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vendredi 26 novembre 2010

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

Par LEXPRESS.fr, publié le 26/11/2010 à 11:07 L'épidémie de choléra a fait plus de 1500 victimes dans l'île. LEXPRESS.fr fait le point sur les causes et les développements de ce fléau.
Qu'est-ce que le choléra?
Le choléra est une infection entérique aiguë provoquée par l'ingestion d'une bactérie, le bacille Vibrio cholerae lors d'une contamination fécale des aliments ou de l'eau explique l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
La maladie qui se développe faute d'accès à une eau salubre, peut être aggravée par les catastrophes, qui détruisent les infrastructures. Rony Brauman, ancien président de Médecin sans frontières, interrogé par France Info, nuance cette donnée: une flambée épidémique a bien eu lieu au Pakistan après les inondations de l'été dernier, mais elle n'a pas été plus virulente que l'épidémie précédente qui n'avait pas coïncidé avec une catastrophe naturelle.

D'où vient la maladie et où la trouve-t-on?
Le choléra s'est répandu au 19ème siècle, dans le monde entier à partir de son réservoir d'origine, dans le delta du Gange en Inde.
Selon les estimations de l'OMS, il y a chaque année 3 à 5 millions de cas de choléra dans le monde, avec 100 000 à 120 000 décès. L'Afrique est le continent le plus touché. Le taux global de létalité est de 2,3%, pour l'année 2007, mais a atteint jusqu'à 35% parmi les groupes vulnérables résidant dans des zones à haut risque de choléra indique l'Institut Pasteur. Pour Rony Brauman, le choléra n'est cependant pas un fléau majeur comme le sont le sida, la tuberculose ou le padulisme. Le traitement est en effet simple à condition que les mesures thérapeutiques soient prises à temps.
Combien de victimes en Haïti?
En Haïti, le choléra a fait plus de 1500 morts. Le nombre de cas pourrait doubler d'ici douze mois pour atteindre 400 000, selon le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l'OPS, émanation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Quels sont les symptômes?
Après une période d'incubation, qui va de deux heures à cinq jours, le malade est atteint de diarrhées aiguës qui peuvent entraîner la mort en quelques heures. Les pertes d'eau et d'électrolytes peuvent atteindre 15 litres par jour.
Les personnes atteintes par le bacille ne développent pas toutes la maladie mais le vibrion, qui reste présent dans leurs selles pendant sept à 14 jours, éliminé dans l'environnement, peut infecter d'autres personnes. Une partie des malades n'est confrontée qu'à des symptômes bénins. Seules 20% des personnes touchées connaissent des diarrhées aqueuses sévères accompagnées de déshydratation.
Quels soins pour les malades?
Pris en charge suffisamment tôt, la maladie peut être facilement traitée par réhydratation, orale dans les cas les plus simples ou en intraveineuse pour les cas sévères. "Tout cholérique parvenu à temps dans un centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour" indique le site Médecine tropicale.

Quelle est la particularité de la flambée de choléra en Haïti?
L'apparition de la maladie a été confirmée le 22 octobre par le ministre haïtien de la Santé, qui a précisé qu'il s'agissait d'une souche "O1" de choléra, le "type le plus dangereux". La bactérie est similaire à des souches trouvées en Asie, ont indiqué des analyses de laboratoires publics américains, selon un communiqué publié le 1er novembre. La souche de la maladie a d'abord été localisée dans le département de l'Artibonite et dans le fleuve du même nom qui traverse la région, qui a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d'hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier.
Selon le docteur français Gérard Chevallier, qui travaille avec le professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste spécialiste du choléra, pour conseiller le ministère de la santé haïtien, "la mécanique épidémique est inhabituelle, rapide et sévère", et "comme toujours dans ce type d'épidémie", les bilans des autorités haïtiennes sont "sous-évalués". "Les notifications sont imparfaites, il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait" affirme-t-il en précisant que les "deux tiers du territoire ne sont accessibles qu'à pied".
La vaccination peut-elle être une solution?
Son utilisation n'est pas recommandée par l'OMS en cas de flambée de choléra en raison de la complexité de son emploi et de son coût. Il faut en effet administrer deux doses à 15 jours d'intervalle, ce qui n'apporte qu'une protection différée. Une campagne de vaccination en Haïti nécessiterait d'importantes infrastructures et "trois fois 12 millions de doses" explique Gérard Chevallier. "Cela prendrait des mois avant d'avoir des résultats et retarderait la réponse sanitaire" précise-t-il.

Pourquoi la population s'en est-elle prise aux forces de l'ONU?
Depuis le 16 novembre, des affrontements ont éclaté après la mise en cause des Casques bleus, accusés de propager le choléra. La petite ville de Mirebalais qui abrite une base de Casques bleus népalais aurait été une des premières touchées par la bactérie du choléra, fléau inconnu jusqu'alors dans le pays. En outre, le type choléra qui vient de se développer est de la même souche que celle qui sévissait au Népal il y a quelques mois.
Les latrines de la base étaient à proximité d'un affluent de l'Artibonite, et la majorité des premiers malades recensés vit en aval du fleuve. Selon un scénario juge crédible par les initiés, la responsabilité incomberait pour l'essentiel à l'entreprise chargée de vidanger les fosses septiques de la base népalaise. Ses agents ont pu, si l'on en croit cette thèse, déverser dans la rivière Artibonite des déjections infectées. Mais un épidémiologiste interrogé par L'Express, la traçabilité du vibrion est aléatoire. Il peut avoir voyagé depuis des décennies, frappant l'Amérique latine ou l'Afrique avant d'accoster dans les Caraïbes (Lire La colère et le choléra). mais c'est surtout la mécanisme du bouc émissaire qui à l'oeuvre dans ce pays frappé de tant de malheurs.

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/comprendre-l-epidemie-de-cholera-en-haiti_940012.html

Ah, si Haïti était une banque...

Jean-Claude Kiefer

Des élections à Haïti ? Franchement, pour quoi faire ? Pour reconduire un gouvernement incapable de gouverner car sans moyens, donc sans pouvoir ? Ou le remplacer par un autre tout aussi inapte pour les mêmes raisons ? Sans oublier la corruption généralisée dans les milieux politiques et dans l'administration, ou du moins ce qu'il en reste. Une corruption inexcusable mais qui pousse si bien sur la misère.
Et c'est le vrai problème d'Haïti. Que de compassion après le tremblement de terre de janvier et que d'argent promis ! Mais où sont les premiers des 10 milliards de dollars claironnés par les pays donateurs ? Et les maisons -des cabanons, plutôt- à construire pour 1,5 million de sans-abri qui, la plupart encore, vivent sous des tentes ? Certes, des projets ont été réalisés comme ces 500 maisonnettes achevées fin août, sous l'égide de la Croix-Rouge française, sur 30 000 annoncées, plus 4 000 autres (de 18 m² !) sur les 10 000 relevant d'un programme coordonné par l'ONU. Une lenteur qui serait aussi à attribuer à la bureaucratie haïtienne freinée par des propriétaires fonciers peu désireux de céder des terrains à leurs compatriotes sinistrés.
Fin juillet, donc six mois après le séisme du 12 janvier, une enquête canadienne avait estimé que seulement 1,9% (bien 1,9% !) de la tranche de 5 milliards à verser dans les deux ans aux Fonds de Reconstruction de Haïti (géré par la Banque mondiale, l'ONU et divers organismes) avaient effectivement été payés.
Depuis, l'aide a été accélérée. Mais le compte n'y est toujours pas. Les ONG restées sur place dans un sentiment d'abandon font ce qu'elles peuvent. Comment déblayer les décombres quand les bulldozers et les engins lourds fièrement exhibés par l'armée américaine les jours qui ont suivi le tremblement de terre ont été rembarqués ? Comment réparer les réseaux d'eau potable et réaliser les indispensables travaux d'assainissement pour empêcher la propagation de l'épidémie de choléra ?
Ah, si Haïti était une banque américaine ou irlandaise en péril, menaçant le dollar ou l'euro ! Les milliards, n'en doutons pas, tomberaient du ciel. Et avec cette manne, une foule d'experts pour reprendre les comptes en mains. Or, c'est ce qui manque à Haïti : une tutelle internationale dotée de fonds conséquents pour, un temps du moins, gérer le pays. Et non le laisser à de trop longues dynasties de « Papa Doc », de « Bébé Doc », d'Aristide, de Préval ou à d'autres prédateurs. A la classe des possédants surtout préoccupés par le maintien de ses privilèges...
Mais qui s'intéresse à Haïti ? Le pays est vraiment trop pauvre, sans ressources naturelles et même sans la moindre importance stratégique. Le monde des riches a bien d'autres soucis...
Jean-Claude Kiefer
http://www.dna.fr/fr/infos-generales/edito/info/4210431-Jean-Claude-Kiefer-Ah-si-Haiti-etait-une-banque

Alors que les Haïtiens tentent de survivre

Publié le vendredi 26 novembre 2010
Dix-neuf candidats à la présidence, 120 candidats au Sénat, 900 pour la Chambre des députés et 66 partis. Les électeurs ne manquent pas de choix.
Entre séisme, cyclone et épidémie de choléra, les Haïtiens sont convoqués dimanche pour des élections présidentielle et législatives à haut risque.
Le bilan de l'épidémie de choléra dépasse maintenant les 1523 morts à Haïti et il s'alourdit chaque jour de dizaines de nouvelles victimes.
Des émeutes contre les casques bleus ont éclaté dans le pays à la suite de rumeurs accusant le contingent népalais de l'Onu d'avoir été le vecteur du virus du choléra. Ces violentes manifestations compliquent encore un peu plus la lutte contre la maladie ainsi que l'organisation des élections.
Le gouvernement haïtien a néanmoins décidé de maintenir la date du scrutin et Edmond Mulet, chef de la Minustah, qui comporte 12 000 casques bleus, a déclaré que les dispositifs logistique, technique et de sécurité nécessaires à la tenue d'élections crédibles étaient en place.
La campagne électorale a été écourtée dans les régions du centre les plus affectées par l'épidémie de choléra et, dans le nord, elle a été perturbée la semaine dernière pendant plusieurs jours par des émeutes anti-Minustah qui ont fait au moins deux morts et plusieurs dizaines de blessés.
Le personnel de l'Onu a participé à la mise en place de bureaux de vote et à la distribution des bulletins. Mais ses ressources logistiques, déjà engagées dans la lutte contre le choléra, sont limitées.
Les violentes émeutes anti-Onu de Cap-Haïtien font planer des doutes sur la capacité des forces de l'Onu à assurer la sécurité du scrutin si elles sont elles-mêmes la cible d'attaques. L'Onu a rejeté la responsabilité de ces attaques sur des individus cherchant à faire capoter les élections.
Certains hommes politiques se demandent si, dans un pays dont l'économie a été ravagée par le tremblement de terre du 12 janvier, qui a fait plus de 250 000 morts, des électeurs dont la principale préoccupation est de survivre face au choléra et à la misère participeront au scrutin.
Des optimistes et des pessimistes
Mais de nombreux observateurs affirment que les risques de créer un vide du pouvoir en reportant les élections dépassent largement les défis humanitaire, logistique et de sécurité posés par la tenue du scrutin.
La crédibilité constitue aussi un défi de taille dans un pays où depuis des années, la vie politique a souvent été chaotique et violente, mais l'impartialité du Conseil électoral provisoire (CEP) a été mise en doute.
Des désaccords non résolus entre l'exécutif et l'opposition sur la composition du CEP et ce qui est perçu comme des préjugés en faveur du président sortant, René Préval, ajoutent au défi de crédibilité, notait le mois dernier un rapport de l'International Crisis Group (ICG) basé à Bruxelles.
Dix-neuf candidats à la présidence, 120 candidats au Sénat, 900 pour la Chambre des députés et 66 partis ont été admis par le CEP à se présenter aux élections. René Préval, qui n'est pas autorisé par la loi à briguer un troisième mandat, a rejeté des accusations d'ingérence dans les activités du CEP pour tenter de conserver une influence sur le prochain gouvernement.
Les plus optimistes voient dans le scrutin du 28 novembre une chance pour le pays de rompre avec un passé fait d'effusions de sang, de troubles et d'instabilité et d'échapper au piège de la pauvreté et de la dépendance qui a fait de lui une « République des ONG ».
Mais les pessimistes pensent que les élections ne feront qu'ajouter un chapitre malheureux aux calamités - tant naturelles que créées par l'homme - qui ont jalonné l'histoire d'Haïti.
http://www.lunion.presse.fr/article/francemonde/alors-que-les-haitiens-tentent-de-survivre

Derniers meetings en Haïti trois jours avant la présidentielle

Haïti - Article publié le : vendredi 26 novembre 2010
Discours du candidat Michel Martelly à Port-au-Prince, le 25 novembre 2010
RFI / Amélie BaronPar RFI
Discours du candidat Michel Martelly à Port-au-Prince,
 le 25 novembre 2010  RFI / Amélie BaronPar RFI

Le 28 novembre les Haïtiens sont appelés aux urnes pour des élections présidentielle, législatives et sénatoriales. Jamais le contexte n'aura été aussi difficile pour un tel scrutin car dix mois après le séisme, le pays fait face à une épidémie de choléra. Pas moins de 19 candidats sont en lice pour la succession de René Préval. La campagne électorale prend fin ce 26 novembre à minuit : ultimes défilés et meetings ont lieu dans la capitale.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Sur le plan de la popularité Michel Martelly semble avoir déjà gagné. Le candidat chanteur a marché dans les rues de Port-au-Prince et ce sont des milliers d'Haïtiens qui ont suivi dans une ambiance de carnaval. A l'arrivée sur le Champ de Mars, Michel Martelly a montré sa solide volonté de changement pour le pays.
26/11/2010 par RFI
« Nous ne sommes pas venus pour le pouvoir. Nous sommes venus pour inspirer pour faire changer les mentalités. On ne doit pas continuer à accepter que les gens vivent dans ces conditions, avec les enfants qui frappent aux fenêtres des voitures car ils n'ont pas d'autres moyens pour trouver de l'argent pour manger. Je ne veux pas de ça. »
« Il y a des personnes qui font des intimidations. Je le dis, même si je prends une cartouche et que je meure. Il faut continuer le combat, continuez le combat. Il faut gagner pour nous sortir de là où nous sommes. En 2010, il y a des gens qui sont contraints de boire l'eau qui coule dans les caniveaux, il faut que ça cesse. Nous ne voulons pas ça. »
Le candidat sait galvaniser la foule. Au micro, il a repris certaines de ses chansons mais Michel Martelly n'oublie pas l'enjeu électoral. Il a appelé ses partisans à aller voter, tout en faisant attention aux possibles violences qui sont redoutées pour la journée de dimanche prochain.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
La présence de l’ONU contestée
Les forces de l'ONU sont en charge de la sécurisation du pays le jour du vote, mais beaucoup de voix s'élèvent contre la présence des casques bleus en Haïti.
Edmond Mulet, le chef de la Minustah (Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti) a indiqué le jeudi 25 novembre qu'un départ progressif des soldats internationaux pourrait être envisagé en avril, mai 2011, si les élections du 28 novembre se passent bien. Mais Panel Lindor, étudiant en philosophie, n'accepte pas du tout cette condition :
« Ils conditionnent leur départ par rapport aux élections alors que ça ne devrait pas l’être. La Constitution du pays reconnaît seulement la police nationale d’Haïti et l’armée d’Haïti, pas la Minustah. Aucune force étrangère n’a le droit de mettre les pieds sur ce territoire. Dans le pays, il n’y a pratiquement rien. On l’a vu après le tremblement de terre, la population n’était vraiment pas agressive, du tout. »
« Dans tous les pays, il y a des zones de non-droit. En France, il y a les banlieues. Au Canada, il y a des endroits où l’on ne peut pas se promener à n’importe qu’elle heure de la nuit, comme au Brésil dans les favelas. C’est un fantasme. C’est montrer à l’international qu’Haïti est un pays ingouvernable. Il faut constamment envoyer des forces de l’ONU. S’ils avaient compris qu’on voulait leur départ quelques mois après leur arrivée en Haïti, s’ils avaient laissé le pays, on ne les accuserait pas aujourd’hui d’être responsables de l’épidémie de choléra en Haïti.»
Dimanche, la Minustah sera en charge avec la police nationale de la sécurisation des opérations de vote. Mais on craint de nombreuses fraudes, aussi la présence militaire internationale en Haïti pourrait être prolongée de plusieurs années.
http://www.rfi.fr/ameriques/20101126-derniers-meetings-haiti-trois-jours-avant-presidentielle

Haïti choisit son avenir...Les Haïtiens élisent dimanche le successeur du président René Préval. Avec plus d'un million de sinistrés et le choléra, le pays est à terre

Les Haïtiens élisent dimanche le successeur du président René Préval. Avec plus d'un million de sinistrés et le choléra, le pays est à terre

Dimanche sera l'un des jours les plus importants pour les 4,7 millions d'Haïtiens qui se rendent aux urnes pour désigner le successeur de l'actuel président René Préval. Pour Philippe Becoulet, représentant des ONG à la Commission intérimaire de reconstruction d'Haïti, ce vote est primordial “si l'on veut espérer résoudre les problèmes structurels du pays”.

Une opinion partagée par Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti : “Ces élections peuvent tout changer. Elles sont l'occasion de donner une gouvernance forte au pays.” Or, depuis le séisme du 12 janvier, les choses n'ont guère avancé sur le terrain : le pays est actuellement en proie à une inquiétante épidémie de choléra, tandis qu'à Port-au-Prince, des dizaines de milliers d'habitants dorment encore sous les tentes.
Dans ces conditions, organiser une élection est une véritable gageure : “Je ne suis pas sûr que les 33 000 membres des bureaux de vote soient intègres”, s'inquiète Philippe RJ Augustin, directeur du registre électoral national haïtien. D'autant que la campagne a été perturbée ces derniers jours par des violences sporadiques, qui ont fait deux morts lundi, et que certains candidats, comme Mirlande Manigat, s'attendent à “des fraudes massives”.
Le chef de la mission de l'ONU en Haïti (Minustah), Edmond Mulet, reste optimiste et pense que les élections de dimanche se dérouleront dans un “climat serein et apaisé”. C'est bien le moins que puissent attendre les Haïtiens de ce scrutin.

Les candidats favoris
Jude Célestin, protégé du président sortant...cet ingénieur de formation, proche du président Préval et sans expérience politique, se présente sous la bannière du parti "Inité" ("Unité")

Mirlande Manigat, ex-Première dame...Mirlande Manigat, 70 ans, a été Première dame d'Haïti pendant quelques mois en 1988, sous la présidence de son mari Leslie Manigat. Elle est placée en tête de certains sondages et jouit de la sympathie des organisations féminines.

Michel Martelly, "Sweet Micky"... A 49 ans, ce chanteur autoproclamé président du "compas" (musique dansante) a pris la relève du chanteur de hip-hop Wyclef Jean, écarté de la course électorale.
http://www.metrofrance.com/info/haiti-choisit-son-avenir/pjky!YaTC6ZIKFn5g0OP5yGj6Lg/

Haïti: le chef de la MINUSTAH évoque «le départ» des Casques bleus

Publié le 25 novembre 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Le chef de la mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH) Edmond Mulet a indiqué jeudi que la réduction du nombre de Casques bleus en Haïti et leur «éventuel départ» seraient examinés en avril ou mai 2011, si les élections de dimanche et la passation de pouvoir se passent bien.
«Si nous avons de bonnes élections maintenant et qu'il y a
un transfert de pouvoir démocratique» entre l'ancien
 président et le président élu et «l'installation d'une nouvelle
 assemblée nationale l'année prochaine, alors nous allons
faire une analyse de la situation sécuritaire dans le pays
en avril ou mai», a indiqué Edmond Mulet (au centre) lors
d'une conférence de presse.Photo: Eduardo Munoz, Reuters

Créée à la mi-2004, la Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), est prévue sur le long terme. Son mandat est renouvelé périodiquement par le Conseil de sécurité. Il a été renouvelé pour un an en octobre dernier.
«Si nous avons de bonnes élections maintenant et qu'il y a un transfert de pouvoir démocratique» entre l'ancien président et le président élu et «l'installation d'une nouvelle assemblée nationale l'année prochaine, alors nous allons faire une analyse de la situation sécuritaire dans le pays en avril ou mai» 2011, a indiqué Edmond Mulet lors d'une conférence de presse.
Cette réflexion pourrait permettre d'en revenir «au plan que nous avions établi à la fin de 2009 pour la réduction et l'éventuel départ de la mission», a-t-il déclaré.
Le chef de la MINUSTAH a précisé qu'il y avait eu «un débat en octobre 2009 au niveau du Conseil de sécurité parce que la mission de l'ONU était déjà en train d'accomplir sa mission». Le tremblement de terre avait ensuite remis en cause ces pistes de réflexion et obligé la MINUSTAH à proroger sa mission.
Plusieurs candidats, comme Mirlande Manigat, l'une des favoris, demandent le départ de la MINUSTAH qui est notamment accusée par des Haïtiens d'avoir introduit, via ses soldats népalais, le choléra en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201011/25/01-4346419-haiti-le-chef-de-la-minustah-evoque-le-depart-des-casques-bleus.php

Haïti: les faits marquants depuis janvier 2010

Publié le 25 novembre 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Voici un rappel des faits marquants depuis le séisme qui a dévasté Haïti en janvier 2010 et fait plus de 250 000 morts.
> 12 janvier 2010: Un tremblement de terre de magnitude 7 frappe Port-au-Prince et sa région. De nombreux bâtiments, dont le palais national, la cathédrale, le parlement ou le siège de la mission de l'ONU (MINUSTAH) s'effondrent. Le séisme a fait plus de 250 000 morts, plus de 300 000 blessés et plus d'un million de sinistrés. Les dégâts sont estimés à près de huit milliards de dollars, soit plus de 120% du PIB haïtien, dont 4,4 milliards pour les infrastructures comme les écoles, hôpitaux, routes, ponts, immeubles, ports et aéroports. Les besoins d'Haïti pour se reconstruire sont évalués à 11,5 milliards de dollars sur trois ans.
> 4 mars: De fortes pluies, qui s'abattent durant une semaine dans le sud d'Haïti, font 20 morts et disparus et des milliers de sinistrés.
> Fin septembre/début octobre: 14 morts à la suite d'intempéries dont plusieurs emportés par une rivière en crue. Des milliers de tentes sont détruites et plusieurs quartiers de Port-au-Prince submergés par des torrents d'eau.
> Mi-octobre: Début d'une épidémie de choléra qui fait 135 morts en quelques jours dans le nord d'Haïti, vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l'eau potable.
> 18 octobre: Treize morts et disparus à Port-au-Prince et sa région après des inondations dues à des pluies diluviennes.
> 8 novembre: Le passage de l'ouragan Tomas sur Haïti fait au moins 21 morts et 36 blessés en 48 heures. L'ouragan provoque de fortes inondations, faisant des milliers de sinistrés et propageant davantage le choléra.
> 15 novembre: L'épidémie de choléra, qui a fait plus de 1100 morts depuis la mi-octobre, selon les autorités, et touché quelque 18 000 personnes, pourrait «durer des années», avertit l'ONU.
> 15-17 novembre: Des heurts très violents entre des milliers de manifestants et des soldats de l'ONU font trois morts et plusieurs blessés à Cap-Haïtien (nord), deuxième ville du pays, et six blessés parmi les soldats de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à Hinche (centre). Les manifestants protestent contre la gestion de l'épidémie de choléra par les autorités et accusent les casques bleus népalais d'avoir propagé l'épidémie.
> 20 novembre: Quatre des 19 candidats alors engagés dans la course à la présidence demandent un report des élections législatives et présidentielle prévues le 28 novembre et la publication d'un plan de lutte contre l'épidémie de choléra. Deux jours plus tard, les partisans de deux candidats s'affrontent dans le sud-ouest du pays, faisant deux morts.

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201011/25/01-4346397-haiti-les-faits-marquants-depuis-janvier-2010.php

Élections en Haïti: mode d'emploi

Publié le 25 novembre 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Les Haïtiens sont appelés aux urnes dimanche LE 28 novembre pour désigner leur futur président ainsi que leurs députés et sénateurs.
Corps électoral: 4,7 millions d'électeurs
Président sortant: René Préval, élu en 2006
Mode de scrutin présidentiel: majoritaire à deux tours
Mandat présidentiel: 5 ans
Date de publication des résultats: À partir du 5 décembre
Date du deuxième jour: 16 janvier 2011
Date d'entrée en fonction du président élu: 7 février 2011
Nombre de candidats à la présidentielle: 18. Si aucun ne recueille 50% des voix, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête.
Taux de participation à la dernière présidentielle: 60%
Sénat: 11 postes à pourvoir pour un mandat de 6 ans. Une centaine de candidats sont en lice.
Assemblée Nationale: 99 députés à choisir parmi 850 candidats pour un mandat de 4 ans.
Maintien de l'ordre: Plus de 12 000 militaires et policiers internationaux de la Mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haïti (MINUSTAH) sont mobilisés aux côtés de 9000 policiers haïtiens pour sécuriser plus de 11 000 bureaux de vote.

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201011/25/01-4346394-elections-en-haiti-mode-demploi.php

Élections en Haïti: le chef de la MINUSTAH prévoit un «climat serein»

Publié le 25 novembre 2010
Clarens Renois et Stéphane Jourdain

Agence France-Presse, Port-au-Prince
Le chef de la mission de l'ONU en Haïti (MINUSTAH), Edmond Mulet, pense que les élections présidentielle et législatives de dimanche à Haïti vont se dérouler dans un «climat serein et apaisé», malgré les craintes de fraudes exprimées par certains.
«Le climat haïtien est apaisé, tranquille, serein, et sans violence dans les circonstances haïtiennes», a dit Edmond Mulet lors d'une conférence de presse samedi à Port-au-Prince.
«Si on compare le processus électoral, la campagne électorale avec les élections législatives de l'année dernière, avec la présidentielle de 2006 ou même avec la présidentielle d'avant, l'évolution est très positive», a-t-il ajouté.
Et si M. Mulet a reconnu qu'il y aurait «des dérapages et des magouilles, ils seront moindres que dans le passé», malgré les violences qui ont fait deux morts lundi dans le cadre de la campagne électorale.
Ces craintes de «magouilles» ont notamment été exprimées par le directeur du registre électoral national, Philippe RJ Augustin. Il a déclaré à l'AFP qu'il redoutait «des fraudes partout» dans Haïti.
«Je ne suis pas sûr que les 33 000 membres des bureaux de vote soient intègres dans un pays qui est pauvre», a-t-il poursuivi.
Pour y remédier, M. Augustin estime qu'il faut «une participation massive et beaucoup d'observateurs et de journalistes» dans les bureaux de vote.
Certains candidats à la présidentielle expriment les mêmes inquiétudes. Mirlande Manigat, une des 18 candidats, a dit se préparer à «des fraudes massives», avec des bureaux de vote «pas prévus» gérés par les partisans d'un candidat rival et des faux bulletins de vote «en extra».
Lors de la conférence de presse de jeudi, M. Mulet a également fait un point sur le déroulement du scrutin.
Il a précisé que 19 candidats enregistrés, dont au moins un s'est désisté, participaient à l'élection présidentielle. Quelque 96 candidats vont se disputer les 11 sièges vacants du Sénat et 816 candidats vont tenter de remporter l'un des 99 sièges de député. 4 174 112 Haïtiens sont inscrits sur les listes électorales, a-t-il annoncé.
Au total, 11 181 bureaux de vote seront ouverts. Ils dépendront de 1500 centres de vote, dont 41% se trouvent dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
«C'est un défi logistique et sécuritaire que nous allons relever» avec les autorités haïtiennes, a déclaré souligné Edmond Mulet.
Le général Gerardo Chaumont, responsable de la police de l'ONU en Haïti, a indiqué au cours de cette conférence de presse que «plus de 3200 agents de police des Nations unies vont se consacrer à la tâche de sécurité» des élections. Il faut y ajouter 4200 agents de sécurité, 4500 officiers de la police nationale haïtienne «sans compter la composante militaire».
Le nouveau président va hériter d'un pays exsangue.
Le tremblement de terre du 12 janvier a tué quelque 250 000 personnes dans la région de Port-au-Prince.
Et le choléra a tué 1523 personnes depuis la mi-octobre dont 140 dans la capitale Port-au-Prince, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé jeudi.
Au chapitre des pronostics, Mirlande Manigat et le candidat du parti au pouvoir, Jude Célestin, font figure de favoris.
Selon un sondage du Bureau de recherches en informatique et en développement économique et social, Mme Manigat l'emporterait avec 36% des voix contre 20% à M. Célestin. Un troisième candidat, Michel Martelly, plus connu sous son nom de chanteur, «Sweet Micky», recueillerait 14% des suffrages.
Les résultats ne pourraient être connus que début décembre. Les deux candidats les mieux placés s'affronteront dans un second tour.

http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/25/01-4346322-elections-en-haiti-le-chef-de-la-minustah-prevoit-un-climat-serein.php

Choléra en Haïti: nouveau bilan de 1523 morts

Publié le 25 novembre 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
L'épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis la mi-octobre a fait 1523 morts, selon des chiffres publiés jeudi par le ministère de la Santé, à trois jours des élections présidentielle et législatives.
Un enfant présentant des symptômes du choléra se fait soigner
dans une clinique de la Croix-Rouge à Port-au-Prince.

Photo: Reuters
Ce bilan, arrêté au 22 novembre, recense 108 décès de plus que le précédent, établi à la date du 20 novembre, qui faisait état de 1415 morts.
Le nombre d'hospitalisations est passé à 27 933 depuis le début de l'épidémie, selon ces nouvelles données.
Le département de l'Artibonite (nord), où s'est déclarée la maladie, est le plus touché, avec environ la moitié des décès (723) et près de 14 000 personnes hospitalisées.
À Port-au-Prince, la capitale, où se trouvent de nombreux camps de sinistrés du séisme du 12 janvier 2010 aux conditions d'hygiène très insuffisantes, le nombre de décès a été porté à 140. Les hospitalisations à Port-au-Prince se portent à près de 3000 personnes.
Au total, 66 593 cas de contamination ont été recensés dans tout le pays, dont plus de 32 000 dans le nord du pays et 6500 dans la capitale.
Malgré le chaos provoqué par le choléra, les autorités ont refusé de reporter les élections présidentielle et législatives qui doivent avoir lieu dimanche.
L'épidémie a provoqué des violences la semaine dernière à l'encontre des Casques bleus de l'ONU, accusés par une partie de la population d'avoir importé la maladie et des manifestations ont fait six morts.
Selon Nigel Fisher, coordinateur de l'ONU pour Haïti, l'épidémie de choléra «se développe de plus en plus vite». Tant les Nations unies que l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) jugent que le cap des 200 000 cas pourrait être franchi dans trois mois.
Jon Andrus, directeur adjoint de l'OPS, pense même que ce nombre pourrait doubler pour atteindre 400 000 cas d'ici un an.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/25/01-4346303-cholera-en-haiti-nouveau-bilan-de-1523-morts.php

Élections en Haïti: une femme dans la course

Publié le 25 novembre 2010
Agnès Gruda, envoyée spéciale, La Presse
Mirlande Manigat, 70 ans, a plusieurs atouts, dont celui d'être
une femme. «On a essayé avec des hommes, ça n'a pas marché.
Maintenant, je veux essayer une femme», confie un électeur.

Photo: Reuters
(Haïti) Dimanche prochain, les Haïtiens voteront pour élire leur nouveau président. Selon les sondages, ça pourrait bien être... une présidente. L'ancienne première dame du pays, Mirlande Manigat, est systématiquement en tête des sondages. Son handicap: elle est perçue comme une personne loin du peuple. Son atout: elle est une femme. La Presse l'a suivie pendant une journée de campagne électorale, cette semaine.
Après Jacmel, la route qui longe la mer vers l'est impose un parcours du combattant où il faut slalomer entre des crevasses, contourner des monticules et traverser des rivières sans pont.
Le cortège de Mirlande Manigat attaque cette route escarpée en soulevant un nuage de poussière. Nous mettons près de deux heures pour atteindre le premier arrêt de cette journée de campagne électorale: Bainet, un village côtier de 2500 habitants.
Nous sommes accueillis par des motos-taxis arborant les affiches de la candidate qui se collent au convoi en klaxonnant. Des gens s'agglutinent autour du véhicule qui transporte la candidate. Leur cri de ralliement: «De la volonté, pas de l'argent.» Une allusion à la campagne coûteuse menée par le principal rival de Mirlande Manigat dans la course à la présidence d'Haïti, Jude Célestin, soutenu par le régime.
Mirlande Manigat se fraie péniblement un chemin dans la foule: elle a un orteil cassé et a besoin d'assistance pour avancer. Elle s'adresse brièvement aux électeurs. «Je suis une mère, quand une femme me dit qu'elle est incapable d'acheter du maïs pour ses cinq enfants, qu'elle me dit que sa chaudière ne montera pas, ça me fait de la peine.»
Puis elle invite des membres de l'assistance à la rejoindre pour lui faire part de leurs problèmes. Une femme monte sur la scène. Elle explique qu'elle a mal aux seins, et fait mine de relever son chandail pour montrer la source de sa douleur. «Avez-vous rencontré un médecin?» demande la candidate pleine de sollicitude.

Catastrophes et ras-le-bol
Le ton est donné. Dans ses rencontres avec les électeurs, Mirlande Manigat évite les grands discours et se montre préoccupée par les soucis quotidiens des gens - façon de casser l'image d'intellectuelle qui lui colle à la peau et constitue son principal handicap dans la campagne en vue du vote de dimanche.
Son principal atout, c'est le ras-le-bol généralisé d'une population qui accumule les catastrophes: tremblement de terre, ouragan, épidémie de choléra. Et qui ne voit aucun signe d'amélioration poindre à l'horizon.
«Mirlande Manigat est une personnalité respectée, c'est une marque de commerce connue, et elle est propre», dit Frantz Duval, le rédacteur en chef du principal quotidien de la capitale, Le Nouvelliste.
À 70 ans, avec ses lunettes à monture dorée et sa tunique beige, Mirlande Manigat a l'allure rassurante d'une grand-mère. «Elle pourrait calmer le pays, apaiser les tensions», dit le journaliste Cyrus Sibert.
La leader du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes a quand même un cadavre dans son placard. Gagnante au premier tour de l'élection sénatoriale de 2005, elle s'est retirée sous prétexte d'un processus électoral douteux. Des électeurs lui reprochent cette manoeuvre, attribuée à l'influence de son mari Leslie Manigat - qui a occupé le poste de président en 1987.
Dans une déclaration à la télévision, cette semaine, elle a présenté ses excuses. «Je ne regrette pas ce que j'ai fait, je regrette d'avoir mécontenté des gens», dit-elle avec diplomatie, quand je finis par me frayer un chemin à travers la foule pour la rejoindre dans sa jeep.

La violence du désespoir
Dimanche, des hommes brandissant des affiches électorales de Jude Célestin ont violemment interrompu un rassemblement de Mirlande Manigat. Plus tard, un autre événement a occasionné une altercation, cette fois avec des partisans du chanteur Michel Martelly.
Lors de notre rencontre, mardi, au milieu d'une foule qui faisait tanguer son véhicule, la candidate a affirmé que ces incidents ne lui faisaient absolument pas peur. Elle les attribue à des «gestes de désespoir» d'un régime aux abois.
Les explosions de violence ont aussi visé son principal rival, Jude Célestin, qui a été la cible d'une attaque, lundi, au cours de laquelle deux personnes ont été tuées. «Les Haïtiens n'ont pas une culture de la violence, mais nous avons malheureusement une habitude de la violence», déplore Mme Manigat.
Dans son programme, Mirlande Manigat plaide pour de nouvelles écoles, des investissements en santé. Elle souhaite le départ de la MINUSTAH, la mission de stabilisation l'ONU que les Haïtiens jugent trop associée au président René Préval. Mais elle estime que celui-ci devra se faire progressivement: «Nous ne sommes pas encore prêts.»
Les derniers sondages accordent 36% des intentions de vote à Mme Manigat, une avance de deux ou trois points sur son principal rival, Jude Célestin. Mais à Bainet, Jude Célestin est le plus populaire, reconnaît un organisateur électoral de Mirlande Manigat, Nestaud Henriquez. Pourquoi? «Parce qu'il a donné plus d'argent aux élus locaux.»
Mirlande Manigat a un dernier atout dans sa donne: son sexe. «On a essayé avec des hommes, ça n'a pas marché, maintenant, je veux essayer une femme», dit un homme rencontré au camp du Champ-de-Mars, face au palais présidentiel écroulé. Plusieurs autres électeurs m'ont fait la même remarque au cours des derniers jours. En appui à «sa» candidate, Nestaud Henriquez cite un proverbe haïtien, selon lequel «les hommes ont quatre poches, et les femmes n'en ont qu'une». Une image de probité qui pourrait servir Mirlande Manigat le jour du vote.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201011/25/01-4346129-elections-en-haiti-une-femme-dans-la-course.php

Violences sur fond d’élections en Haïti

Les deux scrutins présidentiel et législatif du 28 novembre ont déjà des morts à leur actif.
Sylvie Gardel , Port-au-Prince

24.11.2010
La violence appelle la violence. Après les manifestations contre la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), accusée d’avoir importé le choléra – manifestations dans lesquelles le pouvoir en place a joué sa partition –, les incidents dénonçant les irrégularités de la plateforme présidentielle Inite (Unité en français) se multiplient à quelques jours du scrutin. Du nord au sud, les manifestants accusent le Conseil électoral provisoire (CEP), en charge de l’organisation des élections, de partisanerie en faveur du parti de Jude Célestin, d’Inite, dans la désignation des superviseurs, gardes électoraux et membres de bureaux de vote. Des «signes avant-coureurs des magouilles du 28 novembre», selon eux.
Aux Cayes, c’est une conseillère électorale, Ginette Chérubin, qui a fait savoir qu’une machination était à l’origine des protestations dans cette ville. Faisant état de l’existence de listes de superviseurs et de gardes électoraux parallèles aux listes authentiques, elle a reconnu que ce sont de pareils problèmes qui sont à l’origine des mécontentements enregistrés dans plusieurs autres régions du pays. Résultat: deux morts et plusieurs blessés par balles lundi soir à Beaumont (Département de la Grande Anse) lors d’affrontements entre les partisans du candidat à la présidence Charles Henry Baker (Respè) et ceux d’Inite. Les unités chargées de la sécurité de Jude Célestin auraient ouvert le feu, tentant de disperser la foule qui les attaquait à coups de pierres et de tessons de bouteilles.
Hier encore, le candidat Jacques-Edouard Alexis a réaffirmé que des proches du pouvoir auraient distribué des armes à leurs partisans pour semer la confusion et favoriser les fraudes le jour du scrutin.
«Dépouillement sincère»
Interrogé ce mardi matin sur Radio Métropole, le directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, désigné par le chef du gouvernement, a certifié que «la totalité des partis tentent de contrôler l’appareil électoral». Celui-ci n’a cependant pas pu garantir que les élections du 28 se dérouleront de manière honnête, démocratique et transparente. «Ce groupe de mots fait peur. Par contre, je peux vous assurer que le CEP effectuera son travail avec sincérité et dans le respect des directives, tant au niveau du dépouillement que des résultats publiés.» La version définitive ne doit pas être attendue, selon lui, avant la troisième semaine de décembre.
La tension n’est donc pas près de retomber. Deux journées de manifestations sont d’ailleurs prévues aujourd’hui et demain à Port-au-Prince en vue de réclamer une nouvelle fois le départ de la MINUSTAH.
http://www.tdg.ch/violences-fond-elections-haiti-2010-11-24

Haïti: trois heures de fête et 10 minutes de discours au meeting de Célestin

PORT-AU-PRINCE - Trois heures et demie de chanson, de danse, de fête, d'alcool. Et dix minutes de discours politique. Jude Célestin, le candidat du pouvoir, tenait jeudi un meeting à Port-au-Prince devant des dizaines de milliers d'Haïtiens, à trois jours de l'élection présidentielle. L'ingénieur placé à la tête de l'organisme chargé de la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier, a été choisi par le président sortant, René Préval, pour défendre les couleurs d'Inite (Unité). Il est, avec l'ex-Première dame d'Haïti Mirlande Manigat, l'un des favoris du scrutin de dimanche.
L'estrade en bois est installée à "Carrefour aéroport", un grand croisement de la capitale. Dessus, un DJ, un orchestre et deux animateurs qui alpaguent la foule. Devant, des milliers de partisans chauffés à blancs, dont beaucoup arborent un tee-shirt aux couleurs jaune et verte du parti Inite.
Certains tiennent un petit verre en plastique rempli de Tafia, l'alcool local. Il y a des odeurs de marijuana. On s'empoigne pour monter à la tribune. Dans le ciel, un hélicoptère jaune et vert d'Inite fait des ronds dans l'air. La sono crache des rythmes sacadés à tout berzingue. Des filles dansent.
Petites lunettes et polo vert, Bej Danda, un fonctionnaire de 31 ans, regarde la foule grossir. "Jude Célestin est un ingénieur. Ca va nous faire du bien. Il construit des routes dans tout le pays. Des routes, des écoles, c'est ça qui va sauver Haïti", dit-il d'un ton posé qui contraste avec la ferveur.
Sur scène, le chanteur star Fredo, chauffe la foule. Entre deux morceaux, les animateurs prennent la parole. "Il ne va pas y avoir de coup d'Etat cette fois, le peuple va voter n°10", dit l'un d'eux en faisant référence au numéro qui ornera les bulletins de vote "Célestin".
"Voilà c'est ça les sondages", crie-t-il dans le micro en montrant la foule, alors qu'une nouvelle enquête d'opinion, diffusée jeudi, place Mirlande Manigat en tête des intentions de vote.
Le hit qui entraîne la foule, c'est "prisonnier fédéral", le tube de Blaise one, un ancien prisonnier, qui dénonce les conditions de vies dans les prisons d'Haïti, ce pays où trois-quart des détenus sont en attente d'un procès.
Dans cette marée humaine, un homme tient une photo d'Aristide, l'ancien président condamné à l'exil: "je ne la quitte jamais". Des policiers se filment avec le meeting en arrière plan. Comme la place n'a pas été fermée à la circulation, bus et voitures se fraient difficilement un chemin.
De petits mouvements de foule rythment ce concert-meeting. A cause de débuts de bagarre, de courses poursuites avec les policiers, d'interpellations musclées: un jeune à la nuque en sang est jeté dans un fourgon de la police.
Puis Jude Célestin est annoncé dans une avenue qui donne sur la place. Nouveau mouvement de foule. L'homme est ballotté. Il saisit les mains sans voir les visages, tente de ne pas tomber, garde son sourire. Il est porté par la foule.
Après trois heures et demie de fête, le public applaudit pour la première fois: Célestin va parler. "On va gagner parce qu'on est les plus forts", lance-t-il au bord de la tribune, au milieu de ses supporters. "Personne ne peut réunir autant de monde. Jamais", dit-il.
Education, prison, choléra, sont évoqués en quelques secondes. C'est quand il promet des emplois aux jeunes que tout le monde applaudit.
Dix minutes après avoir commencé, il s'arrête. Fin du meeting. La foule se disperse dans une pagaille généralisée. Un camion aux couleurs de la marque de beurre "Président" traverse par hasard la place. A croire, comme l'assurent ses adversaires, que Jude Célestin contrôle vraiment tout.
(©AFP / 26 novembre 2010 03h38)
http://www.romandie.com/infos/news2/101126023846.ue4zm5ww.asp

Une odeur de fraude règne en Haïti

Publié le 26 novembre 2010
Agnès Gruda, envoyée spéciale, La Presse
(Haïti) À la sortie du bureau de Nawoon Marcellus, candidat au Sénat pour le parti INITE du président sortant René Préval, des femmes jouent les groupies en scandant «Chico,Chico!»
Une femme marche devant une affiche de Jude Célestin,
 à Port-au-Prince. Photo: Reuters
Leur joie exubérante tranche avec les mines patibulaires de la vingtaine d'hommes qui ont assisté à notre rencontre avec un des politiciens les plus en vue au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays.
«Il va nous sauver, il va nous rendre riches», crie une des femmes, Yvenie, en frappant dans ses mains. Une de ses compagnes ouvre son sac à main, à l'intérieur duquel nous avons la surprise d'apercevoir une bonne cinquantaine de cartes d'identité indispensables pour aller voter le 28 novembre.
«Nous sommes une association de femmes et tous ces gens sont avec nous!» affirme fièrement la propriétaire du sac, qui ne semble pas consciente du fait que son butin n'est pas tout à fait régulier.
Nawoon Marcellus, un bel homme au sourire à faire craquer le coeur des filles, nous a reçus dans une pièce de la maison familiale qui lui sert de bureau électoral, au centre de la ville. «C'est à l'État et non aux ONG qu'appartient la responsabilité de venir en aide au peuple, notre pays souffre d'une faible structure économique et sociale», a-t-il plaidé avec éloquence.
Mais au-delà de ses beaux discours, cet ancien maire et député est aussi une sorte de roi du département du Nord. Il a ses influences partout. Comme le résume Yvenie, sur un ton admiratif: «Quand on est malade, il nous fait conduire à l'hôpital, quand quelqu'un meurt, il s'occupe des funérailles, et quand quelqu'un est en prison, il s'arrange pour le faire sortir.»
Il faut dire que Nawoon Marcellus a un lourd passé. Selon le Réseau national de défense des droits humains, il s'est fait révoquer son visa américain à cause de soupçons de trafic de drogue. Le même organisme lui reproche d'avoir été mêlé à des actes de vandalisme contre une station de radio, il y a cinq ans.
Un personnage haut en couleur, donc. Mais revenons à ce sac bourré de cartes d'identité. Au cours des derniers jours, nous avons demandé à une bonne dizaine de personnes comment on pouvait interpréter le fait que des partisans d'un candidat se baladent avec des tas de cartes d'identité entre les mains. Tous évoquent un scénario similaire, qui fonctionnerait grosso modo comme suit: certains candidats envoient des émissaires dans les quartiers populaires pour recueillir les cartes électorales, en échange de ce que l'on appelle ici des «avantages». Un peu d'argent. De la nourriture. Des promesses d'aide. Les besoins des électeurs sont sans fond.
Oui, mais pourquoi recueillir les cartes? «Pour empêcher ces gens d'aller voter, ou pour faire voter quelqu'un à leur place», résume le journaliste Cyrus Sibert, du Cap-Haïtien.

Pluie de critiques
Le trafic de cartes? «Oui, j'en ai entendu parler, il y a des rumeurs à ce sujet», reconnaît Jean François Alexis, responsable des communications à l'Office national d'identification (ONI), qui délivre les fameuses cartes, quand on lui parle de notre découverte.
«Vous avez VRAIMENT vu ça? Ah bon... Pourtant la carte, c'est la responsabilité de chaque citoyen», dit-il, stupéfait.
Jean François Alexis ne croit pas qu'il soit facile de faire voter quelqu'un avec une carte qui n'est pas la sienne. Après tout, les cartes d'identité comportent une photo. Et puis, les électeurs qui ont voté doivent tremper leur pouce dans de l'encre. Impossible de voter une deuxième fois.
Encore faut-il que le personnel des bureaux électoraux soit vigilant. Or, au cours des derniers jours, la Commission électorale provisoire, qui supervise le processus électoral, a été la cible d'une tempête de critiques.
Les reproches viennent de partout: le Sud, le Nord, le Plateau central. Dans plusieurs bureaux de scrutin, la Commission aurait modifié les listes de superviseurs, de manière à écarter les représentants des partis de l'opposition et à favoriser les gens proches du régime.
Un exemple: à Miragoâne, au sud-est de Port-au-Prince, des allégations de manipulation des listes de superviseurs ont causé un début d'émeutes, lundi matin. Des hommes ont brûlé des pneus et érigé des barricades pour protester contre la composition du personnel dans quelques bureaux de vote.
Les voix critiques ne viennent pas uniquement de l'extérieur. Dans un coup de théâtre survenu cette semaine, une des membres du Conseil électoral provisoire, Ginette Chérubin, a accusé sa propre organisation d'être à l'origine du traficotage de listes. Elle a eu la surprise de s'apercevoir que la liste définitive de superviseurs pour la région du sud-est du pays ne correspondait pas du tout à celle qu'elle avait déjà en sa possession.
«Je suis choquée», a dit Ginette Chérubin dans une déclaration à la radio. Selon elle, la nouvelle liste émane de la Commission électorale elle-même, un organisme qui s'est souvent fait accuser de marcher main dans la main avec le pouvoir.
«Nous favorisons les critères de performance, d'ancienneté et de proximité du bureau de vote», explique le porte-parole de la Commission électorale, Richardson Dumel, quand on lui demande de commenter les allégations de fraude.
Selon lui, les superviseurs sont choisis parmi ceux qui ont exercé ce rôle lors d'élections précédentes. Quant à ceux qui ont été écartés, ils avaient des «rapports disciplinaires défavorables», assure-t-il. Ce qui ne l'empêche pas d'admettre qu'il y a «de faux bulletins et de faux procès verbaux en circulation». Où? Combien? Il ne le sait pas.
Le directeur du registre national, Philippe Augustin, est plus précis: il s'attend à ce qu'il y ait «de la fraude partout», selon une déclaration faite cette semaine.
La fraude électorale est endémique en Haïti. «Chez nous, c'est surtout lors du décompte des votes que cela se passe», explique Frantz Duval, rédacteur en chef du principal quotidien de Port-au-Prince, Le Nouvelliste. D'où l'importance de contrôler le personnel électoral.
Chaque jour apporte son lot de nouvelles troublantes. Mardi, la radio Kiskeya révélait l'existence de deux listes électorales. L'une émane de l'Office d'identification nationale, l'autre du Conseil électoral provisoire. La seconde compterait 71 039 électeurs de plus que la première. D'où vient cet écart? Mystère.
Élection ou sélection?
Tous ces incidents n'empêchent pas le chef de la mission de l'ONU en Haïti, Edmond Mulet, d'assurer que tout se passe très bien. «Le climat est apaisé, tranquille, serein et sans violence dans les circonstances haïtiennes», a-t-il assuré en conférence de presse hier.
Pourtant, dans la rue, cet optimisme est inexistant. Et les soupçons de fraude font monter la tension, à la veille d'un vote où le régime du président René Préval se sent menacé. Ils alimentent aussi le scepticisme des électeurs, qui sont nombreux à résumer le processus électoral par un seul mot: magouille.
«Notre pays est entre les mains de gens immoraux», dénonce Jean Pierre Frécher, organisateur communautaire dans le quartier Carrefour Feuilles, un des plus ravagés par le séisme du 12 janvier.
«Beaucoup d'argent est gaspillé pour que Jude Célestin (le candidat appuyé par le régime) gagne les élections, et pendant ce temps, la population n'a rien», déplore-t-il.
Mêmes commentaires à la «Faculté libre», une petite place aménagée sous un arbre d'acajou, en plein camp de déplacés du Champ-de-Mars, où des hommes ont l'habitude de se rassembler pour discuter. Le jour de notre passage, le scrutin de dimanche ne leur inspirait rien de bon: «Les élections, c'est une perte de temps, de la magouille.»
À la faculté des sciences humaines de l'Université d'État d'Haïti, les étudiants sont tout aussi désabusés. «La politique traditionnelle est totalement corrompue», dénonce l'un d'entre eux.
Pour résumer les choses, Jean Pierre Frécher lance une phrase que l'on entend beaucoup ces jours-ci en Haïti: «Ce n'est pas une élection, mais une sélection!

http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/elections-en-haiti/201011/25/01-4346458-une-odeur-de-fraude-regne-en-haiti.php

Dans "Little Haiti" à Miami, on s'en remet à Dieu, pas à la politique

MIAMI (Etats-Unis) - Un pasteur sermonne le "Little Haiti" de Miami en créole depuis son temple. Son message est relayé par des haut-parleurs dans le quartier haïtien, où l'on s'en remet à Dieu, et non aux élections de dimanche, pour sortir le pays des tragédies qui l'accablent. Dans les rues de "Little Haiti", où vivent 75.000 Haïtiens, peu nombreux sont ceux prêts à fonder leurs espoirs sur l'un des candidats à la présidentielle de dimanche.
Le tremblement de terre de janvier dernier, l'ouragan Tomas et maintenant le choléra qui a fait plus de 1.500 morts, cela fait beaucoup de drames pour ce petit pays.
Sans hésitation, Giselle fait part de son peu de confiance en la politique pour redresser le pays le plus pauvre des Amériques. "Nous n'avons pas besoin d'élections. Nous avons besoin de Dieu en Haïti", dit-elle.
La religion, c'est l'affaire de Giselle. Dans sa boutique elle propose des herbes médicinales, des images de saints, de l'encens et toute une gamme de produits propres à la culture vaudou.
"Les gens doivent prier pour que cessent les tragédies dans notre pays", lance Giselle entre deux nuages de fumée échappée d'un pot dans lequel se consument de l'encens et quelques herbes.
Les commerces comme celui de Giselle, les temples évangéliques et les églises pullulent dans "Little Haiti", où les conversations portent bien plus sur les tragédies qui frappent le pays que sur l'avenir politique.
"Les élections auraient dû être reportées et on aurait dû mettre toute l'énergie à juguler le choléra", lâche Georges Mphiles, employé d'un magasin de cartes téléphoniques qui permettent d'appeler à Haïti à un tarif bon marché.
Comme Georges, quatre candidats à la présidentielle et certaines ONG ont appelé au report du scrutin. En vain.
Joseph Millford, 25 ans, est obligé de retenir son pantalon d'une main pour qu'il ne tombe pas. C'est son style. Pour pouvoir étudier, il doit faire garder son fils de 2 ans à la crèche de l'église "Notre Dame d'Haïti".
"Je ne pense pas que les élections changent quoi que ce soit en Haïti", dit Joseph. Il regrette que les autorités n'aient pas autorisé le chanteur Wyclef Jean à se présenter à la présidentielle. Voir l'ancien membre des Fugees succéder au président René Préval, cela "aurait été bon pour le pays", juge Joseph.
"Nous avons besoin d'un vrai leader, de quelqu'un avec un bon coeur", ajoute-t-il.
Un peu plus loin, Michel Leonor tente de vendre un sac rempli de chapeaux faits de feuilles de palmier à un commerçant. Qui refuse. Michel repart avec son sac.
Les chapeaux lui sont envoyés directement d'Haïti. Il les vend cinq dollars l'unité. "Ils sont faits main, ils n'ont pas le choléra", s'exclame Michel. "Mais je ne trouve pas d'acheteur" se lamente-t-il.
(©AFP / 26 novembre 2010 09h52)
http://www.romandie.com/ats/news/101126085218.0lwgjw25.asp

Haïti : "Rien n’a changé en un an"

Publié le 26 novembre 2010
Jimmy Jean-Louis, acteur haïtien de la série Heroes, fait le point sur la situation de son pays natal.
Né en Haïti, l’acteur Jimmy Jean-Louis, révélé dans la série Heroes, reste très proche de son pays d'origine. Invité sur Europe 1 vendredi, il raconte à Guillaume Cahour l’état catastrophique dans lequel se trouvent les Haïtiens.
Les enfants sont plus particulièrement touchés. Beaucoup sont orphelins, et la plupart ne sont plus scolarisés. Jimmy Jean-Louis évoque ainsi sa rencontre avec un enfant d’un camp de réfugiés, qui n’a plus aucun repère "pour se construire".
"Les enfants oublient leur avenir" :
"Aucun changement en un an"
Le séisme qui a dévasté Haïti a eu lieu le 12 janvier, il y a presque un an. Et pour l’acteur, la situation y est toujours aussi catastrophique. "Le pays est presque dans le même état qu’une semaine après le tremblement de terre", déplore Jimmy Jean-Louis. "J’étais sur place trois jours après le drame. Ce que j’avais vu m’avait vraiment choqué. Malheureusement, je le suis toujours autant quand je retourne en Haïti".
"Toujours de l’espoir"
Mais malgré les 250.000 morts, le million et demi de sans-abri et l’épidémie de choléra, les Haïtiens gardent espoir. "Je vois beaucoup de sourires chez les gens", raconte Jimmy Jean-Louis. "Ils gardent l’espoir, que les choses s’arrangent, qu’ils retrouvent leur maison, qu’ils mangent à leur faim, qu’ils aient de l'électricité". L’acteur espère également que les élections, qui ont lieu dimanche, "apporteront une certaine stabilité".
Un documentaire et un film
Jimmy Jean-Louis s’est rendu plusieurs fois en Haïti depuis le séisme. Il a tiré de ses voyages un documentaire, Haïti 16:53, qui devrait sortir dans les mois à venir. Il prépare également un film sur Toussaint Louverture, ancien esclave devenu une figure historique à l’origine de l’indépendance du pays, avec Lorànt Deutsch et Samuel Le Bihan.
http://www.europe1.fr/International/Haiti-Rien-n-a-change-en-un-an-317995/

Haïti : l'art au profit de l'humanitaire »

Du 30 novembre au 5 décembre, l'association pour la promotion des arts du monde (Apam) expose, à la galerie Jules-Salles, des œuvres haïtiennes. Pourquoi ? Malraux disait que les Haïtiens sont un peuple de peintres... Depuis 1988, nous agissons pour ce pays, en partant de l'œuvre d'art pour aboutir à une mission humanitaire. Nous sommes une équipe de quarante-cinq bénévoles, retraités de l'enseignement ou de l'armée. Chaque année, nous organisons, à travers la France entière, vingt-cinq expositions d'artistes locaux, sans la moindre subvention. Lors de nos missions, nous achetons, sur place, cinq cents à sept cents peintures, encadrées ensuite par un professionnel nîmois, et deux cents sculptures : ce n'est pas de l'artisanat, mais des œuvres majeures.
Tous les fonds recueillis, en général 60 000 par an, repartent en Haïti.
Qui aidez-vous ?
Depuis vingt-deux ans, nous aidons les mêmes structures. Le centre Alcibiade Pommayrac, à Jacmel, qui conduit 800 élèves au baccalauréat : nous donnons l'équivalent d'un repas par jour et nous accordons cinq bourses d'études supérieures à chaque rentrée. Nous apportons aussi notre aide à l'école Saint-Alphonse, située dans le bidonville de la Cité soleil à Port-au-Prince : 300 enfants y sont scolarisés jusqu'en 3e. Nous finançons la moitié de son fonctionnement. Enfin, nous épaulons le foyer Alice Garoute, à Cazaux, où soixante orphelines accèdent à une formation professionnelle.
Ces structures ont-elles été touchées par le séisme ?
Le centre Alcibiade a été entièrement détruit le 12 janvier, cinq minutes après la sortie de l'école... Le lendemain, très choquée, j'ai accordé une interview à une télévision : ce fut le point de départ d'un élan de générosité. On a recueilli 105 000 , ce qui a permis l'actuelle reconstruction de l'école avec des normes antisismiques et anticycloniques.

Êtes-vous retournée récemment à Haïti ?
Non, nous laissons la place aux médecins, pompiers, infirmiers...

Êtes-vous optimiste pour l'avenir de ce pays ?
C'est un peuple doué sur les plans artistique et littéraire. On pense qu'il s'en sortira par l'éducation et par l'art, malgré l'état de misère du pays. Au sein de l'association, nous agissons avec tout notre cœur.
Recueilli par M.-L. GAILLAC mlgaillac@midilibre.com
http://www.midilibre.com/articles/2010/11/25/NIMES-Haiti-l-39-art-au-profit-de-l-39-humanitaire-1462530.php5

jeudi 25 novembre 2010

Haïti - Jacmel : Importante manifestation contre Joseph Lambert et INITE

25/11/2010 08:23:45 Plusieurs milliers de citoyens provenant des 10 communes du département du Sud-Est, ont organisé un mouvement de protestation mercredi matin 24 novembre, devant le parquet de Jacmel en vue d’apporter leur soutien à l’Agronome Gerald Mathurin, coordonnateur du CROSE (Coordination Régionale des Organisations du Sud-Est), qui était cité à comparaître par le parquet de Jacmel, suite à une plaintes du sénateur Joseph Lambert. Gerald Mathurin est accusé d’avoir diffamé le sénateur Lambert Joseph, en traitant ce dernier de « Drug dealer ».
Furieux, les manifestants ont lancé des propos hostiles contre le sénateur Joseph Lambert et la Plateforme Présidentielle INITE, « Aba INITE, viv Jeral, Ba nou Gérald Mathurin poun ale ». Des partisans de la Plateforme présidentielle INITE, vêtus de maillots imprimés ont provoqués les manifestants, criant a leur tour : « Joseph Lambert Cocaïne ».
Les agents de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre de Jacmel (UDMO), ont appréhendé, devant le parquet de Jacmel, un partisan de l’INITE en possession d’une arme blanche, qui agressait des supporteurs de Gérald Mathurin. Ceux-ci ont qualifié cette arrestation de fantaisiste « Cet individus ne va pas être placé en garde à vue, puisque c’est un partisan d’INITE » ont–ils déploré.
L’agronome Gerald Mathurin, en compagnie de son avocat, Maître Aviole Fleuren, du barreau de Port-au-Prince ont du attendre près de 4 heures l’arrivée du sénateur Lambert qui n’est jamais venu. L’affaire a été renvoyé à la huitième. En sortant du parquet de Jacmel, les manifestants ont gagné les rues de la ville, détruisant les affiches et des posters géants du candidat à la présidence Judes Célestin.
Pourquoi le Sénateur Lambert n’a-t-il pas été arrêté, suite aux actes de banditisme dans lequel il a été impliqué dans la nuit du 11 au 12 novembre alors qu’il dirigeait un commando d’hommes armés? http://www.haitilibre.com/article-1653-haiti-elections-un-commando-d-inite-seme-la-terreur-a-jacmel.html bien que des plaintes ont été formellement déposées (PNH, Caricom, Minustah, CEP)...
Comme l’a dit un des manifestants, on n’arrête pas des membres d’INITE.
http://www.haitilibre.com/article-1738-haiti-jacmel-importante-manifestation-contre-joseph-lambert-et-inite.html

Luidgy est rentré chez lui en Haïti

Les membres de la Chaîne de l'Espoir et la famille d'accueil,
hier matin, à l'aéroport de Blagnac./ Photo DDM
Plaisance.


Il commençait à avoir ses habitudes parmi les Plaisançois. L'école Alphonse Daudet lui avait même ouvert ses portes à la fin de sa convalescence. Arrivé le 10 octobre au foyer de Nicole et Guy Pradel, Luidgy est reparti chez lui, en Haïti, après une opération du cœur. « Lorsque nous l'avons accueilli, il se déplaçait en fauteuil roulant, et trois jours après l'opération il commençait à courir », constatait heureux Guy Pradel, hier matin, à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, lors du retour de Luidgy dans sa famille. « Il a aimé l'ambiance de l'école même s'il a été surpris de voir qu'ici les enfants parlent en classe. Il nous a dit que chez lui, on attend l'autorisation du maître pour prendre la parole »…
Le séjour toulousain et l'hospitalisation de Luidgy ont été rendus possibles grâce à la Chaîne de l'Espoir. L'association qui œuvre en faveur des enfants malades compte à Toulouse six membres bénévoles auxquels s'ajoutent une quarantaine de familles d'accueil et des médecins. « Les opérations coûtent cher, entre 15 000 et 20 000 €», souligne Elisabeth Laurens, coordinatrice des soins. « Nous existons grâce aux dons et aux différentes actions comme la pièce de théâtre qui sera jouée, vendredi, à Castelginest, au profit de l'association. Nous souhaitons aussi l'adhésion d'un maximum d'entreprises pour faire venir des enfants, parfois de très loin, pour être opérés à Toulouse ».

Avec la Chaîne de l'Espoir
Après Luidgy, le jeune haïtien de 7 ans, l'antenne toulousaine de la Chaîne de l'Espoir attend Trésor qui arrive du Cameroun à la fin du mois. Le 20 décembre, quatre enfants Irakiens seront pris en charge par les bénévoles avant d'être opérés du cœur, eux aussi. Au total, entre 15 et 20 enfants, sont reçus, chaque année, par l'antenne de l'association. En janvier, le Dr Roux qui a opéré Luidgy, ira en Haïti pour installer un service de chirurgie cardiaque pédiatrique.
chainedelespoir.toulouse @gmail.com Tél. 05 61 77 78 55.

L’arbre qui cache la forêt...Haiti-Élections/Reconstruction : La confusion plane

jeudi 25 novembre 2010 Enquête
Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale »*, dont AlterPresse fait partie
P-au-P., 25 nov. 2010 [Ayiti Je Kale / AlterPresse] --- Les Haïtiens ont une expérience électorale qui remonte très loin dans l’histoire du pays, mais c’est seulement à la fin de la dictature des Duvalier en 1986 que le pays est entré dans l’ère des élections modernes. Depuis, Haïti a déjà réalisé plus d’une douzaine d’élections présidentielles, législatives et locales.
D’après le préambule de la Constitution de 1987, Haïti est une démocratie, ce qui implique « le pluralisme idéologique » et « l’alternance politique ».
Parmi les droits et devoirs des citoyens, figurent celui de « voter » lors d’élections libres, honnêtes et démocratiques. C’est à travers les élections que le citoyen peut participer à la vie politique du pays.
Mais, en Haïti comme dans d’autres pays, il semble qu’il y a une confusion entre « élections » et « développement ».
Leyan Dorin, une vendeuse qui fait des allers-retours entre Vallue et Grand Goave (Ouest), a indiqué à « Ayiti Kale Je » que « des élections seraient utiles » parce qu’ « il faut des gens qui puissent apporter des solutions aux problèmes des (centaines de milliers de) sans-abri », suite au séisme dévastateur du 12 janvier.
La confusion chez Dorvin entre « élections » et service social ou « développement » n’est pas étonnant, et se retrouve aussi dans les propos du président René Préval.
« S’il n’y a pas un président élu, légitime, un parlement, une chambre basse, un Senat, à mon départ, s’il n’y a pas d’élections… cela créera de la méfiance et il ne pourra pas y avoir de développement », a-t-il déclaré lors de la visite d’une délégation des Nations Unies à Port-au-Prince en avril.
Préval est correct dans les détails : le mandat de beaucoup de parlementaires a expiré et son propre mandat arrive à terme le 7 février 2011. Cela signifie que, d’après la Constitution de 1987, les élections du 28 novembre sont nécessaires. De plus si elles n’ont pas lieu, il est probable que les bailleurs et créanciers qui ont promis de l’argent au pays se sentent mal à l’aise.
Quelques semaines seulement après le 12 janvier, la communauté internationale a « commencé à appuyer l’idée des élections ». Edmond Mulet, représentant spécial de l’ONU en Haïti, a indiqué qu’elles représentaient « un pas important dans le processus de renforcement de la démocratie et de la réhabilitation de l’Etat ».
Colin Granderson, ancien secrétaire d’Etat de la Communauté Économique de la Caraïbe (CARICOM), a travaillé en Haïti dans les années 90 et est revenu récemment pour diriger une mission d’observation OEA (Organisation des états Américains)-CARICOM ayant pour tâche de garantir des élections crédibles.
Granderson a indiqué à « Ayiti Kale Je » que les élections de 2010 sont extrêmement « importantes », et tout comme Préval, il a souligné la nécessité qu’il y ait un président et un parlement « légitimes » en charge d’assurer la « reconstruction » du pays.
Mais ce que Granderson, Mulet et Préval ont oublié de noter c’est que le pays souffre d’une crise économique et humanitaire qui est antérieure au 12 janvier. En plus aujourd’hui, Haïti est en pleine crise politico-institutionnelle et ce ne sont pas des élections qui vont nécessairement changer la donne.
En janvier dernier, le parlement haïtien a voté une « loi d’urgence » spéciale qui donne les pleins pouvoirs à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti, dominée par l’ancien président américain Bill Clinton et des bailleurs internationaux, pour qu’elle « conduise le Plan de relèvement et de développement d’Haïti » jusqu’au mois d’aout 2011.
Selon Robert Faton, professeur à l’Université de Virginie aux Etats-Unis, Haïti a « pratiquement perdu sa souveraineté » à cause de la mise en place de cette Commission qui fonctionne avec un éventail de consultants étrangers, de bailleurs et d’agences internationales.
« De plus il n’est pas clair qu’un parlement élu pourra fonctionner dans une situation dominée par cette commission internationale ».
Cependant selon Nicolas Jean Louis, ancien membre de INITE et transfuge de Fanmi Lavalass, « le mandat du gouvernement actuel va prendre fin, cela signifie qu’il faut le remplacer ». Comme Préval, Jean Louis est convaincu que les élections permettront d’assurer de meilleurs services sociaux.

Quels sont les résultats de 23 ans d’élections jusqu’ici ?
Granderson a admis rapidement que la « transition démocratique » en Haïti n’est pas un succès total. Coup d’Etat, répression, assassinat, exil, instabilité. Il a reconnu également qu’il n’y a pas eu une grande amélioration des conditions sociales et économiques du peuple haïtien.
« Il est clair bien sur que le rendement démocratique est très bas. Cela c’est très clair. Mais malgré tout, je pense qu’on n’a pas jeté l’éponge en Haïti en ce qui concerne la démocratie…Il y a des choses qui changent…Pour moi il y a une évolution en cours ».

Mais quelle évolution ?
« Ayiti Kale Je » a interrogé Anselme Rémy, professeur à l’Université d’Etat d’Haïti, qui s’est dit opposé au point de vue de Colin Granderson.
Rémy qualifie les élections du 28 novembre de « perte de temps, d’argent » et de « compromis anti-national ». Selon lui, le type de démocratie en Haïti est une « démocratie bourgeoise » où c’est l’argent et la classe qui déterminent qui prendra la tête du pouvoir.
« Ces élections sont un exemple typique de compétitions électorales dans un contexte de démocratie bourgeoise. Premièrement il y a une série de règles de qualification, qui définissent clairement le caractère de classe. Par exemple pour être candidat il faut donner en dépôt 500 000 gourdes, soit près de 12 000 dollars américains. C’est une fortune en Haïti ! ».
Le système de financement de campagne par des compagnies ou des banques est déjà très développé aux Etats-Unis. Les candidats au Senat dépensent parfois 50 millions de dollars américains et aux élections de 2008, Barack Obama avait dépensé 740 millions.
Toutefois, pour Remy ce système est « encore plus grossier » que celui qui existe jusqu’à présent en Haïti. [akj apr 25/11/2010 15:00]
………………
* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.
Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS - http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10303

Haïti - Épidémie : Plan stratégique national de la DINEPA

25/11/2010 09:51:15 La Direction Nationale de l'Eau Potable et d'Assainissement (DINEPA) a présenté mercredi, les grandes lignes d'un plan stratégique national de lutte contre le choléra en Haïti. Ce plan qui sera réalisé sur 14 mois comprend 3 phases : l'urgence, la stabilisation et le renforcement du secteur de l'eau potable en Haïti.
L'ingénieur Gérald Jean-Baptiste, directeur général de la DINEPA, a informé également la construction d'un site de décharge des excrétas à Croix-des-Bouquets ainsi que la fourniture de 30 camions au Ministère de la Santé pour la gestion des déchets humains.
Eduardo Almeida, l'un des représentants de la Banque Interamericaine de développement (BID), présent lors de cette annonce, a confirmé que son institution, fournira un appui financier, des ressources humaines et logistiques pour soutenir la bonne exécution de ce plan. De plus, la BID aidera au renforcement des capacités du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) et de la DINEPA. Cette aide à la DINEPA s’ajoute a celle de l'Agence espagnole de coopération internationale au développement (AECI).
http://www.haitilibre.com/article-1741-haiti-epidemie-plan-strategique-national-de-la-dinepa.html
Commentaires:
C'est drôle, il y a deux ans déjà le directeur de DINEPA avait participé aux deuxième rencontres Nationales des acteurs de la solidarité Franco-Haïtienne à LYON et il avait détaillé un plan pour Port-au-Prince. Après deux ans rien a été fait. Lors de sa présentation il avait ressortir l'idée que la question de l'eau ne rentrait pas dans les priorités du chef de l'état.
Aujourd'hui l'actualité du choléra exige on nous parle d'un plan stratégique national.
Il existe un plan de stratégie national comme le plan national pour la réduction de la pauvreté en Haiti.
Haïti est et restera ce qu'il est tant que...

Haïti: "La gestion de l'après-catastrophe est catastrophique"

25.11.10 - 09:11

Interrogés par la RTBF, l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot et Marie-Christine Férir de MSF, font un constat d'échec de la réponse internationale au séisme et à l'épidémie de choléra en Haïti. La responsabilité du gouvernement haïtien est pointée du doigt.
Dix mois le séisme, Haïti fait face à une épidémie de choléra. Interrogé par Bertrand Henne, l'écrivain haïtien Lyonel Trouillot dénonce "l'échec de la communauté internationale, l'échec des Nations-Unies. On assiste à l'échec de tous ces pays qui se disent amis d'Haïti, de tous ces Etats dans leur collaboration avec le gouvernement haïtien qui est le premier responsable de cette catastrophe. La catastrophe qui a touché Haïti le plus durement, ce n'est pas le tremblement de terre, c'est la gestion de l'après, qui a été à la fois catastrophique, nulle techniquement, nulle socialement et, dans certains cas, tout à fait malhonnête. J'ai le sentiment que la population haïtienne est vraiment en colère. Et je pense que cette population, dans sa façon de voir, lie le gouvernement et la communauté internationale qui semblent faire bloc. Et je crois que ça va se traduire d'ailleurs par les résultats des élections. Dans la rue et dans les médias haïtiens, il ya une expression dans les milieux populaires de Port-au-Prince qui est intéressante : les candidats aux élections qui sont liés au gouvernement sont appelés 'des candidats expirés'. C'est l'expression créole, comme si on parlait d'un médicament ou d'un aliment".

Absence de gouvernement efficace
Marie-Christine Férir, coordinatrice des secours d'urgence chez Médecins sans frontières "partage ce constat : dix mois après le tremblement de terre, il n'y a pas grand chose qui se fait. Il y a des choses qui se remettent en route, mais c'est sûr que ce n'est pas à la mesure de l'attente du peuple haïtien, notamment dans la gestion du choléra. La semaine dernière, nous étions aussi assez en colère à Médecins sans frontières perce qu'on avait l'impression qu'il n'y avait pas de prise de conscience de cette problématique ; qu'il y avait assez d'acteurs pour répondre, mais que ça ne bougeait pas. Je peux très bien comprendre que le peuple haïtien se pose des questions. Il y a beaucoup de réunions qui ont lieu, mais ça reste surtout à l'état de mots. On aimerait bien pour le peuple haïtien que des choses concrètes se fassent. Des petites choses se font mais ça reste le sommet de l'iceberg. Il ya plein de choses en profondeur qui doivent être faites et c'est vrai que l'absence d'un gouvernement efficace fait que tout cela n'arrive pas à se mettre en place rapidement. Et donc la communauté internationale est un peu bloquée. Il y a aussi les fonds : je pense que les Etats ont promis des sommes importantes pour reconstruire Haïti, mais très peu d'argent est déjà arrivé sur les comptes. Il y a plein de mécanismes qui nous dépassent, mais le constat est qu'il y a un échec de la réponse internationale en Haïti".
A.L. avec B. Henne
http://www.rtbf.be/info/monde/haiti/haiti-la-gestion-de-lapres-catastrophe-est-catastrophique-279126

Le nombre de cas de choléra à Haïti approche des 50 000 (ONU)

Des responsables des Nations unies ont tiré mercredi la sonnette d' alarme sur le choléra à Haïti, dont le nombre de cas approche les 50 000, mettant en garde que ce chiffre pourrait encore augmenter.

Alors que le nombre de morts s'élève ce mercredi à 1 200, ces responsables ont indiqué que la maladie pourrait déjà avoir en réalité pris près de 2 000 vies, car un certain nombre de décès dans des zones reculées ne sont pas signalés.
Aucune information sur l'épidémie n'a été reçue des communautés rurales, a déclaré mardi Nigel Fisher, coordinateur humanitaire de l'ONU à Haïti, par vidéoconférence depuis la capitale de Port-au-Prince.
Les épidémiologistes de l'Organisation panaméricaine de la Santé (OPS) estiment que le nombre de cas pourrait avoir atteint les 70 000, a-t-il indiqué.
Les épidémiologistes ont mis à jour leurs projections sur la maladie, et estiment désormais que le nombre de cas s'élèvera à 200 000 dans les trois prochains mois, a noté M. Fisher. Auparavant, ces experts pensaient qu'il faudrait six mois pour atteindre ce chiffre.
"Malgré la mobilisation de ressources nationales et internationales considérables (..) il faut encore intensifier considérablement nos efforts", a dit M. Fisher, également représentant spécial adjoint du secrétaire général pour Haïti.
Il a également appelé à un déploiement à Haïti de personnel médical supplémentaire, en particulier depuis les pays voisins, pour lutter contre le choléra, qui devrait rester par ailleurs rester un problème pour la région pour au moins un an, selon les estimations.
Les élections générales haïtiennes auront lieu dimanche malgré l'épidémie de choléra, a déclaré à la presse le représentant spécial du secrétaire général et directeur de la Mission de stabilisation de l'ONU à Haïti (MINUSTAH), également par vidéoconférence depuis la capitale haïtienne.
"En dépit de cela, le processus électoral se poursuit de manière imperturbable. Le gouvernement et la grande majorité des candidats sont déterminés à ce que ces élections se déroulent le 28 novembre, conformément aux prévisions et à la Constitution", a dit M. Mulet.
Quelque 4,5 millions d'électeurs sont attendus aux urnes, selon les estimations, et 14 millions de bulletins de vote ont été imprimés et distribués. Tout le matériel pour les élections a été transporté dans les bureaux régionaux de la MINUSTAH, a indiqué M. Mulet.
L'unité de police de la MINUSTAH a aidé l'unité de police à évaluer les risques de sécurité dans chaque zone électorale, les deux forces développant en commun un plan de sécurité complet, a-t- il dit.
Les résultats provisoires devraient être annoncés le 7 décembre et les résultats définitifs le 20 décembre, a déclaré M. Mulet.

http://french.cri.cn/781/2010/11/25/302s233183.htm

Epidémie de choléra à Haïti: Paris annonce l'envoi d'une aide matérielle d'urgence

PARIS (AP) — Le ministère français des Affaires étrangères a annoncé mercredi l'envoi d'une assistance matérielle d'urgence à l'hôpital universitaire d'Etat d'Haïti dans le cadre de la lutte contre l'épidémie de choléra qui touche le pays.

Le Quai d'Orsay devait acheminer par avion en Haïti, à partir de mercredi, des "médicaments, du matériel médical de soin, d'hygiène et de protection du personnel soignant ainsi que des produits désinfectants destinés à l'Hôpital universitaire d'Haïti", à Port-au-Prince, selon son porte-parole.
L'établissement hospitalier, "le plus important du pays et qui avait été fortement endommagé" par le séisme du 12 janvier dernier est "en cours de réhabilitation grâce à une coopération entre la France et les Etats-Unis".
L'envoi d'une "aide spécifique d'urgence" à l'hôpital universitaire d'Etat "s'ajoute aux actions entreprises par la France, aux côtés des autorités haïtiennes, pour combattre l'épidémie de choléra, notamment les missions médicales menées par les experts de la lutte contre cette maladie et le dispositif d'aide au profit de structures locales de la petite enfance", précise le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. AP
cr/com
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101124.FAP1497/epidemie-de-cholera-a-haiti-paris-annonce-l-envoi-d-une-aide-materielle-d-urgence.html

Haïti...Des élections haïtiennes critiquées et fragilisées par le choléra

Mise à jour le mercredi 24 novembre 2010
À quatre jours des élections en Haïti, le directeur du registre électoral haïtien met en doute l'intégrité du processus électoral, tandis qu'un cinquième candidat à la présidence, Michel Martelly, vient joindre sa voix à ceux qui critiquent l'idée de maintenir les élections en Haïti, frappé par une épidémie de choléra.
Philippe RJ Augustin, le directeur du registre électoral national haïtien, dit craindre des fraudes généralisées lors des élections de dimanche, en raison, notamment, des risques de corruption liés à la pauvreté des Haïtiens.
Je ne suis pas sûr que les 33 000 membres des bureaux de vote soient intègres, dans un pays qui est pauvre.
Le directeur du registre croit aussi qu'il est possible de détourner le système selon lequel chaque électeur, après son vote, se voit apposé sur un doigt de l'encre indélébile pour s'assurer qu'il ne puisse pas voter une deuxième fois.
Michel Martelly, chanteur très populaire en Haïti et l'un des candidats favoris à la présidence, est le cinquième candidat sur les 18 en lice à se prononcer en faveur d'un report des élections, en raison de la crise sanitaire.
Moi, si j'étais le chef de l'État, là, maintenant, j'aurais renvoyé ces élections, justement pour protéger la population.

— Michel Martelly
Quatre autres candidats, Josette Bijou, Gérard Blot, Garaudy Laguerre et Wilson Jeudy, avaient déjà demandé le report des élections samedi dernier, pour que les autorités consacrent toute leur énergie à combattre l'épidémie de choléra.
Des organisateurs des élections vérifient les cartes d'identifications des électeurs, le 19 novembre 2010, à Port-au-Prince.
D'autres candidats souhaitent au contraire que les élections soient tenues comme prévu vendredi. C'est le cas de la candidate Mirlande Manigat, l'une des grandes favorites de la course, aux côtés de Jude Célestin, le protégé de l'actuel président René Préval. Elle estime que les Haïtiens « veulent le changement » et que « le choléra en lui-même ne devrait pas empêcher l'élection ».
Maintenir les élections pour ne pas compromettre la reconstruction
La communauté internationale ne serait pas prête à accepter un report des élections, estime Nigel Fisher, le coordonnateur des Nations unies pour l'aide humanitaire en Haïti. Selon lui, l'épidémie se développe « de plus en plus vite ». Les Nations unies jugent d'ailleurs que le cap des 200 000 cas pourrait être franchi dans trois mois.
Cette thèse vient renforcer l'idée qu'il convient de maintenir les élections, puisqu'il n'y aurait pas de « bon moment », à court terme, pour les remettre à l'ordre du jour.
Si on n'a pas d'élections maintenant, alors quand? Je pense que pendant les 12 mois qui viennent, on aura du choléra.
— Nigel Fisher, coordonnateur de l'ONU pour l'aide humanitaire en Haïti
Le premier ministre Jean-Max Bellerive croit aussi qu'il est important de conserver les élections. Selon ses observations, plusieurs présument que les pays donateurs dépensent frileusement l'argent promis pour la reconstruction d'Haïti en attendant l'issue des élections pour véritablement honorer leur promesse.
« C'est le sentiment qu'on a, et il y a une certaine impatience qui s'installe. D'autant plus que certaines personnes ont une compréhension que cette lenteur, dans certains cas, est due, peut-être, à un certain attentisme : [la communauté internationale veut] connaître les résultats des élections, savoir ce qui va venir après », explique le premier ministre.
Besoin urgent d'infirmières et de médecins
La sous-secrétaire générale de l'ONU pour les affaires humanitaires, Valérie Amos, a lancé un cri d'alarme, mardi soir, au cours d'une visite à Port-au-Prince pour évaluer l'ampleur des besoins en aide supplémentaires. « Nous avons clairement besoin de faire plus », a-t-elle déclaré.
Ce n'est pas une simple question d'argent. C'est une question cruciale de personnel, en termes de davantage de médecins, d'infirmières, de personnes qui peuvent aider en faisant prendre conscience et en informant les gens ici.

— Valérie Amos, sous-secrétaire générale de l'ONU pour les affaires humanitaires
Selon le dernier bilan, publié mardi, le choléra a fait jusqu'à maintenant 1415 morts, et a entraîné l'hospitalisation de plus de 25 000 personnes.
Mme Amos estime que l'épidémie n'a pas encore atteint son apogée.
Photo: AFP/Thony Belizaire
Une Haïtienne et son fardeau devant des affiches électorales du candidat Jude Celestin, le 23 novembre 2010, à Petion-Ville.
Radio-Canada.ca avec
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/11/24/012-haiti-election-corruption.shtml

Haïti - Épidémie : Un scénario d'apocalypse

24/11/2010 11:47:04 Premier scénario :

Au début de l’épidémie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans un premier scénario, avait estimé que le nombre de personnes infectées pourrait atteindre 270,000 sur plusieurs années et causer près de 10,000 morts, en prenant comme modèle, l’épidémie péruvienne de 1991. Rappelons que l’épidémie de choléra au Pérou, qui s’est répandue dans plus de 16 pays, et fut éradiqué en 2005, a infecté près d’un million de personnes et fait plus de 10,000 victimes en 14 ans.
Deuxième scénario :
La situation en Haïti s’aggravant rapidement, les experts ont revu leur modèle épidémique pour Haïti, en se fondant cette fois-ci, sur l’épidémie de choléra d’août 2008 au Zimbabwe. Dans ce deuxième scénario, ils prévoyaient alors que l’épidémie en Haïti, pourrait infecter 200,000 personnes et faire plus de 10,000 morts dans les 6 à 12 prochains mois s’il n'y avait pas d'amélioration. Une mise en garde faite par le docteur Ciro Ugarte, de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), une branche de l'OMS, qui soulignait toutefois, qu'il s'agissait du scénario «le plus sombre». Rappelons qu’au Zimbabwe, avec une population de 12 millions d’habitants, le choléra avait touché 89,000 personnes et fait 4,000 morts (taux de mortalité proche de 5%), les 8 premiers mois (même si l’OMS reconnaît que ces chiffres étaient sous-évalué). Il a fallu 2 ans et près d’un milliard de dollars pour contrôler l’épidémie dans ce pays d’Afrique, qui disposait d’un système de distribution d’eau supérieur à celui d’Haïti.

Troisième scénario :
Avec 60,240 cas infectés et traités dont 25,248 ont nécessité une hospitalisation et 1,415 victimes en 39 jours en Haïti (bilan du 20 novembre 2010), les experts de la santé proposent maintenant un troisième scénario, car la propagation de l’épidémie en Haïti n’est comparable à aucune épidémies antérieures dans le monde. Dans ce 3ème scénario d’apocalypse, le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS) estime maintenant, qu’il pourrait y avoir jusqu'à 400.000 cas de choléra en Haïti dans les 12 prochains mois dont 200.000 dans les 3 prochains mois. « Nous travaillons avec les partenaires-clé pour affiner ces estimations préliminaires de manière à améliorer et à maintenir durablement la réponse à l'épidémie ».
Ajoutant « Étant donné les conditions sanitaires extrêmement précaires (58% de la population n'a pas accès à l'eau potable) qui existaient bien avant le séisme, et qui ont empiré après le passage d'un ouragan et avec l'épidémie de choléra, nous nous attendons à voir le nombre de cas continuer à augmenter», Ajoutant que « l'épidémie n'a pas encore atteint son pic. Nous ignorons quand cela pourrait se produire ».
M. Nigel Fischer, le coordonnateur de l’action humanitaire de l'ONU en Haïti, citant des chiffres en circulation, a déclaré que la réalité devait plutôt se situer à près de 2 000 morts et 60 à 70 000 cas, en raison des difficultés qui se posent dans l’obtention de statistiques précises sur l’impact de l’épidémie dans les zones reculées et enclavées du pays. Il a souligné combien il est important de procéder à une accélération de la mise en œuvre des programmes d’accès à l’eau et à l’assainissement. « Au-delà des moyens financiers, il nous faut plus de médecins et beaucoup plus d’infirmiers », a-t-il insisté, en rappelant que l’épidémie continuera à se propager au cours des mois, ou même de l’année à venir.
M. Fischer a précisé que tous les départements d’Haïti étaient désormais touchés. Il a rappelé qu’une personne pouvait être atteinte par le virus et en être le vecteur pendant plusieurs jours avant que les effets de la maladie ne deviennent évidents. La personne peut même être porteuse asymptomatique du virus (sans déclaration des symptômes) et contaminer d’autres personnes.
L'ONU a lancé il y a dix jours un appel de 164 millions de dollars (121 millions d'euros), mais seulement 6,8 millions de dollars (4.14%) ont été récoltés jusqu'à présent. « Le financement est beaucoup trop faible. C'est une situation d'extrême urgence, une question d'heures. L'épidémie n'attend pas et continue d'évoluer » a déclaré la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs. Elle a ajouté également, qu'il était urgent de réapprovisionner les stocks de matériel et de médicaments et de remplacer le personnel qui est épuisé rappelant qu’il faut en moyenne « 130 personnes pour s'occuper d'un centre de traitement du choléra de 100 lits ».
Entre les spécialistes de la santé qui semblent avoir de grandes difficultés a modéliser l’évolution de cette épidémie «inédite», particulièrement virulente et rapide en Haïti, et la communauté internationale qui semble peu intéressé par le sort des haïtiens en n’apportant pas l’aide financière d’extrême urgence, réclamé par l’ONU, que reste-il comme espoir pour Haïti? Un miracle? Il est vrai que si notre pays avait des richesses naturelles autre que sa pauvreté endémique, la situation serait sans doute très différentes au yeux des bailleurs de fonds.
http://www.haitilibre.com/article-1733-haiti-epidemie-un-scenario-d-apocalypse.html
Commentaires:
L'heure estgrave. Il faut confier le timon à la meilleure équipe: MIRLANDE MANIGAT RESTE LA SEULE OPTION!

Haïti : bientôt 200.000 malades du choléra ?

Par Claire Peltier, Futura-Sciences À quelques jours des élections présidentielles, l’épidémie de choléra en Haïti devient une véritable catastrophe sanitaire. Déjà 1.415 morts sont à déplorer, et la bactérie pourrait contaminer 200.000 personnes au cours des trois prochains mois.

C’est dans un climat toujours difficile que se préparent les élections législatives et présidentielles en Haïti. Edmond Mulet, le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu et chef de la mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) indique tout de même que « cinq jours avant les élections présidentielles, nous allons vers un retour à la normale ». La situation sur le terrain serait plus calme, grâce à la restauration de l’électricité et au ramassage des ordures dans les rues de la capitale.
Mais la normale reste bien loin d’un monde idéal. Selon le dernier bilan communiqué mardi par le ministère de la Santé, l'épidémie de choléra aurait fait au total 1.415 morts depuis le début de l'épidémie, soit 71 décès de plus que dans le précédent bilan. La moitié des décès se concentre dans la région de l'Artibonite où s’était déclarée l’épidémie mi-octobre.

Des chiffres officiels en dessous de la réalité
À Port-au-Prince, la capitale où est apparue la maladie il y a deux semaines et demie, on dénombre désormais 77 décès. « Au début, le nombre de cas doublait chaque jour. Depuis la semaine dernière ça s'est stabilisé », explique Isabelle Janson, membre de l’association Médecins sans frontières (MSF) à l'hôpital Sainte-Catherine.
Le séisme en Haïti avait fait 250.000 morts, auxquels il faut maintenant ajouter les victimes de l'épidémie de choléra. © IFRC, Flickr, CC by-nc-nd 2.0
Le nombre d’hospitalisations ne cesse toutefois de grimper puisqu’au total 25.248 personnes se sont rendues dans les hôpitaux ou les centres de traitement du choléra pour obtenir des soins vitaux (contre 18.382 lors de notre dernier article le 18 novembre). Le nombre de personnes contaminées est bien sûr supérieur : 60.240 personnes ont officiellement contracté le bacille du choléra, propageant d’autant plus le vecteur de la maladie dans les eaux usées du pays.
Selon Nigel Fischer, Représentant spécial adjoint du secrétaire général en Haïti, les chiffres seraient en réalité encore plus alarmants. Le choléra pourrait déjà avoir provoqué 2.000 morts et plus de 70.000 malades, puisqu’il est difficile d’obtenir des données précises sur l’épidémie provenant des régions reculées du pays.

Le pire est à venir
De plus, « l'épidémie n'a pas encore atteint son pic. Nous ignorons quand cela pourrait se produire » ajoute Jon Andrus, directeur adjoint de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l'OMShttp://www.who.int/fr/. Dans ce pays où le séisme du 12 janvier a fait plus de 250.000 morts, les nouvelles estimations de l'OPS indiquent que près de 200.000 personnes pourraient être atteintes de la maladie dans les trois prochains mois, et 400.000 au cours de l’année 2011. Le challenge pour l’aide humanitaire est maintenant de prévoir suffisamment de médicaments (sels de réhydratation par voie orale, antibiotiques) et de matériel pour lutter efficacement dans la durée.
Dans des conditions si dramatiques, la France tente de négocier avec les autorités

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/medecine/d/haiti-bientot-200000-malades-du-cholera_26270/