïti, selon un nouveau bilan communiqué samedi soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte faisait état de 48 morts, 15 disparus et 79 blessés.
Ces révisions à la hausse reflètent la gravité de la situation dans le Sud où au moins dix décès ont été confirmés à la mi-journée. Dans cette comptabilité macabre, le département méridional arrive désormais en deuxième position derrière l’Ouest qui compte 29 morts, mais loin devant l’Artibonite (nord) 5 et la Grand’Anse (sud-ouest) 4.
Mme Jean-Baptiste rapporte que les familles sinistrées se chiffrent désormais à 9.568 et les personnes évacuées à 18.379, dont 7.823 seulement dans le Sud. Dans cette même région, les communes les plus affectées par les inondations et glissements de terrain sont Les Cayes, Cavaillon, Camp Perrin, Chantal, Maniche, Saint-Louis du Sud et Torbeck.
Les dégâts matériels enregistrés se sont également accentués. 1.689 maisonnettes ont été détruites et 7.885 autres endommagées.
Le ravitaillement des déplacés est assuré par les agents de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) et les organisations non-gouvernementales OXFAM et CONCERN sous la direction de la protection civile.
Interrogé par Radio Kiskeya, le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, s’est montré globalement satisfait de l’efficacité des nombreuses opérations de sauvetage réalisées et de l’accompagnement offert aux sinistrés. Reconnaissant des failles dans la distribution de l’aide d’urgence, il a toutefois démenti les allégations de certains sinistrés de Cité Soleil selon lesquelles des bandits seraient parmi les principaux bénéficiaires.
L’aide internationale commencçait à s’organiser en Haïti. Mais, les autorités n’étaient pas encore en mesure de s’exprimer sur son importance ni sur la gestion qui en sera faite. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4365

Noël : Le Canada envoie une aide de 500.000 dollars en Haïti et en République Dominicaine

Une assistance humanitaire d’urgence destinée aux sinistrés de la tempête
samedi 3 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le gouvernement canadien a annoncé vendredi une aide de 500.000 dollars (535.000 dollars américains) en faveur d’Haïti et de la République Dominicaine après le passage de la tempête tropicale Noël qui a fait plus de 120 morts et d’importants dégâts dans les deux pays.
"Le soutien permanent du Canada aux partenaires humanitaires internationaux permet à ceux-ci d’apporter une aide immédiate en Haïti et en République dominicaine", a déclaré la ministre de la coopération internationale, Beverley Oda, qui avait récemment effectué une visite à Port-au-Prince.
"Il permettra de répondre aux besoins des personnes les plus gravement touchées en aidant la Croix-Rouge à distribuer les secours d’urgence et en soutenant les efforts des partenaires locaux qui participent à l’intervention", a poursuivi la ministre.
Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Maxime Bernier, a rappelé que "la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), à laquelle le Canada apporte un soutien considérable et fournit du personnel, contribue aux évacuations et autres activités de secours".
Malgré la mobilisation des ressources internes et externes à travers le centre d’opérations d’urgence basé au ministère de l’intérieur, de nombreux sinistrés se plaignent d’avoir été abandonnés dans des centres d’hébergement où la distribution de l’aide d’urgence serait très mal gérée.
Après avoir balayé plusieurs îles de la Caraïbe, la tempête tropicale Noël s’est transformée vendredi en ouragan de catégorie 1 en s’approchant des côtes canadiennes. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4362

Plus d’une centaine de casques bleus sri-lankais sanctionnés pour abus sexuels en Haïti

Accusés d’avoir obtenu des faveurs sexuelles de prostituées dont des mineures contre de l’argent, les 111 soldats et officiers seront rapatriés samedi avant de subir les peines prévues à Colombo ; l’ONU sévit enfin contre des pratiques maintes fois dénoncées, mais longtemps tolérées
vendredi 2 novembre 2007,
Radio Kiskeya

111 casques bleus du bataillon sri-lankais (SriBat) déployés en Haïti au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) vont être rapatriés immédiatement pour avoir commis des abus sexuels notamment sur des mineures, a annoncé vendredi à New York Michèle Montas, porte-parole du Secrétaire général, Ban Ki-moon.
"Suite à la réception du rapport préliminaire d’enquête du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) et en coopération avec les autorités du Sri-Lanka, tous les membres du SriBat accusés seront rapatriés le samedi 3 novembre 2007 dans le cadre d’une mesure disciplinaire", a précisé la porte-parole lors de son point de presse quotidien en reconnaissant que l’affaire était extrêmement grave. Répondant aux questions des journalistes, elle a affirmé que les soldats incriminés fréquentaient des prostituées y compris celles n’ayant pas encore atteint leur majorité (18 ans).
Joint par l’AFP, Nick Birnback, porte-parole du Département de maintien de la paix de l’ONU (DPKO), a indiqué que 111 soldats et trois officiers des 950 hommes que compte le bataillon sri-lankais devaient être rappelés contrairement aux déclarations de Mme Montas selon lesquelles la mesure concernait 108 militaires. Ces individus étaient en stationnement dans plusieurs régions d’Haïti.
"La MINUSTAH a immédiatement requis une enquête du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) et le Sri-Lanka a dépêché de Colombo une équipe de haut niveau d’enquêteurs nationaux comprenant une responsable d’enquêtes", a expliqué la porte-parole.
Des consultations ont été engagées avec la mission permanente du Sri-Lanka à New York. L’ONU se déclare disposée à apporter toute l’assistance possible aux autorités de ce pays afin que les "mesures disciplinaires appropriées" soient prises à l’encontre des coupables. La porte-parole de Ban Ki-moon souligne que "les Nations Unies et le Sri-Lanka prennent cette affaire très au sérieux et réitèrent leur engagement commun aussi bien vis-à-vis de la politique du Secrétaire général de tolérance zéro en matière d’abus et d’exploitation sexuelle que vis-à-vis des bonnes pratiques en matière de maintien de la paix".
Selon Michèle Montas, l’ONU et le Sri-Lanka "regrettent profondément que ces abus sexuels et ces exploitations sexuelles aient eu lieu", en dépit d’efforts déployés en vue de garantir le "respect des normes les plus élevées dans les domaines de la conduite et de la discipline".
L’ONU soutient enfin que le Sri-Lanka a des "antécédents de services remarquables au sein des missions de maintien de la paix" auxquelles il fournit des troupes depuis longtemps.
En général, les casques bleus, aujourd’hui au nombre de 100.000 à travers le monde, ne relèvent pas sur le plan disciplinaire de l’administration onusienne et ne peuvent être sanctionnés que par la hiérarchie de leur pays d’origine.
Récemment, des scandales similaires avaient frappé les missions déployées en Côte d’Ivoire (ONUCI), en République Démocratique du Congo (MONUC) et au Libéria (MINUL). Ce n’est qu’en 2005 que les responsables de l’organisation mondiale ont mis en œuvre une politique de "tolérance zéro" après avoir longtemps fermé les yeux sur de graves écarts de conduite portant notamment sur des vices sexuels auxquels s’adonnaient des soldats de la paix durant leur mission.
Au cours du premier déploiement de l’ONU en Haïti (1995-2001), au moins un ressortissant haïtien avait en vain porté plainte contre des soldats pakistanais de la MINUHA qui, selon ses dires, l’avaient contraint à avoir des relations homosexuelles avec eux. Des membres du même contingent étaient soupçonnés d’avoir sodomisé des cabris appartenant à des éleveurs haïtiens.
Plus près de nous, des accusations d’abus sexuels sur mineures portées contre des soldats de la MINUSTAH, dont certaines documentées, étaient restées sans conséquences.
Par ailleurs, lors des interventions militaires américaines de 1994 et 2004, des victimes présumées avaient livré des témoignages accablants contre des GI’s qui auraient utilisé des vibromasseurs au cours de rapports sexuels monnayés avec de jeunes femmes haïtiennes en situation d’insécurité économique.
Placée sous commandement brésilien, la MINUSTAH se trouve sur le territoire haïtien depuis juin 2004. Elle compte actuellement quelque 7.054 militaires et 1.771 policiers internationaux issus d’une quarantaine de pays. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4361

Six membres d’une même famille meurent intoxiqués à Port-de-Paix


Un jeune homme hospitalisé dans un état grave à la suite de cette tragédie qui serait provoquée par une bonbonne de gaz propane laissée ouverte
jeudi 1er novembre 2007,
Radio Kiskeya

Six personnes d’une même famille ont été retrouvées mortes intoxiquées par des émanations nocives de gaz propane et une septième a été hospitalisée dans un état grave jeudi à Port-de-Paix (Nord-Ouest), selon des informations recueillies sur place par le correspondant régional de Radio Kiskeya.
Les corps ont été découverts dans la résidence familiale grâce à des voisins intrigués par le fait que toutes les portes étaient restées fermées jusqu’au début de la matinée. Les autorités judiciaires, accompagnées d’agents de la Police Nationale et de la Mission des Nations Unies (MINUSTAH), ont confirmé le décès du propriétaire de la maison, un armateur, de sa femme et de quatre autres personnes.
Seul rescapé de cette tragédie, un jeune homme se trouvait jeudi soir en soins intensifs à l’hôpital public de Port-de-Paix.
Une enquête a été ouverte sur cette affaire.
L’hypothèse privilégiée par les investigateurs sur la base d’informations concordantes recueillies auprès des riverains porte à croire qu’au moment d’aller se coucher, les victimes auraient par mégarde laissé ouverte la valve du réservoir d’une bonbonne de gaz propane. Elles seraient décédées en plein sommeil après avoir inhalé le produit toxique durant de longues minutes sans pouvoir réagir. Les représentants de la justice et de la police ont constaté à leur arrivée qu’une forte odeur de gaz s’était effectivement répandue dans toute la maison.
Des voisins interpellés ont été vite relâchés.
Ce grave événement a plongé la population de la métropole du Nord-Ouest dans l’émoi et n’a cessé d’alimenter les conversations depuis que la nouvelle a fait le tour de la ville. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4359

vendredi 2 novembre 2007

Haiti -- Dans le monde -- BISSAINTHE -- La néantisation d'Haïti‏

La néantisation d'Haïti
par Gérard Bissainthe
On est en train de néantiser Haïti, de la faire disparaître, en tant que nation, de la surface de la terre. Dans un prochain article je dirai comment réagir. En attendant c'est un peu gros, dites-vous, et vous avez du mal à le croire. Pourtant regardez les faits. Ils sont tous récents et se passent pratiquement sous vos yeux.


1. An 2006. On célèbre le cinquantième anniversaire de la Conférence des Ecrivains et Artistes Noirs qui eut lieu à Paris, à la Sorbonne. Cette Conférence fut présidée par un éminent Haïtien, le Dr Louis Price-Mars, élu non seulement à l'unanimité, mais triomphalement. La délégation haïtienne, à une époque où Haïti était la seule nation nègre indépendante, fut la vedette de cette Conférence. Au centre de la photo souvenir de cette Conférence se trouvent le Dr Price-Mars et Emile Saint-Lot. Pourtant "Lumières Noires", un film commémoratif de ce grand événement, qui est passé à la télévision française, ne mentionne à aucun moment même le nom d'Haïti et encore moins, bien sûr, les noms des participants haïtiens. Haïti donc n'existe pas.

2. Dans le volume 5 "Révolution et Empire" d'une "Encyclopédie de l'Histoire de France" largement diffusée par des quotidiens de France (en particulier "Nice-Matin"), on peut lire dans un texte sur Haïti, à la page 67 que: "Le capitaine-général Rochambeau proclame l'indépendance de l'île le 9 novembre 1803". Comme la bataille de Vertières a eu lieu le 18 novembre 1803, la supercherie est grossière et évidente. Donc l'indépendance d'Haïti par les Haïtiens proclamée par Dessalines, serait un mythe inventé par les Haïtiens.

3. Aujourd'hui deux authentiques charlatans (on ne voit pas quel autre nom leur donner) qui se font passer pour des "scholars", le Dr. Arthur Pitchenik de l'Université de Miami et le Professeur Michael Worobey de l'Université de l'Arizona, faute d'imagination et ne s'embarrassant pas de scrupules, ne trouvent rien de mieux que de ramasser dans la poubelle une thèse mille fois réfutée, celle de l'origine haïtienne du sida en Amérique. Le monde académique malgré ses garde-fous n'est pas à l'abri d'imposteurs en quête de notoriété, ce maigre succédané de la gloire. Dans leur idée Haïti, salie, galvaudée, humiliée souvent par des Haïtiens mêmes, est par terre, on peut donc tout lui coller, cela passera.
Il faut lire attentivement l'article de l'AFP reproduit ci-dessous. J'en détache les premiers paragraphes qui montrent à quel niveau se situe la "thèse" de ces prétendus savants. On remarquera le mélange du mode indicatif (exprimant l'affirmation) avec le mode conditionnel (exprimant l'incertitude et le doute). Toute l'imposture réside dans le tour de passe-passe qui les fait aller d'un mode à l'autre avec une agilité toute …simiesque. A dessein j'ai mis en majuscules tous les verbes du texte qui suit.
WASHINGTON (AFP) - Le virus du sida, originaire d'Afrique, S'EST PROPAGÉ aux Etats-Unis via Haïti vers 1969, dix ans plus tôt qu'estimé jusque-là, selon une étude publiée lundi, qui ELIMINE totalement la théorie populaire d'un steward canadien homosexuel comme source de l'épidémie.
"Haïti A ETE le tremplin pour le virus quand, depuis l'Afrique centrale, il A COMMENCE à se propager à travers le monde", explique Michael Worobey, un professeur de biologie à l'Université d'Arizona (sud-ouest) et principal auteur de l'étude parue dans les Annales de l'académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 29 octobre.
Le virus mortel EST PROBABLEMENT ARRIVE sur les côtes américaines autour de 1969, plus d'une décennie avant l'explosion de l'infection, et POURRAIT AVOIR ETE INTRODUIT par un immigré haïtien célibataire, selon ces chercheurs.
IL S'EST REPANDU ensuite au Canada, à l'Europe, à l'Australie et au Japon.
On aura remarqué les entourloupettes reproduites par l'AFP, qui nous font passer de l'incertitude du conditionnel à la ferme certitude de l'indicatif. Le grand public berné ne va y voir que du bleu. C'est cela l'art de manipuler les foules, un art dans lequel les racistes de tous poils sont passés maîtres.Je ne sais comment on appelle ce genre de thèse branlante et bancale à l'Université de Miami et à l'Université de l'Arizona (et je serais curieux de le savoir), mais dans les milieux académiques sérieux et responsables qu'il m'arrive souvent de fréquenter des deux côtes de l'Atlantique, ce genre d'écrits et d'opérations a un nom: un canular; en anglais "a hoax".
Les canulars existent partout. Il y a juste quelques jours la télévision française relatait un canular célèbre: des "savants" (de la même famille que nos deux universitaires américains ci-dessus) ont prétendu ni plus ni moins que Molière n'est pas l'auteur de ses pièces: chez eux aussi tout l'art consiste à passer du conditionnel à l'indicatif, de l'hypothèse à la thèse. C'est de la haute prestidigitation.
Pourquoi des canulars? Pour se faire connaître, parbleu, faire du bruit, défrayer la chronique, vendre ses livres. En occupant le devant de la scène, cela aide à l'avancement dans une carrière professorale et à l'augmentation de son salaire. Tous les moyens sont bons. Les universitaires fabricants de canulars sont les charognards, les coprophages du monde académique.
Les meilleures universités se débarrassent tôt ou tard de leurs "scholars" peu sérieux qui font fi du minimum des exigences du monde académique.L'Université de Miami et l'Université de l'Arizona ne sont pas les deux universités les plus connues des Etats-Unis. Grâce maintenant au Dr. Arthur Pitchenik et au Professeur Michael Worobey, elles courent aujourd'hui le risque de se couvrir de honte et de ridicule aux yeux du monde entier.
31 octobre 2007
Gérard Bissainthe
Professeur retraité de la City University of New York
Ex Vice-Président élu de l'American Association of Teachers of French for the Metropolitan Chapter
Ex Recteur de l'Université d'Etat d'Haïti
Président International élu du Forum International
Francophone International (Château de Villers-Cotterêts)

Nephtalie ILISSE..la très belle histoire de générosité

La petite Nephtalie sauvée grâce aux dons des Provençaux

Grâce à la générosité des Provençaux, notamment à celle des clubs de supporters de l'OM, mais aussi à l'association Hispaniola de La Destrousse ainsi qu'au docteur Jonas Jolivert, neurochirurgien à Marseille, la petite Nephtalie Ilisse est sauvée.

La fillette de 6 ans, originaire d'Haïti, souffrait d'une tumeur cérébrale bénigne, mais qui "allait la tuer" selon le Dr Gabriel Lena, le neurochirurgien qui l'a opérée à l'hôpital des enfants à La Timone à Marseille. Même si l'opération s'est déroulée avec succès, la fillette gardera quelques séquelles de sa maladie. Elle retrouvera sa famille en Haïti le 5 novembre.
Nephtalie est restée hospitalisée 10 jours à La Timone. L'appel aux dons pour payer les jours supplémentaires d'hospitalisation se poursuit. Vous pouvez les adresser à la mairie de la Destrousse - association Hispaniola- ou pour plus d'informations contacter le Dr Jonas Jolivert au 06 62 7133 63.
Commentaires:
Les séquelles concernent principalement des troubles visuels se manifestant par une baisse de l'acuité visuelle importante chiffrée à 1/10 à droite et 1.5/10 à gauche. (De près C20 à droite et C8 à gauche). Elle garde aussi une macrocrânie non synonyme de dysmorphisme qui devrait s'atténuer et s'harmoniser avec la croissance. On peut considérer comme ennuyeuses ces séquelles qui sont dues à une prise en charge trop tardive de la maladie, mais dans l'absolu, Notre Belle et Gentille Nephtalie, remplie d'une joie de vivre incalculable, est sortie d'affaire.
Cette aventure a été rendue possible grâce à la contribution et la collaboration de beaucoup d'individus anonymes et des institutions mentionnées par le journaliste. Il faut ajouter que les groupes de supporters de l'OM avaient informé le staff du club qui a généreusement répondu.
Deux institutions telles que Air France à travers son bureau de communication et Aviation sans frontières ont aussi participé de façon importante à cette belle aventure.

jeudi 1 novembre 2007

Haïti/Propagation du Sida : Les erreurs du professeur Michael Worobey

Mercredi 31 octobre 2007

Soumis à AlterPresse le 31 octobre 2007

Par Weibert Arthus (1)

Haïti serait-elle responsable de la propagation du Sida aux Etats-Unis et dans le monde ?

Les erreurs du professeur Worobey

Le 29 octobre 2007, dans les colonnes des prestigieuses Proceedings of the National Academy of Sciences (Annales de l’académie nationale américaine des sciences), sont publiés des résultats de recherches « scientifiques » entreprises par le professeur Michael Worobey faisant d’Haïti le tremplin de la propagation du SIDA aux au Etats-Unis et, par voie de conséquences, dans le reste du monde.

Cette étude, reprise comme parole d’évangile par les plus grands médias du monde, prétend que « le virus du Sida, originaire d’Afrique, s’est propagé aux Etats-Unis via Haïti vers 1969… » ; la faute incomberait à un « immigré haïtien célibataire ».

Le professeur, et c’est rare chez un scientifique, avance que ses résultats se confirment avec une probabilité de plus de 99%. En clair, aucune possibilité d’erreur en dépit de l’utilisation du conditionnel dans ses conclusions.

Pourtant, Worobey avait, comme professeur de biologie, la possibilité de faire un sans-faute s’il avait pu, par des résultats de laboratoire, prouver ses conclusions. Mais, son incapacité à ne considérer que les analyses génétiques pour corroborer ses thèses le porte à s’aventurer dans le champ historico-sociologique de la migration haïtiano-américaine dans les années 1960. C’est de-là que viennent ses principales erreurs et c’est ce qui décrédibilise l’ensemble de ses conclusions.

Haïti, le « chaînon manquant » ?

Ce titre du quotidien français Le Monde, en date du 30 octobre 2007, sonne comme une découverte de la responsabilité d’Haïti dans la propagation du Sida.

Or, il n’y a, sur ce point, rien de nouveau quant à la responsabilité que les scientifiques américains ont toujours voulu imputer à Haïti dans la propagation de l’épidémie. Dès la découverte du virus, au début des années 1980, avant même qu’on eût saisi l’ampleur de la maladie, le coupable idéal était désigné : « Haïti ». Des revues et journaux de réputations mondiales n’avaient-ils pas relayé des résultats « scientifiques », selon lesquels la propagation du Sida serait due à un homosexuel québécois, Gaétan Dugas, le « patient zéro », « un adepte du tourisme sexuel rentrant d’Haïti » ? Haïti est donc toujours présente.

Seulement, la nouveauté avec Worobey, c’est que ce n’est plus un canadien qui aurait été contaminé lors d’un voyage en Haïti, mais de préférence un Haïtien qui aurait mis le virus dans son sac, disons qui l’aurait dans son sang, et transporté personnellement aux Etats-Unis.

En fait, les prétendus chaînons ne manquaient pas aux scientifiques américains. Seulement, personne, avant Worobey, n’était assez négationniste pour oser aller si loin, sous couvert de résultats scientifiques, dans de si graves accusations.

De l’Afrique aux Etats-Unis

En recoupant les différentes études, réputées scientifiques, portant sur la maladie, le virus aurait l’Afrique centrale pour origine et les Etats-Unis comme terrain de propagation.

Nous insistons sur ces deux espaces géographiques pour garder la ligne de l’opinion majoritaire qui, s’appuyant sur les recherches de Mme la professeure Bette Korber du Laboratoire national de Los Albamos (Etats-Unis), affirme que le virus serait « apparu parmi les humains en 1930 après avoir été transmis par des chimpanzés », en Afrique Centrale, avant d’arriver 40 ans plus tard aux Etats-Unis.

Cependant, il ne pourrait transiter ni par les Afro-Américains – on imagine le scandale aux Etats-Unis, ni par les Européens qui étaient en contact direct avec les Africains – ce qui serait une remise en question directe de la pureté de la race blanche [La Tentation de la race, Le Monde, Paris, 31 octobre 2007], ni par des militaires ou des migrants civils non-haïtiens au fait de leur contact, au cours de la deuxième guerre mondiale et la guerre froide, avec des troupes européennes ayant séjourné en Afrique pendant la colonisation.

Non. Aucun de ces cas n’est possible ni même envisageable. Au contraire. Le coupable est là, pourquoi chercher ailleurs ?

Haïti, le tremplin

Pour couronner le tout, Michael Worobey rappelle sans ambages que de « nombreux Haïtiens ont travaillé en République Démocratique du Congo après son indépendance en 1960 ».

C’est bien dit. Mais ce n’est pas tout dire.

Car, si le professeur Worobey avait une notion primaire de l’histoire contemporaine d’Haïti et de l’histoire des relations haïtiano-américaines, particulièrement de la dyade politique et migration dans le cadre de ces relations bilatérales, il saurait que :

De 1960 à 1969 (question de ne pas déborder le cadre chronologique 1960-1969), les Haïtiens, qui partaient travailler au Congo, ne revenaient pas dans leur pays. Les entrées et sorties des citoyens haïtiens étaient strictement surveillées. Il fallait obtenir un visa de sortie du palais national et un visa du consulat pour revenir au pays [Bernard Diederich, Le Prix du sang, tome 1 : François Duvalier (1957-1971), Port-au-Prince, Henri Deschamps, 2005, p. 136]. Les consulats ne donnaient des visas de retour que pour les officiels ou les partisans du régime. Et ceux-ci n’ont pas forcément travaillé en Afrique.

De 1960 jusqu’à la mort de François Duvalier, les jeunes Haïtiens, qui venaient de l’étranger, sont « arrêtés sans discrimination à leur arrivée à l’aéroport de Port-au-Prince » (Catherine Eve di Chiara, Le Dossier Haïti. Un pays en péril, Paris, Ed. Tallandier, 1988, p. 344).

En clair, partir en Afrique (Congo, Sénégal, Côte-D’Ivoire, Togo, Bénin, Cameroun), c’était un exil doré pour les intellectuels haïtiens. Ceux qui prenaient le risque de revenir au pays, s’ils n’étaient pas arrêtés, vivaient dans le maquis ou sous stricte surveillance de la police secrète de Duvalier et de la CIA, donc sans une réelle liberté pour s’adonner à des activités hétéro ou homosexuelles, avec l’ampleur requise, pour propager le Sida, comme en a conclu Michael Worobey.

Pourquoi ne pas, s’il faut s’en tenir à la piste haïtienne, comme le veulent les scientifiques américains, considérer la possibilité qu’un citoyen américain attrape le virus en Haïti et le propage aux Etats-Unis ? Pas à travers le tourisme. Car, Worobey a raison de noter que Haïti n’est devenue une destination prisée pour le tourisme sexuel qu’à partir de 1970, juste un an après la fameuse 1969.

Cependant, il est important de souligner la présence massive des citoyens américains en Haïti dès la fin des années 1950. C’est à eux que sont confiés les grand travaux comme la construction de l’aéroport international de Port-au-Prince, l’agrandissement du wharf de Port-au-Prince, la prospection et l’exploitation du pétrole et des hydrocarbures liquides ou gazeux – dans le cadre de contrats leur permettant d’utiliser exclusivement des matériels et techniciens venant directement des Etats-Unis ; certains ont des postes permanents à l’université d’Haïti et à l’académie militaire ; d’autres ont résidé plusieurs années en Haïti dans le cadre de la mission militaire américaine qui, sous demande de Duvalier, assistait les militaires haïtiens.

Nous enlevons de cette liste les diplomates et les missionnaires des grandes organisations protestantes.

Tout ceci pour dire que la migration entre Haïti et les Etats-Unis est certainement plus intense et plus durable dans un sens que dans l’autre, mais elle ne s’est pas faite à sens unique. La possibilité pour les Haïtiens d’être récepteurs du virus n’est donc pas à une probabilité de moins O%.

La pièce qui manque au puzzle de Worobey

Pour des résultats probables à plus de 99%, le nom de l’immigré qui aurait propagé le Sida aux Etats-Unis ne devrait être qu’un détail.

Puisque le professeur Worobey le sait Haïtien et célibataire, il devrait aussi indiquer, et c’est la moindre des informations, sa date et sa condition d’entrée aux Etats-Unis, son âge, le centre dans lequel il a été soigné aux Etats-Unis, sa date de décès et même ses différentes aventures.

Dans cette période considérée par Michael Worobey comme point de départ, les pauvres boat-people haïtiens n’affluaient pas encore sur les côtes américaines.

« Tout au long des années 1960, l’exode haïtien reste assez modeste, au point de presque passer inaperçu…En septembre 1963, le premier groupe de boat-people arrive sur les côtes de la Floride. Appréhendés par les agents de l’INS, les demandeurs d’asile politique sont refoulés rapidement vers Haïti. Entre 1963 et 1972, aucun autre groupe de boat-people en provenance d’Haïti n’est recensé par l’INS…La loi [américaine] de 1965 devait permettre une augmentation de l’immigration haïtienne. Pourtant, celle-ci se fait très lentement. L’entrée aux Etats-Unis est rendue de plus en plus difficile et l’obtention d’un visa auprès des autorités américaines devient presque impossible » [Mario Menendez, Cuba, Haïti et l’interventionnisme américain. Un poids, deux mesures, Paris, CNRS, 2005, pp 109-111 ; Alex Stepick III, The refugees Nobody Wants : Haitians in Miami, dans Guillermo J. Grenier et Alex Stepick III, Miami Now ! Immigration, Ethnicity, and Social Change, Gainesville, University Press of Florida, 1992, p. 58].

Ainsi, celui par qui le scandale est arrivé devrait-il être connu nommément, puisqu’il serait arrivé aux Etats-Unis avec un visa en bonne et due forme, et traité dans les centres spécialisés dans lesquels le professeur Worobey tire ses informations.

Tout sonne faux dans cette étude de Michael Worobey. Le professeur ne fait qu’appliquer à l’espèce humaine et à sa manière la fable de la Fontaine : « Les animaux malades de la peste ».

Concrètement, au lieu de continuer à dépenser des fortunes pour tenter de prouver qu’ils ne sont pas à l’origine de l’expansion de la maladie, les Etats-Unis auraient mieux fait d’investir dans de sérieuses recherches qui permettraient de trouver une solution à ce mal incurable et, en attendant, faciliter l’accès des plus démunis aux médicaments qui pourraient prolonger leur jour et alléger leur souffrance.

La logique du bouc émissaire n’apportera pas moins de souffrances aux malades, ni moins de peines aux familles endeuillées.

De plus, loin de servir les intérêts de la science, des conclusions telles présentées par Michael Worobey, comme celles avancées par les scientifiques d’Adolf Hitler dans les années 1920-1940 pour montrer l’infériorité des Juifs et leur responsabilité dans les malheurs du monde, ne font que jeter des discrédits sur les recherches scientifiques, particulièrement celles qui portent sur la génétique.

Weibert Arthus

(1) journaliste, doctorant en Histoire contemporaine des relations internationales (Université Paris 1 – Panthéon – Sorbonne)

http://www.alterpresse.org/spip.php?article6579

Village de Dieu vit l'enfer après Noël

Le spectacle désolant qu'offre la rivière Bois-de-chêne en menaçant presque toutes les maisonnettes de village de Dieu (Photo: François Louis)

A Village de Dieu, les habitants vivent un enfer en cette saison pluvieuse. Beaucoup de résidents de ce bidonville sis entre le Bicentenaire et la mer n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries. Il leur faut surveiller constamment la rivière Bois-de-chêne, qui risque à tout moment de les submerger.

Le visage abattu, Paul Gary, comme la majorité des résidents de Village de Dieu, reste planté devant sa masure, regardant avec inquiétude la rivière Bois-de-chêne qui charrie des monceaux d'ordures. Mais le danger imminent semble l'inquiéter encore moins que la vie de ses cinq enfants, qui meurent littéralement de faim depuis samedi.

Etienne Saintval, le géniteur de 38 enfants: « ...Après la pluie, le soleil revient pour les autres mais il fait toujours mauvais temps pour nous. » (Photo: François Louis)3

D'habitude, Gary surveille les chantiers et les petites constructions qui se multiplient à Village de Dieu ou dans d'autres coins de la capitale. Mais depuis jeudi dernier, les pluies diluviennes qui s'abattent sur le pays ont pratiquement paralysé ses activités. « Je travaillais depuis le 15 octobre sur un chantier, raconte-t-il l'air découragé. Moins d'une semaine après, le propriétaire a décidé de stopper les travaux en raison des intempéries.»

En fait, il a beaucoup de raison de se montrer déçu : le maigre revenu que lui ont rapporté ses trois jours de travail a été épuisé. Il a peur d'accumuler des dettes dans les boutiques de la zone en vue de nourrir sa nombreuse famille. Heureusement, il vit dans une communauté où les voisins ont bon coeur. « Nous n'avons plus rien à la maison depuis samedi, dit-il. N'était la solidarité de nos voisins qui partagent avec nous leur maigre nourriture, la situation serait bien pire encore.»

Il n'est pas le seul à maudire le ciel qui, depuis quelques jours, déverse des torrents d'eau sur les vieilles tôles qui recouvrent son humble demeure. Les habitants des centaines de maisonnettes, vétustes et délabrées, qui longent la rivière Bois-de-chêne se plaignent eux aussi. Ils maudissent surtout le gouvernement qui, selon eux, ne fait rien pour les aider. Bon nombre d'entre eux n'ont pas fermé l'oeil depuis le début des intempéries de peur que les eaux ne les surprennent en plein milieu de la nuit. Les riverains pestent aussi contre certai
ns habitants qui, voulant récupérer pierres et alluvions charriés par la rivière en crue, grugent littéralement

Vue partielle des masures qui sont légion dans la zone (Photo: François Louis)2

les berges au risque de les inonder tous. Depuis des dizaines d'années, Etienne Saintval, un octogénaire bien en chair, habite également une maisonnette située à quelques mètres du canal de Bois-de-chêne. Après les dernières pluies, il vit, comme tant d'autres, la peur constante d'être frappé par les eaux en furie. Il n'y va pas par quatre chemins pour raconter sa misère. « Nous ne vivons pas ici, soupire M. Saintval, géniteur de 38 enfants - dont 6 sont déjà passés de vie à trépas - de 10 femmes différentes. Après la pluie, le soleil revient pour les autres, mais il fait toujours mauvais temps pour nous. »

« Nous n'avons rien en termes d'infrastructures. D'ailleurs, nous ne pouvons même pas bien respirer à cause de l'odeur pestilentielle dégagée par les fosses septiques ainsi que tous ces déchets qui nous entourent. On nous oublie ici », déplore M. Saintval, évoluant dans un environnement tellement dégradé au point de devenir pratiquement invivable.


La situation n'est pas différente à Cité de Dieu (Photo: François Louis)4

Sans emploi depuis quarante ans, M. Saintval tente aujourd'hui de gagner sa vie - mais quelle vie - comme accoucheur. « J'ai suivi des séances d'entraînement comme matrone à Jacmel et j'ai obtenu mon diplôme en décembre 2003 », explique-t-il avant d'entrer dans sa maison et d'en ressortir, une copie du précieux diplôme à la main.

Manifestement en colère, il n'est pas le seul à tirer à boulets rouges sur les autorités du pays. « Les responsables n'entendent rien faire en vue de corriger la situation qui s'aggrave de jour en jour, dit-il, debout en face du menaçant canal de Bois-de-chêne aux abords duquel les piles d'immondices s'amoncellent. Ils préfèrent que les choses restent inchangées afin qu'ils puissent continuer à faire leur beurre au détriment des sans-abri. »

Noël démasque Tabarre

La rivière Grise, en crue, a détruit une vingtaine de maisonnettes à « Dèyè mi », un bidonville de la commune de Tabarre (Photo: François Louis)

Noël, la tempête tropicale qui a frappé Haïti cette semaine, a révélé dans toute sa laideur le visage caché de Tabarre, où pullulent les constructions anarchiques. C'est le cas du bidonville « Dèyè mi » dont une

bonne partie vient d'être détruite par la rivière Grise en crue. Les avalanches d'eau et de boue qui ont dévalé soudainement des montagnes en début de semaine ont frappé sévèrement « Dèyè mi » - de l'autre côté du mur -, un bidonville de Tabarre récemment construit en partie sur le lit de la rivière Grise. En crue, celle-ci a emporté pas moins d'une vingtaine de masures dans le seul bidonville érigé à Tabarre 27.

"Dèyè mi" le bidonville récemment construit à Tabarre 27 reste sous la menace de la rivière Grise, en crue lors du passage Noël, la tempête tropicale meurtrière (Photo: François Louis)2

Beauvoir Laguerre, l'une des victimes, s'attend au pire. Même si la rivière Grise n'est même pas sortie de son lit, sa maisonnette a néanmoins été détruite par les eaux en furie. « Heureusement que personne n'a perdu la vie dans la catastrophe », soupire l'homme de 45 ans, qui regrette sa maison de trois pièces et ses animaux emportés sous ses yeux. Il ne lui reste que son courage après le passage de Noël, ce cadeau empoisonné du temps, pour assurer la survie des onze enfants vivant avec lui.

Désolant spectacle à « Dèyè mi », un bidonville de Tabarre, touché par la rivière Grise (Photo: François Louis)

« La catastrophe était prévisible pour les habitants de ce bidonville, juge un passant du haut de sa luxueuse Jeep 4X4. Je ne comprends pas l'insouciance de l'Etat qui laisse construire des maisons dans le lit des rivières. » L'homme s'attaque aux journalistes qui crient au scandale lorsque l'Etat ou les autorités municipales mettent à exécution leurs mesures de déguerpissement. Son intervention jette la brouille parmi les victimes et les quelques spectateurs venus de Croix-des-Bouquets, la commune voisine, pour assister à leur malheur.

Un porc dans le lit de la rivière Grise (Photo: François Louis)


« Nos maisonnettes n'étaient pas du tout construites dans le lit de la rivière, répliquent des habitants de Dèyè mi, qui ont tout perdu. Il y avait un monticule de terre qui nous séparait de la rivière », se défendent-ils à l'unisson, tout en désignant plus bas d'autres maisons menacées par les eaux. « Pensez-vous qu'il y avait des maisons plus sécurisées que celles-ci ? », sínterrogent les riverains.

« Dèyè mi » est emblématique de ces dizaines de quartiers construits dans l'anarchie à Tabarre. Là-bas, de luxueuses maisons sont construites, en dehors des normes primaires d'urbanisme. A la moindre averse, des tonnes d'alluvions s'étalent sur la chaussée, ce qui ralentit ou bloque la circulation à certains endroits.

Des Casques bleus de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti constatent de loin les dégâts causés par la rivière Grise à Tabarre (Photo: François Louis)

Même si Noël a laissé sur son passage de nombreuses victimes, on ne déplore heureusement aucun mort à « Dèyè mi ». Mais la force délétère de la rivière Grise continue d'effrayer les nombreux habitants qui ont construit leurs maisons dans son voisinage. Chaque fois que tombe une goutte de pluie, ils fuient leur demeure. « On a peur de la force menaçante des eaux », disent des femmes fuyant avec des enfants dans leurs bras.

Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50370&PubDate=2007-11-01