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mercredi 7 novembre 2007

Le cadeau des écrivains








Du 5 au 10 novembre, la deuxième édition de la Rentrée littéraire se déroulera dans les écoles, universités, librairies et bibliothèques. M. Willems Edouard, initiateur de la Rentrée littéraire en Haïti et directeur général des Presses nationales, nous parle du bien-fondé de l'initiative et des caractéristiques de l'édition 2007 qui se déroulera sous le thème : "La rencontre des générations". Il entrainera dans son sillage une dizaine d'écrivains par les quartiers de la capitale, de Bourdon à Fontamara, de la rue d'Ennery à Carrefour-Feuilles, de Carrefour à Delmas. Contrairement à Noel, les créateurs haïtiens apporteront des cadeaux au public. Par-delà le vent et l'eau, suivez-les. A la lettre.
Frankétienne, le pape du spiralisme.

Le Nouvelliste : Vous faites une expérience de publication de livres depuis quelques années qui dévoile d'autres aspects des buts de l'institution que vous dirigez. Est-ce un des objectifs des Presses nationales ?

Willems Edouard : Il faut se référer au décret du 4 avril 1983 portant sur les ressources financières des Presses nationales. La liste inclut des livres. De là à souligner que l'ancêtre des Presses nationales était l'imprimerie de l'Etat, il n'y a qu'un pas à faire. L'imprimerie de l'Etat a joué un rôle prépondérant dans les publications qui ont marqué l'histoire littéraire du pays. René Depestre y a publié "Gerbe de sang" et "Etincelles". Il y a donc une raison touchant à la tradition littéraire haïtienne et à une référence légale. Les Presses nationales d'Haïti, depuis ma nomination à la tète de cette importante institution, veulent jouer un rôle actif dans la promotion du livre et de la lecture en Haïti. Cependant, elles renouent avec la tradition sur une base programmatique et éditoriale. Ce n'est plus un client qui vient pour une publication. Nous avons un programme défini et un projet éditorial.
Louis Philippe Dalembert, auteur de L'autre face de la mer.

L.N. : Comment définissez-vous ce projet éditorial ?
W.E. : Nous nous engageons à rééditer des classiques de la littérature haïtienne, nous rapatrions des oeuvres d'auteurs haïtiens contemporains édités à l'étranger et nous publions des livres d'auteurs étrangers qui mettent Haïti en scène, son histoire et sa culture. En fait, le projet éditorial, c'est la promotion de la production littéraire haïtienne et la sauvegarde du patrimoine de créativité et d'analyse scientifique du pays.

L.N. : Y a-t-il des procédures spécifiques suivies par l'institution au sujet de ces publications ?
W.E. : On ne publie pas à compte d'auteur. Ce n'est pas la situation financière de l'écrivain qui va déterminer sa publication. C'est son talent. J'achète aussi des droits des auteurs et des éditeurs. On a travaillé avec Gallimard, Grasset, Actes Sud, Edition Hors Commerce, Edition Payot, Mercure de France, Edition Dapper et du Canada Courte Echelle, Edition du Marais.
L.N. : Vous avez innové avec les « Rentrées littéraires » depuis l'année dernière. Quelles ont été les caractéristiques de la première édition ?
W.E. : Elle a eu un effet d'annonce et a été bien accueilli. Le mot Rentrée Littéraire n'était pas dans nos habitudes. La Rentrée littéraire a été retenue par le quotidien Le Matin comme l'un des événements littéraires de l'année 2006. La réaction du public a été positive. Des lecteurs ont retrouvé des livres rares, disparus ou introuvables. Notre projet éditorial se fait en regard du programme officiel de littérature haïtienne. Les textes d'auteurs retenus se vendent très bien.
Lyonel Trouillot: plaisir du corps et mémoire.

L.N. : Parlez-nous de l'édition 2007 de la Rentrée littéraire.
W.E. : Elle se déroulera du 5 au 10 novembre avec une quarantaine de titres. Il y aura des écrivains étrangers invités, ceux de la diaspora haïtienne, des écrivains de l'intérieur et des classiques réédités.
L.N. : Parmi les classiques, pouvez-vous citer quelques auteurs et des titres ?
W.E. : « Coeur des Iles » de Ida Faubert, premier recueil de poèmes publié par une femme haïtienne; le premier roman féminin haïtien : « Cruelle destinée » de Cléante Valcin; les trois premiers romans haïtiens « Francesca » (1873), « Le damné » (1873) de Demesvar Delorme, « Une chercheuse » (1888) de Louis Joseph Janvier. Il faut citer aussi « Canapé vert » de Phillipe Thoby Marcelin et Pierre Marcelin.
L.N. : La littérature haïtienne est représentée par qui à cette rentrée ?
W.E. : « L'Amour avant que j'oublie » des Editions Actes Sud de Lyonel Trouillot, « La gravitante » de Janine Tavernier, « Au chevet des fenêtres », poèmes, de Michael Mondésir, « Mots d'ailes en infini d'abîme » de Frankétienne, « Le coeur à haute voix » de Josué Cazeau, jeune poète qui collectionne des prix de 2000 à 2007, « Etrangère de nulle part » de Monique Mesplé Lassale.
L.N. : On a remarqué qu'une des caractéristiques de la Rentrée littéraire est d'aller vers le public à travers des institutions de proximité.
W.E. : Nos faisons cela pour rendre le livre plus accessible à la majorité et maintenir le cap d'une parole plus familière autour du livre. Les conférences autour du livre se tiendront dans les bibliothèques de proximité avec l'objectif de porter les jeunes à s'intéresser aux livres et à la littérature. C'est le cadeau de la Rentrée offert par les Presses nationales.
L.N. : On a constaté que cette année il n'y a pas de livre en créole.
W.E. : Il y a eu Lea Kokoye ak lòt odians de Maurice Sixto, Plidetwal et Blengendeng bleng de Georges Castera. Nous avons pour 2008 un vaste projet de publication des fictions en créole avec les grosses pointures de la littérature haïtienne.


Jean Euphèle Milcé de la génération des années 90.

L.N. : Que peut-on dire pour les essais ?
W.E. : Les essais de la première édition étaient Le sacrifice du Tambour Assotor et Analyse schématique de Jacques Roumain, « Le livre de l'Esclave », une réflexion sur l'esclavage et la traite des nègres d'Ottobah Cugoano. « L'histoire littéraire et le littéraire haïtien », un texte à partir des actes du colloque de Jacmel en décembre 2004, est l'essai de la Rentrée 2007.
L.N. : Il y a une boulimie d'événements autour du livre alors que les statistiques sur la lecture n'ont pas bougé d'un cran.
W.E. : C'est de bon augure et cela s'effectue suivant les aléas du calendrier. Les événements littéraires qui n'ont pas de caractère commercial ont du succès. Notre projet éditorial concerne l'encouragement des jeunes à intégrer l'espace littéraire. Nous faisons la promotion des jeunes talents. Le Prix Justin Lhérisson de la nouvelle a été gagné par Cynthia Bastien avec « Les mendiantes du soleil ». Cette année, Josué Cazeau et Michael Mondésir sont au programme de la Rentrée littéraire.
L.N. : Comment se répartira le programme ?
W.E. : Des écrivains seront en signature dans les écoles et universités, dans les librairies et les bibliothèques. Ils seront aussi en causerie avec le public. Cela pour écarter la vision mortifère de l'écrivain défunt. Ils ne sont pas toujours morts. Ils prendront contact avec le public en vue de provoquer un effet de modèle et de stimuler la vocation littéraire. La Rentée 2007 sera marquée par des conférences sur l'économie du livre et le droit d'auteur.
L.N. : Quels sont vos espoirs ?
W.E. : Que l'opération Rentrée littéraire soit pérenne. Il faut que les Presses nationales d'Haïti ne soient plus l'unique éditeur à travailler suivant un programme de publication. Nos éditeurs doivent avoir un projet éditorial, un catalogue. C'est le pari que lancent Les Presses nationales d'Haïti aux éditeurs haïtiens.
Propos recueillis par Pierre Clitandre

La belle saison du livre


La deuxième édition de la Rentrée littéraire, lancée en grande pompe lundi, ouvre, pour le plus grand bonheur des écrivains, passionnés de la lecture et amants de la culture, une belle saison qui donne, d'après le ministre de la Culture et de la Communication, l'architecte Pierre-Eddy Lubin, à l'objet imprimé toute son importance
Le milieu littéraire et culturel haïtien peut se réjouir que l'initiative de la Rentrée littéraire, mise en branle l'année dernière par les Editions des Presses nationales d'Haïti sous le patronage du ministère de la Culture et de la Communication, s'apprête à dépasser le cadre d'un simple effet d'annonce. La deuxième édition, lancée en grande pompe lundi, ouvre, pour le plus grand bonheur des écrivains, passionnés de la lecture et amants de la culture, « une belle saison qui donne à l'objet imprimé toute son importance », d'après le ministre de la Culture et de la Communication, l'architecte Pierre-Eddy Lubin.
La moisson est relativement grande cette année : 40 titres sont proposés aux lecteurs, parmi lesquels des oeuvres d'auteurs étrangers et de la diaspora haïtienne. Une dizaine de conférences et d'ateliers se déroulent autour du livre. Des causeries sont organisées dans les bibliothèques, les écoles et les facultés. Une exposition de dessins illustrant les ouvrages (re)édités est montrée au public. « Beaucoup d'activités ont lieu autour du livre et une plus grande attention est portée à la littérature haïtienne », s'enthousiasme le poète Willems Edouard, directeur des Presses nationales d'HaïtiLa deuxième édition a le grand mérite d'offrir aux lecteurs, en plus des classiques de la littérature haïtienne, des oeuvres-références : « Cruelle destinée » de Cléante Valcin, premier roman féminin haïtien, « Coeur des îles », premier recueil de poèmes écrit par une femme, Ida Faubert, la fille de l'ancien président Salomon. En plus des classiques de la littérature haïtienne, des ouvrages importants d'auteurs haïtiens édités à l'étranger sont rapatriés.
Cette opération qui rejoint en droite ligne les grandes lignes de la politique du ministère de la Culture et de la Communication est une façon, d'après Willems Edouard, pour les Editions Presses nationales d'Haïti d'apporter sa pierre à l'édifice de préservation du patrimoine à un moment où la Fondation Culture Création initie des débats sur la notion du bien commun. « Le livre, d'après Michèle D. Pierre-Louis, directrice de la Fondation Connaissance et Liberté, est un bien culturel commun à partager. »
L'architecte Pierre-Eddy Lubin, lui, voit dans le livre une synthèse de vie où le passé interpelle le présent pour modeler l'avenir. C'est pourquoi cet objet doit circuler dans tous les recoins des villes de province. Par la tradition de la Rentrée littéraire, il encourage les gens à se réconcilier avec la lecture à travers nos bons auteurs d'hier et d'aujourd'hui. Les auteurs haïtiens de la diaspora tels Janine Tavernier, Jean-Max Calvin ainsi que la poétesse française Monique-Mesplé Lassalle présents à ce lancement n'étaient pas moins enthousiastes de participer à cette deuxième édition considérée aujourd'hui comme un haut lieu de promotion et de diffusion de la littérature haïtienne.
Nélio Joseph
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50481&PubDate=2007-11-07

« Nou tout Konte » - Chronique sur Population et DéveloppementHaïti : la peur au ventre

Mardi 6 novembre 2007
par Vario Serant
P-au-P., 06 nov. 07 [AlterPresse] --- Sur chaque centaine d’enfants âgés de moins de cinq ans en Haïti, quarante-deux sont « mal développés ». La malnutrition - découlant d’une mauvaise alimentation - et la diarrhée sont les deux maladies affectant le plus fréquemment les enfants.
Pour chaque cent (cas de) décès enregistrés parmi les enfants de zéro à cinq ans, vingt à vingt-huit sont liés à ces deux maladies.
À l’hôpital Sainte Catherine par exemple, situé dans le plus grand bidonville de Port-au-Prince, la directrice du Service de Pédiatrie confirme que la diarrhée est la maladie la plus fréquemment rencontrée (parmi les enfants reçus au centre).
« A la faveur de la saison cyclonique, nous avons aussi en surface les maladies respiratoires. Dès que nous entrons dans cette période, nous avons deux problèmes : les problèmes respiratoires et la diarrhée », déclare Dr Armid Jeanty.
À côté de la diarrhée, la malnutrition représente, comme nous le signalions plus haut, l’autre fléau qui n’épargne pas les enfants. Le directeur médical de l’hôpital Sainte Catherine a crû bon de bousculer certains à priori à propos de la malnutrition.
Selon St Fleur Jacquelin, le vocable malnutri traduit la situation d’une personne qui peut être « sous pesée » ou surpesée ». Dans le cas des enfants qui ne mangent pas assez, le terme qui convient le mieux est celui de « sous-nutrition », estime le docteur Jacquelin.
En Haïti, l’insécurité est polymorphe (se présente sur plusieurs formes). Mais celle qui est la plus criante concerne l’insécurité alimentaire. Sur chaque dix familles haïtiennes, quatre subissent cette forme d’insécurité.
La malnutrition frappant les enfants se décline sur plusieurs paliers. Sur chaque centaine d’enfants, vingt-deux souffrent de malnutrition chronique et neuf de malnutrition grave.
Comme le souligne Dr Saint Fleur Jacquelin, l’enfant est censé avoir un poids normal en fonction de son âge. « Lorsque vous pesez l’enfant suivant son âge et sa taille, vous ne trouvez pas ce poids, on peut alors déterminer si l’enfant (en fonction du poids) soufre d’une malnutrition modérée, sévère ou légère », explique le directeur médical de l’hôpital Sainte Catherine.
Il manque à ces enfants (malnutris) beaucoup de choses (des micronutriments) nécessaires à leur organisme comme le fer, l’iode et la vitamine A. Cette situation expose les enfants à plusieurs dangers comme la cécité crépusculaire, l’anémie, les infections, le crétinisme et la mort.
La prise en charge et le traitement des enfants malnutris permettent, selon le docteur St Fleur Jacquelin, un meilleur développement physique et mental (de ces enfants).
Comme vous pouvez le comprendre, la malnutrition (prise dans le sens de sous-nutrition) frappe particulièrement les enfants résidant dans les zones pauvres. Cette situation est d’autant plus critique que les dites zones ont généralement une faible couverture sanitaire (accès aux soins très difficile).
Les haïtiens, en particulier les enfants, ne sont pas égaux devant la santé et la mort. La lutte pour l’éradication de la malnutrition marche donc de pair avec celles contre la pauvreté et les inégalités (sociales). [vs gp apr 06/11/2007 19:00]
……………
Cet article fait partie d’une série intitulée « Nou tout konte » et réalisée avec le concours du
Fond des Nations-Unies pour la Population (UNFPA). Dans ce cadre, des chroniques radios hebdomadaires sont également diffuées sur Radio Kiskeya suivant l’horaire ci-dessous : - Mardi, au journal de 6 :00 AM - Mercredi au journal de 7 :00 AM - Jeudi au journal de 4 :00 PM - Vendredi, peu avant le journal des sports (12 :55 PM)
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6592

Haïti/ 2e édition rentrée littéraire : L’écrivain Frankétienne propose une révolution culturelle par l’éducation

Mardi 6 novembre 2007
P-au-P, 6 nov. 07 [AlterPresse] --- L’écrivain prolifique haïtien Frankétienne se prononce pour une révolution culturelle à l’échelle mondiale, qui devrait cheminer par l’éducation.
Il convient de sortir de « la manière de faire à l’haïtienne », de la vision « réductrice » et de la pensée « bipolaire » (gauche/droite), qui exclurait la créativité et privilégierait une tendance à la médiocrité dans les œuvres littéraires (comme certains romans qui recèlent beaucoup de clichés ainsi que des formules toutes faites), avance Franckétienne dans le cadre du lancement de la deuxième édition de la rentrée littéraire, auquel a assisté l’agence en ligne AlterPresse.
L’écrivain haïtien critique également le style linéaire (sujet/verbe/complément) dans l’écriture, qu’il assimile à une pauvreté dans la pensée, une absence d’imagination et de créativité.
Frankétienne a exprimé son point de vue au cours d’une causerie le lundi 5 novembre 2007 avec des élèves de classes terminales, déroulée au Lycée Toussaint Louverture(Ltl) de Port-au-Prince.
Réagissant aux propos de l’écrivain, certains élèves ont manifesté de l’enthousiasme par rapport au discours qu’ils considèrent « édifiant » de Franckétienne, qui faisait également une visite de promotion de son dernier ouvrage « Mots d’ailes en infini d’Abîmes ».
S’entretenant sur sa vie, son enfance et son oeuvre avec ces lycéens des classes terminales, l’auteur, dans une atmosphère de convivialité, a présenté les mécanismes de son écriture axée sur l’esthétique du chaos.
Son oeuvre est liée à la complexité de la vie qui est un tout indissociable, explique-t-il.
« J’écris comme la vie est », fait savoir Franckétienne.
Descendant de l’union d’un « blanc industriel » avec une paysanne de 13 ans, il rappelle combien son enfance a été marquée au Bel Air (nord-est de Port-au-Prince) par des larcins, des mésaventures sexuelles avec des femmes de longtemps plus âgées que lui, des « évasions » passagères à la cigarette et au clairin,…
Il n’a éprouvé aucune honte à conter ses déboires en classe de troisième secondaire, lorsqu’il est sorti, au cours d’une étape, dernier d’une promotion de 54 élèves, qui le taquinaient en disant « blan mannan an kreten, li dènye nan klas la ». Et lui, on ne peut plus vexé et tourmenté, de promettre qu’à l’étape suivante, il serait le premier.
Ce qu’il a fait, recevant les louanges et l’admiration du directeur de son établissement, qui, dans les annales scolaires de l’époque, a enregistré un élève devenu premier de sa classe après avoir été dernier à l’étape précédente.
Et, depuis lors, dit Franckétienne, il a été condamné à cultiver l’excellence en se détachant de toute orientation malsaine, dans sa condition humaine.
Ce qui fait de lui un « miraculé », estime-t-il.
L’auteur de plus de 40 titres, dont « Ultravocal, 1972, Dezafi, 1975, Pèlen tèt, 1978, Foukifoura, 2000, Miraculeuse, 2003 » pour ne citer que ceux-là, s’affirme comme ’’un grand écrivain’’, faisant allusion à la portée singulière de son oeuvre abondante mais aussi extraordinaire, laquelle, variée, est reconnue à l’échelle internationale.
’’Ma mythologie est axée sur l’importance consciente du travail fait’’, s’enorgueillit-il.
A côté des 45 titres publiés, il a peint 6 mille tableaux, joué 12 pièces. Mais, sa principale besogne demeure l’écriture. A son avis, l’écriture doit être quelque chose de travaillé et de créatif.
Rejetant toute forme de petitesse, d’étroitesse, de laideur, de médiocrité de l’esprit humain, Franck Etienne invite les élèves à s’efforcer de sortir de l’ordinaire et de penser « grand » à la manière de Dieu, en laissant transparaître (en eux) le souffle de l’esprit, innovateur et créatif. D’où l’essence de son oeuvre, la spirale.
Déroulées en présence des membres de la direction de l’établissement et de quelques professeurs, avec l’accompagnement de deux animatrices et d’un animateur stagiaires aux Presses Nationales d’Haïti, les discussions se sont terminées avec la lecture expliquée d’un fragment de ’’Mots d’ailes en infini d’Abîmes’’.
Ce titre, dont une vente signature sera organisée le mercredi 7 novembre 2007, figure parmi les 40 titres, rendus disponibles par les Editions des Presses Nationales d’Haïti à l’occasion de la 2e édition de la rentrée littéraire.
Baptisée « la rencontre des générations », la rentrée Littéraire 2007 - activité culturelle organisée par les Presses nationales d’Haïti avec l’appui de différents partenaires pour mettre en valeur le livre et l’écrivain – apparaît en tant qu’initiative ciblant les jeunes, particulièrement celles et ceux des classes terminales et universitaires, considérés comme potentiel lectorat haïtien.
Entamée le 5 novembre par une conférence de presse renseignant sur l’agenda établi pour cette année 2007, la 2e édition de la rentrée littéraire doit être clôturée le samedi 10 novembre.
Globalement, 6 jours d’animation (conférences, ateliers de lecture, séances de ventes-signatures et causeries avec les auteurs en promotion) sont prévus autour du livre, dans des écoles, bibliothèques et librairies réparties un peu partout dans le département de l’Ouest du pays. [kj rc 06/11/2007 11 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6588

Radio-Tele Ginen ciblée par des tirs nourris mardi soir

Aucune victime parmi le personnel de la station, mais une femme a été sérieusement blessée près du bâtiment
mardi 6 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Des inconnus lourdement armés ont ouvert le feu mardi soir sur les locaux de Radio-Tele Ginen, une chaîne privée située à Delmas 31 (nord de Port-au-Prince), blessant sérieusement une femme qui se trouvait de l’autre côté de la rue, selon des témoins qui étaient sous le coup de l’émotion.
Un imposant dispositif policier a été déployé sur les lieux peu après l’incident.
Des tirs nourris visaient directement la station où aucune victime n’a été enregistrée. Cependant, des impacts de balle étaient visibles sur la façade principale du bâtiment.
La femme blessée répondant au nom de Suzanne Séide a été apparemment touchée aux côtes. Elle a dû être transportée d’urgence à l’hôpital parce qu’elle saignait beaucoup, ont raconté les témoins qui croient qu’un projectile l’a atteinte accidentellement au cours de la fusillade.
Une Suzuki Samouraï de couleur jaune et noire appartenant à Radio-Tele Ginen a été retrouvée criblée de balles. Personne ne se trouvait dans le véhicule qui était en stationnement.
Les responsables de la station se sont refusés jusqu’en fin de soirée à tout commentaire sur cette violente attaque. La programmation régulière était discontinuée, la radio jouait de la musique en continu tandis que la télé diffusait des films.
Sous le commandement du commissaire de Delmas, Carl-Henri Boucher, des policiers interrogeaient des personnes et relevaient les indices les plus pertinents dans le cadre de l’enquête ouverte sur cette affaire.
Le PDG de Radio-Tele Ginen, Lucien Borges, avait il y a quelque temps fait état d’une attaque similaire qu’avait subie sa chaîne.
De multiples actes de banditisme parfois meurtriers ont frappé la capitale haïtienne au cours des dernières semaines malgré la volonté maintes fois exprimée de la Police Nationale et de la Mission de l’ONU (MINUSTAH) de mettre les individus ou groupes ultraviolents hors d’état de nuire. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4382

La belle saison du livre

La deuxième édition de la Rentrée littéraire, lancée en grande pompe lundi, ouvre, pour le plus grand bonheur des écrivains, passionnés de la lecture et amants de la culture, une belle saison qui donne, d'après le ministre de la Culture et de la Communication, l'architecte Pierre-Eddy Lubin, à l'objet imprimé toute son importance
Le milieu littéraire et culturel haïtien peut se réjouir que l'initiative de la Rentrée littéraire, mise en branle l'année dernière par les Editions des Presses nationales d'Haïti sous le patronage du ministère de la Culture et de la Communication, s'apprête à dépasser le cadre d'un simple effet d'annonce. La deuxième édition, lancée en grande pompe lundi, ouvre, pour le plus grand bonheur des écrivains, passionnés de la lecture et amants de la culture, « une belle saison qui donne à l'objet imprimé toute son importance », d'après le ministre de la Culture et de la Communication, l'architecte Pierre-Eddy Lubin.
La moisson est relativement grande cette année : 40 titres sont proposés aux lecteurs, parmi lesquels des oeuvres d'auteurs étrangers et de la diaspora haïtienne. Une dizaine de conférences et d'ateliers se déroulent autour du livre. Des causeries sont organisées dans les bibliothèques, les écoles et les facultés. Une exposition de dessins illustrant les ouvrages (re)édités est montrée au public. « Beaucoup d'activités ont lieu autour du livre et une plus grande attention est portée à la littérature haïtienne », s'enthousiasme le poète Willems Edouard, directeur des Presses nationales d'Haïti

La deuxième édition a le grand mérite d'offrir aux lecteurs, en plus des classiques de la littérature haïtienne, des oeuvres-références : « Cruelle destinée » de Cléante Valcin, premier roman féminin haïtien, « Coeur des îles », premier recueil de poèmes écrit par une femme, Ida Faubert, la fille de l'ancien président Salomon. En plus des classiques de la littérature haïtienne, des ouvrages importants d'auteurs haïtiens édités à l'étranger sont rapatriés. Cette opération qui rejoint en droite ligne les grandes lignes de la politique du ministère de la Culture et de la Communication est une façon, d'après Willems Edouard, pour les Editions Presses nationales d'Haïti d'apporter sa pierre à l'édifice de préservation du patrimoine à un moment où la Fondation Culture Création initie des débats sur la notion du bien commun. « Le livre, d'après Michèle D. Pierre-Louis, directrice de la Fondation Connaissance et Liberté, est un bien culturel commun à partager. »L'architecte Pierre-Eddy Lubin, lui, voit dans le livre une synthèse de vie où le passé interpelle le présent pour modeler l'avenir. C'est pourquoi cet objet doit circuler dans tous les recoins des villes de province.
Par la tradition de la Rentrée littéraire, il encourage les gens à se réconcilier avec la lecture à travers nos bons auteurs d'hier et d'aujourd'hui. Les auteurs haïtiens de la diaspora tels Janine Tavernier, Jean-Max Calvin ainsi que la poétesse française Monique-Mesplé Lassalle présents à ce lancement n'étaient pas moins enthousiastes de participer à cette deuxième édition considérée aujourd'hui comme un haut lieu de promotion et de diffusion de la littérature haïtienne.
Nélio Joseph
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50481&PubDate=2007-11-07

mardi 6 novembre 2007

Lancement officiel de la campagne nationale de vaccination
Pour la première fois, 5,7 millions d’enfants et de jeunes seront protégés contre la rubéole, la rougeole et la polio ; optimistes, le gouvernement haïtien et la communauté internationale appellent à la collaboration de tous
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

La première grande campagne nationale de vaccination contre la rubéole, la rougeole et la polio a été lancée lundi par le gouvernement en vue de prémunir 5,7 millions de jeunes haïtiens de 0 à 19 ans contre ces trois maladies virales qui n’ont jamais été éradiquées.
Dans leurs interventions respectives, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis et les ministres de la santé, Robert Auguste et de l’éducation nationale, Gabriel Bien-Aimé ont appelé les différents secteurs de la population, les parents et les enseignants à contribuer au succès de la campagne. Ils se sont montrés confiants quant aux chances d’atteindre les objectifs visés.
Pour sa part, la représentante de l’OPS/OMS en Haïti, le Dr Henriette Chamouillet, a félicité les autorités haïtiennes pour cette initiative très ambitieuse. Elle leur a promis un appui indéfectible afin de faire de la santé une des grandes priorités nationales.
Présent également à la cérémonie de lancement de la campagne au Karibe Convention Center, le représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Hédi Annabi, s’est réjoui de ce projet gouvernemental qui doit permettre de vacciner plus de cinq millions de personnes en quelques mois. De l’avis du diplomate tunisien, la campagne qui démarre dans trois départements avant de s’étendre à tout le territoire va constituer une démonstration des potentialités du pays.
La MINUSTAH fournira une aide logistique à la réalisation des différentes étapes en assurant notamment le stockage des doses qui seront utilisées dans les postes de vaccination.
Dans une perspective de persuasion et de sensibilisation de la jeunesse, des vaccins contre la rubéole, la rougeole et la polio ont été administrés à deux joueurs de la sélection U-17 de football, Valdo Normil et Géraldy Joseph. Ils faisaient partie du groupe qui avait fièrement représenté Haïti au Mondial de Corée du Sud, durant l’été. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4377

Au moins 64 morts, 16 disparus et près de 20.000 déplacés, nouveau bilan du passage de la tempête


Un conseil des ministres consacré à la gestion de l’après-Noël ; accrochages à la Croix-des-Bouquets où des réfugiés ont empêché la reprise des cours dans un lycée en réclamant des terrains destinés à la construction
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le bilan du passage de la tempête tropicale Noël s’est de nouveau alourdi passant à 64 morts, 16 disparus et 105 blessés, selon des informations communiquées lundi soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte faisait état de 62 décès.
Les familles sinistrées s’élèvent désormais à 10.590 et les personnes hébergées à 18.512.
Les pertes matérielles n’ont pas non plus cessé d’augmenter. Les maisonnettes détruites sont au nombre de 2.006 et celles endommagées de 9.135.
Les données sur les inondations enregistrées au cours du week-end à Tiburon (extrême Sud) et Arcahaie (Ouest) étaient encore en phase de traitement et peuvent donc alourdir davantage le bilan, prévient la directrice de la protection civile.
Le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, accompagné de Mme Alta Jean-Baptiste, a fait lundi après-midi un exposé général de la situation lors d’un conseil des ministres spécial qui réunissait le Président René Préval, le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis et les membres du gouvernement. D’importantes décisions devaient être annoncées à l’issue de cette séance de travail consacrée à la gestion du lourd héritage laissé par la tempête tropicale
Sur un autre front, les autorités faisaient face lundi à la colère de sinistrés installés dans des établissements scolaires notamment à la Croix-des-Bouquets (environ 40 km au nord-est de Port-au-Prince). Refusant de quitter les locaux du lycée Jacques 1er, près de 250 hommes et femmes ont manifesté contre leurs conditions d’hébergement. Ils ont menacé de rester dans l’enceinte de l’école où la reprise des cours après plusieurs jours d’interruption a été reportée sine die. Les élèves n’ont pu avoir accès aux salles de classe et ont dû rebrousser chemin dans la plus grande incertitude.
Malgré l’intervention du maire de la Croix-des-Bouquets, Darius Saint-Ange et du commissaire de police, Ernst Dumont, les protestataires n’entendaient pas partir tant que des terrains ne leur seraient pas accordés pour la construction de leurs maisons.
Des mouvements de protestation ont été également enregistrés dans d’autres centres d’hébergement. Dans certains cas, on semblait se diriger vers un éventuel recours à la force pour la récupération d’espaces scolaires transformés en abris provisoires. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4378

Des leaders de la Floride lancent une collecte de dons en faveur des sinistrés haïtiens et dominicains

Le métro, les pompiers et la police de Miami-Dade mobilisés
lundi 5 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Des leaders du comté de Miami-Dade ont décidé d’organiser pendant une semaine une campagne visant à collecter des dons en nature en faveur des nombreuses victimes de la tempête tropicale Noël en Haïti et en République Dominicaine, rapporte dans son édition de lundi le Miami Herald.
Toutes les équipes des bureaux régionaux du métro, des stations de sapeurs-pompiers et des postes de police ont été invitées à se joindre à cette action humanitaire en recueillant des dons à partir de mardi matin 8 heures. L’opération se poursuivra jusqu’au 13 novembre inclusivement. Les différents services sollicités ont accepté d’apporter leu contribution.
Les initiateurs de ce mouvement de solidarité ont présenté une liste précise des articles que les donateurs peuvent offrir : couvertures, bouteilles d’eau, kits d’urgence, couchettes, nourriture pour bébés, aliments secs et génératrices.
Les différents dons seront répartis en deux compartiments pour être acheminés respectivement en Haïti et en territoire voisin.
Parallèlement à ce geste annoncé à Miami-Dade et à d’autres manifestations de la solidarité internationale, la communauté haïtienne du sud de la Floride se préparait à se mobiliser en faveur des populations sinistrées.
Noël a fait au moins 150 morts, 100.000 sinistrés et d’énormes dégâts non encore évalués sur l’île d’Haïti ou Quisqueya que se partagent Haïti et la République Dominicaine. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4379

Le Président uruguayen révoque le commandant adjoint de la MINUSTAH et lui inflige 15 jours de prison

De retour en Haïti mercredi pour remplir des formalités administratives, le général Raùl Gloodtdosfky, qui a rendu l’armée uruguayenne responsable de la disparition d’opposants sous la dictature, pourrait être jugé à Montevideo ; un vice-amiral également sanctionné
mardi 6 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le général uruguayen Raùl Gloodtdofsky, commandant adjoint de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), attendu à Port-au-Prince mercredi, a été relevé de ses fonctions et condamné à quinze jours d’emprisonnement par le Président Tabaré Vàzquez qui lui reproche d’avoir dénigré l’armée uruguayenne.
Selon l’édition de mardi du quotidien de Montevideo La Republica, la décision a été prise lundi soir par le chef de l’Etat de concert avec sa ministre de la défense, Azucena Berrutti, à l’issue d’une réunion à la Résidence de Suàrez y Reyes (siège de la Présidence), consacrée exclusivement à l’analyse des propos outrageants de l’officier supérieur sur la "trahison" de l’armée de terre et de la force aérienne uruguayennes dans le dossier des disparus de la dictature militaire (1973-1985).
Gloodtdofsky avait porté ces graves accusations sur l’implication présumée de ses frères d’armes dans des violations des droits humains lors d’un dîner privé auquel il participait le 12 octobre dernier à Port-au-Prince en compagnie d’autres officiers du bataillon uruguayen dont il était également le commandant. Par la même occasion, le chef militaire avait questionné la politique du Président Vàzquez dans le domaine militaire.
Rappelé d’urgence à Montevideo par sa ministre de tutelle, il y a une semaine, l’intéressé a été auditionné le 30 octobre par la division juridique du ministère de la défense nationale à partir d’un questionnaire qu’avait personnellement préparé la ministre Berrutti.
Le haut gradé a été autorisé à rentrer en Haïti afin de pouvoir remplir pendant un maximum de dix jours les formalités nécessaires à son remplacement à la tête du contingent uruguayen composé de plusieurs centaines de soldats et dans la chaîne de commandement de la MINUSTAH. Le général Wile Purtscher pourrait lui succéder, informent des sources militaires dans la capitale uruguayenne. A son retour, Gloodtdofsky devra purger sa peine au siège de l’une des quatre divisions militaires du pays. Il pourrait aussi comparaître devant un tribunal d’honneur en raison de l’extrême gravité de ses déclarations insinuant l’implication d’actuels hauts responsables militaires dans la disparition d’opposants au cours des années 70-80.
En outre, le contre-amiral Oscar Debali, actuel préfet national des forces navales, devrait être également sanctionné au cours des prochaines heures pour n’avoir pas informé la ministre de la défense de l’incident survenu en Haïti. Au moment des faits, il était le commandant par intérim de ce corps d’armée en l’absence du vice-amiral Juan Fernàndez alors en voyage.
Jusqu’à son départ, Raùl Gloodtdofsky était le principal collaborateur du commandant de la force de stabilisation, le général brésilien Carlos Alberto dos Santos Cruz, à la tête de 9.000 casques bleus déployés en Haïti depuis 2004. Le limogeage du général uruguayen est un deuxième coup porté à l’image de la MINUSTAH déjà éclaboussée par le renvoi le week-end écoulé d’une centaine de casques bleus sri-lankais pour abus sexuels sur des prostituées et des mineures haïtiennes. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4381

lundi 5 novembre 2007

La tempête Noël aurait tué huit haïtiens en République Dominicaine

Une information non encore confirmée annoncée par deux compatriotes qui se disent scandalisés par l’indifférence de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo ; une attitude largement commentée dans la presse dominicaine

Huit ressortissants haïtiens auraient été tués dans les inondations causées ces derniers jours par la tempête tropicale Noël dans une communauté rurale de la province dominicaine de Bonao, rapporte l’agence en ligne dominicaine Espacinsular.

Deux compatriotes ont communiqué cette information qui n’était toutefois pas confirmée de sources officielles. Les informateurs n’étaient pas en mesure de préciser l’identité des victimes. Ils ont également rapporté que plusieurs familles haïtiennes compteraient des disparus, blessés et sinistrés dans la même région.

Les mêmes personnes affirment s’être heurtées à l’indifférence des fonctionnaires de l’ambassade d’Haïti à Santo Domingo en tentant de leur annoncer la nouvelle. "Nous ne pouvons rien faire, car l’ambassade est fermée", auraient sèchement répondu des responsables de la mission diplomatique, arguant qu’après les deux traditionnels jours fériés des 1er et 2 novembre la reprise des activités ne serait effective que mardi. Lundi, jour consacré à la constitution dominicaine était également chômé.

L’étrange absence de l’ambassade d’Haïti dans le vaste effort humanitaire entrepris, en vue de secourir des régions où vivent pourtant de nombreux haïtiens, est tellement remarquée qu’elle a fait l’objet d’émissions dans les médias dominicains. L’ambassadeur dominicain à Port-au-Prince, José Serulle Ramia, a été même invité à commenter cette situation paradoxale, mais il s’est cantonné dans son rôle de diplomate qui lui impose un devoir de réserve.

Une importante population haïtienne s’est établie ces dernières années à Bonao, l’une des villes dominicaines les plus touchées par les inondations qui ont fait jusqu’ici près d’une centaine de morts et environ 70.000 sinistrés.

Plusieurs bateys où sont installées des communautés haïtiennes notamment à Barahona, près de la zone frontalière, sont complètement inondées, selon la presse dominicaine. spp/Radio Kiskeya

http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4374

Tempête Noël : Haïti franchit la barre des 60 morts

62 décès, 16 disparus et plus de 10.000 familles sinistrées, selon le dernier bilan provisoire de la protection civile ; Tiburon et Arcahaie parmi les nouvelles communes inondées
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Les inondations et glissements de terrain provoqués pendant plusieurs jours par le passage de la tempête tropicale Noël ont fait au moins 62 morts, 16 disparus et 104 blessés, selon un nouveau bilan provisoire communiqué dimanche soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte affichait 57 morts, 15 disparus et 104 blessés.
Les familles sinistrées sont passées à 10.226 et les personnes hébergées après avoir été évacuées des zones à risques se chiffrent à 18.712.
Au niveau des dégâts matériels, la situation s’est encore aggravée. 1.853 maisonnettes ont été détruites et 8.735 autres endommagées. Des pertes considérables non encore quantifiées ont été également constatées dans le secteur des infrastructures, de l’agriculture et de l’élevage.
La directrice de la protection civile indique qu’à ce tableau manquent les données sur l’évaluation des dégâts à Tiburon (extrême sud) et à Arcahaie (environ 40 km au nord de Port-au-Prince). Des inondations ont touché samedi et dimanche ces deux communes où une pluviométrie au-dessus de la normale a été enregistrée.
Malgré la persistance des périodes pluvieuses dans différentes régions, les conditions météo ont commencé à se stabiliser progressivement, selon les dernières prévisions du centre national de météorologie. De ce fait, le secrétariat permanent de gestion des risques et des désastres (SPGRD) a décidé de baisser le niveau d’alerte de rouge à orange. Cependant, les consignes de sécurité sont toujours de mise à l’échelle nationale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4371

Les casques bleus rapatriés pour abus sexuels en Haïti encourent la peine maximale, selon le Sri-lanka

Colombo exige toutefois une enquête préalable
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Les 111 casques bleus sri-lankais renvoyés d’Haïti samedi sous l’accusation d’implication dans des abus sexuels notamment sur des mineures risquent d’’être emprisonnés et condamnés aux travaux forcés si les preuves de leur culpabilité sont établies, ont indiqué dimanche à Colombo les autorités militaires sri-lankaises dont les propos ont été repris par l’agence britannique Reuters.
Cependant, elles ont insisté d’abord sur la nécessité de diligenter une enquête avant qu’aucune décision ne soit prise.
"Définitivement, si leur culpabilité est prouvée, la peine maximale leur sera infligée conformément à la législation sri-lankaise et à la justice militaire", a déclaré le brigadier Udaya Nanayakkara, porte-parole de l’armée. Il a ajouté "en cas de culpabilité, il s’agira d’un point noir", sans fournir de détails.
Selon la législation sri-lankaise, les travaux forcés constituent la peine maximale pour chaque délit commis. Mais, Reuters souligne qu’il n’était pas immédiatement possible de savoir en quoi consistera la sentence maximale dans le cas de ces casques bleus. Après une enquête préliminaire menée conjointement par l’ONU et Colombo, trois officiers et 108 soldats ont été accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des prostituées haïtiennes y compris des mineures en leur versant de l’argent.
Les autorités haïtiennes ne se sont pas encore prononcées sur cette affaire jugée "extrêmement grave" par Michèle Montas, porte-parole du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.
Si pour l’ONU, le Sri-Lanka jouit d’une bonne réputation dans l’histoire des missions de paix à travers le monde, en revanche maintes accusations ont fait état de l’implication présumée de soldats dans de graves violations des droits humains dans le cadre de la lutte contre les Tigres de Libération de L’eelam Tamoul (LTTE), une guérilla maoïste qui défie les autorités depuis 25 ans. Récemment, il a été reproché au gouvernement de Colombo d’avoir soustrait à la justice des militaires qui auraient massacré 17 employés de l’organisation humanitaire française Action contre la faim au cours d’affrontements avec les rebelles.
Le Sri-Lanka a déployé un contingent de 950 militaires au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), une force de stabilisation de 9.000 hommes dont le mandat vient d’être prorogé d’un an. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4370

Le sort du commandant adjoint de la MINUSTAH entre les mains du Président uruguayen,

A Montevideo, on évoque la possibilité du renvoi du général Raùl Gloodtdofsky qui aurait porté de graves accusations contre l’armée de son pays en référence à la période dictatoriale
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Président uruguayen Tabaré Vàzquez doit décider personnellement lundi du sort du commandant adjoint de la Mission de stabilisation de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), le général uruguayen Raùl Gloodtdofsky, dans la tourmente à cause des mécontentements suscités par ses accusations relatives à la disparition d’opposants dans son pays entre 1973 et 1985.
Selon l’édition dominicale du quotidien uruguayen Ultimas Noticias, des responsables au sein du gouvernement estiment "très compliquée" la situation du chef militaire rentré précipitamment depuis une semaine à Montevideo après avoir reçu un ordre de rappel immédiat de la ministre de la défense, Azucena Berrutti. "C’est sa parole contre celle des autres, mais beaucoup de versions sont opposées à une seule", soutiennent des sources ayant requis l’anonymat.
Le général Gloodtdofsky aurait qualifé de "traîtres" les officiers de l’armée de terre et de la force aérienne uruguayennes pour laisser le reste de l’institution militaire mener seul les investigations sur de nombreuses violations des droits humains dont des disparitions d’opposants attribuées aux régimes militaires dictatoriaux qui régnaient à Montevideo pendant une décennie. Egalement commandant du bataillon uruguayen, le chef militaire est accusé en deuxième lieu d’avoir remis en cause les décisions du gouvernement uruguayen en matière militaire.
Raùl Gloodtdofsky aurait fait ces déclarations à Port-au-Prince le 12 octobre dernier. Elles ont été depuis répercutées par divers médias de son pays.
Depuis son retour dans la capitale uruguayenne, le commandant adjoint de la MINUSTAH, qui pourrait perdre son poste et payer le prix d’une retraite anticipée, marche sur des charbons ardents. Il a été interrogé par sa ministre de tutelle et de hauts fonctionnaires du département des affaires juridiques au ministère de la défense. Ses déclarations ont été confrontées à celles d’éléments de la marine uruguayenne en mission en Haïti en vue d’établir la vérité.
Des centaines de casques bleus uruguayens font partie de la mission onusienne dont les effectifs de 9.000 militaires et policiers sont à forte composante latinoaméricaine. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4369

CONCACAF des clubs champions : Le Baltimore d’Haïti signe une victoire d’entrée

Le champion national a pris le meilleur sur un club d’Antigua 2-1, dimanche soir à Trinidad et Tobago
dimanche 4 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le Baltimore de St-Marc, champion national en titre, a fait une entrée réussie dans le tournoi des clubs champions et vice-champions de la CONCACAF en battant Barça Football Club d’Antigua et Barbuda sur le score de 2 buts à 1 dimanche soir à Trinidad et Tobago, lors de la première journée de la phase de poule.
Un doublé de Lexène Elestin alias "Caïman" a permis aux saint-marcois de l’emporter et de prendre la tête de leur groupe avec Piñar del Rio de Cuba, vainqueur de Junk Columbia, représentant des Antilles Néerlandaises.
Le club haïtien affrontera Junk Columbia mardi avant de se mesurer jeudi au Piñar del Rio, l’adversaire le plus redoutable du groupe.
A l’issue de ce premier tour, qui réunit à Trinidad 20 clubs de la région répartis en cinq groupes de quatre, les cinq premiers et les trois meilleurs deuxièmes seront retenus pour les quarts de finale. Puis, suivront les demi-finales et la finale. Le tournoi prendra fin le 16 novembre.
Le Baltimore peut compter sur la présence de ses internationaux, à l’exception de Peter Germain qui ne devrait rejoindre ses coéquipiers que lundi à cause de difficultés liées au renouvellement de son passeport.
Un problème de téléscopage de calendriers est tout de même à souligner. La présence prolongée à l’étranger du tenant du titre pourrait, en effet, avoir de fâcheuses conséquences sur la série de clôture du championnat national qui entame sa dernière ligne droite. Les saint-marcois risquent de rater les trois dernières journées de la saison et contribuer involontairement à fausser les résultats au moment où toutes les rencontres devraient se disputer simultanément afin d’éviter des calculs. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4368

dimanche 4 novembre 2007

Haïti : Duvalier, la face cachée de Papa Doc Un nouveau livre sur la dictature sanglante de Duvalier

DUVALIER La face cachée de Papa Doc, tel est le titre du témoignage (avec une centaine de photos) qui paraît début novembre chez l’éditeur Mémoire d’encrier à Montréal, à l’occasion du centenaire de François DUVALIER (1907-2007) [1]. L’auteur de ce livre : Jean Florival. 77 ans, il connaît tout, ou presque du régime. Il vide sa mémoire, et livre un témoignage de toute importance sur François Duvalier, sur les principaux ténors de la dictature, et sur tout ce qu’il a vu, entendu et vécu.
Point de vue de l’éditeur et introduction de l’ouvrage
Soumis à AlterPresse le 2 novembre 2007
Spectateur et souffleur, Jean Florival est dans l’oeil du cyclone ; à l’intérieur du régime, sans un quelconque titre officiel. C’est en témoin privilégié qu’il plonge dans l’intimité du pouvoir, relate des faits jusque-là inconnus du grand public. Ce livre a le mérite d’exposer avec sérénité des événements tantôt tragiques, tantôt loufoques, dans le dessein de refuser l’oubli, et de mieux comprendre cette tyrannie qui a endeuillé les familles haïtiennes, afin de sortir du cercle de l’impunité et de la logique bourreau-victimes.
Découvrez les frasques d’un pouvoir qui fige depuis un demi-siècle l’histoire et l’imaginaire d’Haïti.
Selon le politologue Sauveur Pierre Etienne : « François Duvalier instaure en Haïti une dictature féroce, dont l’usage et l’ampleur de la violence font oublier tous les régimes autoritaires traditionnels et sanguinaires qui l’ont précédée. Jean Florival a réalisé le tour de force de présenter les multiples facettes de l’enfant terrible de l’occupation américaine et des classes moyennes. DUVALIER La face cachée de Papa Doc a le mérite de révéler des faits qu’un témoin privilégié se doit de partager avec ses concitoyens, afin de les aider à se ressaisir et à avoir le courage de se regarder objectivement, sans passion. »
Jean Florival, né en 1930 en Haïti, est journaliste. Il choisit l’exil en 1967 à New York et s’installe au Québec en 1973.
Introduction de l’ouvrage


DUVALIER La face cachée de Papa Doc
Le 22 septembre 1957, François Duvalier devient président de la République d’Haïti. Très peu d’observateurs, même avisés, peuvent prévoir que ce médecin et ethnologue instaurera dans le pays un régime politique dont la longévité – 29 ans – suscitera à la fois l’admiration de partisans zélés et la haine d’opposants farouches. L’expression quelque peu triste et affable de son visage de myope, le ton pathétique de ses discours de campagne pour dénoncer les injustices et les travers de la société haïtienne, laissent l’impression d’un leader austère et rigoureux animé des meilleures intentions en vue des changements nécessaires. Mais pour certains, François Duvalier demeure tout simplement le produit d’un contexte explosif qui donnera naissance à un pouvoir sans bornes.
À ce propos, écoutons-le, dans une envolée oratoire à l’adresse de ses miliciens rassemblés massivement dans la cour du Palais national le 6 avril 1964 :
Les miliciens doivent être ce qu’ils sont, c’est-à-dire toujours prêts à faire le coup de feu, parce que c’est ce qui me plaît. C’est peut-être un peu drôle d’entendre un homme qui a passé toute sa vie penché sur les travaux avec son frère Lorimer Denis, que ce soit dans le domaine de la médecine, de l’ethnologie, du folklore, mais l’homme a un autre aspect en lui, et à partir du jour où j’ai décidé d’accepter le diktat du peuple, l’homme est devenu un autre homme : il est aussi sauvage que vous, ayant la même flamme pour épauler le fusil quand il le faudra [
2].
Le professeur Daniel Fignolé, ancien président provisoire (25 mai-14 juin 1957), compagnon de lutte, ami et compère de François Duvalier, l’a bien connu. Après tout, il a fondé avec lui le Mouvement ouvrier paysan (MOP) à la chute du président Élie Lescot, le 11 janvier 1946. Donc, il ne saurait guère ignorer les penchants dictatoriaux et l’opportunisme politique du partenaire d’hier, qui claquera la porte du Parti pour accepter le portefeuille du Travail sous le gouvernement Estimé. On comprend que, durant la campagne électorale de 1957, Fignolé attaque Duvalier au vitriol, mettant le pays en garde contre le rival exécré. Il prévient quotidiennement en continu à la radio que si François Duvalier devait être élu, il utiliserait toute une panoplie d’artifices pour s’accrocher au pouvoir. A-t-il tort ?
Clément Barbot, autre ancien compagnon de lutte et confident de longue date de Duvalier, traité d’ailleurs en alter ego au début du règne de Papa Doc, partage l’opinion du professeur Fignolé. Cependant, contrairement à ce dernier, c’est lui qui aidera Duvalier à instaurer en Haïti l’ère terrifiante de la Pax duvalierista. Ils se complètent à cet égard. Sauf que, pour son malheur, Clément Barbot a surestimé sa toute-puissance, sous-estimé imprudemment la force de dissimulation de François Duvalier. Il le paiera de sa vie.
L’image de gravité et de timidité apparente que Duvalier offre se veut rassurante : taille moyenne, tenue sombre en toute saison, nœud papillon noir à la Louis Borno – ancien président d’Haïti sous l’occupation américaine, du 15 mai 1922 au 15 mai 1930 –, lunettes épaisses à monture d’écailles d’intellectuel (à l’époque), voix lente, nasillarde, regard hypnotiseur de charmeur de serpents. C’est ainsi qu’il entend entrer dans sa légende, qu’il se prépare à jouer le « rôle historique » qui l’appelle, qu’il veut bâtir le mythe de « défenseur des opprimés », qui lui vaudra d’exercer cette fascination indéniable sur tant de gens.
De ceci, Duvalier est sûr : coûte que coûte, il accédera au pouvoir. N’a-t-il pas plus tard, du balcon de son bureau, déclaré lors d’une démonstration de force au Champ de Mars et dans la cour du Palais national qu’il se savait voué à un destin exceptionnel ? Et il expliquera, le plus sérieusement du monde, que le Dr Louis Hyppolite, lisant un jour les lignes de sa main, lui a prédit qu’il serait président d’Haïti. « Et je le suis en effet, n’est-ce pas ? », a-t-il ajouté.
Alors il se fait connaître, s’organise méthodiquement. Fort de son passage à l’Institut d’ethnologie où il rencontre d’éminents professeurs – en particulier, le Dr Jean Price-Mars, auteur, entre autres, du livre culte Ainsi parla l’oncle –, il s’implique dans les milieux intellectuels, dits « indigénistes », publie des articles engagés dans la presse, rédige des ouvrages de la même veine. Celui traitant du problème des classes sociales à travers l’histoire d’Haïti, reçoit un certain écho. Il l’écrit de concert avec son ami Lorimer Denis, décédé peu après sa victoire électorale en septembre 1957. Il lui fera des funérailles nationales. Le Dr Louis Hyppolite, son ancien professeur à la Faculté de médecine, a eu droit au même hommage posthume à sa mort en 1970.
Il multiplie ses contacts au sein de l’intelligentsia noire, avide également de pouvoir. Il recrute dans les rangs intermédiaires de la hiérarchie militaire les officiers noirs négligés au profit de leurs frères d’armes mulâtres de même grade, ceux-ci jouissant, selon eux, de faveurs de toutes sortes des gouvernements de Lescot et de Magloire. Ils sont amers, actifs, décidés. Ils jureront allégeance à Duvalier, le moment venu. Il laisse le haut commandement mulâtre minoritaire à Louis Déjoie, la base désorganisée, malléable à merci, à Daniel Fignolé.
Ne devrais-je pas mentionner également la campagne d’éradication du pian ? Financée par le gouvernement américain dans les années 1940, la coordination du projet lui est confiée. Ce qui le conduit par monts et par vaux. La connaissance du milieu rural lui procurera un grand capital de sympathie. C’est d’ailleurs dans le cadre dudit projet qu’il rencontrera France Saint-Victor, qui jouera un rôle marquant dans sa vie, davantage que tous autres collaborateurs et collaboratrices, incluant Hervé Boyer, Luckner Cambronne, Clémard Joseph Charles, Gérard Daumec, Clovis Désinor.
Le gouvernement de Paul Eugène Magloire battant de l’aile dans ses manœuvres inconstitutionnelles pour garder le pouvoir au terme de son mandat de six ans, François Duvalier opte pour la clandestinité, laissant le candidat Louis Déjoie, sénateur de la République protégé par l’immunité parlementaire, continuer ouvertement le travail de sape en cours. Mais la fidélité des officiers de la police lui étant acquise, il est toujours averti à temps, toutes les fois que le gouvernement est informé de sa planque du moment. Aussi change-t-il de cachette à son gré. Auréolé, d’après lui, du prestige de maquisard, il se sent alors prêt à livrer l’assaut final.
Les publications abondent sur François Duvalier. Certains auteurs ont tout simplement versé dans la caricature, projetant de l’homme le profil ubuesque du souverain médiocre. D’autres, délibérément hostiles à bon droit, ne retiennent que l’horreur d’une dictature qui aurait fauché des proches. Je range évidemment dans cette catégorie celles et ceux qui, contraints à l’exil, ont traîné à l’étranger une existence de parias, faite de privations et d’humiliations. D’éminents compatriotes parmi eux font partie de mon panthéon, certains étaient aussi des amis. Très jeune, je me suis nourri de leur savoir, de leur expérience et de leur connaissance du milieu sociopolitique.
Nul, sans complaisance excessive, ne saurait l’occulter : la dictature de Duvalier est une dictature sanglante. Cela admis, il revient aux historiens, penseurs et politologues, d’aller au fond des choses, de questionner le pouvoir duvaliérien et d’en dresser le bilan. Pour l’heure, ce n’est point mon propos de me muer en historien, en juge ou en redresseur de torts. À la faveur de mes relations mondaines et politiques et, surtout, grâce à mon métier de journaliste à l’époque, j’ai été un spectateur, un témoin privilégié de scènes bouleversantes. J’en rends compte ici, espérant que cet ouvrage contribuera à faire la différence entre les rumeurs et la réalité.
Je n’écris pas non plus une œuvre littéraire. Je raconte en somme tout ce dont je me souviens en marge d’une période angoissante, avec l’impression aujourd’hui que les mêmes erreurs se répètent, que l’après-Duvalier n’est qu’un duvaliérisme sans Duvalier. Cela, sans glisser sous le tapis des faits auxquels, volontairement ou involontairement, j’aurais été mêlé. J’ai fait de la politique en dilettante. Des figures de marque du régime sont encore des amis intimes. Des opposants notoires ont eu droit à mon respect et à ma haute considération. À mes risques et périls, j’ai établi avec eux des liens étroits, insouciant du danger encouru.
La face cachée de Papa Doc relate mes premiers pas dans cette ville de Port-au-Prince. J’y fais également mention de l’Affaire de Martissant, lié par un engagement vis-à-vis du président Magloire. Pour des motifs divers, j’ai retardé mon témoignage. Ce silence me pesait. Maintenant en fin de parcours, et quasiment revenu de presque tout, je voudrais lever un pan du voile, révéler en quelque sorte une face insoupçonnée du personnage multiple que fut François Duvalier, de même que la version authentique d’épisodes dramatiques et les motivations tragi-comiques qui y ont entraîné Papa Doc, souvent plus agi qu’agissant.
Je nourris l’espoir que l’on saura tirer des leçons de mon témoignage, afin que l’histoire ne soit une constante marche arrière.
Jean Florival DUVALIER La face cachée de Papa Doc ISBN : 978-2-923153-82-7 Pages : 296 Montréal, Mémoire d’encrier Prix : 29.95
[1] François Duvalier, né en 1907, médecin et ethnologue, règne en président à vie d’Haïti du 22 octobre 1957 au 21 avril 1971, date de sa mort. Son fils Jean-Claude, alors âgé de 19 ans, lui succède comme président à vie jusqu’au 7 février 1986. Pendant 29 ans, Papa Doc et Baby Doc édifient dans la première république noire des Amériques un empire obscurantiste qui plonge le pays dans la plus grande terreur. DUVALIER La face cachée de Papa Doc lève le voile sur cette tranche d’histoire. Révélations, intrigues, liaisons amoureuses, scènes de vie et de mort, portraits, paysages insolites, humour et sarcasme.
[
2] François DUVALIER, Œuvres essentielles. La révolution au pouvoir (1962-1966), vol. lV, Port-au-Prince, Les Presses nationales d’Haïti, 1967, pp. 136-137.

Noël : Le nouveau bilan passe à 57 morts, 17 disparus et plus de 100 blessés

Les pertes humaines et matérielles s’alourdissent dans le Sud où diverses communes sont sérieusement touchées
samedi 3 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le passage de la tempête tropicale Noël a fait au moins 57 morts, 17 disparus et 104 blessés en Haïti, selon un nouveau bilan communiqué samedi soir à Radio Kiskeya par la directrice de la protection civile, Alta Jean-Baptiste.
Un précédent décompte faisait état de 48 morts, 15 disparus et 79 blessés.
Ces révisions à la hausse reflètent la gravité de la situation dans le Sud où au moins dix décès ont été confirmés à la mi-journée. Dans cette comptabilité macabre, le département méridional arrive désormais en deuxième position derrière l’Ouest qui compte 29 morts, mais loin devant l’Artibonite (nord) 5 et la Grand’Anse (sud-ouest) 4.
Mme Jean-Baptiste rapporte que les familles sinistrées se chiffrent désormais à 9.568 et les personnes évacuées à 18.379, dont 7.823 seulement dans le Sud. Dans cette même région, les communes les plus affectées par les inondations et glissements de terrain sont Les Cayes, Cavaillon, Camp Perrin, Chantal, Maniche, Saint-Louis du Sud et Torbeck.
Les dégâts matériels enregistrés se sont également accentués. 1.689 maisonnettes ont été détruites et 7.885 autres endommagées.
Le ravitaillement des déplacés est assuré par les agents de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) et les organisations non-gouvernementales OXFAM et CONCERN sous la direction de la protection civile.
Interrogé par Radio Kiskeya, le ministre de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, s’est montré globalement satisfait de l’efficacité des nombreuses opérations de sauvetage réalisées et de l’accompagnement offert aux sinistrés. Reconnaissant des failles dans la distribution de l’aide d’urgence, il a toutefois démenti les allégations de certains sinistrés de Cité Soleil selon lesquelles des bandits seraient parmi les principaux bénéficiaires.
L’aide internationale commencçait à s’organiser en Haïti. Mais, les autorités n’étaient pas encore en mesure de s’exprimer sur son importance ni sur la gestion qui en sera faite. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4365

Noël : Le Canada envoie une aide de 500.000 dollars en Haïti et en République Dominicaine

Une assistance humanitaire d’urgence destinée aux sinistrés de la tempête
samedi 3 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Le gouvernement canadien a annoncé vendredi une aide de 500.000 dollars (535.000 dollars américains) en faveur d’Haïti et de la République Dominicaine après le passage de la tempête tropicale Noël qui a fait plus de 120 morts et d’importants dégâts dans les deux pays.
"Le soutien permanent du Canada aux partenaires humanitaires internationaux permet à ceux-ci d’apporter une aide immédiate en Haïti et en République dominicaine", a déclaré la ministre de la coopération internationale, Beverley Oda, qui avait récemment effectué une visite à Port-au-Prince.
"Il permettra de répondre aux besoins des personnes les plus gravement touchées en aidant la Croix-Rouge à distribuer les secours d’urgence et en soutenant les efforts des partenaires locaux qui participent à l’intervention", a poursuivi la ministre.
Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Maxime Bernier, a rappelé que "la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), à laquelle le Canada apporte un soutien considérable et fournit du personnel, contribue aux évacuations et autres activités de secours".
Malgré la mobilisation des ressources internes et externes à travers le centre d’opérations d’urgence basé au ministère de l’intérieur, de nombreux sinistrés se plaignent d’avoir été abandonnés dans des centres d’hébergement où la distribution de l’aide d’urgence serait très mal gérée.
Après avoir balayé plusieurs îles de la Caraïbe, la tempête tropicale Noël s’est transformée vendredi en ouragan de catégorie 1 en s’approchant des côtes canadiennes. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4362

Plus d’une centaine de casques bleus sri-lankais sanctionnés pour abus sexuels en Haïti

Accusés d’avoir obtenu des faveurs sexuelles de prostituées dont des mineures contre de l’argent, les 111 soldats et officiers seront rapatriés samedi avant de subir les peines prévues à Colombo ; l’ONU sévit enfin contre des pratiques maintes fois dénoncées, mais longtemps tolérées
vendredi 2 novembre 2007,
Radio Kiskeya

111 casques bleus du bataillon sri-lankais (SriBat) déployés en Haïti au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) vont être rapatriés immédiatement pour avoir commis des abus sexuels notamment sur des mineures, a annoncé vendredi à New York Michèle Montas, porte-parole du Secrétaire général, Ban Ki-moon.
"Suite à la réception du rapport préliminaire d’enquête du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) et en coopération avec les autorités du Sri-Lanka, tous les membres du SriBat accusés seront rapatriés le samedi 3 novembre 2007 dans le cadre d’une mesure disciplinaire", a précisé la porte-parole lors de son point de presse quotidien en reconnaissant que l’affaire était extrêmement grave. Répondant aux questions des journalistes, elle a affirmé que les soldats incriminés fréquentaient des prostituées y compris celles n’ayant pas encore atteint leur majorité (18 ans).
Joint par l’AFP, Nick Birnback, porte-parole du Département de maintien de la paix de l’ONU (DPKO), a indiqué que 111 soldats et trois officiers des 950 hommes que compte le bataillon sri-lankais devaient être rappelés contrairement aux déclarations de Mme Montas selon lesquelles la mesure concernait 108 militaires. Ces individus étaient en stationnement dans plusieurs régions d’Haïti.
"La MINUSTAH a immédiatement requis une enquête du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) et le Sri-Lanka a dépêché de Colombo une équipe de haut niveau d’enquêteurs nationaux comprenant une responsable d’enquêtes", a expliqué la porte-parole.
Des consultations ont été engagées avec la mission permanente du Sri-Lanka à New York. L’ONU se déclare disposée à apporter toute l’assistance possible aux autorités de ce pays afin que les "mesures disciplinaires appropriées" soient prises à l’encontre des coupables. La porte-parole de Ban Ki-moon souligne que "les Nations Unies et le Sri-Lanka prennent cette affaire très au sérieux et réitèrent leur engagement commun aussi bien vis-à-vis de la politique du Secrétaire général de tolérance zéro en matière d’abus et d’exploitation sexuelle que vis-à-vis des bonnes pratiques en matière de maintien de la paix".
Selon Michèle Montas, l’ONU et le Sri-Lanka "regrettent profondément que ces abus sexuels et ces exploitations sexuelles aient eu lieu", en dépit d’efforts déployés en vue de garantir le "respect des normes les plus élevées dans les domaines de la conduite et de la discipline".
L’ONU soutient enfin que le Sri-Lanka a des "antécédents de services remarquables au sein des missions de maintien de la paix" auxquelles il fournit des troupes depuis longtemps.
En général, les casques bleus, aujourd’hui au nombre de 100.000 à travers le monde, ne relèvent pas sur le plan disciplinaire de l’administration onusienne et ne peuvent être sanctionnés que par la hiérarchie de leur pays d’origine.
Récemment, des scandales similaires avaient frappé les missions déployées en Côte d’Ivoire (ONUCI), en République Démocratique du Congo (MONUC) et au Libéria (MINUL). Ce n’est qu’en 2005 que les responsables de l’organisation mondiale ont mis en œuvre une politique de "tolérance zéro" après avoir longtemps fermé les yeux sur de graves écarts de conduite portant notamment sur des vices sexuels auxquels s’adonnaient des soldats de la paix durant leur mission.
Au cours du premier déploiement de l’ONU en Haïti (1995-2001), au moins un ressortissant haïtien avait en vain porté plainte contre des soldats pakistanais de la MINUHA qui, selon ses dires, l’avaient contraint à avoir des relations homosexuelles avec eux. Des membres du même contingent étaient soupçonnés d’avoir sodomisé des cabris appartenant à des éleveurs haïtiens.
Plus près de nous, des accusations d’abus sexuels sur mineures portées contre des soldats de la MINUSTAH, dont certaines documentées, étaient restées sans conséquences.
Par ailleurs, lors des interventions militaires américaines de 1994 et 2004, des victimes présumées avaient livré des témoignages accablants contre des GI’s qui auraient utilisé des vibromasseurs au cours de rapports sexuels monnayés avec de jeunes femmes haïtiennes en situation d’insécurité économique.
Placée sous commandement brésilien, la MINUSTAH se trouve sur le territoire haïtien depuis juin 2004. Elle compte actuellement quelque 7.054 militaires et 1.771 policiers internationaux issus d’une quarantaine de pays. spp/Radio Kiskeya
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Six membres d’une même famille meurent intoxiqués à Port-de-Paix


Un jeune homme hospitalisé dans un état grave à la suite de cette tragédie qui serait provoquée par une bonbonne de gaz propane laissée ouverte
jeudi 1er novembre 2007,
Radio Kiskeya

Six personnes d’une même famille ont été retrouvées mortes intoxiquées par des émanations nocives de gaz propane et une septième a été hospitalisée dans un état grave jeudi à Port-de-Paix (Nord-Ouest), selon des informations recueillies sur place par le correspondant régional de Radio Kiskeya.
Les corps ont été découverts dans la résidence familiale grâce à des voisins intrigués par le fait que toutes les portes étaient restées fermées jusqu’au début de la matinée. Les autorités judiciaires, accompagnées d’agents de la Police Nationale et de la Mission des Nations Unies (MINUSTAH), ont confirmé le décès du propriétaire de la maison, un armateur, de sa femme et de quatre autres personnes.
Seul rescapé de cette tragédie, un jeune homme se trouvait jeudi soir en soins intensifs à l’hôpital public de Port-de-Paix.
Une enquête a été ouverte sur cette affaire.
L’hypothèse privilégiée par les investigateurs sur la base d’informations concordantes recueillies auprès des riverains porte à croire qu’au moment d’aller se coucher, les victimes auraient par mégarde laissé ouverte la valve du réservoir d’une bonbonne de gaz propane. Elles seraient décédées en plein sommeil après avoir inhalé le produit toxique durant de longues minutes sans pouvoir réagir. Les représentants de la justice et de la police ont constaté à leur arrivée qu’une forte odeur de gaz s’était effectivement répandue dans toute la maison.
Des voisins interpellés ont été vite relâchés.
Ce grave événement a plongé la population de la métropole du Nord-Ouest dans l’émoi et n’a cessé d’alimenter les conversations depuis que la nouvelle a fait le tour de la ville. spp/Radio Kiskeya
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